11 février 2011

La cité des marques de Douains : trop d'insuffisances et d'incertitudes dans la motion du maire de Louviers

Une cité des marques existe à Troyes

Le maire de Louviers va proposer au conseil municipal de sa ville réuni lundi prochain le vote d'une motion destinée à empêcher l'implantation d'une cité des marques sur le parc industriel de Douains dépendant de la communauté d'agglomération des Portes de l'eau près de Vernon. Les commerçants d'Evreux, Louviers, Vernon, le Havre même, sont vent debout contre ce projet dont les promoteurs (la chaîne Mac Arthur Glen, photo) affirment qu'ils vont créer des centaines d'emplois et favoriser le tourisme commercial ou le tourisme tout court compte tenu des richesses patrimoniales euroises.

Je ne doute pas un seul instant que cette motion recueillera, sinon l'unanimité des suffrages des votants du moins une immense majorité d'entre eux. J'imagine même que personne ne votera contre le texte à quelques semaines des cantonales…pourtant ce texte recèle bien des insuffisances et bien des éléments obscurs.

Il aurait été souhaitable que le maire profite de l'occasion pour expliciter clairement sa politique à l'égard des zones de chalandise régionales et de celle de Louviers-Val-de-Reuil en particulier. Ceux qui ont la mémoire longue se souviennent bien des actions (ou plutôt de l'inaction) de M. Martin pour faire capoter le projet Immochan destiné à revitaliser le centre commercial de Val-de-Reuil. D'autres connaissent la situation des salariés des commerçants locaux, aussi respectables que ceux travaillant dans les supermarchés de la région. Ils sont payés au SMIC quelle que soit leur ancienneté ou leurs qualités professionnelles. Il ne faudrait pas se contenter d'une sorte de blanc-seing en faveur des commerçants de boutique dont on connaît l’ardeur à contrer la moindre initiative nouvelle dans un milieu très conservateur.

Je peux être d'accord sur un point, essentiel. On n'imagine pas Louviers sans un centre commercial attractif, diversifié, avec des commerces dynamiques, des commerçants solidaires et unis, toutes conditions nécessitant sans aucun doute le soutien des élus locaux voire des élus de la CASE qui possèdent la compétence développement économique et commercial. Cette solidarité doit se prouver dans les actes, pas seulement dans les mots. Et elle doit se prouver à l'échelle de l'ensemble du territoire, d'Amfreville-sur-Iton à Pont-de-l'Arche. A Louviers et Val-de-Reuil. Est-ce le cas ? Je peux également être d'accord sur le fait qu'il est peu compatible avec un souci d'économie d'énergie et de développement des circuits courts d'implanter des cités commerciales obligeant les clients à se déplacer en voiture sur des dizaines de kilomètres. Le maire de Louviers évoque une incohérence environnementale. La liaison « est-ouest » de son plan d'aménagement et de développement durable proposé au vote du conseil, lundi soir, est-elle cohérente quand les poids lourds traversent le centre-ville à longueur d'année ? Et génèrent risques, bruit, difficultés de circulation à certaines heures.

Mais, car il y a un mais : Et le point de vue des syndicats ? Et le point de vue des associations de consommateurs ? A-t-on interrogé les clients actuels des zones d'Evreux, Vernon, Louviers. S'est-on demandé quels étaient les besoins d'une famille à faibles revenus ? Je me suis laissé dire qu'une étude d'impact était en cours à l'initiative de la chambre de commerce. On n'en connaît pas encore les conclusions mais le bon peuple devrait déjà être contre le projet ! Cela me rappelle la position de Sarkozy à l'égard des magistrats de Nantes : coupables avant même d'avoir été jugés. Ou la position de l'ancien conseiller général de Louviers-sud sur l'éventuelle réouverture de la ligne SNCF : c'était NIET sans même connaître les conclusions des études lancées par la Région !

M. Claude Met, ancien commerçant lovérien, ancien président du Conseil de développement de la CASE aujourd'hui implanté à Evreux, est à la pointe du combat contre le projet Mac Arthur Glen. Avec le MEDEF et Jean-Pierre Nicolas, député d'Evreux, il veut empêcher la naissance de cette cité des marques et soutient le collectif de défense des commerçants. On aimerait aussi voir tous ces gens dans la rue quand les usines ferment, quand les emplois sont supprimés par centaines et que les soutiens se comptent sur les doigts d'une main. Des salariés qui souffrent, des chômeurs en pagaille, cela non plus n'est pas bon pour le commerce !

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Curieuse attitude que celle de ces gens qui se déchaînent contre ce projet.

Du côté des politiques du coin, on comprend aisément qu'ils souhaitent récupérer les voix des commerçants, c'est clairement la prise de position du maire de Louviers.
C'est grotesque quand on voit ces mêmes élus qui défilent quand les usines ferment et qui font voter des motions contre la création d'emplois.
Par les temps qui courent et compte tenu de l'inexorable désertification industrielle tant que la mutation technologique nécessaire n'aura pas été initiée, il est complètement irresponsable de s'opposer à la création d'emplois quels qu'ils soient.

PR

Anonyme a dit…

Création d'emploi oui, mais pas n'importe quoi non plus et pas détruire des emplois par ailleurs. Parfois il faut réfléchir au développement de la région, mais se poser la question quelle région on veut développer et quel type d'emploi utile à la population et qui ne détruit pas l'économie locale, mais l'améliore.
Les villages de marques donnent de l'emploi à des milliers de km de chez nous, ceux qui fabriquent et pas par ici. On cherchera probablement quelques commerciaux pour vendre et gérer, mais le peuple, les petites gens sans diplomes ne trouveront pas grand chose.

Sylvia Mackert

Anonyme a dit…

Monsieur, lorsque vous parlez des creations d emplois promises par mac arthur pouvez vous avoir l amabilité de regarder les chiffres concernant le centre de TROYES 85000 m2 1200 emplois
Douains 20000m2 1000 emplois
http://www.magdus.fr/IMG/pdf/Article_revue-espaces.com-3.pdf
Le ratio n est pas du tout le même

La réalité est parfois moins belle que la promesse