28 janvier 2023

Le problème du Parti socialiste est simple : est-il plus vivant que mort ?

Olivier Faure a soutenu Philippe Brun. ©JCH
L’élection du Premier secrétaire du Parti socialiste, si la logique l’avait emporté, aurait du voir Olivier Faure être réinstallé confortablement dans son siège. Si c’était le plus probable ce n’est plus une certitude car bien des socialistes ne supportent pas qu’un parti humaniste, européen, doté d’une charpente sociale et démocrate solide soit peu ou prou sous la coupe d’un Jean-Luc Mélenchon dominateur et sur de lui. En lisant les réactions des socialistes qui ont pris part au vote interne, nombreuses sont celles reprochant à Olivier Faure d’être dans les mains de LFI ou plutôt dans cette de Jean-Luc Mélenchon, un ancien membre du PS qui y a toujours milité à l’aile gauche, même quand François Mitterrand en était le leader.

 

Des hommes et les femmes de gauche dont l’engagement durable ne peut être mis en cause, des admirateurs de Pierre Mendès France qui privilégiait l’information des citoyens et la nécessité d’un débat permanent mais ouvert sur la société, ne peuvent pas se reconnaître dans la verticalité brutale des animateurs de la France insoumise dont les contradictions internes apparaissent au grand jour. Qu’il s’agisse de l’affaire Quattenens ou de la désignation de Manuel Bompard comme coordinateur du mouvement à forte connotation trotskiste avec la mise à l’écart de compagnons historiques comme Alexis Corbière, Raquel Garrido ou Clémentine Autain sans oublier François Ruffin, les faits sont là : LFI est  devenu une forme de secte toujours plus pure, toujours plus dure animée d’une volonté hégémonique à gauche. Le PS se devrait d’y résister sans nier l’intérêt de certains votes « unis » lors de l’examen des lois devant le parlement. Et parfois pour affronter le suffrage universel en cas de scrutin majoritaire lequel ne supporte pas l’émiettement.

 

La France insoumise des législatives a ainsi bénéficié de l’élan du premier tour de la présidentielle. Dominatrice, elle est apparue comme la plus susceptible de sauver les meubles d’une gauche décontenancée par la déroute d’Anne Hidalgo dont la candidature n’a jamais accroché pas plus que celle de Fabien Roussel d’ailleurs. JLM est donc apparu comme la personnalité ayant le plus de chances de faire vaincre la gauche. Mais à quel prix ! Mélenchon a toujours joué sa propre partition : « La République c’est moi ! » Sa formation d’origine lambertiste lui avait enseigné l’art de l’entrisme et il ne se privait pas pour tenir des discours et proposer des motions iconoclastes n’ayant que peu à voir avec la sociale démocratie. L’homme n’a pas changé. Il a réussi à fédérer autour de lui, des hommes et des femmes que sa radicalité séduit. Il est devenu une sorte de gourou que l’on aime écouter pour ses qualités tribuniciennes et ses bons mots. Mais sa troisième défaite à l’élection présidentielle a été le révélateur d’un plafond de verre qui ne va pas s’arranger avec l’âge. Sera-t-il candidat en 2027 ? Si c’est le cas la messe serait d’ores et déjà dite et la victoire de Le Pen deviendrait possible sinon probable.

 

MA. Jamet a soutenu NMR.©JCH

Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen, conteste les résultats du vote interne au PS et la désignation d’Olivier Faure comme premier secrétaire. Agé de 45 ans, le maire de Rouen a connu la haute fonction publique, des responsabilités dans le privé, des échecs électoraux qui tannent le cuir. Il n’est pas un perdreau de l’année. Sa motion a recueilli 30 % au premier tour atteignant 50 % avec celle d’Hélène Geoffroy. Il met en avant des tricheries et des tripatouillages qui, comme souvent hélas, donnent l’avantage à la direction sortante. Le fait est que la victoire d’Olivier Faure — si victoire il y a — sera étriquée autant que contestée. Le PS sortira de cet épisode durablement affaibli, lui qui ne compte plus que 40 000 adhérents dont un peu plus de 20 000 votants lors du dernier scrutin sur les textes dit d’orientation. Le congrès de Marseille qui s’ouvre aujourd’hui, ne sera pas une promenade de santé. On aurait tort de se moquer du psychodrame en cours. Il en dit beaucoup sur les personnalités s’estimant légitimes à incarner l’histoire d’un grand parti de la gauche. Faure s’accroche (il a les députés derrière lui) et Mayer-Rossignol ne lâche rien.

 

NMR reproche à la direction sortante de ne pas avoir travaillé à la reconstitution d’un axe théorique susceptible de susciter l’adhésion. Cela veut-il dire que le PS n’a plus d’idées ? Le député de Louviers, Philippe Brun (PS-NUPES) sort du lot. A l’assemblée et dans la circonscription, le successeur de François Loncle fait preuve d’initiative et n’hésite pas à proposer. Avec des membres de la Fondation Jean Jaurès, par exemple, il vient d’avancer une proposition permettant aux ouvriers et employés (les premiers de corvée) de partir en retraite à 55 ans tandis que les cadres travailleraient jusqu’à 65 ans. Pourquoi pas ? Même si cette proposition vient un peu tard, elle pourrait être discutée durant le débat qui va s’ouvrir la semaine prochaine à L’assemblée nationale. On suivra avec intérêt les interventions du député de Louviers.

 

Au fond l’accord de la NUPES (LFI,PS,PC,EELV) n’a été qu’un accord de transition dont le but principal a consisté à inscrire durablement LFI dans le paysage et surtout à en faire le pivot central d’une gauche passablement abimée lors de sa confrontation au réel et de ses années récentes au pouvoir. Sur l’OTAN, l’Ukraine et la Russie, l’Union européenne, l’avenir du nucléaire, les institutions, il existe bien des différences entre les quatre membres de la NUPES. En fait le problème du parti socialiste est simple : est-il plus vivant que mort ? Le congrès de Marseille devrait apporter une première réponse en cette fin de semaine.


26 janvier 2023

Philippe Brun, député de Louviers, vent debout contre la réforme des retraites « injuste, brutale et inefficace »

Philippe Brun au micro. © Jean-Charles Houel

 

Philippe Brun, le député NUPES-PS de la circonscription des Louviers a présenté ses vœux, ce mercredi soir dans la salle des fêtes d’Incarville, à tous les militants, élus, associatifs, qui avaient répondu en nombre à son invitation. Dans une intervention d’une trentaine de minutes durant lesquelles il est apparu très à l’aise, Philippe Brun a jeté un regard rétrospectif sur le 19 juin 2022, jour qui a empêché le RN de réaliser le grand chelem dans l’Eure. En gagnant avec 350 voix d’avance sur la candidate de Marine Le Pen dans la circonscription de Louviers, le natif de la vallée de la Seine, a su rassembler sur son nom les voix de tous les citoyens et citoyennes attaché(e)s à la République et à la démocratie que l’extrême droite pervertit partout où elle sévit

Cette courte victoire dont il est un dépositaire lucide, oblige Philippe Brun à se démener à la fois au Palais Bourbon où sa présence dans l’hémicycle est remarquée autant que remarquable et dans l’Eure où il rend des visites fréquentes qu’il s’agisse des villages ou des agglomérations . Rien ne lui fait défaut.

 

Il est présent dans l’animation de la Commission des finances de l’Assemblée nationale et assure une présence assidue lors des foires à tout, par exemple, où son équipe tient un stand au plus près des habitants. Car Philippe Brun aime le contact et l’écoute. Il se fait le porte parole de tous ceux et celles qui souffrent : familles monoparentales, déserts médicaux, sans oublier les dossiers chauds tels que le tracé de la déviation Est de Rouen laquelle ajoutera des péages autoroutiers et des tonnes de CO2 dans des sites magnifiques qu’ils soient fluviaux ou forestiers.

 

Avant de présenter ses vœux à la foule incarvillaise d’un soir, il a cité les grands sujets nationaux et locaux qui composent le contexte politique actuel. Evidemment, il s’oppose farouchement au projet de réforme de la retraite (75% des Français y sont hostiles) qu’il combat dans la rue aussi. Pour lui, il s’agit d’une loi « injuste, brutale, inefficace ». Il insiste sur les principales victimes du projet gouvernementale : la pénalisation des femmes aux carrières hachées ou interrompues ou encore les jeunes qui devront attendre 64 ans pour faire valoir leurs droits à la retraite : « les jeunes peu ou pas formés, les premiers de corvée en fait, assure le député de Louviers, paieront la retraite des cadres qui vivent plus longtemps. » Il indique être à l’origine d’une proposition de loi référendaire qui permettrait de donner la parole au peuple. Chiche ?

 

Profitant de l’absence de majorité absolue du camp macroniste, Philippe Brun a conscience d’être un député qui compte et qui peut aider à trouver des majorités conjoncturelles. Ce pourrait être le cas pour obtenir la nationalisation d’EDF, dossier sur lequel il est investi à 100 % comme il l’a été pour faire voter « le chèque Brun » en faveur des ménages qui se chauffent au bois. S’il regrette que les événements récents surgis au sein du PS ne donne pas une bonne image d’un parti auquel il a adhéré avant les législatives, il efface d’un trait rapide l’épisode d’un feuilleton dont on ne voit pas la fin mais qui, selon moi, met au jour les faiblesses d’une direction visiblement dépassée par la force d’une opposition devenue crédible sous la houlette de Nicolas Mayer-Rossignol.

 

Autre temps fort de la soirée : les relations du député Brun avec les élus de l’ensemble des communes de la circonscription. Philippe a la volonté d’associer les maires, Marc-Antoine Jamet (à Val-de-Reuil) étant un conseiller avisé et François-Xavier Priollaud (à Louviers) malgré des différences, pour défendre les intérêts collectifs. Il dit écouter avec attention les doléances de ceux et celles dont la voix n’a pas toujours été prise en compte. Citant les pratiques et les actions de Pierre Mendès France, Philippe Brun se dit inspiré par cette grande figure de la gauche, dans une région où ce nom est un symbole de fidélité, de fierté et d’action.

 

Si j’osais, je dirais que toutes les mesures et tous les programmes qu’il défend se situent bien à gauche. A l’heure même où l’enquête de Victor Castanet consacrée aux EHPAD est à nouveau publiée et renforcée et dénonce de nouveaux scandales, le député de Louviers se grandirait en plaçant le gouvernement actuel et le Président de la République devant leur passivité et leur inaction face au grand âge. Tous et toutes, nous serons vieux un jour. Si beaucoup souhaitent rester à leur domicile le plus longtemps possible, pensons à ces handicapés, victimes de parkinson ou d’Alzheimer ou d’autres démences séniles dont les familles ont mesuré leur taux d’impuissance ou d’incapacité financière à agir. Une loi grand âge est urgente. Philippe pourrait devenir le croisé d’une guerre qui, pour l’instant, fait de nombreuses victimes dans le silence et l’oubli.

15 janvier 2023

Devant la SED de Louviers, Vanina Gasly met à l'honneur les industriels inventifs et novateurs

Vanina Gasly.©JCH

Vanina Gasly, archiviste en chef du service des archives de l’agglomération Seine-Eure (et de la ville de Louviers) était l’invitée, ce samedi, de la Société d’études diverses. Claude Cornu et Jean-Pierre Binay lui avaient proposé de « plancher » sur un sujet méconnu mais bigrement passionnant : la participation d’industriels de l’arrondissement de Louviers (cinq cantons) aux expositions nationales ou universelles. La conférencière a agrémenté son propos de graphiques, statistiques, images, plans, supports d’un discours emportant l’adhésion et satisfaisant la curiosité du public venu nombreux dans la salle Pierre Mendès France. Que sait, en effet, l’homme de la rue ou le Lovérien d’aujourd’hui, de l’histoire du monde du travail et notamment, de la participation des industriels originaires de Louviers et de sa région aux expositions nationales ou universelles où l’utopie géniale, pour reprendre le mot de Pascal Ory, a marqué la seconde moitié du 19e siècle et le début du 20ème.

 

Si les noms de Breton, Frontin, Jeuffrain, Audresset, Ternaux, Mercier etc. sont connus aujourd’hui encore, c’est parce que les élus de notre ville, au fil des décennies, ont choisi d’honorer ces industriels et manufacturiers en donnant leurs noms à certaines rues de Louviers, eux qui avaient porté haut le drapeau d’une cité réputée pour son drap et sa filière textile. Vanina Gasly conduit son auditoire dans le monde passionnant des brevets, des inventions, des progrès techniques démontrant un esprit d’entreprise et de modernisme récompensé par des prix éminents. Ces hommes (l’industrie n’était pas un monde de femmes), presque tous Lovériens, n’ont pas été les seuls de l’arrondissement (jusqu’en 1926 année de la suppression de la sous-préfecture) a être primés mais s’ils dominent dans les palmarès et les récompenses c’est sans doute parce que l’Etat, le Département et les communes avaient face à eux, des industriels dotés de moyens financiers conséquents aptes à les conduire (avec leurs machines et matériels) à Paris ou à Londres notamment. Il aura fallu le traité de libre échange entre la Grande-Bretagne et la France en 1862 (sous l’empire de Napoléon III) pour que plusieurs de ces hommes décident de ne plus traverser la Manche de peur d’être plagiés, espionnés plutôt, comme ils l’avaient été quelques années plus tôt (1). Mais d’autres expositions eurent lieu à Paris notamment, avec un nombre de visiteurs dépassant parfois 50 millions !

 

Vanina Gasly n’a pas omis le fait que les machines ne sont rien sans des professionnels compétents pour les faire marcher et parfois pour en améliorer le rendement. Elle a consacré un moment important de son exposé aux ouvriers amenés à côtoyer des employés d’autres pays que la France. Ainsi, certains découvrent des méthodes différentes, un droit nouveau régissant le travail et j’ai retenu ce passage (toujours vrai) où un travailleur explique dans un de ses rapports que le progrès technique peut être générateur de chômage et de suppressions d’emplois « et qu’il faut donc agir contre ! » Ce même travailleur découvre aussi la nécessité de se rassembler pour défendre des droits encore balbutiants au sein de syndicats…dont le rôle au fil des années s’est affirmé pour devenir des interlocuteurs  reconnus de l’Etat et des patrons.

(1) Le site de l’INPI, l’institut national de la propriété intellectuelle, a servi de support essentiel aux recherches de la conférencière. Il est le temple de l’innovation.

8 janvier 2023

Nicolas Mayer-Rossignol à Val-de-Reuil : le socialisme par la preuve

Nicolas Mayer-Rossignol hier à Val-de-Reuil.©JCH
La radicalité, le social-populisme, la colère, la haine parfois, expédients du bruit et de la fureur, ne peuvent être constitutifs de l’avenir d’une gauche responsable, d’une gauche de gouvernement. En plaçant le PS sous la coupe de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise, Olivier Faure a sans doute sauvé quelques sièges de députés, notamment, celui de Philippe Brun à Louviers, qui l’assure d’ailleurs de son soutien à l’aube de l’élection du premier secrétaire du Parti socialiste prévue les 12 et 19 janvier. Mais si c’est important, est-ce l’essentiel ? Est-ce le meilleur moyen d’assumer la filiation d’une gauche européenne, humaniste, anti-Poutine et anti-autoritaire ? Il est vrai que les 1,7% d’Anne Hidalgo à la présidentielle étaient porteurs d’une nouvelle Bérézina dont il fallait se prémunir quel qu’en fût le prix. Faut-il donc comme l’avance Nicolas Mayer Rossignol, en pleine campagne électorale interne au PS, admettre cet accord de la NUPES pour ce qu’il est : un simple accord électoral ponctuel qui ne doit pas faire des socialistes des alignés et ne doit surtout pas empêcher le PS de se renouveler, de préparer l’avenir.

 

Présent ce samedi soir à Val-de-Reuil (dans une salle des associations magnifique) où Marc-Antoine Jamet le soutient dans son combat et sa motion « refondations », le maire de Rouen a le droit d’espérer et surtout le devoir d’entreprendre. Il le sait, la gauche ne peut être forte que dans l’action et dans la preuve de cette action. A Val-de-Reuil, l’histoire ancienne (Bernard Amsalem était présent) et récente de la ville plaide pour cette gauche de résultats. Dans tous ses domaines de compétences : urbanisme, éducation, sport, culture, diversité, développement économique, économie sociale et solidaire, vie associative, la ville de Val-de-Reuil est bien loin du cliché originel que l’environnement politique — surtout à droite — a souhaité coller à la ville nouvelle pour des décennies. La culture de l’action et de la preuve est d’ailleurs saluée à intervalles réguliers (les élections) par des habitants fiers de leur ville et en savent gré à leurs élus constamment confirmés. Et plus encore avec le canton rolivalois et l’agglomération Seine-Eure. Que seraient devenues en effet les vallées de l’Eure et de la Seine sans les parcs industriels rolivalois et sans leur féconde expansion ? Quand Bernard Amsalem, Nicole Cornier et Frank Martin ont créé la communauté de communes Seine-Eure, qui aurait parié sur un développement global de toute notre immédiate région ?

 

Nicolas Mayer-Rossignol n’était pas à Val-de-Reuil par hasard. C’est peut-être là qu’il aura planté les premiers jalons — même s’il n’est pas objectivement favori — d’un leadership PS placé sous le signe à la fois d’une modernité nécessaire et d’une histoire assumée depuis que Jaurès est devenu la figure de proue d’un socialisme plaçant le citoyen instruit à la base de tout le processus démocratique. Il n’était pas venu à Val-de-Reuil pour rejouer le débat de la veille qui l’a vu s’opposer à Hélène Geoffroy (maire de Vaux-en-Velin) et Olivier Faure, député, sur les antennes de « France Info » et dont les commentaires ne retiennent que la question suivante : « alors, NUPES ou pas NUPES ? » L’étape de Val-de-Reuil n’était rien d’autre qu’un signe d’amitié et de ferveur militante et c’est toujours bon à prendre car ça ne court plus les rues. Le maire de Rouen (ancien président du conseil régional) a construit sa démonstration sur une évidence : le socialisme du quotidien, dans les villes, les départements et les régions que le PS dirige. Un socialisme que les rapports de force pourraient d’ailleurs mettre en péril en 2026 quand LFI ou les écologistes voudront — c’est la logique de la vie politique — l’inverser à leur avantage même si ces mouvements connaissent aussi bien des turbulences.

 

D’ici là, il faudra lutter sur tous les fronts : l’union des socialistes d’abord et l’union de la gauche ensuite, la lutte farouche contre l’extrême-droite devenue plus que menaçante et aux portes du pouvoir d’état en France et ailleurs en Europe, la résistance à toutes les remises en cause des acquis obtenus de haute lutte depuis 1945, et notamment l’âge de la retraite, sans oublier le B-A-BA de l’action : recruter et former les militants, les cadres et les futurs élus aptes à porter haut le drapeau d’une gauche passée tout près de l’enterrement de première classe. Comme l’a bien dit NMR : n’est pas Mitterrand qui veut.

 

Mais le temps presse. Les 12 et 19 janvier, les adhérents d’un PS déserté (on parle de 20 000 membres quand on en a compté 200 000) vont devoir choisir celui ou celle qui défendra leur programme et leurs idées…neuves. Depuis le revenu universel de Benoît Hamon, quel projet original a été proposé aux Français(e)s par le parti socialiste ? La réponse est dans la question et quel que soit le (ou la) futur(e) premier(e) secrétaire, il lui faudra se retrousser les manches et faire preuve d’imagination.


28 décembre 2022

Première conférence 2023 de la SED : « Quand l’arrondissement de Louviers brillait au coeur des expositions (1797-1900). »

Dans un atelier de l'usine Jeuffrain. (DR)

« La Société d’Études Diverses vous présente ses meilleurs vœux pour une bonne et heureuse année 2023, pour vous-mêmes et tous les vôtres. Nous espérons en particulier avoir le plaisir, au cours des mois à venir, de vous retrouver lors des manifestations que nous organiserons. La première conférence de cette nouvelle année aura lieu le samedi 14janvier, aux lieu et heure habituels, à 16 heures, dans la salle Pierre Mendès France, à l’Hôtel de Ville de Louviers. Nous accueillerons Vanina Gasly, conservatrice du patrimoine, responsable du Pôle archives Seine-Eure. Elle évoquera la participation et les succès des industriels de notre région autrefois, lors des expositions universelles ou nationales :

 

« Quand l’arrondissement de Louviers brillait au coeur des expositions (1797-1900). »

 

L’arrondissement de Louviers fut, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, un grand centre industriel normand, en particulier dans les domaines textile et métallurgique. Pour asseoir cette renommée et commercialiser toujours plus loin les productions locales, il fallait dépasser les frontières de l’arrondissement et guetter chaque occasion de mieux les faire connaître. Pour nombre d’industriels, participer à une Exposition, qu’elle soit universelle, nationale ou locale, était une consécration. Montrer son savoir-faire, briller par l’excellence de ses productions, concourir au meilleur prix de sa catégorie, autant d’enjeux qui ne pouvaient les laisser indifférents. Dans le même temps, ces événements étaient des lieux où l’on se jaugeait et où l’espionnage industriel allait bon train. Rapports détaillés et argumentés, provenant de chefs d’entreprise mais aussi d’ouvriers dûment mandatés, étaient autant de témoignages et d’alertes sur les forces et les faiblesses de l’industrie de la région de Louviers. Cette conférence se propose donc d’étudier la représentation de nos industriels à ces expositions et d’identifier les enjeux à court ou long terme de leur participation à de tels événements. »

JP Binay et Claude Cornu

13 décembre 2022

Quelques réflexions au débotté : Ciotti, les valises, LFI Trotskyste, quatre mois avec sursis pour Quattenens, les tics de langage

 

Ciotti ou la droite-extrême

L’élection d’Eric Ciotti à la tête des Républicains place la droite dite de gouvernement, à la droite de la droite. A la droite extrême donc tout près de Reconquête, le mouvement de Zemmour dont Ciotti avoue se sentir très proche. Le vote des quelques milliers de membres (plus les chats !) de l’ancien parti gaulliste a donc conduit au choix d’un des hommes-liges de Laurent Wauquiez pour lequel il avoue rouler.

Son thème favori ? La lutte contre l’immigration. Son obsession ? L’insécurité. Sa passion : trouver des petits boulots bien payés pour son ex-compagne épinglée par le Canard Enchaîné. Car Ciotti qui dit laver plus blanc que blanc, a fait preuve d’ingéniosité pour arrondir les fins de mois de l’ex-madame Ciotti. Au Parlement, dans une mairie, au conseil départemental, elle est passée par ici, elle repassera par là.

Les Républicains, dont les finances sont toujours en délicatesse, feraient bien de désigner un commissaire aux comptes indépendant et scrupuleux. La « belle » parole de l’élu de la Rojas, surtout prompte à féliciter les petits blancs de l’équipe de France, pourrait nous faire oublier ses turpitudes et sa trajectoire quelque peu sinueuse, de Sarkozy à Fillon…et dorénavant auprès de Wauquiez qui ne devrait pas oublier la célèbre citation : « Père gardez moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge. »

 

Des valises pleines de billets à Bruxelles

La justice bruxelloise avait, depuis des mois, des parlementaires (actuels ou anciens) européens dans le collimateur. Et même une vice-présidente, grecque, du parti socialiste dont elle vient d’être exclue. Il semble que de près ou de loin, le Qatar ait trouvé à Bruxelles des oreilles attentives et offert des paniers garnis de quelques centaines de milliers d’euros. On appelle cela du lobbying réussi. Des perquisitions ont été menées, des téléphones et des ordinateurs saisis, des valises pleines de billets découvertes.

Evidemment, l’émotion est immense. On apprend qu’une résolution a été proposée récemment par une députée française (LFI) justement pour lutter contre les pressions d’un pays choisi pour organiser la coupe du monde de football au proche orient. Heureusement, des députés socialistes français et d’autres de Renew (macroniens) ont adopté cette résolution. Il est évident que la Commission et le Parlement européen vont devoir se pencher rapidement sur les méthodes des lobbies et sur les moyens destinés à les empêcher de nuire. Raphaël Gluksman, à la tête du combat contre la mainmise des lobbies, a du pain sur la planche. La présidente, Mme Metsola, la présidente du Parlement européen va devoir trouver des solutions même si le gaz qatarien n’a pas d’odeur.

 

Les trotskistes toujours vaillants à LFI

Dans la série des débats docs, Jean-Pierre Gratien présentait (Sur LCP) un documentaire consacré à la vie et à la mort de Léon Trotsky. L’ancien chef de l’armée rouge, soutien de Lénine mais ennemi juré de Staline, a fini ses jours au Mexique où il a été assassiné par Ramon Mercader, fait héros de l’Union soviétique à sa sortie de ses quelques années de prison. Car Staline craignait Trotsky et ses critiques véhémentes de son pouvoir personnel et ses obsessions meurtrières. Staline l’avait fait exiler à l’intérieur de l’URSS puis à l’extérieur avant de juger que sa disparition lui devenait nécessaire.

Même mort, Léon Trotsky a fait des émules dans le monde entier. Aujourd’hui encore, des militants et élus français se revendiquent de son héritage politique et Jean-Luc Mélenchon, notamment, continue de faire du trotskysme sans le dire contrairement au NPA et à Lutte ouvrière où le testament du grand penseur révolutionnaire inspire encore, selon eux, le monde à venir.

Les récentes désignations autoproclamées des proches de Mélenchon font braire François Ruffin, Clémentine Autain et quelques autres, laissés à l’écart des fonctions dirigeantes de la France insoumise. Ils déplorent un fonctionnement claniste sans démocratie, à l’image, finalement, de ce qu’est le trotskyste Mélenchon. Celui-ci a beau dénoncer la verticalité de Macron et espérer une 6e République, JLM demeure un leader aussi Maximo que possible. Avec lui, Chavez n’est jamais très loin.

 

Quattenens ou quatre mois de prison avec sursis

Adrien Quattenens a appris sa condamnation aujourd’hui, à quatre mois de prison avec sursis pour LA gifle administrée à sa compagne et qu’il a reconnue. Les violences sexistes sont donc avérées et punies. Céline Quattenens a également dénoncé des SMS et des messages violents démontrant la complexité d’un homme sans doute intelligent mais incapable de maîtriser ses pulsions. Jalousie ? Excès d’amour propre ? Violence sous-jacente ? Le problème est difficile à régler au sein de la France insoumise qui a décidé de mettre en congé d’Assemblée nationale (jusqu’au 13 avril) celui à qui Jean-Luc Mélenchon a témoigné beaucoup de compassion et d’amitié oubliant que derrière le masque des apparences se dissimulait une âme plus noire.

M. Quattenens peut-il conserver son mandat de député ? Des écologistes, des socialistes, des communistes assurent que non. Les mouvements féministes en pointe dans la défense des femmes violées, battues, humiliées, pensent la même chose. On imagine la bronca de la droite et de l’extrême-droite s’il revient un jour au Palais Bourbon. Elles auraient bien tort de pavoiser. Elles comptent dans leurs rangs (actuels ou passés) des hommes blancs pas tout blancs en matière de violences sexuelles et sexistes.

 

« Merci d’être avec nous, effectivement, en fait…et voilà.»

Les chaines d’info en continu ont de ces formules…Quelle que soit la personne reçue ou invitée, en direct ou en différé, la phrase magique des animateurs est toujours la même : « merci d’être avec nous. » Que les correspondants soient des journalistes qui ne font que leur travail, on les remercie tant et plus. C’est soit ridicule, soit bêtifiant.

Mais les tics de langage oral se ramassent à la pelle ; les expressions ou adverbes qui font florès sont les suivantes : « effectivement » nous est servi à toutes les sauces même quand il n’y a rien d’effectif. « En fait » sert d’introduction quand « et voilà » nous permet de patienter. Ce langage oral est d’une grande pauvreté et contraste avec les textes sérieux et travaillés de certain(e)s journalistes sur le plateau de C Politique (la 5) par exemple pour ne citer que cette émission dominicale. Et voilà.

3 décembre 2022

A L'Assemblée nationale : Pierre Mendès France en actes et en actions sous trois républiques

François Loncle et la présidente de l'Assemblée nationale.©JCH

Je ne me lancerai pas dans un compte rendu exhaustif des causeries présentées par  d’éminents historiens à l’occasion du colloque organisé par l’Institut qui porte son nom cette semaine à l’Assemblée nationale et intitulé « Pierre Mendès France au cœur de trois républiques. » L’ancien président du Conseil et député maire de Louviers compte parmi les trois ou quatre parlementaires élus de la 3e à la 5e république. Une rareté donc.

 

Les admirateurs de l’homme Mendès en savent beaucoup sur les actes et actions de cet homme d’Etat aux qualités morales et intellectuelles peu ordinaires. Il est des chapitres de sa vie parlementaire qui méritaient un examen aussi rigoureux qu’objectif qu’il s’agisse de son attitude pendant les grandes crises (1934, 1958, 1968 avec Sabine Jansen) ou de son engagement en faveur d’une Europe équilibrée avec la présence souhaitée de la Grande-Bretagne (on sait ce qu’il advint) pour contrebalancer l’influence de la République fédérale d’Allemagne (avec Gérard Bossuat) et surtout protéger l’économie française mise à mal par les guerres succédant au second conflit mondial. PMF sera d’ailleurs choisi pour mettre un terme à la guerre d’Indochine et c’est sur la politique algérienne que son gouvernement échouera le 4 février 1955, ses adversaires au sein du parti radical voulant mettre un terme au bail de cet homme pour qui la vie des autres hommes importait plus que tout.

 

Jean Garrigue et Frédéric Potier ont animé l'après-midi.©JCH

Le grand intérêt de ce colloque résidait dans le travail de recherche conduit par ces historiens et historiennes qui devaient chercher et trouver le petit plus à ajouter aux connaissances existantes. Didier Maus, ancien membre du Conseil d’Etat et spécialiste des questions constitutionnelles constate que PMF n’a jamais été président de la commission des lois de l’Assemblée nationale et, semble-t-il, ne s’est intéressé que marginalement à l’évolution des institutions alors qu’il en fut l’une des victimes. PMF aurait — comme le général de Gaulle — souhaité un exécutif fort et un pouvoir législatif…force de contrôle. L’emploi de la dissolution en 1955, lui aurait permis, si l’usage avait été possible, de contrer les oppositions et d’en appeler à l’arbitrage du peuple souverain. Et si en 1958, le général de Gaulle n’était pas revenu au pouvoir dans les conditions inadmissibles qui furent celles de son retour sous la menace de l’armée, qui sait ce que ces deux hommes auraient pu faire ensemble (1) ?

 

Françoise Chapron, attachée scientifique de l’Institut, a écrit sa thèse sur Mendès France dans l’Eure. Nul ne connaît mieux qu’elle les liens qui unirent le député-maire à ses concitoyens de Louviers et du département normand. « L’accident » de 1958 devait conduire PMF à tourner la page lovérienne non sans un chagrin sincère. Les participants au colloque ont apprécié la séquence émouvante et enregistrée de Georges Kiejman dont la proximité avec PMF ne s’est jamais démentie. L’ancien ministre et avocat sait raconter avec une vraie admiration les campagnes auxquelles il a participé, ratée pour celle d’Evreux en 1962 ou réussie pour celle de Grenoble en 1967.

 

En début d’après-midi, Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a prononcé un discours dont il faut retenir, au-delà de l’exemplarité et de l’actualité du « mendésisme », la volonté qui est la sienne de contribuer à la panthéonisation de Pierre Mendès France. Lors du repas hommage organisé le 18 octobre dernier à l’initiative d’Emmanuel Macron, ce dernier avait écouté avec attention la demande exprimée par François Loncle, président de l’Institut Mendès France, de panthéoniser Pierre Mendès France, homme d’Etat, résistant, élu de la nation. Si cette panhéonisation advenait, la France serait enfin reconnaissante à l’égard de ce grand patriote.

 

(1) Malgré leurs différences et leurs divergences, Pierre Mendès France et le général de Gaulle s’estimaient. PMF n’avait-il pas été membre du gouvernement provisoire à Alger après avoir combattu courageusement dans les Forces françaises libres ?

1 décembre 2022

Affaire Quattenens : Le suffrage universel ne doit pas devenir une machine à blanchir

Il existe dans l’esprit de certains et de certaines, une idée répandue que j’ai toujours combattue. Dans l’affaire Adrien Quattenens mis en cause par sa compagne pour des violences physiques et morales, j’entends en effet dire ici et là que le député de la France Insoumise pourrait démissionner et se représenter devant les électeurs(trices) de sa circonscription afin de retrouver sinon une virginité du moins une légitimité. Ce serait l’histoire du suffrage universel transformé en tribunal pour décider de l’innocence ou de la culpabilité de l’auteur d’un délit. Incroyable ! C’est marcher sur la tête car le suffrage universel n’a pas vocation à remplacer les juges seuls habilités à décider de l’innocence ou de la culpabilité de quelqu’un. Le suffrage universel ne doit pas devenir une machine à blanchir.

 

La justice, d’ailleurs, est saisie et M. Quattenens a d’ores et déjà reconnu avoir été violent avec son épouse dans le cadre d’un divorce conflictuel. Une procédure de « plaider coupable » aboutira le 13 décembre prochain à une décision judiciaire. Je sais bien que Jean-Luc Mélenchon a tenté de minimiser la portée de la (les ?) gifle(s) infligées à la compagne de son protégé. Il n’empêche : l’acte du député LFI est inadmissible et aucune raison plausible ne peut être avancée pour en atténuer les effets et encore moins les conséquences politiques pour lui-même et aussi pour ceux et celle qui le soutiennent.

 

Mme Céline Quattenens a publié ces derniers jours un communiqué destiné à établir les faits de violence dans toute leur portée et leur durée. Car il semble bien, si Mme Quattenens dit la vérité, que la violence de son mari était ancienne et répétée. J’ai appris au cours de années passées, que si les violences sexuelles et sexistes sont niées dans 99 % des cas par leurs auteurs, la parole des victimes est très (majoritairement) crédible. En tout état de cause, l’élection ne peut pas et ne doit pas être utilisée à des fins électoralistes sans lien avec des faits de droit commun. Je le redis, nul ne doit se sentir blanchi par le vote des électeurs et des électrices plus sensibles aux émotions qu’à la vérité judiciaire qui ne vaut…que ce qu’elle vaut.

12 novembre 2022

Hanouna n'a qu'un but : alimenter la machine à cash et à clash

Cyril Hanouna, animateur de touche pas à mon poste, n’est ni journaliste, ni agent de divertissement. C’est un histrion. Un méchant histrion-valet à 35 millions d’euros chargé de défendre les intérêts, les postures, l’idéologie de son maître qui a pour nom Bolloré. L’événement créé récemment par la diarrhée verbale d’Hanouna face à un député de la France insoumise est une caricature poussée à l’extrême (droite bien sûr) et destinée à répandre la « bonne » parole sur la base des théories les plus avilissantes pour ceux qui les proposent et ceux qui les défendent. 

Alors, les hommes et les femmes politiques, doivent-ils-elles fréquenter le mauvais garçon qu’est Hanouna ? Si on s’appelle Zemmour et si on doit son succès médiatique à Bolloré, la réponse est oui. Si on veut rester digne et ne pas alimenter la logorrhée d’Hanouna et ses équipes, il faut absolument s’abstenir de cautionner par une présence à ses côtés, les énormités, les insultes qu’il profère avec un unique but : faire le buzz et alimenter la machine à cash et à clash.

Le paysage audiovisuel français ne doit pas ressembler à Fox News, le canal TV américain qui a fait le succès de Trump. Il existe suffisamment de chaînes en France pour ne pas être obligé de s’avilir consciemment ou non, en côtoyant de près un personnage sinistre qui se complaît dans une fange où il veut entraîner certains de ses invités et les téléspectateurs.

11 novembre 2022

Une vraie provocation : Le Rassemblement national de l'AN veut présider un groupe d'étude contre l'antisémitisme !

Les groupes d’études de l’Assemblée nationale sont en train de se constituer. Ils s’intéressent à la chasse, à la corrida ou à …l’antisémitisme. Et l’on apprend que le Rassemblement national s’est mis en tête de tenter d'obtenir la présidence de ce dernier groupe. On croit rêver ou plutôt cauchemarder. Comment une majorité de député(e)s dignes de ce nom accepteraient-ils de confier au RN l’animation d’un groupe d’élus de la nation réunis pour étudier l’antisémitisme et appartenant à un parti dont le fondateur — Jean-Marie Le Pen — s’est illustré durant toute sa carrière par des mots et des attitudes que n’auraient pas rejeté(e)s le premier antisémite venu.

 

Il faut dire que la France et certains Français portent dans leurs bagages une histoire déplorable faisant des juifs, depuis des siècles, les boucs émissaires des malheurs nationaux. De l’affaire Dreyfus aux campagnes de haine contre Léon Blum, Jean Zay ou Pierre Mendès France, du statut des juifs de Pétain à la déportation qui causa la mort de tant d'hommes, de femmes et d'enfants, la vie politique française regorge d’actes, de discours, de livres, d’affiches, de tracts et de dessins antisémites dans un pays qui, après la monarchie, s’est pourtant construit sur la base des droits de l’homme et de l’égalité entre eux quels que soient leur couleur ou leur religion. D’ailleurs, l’Institut Mendès France auquel j’appartiens, organisera en 2023 une journée consacrée à la lutte contre l’antisémitisme puisque dans ce domaine, toutes les initiatives sont bonnes à prendre.

 

Mais que Marine Le Pen et les siens tentent de s’approprier la présidence d’un groupe d’étude sur l’antisémitisme relève, selon moi, de la pure provocation dont l’extrême droite française est coutumière. D’ailleurs, nombre de députés de gauche et du groupe Renaissance, se sont élevés contre cette manœuvre. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet a sagement décidé de différer l’attribution de la présidence du groupe d’étude qui, s’il n’a que peu de pouvoir réels, revêt quand même une charge symbolique très puissante. 

 

J’ose espérer que les députés, toutes appartenances confondues, vont s’opposer farouchement à cette demande du Rassemblement national dont l’un des députés s’est illustré récemment jusqu’à la caricature en invitant un député de la nation à « retourner en Afrique ». On a vu là le vrai visage de ceux qui, ce matin même, vont se rendre à Toulon pour vilipender les 254 migrants épuisés par plusieurs semaines en mer où, naufragés en Méditerranée, ils ont été récupérés par un navire de sauvetage.