4 août 2019

Immense succès de la nuit des étoiles à Louviers


Michel Bellevin (à gauche) toujours passionné.
Immense succès de la nuit des étoiles. En jouant à cache-cache avec les nuages et une ou deux gouttes d’eau, les membres du club local d’astronomie, Stéphane Leblond en tête, ont réussi à attirer des dizaines de curieux désireux d’en savoir plus sur une nuit pas si noire que cela. Avant que les badauds (dont j’étais) posent leur œil sur l’oculaire des lunettes et autres télescopes, la salle Mauchaussé avait brui de la conférence donnée par un membre passionné et lettré et relatif à la conquête spatiale. Comment, depuis le premier vol des frères Wright, avons-nous fait pour aller si rapidement de la terre à la lune ?
Dépassant le voyage d’Apollo 11 et le premier pas de Neil Armstrong sur la lune, le conférencier d’un soir narra par le menu la guerre d’images et de moyens que se sont livrés les Etats-Unis et l’URSS pendant trois décennies. S’il est vrai que le premier satellite lancé en orbite fut le Spoutnik des Russes en 1957 et que le premier homme de l’espace avait pour nom Youri Gagarine, personne ne peut oublier cette nuit du 16 juillet 1969 et la descente sur la surface lunaire de Neil Armstrong et de sa petite phrase diffusée en direct à l’attention des terriens : « un grand pas pour (un) l’homme, un bond de géant pour l’humanité. (1) » Comme il ne faudrait pas omettre le rôle décisif de Werner Von Braun dans la réussite de cette épopée. L’ancien chercheur d’origine allemande, nazi convaincu, père des V2 de sinistre mémoire, « récupéré » par les Américains à la sortie de la guerre, fut la cheville ouvrière essentielle à la réussite de cette conquête spatiale. C’est à lui qu’on doit les fusées qui ont assuré le succès de cette grande aventure dont on ne connaît pas la fin.
Didier Langlois prépare son « engin ».

Finalement, les Etats-Unis ont remporté cette guerre symbolique et surtout politico-économique destinée à faire du capitalisme le nec plus ultra de la vie en société. Ce qu’Eisenhower avait refusé, jugeant ridicule d’engloutir des milliards de dollars dans la conquête spatiale, Kennedy et Kroutchev ont choisi une autre voie, celle de la découverte extraterrestre et de la vie organisée loin de notre planète nourricière.
Je ne peux que penser à ce que m’avait déclaré Jacques Monod, prix Nobel de Médecine, lors d’une interview réalisée à l’occasion de l’installation de l’Institut Pasteur à Val-de-Reuil : « Sur la lune, on ne trouvera que des cailloux. L’argent utilisé pour ces voyages serait plus utile à la recherche fondamentale afin de lutter contre les maladies. » Jacques Monod faisait fi des rêves qui peuplent les nuits de tous ces jeunes (et  moins jeunes) lecteurs de Tintin ou d’autres revues scientifiques…… ils nous font croire que vivre ailleurs (sur Mars par exemple) serait possible surtout quand on déplore tous les malheurs causés par l’homme et l’ère industrielle à cette planète bleue dont on aurait, dès ce mois de juillet, déjà épuisé toutes les ressources disponibles !
Ultime réglage.
Et pourtant ! Une prise de conscience progresse chaque jour. Nous sommes de plus en plus nombreux à trier nos déchets, à respecter la nature, à nous soucier du bien être animal, à manger mieux et moins…comme si les peuples voulaient transmettre un message à ceux qui nous gouvernent : assez de gaspillage, assez de course à la croissance infinie, marre de la pollution…Deviendrions-nous plus raisonnables ?

Hier soir, à Louviers, la nuit des étoiles a permis à bien des jeunes de découvrir Jupiter, Saturne et ses anneaux, Antarès, l’étoile polaire, la grande Ourse…et pour ceux qui ne l’avaient pas encore vue, de constater que la piste d’athlétisme du stade Maxime Marchand devrait permettre l’éclosion d’athlètes prometteurs de…l’Etoile athlétique lovérienne. Encore une étoile !
(1) Dans la phrase préparée par Neil Armstrong on lit « un petit pas pour UN homme…» mais dominé par l’émotion, il a déclaré « un petit pas pour L’homme » et c’est la phrase qu’on a retenue.

22 juillet 2019

La mort du doctorant rouennais : Eric Ciotti dégaine trop vite !


Eric Ciotti, député des Alpes maritimes et candidat (vraisemblable) à la mairie de Nice devrait faire plus attention aux tweets qu’il écrit dans la précipitation. Ce supporter d’une droite dure décomplexée a vu, dans la mort du doctorant guinéen rouennais, la conséquence de violences physiques motivées par la victoire de l’Algérie en coupe d’Afrique. L’auteur des faits, un Turc semble-t-il, s’en est pris à l’universitaire rouennais en invoquant des motifs a priori racistes…
Il se trouve que suite à son interpellation ce matin et l’examen conduit par des médecins spécialistes, l’auteur du « crime » se trouvait sans doute en état de démence, son passé psychiatrique indiquant un lourd bilan défavorable. Si bien d’ailleurs que le parquet a sollicité la fin de sa garde à vue avant de l’envoyer en soins psychiatriques. Cela voudrait dire que M. Ciotti a tiré plus vite que son ombre en faisant du tueur un fanatique raciste radicalisé à l’extrême alors qu’il n’est qu’un dément agissant sous l’emprise d’une maladie mentale. Je ne suis pas surpris que Nicolas Dupont Aignan ait entonné le même refrain. Il appartient à cette catégorie de gens toujours prêts à crier avec les loups et au plus fort de la meute. Mamoudou Barry est mort parce qu’il se trouvait au mauvais moment au mauvais endroit. Victime d’un fou, il laisse une épouse et une petite fille de deux ans. La communauté universitaire rouennaise leur viendra en aide pour que le défunt soit enterré en Guinée et que sa famille puisse rester dans notre pays le temps qu'elle souhaitera.

21 juillet 2019

Quelques réflexions au débotté : Nadine Morano, Donald Trump, Benjamin Griveaux, François de Rugy…



L’été est une saison plus propice au farniente qu’à la réflexion politique ; Voilà pourquoi je me suis astreint à un certain silence notamment sur le plan local puisque les informations nouvelles ne se bousculent pas. Dès la rentrée de septembre, on peut faire confiance aux différents candidats putatifs des listes municipales pour occuper le premier plan de l’actualité.
Aux plans international et national, il n’y a pas de répit, pas de vacances. Certes, la réforme des retraites proposée par le haut commissaire Delevoye devrait susciter quelques chauds débats avec la suppression progressive des régimes spéciaux et le système de bonus malus autour de l’âge d’équilibre fixé à 64 ans. On conserve l’âge légal à 62 ans mais le gouvernement propose de retarder le départ (avec 100% des droits) en retraite de deux ans. La raison invoquée ? L’équilibre des régimes sans oublier l’accroissement de l’espérance de vie…Certains syndicats de salariés (FO, CGT, CFTC…) ont d’ores et déjà déclaré qu’ils s’opposaient aux propositions Delevoye. Qui s’attendait au contraire ? L’automne s’annonce plus chaud que prévu et le changement climatique y sera pour rien. Si la concertation promise ne fait pas bouger les lignes, je prends le pari que les cris de la rue se feront de nouveau entendre.

Mme Morano est raciste, point barre.
Au chapitre des petites phrases, la palme d’or revient à Nadine Morano. Avec sa sortie sur Sibeith Ndiaye (porte parole du gouvernement) « qui porte des tenues de cirque et prononce des inepties », l’ancienne ministre fillonniste s’est attirée les foudres des membres du gouvernement, des élus de LREM et des citoyens antiracistes. Mme Morano ne supporte pas qu’une jeune femme d’origine sénégalaise, Française, ait emprunté l’ascenseur social et occupe un poste au gouvernement.
Elle n’est pas seule, sachons le, à avoir des pensées de cette nature. Le racisme (même si Dominique Jamet sur LCI conteste l’emploi de ce mot inadapté, selon lui, à la situation) est un mal endémique en France. Il frappe toutes les couches de la société. Il va de soi que les petits blancs et les petites blanches s’indignent de constater qu’une jeune femme non issue des grands écoles peut obtenir une place au pouvoir et s’affranchir des contraintes verbales et vestimentaires. La France change, il faudra bien que les traditionnalistes s’en aperçoivent un jour.

L’affaire de Rugy est-elle une affaire ?
En attendant que tout s’éclaire, Médiapart se régale. Le feuilleton interrompu pour cause de démission de l’ancien président de l’Assemblée nationale rapporte des abonnés (à 9 euros mensuels) et situe le site d’investigation comme un des principaux pourfendeurs des erreurs, fautes, contournements des gens au pouvoir. Certes, le homard et le Château d’Yquem ne sont pas encore entrés sur toutes les tables françaises, certes, l’enquête interne conduite à l’assemblée n’y voit pas malice, mais on aimerait comprendre le rôle exact que joue les entourages ? Il est certain que les journalistes préféreront toujours les déjeuners de travail aux diners, ne serait-ce que pour des raisons de confort moral. François de Rugy a démissionné. Il a bien fait. Il évite l’embarras quotidien du gouvernement, déplace le centre de gravité des obsessions estivales, permet à Elisabeth Borne de faire son entrée dans un ministère qu’elle connaît bien. La techno remplace l’écolo. EELV devra-t-elle rembourser les cotisations du député, pas seul à avoir utilisé l’IRFM (frais de mandat) pour être à jour avec l’ancien parti de François de Rugy devenu Républicain en marche ?

Trump se lâche déjà
Donald Trump veut renvoyer chez elles les quatre élues démocrates qui lui mènent la vie dure. Mais chez elles, ce sont les USA (Etats-Unis d’Amérique) puisqu’elles ont la nationalité américaine et qu’elles représentent des fortes sensibilités dans ce pays aussi vaste que divers. La campagne électorale de celui que 24 femmes (!) accusent de violences sexuelles s’annonce brutale et sans nuances. Pendant plus d’un an, nous allons devoir nous habituer aux frasques d’un président dont la santé mentale devrait en inquiéter plus d’un et plus d’une. Le noyau dur de l’Amérique profonde lui reste fidèle mais ses saillies racistes, misogynes, xénophobes vont bien finir par faire prendre conscience aux Américains du caractère réel d’un homme qui n’utilise pas trois mots intelligents par tweet et qui ne jure que par le deal. Trump reste un homme d’affaires, un magnat de l’immobilier qui a son nom sur des buildings dans quelques pays du monde et même en Russie puisque l’argent n’a pas d’odeur. Quand il n’agresse pas, ses paroles sont vides de sens. Quand il n’insulte pas, il n’a rien à dire. Il serait pourtant trop simple de résumer à Trump à ses fake news et autres vérités alternatives. Il est soutenu par des lobbies puissants qui savent très bien où le mener. Et à l’accompagner. Ses singeries plaisent au petit peuple. C’est vrai aussi en Grande-Bretagne avec Boris Johnson…

Benjamin Griveaux démarre mal sa campagne
Benjamin Griveaux veut devenir maire de Paris. Pour satisfaire cet objectif, il commence sa campagne par insulter ceux qu’il appelle à le soutenir, les Villani, Le Breton, Renson…Comme c’est bizarre, tous ces hommes (et femmes, n’est-ce pas Mme Loiseau ?) qui passent leur temps à sulfater les « amis » proches. C’est un défaut très répandu, comme on sait, et un sport pratiqué depuis des lustres et dans tous les partis politiques. Demandez à Ségolène Royal ce qu’elle pense de ses petits camarades éléphants qui, pendant la campagne présidentielle qu’elle a conduite, n’ont pas cessé de lui savonner la planche et de mettre en cause sa compétence et ses qualités intellectuelles. Que Sarkozy tente de l’humilier, c’est grave mais attendu de la part d’un concurrent. Mais que des partenaires, membres du même parti que vous, vous trainent dans la boue, c’est très parisien.
Bertrand Delanoé a enfin récusé les propos de Benjamin Griveaux se prévalant sinon de son soutien du moins de son influence. L’ancien maire de Paris demande que personne ne parle en son nom. C’est bien le moins qu’il puisse exiger.

15 juillet 2019

Grégory Havret, meilleur joueur français lors du Vaudreuil golf Challenge remporté par Steven Tiley


Grégory Havret au départ du trou 18 dimanche.©Jean-Charles Houel
L’édition 2019 du Vaudreuil golf Challenge restera comme un cru exceptionnel. Tout a concouru au magnifique succès de cette épreuve française de la seconde catégorie du Tour européen. L’accueil, le terrain, l’organisation d’une épreuve réunissant 156 joueurs pendant deux jours puis 61 durant les deux jours de la finale, nécessitent un rodage que les sept années passées ont contribué à rendre plus qu’opérationnel.
C’est si vrai que les joueurs que j’ai pu interroger tels que Grégory Bourdy, Grégory Havret, Julien Quesne, tous issue de la première division du tour européen, se sont déclarés surpris par la qualité globale du tournoi. Ils retiennent essentiellement la préparation des différentes installations d’échauffement, d’entraînement, et finalement de championnat, gage de la réussite couronnée par quatre jours d’une météo exceptionnellement clémente. On a connu dans le passé des épisodes orageux ou venteux mettant les nerfs de tous et toutes à l’épreuve.
Parmi les personnes à saluer (il y en a tant dont les dizaines de bénévoles commissaires, starters, marqueurs, suiveurs) le premier mérite revient évidemment à Jean-Claude Forestier qui se donne les moyens d’améliorer considérablement le parcours, de s’adonner à une passion que nous sommes nombreux à partager même quand le sort est défavorable. Cela n’aura pas été le cas pour Grégory Havret l’un des Français engagés qui, sur le trou 18 du dernier jour, a trouvé le moyen de taper un arbre avec une suite positive…puisqu’un birdy bienvenu l’a placé 3e au classement général, synonyme d’une remontada pleine d’espoir pour un retour sur le grand…tour. Il est vrai que Grégory Havret semble solide, aiguisé, relâché et que le second qu’il fut (dans le passé) à l’US open ne devrait pas s’éterniser sur le Challenge tour.
Steven Tiley Le vainqueur de l'épreuve.
Autres personnes à citer : Céline et Guillaume Biaugeaud. En faisant appel à ces deux professionnels compétents pour diriger la manœuvre d’un lourd paquebot, JC Forestier a eu la main heureuse. Le golf du Vaudreuil connaît une croissance mesurée mais réelle. Il est fini le temps où ce golf était (à tort ou à raison) réservé à une élite d’entre soi. Aujourd’hui, même si les vétérans sont encore nombreux, on voit des jeunes et des golfeurs(feuses) heureux de pratiquer leur sport-jeu-obsession dans des conditions exceptionnelles. D’ailleurs, le nombre de licenciés au Vaudreuil a largement dépassé les 500 et le golf se classe à la 5e place de la meilleure croissance de juillet 2018 à juillet 2019 dans les départements de l’ex-Haute-Normandie. Et pourtant ! Au niveau national, le nombre de pratiquants a sévèrement baissé. Alors qu’on misait sur la création de terrains nouveaux, de 9 et 18 trous, pour favoriser le golf loisir et élargir les publics, l’exigence technique et la disponibilité ont eu raison de ceux et celles qui croyaient devenir des Tiger Woods en une semaine. Le matériel ne cesse de s’améliorer et donc de faciliter la pratique de ce sport exigeant. Mais il faut du temps pour apprivoiser le swing et les parcours. Un swing qu’on doit sans cesse travailler et retravailler, pour tendre vers une récompense que seuls les obstinés et les persévérants sans oublier les personnes bien douées obtiendront.
Les golfs locaux (Le Vaudreuil, Léry-Poses, Evreux, Gaillon, Champ de Bataille) attendent de pied ferme les futurs amateurs d’un jeu inventé par des Britanniques dont on connaît le légendaire goût pour l’étiquette et une forme de masochisme : never plain, never complain. Tous et toutes à vos clubs !

10 juillet 2019

Concert orgue et trompette en l'église de Muids le 18 juillet


Concert en l’église de Muids le jeudi 18 juillet à 18h30 : Francis Vidil en hommage à Michel Legrand, orgue et trompette. Pianiste, organiste, improvisateur, professeur au Conservatoire régional de Versailles, Francis Vidil est autant connu pour sa carrière de pédagogue que pour ses concerts à travers le monde.
A l’occasion de la Master Class piano-improvisation qu’il dirige au Moulin d’Andé du 16 au 21 juillet, ce musicien aux multiples facettes donnera un concert hommage à l’église de Muids, concert donné le 29 juin dernier en la cathédrale de Moscou.
Francis Vidil est un des rares musiciens à réaliser l’exploit de jouer en même temps de l’orgue et de la trompette.
Pour tous renseignements, Veruschka : 06 60 84 12 52
Prochains rendez-vous avec Francis VIDIL au cours du week-end, samedi 20 juillet à 19 heures au Moulin d’Andé (Théâtre) autre hommage à Michel Legrand au Piano. Concert 18 euros - Dîner 25 euros. Réservation Moulin d’Andé Tél 02.32.59.90.89,  moulin@moulinande.asso.fr 
Dimanche 21 juillet à 15 heures au Moulin d’Andé (Théâtre) Master Class de fin de stage ouverte au public. Entrée libre

8 juillet 2019

Les parents de Vincent Lambert se résignent : la raison…raisonnable l'emporte enfin


Les parents de Vincent Lambert se résignent. Leurs avocats ne déposeront plus aucun recours judiciaires pour empêcher les médecins de leur fils, en état végétatif depuis des années, de procéder à des soins palliatifs permettant à leur enfant de mourir dans la dignité et sans souffrance. Il en aura fallu des recours, des appels, des plaidoiries et des combats pour que la raison l’emporte et que l’épouse de Vincent Lambert puisse entamer bientôt un deuil qu’elle aura attendu pendant des mois et des mois.
Il est vrai que la décision de la Cour de Cassation, réunie en séance plénière, et visant à empêcher tous les recours judiciaires futurs, ne laissait plus aucun espoir aux parents de Vincent Lambert. Ces derniers, catholiques intégristes, auront même fait appel au Pape et à l’ONU, pour que Vincent continue d’être nourri artificiellement et laissé dans un état d’inconscience flagrant…ce que contestaient, donc, des parents enfermés dans leur subjectivité absolue et leur refus de prendre en compte le monde réel. Certes, tous les parents sont interpellés dans une situation de détresse compréhensible et irrationnelle. Imaginer la mort de son enfant relève de l’impossible. Et pourtant. Il appartient à chacun d’entre nous de faire son examen de conscience et de réfléchir au sens de la vie et donc au sens de la mort. Une vie végétative, sans conscience évidente, sans autonomie de pensée, sans poids sur son propre devenir, a-t-elle encore une signification ? L’entourage familial doit-il ignorer les souhaits individuels ? Voilà pourquoi il est si essentiel que chacun, dans la plénitude de sa responsabilité et de sa liberté, puisse opérer les choix qui guident sa vie et fasse connaître ses volontés lorsque la maladie ou les accidents de la vie empêcheront tout acte volontaire.  

6 juillet 2019

Du 11 au 14 juillet, le golf du Vaudreuil accueille les joueurs de la seconde division européenne dont de nombreux Français comme Grégory Havret ou Grégory Bourdy…


C’est devenu une bonne habitude. Chaque année en juillet, Jean-Claude Forestier et le golf du Vaudreuil accueillent une épreuve du Challenge tour, le seconde division européenne comptant pour la montée sur le tour européen. Sur les 156 joueurs admis à participer, on trouve quelques jeunes pleins d’ambition et des joueurs plus anciens qui n’ont pas pu conserver leur carte sur le tour majeur.
Dans la liste des joueurs engagés la semaine prochaine puisque le Challenge tour s’arrête au Vaudreuil les 11, 12, 13 et 14 juillet, on trouve les noms de Grégory Havret et Grégory Bourdy, plus habitués aux joutes de haut niveau, Antoine Rozner, actuellement premier au classement du Challenge tour et quasi assuré de monter en première division au soir de la saison actuelle. Si les Français seront présents en nombre (avec notamment le local Nicolas Maheut, membre du golf du Vaudreuil, toujours aspirant) il y aura aussi  pléthore de joueurs étrangers dont Chase Koepka, le frère du numéro 1 mondial, Brooks Koepka, lequel passa lui aussi par le Challenge tour avant de devenir ce qu’il est aujourd’hui.
D’ailleurs à regarder de plus près les listes des joueurs du tour américain ou du tour européen, on relève les noms de Aaron Rai, Ryan Fox, Andrew Johnson, Bee An, Mike Lorenzo Vera, Mathiew Fitzpatrick…tous joueurs de haut niveau passés par Le Vaudreuil soit vainqueurs, soit dans les dix premiers.

Que l’on soit golfeur ou pas, regarder ces joueurs taper leurs coups et adopter des stratégies de jeu renforce l’image du jeu de golf. Je sais bien que des clichés continuent de circuler autour de ce sport déjà dénoncés sur ce blog (sport de vieux, de riches, etc). Le golf favorisé par la Fédération française (1) est un vrai sport, bon pour la santé mentale et physique, accessible quand on est équipé avec un esprit judicieux et avisé, qui nécessite des qualités morales importantes eu égard aux résultats parfois surprenants dans le bon…et le moins bon. Le golf, au-delà de l’aspect purement compétitif, nécessite que l’on s’entraîne régulièrement si possible en s’appuyant sur les conseils de professionnels de qualité comme ceux qui exercent au Vaudreuil où Guillaume Biaugeaud, directeur, développe le site avec talent et compétence.

Cette année, le terrain a été préparé de longue date. La pousse des hautes herbes sera évidemment un critère de sélection dans la mesure où les espaces tondus ras ont été étroitisés. La chaleur annoncée et le soleil, donc, devraient favoriser le succès public de l’épreuve et la beauté des gestes de ces professionnels d’exception. Les personnes désirant donner un coup de main aux organisateurs le peuvent encore en téléphonant au golf du Vaudreuil (02 32 59 02 60).

(1) Le golf est un sport chronophage. Une partie dure entre 4 h 30 et 5 heures. Des compétitions six ou neuf trous (au lieu de 18) permettent d'accueillir des joueurs et des joueuses…plus pressé(e)s.

3 juillet 2019

Pendant la récolte du miel, les apiculteurs doivent être vigilants…et responsables


Sur la planche d'envol. ©Jean-Charles Houel
L’attaque par les abeilles de deux randonneurs ayant abouti à la mort de l’un d’eux et à de nombreuses piqures pour la seconde personne mérite quelques explications rationnelles. Si l’on s’en tient aux premiers éléments diffusés sur les radios et les chaines d’info télévisées, le couple aurait été agressé par des centaines d’abeilles lors de leur promenade sans qu’on sache les circonstances précises de cette attaque . On a entendu tout et son contraire comme si les abeilles pouvaient attaquer quelqu’un sans raison ! Et l’on reparle des abeilles tueuses par ci, des souches africaines par là, alors que la vérité me semble facile à déceler.
Les deux randonneurs passaient près d’un rucher où un apiculteur procédait à la récolte de son miel. Compte tenu de la canicule, de la disette vraisemblable dont sont actuellement victimes les abeilles, il y a fort à parier que celles-ci n’ont pas accepté facilement de se faire dépouiller de leur butin et ont développé une agressivité tout à fait habituelle en pareil cas. Les apiculteurs (dont je suis) connaissent les dangers consécutifs à la récolte du miel. L’environnement humain et animal risque des piqûres dans un rayon de quelques mètres autour des ruches. Il appartient donc à l’apiculteur de travailler près de ses ruches avec un maximum de sécurité, d’opportunité et de responsabilité. Les temps orageux sont néfastes. La récolte est un moment critique parfois d’où une vigilance redoublée. Il reste que tout apiculteur digne de ce nom doit s’assurer civilement pour tout événement lié à ses ruches. L’abeille est placée sous la responsabilité civile et pénale de son propriétaire quand il peut être identifié évidemment. En l’occurrence, le propriétaire des « essaims » agressifs (1) en cause est identifié. Il devra répondre des conséquences du comportement de ses abeilles.
J’ai entendu l’interview d’un apiculteur (le responsable ?) affirmant que le froid du printemps puis les températures élevées auraient troublé les abeilles. Soit. Ce n’est pas, selon moi, la raison principale de l’agression. Je persiste et je signe : la récolte par temps de disette nécessite bien des précautions. Il en va de la crédibilité des apiculteurs et surtout de l’image des abeilles qui n’ont vraiment pas besoin de passer pour des tueuses. Surtout quand d’autres (les pesticides, les agents infectieux, le varroa, le frelon asiatique…) se chargent de décimer les colonies. Enfin les journalistes devraient être plus prudents quand ils parlent de ce qu’ils ne connaissent pas. C’est un métier difficile. Avant d’informer le public, il faut soi-même apprendre et veiller à ne pas créer inutilement de climat anxiogène. Il reste qu’être piqué par une abeille ou une guêpe n’est pas agréable. Être piqué des dizaines, et à plus forte raison des centaines de fois, peut être mortel.

(1) Le mot essaim est utilisé à tort à travers. Il correspond à la grappe formée après qu’une vieille reine quitte sa ruche d’origine pour s’installer ailleurs avec la moitié de la population laissant place à une jeune reine. C’est le mode de reproduction naturelle des abeilles.

Municipales 2020 : les socialistes de l'Eure appelle à l'union et au rassemblement des forces de la gauche et des écologistes

Le bureau de la  fédération de l'Eure du Parti socialistes a adopté le texte suivant :
« Les enjeux des territoires, ce sont les enjeux de la République. Pour les socialistes, la liberté, l’égalité et la fraternité sont des vérités concrètes qui doivent se vivre au quotidien dans nos communes. Les traduire en actes appellent une offre de soins équilibrée, des commerces de proximité, un maillage dense en transports collectifs, une politique du logement solidaire et volontaire, des moyens à la hauteur pour les missions de police et de gendarmerie, des choix culturels et sportifs audacieux, un accès juste aux possibilités du numérique, un soutien résolu à l’emploi, au développement économique et à l’essentielle transition écologique. C’est aussi le respect pour le travail fondamental de ces sentinelles de la République que sont les élus locaux.

En mars 2020, les Euroises et les Eurois seront amenés à choisir un.e maire, les adjoint.e.s et les élus de leur commune. Dans notre département, l’engagement des socialistes est un socle précieux pour confirmer autant que pour conquérir des responsabilités locales. Dans une France où le scepticisme vis-à-vis de la démocratie nationale atteint des sommets, chaque jour, les socialistes aux responsabilités dans les communes euroises montrent quotidiennement que, pour nous, la politique ce sont avant tout des femmes et des hommes qui se dévouent pour le bien commun.

C’est dans ce cadre que la fédération de l’Eure du Parti socialiste invite à la constitution de listes d’union et de rassemblement des forces de la Gauche et des écologistes partout dans l’Eure. Dans chaque commune de notre département, nous appelons donc les élus, militants et sympathisants socialistes à être les fers de lance du rassemblement et des solutions du quotidien.

La cohérence entre des convictions et des actes fait la force et la crédibilité d’un collectif politique. Les socialistes seront fiers de pouvoir, au service des Euroises et des Eurois, en faire une nouvelle fois la démonstration. »

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1 juillet 2019

Sophie Ozanne (NPA) conteste mon point de vue sur le rôle de l'extrême gauche dans la politique municipale lovérienne


Sophie Ozanne interviewée par un journaliste régional. ©JCH
Suite à mon article sur les élections municipales de Louviers qui se préparent à gauche, j’ai développé un argument pas vraiment sympathique pour le NPA lovérien. Sophie Ozanne, que j’apprécie pour son courage moral et son obstination militante, n’est pas d’accord avec mon argumentation. Elle considère que les combats que nous avons menés ensemble justifieraient plus de compréhension voire de mansuétude à l’égard du courant d’extrême gauche auquel elle se voue corps et âme. Pendant longtemps, j’ai, professionnellement (au sein de la Dépêche) d’abord et en citoyen ensuite, cheminé de conserve avec le NPA. Bien des amis m’avaient mis en garde contre une forme de naïveté voire de candeur dans l’attitude que j’adoptais à l’égard de ses militants. Je la trouvais pourtant légitime et conforme au militantisme ordinaire d’un homme de gauche susceptible, un jour, de coopérer au pouvoir avec toutes les bonnes volontés. L’occasion s’est produite lors d’élections municipales à Louviers mais le NPA s’est empressé de rejeter toute forme de coopération municipale avec les socialistes si honnis (lire ci-dessous) si dangereux pour la classe ouvrière, si suppôts du libéralisme. La révolution, oui, le réformisme, non ! J’ai alors compris que les appels du NPA aux combats communs ne servaient qu’une cause : une forme de gauchisme vain n’acceptant ni le pouvoir ni les compromis nécessaires pour l’exercer sans aucune forme de dictature de la pensée. Il ne suffit pas de rejeter le capitalisme dans une économie mondialisée et une Europe intégrée pour se satisfaire d’une pureté idéologique. Avec ses 3000 militants encartés le NPA est un courant de pensée historique (Trostky) qui a eu son heure de gloire avec Alain Krivine et Olivier Besancenot. Mais l’un et l’autre, fermes sur leur intransigeance, n’ont jamais franchi le seuil du succès d’estime. La politique, c’est l’action pas le commentaire. Je n’ignore pas que les militants lovériens ont occupé les ronds points bien avant les gilets jaunes et  qu'au conseil municipal, ils ont posé de bonnes questions. Mais pour quels résultats ? Pour quelles politiques concrètes? Pour quel avenir commun ? Je pense avoir jaugé le comportement du NPA lovérien à des actes et non sous la forme de procès d'intentions comme le laisse entendre Sophie Ozanne.
Cela ne m’empêche pas de l'estimer (elle et Gérard Prévost). Et je publie volontiers sans aucune modification un point de vue dont les lecteurs seront les juges.

- Tu écris, Jean Charles : "on sait qu’il (le NPA) parvient (grâce à la famille et aux amis) à  monter une liste apte à capter les voix de l’extrême gauche". Je laisse de côté la petite vacherie glissée entre parenthèses, je soulignerai juste que, oui, c'est plus difficile pour nous de constituer une liste pour la bonne raison qu'il est plus difficile de s'afficher sur une liste du NPA quand on cherche du travail, qu'on a signé un CDD, qu'on travaille dans un secteur "sensible" (nucléaire...). Alors, oui, nous ne l'avons jamais caché, nous sollicitons les ami.e.s et la famille. Cela ne nous a jamais empêché d'avoir des candidats qui "tenaient la route". Rien qu'au conseil municipal, nous avons, Gérard, Philippe et moi, assuré un travail sérieux et constant. D'autre part, tu m'accorderas que les autres listes n'affichaient pas que des experts et des talents.

- Tu écris encore : "on sait bien que les sympathisants NPA ne votent pas aisément pour ceux qu’ils appellent les « social-traîtres »" Cela fait plus de 40 ans que je milite avec mes camarades de la LCR hier, du NPA aujourd'hui, et jamais je n'ai lu ou entendu l'expression "social-traitre". Elle est datée de l'après mai 68 où les groupes d'extrême gauche foisonnaient et rivalisaient en sectarisme et anathèmes. Alors, de grâce, adresse-nous des reproches actualisés.

- Sur les municipales à Louviers et les élections en général. Nous avons toujours dit que, pour nous, les élections n'étaient d'aucune utilité pour changer le système, objectif que nous défendons : sortir du capitalisme qui mène le monde à la ruine, au chaos, à la destruction de l'humanité. Le meilleur exemple de l'inutilité des élections est fourni par ton ancien parti, Jean Charles, le PS, qui avait réussi à conquérir presque toutes les institutions en 2012 : le gouvernement, l'Assemblée nationale et le Sénat, presque toutes les régions (sauf une), la plupart des grandes villes et des conseils généraux. A quoi cela a-t-il servi ?  A creuser encore davantage les écarts entre les très riches et les très pauvres, mais aussi à affaiblir les classes populaires et moyennes, comme le montrent bien Michel et Monique Pinçon Charlot. Hollande a conduit une politique dans la continuité de celle de Sarkozy qui a provoqué l'écœurement et l'abandon des classes populaires et le découragement pour beaucoup. Comme à chaque renoncement de la gauche, on  voit monter le FN : ce parti, comme tout parti fasciste, sait bien se faire passer pour le défenseur des "sans grade", et capter le vote de rejet de la classe politique dans son ensemble ("Sarkozy, Hollande, tous pareils"). Qui a oublié la loi El Khomri, véritable casse du code du travail qui ouvraient la porte aux lois Macron ? Qui a oublié Ennarda et la déchéance de nationalité ? Qui a oublié la loi Touraine sur les hôpitaux ? Qui a oublié la chasse aux migrant.e.s et le refus de traiter l'arrivée des réfugié.e.s de façon globale, européenne ? (l'Italie s'est retrouvée bien seule, et on voit le résultat aujourd'hui, Salvini est au pouvoir). Cette ligne politique désastreuse a été critiquée par certain.e.s au PS qui en sont sortis. Celles et ceux qui sont restés au PS ont choisi d'assumer cette politique. Voilà pourquoi aucun.e. militant.e du NPA ne peut s'allier avec des militant.e.s PS, aux municipales ou ailleurs.

Cela étant dit, nous participons aux élections, et pas que pour témoigner ou avoir une tribune, comme j'ai pu le lire sous ta plume. Les élections sont un temps politique important. Nous serions tout à fait capables d'être à la tête de la municipalité de Louviers. Nous dirions : "Nous sommes la gauche qui lutte, l'écologie qui se bat, mais on ne fera aucun miracle, prenons nos affaires en main, tous et toutes ensemble ! ". La réalité rattrape très vite les élu.e.s qui ont des programmes prometteurs, alléchants, sincères parfois. Les vrais dirigeants du monde, les décideurs, ne sont pas les élu.e.s, ce sont les dirigeants des grandes firmes industrielles et bancaires qui imposent leurs règles. Qui le dit ?
Nous n'affichons jamais : "voter pour nous et la vie sera merveilleuse après, car nous avons le programme qu'il vous faut".
Car, sur le plan municipal, on sait bien que 80% du budget représentent des dépenses incompressibles (salaires des employés, chauffage, électricité, écoles...). Donc les intentions électorales ne portent que sur les 20% restant. Il faut le dire. Ces 20% concentrent les intentions politiques d'une municipalité et ses choix : des maisons des jeunes ou une patinoire par exemple.

J'aurais d'autres remarques à te faire, d'autres réflexions à partager, mais je vais arrêter. Je suis prête à poursuivre la discussion, si tu acceptes de nous faire les reproches qui viennent de nos écrits, nos paroles ou nos actes. On a milité ensemble dans une association pour le retour en régie publique de l'eau, tu nous connais. On a des divergences de fond, c'est respectable, c'est le débat démocratique. A bientôt. » 

29 juin 2019

Graves incidents devant le commissariat de Val-de-Reuil : la mairie conteste l'emballement médiatique qui nuit à l'image de la ville


Thomas Toutain, directeur de la communication de Val-de-Reuil nous communique la réaction de la Ville de Val-de-Reuil suite à l’incident limité survenu devant le Commissariat de cette ville dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 juin 2019 et qui donne lieu « depuis 48 heures aux exagérations et aux interprétations les plus fantaisistes. »
 
« Un incident limité et, hélas, devenu banal quand la chaleur de l’été amène les jeunes à rester dans la rue, survenu devant le commissariat de Val-de-Reuil, dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 juin 2019, donne lieu depuis 48 heures aux exagérations et aux interprétations les plus fantaisistes. Intoxication, rumeurs et fake news, il n’est pas très difficile d'en démonter les mécanismes et d’expliquer les buts poursuivis par cette déformation sans précédent.

Acte 1 : après avoir vu dans un des cafés de la Ville, le match de football de la coupe africaine des nations, qui a vu l’Algérie battre par un but d’écart, un petit groupe de jeunes en cours d’identification et d'interpellation, parfaitement connus des services de la Ville, comme de ceux de la police, se dirigent vers le commissariat de Val-de-Reuil, chaussée du parc, vers 2 heures du matin. Leur activité est suivie, non par le commissariat, mais par les caméras de la Ville (visionnées par le Maire avant d’en transmettre les images aux services de police). Sept d’entre eux, vers 2h15, décident de jeter, à une distance d’une vingtaine de mètres, des pétards et des mortiers d’artifice (et non des mortiers de guerre...) volés à Evreux deux jours auparavant, probablement par des voyous locaux qui les leur ont revendus, sur la façade du commissariat. A l’intérieur de celui-ci, il n'y a pour assurer la sécurité des 100.000 habitants de l’agglomération que 5 fonctionnaires. Ils se déploient autour du bâtiment pour le protéger. Le petit groupe de jeunes n’est présent que sur un seul côté face à deux agents qu’une distance jamais inférieure à 15 mètres et une grille séparent d'eux. Le groupe se disperse et revient vers 2h30 du matin plus nombreux (environ une quinzaine) âgés de 12 à 18 ans, encapuchonnés plus que cagoules, parfois reconnaissables, pour reprendre jets de pierre et pétards. Deux fonctionnaires, venus de la BAC d’Evreux, prêtent alors main forte aux deux agents présents sur le côté du bâtiment pour disperser les jeunes. Ils disposent de flashbacks dont ils ne feront pas usage. Les jeunes rentrent chez eux. Il est trois heures du matin. Le commissaire de police, prévenu par les fonctionnaires de garde, en rend compte au Maire. Le bilan de l’incident est d’une vitre cassée. Des cailloux ramassés laissent apparaitre des ADN qui vont être exploités. L’affaire est close. La nuit suivante, il ne se passe rien. 

Acte 2 : avec la sous-préfète des Andelys, le maire se rend au commissariat le lendemain matin. Aucun des fonctionnaires présents au cours de la nuit n’est présent, ce qui est normal puisqu’ils sont au repos. Une femme, la numéro 2 du poste, paraît cependant passablement fébrile. Elle croit « avoir entendu quelqu’un lui dire que quelqu’un a entendu quelqu’un dire les mots Allah Akhbar », mais, sous les regards sceptiques de ses subordonnés, n’insiste pas. Il lui est expliqué qu’il y a à peu près la même relation entre les jeunes suspectés et le radicalisme qu’entre Ben Laden et le Lido de Paris. Le fond du problème apparaît alors. Des syndicalistes de police ont rejoint leurs collègues et décrivent la situation du commissariat de Val-de-Reuil : un commissaire remarquable qui s’en va à Rouen, peu de cadres, 50% des effectifs manquant, une CAP qui s’est déroulée dans la semaine et a conclu à 30 départs pour 0 arrivée au commissariat. Si une situation semble explosive, c’est bien la situation sociale. Chacun comprend que l’incident va être amplifié et utilisé pour témoigner de la grande misère de la police d’une des quatre grandes villes de l’Eure. Le Préfet, contacté par le Maire, promet des renforts pour effectuer les missions dévolues au commissariat et des effectifs supplémentaires sont en effet dépêchés la nuit suivante où, comme à l’accoutumée, il ne se passe rien.

Acte 3 : les syndicalistes alertent la presse et, ce qui est compréhensible, présentent leur version apocalyptique de l’incident sans en fournir aucune des clefs. Les correspondants des deux journaux locaux reprennent l’information sans contacter qui que ce soit, ni voir les images. La nouvelle, grossie, déformée, se répand sur Internet. Elle est reprise de façon très « politique » sur lefigaro.net. Des milliers de commentaires haineux ou naïfs accompagnent ces publications. La fake news est lancée. Au mieux, pour ces diffuseurs, pourra-t-elle entrainer des incidents avec les mêmes jeunes flattés d’être ainsi considérés, pour trois cailloux, à l’échelle nationale. La boucle sera bouclée.

L’information est devenue en 24 heures désinformation. La rumeur peut se répandre. Il n’y a qu’une seule victime de cette conjonction de ragots et de bobards : une Ville de l’Eure dont les statistiques d’amélioration de la sécurité sont les meilleures du département. Que cela serve au moins à ce que le commissariat de Val-de-Reuil/Louviers retrouve des effectifs adaptés à ses missions. C’est la vérité qu’il fallait rétablir. »