22 mai 2020

L'élection du maire aura lieu lundi à 18h30 au Moulin. Philippe Brun dépose un recours en annulation.


La date du second tour des élections municipales n’est pas encore choisie par le gouvernement. Ce sera sans doute le 28 juin prochain pour les communes qui n’ont pas élu de majorité absolue lors du premier tour. Tout dépendra de l’état sanitaire de notre pays et du comportement du Covid 19. Bien que l’Académie assure qu’il faut dire LA Covid, je préfère LE Covid, le masculin étant utilisé depuis des semaines sans que quiconque y trouve à redire. Même Bernard Pivot propose de conserver le masculin.
A Louviers, l’équipe sortante a obtenu plus de 50% des suffrages, l’élection du maire et des adjoints peut donc se faire avant la date butoir fixée par décret au 28 mai. Ainsi la soirée électorale destinée à doter notre ville d’une équipe dirigeante aura lieu lundi 25 mai prochain à 18 h 30 au Moulin, l’exiguïté de la salle Pierre Mendès France ne permettant pas de respecter les gestes barrières.
Comme la loi le permet, le quorum a été abaissé tandis que le nombre de pouvoirs par élu a été augmenté. On peut donc s’attendre à quelques absences parmi les nouveaux élus. De même, la salle ne pourra pas accueillir de public pour des raisons sanitaires évidentes. L’élection du maire aura donc lieu à huis clos. Les Lovériens intéressés par cette soirée symbolique pourront la suivre sur le site Internet de la ville de Louviers qui retransmettra les événements en direct.

Un recours de Philippe Brun
J’apprends par ailleurs qu’un recours a été déposé devant la justice administrative par Philippe Brun contre l’élection de la liste Priollaud. Pour étayer sa demande d’annulation du vote, le jeune juriste (il est magistrat) s’appuie sur des documents de campagne et des événements mélangeant, selon lui, gestion courante et propagande électorale. Il argue que le faible nombre de voix dépassant la majorité absolue des suffrages doit être pris en compte et non pas l’écart séparant la liste Priollaud de la liste arrivée seconde.

19 mai 2020

Ne jetez pas vos déchets (même verts) dans les forêts !


Ce qu'il ne faut pas faire.
La déchetterie de l’Ecoparc (Vironvay) est fermée jusqu’à la fin du mois de juin, au mieux. Les usagers habituels de cet équipement de la CASE sont obligés de trouver une solution de remplacement pour se débarrasser de leurs déchets en tous genres. Ils vont soit à La Haye-Malherbe soit à Val-de-Reuil, où le temps d’attente est très important.
Est-ce une raison pour polluer la nature environnante ? Certainement pas. Au hasard des mes promenades pédestres durant le confinement et après, j’ai aperçu, çà et là, des immondices divers déposés à l’orée de la forêt ou au bord des routes. C’est inadmissible. Les auteurs savent qu’ils ne seront pas punis pour ces actes délictueux puisque personne ne les prend en flagrance. Alors, on trouve de tout ça et là. Des sacs remplis de déchets verts, des fauteuils, des objets hétéroclites qui feraient plaisir à un ferrailleur ou à Jacques Prévert.
Il n’est pourtant pas difficile soit de patienter en attendant la réouverture de la déchetterie de Vironvay, soit de se rendre dans des lieux dont la destination est évidente et dont le coût est compris dans le montant de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Il faut, bien sûr, faire preuve de patience mais la nature et le souci collectif méritent bien cet effort.

4 mai 2020

Le décès de Daniel Dugord, ancien proviseur du lycée Marc Bloch et ancien maire de Saint-Etienne-du-Vauvray

Daniel Dugord (a dr) avec Guy Soudjian (à g) et M. Paul.
 La mort de Daniel Dugord, ancien proviseur du lycée Marc Bloch, à Val-de-Reuil, professeur de mathématique de formation, ancien maire de Saint-Etienne-du-Vauvray rend tristes sa famille d’abord, évidemment, son épouse, ses enfants, mais également tous ceux et celles qui au-delà du cadre de l’Education nationale voyaient en lui un humaniste, un homme positif sachant encourager, aider, être solidaire.
Pendant ma carrière professionnelle de journaliste, j’ai rarement rencontré des personnes telles que lui. Daniel Dugord était aimable, souriant, toujours prêt à renseigner, informer, dans la mesure où l’Education nationale représentait pour lui un moyen d’égalité et d’accès à la connaissance pour tous. Dans le journaliste il voyait le vecteur, le révélateur de l’action éducative base de toute citoyenneté responsable. Parler des liens entre les élèves et les professeurs l’intéressait plus que vanter sa propre direction qu’il voulait naturelle et sans autoritarisme.
Un vrai républicain, en un mot, qui avec discrétion mais efficacité, savait faire marcher des équipes dans le même sens, qu’il s’agisse des professeurs, des personnels techniques ou des administratifs. Bien des expériences qui poursuivent leur vie ont été engagées au lycée Marc Bloch en accord avec Marc-Antoine Jamet, maire, avec la création de l’atelier Sciences Po, ou lors des ventes de livres destinées à financer les actions d’Amnesty International. Daniel Dugord n’hésitait jamais à susciter le renouveau, à décréter l’enthousiasme sans lequel rien de grand ne peut être réalisé. Au lycée Maurois d’Elbeuf où il avait été muté, il a poursuivi la même ligne : droite et fière.
Comme élu local et comme maire, enfin, autre corde à son arc, il était respecté pour son sens élevé de la démocratie. Il était un homme de gauche dans ce que la gauche a de plus glorieux : la justice sociale, l’égalité entre les hommes et les femmes, le souci de respecter l’autre même (surtout) quand il ne pense pas comme vous. Au sein de la communauté d’agglomération Seine-Eure et dans son village où il a fini ses jours récemment, Daniel Dugord laissera le souvenir marquant d’une personnalité attachante et sensible où il ne comptait que des amis.

29 avril 2020

Marc-Antoine Jamet cycliste en chef d'une patrouille nocturne de la police municipale de Val-de-Reuil

Marc-Antoine Jamet à bicyclette non loin de la Rotonde.©PH

Et qu’on ne vienne pas dire que c’était prémédité. Un coup de com de plus ou je ne sais quoi encore dans le genre. Ayant eu besoin de me rendre à Val-de-Reuil hier soir, vers 22h45 pour une urgence médicale touchant une de mes proches, je suis tombé nez à nez sur une patrouille cycliste de la police municipale dont le commandant en chef n’était autre…que Marc-Antoine Jamet, maire de la cité, masqué et nanti des attributs de sa fonction d’officier de police responsable de la sécurité dans sa ville.
Je l’avoue, depuis que je le connais, je ne parviens pas à comprendre à 100 % le fonctionnement d’un homme doté de responsabilités importantes dans le secteur privé nécessitant voyages et compétences professionnelles hors pair et qui demeure cependant terriblement passionné par son mandat de maire et de vice-président de la Région Normandie. Lors des dernières élections municipales, les habitants de Val-de-Reuil ont d’ailleurs plébiscité le maire sortant à des hauteurs de score défiant toute concurrence ! Le lien est donc très fort avec un édile exceptionnel dans toute l’acception du mot.
Tout de même, interrogeons-nous un instant. Combien de maires, en France, à la tête d’une ville moyenne certes, sont prêts à enfourcher leur bicyclette la nuit venue pour veiller sur leurs ouailles et au respect des arrêtés municipaux et le tout dans une parfaite discrétion (1). Marc-Antoine Jamet ne doit d’ailleurs pas en être à son coup d’essai. A voir la sérénité de la troupe qui l’entourait, je me suis dit que cet élu faisait plus que son travail normal de représentant du peuple aux côtés de ceux dont c’est le métier. Alors là je dis chapeau !
Une remarque au passage. Si je suis allé à Val-de-Reuil à cette heure tardive de la nuit c’est parce que le fonctionnement du service départemental des urgences a magnifiquement fonctionné. Du 15 on est passé au 116-117. Et c’est lors de cette communication qu’un médecin orienteur, après maintes questions et réponses, a proposé les compétences d’un médecin de ville et de garde dont le hasard a voulu qu’il fût de Val-de-Reuil. Autrement dit et bien que toutes les conversations tournent autour du Covid 19, la vie continue et notamment le service des urgences qui répond bien à sa définition.
Quant aux habitants de Val-de-Reuil, ils peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Leur maire prend soin de leur sécurité.
(1) il eut été dommage de ne pas faire LA photo, témoignage concret d’un récit bien trop court.

27 avril 2020

On a eu très peur à l'Ermitage mais tous les tests Covid 19 réalisés sont négatifs


On a  eu très peur, la semaine dernière, quand un membre du personnel de la maison de retraite l’Ermitage (groupe Korian) s’est plaint de troubles ressemblant à ceux que suscite le Coronavirus ou Covid 19. La direction de l’établissement, s’étant enquise de la positivité du test, a évidemment lancé une batterie générale de tests concernant l’ensemble des retraités de l’EHPAD et de tous ceux et toutes celles agissant au sein de l’institution.
Le maire de Louviers, tardivement informé (mais il n’est pas responsable de la communication chez Korian) a sollicité de la direction des informations sur les résultats des tests pratiqués en fin de semaine.
On imagine l’inquiétude régnant tant au sein de l’EHPAD qu’à l’extérieur autrement dit au sein des familles ayant des résidents dans l’établissement du boulevard Clémenceau. Les résultats des tests sont tombés aujourd’hui : tous se sont révélés négatifs ce qui est, comme dirait M. Priollaud, « une excellente nouvelle ». On ne saurait mieux dire.

Surtout, ne buvez pas l'eau de javel qui nettoie tout sauf le corps humain


Je ne vais certainement pas faire dans l’originalité en mettant en exergue les propos iconoclastes de Donald Trump face à la pandémie. Alerté par ses conseillers dès les réactions vives des journalistes et des médecins, le président des Etats-Unis a voulu rectifier le tir en affirmant qu’il avait volontairement usé d’un ton sarcastique. Quand on écoute la bande originale on ne peut que déplorer les paroles au premier degré de la première puissance mondiale.
Qu’a-t-il dit ? Primo que l’eau de javel (1) est un puissant nettoyant et que les médecins feraient bien de voir comment en injecter dans les poumons des malades du Covid. Secundo que la lumière intense a tendance à gêner le virus d’où l’idée de bon sens d’inonder le corps des malades de rayons intenses pour tuer le virus. Nous savons, depuis longtemps, que Donald Trump est un narcissique facétieux et un redoutable animateur de télévision. On connaît aussi ses talents dans l’immobilier et ses tricheries lorsqu’il joue au golf. Même si la plupart des politiques sensés cherchent encore pourquoi et comment ce bad guy est arrivé au pouvoir, il est un fait incontesté : le système américain du vote par Etat a permis à cet olibrius de Trump de devenir le leader de la première puissance militaire mondiale ! Merci Vladimir Poutine et honte à Hillary Clinton.
Dans les propositions de lutte contre le virus Trump annonce tous les jours une découverte par ci, une autre par là et surtout l’arrivée imminente d’un vaccin. Or, il suffit d’écouter les paroles des chercheurs pour savoir que le vaccin, si vaccin il y a, ne sera pas mis à la disposition du public avant la mi-2021. Au mieux ! Les Bolsonaro, Modi et autres fantaisistes dirigeants de la planète (qui ne manque pas d’histrions) ont donc encore de beaux jours devant eux pour que les plus misérables de leur peuple chopent la maladie et meurent de ses conséquences.
Joe Biden, l’actuel candidat démocrate à la présidence, affirme que jamais il n’aurait pensé devoir demander aux Américains de ne pas boire de l’eau de javel. Et pourtant. La démocratie américaine touche un seuil de bassesse et de médiocrité insondable. Il paraît que Trump est testé tous les jours. Si par malheur, le coronavirus venait à l’atteindre, on connaît les remèdes qu’il ne manquera pas de s’imposer. 
En tout état de cause Boris Johnson, son ami britannique, a eu recours à la médecine traditionnelle et moderne d’un grand pays développé ce qui lui a permis de guérir d’une maladie sérieuse et parfois gravissime. Que Boris Johnson ait cité nommément les soignants (parfois étrangers) qui se sont occupés de lui démontre que le premier ministre du Brexit sait reconnaître les mérites d’hommes et de femmes venu(e)s de la planète pour soigner…un constat lumineux.

(1) il s'agit d'un produit toxique (c'est marqué sur l'emballage!) qui provoque des brûlures sur la peau, les yeux et dont les émanations peuvent susciter des maux de tête et nausées. Outre son action corrosive, l'eau de javel ne contient aucun tensio-actif, et donc ne nettoie pas. Elle désinfecte et décolore mais rien ne sert de l'utiliser comme détergent sur une surface bien crasseuse…

Henri Weber, mort hier du Covid 19, avait animé une rencontre publique à Val-de-Reuil


Henri Weber (à g) avec Marc-Antoine Jamet et Philippe Bove. ©JCH
Timour Veyri, premier secrétaire de la fédération de l'Eure du Parti socialiste s'exprime après le décès d'Henri Weber, une personnalité marquante et engagée.
« C'est avec une immense tristesse que j'apprends ce matin la disparition d’Henri Weber. Ancien sénateur de la Seine-Maritime, sa fidélité pour Laurent Fabius l'avait fait poser ses valises en Normandie. Il avait également été au nombre des enfants juifs accueillis aux Andelys dans l'Eure à la colonie de vacances organisée par le Foyer ouvrier juif. Mais la vérité est qu’il aurait prêché le socialisme dans n’importe quel département, dans n'importe quelle région, dans n’importe quel pays et devant n’importe quelle audience. Parce que c'était sa vie. Une vie d'engagement.
Devenu sénateur et député européen, Henri Weber était resté un vrai militant. Un indécrottable militant. Chaque voix comptait. Et chaque convaincu.e de plus pour le socialisme nous rapprochait d’un monde meilleur. Alors il fallait se retrousser les manches ! Une année, avec Philippe Blanchot, nous lui avions proposé de venir évoquer à notre conférence à Sciences-Po le fonctionnement des partis politiques. Il avait fondé la LCR. C'était intéressant. La réponse n’avait pas tardé : « Bien sûr, je viens ! » J’en étais heureux. Puis, nous avions précisé les choses, au cas où « Tu sais, c’est un cadre académique. Il faut rester un peu neutre. ». Lui « Oui, oui, j'ai compris ». C’était raté ! S’en est suivi une heure trente d’anecdotes sur la Révolution russe, Troski, Mai 68, l’histoire du mouvement ouvrier et de la social-démocratie. Sur le moment, j’en ai été un peu gêné. Rétrospectivement, j’en suis si fier. Marc-Antoine Jamet me raconta souvent cette anecdote : après des heures de routes sinueuses pour rejoindre une section qui l’invitait lors d'un Congrès, Henri Weber dans le couloir, demande au secrétaire de section qui l’accompagne : « Ils sont combien les camarades ? » Le secrétaire de section, bien embêté, lui répond, la voix basse, «  dans la salle et s’exclame avec sa voix grave : « parfait, on va avoir le temps de parler du socialisme ! » Avant de s’engouffrer dans la réunion et d'y parler comme s’il s’exprimait devant 5000 camarades. Désormais, il va falloir imaginer les Congrès de notre parti et les universités de La Rochelle sans lui. Et notre tristesse est immense.
Notre parti perd l’une de ses grandes voix et les militants, un vrai camarade. Tu nous manqueras Henri. A Clémence, à son épouse Fabienne et à sa famille, je veux dire au nom des socialistes de l’Eure mes plus sincères condoléances. »

19 avril 2020

Sévy Golden et Rosita rappelés à l'ordre. Ils ne faisaient pourtant rien de mal.


Sévy Golden, pour ceux et celles qui ne le sauraient pas, appartient au patrimoine lovérien. Jeune élève à l’école municipale de musique au sein de laquelle il étudia le piano avec Mlle Hentz, il est devenu au fil des ans et de l’apprentissage réussi un musicien professionnel capable de créer un orchestre et de s’inscrire dans le paysage follement dingue des années soixante et soixante-dix.
Combien de fans, combien de jeunes rassemblés le samedi à Louviers, aux Andelys, à Vernon, pour participer au mouvement global ! Mieux même puisque Sévy Golden continue — avec sa compagne — d’animer des soirées, des bals, des rencontres individuelles et collectives. Et parfois à la demande des collectivités territoriales locales.
Si j’osais, je dirais que Sévy Golden est un monument lovérien. Il a dû être reconnu comme tel puisque la ville de Louviers et son maire actuel ont fait appel à lui pour éditer à sa façon la célèbre chanson « sur la route de Louviers » distribuée en CD dans toutes les boites à lettres de Louviers.
Mais pourquoi, aujourd’hui, évoquer Sévy Golden ? Parce qu’il a tout simplement émis un cri de colère sur son profil Facebook. Les habitants des quartiers Est de Louviers avaient pris l’habitude, le samedi soir, d’entendre Sévy Golden  et Rosita (domiciliés à Pinterville)  qui proposaient un mini concert à l’heure des applaudissements envers les soignants. Rien de bien méchant bien au contraire.
Mais comme l’unanimité n’existe pas et que, bon an mal an, les grincheux trouvent toujours à s’exprimer, Sévy Golden, un soir de cette semaine, a reçu la visite des policiers de Louviers-Val-de-Reuil, à la suite d’une plainte pour trouble de voisinage. J’ignore si notre musicien sera l’objet de poursuites quelconques ou d’infractions à quelques règlements ? Des oreilles très (trop) sensibles et pas très aimables ont en tout cas jugé que les décibels émanant de la sono de Sévy Golden, en concert de quartier gratis pro deo, devenaient assourdissants. Voilà pourquoi Sévy Golden s’est fâché tout rouge et a réussi à susciter un nombre de commentaires aussi indignés qu’amicaux.
Les policiers d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier. Dans le temps, les gardiens de la paix passaient plusieurs années dans une même région et prenaient ainsi le temps de s’inscrire dans leur environnement qu’ils maîtrisaient dans tous ses effets. Aujourd’hui au fil des mutations et des promotions, au nom de la loi aussi, certains sont plus à l’aise dans la sanction…J’ose espérer que la commissaire de police de Val-de-Reuil appréciera à sa juste valeur le geste musical et vocal de Sévy et Rosita et que nulle amende ne viendra les frapper. Un simple rappel à l'ordre serait, selon nous, bien suffisant. Pour la forme quoi.

18 avril 2020

Le maire de Louviers expose son plan d'action contre les conséquences de la pandémie de Covid 19 : Les Lovérien(ne)s disposeront tous et toutes d'un masque lors du déconfinement !


Il est rarissime que je publie un communiqué d'un élu sans le commenter. J'ai fait le choix de publier dans son intégralité ce texte du maire de Louviers dans lequel il expose son plan d'action en faveur des Lovériens et des Lovériennes pendant la pandémie. Il a raison : il y aura un avant et un après. Mais sous sommes dans le pendant de l'action. Restons-y avec responsabilité. 

Communiqué de François-Xavier Priollaud, maire de Louviers :
Nous entrons dans notre deuxième mois de confinement et je voudrais tout d’abord vous remercier pour le sérieux avec lequel l’immense majorité d’entre vous respectez des règles particulièrement contraignantes qui nous privent de nos libertés habituelles.
Ce confinement, vous le savez, est aujourd’hui notre meilleure arme, en vérité notre seule arme, pour freiner la propagation d’un virus contre lequel nous n’avons à ce jour ni traitement, ni vaccin.
Ce confinement, nous lui devons d’avoir pu éviter à Louviers et plus généralement dans notre département, cette vague que l’on redoutait tant, de malades atteints par la forme grave du virus avec une issue malheureusement souvent tragique.
Nos EHPAD et la Résidence du Parc sont préservés. Aucun cas n’y est à ce jour signalé. La situation est maîtrisée et nous devons continuer à appliquer scrupuleusement les gestes barrière pour qu’elle le reste. Merci à tous les professionnels de santé, en médecine de ville comme en secteur hospitalier pour leur dévouement. Jamais le serment d’Hippocrate n’aura eu autant de sens.

Dans son allocution de lundi dernier, le Président de la République a donné une date précise pour le début du déconfinement : ce sera le lundi 11 mai, sous réserve bien sûr que l’épidémie soit d’ici là maitrisée et même qu’elle ait reculé.
Depuis le début de la crise sanitaire, j’ai pris, au nom de la municipalité, un certain nombre de décisions et de mesures pour gérer l’urgence : accueil des enfants de soignants dans nos crèches et nos écoles ouvertes spécialement pour eux, développement du service de livraison de repas à domicile, portage de médicaments pour les personnes les plus fragiles, fermeture des commerces alimentaires après 20h pour éviter les regroupements nocturnes injustifiés, distribution de gel hydro-alcoolique et de matériel de protection pour les professions médicales.

Tout ceci a été mis en place grâce à la mobilisation du personnel municipal sur le pont depuis le premier jour pour assurer un service public non pas minimum, mais bel et bien maximum, malgré des conditions difficiles. J’adresse aux agents de la ville, en notre nom à tous, élus et citoyens, nos remerciements et notre reconnaissance.
Il s’agit à présent de passer à une nouvelle étape de l’action municipale tout en continuant d’agir avec efficacité et humanité. On évoque souvent le monde d’avant et le monde d’après. Il y aura en effet probablement un avant et un après. Mais ce qui m’occupe et me préoccupe aujourd’hui c’est le présent, je veux parler de l’adaptation de nos modes de vie à l’existence d’un virus qui ne va pas disparaître du jour au lendemain.

Il nous faut donc apprendre à vivre avec. Il nous faut être lucides et regarder en face la crise économique qui s’annonce et ses conséquences sociales potentiellement dramatiques. Nous devons être à la hauteur pour faire face individuellement et collectivement aux difficultés qui sont devant nous et qui nécessitent de la détermination et de l’unité. Aussi, je vous présente des mesures très concrètes qui constituent le plan d’action de la ville de Louviers pour cette période où nous allons devoir apprendre à vivre avec le virus.

Ce plan d’action municipal, qui s’ajoute aux mesures prises par l’Etat, la
Région, le Département et l’Agglomération, comporte quatre volets :
- Un volet sanitaire ;
- Un volet de soutien à l’économie locale ;
- Un volet d’accompagnement social et éducatif ;
- Et enfin un volet dédié au tissu associatif.


Le premier axe est sanitaire
Il porte essentiellement sur la question des masques. La ville a constitué un stock de masques chirurgicaux jetables que nous réservons en priorité au personnel municipal pour lequel une protection estrequise dans l’exercice de ses missions. Je pense en particulier aux agents du
CCAS en lien avec des personnes vulnérables, à ceux de la résidence du parcainsi que de la régie de restauration collective des deux airelles. Des masques supplémentaires commandés et réceptionnés par l’agglomération pourront
également être distribués aux personnels soignants qui en feraient la demande et qui sont prioritaires.

Par ailleurs, nous allons distribuer un premier lot de 25 masques à chaque commerce ouvert à Louviers pendant la période de confinement. Les commerçants sont en effet au contact quotidien de nombreuses personnes et j’estime que nous leur devons cette protection.

Mais se pose aussi la question du port du masque pour l’ensemble de la population dans la phase de déconfinement et au-delà. Le choix que nous faisons est celui des masques en tissu, lavables et réutilisables. Je vous annonce que nous mettrons à la disposition de chaque lovérien un masque en tissu d’ici à la fin du confinement.

Nous avons commencé à travailler à cette solution il y a maintenant dix jours et avons réceptionné une commande de tissu et d’élastiques samedi dernier pour la confection de ces masques selon un tutoriel agrée par l’AFNOR. La matière première est achetée par la ville et les masques sont réalisés par des bénévoles de l’association culturelle franco-turque de Louviers que je tiens à remercier très chaleureusement. La production va commencer avant la fin de la semaine dans des locaux et avec des machines à coudre professionnelles mises à disposition gracieusement par un entrepreneur de Louviers que je tiens à remercier très sincèrement. Environ 25 000 masques devraient être ainsi fabriqués d’ici au 11 mai et ils feront l’objet d’un contrôle qualité par un organisme agréé.
Vous serez prochainement informés des modalités de distribution de ces masques qui seront bien entendu gratuits. J’attire votre attention sur le fait que le port du masque, qu’il soit jetable ou lavable, n’exonère en rien des gestes barrières qui restent la meilleure protection contre le virus. J’insiste aussi sur le fait que jusqu’au 11 mai le confinement reste la seule solution pour empêcher la propagation du virus et que jusqu’à cette date il nous faut rester chez nous.

Le volet économique
J’en viens à présent au volet économique de notre plan d’action. Le coup d’arrêt brutal porté à l’économie du pays a des conséquences terribles sur le tissu
économique local, en particulier pour nos artisans et commerçants dont une majorité est frappée par des mesures de fermeture administrative. Il n’est pas question de les laisser tomber. Les commerces de proximité sont le cœur battant de notre ville et je mettrai tout en œuvre pour éviter que certains ne survivent pas à la crise actuelle.

C’est pourquoi la ville de Louviers va déployer des moyens financiers sans précédent pour leur venir en aide. Aussi, je vous annonce l’exonération de la taxe locale sur la publicité et les enseignes (la TLPE) pour l’exercice 2020 ainsi que la suppression des droits de terrasse. La non perception de ces taxes représente en effort financier d’environ 100 000 euros pour la ville.

Nous allons également procéder au doublement du fonds municipal d’attractivité commerciale. Nous proposerons que sa dotation passe de 50 000 à 100 000 euros dans le budget primitif 2020 qui sera présenté au début de l’été.
Ce fonds municipal sera principalement réorienté vers des mesures de soutien à la reprise d’activité pour les commerces fermés pendant le confinement. Et je réunirai les représentants des associations de commerçants afin d’établir avec eux les critères d’attribution de cette aide. Je souhaite que nous nous inscrivions dans une approche au cas par cas. C’est aussi cette démarche que je porterai auprès de l’Agglomération Seine-Eure dans le cadre des dispositifs de soutien qu’elle mettra en place.

C’est grâce à l’assainissement des finances municipales opéré depuis six ans que nous pouvons aujourd’hui financer ces mesures d’urgence, sans avoir à augmenter les impôts. Je vous le dis car c’est important, la crise ne me fera pas changer de cap. Nous poursuivrons à Louviers, au cours du prochain mandat, la baisse des taux d’imposition que nous avons initiée en 2017.

Nous disposons également d’un levier d’action à travers le programme national « Action coeur de ville » dont Louviers fait partie, avec 221 autres villes en France. J’ai proposé au ministre des collectivités locales, Sébastien Lecornu, que ce dispositif soit repensé pour devenir un levier de la relance de l’économie locale. A cet effet, je vais demander au Gouvernement, en l’espèce au ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire, que les collectivités locales soient autorisées à réorienter le FISAC – ce Fonds d'intervention pour la sauvegarde de l'artisanat et du commerce - vers des aides d’urgence aux commerces en difficulté, en particulier dans les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie. Au niveau de notre agglomération, cela représenterait 400 000 euros immédiatement disponibles.

Le soutien au secteur du bâtiment est également stratégique dans la période actuelle et là aussi, je plaiderai auprès de l’Etat pour que les communes du programme « Action Coeur de ville » puissent rapidement bénéficier de dispositifs fiscaux incitatifs au développement de programmes immobiliers répondant aux besoins de notre territoire.

Vous le voyez, beaucoup pourra être fait pour relancer l’économie et soutenir nos entreprises si nous savons faire preuve de pragmatisme et de bon sens pour agir vite, avec souplesse et discernement, en soutenant la commande publique auprès des entreprises de notre territoire.

A cet égard, j’ai bon espoir que la demande formulée avec d’autres maires visant
à relever à 100 000 euros (au lieu de 40 000 euros) le seuil de déclenchement des marchés publics soit acceptée par le Gouvernement dans le cadre des ordonnances en cours d’élaboration.

Accompagnement social et éducatif
Après les mesures d’aides aux entreprises et à l’économie locale, j’en viens à présent au volet relatif à l’accompagnement social et éducatif. Car c’est une évidence, la crise économique va accentuer les inégalités sociales avec des familles entières ou des personnes isolées qui risquent de se trouver confrontées
à des difficultés financières accrues. Le CCAS dispose dans son budget d’une enveloppe dite de secours d’un montant annuel de 40 000 euros pour venir en aide aux plus démunis, notamment quand ils doivent faire face à des problèmes de surendettement pour payer l’eau, l’électricité, la cantine des enfants, le loyer. Cette enveloppe de secours va être déplafonnée afin de pouvoir satisfaire toutes les demandes qui rempliront les critères fixés par la commission d’attribution des aides.

Il nous appartient aussi de protéger les personnes les plus vulnérables qui peuvent être victimes de violences intrafamiliales. Des dispositifs de prise en charge existent à Louviers, en lien avec les services de l’Etat, du département et le réseau associatif : ce travail partenarial ancré dans notre Stratégie municipale de sécurité et de prévention de la délinquance élaborée en 2015 doit être encore renforcé aujourd’hui. C’est pourquoi des hébergements d’urgence de la ville seront le cas échéant mobilisés pour mettre en sécurité les personnes victimes de telles violences ; j’ai échangé sur ce sujet avec l’opposition municipale et nous allons renforcer nos moyens d’information pour éviter que de tels drames ne se produisent et ne se poursuivent dans l’indifférence.

Le Président de la République a annoncé la réouverture progressive des
écoles à partir du 11 mai. Le Gouvernement n’a pas encore précisé les modalités de la reprise des cours. Est-ce que les écoles de Louviers rouvriront toutes en même temps ? La reprise se fera-t-elle à plein temps ou à temps partiel ? Les classes seront-elles dédoublées pour avoir des effectifs réduits ? Je n’ai pas aujourd’hui les réponses à ces questions qui ne relèvent pas de la ville, mais de l’Education nationale.

Ce que je peux vous assurer, c’est que la municipalité prendra bien sûr toutes les mesures permettant de garantir la sécurité sanitaire des élèves, de leurs enseignants et des agents municipaux qui travaillent dans les écoles : Je veux parler de la désinfection des locaux, de la mise à disposition de gel hydro-alcoolique et de savon et aussi de masques si cela était nécessaire.

Depuis le début du confinement, les enseignants ne ménagent pas leurs efforts pour assurer la continuité scolaire et maintenir le lien avec leurs élèves. Je tiens
à les en remercier. Mais malgré leurs efforts, la fermeture physique des écoles est terrible pour le décrochage scolaire en particulier pour les élèves issus des quartiers d’éducation prioritaire. Nous devons les aider à rattraper le retard accumulé pour qu’ils ne soient pas pénalisés pour le restant de leur scolarité. Car on sait à quel point le retard pris dans l’apprentissage des savoirs fondamentaux peut à terme devenir un facteur de discrimination sociale.

C’est pourquoi j’ai proposé à l’inspecteur de l’Education nationale que la ville de Louviers offre cet été des cahiers de vacances aux élèves scolarisés dans le réseau d’éducation prioritaire. Au-delà des cahiers, que nous commanderons, en circuit court, à la librairie de Louviers, nous mettrons en place un dispositif de soutien scolaire, pendant l’été, dans le cadre du Plan de Réussite Educative (PRE).
Enfin sur cette question de la réouverture des écoles, je réunirai l’ensemble des acteurs de la communauté éducative dès que le Gouvernement aura fait connaître les modalités de déconfinement afin de les décliner à Louviers de façon opérationnelle et dans la concertation.

Soutien aux associations
J’en viens enfin, et pour conclure, au 4e volet de ce plan d’action. Il concerne le soutien que la municipalité apporte au secteur associatif, lequel joue un rôle déterminant dans la vie de la cité. La période de confinement est terrible pour les associations qui ont dû suspendre leurs activités et se retrouvent pour certaines confrontées à des difficultés financières pour honorer leurs charges.
La loi d’urgence sanitaire du 23 mars 2020 autorise les maires à prendre des décisions sans avoir à réunir le conseil municipal puisque le contexte ne le permet pas pour le moment. En application de cette loi, j’ai signé hier la décision qui attribue 185 000 euros de subventions à nos clubs sportifs, conformément à la répartition proposée par l’Office municipal des sports. Les comptes bancaires des clubs seront ainsi crédités dans les délais les plus brefs.

S’agissant des associations non sportives qui nous ont retourné leur dossier de demande de subvention, je réunirai dans les prochains jours, sous la forme d’une visio-conférence, la commission consultative d’attribution des subventions aux associations qui comprend des élus de la majorité, de l’opposition et des personnalités qualifiées. Nous serons ainsi en capacité de verser rapidement les subventions accordées.

Je voudrais aussi vous dire un mot plus particulier sur les associations caritatives qui viennent en aide aux plus fragiles : la Croix Rouge, le Secours populaire, les Restos du Coeur, le Secours catholique et l’Armée du Salut. Je vais proposer à leurs responsables de tenir une réunion en audio ou en visio-conférence pour échanger avec eux sur la façon d’adapter au mieux l’aide apportée aux plus démunis. Là aussi, la municipalité sera au rendez-vous si des moyens supplémentaires doivent être accordés à ces associations, sous forme de subventions exceptionnelles.

Comme vous pouvez le constater, le temps n’est pas celui des déclarations d’intention ; il est clairement celui de l’action. Le défi est immense et il faudra du temps pour retrouver une vie normale.
Les équipements recevant du public vont rester fermés après le 11 mai, qu’il s’agisse par exemple du cinéma, du musée, de la piscine, de la patinoire et de nombreux lieux que nous avons hâte de retrouver, comme les cafés et les restaurants.
Les personnes âgées et les plus fragiles vont devoir rester encore confinées un temps certain et nous devons leur apporter toute notre attention et prendre soin d’elles.
En cette période si singulière, il nous faut plus que jamais faire preuve d’humanité, de patience, d’esprit d’entraide et de solidarité. C’est ainsi que nous apprenons, jour après jour, à vivre différemment le temps de vaincre ce virus.
Alors, plutôt que de céder à un pessimisme de raison, je vous propose de faire le choix d’un optimisme de volonté. Car j’en suis certain, ensemble et unis, ce défi, nous le relèverons.

17 avril 2020

Trois réflexions au débotté : les âmes noires, Paris Normandie en liquidation, Suzanne va bien merci…


Le temps des âmes noires
Toutes les périodes troubles suscitent leur lot de bêtise, de rumeurs, de colère, de violence et de délation. En ces temps de confinement abêtissant pour les uns, proscratinateurs pour d’autres et révélateurs à eux-mêmes pour d’autres encore, la panoplie des âmes noires ne manquent pas d’attributs et encore moins de sujets.
Ici «on» dénonce des jeunes ados un peu bruyants, là «on» alerte la gendarmerie pour un barbecue en famille, là encore «on» téléphone au 17 en espérant demeurer discrets pour mettre en cause une heure dépassée ou un rassemblement suspect. Alors même que les techniques permettent à tous les coups de connaître les correspondants.
Il est évident que face au dévouement permanent de tous les personnels soignants, le travail continu des transporteurs routiers ou des hôtesses de caisses qui, sans en avoir l’air assument aussi le risque de devenir malades du coronavirus, ces âmes noires d’une France obscure ne pèsent pas bien lourd.
Il n’empêche. La jalousie, la haine, l’envie, tous sentiments mêlés de frustration et de désir de vengeance, forment un maelstrom peu ragoutant. La France de 39-45 a  évidemment connu des épisodes aussi lamentables que mortels pour certaines familles juives décimées. «On» n’en est heureusement pas là et certains jugeront ma comparaison obscène. Ils auront en partie raison.
Tout de même, ce que je souhaite évoquer c’est ce penchant humain, ce trait lourd de conséquences plus durables qu’on ne le croit que forme cette France peureuse, rabougrie, nationaliste (et pas patriote) souverainiste (et pas ouverte au monde) dangereuse pour nos libertés, nos actes du quotidien, notre art de vivre à la Française. Méfions nous des Trump, des Bolsonaro, des Modo, des Orban, des Xi jinping, des Le Pen, tous dirigeants (passés, actuels ou futurs) de pays sans liberté de penser et donc sans liberté de la presse. Ils nous préparent un monde terriblement invivable. Le virus du totalitarisme, lui, ne porte pas de masque. Au fait en 2019 près de 50 journalistes ont trouvé la mort en faisant leur métier. Ne les oublions pas.

Paris-Normandie en liquidation judiciaire…
Justement, la presse ? Parlons-en. J’apprends que les dirigeants de Paris Normandie ont sollicité du tribunal de commerce de Rouen la liquidation judiciaire de l’entreprise de presse éditrice du quotidien régional. Au fil du temps et surtout après la reprise de PN par Robert Hersant, en 1977, les fines plumes spécialisées du quotidien de Pierre René Wolf, repreneur du journal après la guerre, ont quitté le navire devenu un canard sans tête…et sans jeu de mot. Paris Normandie a été un quotidien très important, non seulement dans la vie normande mais également à Paris où une rédaction spécialisée relatait les événements nationaux et mondiaux. Je pense ainsi à tous mes confrères ébroïciens, Lovériens, vernonnais, rouennais, les Pierre Joly, Pierre Lepape,  Léonce Moutardier, Jean-François Baudu, Claude Virlouvet, Pierre Bigot, Didier Bureau, sans oublier les chroniqueurs sportifs grâce auxquels j’ai débuté dans le métier.
A lire les noms on voit peu celui de femmes. A cette époque, les rédactions étaient majoritairement masculines. Les temps ont heureusement changé. Aujourd’hui, on compte dans les quotidiens nationaux ou régionaux, les agences de presse, les hebdomadaires (je n’oublie pas La Dépêche bien sûr) un grand nombre de journalistes professionnel(le)s issues des écoles ou formé(e)s sur le tas, à l’école de la vie. Un mélange des genres et des styles.

Prenons des nouvelles des ami(e)s
Suzanne va bien…
On est confiné, certes, mais pas sans moyens de communication. Ce bon vieux téléphone fixe a beau être délaissé, nous avons en mains des outils informatiques formidables. Ils nous relient à nos voisins, nos amis, et au monde entier. On aurait tort de ne pas prendre de nouvelles de personnes que l’on estime, que l’on admire, ou que l’on aime. Il paraît que si les images et les vidéos ont du succès, elles ne diront jamais autant que la parole autrement dit la voix. La voix dit tout de nous. Elle exprime nos craintes, nos angoisses mais aussi le bonheur que nous apportent les beaux et bons messagers : acteurs, comédiens, poètes, écrivains, parents, frères, sœurs et tout ceux et celles qui comptent pour nous. Ecoutons donc avec encore plus d’attention — on a le temps n’est-ce pas ?— les voix de ceux et celles à qui l’on pense de manière à entretenir cette musique éloquente qui ne s’éteindra qu’à notre dernier jour, comme le fut aujourd’hui pour le chanteur Christophe ce 17 avril victime du Covid 19 même si sa famille parle de problèmes pulmonaires sans citer le nom de ce satané virus.
Ainsi, cet après-midi, j’ai décidé d’appeler Suzanne Lipinska pour prendre des nouvelles de sa santé et aussi de l’énergie qu’elle a emmagasinée pendant des décennies pour faire de son Moulin d’Andé un lieu irremplaçable, inusable, intemporel. Suzanne a atteint un âge respectable, elle appartient à la catégorie des personnes fragiles mais sa volonté de vivre et surtout de partager l’a toujours emporté sur la tristesse de voir ses amours et ses amis partir avant elle ce qu’elle ne doit pas déplorer puisque nous sommes des centaines, des milliers peut-être, à tenir à sa présence et à son histoire, un peu la nôtre aussi. Suzanne va bien, n'est-ce pas l'essentiel…