9 décembre 2019

La condamnation de Jean-Luc Mélenchon à trois mois de prison avec sursis sanctionne son manque de sang froid


Le jugement du tribunal correctionnel de Bobigny condamnant Jean-Luc Mélenchon à trois mois de prison avec sursis et quelques milliers d’euros d’amende peut satisfaire le chef de la France Insoumise. Si une peine d’inéligibilité avait été requise et acquise, il ne fait aucun doute que le tribun de LFI aurait eu du mouron à se faire. Ceux qui ont vu les images de JLM lors de la perquisition du siège de son parti et qui l’ont entendu éructé contre les policiers et les magistrats du parquet sont encore sous le coup de l’étonnement.
Comment cet homme de courage politique, habituellement respectueux des règles et des lois, a-t-il pu se laisser dominer par une colère non jouée devant la France entière alors même que les investigations des magistrats n’avaient d’autre fin que de déterminer si les assistants parlementaires de LFI au parlement de Strasbourg font bien leur travail et ne sont pas payés par l’Europe pour des tâches relevant des activités partisanes. Contrairement à ce qu’il a souvent affirmé, Jean-Luc Mélenchon n’est pas l’objet d’un règlement de comptes personnel. Il a beau invoqué une vengeance des socialistes, je crains fort que le député de Marseille se soit fourvoyé. C’est si vrai que Marine Le Pen et François Bayrou (dont le parti — le MODEM — est membre de la coalition au pouvoir) sont eux-mêmes mis en examen pour les mêmes raisons et que des perquisitions ont eu lieu chez les uns et les autres.
Jean-Luc Mélenchon a le droit de protester contre cette mise en examen et contre les actes judiciaires liés à cette situation. Il n’a pas le droit d’empêcher la justice de faire son travail en application du code procédure pénale. En France, personne n’est au-dessus des lois et seuls les complotistes peuvent imaginer (comme Fillon par exemple) qu’il existe des cabinets noirs ! On n’est plus au 19e siècle ! J’imagine que JLM va faire appel de cette condamnation en espérant une relaxe. S’il ne le faisait pas il serait sous la menace d’une récidive (peu probable) très inquiétante car alors la peine de prison deviendrait ferme en cas de seconde condamnation !
Le plus important est ailleurs. Le mauvais résultat de la France insoumise lors des élections européennes est (en partie) dû à l’attitude de Jean-Luc Mélenchon lors de cet épisode judiciaire. Les Français ont jugé que le 3e de la présidentielle n’avait pas les qualités de sang froid et de retenue indispensables à la pratique de la fonction la plus haute. Le bruit et la fureur s’accommodent mal de la démocratie représentative.

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