21 février 2021

Ecole Jean Zay : « le batiment devrait rester dans le patrimoine de la ville »

François-Xavier Priollaud, le maire de Louviers, m’a adressé, en cette fin d’après-midi dominicale, la réponse à ma question concernant l’avenir de l’actuelle école maternelle Jean Zay. « Plusieurs options sont à l’étude et la municipalité communiquera le moment venu. Le bâtiment devrait rester dans le patrimoine de la ville. » Pour M. Priollaud il ne s’agit pas à proprement parler d’une fermeture mais d’un regroupement d’écoles. L’école nouvelle (et ancienne) portera le nom de « Jean Zay-Les Cascades ». Le maire ne le précise pas mais c’est évidemment un symbole important que de conserver le nom de Jean Zay dont j’ai rappelé les initiatives heureuses pour la jeunesse et la culture lors de son passage au gouvernement de la France.

Sans préjuger de l’avenir de l’école Jean Zay, on doit espérer que cette dernière puisse effectivement rester dans le patrimoine communal. Pour devenir quoi ? Attendons les décisions de la municipalité.

Anciens(nes) de l'usine Philips-Polygram-Cinram : vos papiers !

photo JCH
L’usine Philips implantée à Louviers le fut grâce à l’action de Pierre Mendès France alors député de la circonscription et élu de Louviers. Face à la crise de la filière textile qui s’annonçait déjà, il voulait diversifier les emplois et assurer le développement industriel de la ville. Je me souviens de l’inauguration dont l’invité d’honneur était Jean Nohain (animateur de 36 chandelles à la télévision) tandis que l’harmonie municipale alors dirigée par Maurice Désert interprétait Sur la route de Louviers.

De nombreux disques microsillons 45 et 33 tours ont été pressés dans l’usine de Louviers. Des artistes tels que Serge Gainsbourg, Georges Brassens (accompagné d’Eddie Barclay), Barbara, Nana Mouskouri ont visité l’usine sous la direction de Fernand Pasquier entouré des cadres locaux MM. Crapard et Graux, pour ne citer qu’eux, connus pour leur professionnalisme. Si j’ai eu le bonheur d’accompagner Georges Brassens et Nana Mouskouri, je n’étais malheureusement pas encore journaliste lorsque Serge Gainsbourg et Barbara sont venus à Louviers.

Le but de ce billet est d’inviter ceux et celles qui possèdent des documents retraçant l’histoire de l’usine à toutes les époques (Philips-Polygram-Cinram) ainsi que celle de l’usine Portenseigne) à les confier au service des archives de l’agglomération Seine-Eure dans le but de monter une exposition retraçant 50 années de vie industrielle. Qu’il s’agisse de photos, de couvertures de disques, d’objets de toutes sortes…le service des archives en prendra le plus grand soin et vous les rendra (si vous le souhaitez) après l’événement et après les avoir numérisés.

20 février 2021

Que va devenir l'école maternelle Jean Zay après sa fermeture ?

Hélène Zay-Mouchard. (photo JCH)
Pour ceux qui aiment l’histoire même quand elle est tragique (ne l’est-elle pas toujours ?) j’aimerais évoquer la mémoire de Jean Zay. Cet homme de gauche, juif, patriote, ami de Pierre Mendès France a dû subir la vengeance de Vichy et du gouvernement Pétain-Laval auteur d’une législation antisémite abominable. Emprisonné à Clermont-Ferrand aux côtés de PMF pour une désertion totalement imaginaire après l’expédition du Massilia (1), Jean Zay, ministre du gouvernement de Front populaire, a laissé une œuvre remarquable d’audace et de confiance dans la jeunesse de notre pays.

 

Pendant ses quarante-quatre mois au gouvernement du Front populaire, Jean Zay institue en effet au titre de l’Éducation nationale : les trois degrés d’enseignement, l’unification des programmes, la prolongation de l’obligation scolaire à quatorze ans, les classes d’orientation, les activités dirigées, les enseignements interdisciplinaires, la reconnaissance de l’apprentissage, le sport à l’école, les œuvres universitaires ; et au titre des Beaux-Arts : le CNRS, le Musée national des arts et traditions populaires, le Musée d'Art moderne, la Réunion des théâtres lyriques nationaux, le festival de Cannes.  (2) Sans doute parce qu’il était un homme d’une trempe peu ordinaire, Vichy a voulu l’éliminer et la milice de Darnand l’a assassiné en juin 1944 alors que la guerre avait depuis Stalingrad, changé d’orientation.

 

Photo d'archives JCH

Si j’évoque la mémoire de Jean Zay, c’est parce qu’à Louviers, il s’est trouvé une municipalité, celle de Pierre Mendès France, pour donner à une école maternelle le nom de ce ministre d’exception. Comment une municipalité de gauche aurait-elle pu omettre de saluer l’action d’un homme aussi exceptionnel ? Hélène Zay-Mouchard sa fille unique (notre photo) perpétue le souvenir de son père à Orléans et dans le Loiret dont il fut l’élu pendant si longtemps. De nombreux monuments publics portent le nom de Jean Zay partout en France. L’école lovérienne Jean Zay est actuellement une école maternelle. Mais la baisse des effectifs a conduit la municipalité à décider le transfert des deux classes à l’école des Cascades (pour faire des économies) et à fermer définitivement l’école Jean Zay à la fin de cette année scolaire. Une question me brûle les lèvres : que vont devenir l’école de la route de Pacy et l’habitation attenante ? J’ai adressé une demande au maire, François-Xavier Priollaud, pour obtenir une réponse. Je ne doute pas qu’il trouvera un moment pour satisfaire ma curiosité qui est aussi, et surtout, celle des enseignants, des parents d’élèves et des habitants de notre bonne ville.

 

(1) Le Massilia est un navire qui a quitté Bordeaux avant l’armistice de juin 40 avec à son bord des députés et personnalités voulant poursuivre la guerre dans l’empire. Pétain a voulu faire croire à la désertion de ces hommes qui voulaient combattre les Allemands.

(2) source wikipedia.


18 février 2021

Le contournement Est de Rouen n'évitera pas l'opposition de nombreux élus locaux et des associations de protection de l'environnement

Nicolas Mayer-Rossignol, le président de la métropole rouennaise a changé d’avis. Lorsqu’il était président de la Région Haute-Normandie, il s’était montré favorable à la réalisation du contournement Est de Rouen devant relier l’A 28 à l’A 13 au carrefour des Clouets à Val-de-Reuil. Depuis qu’il a été élu président de la Métropole, NMR n’en veut plus. S’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, M. Mayer-Rossignol n’est pas un imbécile. Plusieurs raisons motivent son changement de pied. Le maire de Rouen a passé un accord de gouvernance avec Europe-Ecologie-Les-Verts, vent debout contre le projet autoroutier, et cet accord oblige à respecter la parole donnée. De plus, de nombreux élus locaux, des associations de protection de l’environnement et des agriculteurs, voient d’un très mauvais œil la destruction de dizaines d’hectares de forêts ainsi que la disparition de terres cultivables. De plus, le tracé de cette autoroute, même s’il n’est pas encore définitif, s’inscrit dans une proximité redoutée notamment dans la vallée de la Seine et les plaines alluviales. L’érection d’ouvrages d’art imposants ne manque pas de soulever des oppositions dans les communes concernées.

 

Pourtant, et malgré les opposants, le Conseil d’Etat a rejeté des actions judiciaires visant à mettre un terme à ce projet d’origine étatique, financé avec le concours des collectivités territoriales que sont la Région, le département de Seine-Maritime en plus des financements des éventuels concessionnaires. Le département de l’Eure, hier, la métropole rouennaise, aujourd’hui, refusant leur concours financier, MM. Hervé Morin, président de la Région et Bertrand Bellenger, président du conseil départemental de Seine-Maritime, ont décidé de se substituer à la métropole rouennaise en augmentant leur participation de 66 millions d’euros ! En attendant le vote des assemblées qu’ils président, le mouvement d’opposition ne va pas ralentir la cadence. L’association « Non à l’autoroute », notamment, veut contrebalancer le soutien que les chambres de commerce et d’industrie ne manquent pas de faire connaître voyant dans ce nouvel axe routier une meilleure respiration (dans tous les sens du terme) dans l’agglomération rouennaise débarrassée d’une circulation pléthorique de poids lourds et une facilité pour les flux générés par le développement économique de la vallée de Seine.


Le coût total de l’opération est estimé à 900 millions d’euros soit 21,6 millions d’euros du kilomètre ! On peut penser que le coût prévisionnel sera dépassé comme le sont régulièrement les projets routiers. On va plutôt vers 1 milliard d’euros…donc. Les opposants font des contre-propositions : ils suggèrent (vieille demande) de rendre gratuit le péage d’Incarville sur l’A 13 qui permettrait de soulager l’ancienne nationale entre Rouen et le département de l’Eure ce que refuse la SAPN peu encline à perdre le bénéfice des rentrées. Elle a même refusé une demande Jean-Louis Destans, ancien président du conseil général de l’Eure, qui avait proposé une période d’essai de quelques mois, histoire d’étudier les comportements des automobilistes et des routiers. Il ne faut donc pas se bercer d’illusions d’autant plus que le futur concessionnaire devra faire face à un nouveau péage pour avoir le droit de circuler sur cet axe nord-sud.

 

Bien malin qui peut dire, aujourd’hui, quel avenir sera réservé au projet. En ces temps de crises en tous genres, l’argent public est une denrée rare et il y a fort à parier que certains travaux d’infrastructures vont être soit supprimés soit reportés dans le temps. A quelques mois des élections régionales, Hervé Morin ne veut pas être celui qui a dit non au contournement Est de Rouen. Et les opposants ne vont pas manquer de faire campagne contre un projet contraire aux exigences de protection environnementale devenues essentielles en 2021.


14 février 2021

La prescription d'un crime (viol ou inceste) ne signifie pas nier son existence

Dans une tribune parue dans le journal « Le Monde » plusieurs avocats et avocates mettent en cause l'attitude des parquets (depuis une dizaine d'années) dans les affaires d’inceste ou de viols. Ils dénoncent le fait que la notion de prescription soit foulée au pied et qu’ainsi des affaires « éteintes » occupent la une de l’actualité. Ils regrettent que la pression médiatique prenne le pas sur l’attitude des procureurs ce qui aurait pour effet de mettre en valeur certaines affaires et d’en taire des milliers d’autres. Il est vrai que les victimes n’ont pas toutes l’occasion d’écrire un livre ou de tourner un film !


On ne peut pas sous-estimer ce danger. Il est réel. Et d’ailleurs les parquets prennent d’infinies précautions avant de rendre publiques les enquêtes préliminaires ouvertes lors de la révélation de crimes destinées à mettre au jour d’autres faits délictueux non frappés de prescription. On sait tous qu’il s’agit d’un prétexte destiné à permettre aux victimes d’être reconnues et de les déculpabiliser. Ce qui n’est pas rien. Il serait également contestable de nier le droit à l’information de la part des journalistes dont c’est le métier. Je ne place pas au même niveau les commentaires anonymes balancés sur les réseaux sociaux et les enquêtes journalistiques répondant à des critères professionnels : recherche de la vérité si tant est qu’elle est toujours  singulière, exigence du contradictoire en donnant la parole aux victimes et aux auteurs présumés à condition que les uns et les autres acceptent de répondre aux questions posées. Ce qui n’est pas le cas dans l’affaire Olivier Duhamel pour ne citer que la plus récente puisque ce dernier a choisi (pour l’instant) de se taire.

 

Quand la prescription est établie, l’action publique est terminée. Serait-ce pour autant la loi du silence ? Quand on connaît les conséquences de l’emprise d’un adulte sur un enfant, pour en rester aux affaires d’inceste, on peut comprendre qu’il se passe un temps long avant que la victime sorte de sa torpeur. Pour des raisons évidentes (éclatement de la cellule familiale, chantage, menaces, honte, humiliation…) et c’est le cas de Camille Kouchner évoquant son enfance et celle de son frère jumeau, il a fallu du temps (et une psychanalyse…) pour qu'elle écrive « la familia grande ».

Ce que les six avocat(e)s oublient (ou taisent volontairement) c’est que la révélation de faits mettant en cause des personnalités peut aider à libérer la parole des victimes « normalement » destinées à l’anonymat. Ce fut vrai avec le mouvement metoo et les violences sexuelles de toutes natures et cela est vrai également avec la publicité faite autour d’un livre qui n’a rien de sulfureux et qui a pour fonction (vertu ?) d’imposer le silence à une personnalité médiatique, journalistique, politique admirée par nombre d’observateurs et par une élite sensible à « l’entre nous ».

 

Les avocat(e)s ont raison de rappeler que la prescription est un principe fondamental en droit. La prescription, « c’est un droit à l’oubli » pour l’auteur d’une infraction. Si en 10 ans voire 20 ou 30 ans, l’action publique n’a pas d’éléments de preuves permettant de poursuivre quelqu’un, quelle serait la logique de poursuivre un éventuel auteur de crime après tout ce temps ? Prescrire une infraction ne signifie pas nier son existence et c’est bien pourquoi le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, réfléchit à revoir les délais de prescription en matière de violences sexuelles ou d’inceste.

 

 

10 février 2021

Pierre Mendès France un « perdant magnifique » en podcast sur France Inter

L'hommage de François Mitterrand à l'Assemblée nationale après le décès de PMF. (photo JCH)

 

Fabrice Drouelle, journaliste et animateur radio sur « France Inter » a choisi, avec la complicité de l’historien Jean Garrigues, d’ouvrir (la semaine dernière) une saison consacrée aux perdants magnifiques de la 5e République. Perdants ? Pourquoi pas ? Mais magnifiques…en quoi la perte du pouvoir ou l’impossibilité d’y accéder à nouveau pourrait-elle être ainsi qualifiée ? La première personnalité choisie pour illustrer sa série n’était autre que Pierre Mendès France. Cette heure de grande écoute nous a fait un plaisir immense. Pensez donc. Une heure à évoquer la carrière d’un homme d’Etat d’exception qui ne transigea jamais sur l’essentiel : la démocratie représentative contre le pouvoir personnel. L’information du peuple contre le secret. Et surtout l’intérêt général avant les intérêts particuliers. Ces exigences portées haut par l’ancien maire de Louviers s’accommodaient mal avec les querelles partisanes de la 4e République et encore moins avec les institutions voulues par le général De Gaulle. Pierre Mendès France en paya le prix malgré sa grande popularité.

 

Pierre Mendès France, jeune membre du Parti radical de la 3e République est précoce en tout. Doté d’une grande intelligence, il est bachelier, licencié en droit, avocat, parlementaire avant tout le monde. Par ses dons et son talent, par sa culture économique si chevillée au corps, il entre comme sous-secrétaire d’Etat dans un ministère Blum et après s’être évadé de la prison de Clermont-Ferrand où Pétain l’avait fait condamner pour une désertion inventée de toutes pièces dans l’affaire dite du Massilia (1), Pierre Mendès France rejoint le général de Gaulle et la France libre. Il s’y distingue en combattant au sein du groupe aérien Lorraine (il était navigateur) et rejoint Alger en novembre 1943 dans le gouvernement provisoire formé par le général de Gaulle qui ne manque pas de faire appel à lui. Quelques temps plus tard, le général, recevant la lettre de démission de PMF du gouvernement en 1945 (pour des désaccords sur la stratégie financière) parle de lui en affirmant : « Mendès France n’est pas un cheval qu’on attelle ». Ce fut le titre de l’émission de Fabrice Drouelle.

 

En effet, pendant toute sa vie politique, Pierre Mendès France ne reniera jamais ses engagements ni ses principes ni ne cédera à la facilité. Hostile à la prise de pouvoir du général De Gaulle en 1958 (un homme qu’il admira pourtant pour son refus de l’armistice et son opposition au régime de Vichy) après un coup de force soutenu par les parachutistes de Massu (déjà) il demeurera un adversaire résolu de l’élection du président de la République au suffrage universel au contraire de François Mitterrand. Comme il avait été hostile à la constitution de la 5e République qui, en son article 16, donnait les pleins pouvoirs à un homme seul à la tête du pays.

 

Pendant les sept mois, onze jours de sa présidence du Conseil, il fut, dans bien des domaines, un précurseur, un visionnaire. Il ne se contentait pas de gérer les affaires de l’Etat. Il y ajoutait une faculté d’anticipation favorisée par un entourage de professionnels et d’experts, de personnalités d’exception telles Georges Boris, son ami, et tant d’autres devenus ministres malgré les différences d’étiquettes politiques que Pierre Mendès France ne plaçaient pas forcément au premier plan eu égard à la situation politique complexe générée par les clans et les partis.

 

De ces quelques mois au pouvoir on retient, par exemple, la fin de la guerre d’Indochine et sa lutte contre l’alcoolisme. C’est très réducteur même si c’est important. On retient aussi ses causeries adressées aux Français(çaises) et destinées à expliciter les choix de l’exécutif. Ses orientations dans les domaines scientifique, culturel, scolaire, économique, financier, ont préfiguré la France des trente glorieuses et une volonté de combat contre les inégalités qu’il avait constatées comme avocat à Louviers dès les années trente.

 

A Louviers, justement, où sa famille possède toujours une maison aux Monts, on cultive avec soin la mémoire de cet homme d’Etat. Battu en 1958 dès le premier tour des élections législatives par Rémy Montagne, gaulliste opportuniste, PMF en éprouva un légitime chagrin même s’il  nous confia en 1981 que, finalement, les électeurs(trices) étaient les maîtres du jeu et que s’ils(elles) lui manquèrent alors c’est bien parce qu’un tsunami avait décidé de ramener le général de Gaulle au gouvernail d’une France malade de la guerre d’Algérie que les gouvernants de la 4e République n’avaient pas su (ou voulu) ni comprendre ni maîtriser. Il se trouve que PMF, en 1956, avait proposé une voie que personne n’osa emprunter qui conduisit d’ailleurs à sa démission du gouvernement Mollet. Un regret, peut-être, que son action locale et départementale n’ait pas été suffisamment évoquée au cours de cette bonne émission rythmée par les interventions de PMF.

 

Alors, perdant magnifique ? Perdant aux élections, l’homme politique doit admettre la réussite de ses adversaires. D’erreurs, Pierre Mendès France n’en commit aucunes relatives à ses principes d’action et de vie. D’ailleurs les Grenoblois surent bien — en 1967 — approuver son opposition au général de Gaulle après que ce dernier avait pratiqué une politique libérale bien peu favorable aux Français les moins aisés. L’Institut Mendès France (présidé par André Azoulay) auquel j’ai l’honneur d’adhérer, continue d’organiser colloques et symposiums en référence à l’action de Pierre Mendès France. C’est dire le rôle éminent qu’il tient toujours dans les cœurs et dans les esprits.

 

(1) Le Massilia est le nom de ce bateau sur lequel Pierre Mendès France, Jean Zay et Georges Mandel, notamment, se sont embarqués pour gagner le Maroc et poursuivre la lutte contre les nazis. Pétain signa l’armistice et fit accuser ces anciens ministres de la 3e République de « désertion ». Si PMF a réussi son évasion de la prison de Clermont-Ferrand (après un procès et une condamnation iniques) Jean Zay et Georges Mandel furent assassinés par la milice de Darnand en 1944.


9 février 2021

L'assemblée générale de la SED de Louviers reportée à la fin de la crise sanitaire

Le Moulin d'Andé cher à Suzanne Lipinska. (Photo JCH)
Jean-Pierre Binay, président de la Société d’études diverses de Louviers et sa région, et Claude Cornu, vice-président s’adressent aux membres de l’association :

« Nous espérons qu’en ces temps difficiles, vous conservez à la fois la santé et le moral. En effet, il faut, à l’évidence, attendre encore avant d’enregistrer une amélioration de la situation sanitaire permettant un retour à une vie normale. C’est vrai aussi pour la SED et la reprise de nos activités. D’ores et déjà, il paraît difficile de maintenir notre assemblée générale, comme nous l’envisagions, le samedi 6 mars prochain. Il est préférable de la reporter à une date ultérieure.

Mais le bulletin, auquel nous travaillons depuis plusieurs semaines et que nous pensions vous remettre, comme d’habitude, à cette occasion, est en voie d’achèvement. Il s’agira d’un numéro double, regroupant le traditionnel bulletin annuel et celui que nous faisons paraître à l’automne depuis trois ans. Il vous sera adressé par courrier début mars ou, si vous habitez Louviers, déposé à domicile. Aussi, pour en profiter, nous vous invitons à renouveler votre adhésion dès maintenant, en envoyant le coupon prévu à cet effet à notre siège social, 41 rue aux Huiliers (la cotisation a été fixée à 20 euros lors de la dernière assemblée générale).

Les manifestations culturelles étant pour l’instant annulées, nous espérons que cette lecture vous apportera son lot de découvertes. Vous y trouverez en particulier, plusieurs études, en lien avec l’actualité, sur les épidémies qui ont frappé dans le passé la ville et la région de Louviers. Nous vous suggérons, en même temps, une autre idée de lecture : le dernier numéro trimestriel (n°16 2020) de la revue Études normandes consacre son dossier thématique au cinéma dans lequel figure notamment un article sur le Moulin d’Andé. La revue (8,90 euros) est disponible à la librairie Quai des Mots, à Louviers.


8 février 2021

Formidable nouvelle : Jean-Claude Forestier devient le repreneur du golf de Léry-Poses

JC Forestier (à gauche) avec Jean Van de Velde

Je sais bien que le golf est encore (et c’est bien dommage) un sport considéré comme quelque peu élitiste. Cette image est à la fois désuète et obsolète. La preuve ? L’existence réussie de golfs publics ouverts à tous et permettant à tout un chacun de pratiquer une activité sportive soit sur le mode loisir, soit en compétition. Ceux et celles qui s’intéressent à la vie du golf, au plan international, savent que Victor Perez a terminé ce dimanche, à la 4e place d’un tournoi disputé en Arabie Saoudite où il jouait en dernière partie aux côtés du numéro un mondial Dustin Johnson.

L’objet de ce billet n’est pas de vanter les qualités du meilleur joueur français. Il est de faire connaître une bien bonne nouvelle pour les golfeurs et golfeuses de notre région. Dans notre horizon immédiat, deux golfs se partageaient les rendez-vous amicaux ou sportifs : le Vaudreuil et Léry-Poses. Le golf du Vaudreuil a été racheté il y a plus de dix ans par un amateur éclairé, passionné de golf et « militant » actif de la promotion de ce sport. Jean-Claude Forestier — est-il besoin de la présenter aujourd’hui ? — a transformé le parcours du Vaudreuil, son club-house, son accueil, pour en faire un lieu où l’on se sent bien et où la pratique du golf peut se faire en fonction des envies et des besoins de tous et toutes. Cet entrepreneur accompli a connu une réussite brillante dans les affaires et il n’hésite pas (même quand les temps sont durs comme aujourd’hui) à investir dans la formation et à faire appel à des professionnels du golf qu’il s’agisse des green-keepers ou des gestionnaires.

 

En prenant à son service Guillaume Biaugeaud et son épouse Céline, M. Forestier a eu du flair. Depuis l’arrivée de ce couple émérite, les membres de l’association sportive, les joueurs du dimanche, les équipiers jeunes et moins jeunes, les futurs joueurs nationaux ou mieux encore, ont bénéficié d’une vraie reconnaissance favorable au développement d’un site exceptionnel. En dix ans, le golf s’est transfiguré. Au point que les membres de la seconde division du tour européen aiment à se retrouver au Vaudreuil. Ils savent qu’il leur faudra du talent pour emporter l’épreuve du Challenge tour organisée cette année à compter du 8 juillet. Ils savent aussi pouvoir compter sur des conditions de jeu difficiles ne laissant que peu de place au hasard ou à la chance.

 

J’évoquais plus haut l’existence du golf de la base de loisirs de Léry-Poses. Ces dernières années, ce golf au parcours lui aussi très intéressant, a connu quelques vicissitudes. La pandémie n’a évidemment pas arrangé les choses si bien que les gestionnaires du Syndicat mixte de la Base de loisirs ont organisé un tour de table pour que le golf, ses installations, ses machines, sa restauration, ses salariés, aient la certitude d’un futur positif. Jean-Claude Forestier, le délégataire retenu, dans une vidéo de 8 minutes sur You Tube, explique son projet, ses moyens et vante la synergie évidente entre les deux golfs maintenant placés sous son autorité. M. Forestier devient en effet le titulaire d’une « autorisation temporaire d’occupation » de l’ensemble des équipements du golf en bénéficiant d’une délégation de service public de neuf années lui offrant la durée nécessaire à la concrétisation de ses projets. En l’écoutant j’ai compris qu’il avait à cœur de réussir. Avec Guillaume Biaugeaud, à la direction générale, il a un atout maître. Mais Jean-Claude Forestier — il a raison — veut préserver les identités des deux golfs maintenant placés  sous sa houlette. Léry-Poses a connu une belle période sportive avec des équipes de jeunes, notamment, très performantes. Au Vaudreuil, l’école de golf n’a pas encore atteint son rythme de croisière ce qui ne saurait tarder. Avec deux parcours de 18 trous, un parcours compact de neuf trous, l’offre golfique devient vraiment alléchante pour les amateurs (trices) dont on sait qu’ils sont nombreux(ses) en Normandie. Et puis, pour les grincheux et les jaloux, qu'ils sachent que le golf est une activité saine, de plein air, bénéfique pour la santé physique et mentale des pratiquants. Par les temps qui courent, et tant que les golfs restent ouverts, voilà une solution pour vaincre l'ennui ou la morosité.

 

Nous ne nous y trompons pas. Pour qui connaît la volonté de réussite et le savoir-faire de Jean-Claude Forestier, il y a fort à parier que la saison golfique 2021 ne sera pas balbutiante. Les membres de l’un ou l’autre golf pourront évidemment, à certaines conditions, avoir accès aux deux parcours. Franchement, c’est formidable ! Quand la fin de la crise sanitaire interviendra (dès cet été ?) on aura plaisir à jouer ici ou là et à s’y restaurer sous le soleil normand.

1 février 2021

Ce lundi à 15h04 sur France Inter : « Pierre Mendès France, un cheval qu'on n'attelle pas »


Fabrice Drouelle, journaliste de France Inter, consacre ce jour à 15 h 04 sa chronique à Pierre Mendès France sur France Inter. Tous ceux et toutes celles qui font vivre la mémoire de l'ancien Président du conseil, ancien député de l'Eure, ancien maire de Louviers et ancien président du Conseil général de l'Eure ne manqueront pas d'écouter cette émission en direct ou en replay. Ceux et celles qui l'ont aimé, approché, respecté auront à cœur de suivre cette heure de grande écoute. Un bel après-midi nous attend.

31 janvier 2021

D-Day Land, un projet qui ne dit pas son nom près de Carentan

Xavier Beauvois a signé
Les comités contre le projet « Hommage aux héros » adressent une lettre ouverte à Hervé Morin, président de la Région Normandie, aux présidents des conseils départementaux de la Manche et du Calvados, ainsi qu’aux maires de Bayeux et de Carentan. Voici le texte de cette lettre ouverte.

« En janvier 2020, à l’occasion de la présentation de ses vœux, le président de la Région Normandie, Hervé Morin, évoquait la possible création d’un parc mémoriel, d’abord connu sous le nom de « D-Day land » après l’emploi de cette expression par le président du Comité du Débarquement, Monsieur Lefranc.

Si l’année qui s’est écoulée depuis a été riche de très nombreuses communications sur le projet, elle n’a aucunement permis que soient apportées des réponses sérieuses aux nombreuses critiques. Reprenons :

« D-Day land », « Épopée », « Hommage aux héros » : , l’une marquée par une référence fort déplacée à Disneyland, les autres par l’évocation racoleuse d’un héroïsme collectif. « Ce n’est pas un projet sur la guerre », disent ses promoteurs, mais l’héroïsme est évidemment plus « vendeur » que l’hommage aux victimes et plus propice à la mise en spectacle.  

« Spectacle », « cinéscénie », « évocation historique », « événement pérenne », « effet waouh », « documentaire vivant », « théâtre sur rails », « des comédiens, des figurants »… la manière dont est décrit ce projet reste aujourd’hui confuse, et plus encore, contradictoire. Jugeons-en simplement en rapprochant les propos du scénariste Serge Denoncourt, qui nous dit le 17 septembre : « En 45 minutes de spectacle, on va apprendre plein de choses… », et ceux de Régis Lefebvre, directeur de la communication de la société EuropaCorp, le 18 octobre : « Certains disent que notre projet est un spectacle .... Cela nous choque. » Soit l’équipe porteuse du fameux projet ne sait pas encore ce qu’elle veut faire, soit, et plus probablement, elle le sait clairement et cherche à jouer avec les mots pour cacher une intention fondamentalement mercantile dont fait d’ailleurs état le président du Comité du Débarquement quand il annonce qu’ « une rue principale est également prévue, avec la mise en valeur des produits régionaux. »

De grosses sommes sont en effet en jeu, mais là aussi, le brouillard est tenace : entre 50 et 200 millions d’Euros ! Comment prendre au sérieux et avoir confiance en un projet chiffré avec une telle imprécision ? Et surtout, d’où vient le financement, sachant que la Région assure qu’elle ne mettra pas au pot ? De fonds américains ? D’EuropaCorp dont Régis Lefebvre est salarié ? De banques françaises, comme le Crédit agricole ? Mais on peine alors à imaginer que celui-ci puisse financer la destruction de terres pour soutenir un projet de ce type. Si les choses devaient néanmoins se faire, que se passerait-il dans quelque temps si, l’affaire battant de l’aile, la Région Normandie était appelée à la rescousse ? Le scénario s’est déjà produit avec la Caisse des dépôts qui, après avoir apporté 42 millions d’Euros d’argent public au capital initial d’EuropaCorp, a été amenée à effacer une dette de 45 autres millions en 2020.

Au registre des approximations, il faut aussi inscrire l’évaluation des superficies, qui évolue au fil du temps, passant d’une vingtaine d’hectares à 40 ! Quoi qu’il en soit, ce sont autant de surfaces soustraites à l’agriculture, artificialisées au mépris des préoccupations environnementales, sans souci des nuisances engendrées par des flux estimés à 600 000 visiteurs sur les 6 mois d’ouverture annuelle, et à rebours de récentes décisions – conformes aux principes de la transition écologique ! -  qui ont conduit à renoncer à la construction de nouveaux centres commerciaux et parcs de loisirs.

Une autre zone de flou, majeure, concerne l’emploi. Sur ce sujet, contrairement aux surfaces requises par le projet, les chiffres fondent comme neige au soleil : après l’effet d’annonce, il y a quelques mois, de 1000 créations de postes, il est désormais question de 100 à 200 emplois. Et comme le reconnaît un des concepteurs, « donner un chiffre aujourd’hui n’est pas sérieux », d’autant moins que la plupart de ces emplois seront nécessairement saisonniers, le parc n’étant appelé à fonctionner que 6 mois par an. 

Quant à la prétendue dimension éducative, elle est triplement suspecte. Le principe d’un spectacle et de son « effet waouh », jouant de surcroît fortement sur l’émotion, est intolérable eu égard aux drames qui se sont déroulés pendant le Débarquement et la bataille de Normandie. L’argument selon lequel seules les technologies de pointe permettraient de retenir l’attention des nouvelles générations est aussi révélateur d’un certain mépris de la jeunesse chez qui la visite des musées et des sites liés au Débarquement ne susciterait ni réflexions ni sentiments. Enfin, l’ambition de faire tenir toute cette période de l’histoire en 45 minutes est un non–sens pédagogique. En fait, plutôt que la transmission aux jeunes générations, il semble bien que tout ce projet vise surtout les tour operators, supposés être en mesure de fournir, par bus entiers, les centaines de visiteurs qui rempliront la tribune mobile 6 à 10 fois par jour.

 

Si le tourisme mémoriel est d’abord du tourisme, avec tout ce que cela implique sur les plans commercial et économique, il touche aussi au sacré. Un spectacle qui ne dit pas son nom, mais qui se sert de la mort de 140 000 soldats et civils pour produire du cash, déshonorerait ses promoteurs et la Normandie toute entière et traduirait un complet manque de respect pour les victimes et leurs familles.

 

Il est encore temps d’y renoncer !

 

Ce texte est soutenu par les comités d’opposition au projet, par des associations « descendants Kieffer », IVY, MRAP, Cercle Jean Moulin et par de nombreuses personnalités. Citons les comédiens François Morel et Philippe Torreton ou le cinéaste Xavier Beauvois. Côté politique, l’ancienne députée Isabelle Attard, la sénatrice UDI de l’Orne Nathalie Goulet, les socialistes Gérard Leseul (député de Seine-Maritime) et Nicolas Mayer-Rossignol (maire de Rouen) et l’ancien ministre PS Henri Nallet sont également cités. Tout comme la romancière caennaise Belinda Cannone et les historien(ne)s Jean-Pierre Azema, Sonia Combe ou encore Olivier Wieviorka.

 

Contact : comit50480@orange.fr

11 janvier 2021

Les Gafa censurent Donald Trump. Pourquoi ont-ils attendu quatre ans ?

Supprimer le compte Twitter de Donald Trump et ceux des centaines d’adeptes du mouvement Qanon spécialiste des théories du complot et d’incitation à la violence, est-ce porter atteinte à la liberté d’expression garantie par un article fameux de la Constitution des Etats-Unis ? C’est un vrai débat. J’avoue que je déteste la censure, d’où qu’elle vienne, sauf bien sûr quand les propos tenus sont hors-la-loi ou appellent à la violence. A l’évidence, inviter les manifestants de Washington à marcher sur le Capitole relève d’une volonté d’empêcher la certification de Joë Biden. C’est donc un crime fédéral et doit donc être puni comme tel. Mais le principal responsable du chaos est bien Donald Trump, d’où la chaîne de démissions de ministres ou de fonctionnaires écœurés par le comportement de celui que depuis des mois est qualifié de « psychopathe » notamment par une de ses nièces.

 

Pendant quatre ans, Donald Trump a utilisé Twitter (90 millions de followers) pour court-circuiter les médias traditionnels (journaux et canaux de télévision) et s’adresser sans filtre à ses supporteurs. Sans filtre c’est-à-dire sans vérification des faits et sans précautions juridiques.  Sans filtre c’est la garantie de ne pas être contredit. La parole du président valant, selon lui, toutes les lois et tous les décrets. Et s’il a pu user et abuser de sa position dominante, c’est aussi parce que les responsables du Parti républicain ainsi que les sénateurs du GOP (grand old party) (alors majoritaires) ont préféré se coucher devant le populiste en chef sans jamais remettre en cause ses excès, ses mensonges, ses fausses nouvelles par milliers. Ils en paient le prix aujourd’hui. Et parmi les 74 millions de suffrages récoltés par Trump combien ont été le résultat des manipulations imposées à tout le pays par les groupes d’extrême-droite et racistes comme les proud boys et les suprémacistes blancs? Sur les banderoles des comploteurs on pouvait lire : « Biden pédophile ». Ce vieux monsieur de 78 ans ne mérite évidemment pas cette apostrophe insultante et totalement injustifiée.

 

Que les dirigeants de Twitter mais aussi ceux de Facebook, Instagram, You Tube, Tik tok, j’en passe et des meilleurs, se soient aperçus au lendemain de l’insurrection du Capitole, que Donald Trump avait dépassé les bornes ne manque pas de m’étonner. Ca sent l’opportunisme à plein nez d’autant que le 20 janvier, Trump aura quitté la Maison Blanche ! Les propos de Trump sont depuis sont élection, des appels à l’insurrection contre les élus démocrates, contre les scientifiques, contre les gouverneurs soi-disant dépassés par la pandémie et ses dizaines de milliers de morts et aussi contre les médias du moins ceux qui ont le tort de corriger les mensonges du président et de mettre au jour ses turpitudes.

 

Trump n’a jamais hésité à vilipender, agresser, moquer ses adversaires devenus des ennemis politiques. Maintenant privé de relais dans les réseaux sociaux, Trump se sent orphelin. Il ne manque pourtant pas de fans en France puisque Marine Le Pen a mis deux mois avant de reconnaître la victoire du candidat Démocrate. Elle s’insurge contre l’atteinte à la liberté d’expression de la part des dirigeants de réseaux sociaux qu’elle voudrait plus dociles. On sait pourtant comment sont traités les journalistes considérés comme des opposants dans les villes dirigées par les élus du Rassemblement national : intimidation, refus d’informations, ostracisme systématique. On n’ose imaginer ce que deviendrait la liberté d’expression si par malheur les citoyens envoyaient le RN à l’Elysée. En perdant Trump, les populistes perdent gros. Bolsonaro, Salvini, Orban, Johnson…autant de dirigeants tentés par la démagogie érigée en mode de gouvernance.

 

Trump a aussi des fans dans les medias hexagonaux. Je viens d’entendre Eric Zemmour (qui n’a pas été contredit) assurant que l’élection de Biden était due à des tricheries (sans aucune preuve) et que les actions intentées par les démocrates contre Trump ne sont rien d’autre qu’un avertissement pour ceux et celles  « qui voudraient s’opposer au camp des progressistes en occident ». Il y voit évidemment la preuve d’un complot mondial visant à permettre à la Gauche de retrouver son hégémonie élitiste ! Sacré Zemmour. Ce qui est inquiétant c’est que les autres débatteurs de CNews ont opiné du chef sans contredire un tant soit peu les propos du polémiste. Son interprétation du 6 février 34 est un monument ! Pour lui Maurras, les ligues et les Croix de feu n’ont jamais eu l’intention de prendre d’assaut l’Assemblée nationale ! S’il y eut des morts (une dizaine dixit Zemmour) comme au Capitole, c’étaient de pauvres nationalistes inoffensifs…Voilà comment on écrit l’histoire.

 

 

6 janvier 2021

Et si Donald Trump tentait un coup d'Etat ? Un cauchemar ou le rêve d'un fou…

La Géorgie c’est loin. C’est en Europe mais c’est surtout aux Etats-Unis d’Amérique. C’est la Géorgie de ce dernier pays qui nous intéresse. Les électeurs(trices) de cet état étaient appelés, hier, à choisir leurs deux sénateurs dans une élection décisive pour déterminer la majorité au sénat républicain. Les Républicains sont 50. Les Démocrates étaient 48 à la veille de l’élection sénatoriale motivée par les règles fédérales de cet état suite aux résultats infructueux de novembre dernier.

Ce soir, on est en mesure d’affirmer que Raphaël Warnock et Jon Ossov, les deux candidats démocrates sont élus et que leurs adversaires républicains soutenus par Donald Trump ont perdu. La participation a été exceptionnellement forte grâce à l’action depuis des années de Stancey Abrams pour inviter les Afro-Américains à s’inscrire en masse sur les listes électorales.

 

Il faut imaginer la Géorgie. Un état du Sud où l’apartheid entre les noirs et les blancs durait depuis des décennies. Il y a 50 ans, les deux sénateurs de l’Etat se vantaient même d’être ségrégationnistes. La mère de Raphaël Warnock cueillait le coton dans les grandes exploitations…c’est dire le chemin parcouru depuis cette époque puisque l’un de ses douze enfants est devenu un membre de la chambre haute du Congrès américain.

Jon Osso a aussi des originalités. Il sera le plus jeune sénateur (33 ans) depuis…Joe Biden. De religion juive, ce sénateur a mené une campagne acharnée depuis le 3 novembre, allant de Columbus à Atlanta, de Savannah à Augusta n’omettant pas d’insister sur les frasques financières de son adversaire…du nom de Perdue (pèrediou en Anglais) mais bel et bien perdu en Français.

 

A 50-50, c’est le vote de Kamala Harris, la vice-présidente et présidente du Sénat qui départagera avec sa voix prépondérante les sénateurs démocrates et républicains. Cette majorité d’une voix va aussi permettre aux Démocrates de présider les commissions et de maîtriser l’ordre du jour. Joe Biden avait besoin de cette victoire historique en Géorgie pour conduire les changements qu’il a défendus en matière sanitaire d’abord et sociale ensuite en aidant les chômeurs et les laissés pour compte. 

Quant à Trump, méfions-nous. Que onze anciens ministres (Démocrates et Républicains) de l’Intérieur des Etats-Unis signent un texte pour rappeler que les militaires ne doivent en aucun cas descendre dans l’arène politique n’augure rien de bon chez un homme connu pour son racisme, ses mensonges, ses coups d’éclat…proches d’un coup d’état ? ce serait un cauchemar ou le rêve d'un fou ?

Il est 22 h 15 ce mercredi et les événements de Washington semblent me donner raison. Un chef de la police confirme que l'envahissement du Capitol par les supporteurs de Trump ressemble à un coup d'état. D'ici à ce que Trump décrète la loi martiale…il faut s'attendre à tout et même au pire.

5 janvier 2021

Le maire de Louviers décrète « l'urgence vaccinale » anti COVID. Pourquoi pas à la Maison des associations ?

Le gouvernement français a décidé de mettre les bouchées doubles. Pour mettre un terme à la polémique dont beaucoup d’entre nous semblent se délecter, Olivier Véran, le ministre de la Santé et des Solidarités a changé de braquet sur ordre du président en colère. On devait vacciner en priorité les résidents des EPHADS, on continuera évidemment à protéger les personnes âgées en établissements de soins mais on protégera dès demain également les soignants (médecins, infirmières, aides soignants etc.) les pompiers, les personnes âgées de plus de 75 ans, et les assistantes à domicile, n’en jetez plus… on risque de manquer de vaccins.

 

Et à Louviers ? Le maire avait rendez-vous aujourd’hui avec le préfet de l’Eure et le directeur de l’Agence régionale de santé pour étudier les capacités vaccinales des établissements de soins hospitaliers et éventuellement la mise à disposition de locaux municipaux, ceux-là mêmes qui ont servi au dépistage massif d’avant les fêtes de fin d’année. François-Xavier Priollaud veut que l’on vaccine vite et fort. Il est prêt, nous a-t-il déclaré, à faire ce qu’il faut en termes logistiques pour que la ville-centre de l’agglomération Seine-Eure soit à la hauteur des attentes et des demandes. « Il y a urgence vaccinale » affirme-t-il. Lui qui a été frappé par la COVID 19 sait combien la maladie peut être invalidante, eu égard aux effets les plus courants : perte du goût et de l’odorat, grande fatigue, fièvre. Non seulement il faut lutter contre le virus mais en plus il faut s’isoler pour protéger son entourage ou ceux et celles qui travaillent à vos côtés.

 

La discussion autour du vaccin n’a pas lieu d’être quand il s’agit d’empêcher des hommes et des femmes d’être atteints ou pour les cas les plus graves, de mourir. Si l’Etat a décidé de changer son approche, il doit pouvoir compter sur les maires et les élus en général qui avaient déjà fait preuve de réaction et d’inventivité quand les masques manquaient alors qu’on affirmait leur inutilité. Aujourd’hui, on ne manque plus de masques. Simplement il faut que les doses vaccinales soient suffisantes en nombre. Le vaccin Pfizer Biontech est agréé, le vaccin Moderna va suivre, bientôt le vaccin Astra Zenica sera lui aussi autorisé…dans l’attente du vaccin Sanofi dont la sortie est prévue en fin d’année. Les usines (à Val-de-Reuil notamment) sont prêtes, manque l’essentiel : la formule.