23 février 2020

Michel Charasse avait inauguré l'école Coluche de Val-de-Reuil en 1989


Michel Charasse répond aux journalistes. ©JCH
Michel Charasse, l’ancien ministre du budget de François Mitterrand, n’était pas ma tasse de thé. Je n’aimais pas le côté arrogant, agressif du personnage doté d’une forme d’humour ravageur même si je dois reconnaître qu’il a compté dans le paysage politique français, son engagement socialiste virant au sarkozysme sur la fin de sa vie. L’ancien président de la République l’avait d’ailleurs remercié en le nommant au Conseil constitutionnel où il siégea pendant neuf années.
A l’invitation de Bernard Amsalem, ancien maire de Val-de-Reuil, Michel Charasse connu pour ses saillies décapantes et iconoclastes, était venu dans la ville nouvelle en février 1989 pour inaugurer l’école Coluche du nom de notre regretté conteur, acteur, homme de radio, de facéties disparu en 1986 dans un accident. Il nous manque d’ailleurs terriblement aujourd’hui.
A cette occasion, le maire avait offert une paire de bretelles au ministre du budget, des bretelles qui aidaient à tenir la salopette du célèbre humoriste d’ailleurs visibles sur la statue installée au milieu du préau de l’école.
Michel Charasse est décédé cette semaine. On peut être sûr qu’il n’y aura pas de cérémonie religieuse à l’occasion de ses obsèques lui qui refusait d’entrer dans les églises, même le jour de la cérémonie organisée lors du décès de François Mitterrand.

20 février 2020

La mort de Jean Daniel : le fondateur du Nouvel Observateur fut un grand « mendésiste »


Jean Daniel avec Jack Lang.© JCH
Nous qui avons été nourris au lait du Nouvel Observateur, sommes en deuil. La mort de Jean Daniel, son directeur pendant des décennies, marque la fin du règne d’une forme de journalisme intelligente, engagée, un journalisme n’ayant rien à voir avec le sensationnalisme, le voyeurisme ou encore le vide de la pensée. Avec Jean Daniel, c’était du lourd. La rédaction comprenait des hommes et femmes de presse écrivains, intellectuels, politiques dans le meilleur sens du terme, capables de nourrir la réflexion contemporaine et de participer aux choix de société dans ce qu’ils avaient de plus avancés sur leur temps. Qu’il s’agisse de l’avortement, du droit des homosexuels, de la liberté de conscience, Jean Daniel se tint toujours du bon côté de la barrière encourageant l’émancipation des opprimés et le mouvement de libération des femmes comme celui des mœurs.
Dans toute sa carrière Jean Daniel eut d’abord à choisir Pierre Mendès France. Il le soutint de toute son âme et de toute sa conviction. Il est d’ailleurs resté membre de l’Institut Mendès France jusqu’à très récemment, la maladie et le grand âge l’empêchant de fréquenter les colloques et conférences organisés autour de l’action de l’ancien Président du Conseil. Chez PMF, Jean Daniel trouvait matière à croire en l’homme et en l’efficacité gouvernementale construite sur des valeurs : le parlementarisme, le dialogue avec le citoyen. Cela explique que ses rapports avec le général De Gaulle furent plus conflictuels qu’amicaux, le directeur du Nouvel Obs n’ayant jamais admis que la prise de pouvoir du général se fît sous la menace d’une guerre civile et sur l'avenir de l’Algérie, ce pays qui l’avait vu naître ! Plus tard, il accompagna François Mitterrand dans sa marche vers l’Elysée tout en reconnaissant les limites de ses encouragements et de son implication. Il ne fit pourtant jamais défaut à la Gauche qui ne lui a pas toujours reconnu suffisamment ses mérites.
Au plan international Jean Daniel fut sur tous les fronts. Et notamment au Moyen Orient où il fit ce qu’il put pour encourager le dialogue entre Israéliens et Palestiniens. La situation de guerre permanente le désolait comme le désolait le relatif échec des printemps arabes lui qui connaissait le Maghreb sur le bout des ongles. Qu'il s'agisse de l'empire français ou des empires coloniaux étrangers, Jean Daniel demeurait favorable à l'autodétermination et à l'indépendance. Sur l'Algérie il assuma crânement ses différences avec Albert Camus, né dans ce pays comme lui.
Mort à l’aube de ses cent ans, Jean Daniel laissera une trace plus qu’essentielle dans le paysage intellectuel du 20e siècle. Ses livres, ses articles, ses éditos…autant de témoignages de son talent et de son engagement jusqu’à son dernier jour.

17 février 2020

La liste « Louviers au cœur » de François-Xavier Priollaud dévoilée publiquement

Les candidats de la liste Priollaud devant la permanence de la rue du Matrey. © Jean-Charles Houel

Après la présentation des programmes, il était grand temps pour les têtes de listes aux élections municipales de présenter leurs colistiers. Après Philippe Brun et Diego Ortega, François-Xavier Priollaud avait donc invité la presse, ce lundi, pour faire connaître les noms des candidats qui continuent, ceux qui partent et ceux qui arrivent. A lire avec attention les noms des 33 déclarés officiellement en préfecture, il n’y a pas de surprise. Le maire garde auprès de lui ceux et celles qui, à la mairie ou à l’agglomération, ont fait preuve de loyauté et d’engagement.
La surprise, si surprise il y a, vient de la volonté du maire sortant de gommer les étiquettes des cinq ou six « qui appartiennent à un parti ou un mouvement. » La liberté guidant le peuple serait le totem rassemblant des volontés et des citoyen(e)s séduit(e)s par les réalisations du mandat passé. D’ailleurs, pas une fausse note ou dérapage dans les déclarations bien huilées des impétrants très reconnaissants d’avoir été choisis parmi les 134 postulants (selon le maire) à une candidature municipale sur la liste favorite dans la mesure où les sortants ont toujours un avantage : ils sont dans la place. Les têtes de liste demeurent les valeurs sures de la municipalité sortante : Anne Terlez, Jacky Bidault, Daniel Jubert, Caroline Rouzée…les jeunes pousses devront faire leurs preuves.

Louviers ayant plus de 3500 habitants, il appartiendra au préfet de l’Eure de classer politiquement la liste conduite par M. Priollaud. Centre-droit (MODEM) ? Droite (avec des candidats LR) ? Majorité présidentielle (deux adjoints appartiennent à LAREM) ? Ou divers centre si tant est que cette étiquette provisoire existe dans le panel. Il ne faudra retenir que, localement, seuls comptent « le sérieux et la compétence », « qu’une idée est bonne ou mauvaise » que « ma candidature (FXP parle) aux législatives de 2017 a été une erreur ». On ne l’y reprendra plus puisque M. Priollaud se sent bien comme élu, comme administrateur de l’Assemblée nationale et bien dans sa famille. Il ne faut pas chercher ailleurs le climat apaisé qui permet à la campagne d’être de bonne tenue malgré quelques fake-news à recenser (forcément) chez les opposants. S’agissant des noms de quelques nouvelles têtes, je retiendrai ceux de Chantal Letourneur, entrée en politique sous Odile Proust et en retraite depuis le 1er janvier 2020, et de Mikayil Tokdemir (candidat sur la liste Renoncourt en 2008) directeur de la maison de l’Europe de l’Eure.

La ville de Louviers disposant de 15 délégués au sein de l’agglomération, M. Priollaud suggère qu’en cas de victoire, les 13 premiers de liste seraient élus. Les lecteurs de ce billet constateront que les candidats jusqu’à Gaetan Bazire seraient ceux et celles qui rejoindraient les représentants des dizaines de communes de la CASE. Enfin, a assuré FX Priollaud, il n’y aura aucune fusion de listes entre les deux tours. Les candidats du 22 mars de « Louviers au cœur » seront les mêmes que ceux et celles du 15. Qu’on se le dise.

La liste Louviers au cœur


1.     François-Xavier PRIOLLAUD, 44 ans, maire de Louviers
2.     Anne TERLEZ, 46 ans, Ergothérapeute, 1ère adjointe au maire
3.     Jacky BIDAULT, 71 ans, Lt. Colonel de Sapeurs-Pompiers (ER)
4.     Marie-Dominique PERCHET, 69 ans, formatrice retraitée
5.     José PIRES, 61 ans, chef d’entreprise
6.     Caroline ROUZEE, 46 ans, notaire
7.     Jean-Pierre DUVERE, 68 ans, météorologiste-océanographe
8.     Sylvie LANGEARD, 62 ans, ancienne avocate
9.     Daniel JUBERT, 72 ans, conseiller départemental, vice-président d’Eure Numérique
10.  Hafidha OUADAH, 43 ans, vice-présidente du Conseil départemental de l’Eure
11.  Charles SAVY, 30 ans, expert-comptable diplômé
12.  Maryline GODNAIR, 39 ans, cadre à la chambre d’agriculture de Normandie
13.  Gaëtan BAZIRE, 44 ans, superviseur péage
14.  Céline LEMAN, 46 ans, pharmacienne
15.  Jean-Louis BAUCHARD, 65 ans, retraité des services de l’automobile
16.  Chantal LETOURNEUR, 63 ans, retraitée de la fonction publique territoriale
17.  Mikayil TOKDEMIR, 31 ans, directeur de la Maison de l’Europe de l’Eure
18.  Sylvie KOUYOUMDJIAN, 61 ans, cadre retraitée
19.  Olivier NIEL, 38 ans, entrepreneur
20.  Ghislaine VANDAMME, 59 ans, manager qualité
21.  Daniel GERMAIN, 62 ans, cadre retraité de la fonction publique
22.  Claudine DESLANDRES, 56 ans, coach professionnelle
23.  Christian WUILQUE, 66 ans, ancien cadre dirigeant
24.  Séverine POULLAIN, 43 ans, collaboratrice comptable
25.  Didier JUHEL, 67 ans, commerçant
26.  Elodie DUCASTEL, 36 ans, commerçante
27.  Christophe GAUTIER, 36 ans, chef d’entreprise
28.  Laurence CRENN, 63 ans, retraitée du secteur immobilier
29.  Marc RIVET, 24 ans, étudiant
30.  France MAILLOT, 47 ans, décoratrice d’intérieur
31.  Pascal FERRY, 61 ans, agent commercial
32.  Catherine LERAT, 48 ans, directrice de centre de formation
33.  Alain LOYER, 72 ans, président de société

Après le retrait de Benjamin Griveaux : le viol de l'intimité doit être sévèrement sanctionné


Les mésaventures de Benjamin Griveaux suscitent maints commentaires souvent contradictoires. L’ancien chef de file de LAREM à Paris aurait, selon les uns, fait preuve de légèreté voire d’irresponsabilité en adressant à une amie (?) une vidéo de lui en train de se masturber. Il était ministre, en voyage en Bretagne en 2018 et ses pensées étaient ailleurs. D’autres, dont son avocat, Richard Malka et Henri Leclerc, président d’honneur de la Ligue des Droits de l’homme assurent que l’acte commis par le provocateur Russe, Piotr Pavlenski, lequel a diffusé la vidéo (1), est une atteinte intolérable à l’intimité et à la liberté individuelle. Un délit qui mérite d’être sévèrement sanctionné.

Je soutiens totalement cette version de l’histoire. On commet tellement de crimes et de délits au nom de la transparence et la soi-disant pureté ! Et les réseaux sociaux alimentés par les haines, les violences, les anonymats, les désirs de vengeance et de jalousie, favorisent les écarts les plus inadmissibles. En l’occurrence, Benjamin Griveaux n’utilisait pas un réseau social. Il avait pris soin d’emprunter une ligne cryptée faisant confiance à quelqu’un qu’il croyait être, sinon une amie, du moins une proche suffisamment avertie pour se croire dans une relation secrète. Bien des livres ont été écrits sur la propension des hommes à photographier, promouvoir, encenser leur pénis. Il faut croire que les hommes de pouvoir sont avant tout des hommes et que certains d’entre eux ont du mal à ne pas exprimer cette puissance sans passer par le sexe. Ce n’est ni une pathologie, ni une perversion contrairement à ce que racontent certain(e)s politiques dont les portables mériteraient qu’on aille y voir de plus près, ce que personne — je l’avoue — ne devra faire justement au nom de l’intimité des conversations privées.

Il se trouve que cette amie n’en était pas une. Et que, devenue l’amante de Piotr Pavlenski, elle a cédé à la facilité en infraction avec toutes les lois écrites et non écrites qui font de l’acte intime une inviolabilité absolue. En rompant ce pacte humain et basique, la jeune femme a créé un scandale dont elle devra répondre devant les tribunaux (à l’instant où j’écris ces lignes, elle est encore en garde à vue) puisque la loi sanctionne toute publicité liée à la vie sexuelle de chacun et de chacune sans avoir obtenu son accord. 

Pavlenski est un habitué des démonstrations border line. A priori Anti Poutine, il a dû quitter la Russie et a réussi à obtenir le statut de réfugié dans notre pays où il s’est empressé de mettre le feu aux portes d’une succursale de la Banque de France, symbole du capitalisme, selon lui. Jouit-il de protections particulières ? Dispose-t-il d’un statut dont les contraintes sont peu claires ? Gageons que l’enquête en cours, judiciaire et journalistique, va nous permettre d’en savoir plus.

Pensons enfin un instant à Benjamin Griveaux pour lequel je n’ai pas de sympathie particulière. Devait-il céder à la provocation ? A-t-il eu raison de se retirer du combat parisien ? Le mois de campagne à venir aurait-il été pollué par un acte humain (trop humain ?) que tout un chacun un tant soit peu éclairé s’accorde à minimiser ? La réponse lui appartenait. Il a jeté l’éponge. Souhaitons qu’il s’en remette vite.
(1) D'autres personnes ont relayé la vidéo. Elles devront également répondre de leur acte.

16 février 2020

Le combat contre les violences faites aux femmes s'affiche sur les murs de Rouen



Pour lutter contre les féminicides et les violences faites aux femmes, des groupes de militantes composées essentiellement de jeunes femmes, ont décidé de se livrer à une immense campagne d’affichage dans les principales villes de France. Reprenant des slogans devenus populaires, les messages émis visent à faire prendre conscience à tout un chacun de la réalité d’un fléau qui, s’il ne date pas d’hier, fait partie des combats à mener pour une société plus égalitaire et plus équilibrée.
Ainsi, à Rouen, les murs de la ville ont vu fleurir des messages sans ambiguïté le jour même de la Saint-Valentin, comme pour signifier aux passants la nécessité de participer à la lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes qu’il s’agisse des salaires, du respect dû aux personnes et des droits égaux pour chaque sexe.

15 février 2020

La liste de Diego Ortega est publiée : « Nouveauté, diversité, compétence et implantation »


Diego Ortega.©JCH
Diego Ortega, tête de la liste Louviers ensemble demain, autre liste de gauche en lice pour les municipales de Louviers de mars prochain, a l’art de la communication. On n’a pas été directeur de cabinet d’un ancien maire de Louviers devenu président de la communauté d’agglomération Seine-Eure sans posséder de réelles qualités d’ouverture et de mise en scène. Même s’il s’agissait d’un numéro de soliste, Diego Ortega l’a joué avec la connaissance du dossier, la compétence acquise et l’espoir qui anime chaque candidat avant le jour de l’examen.
Réunis dans un café-restaurant de la rue du quai, face au jardin de Bigards, les colistiers de Diego Ortega se sont montrés à la fois ravis de cet éclairage médiatique et surtout étonnés du récit subjectif visant à les décrire à un public qui aspire à mieux les connaître. Si pour certains, le passé et l’expérience acquise rappellent certains bons souvenirs, d’autres, jeunes et nouveaux, doivent encore apprendre, l’engagement sur une liste n’étant pas synonyme de long fleuve tranquille.

Quatre grands mots résument cette liste : « Nouveauté, compétence, diversité, implantation ». La compétence est évidente quand Diego Ortega appelle auprès de lui Sabine Anquetin-Ranger, Philippe Giroux ou Fabrice Le Moal. L’implantation est réelle quand il cite le nom de Lovériens de longue date ou de militants comme Olivier Taconet ou Pascal Hébert. La diversité révèle des âges, des origines, des métiers et des quartiers et l’éventail se montre large. La nouveauté réside sans doute dans le classement des candidats, les 10 premiers (sauf la tête de liste) n’ayant jamais eu d’activités politiques publiques en tout cas. Ce sera l’ossature de la liste en cas de victoire, certes, d’union avant le 22 mars, sans doute, ou de défaite car une opposition — si elle vient — nécessite du courage, de l’abnégation et un certain talent. Le point commun de l’ensemble de la liste est évidemment l’intérêt pour la chose publique et la volonté de réaliser un programme maintenant mieux connu.
Le journaliste de La Dépêche présent à mes côtés a posé les bonnes questions à Diego Ortega : Comment se situe cette liste par rapport à Franck Martin et lui-même (si on le sait) se situe comment par rapport à la liste ? Question délicate puisque tous les efforts de Diego Ortega, du moins au début de la campagne, ont visé à marginaliser cette question. Si l’ancien maire conserve des soutiens assurés, son dernier mandat a laissé des traces ainsi que sa participation épisodique-chaotique aux réunions de conseil municipal. Son rapprochement avec LAREM ne facilite pas les affinités. Diego Ortega a deux réponses : on trouve d’anciens colistiers de Franck Martin sur toutes les listes (sauf le RN bien sûr) l’ancien maire ne vit plus dans la région et donc n’habite plus à Louviers. On ne se situe pas par rapport à un fantôme : « on ne doit rien renier de ce qui a été fait pour les Lovériens, assure Diego Ortega, mais on doit avant tout se tourner vers l’avenir. »Autre question : le second tour. La tête de liste est claire : « les résultats du premier tour établiront les rapports de force à gauche. Le premier dirigera la liste de second tour. C’est sans équivoque. » Diégo Ortega pense à Philippe Brun, bien sûr, mais aussi à Hacen Mohamedi. Celui-ci a pourtant affirmé qu’il ne ferait aucune union au second tour…jusqu’à lire les résultats du premier ? 
José Alcala qui connaît bien Louviers s'est inquiété du sort de la présidence de l'agglomération. Les discussions à gauche ne sont pas encore ouvertes. Syons patients.
Cerise sur le gâteau, Diego Ortega a présenté deux anciens (ils ne m’en voudront pas de les classer comme tel(e)s) qui soutiennent la liste de leurs qualités et de leur notoriété. Il s’agit de Patrice Yung, élu pour la première fois en 1976 (équipe Fromentin) et de Véronique Jeanne-Tellier, colistière de Franck Martin dès 1995. Les symboles, cela compte aussi.

La liste Louviers ensemble demain

11 février 2020

Dans l'armoire aux souvenirs : Georges Marchais à Evreux en l'honneur de Pierre Semard

Le 7 mars 1942, Pierre Semard, ancien secrétaire général du Parti communiste français, syndicaliste militant, était fusillé par les nazis dans la prison d'Evreux. Une rue de cette ville porte d'ailleurs son nom. La photo que je publie a été prise dans les années quatre-vingt. Georges Marchais, alors secrétaire général du PCF, a été invité par les dirigeants communistes de l'Eure à venir à Evreux pour honorer la mémoire de Pierre Semard. 
Sur la photo on reconnaît Rolland Plaisance, alors maire de la ville, Roland Leroy, député de Seine-Maritime et directeur du journal l'Humanité et sur la gauche de M. Plaisance les observateurs attentifs reconnaîtront Francis Courel alors membre du PCF et toujours élu au conseil départemental où il représente l'un des cantons de notre département.
Quand je saisis cette photo, Georges Marchais me fixe droit dans les yeux. Il a un sourire amusé tandis que les responsables de la fédération du PCF lèvent leur verre à sa santé.

10 février 2020

Du jazz au café de la Poste de Muids le 22 février


On dirait du Benny Goodman… (DR)
Le café de la Poste 5 rue Nationale à Muids, organise le samedi 22 février à partir de 19 heures, le « 37e rendez-vous chez Jeannette » cabaret jazz quartet wind of swing. Buffet spectacle (1)
Ils sont quatre, dingos de Django, dingues de swing, swing manouche et swing Dixie, jubilant en fous de jazz dans des apothéoses de rythmes et de vibrations qui nous emportent de bossa nova en Be Bop et de blues en ragtime. Benoît et Philippe aux guitares, Jean-Yves à la contrebasse et Antoine au Saxo annoncent le jazz du nouveau monde. Entrée libre.

(1) Chacun apporte un plat, salé ou sucré, et on partage. Les consommations sont à commander au bar.







I

9 février 2020

« J'avais 10 ans et je ne savais pas où aller ». Larissa Cain raconte ses souvenirs du ghetto de Varsovie


Larissa Cain et Claude Cornu. ©JCH
La destruction des juifs d’Europe fut un des pires moments de l’histoire humaine. Jamais une politique, un gouvernement, une armée, une industrie, ne se mirent à ce point à l’unisson pour faire disparaître de notre continent des hommes, des femmes, des enfants de tous âges et de toutes conditions uniquement parce qu’ils étaient juifs.
Dès 1933 et la prise pouvoir d’Hitler en Allemagne, les juifs étaient en danger. Le livre écrit par Hitler « Mein Kampf »  dans les années vingt annonçait la douleur. L’ennemi juré serait le juif qu’il faudrait exterminer !
Larrisa Cain, invitée ce samedi par la société d’études diverses de Louviers, jeune juive du ghetto de Varsovie, demeure un témoin survivant de ces années noires. A l’occasion du 75e anniversaire de la libération des camps, Jean-Pierre Binay et Claude Cornu souhaitaient inscrire au calendrier un événement relatif à cette période. Ils ont été entendus puisque la salle Pierre Mendès France s’est avérée bien exiguë pour accueillir le public intéressé par le témoignage de Mme Cain. Un témoignage émouvant, parsemé d’anecdotes et de souvenirs encore très présents dans sa mémoire et écoutés dans un silence religieux par les dizaines de Lovériens (ou non) intéressés.
« J’avais 10 ans quand on m’a extrait du ghetto et je ne savais pas où aller. » Perte des parents, perte de repères, souffrances physiques (la faim) psychologiques, affectives, Larissa Cain raconte comment « la chance » qui l’a accompagnée a fait d’elle une femme debout, auteure de plusieurs livres. Comment elle a trouvé en la France sa nouvelle patrie, sa nouvelle langue et son nouvel avenir. Au passage elle aura été accueillie par des Polonais courageux risquant la mort pour oser abriter des juifs et des juives et devenus des « justes parmi les nations » avec leur nom inscrit sur le monument de Yad Vashem (1) en Israël. Grâce à Internet, une famille polonaise a même retrouvé la trace de Larissa Cain. Avec émotion, elle raconte comment, aujourd’hui encore, elle fréquente cette famille devenue « sa famille polonaise. »
Mon but n’est pas de revenir en détail sur l’histoire du ghetto de Varsovie. Sachons qu’il se composait de deux quartiers, peuplés de 400 000 personnes, où la faim, la terreur, la mort régnaient en maîtres. Ici comme ailleurs dans le gouvernement général (2), les Nazis voulaient faire disparaître toute trace de la race dite inférieure. En avril 1943, à la suite d’un patient travail de collecte et une organisation secrète, des armes sont entrées dans le ghetto permettant une insurrection — vouée à l’échec contre des forces bien supérieures — mais qui dura tout de même 27 jours et permit à quelques dizaines de combattants de fuir (par les égouts notamment) et de continuer le combat dans la résistance. L’autre insurrection à Varsovie eut lieu en août 1944. Elle fut l’œuvre de cette résistance polonaise qui crut, naïvement, à l’assistance de l’armée soviétique laquelle n’avança pas d’un mètre pour lui venir en aide.
Bien des questions ont été posées à Mme Larissa Cain. Elle y répondit méthodiquement faisant de cette conférence un moment privilégié pour celles et ceux qui ont eu le bonheur de partager cet intense moment d’une mémoire dont on souhaite que la flamme brûle encore très longtemps.
(1)  Mémorial vivant du peuple juif en souvenir de la Shoah, Yad Vashem œuvre à préserver la mémoire du passé et à lui donner un sens pour les générations à venir.
(2)  La Pologne a été divisée en trois dès 1939. La partie orientale pour les soviétiques, la partie occidentale pour les Allemands, la partie centrale étant appelée Gouvernement général de Pologne (en allemand : Generalgouvernement Polen, Generalna Gubernia pour les Polonais) une entité administrative mise en place sur une partie du territoire, contrôlée – mais non incorporée – par le Troisième Reich selon le décret signé par Hitler le 12 octobre 1939.

7 février 2020

La liste « Changer Louviers » s'est présentée publiquement : elle est emmenée par Philippe Brun


Changer Louviers. La liste s'est présentée à la presse et aux Lovériens.
Voici la composition de la liste "Changer Louviers" annoncée ce soir au cours d'une conférence de presse. La moyenne d'âge de la liste est de 48 ans (la moyenne d'âge des électeurs lovériens inscrits est de 51 ans). Sur les 33 colistiers, 27, dont la tête de liste, n'appartiennent à aucun parti politique. Chacun des quartiers de Louviers est représenté. Nous y reviendrons dans un prochain billet.

Changer Louviers

Liste citoyenne de rassemblement de la gauche et des écologistes, soutenue par Europe écologie - Les Verts, La France Insoumise, Place publique, le Parti communiste français, Génération.s et le Parti animaliste.

1. Philippe Brun, 28 ans, juge
2. Ingrid Levavasseur, 32 ans, aide-soignante
3. Alexis Fraisse, 43 ans, ingénieur
4. Corinne Fournier, 55 ans, adjoint technique
5. Bruno Gallier, 66 ans, ancien directeur d'école
6. Sandrine Manso, 40 ans, assistante maternelle
7. Guillaume Vandevoorde, 65 ans, artisan ébéniste
8. Capucine Natier, 33 ans, employée dans le secteur de l'édition
9. Smaïl Chibane, 56 ans, ancien collaborateur parlementaire, en création d'entreprise
10. Nolwenn Leostic, 32 ans, cadre public
11. Sylvain Thomas, 51 ans, ancien ouvrier
12. Julie Raux, 42 ans, commerçante
13. Philippe Danois, 41 ans, ingénieur
14. Catherine Bonnein, 60 ans, infirmière anesthésiste retraitée, réfléxologue
15. Claude Duflo, 70 ans, ancien dirigeant d'une coopérative ouvrière
16. Claudine Duteuil, 67 ans, retraitée du secteur mutualiste
17. Djamel Benouis, 49 ans, cadre hospitalier
18. Nathalie Van Hoorne, 53 ans, praticienne bien-être
19. William Prud'homme, 58 ans, ouvrier intérimaire
20. Annaick Caillebot, 55 ans, cadre du secteur social
21. Thomas Blanchard, 22 ans, militant associatif
22. Kim Deshayes, 46 ans, cadre du secteur privé
23. Yohann Delarue, 39 ans, agent hospitalier
24. Caroline Joly, 50 ans, cadre commerciale
25. Jean-Yves Le Patezour, 50 ans, chef d'entreprise
26. Corine Peignien, 51 ans, professeure des écoles
27. Yann Langlois, 45 ans, musicien
28. Amandine Cahon, 33 ans, factrice
29. Mohammed El Akrouch, 44 ans, président d'association
30. Delphine Caillière-Harlé, 48 ans, assistante maternelle
31. Tom Bénard, 56 ans, artiste peintre, musicien
32. Marie-Thérèse Bellevin, 79 ans, militante associative
33. Gérard Dutheil, 58 ans, cardiologue

30 janvier 2020

Dans l'armoire aux souvenirs : Régis Roinsard et le cinéma EDEN


 
Le cinéma Eden avant sa démolition. ©Jean-Charles Houel
Dans La Dépêche (1) de ce jour, Régis Roinsard, réalisateur originaire de Louviers, à l’affiche avec son nouveau film « Les traducteurs » répond aux questions d’un journaliste de l’hebdomadaire. Il évoque le passé et sa découverte des films notamment en assistant à leur diffusion au cinéma EDEN situé sur la place Ernest Thorel. L’EDEN était l’une des deux salles de cinéma de Louviers, l’autre étant le « Normandie » situé rue du 11 novembre. Ce dernier devint supermarché avant de tomber dans les mains du regretté Alain Foubert, grossiste en produits métalliques. Avec le temps la salle fut détruite.
Revenons à l’Eden. Cette salle servait évidemment de salle de cinéma pour des usages multiples qu’il s’agisse de projections commerciales ou de séances organisées au bénéfice des scolaires. J’ai moi-même assisté à des conférences filmées données par les frères Mahuzier, par exemple, qui nous faisaient découvrir l’Afrique, sa faune sauvage et sa flore. A l’Eden on donna aussi du théâtre, dans des conditions précaires mais tout de même. Enfin, lorsque Pierre Burel est devenu directeur de l’école de musique (le Dr Ernest Martin étant maire) plusieurs concerts symphoniques avec l’orchestre de l’Opéra de Rouen ont attiré un public nombreux d’autant que l’entrée était libre.
Régis Roinsard lira la photo d’archives publiée ci-dessus avec une pointe de nostalgie tout comme l’éprouveront les Lovériens d’un certain âge qui n’en finissent pas de dire merci à Henri Fromentin, ancien maire, qui contribué à créer les cinémas Forum toujours très fréquentés.
(1) Je salue le geste de la rédaction de La Dépêche de Louviers qui aujourd'hui, publie une photo et un texte sortis de mon armoire aux souvenirs. Les journalistes ont eu l'élégance de respecter l'intégralité des informations publiées sur ce blog.

28 janvier 2020

« Une enfance au ghetto de Varsovie » par Larissa Cain et la SED de Louviers le 8 février prochain


Larissa Cain.
La prochaine conférence de la Société d’Études Diverses aura lieu le samedi 8
février, à 16 heures, dans la salle Pierre Mendès France, à l’Hôtel de Ville de Louviers. En cette année 2020, qui marque le 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la libération des camps, nous sommes heureux et honorés d’accueillir Mme Larissa Cain. Elle est, en effet, une rescapée du ghetto de Varsovie, dont elle a pu s’évader en décembre 1942. C’est cette période tragique, à laquelle elle a consacré plusieurs ouvrages, qu’elle évoquera au cours de sa conférence : « Une enfance au ghetto de Varsovie ».

En octobre 1940 les Allemands, qui occupent la Pologne, décident de transplanter tous les juifs de Varsovie dans le ghetto : 138 000 juifs vont vivre confinés dans cet espace, clos par un mur d’enceinte. En juillet 1942, commencent les déportations vers le camp d’extermination de Treblinka. Mais les Allemands, contre toute attente, vont se heurter à un soulèvement du ghetto : durant un mois, d’avril à mai 1943, un millier d’insurgés vont s’opposer, malgré le déséquilibre des forces, à une armée équipée de tanks et de lance-flammes. Très peu parviendront à échapper à l’arrestation et à la mort. Larissa Cain a vécu ces années tragiques : « Je suis née en Pologne, dit-elle. La guerre nous a surpris, mes parents et moi, à Varsovie. Nous avons subi les persécutions de l’occupant allemand, comme l’imposition du signe distinctif. La seconde étape fut l’enfermement dans le ghetto, puis en 1942 la déportation. j’ai pu m’évader du ghetto en décembre 1942 et j’ai vagabondé d’un endroit à un autre, où ceux qui m’abritaient risquaient la mort. L’après-guerre a été très difficile sans parents » Arrivée en France, Larissa Cain a pu faire des études et est devenue chirurgien-dentiste. Elle est aussi devenue écrivain pour témoigner de la période de la guerre et évoquer les disparus.

Remarquable Robert Badinter…


Robert Badinter invité spécial de C à vous, hier.
La commémoration du 75e anniversaire de la libération des camps de la mort dont celui de Auschwitz Birkenau, a été l’occasion pour le Président de la République de redéfinir les notions de sionisme et d’antisémitisme. Alors même que, dans notre pays, les actes racistes et notamment antisémites augmentent année après année, alors même que 84 % des jeunes juifs considèrent qu’ils sont susceptibles d’être victimes d’actes antisémites, rien n’y fait. L’antisémitisme prospère et s’appuie toujours sur les mêmes raisons : le racisme basique et haineux le plus souvent irrationnel, le racisme construit sous les prétextes les plus fallacieux (économiques notamment), le racisme culturel encore faisant des artistes, des intellectuels, des cadres de religion juive des boucs émissaires historiques.
Qu’on ne se méprenne pas. Ce racisme antisémite, aussi injuste et incompréhensible qu’il soit, ne doit pas empêcher les observateurs et les citoyens intéressés par la marche du monde de critiquer le gouvernement israélien ou ses soutiens américains, notamment, à l’œuvre contre la création d’un état palestinien ou favorables à l’expansion territoriale d’Israël en contradiction avec les décisions de l’ONU. 
Les Israéliens ont le droit de vivre dans un état sûr, aux frontières reconnues, mais les Palestiniens aussi doivent avoir accès à un territoire et une patrie d’où la constitution d’un état identifié comme tel. Le plan Trump annoncé aujourd’hui ne peut pas être accepté par les Palestiniens. Il entérine Jérusalem comme capitale d’Israël, confirme l’annexion du plateau du Golan et justifie l’annexion de territoires sur lesquelles sont implantées les colonies pourtant interdites par les lois internationales.
Le mur des noms à Paris. ©Jean-Charles Houel
Hier soir, dans l’émission C à vous, l’invité était Robert Badinter. L’ancien ministre de la justice, l’ancien avocat attaché aux droits de l’homme, fils d’un père disparu dans la nuit et le brouillard, est devenu un  homme âgé mais tellement alerte intellectuellement. Alors même qu’Emmanuel Macron inaugurait le mur des noms au musée de la Shoah à Paris, les journalistes interrogeaient un homme sage. Un homme raisonnable, dont le combat contre la peine de mort a fait de la France un état humaniste respectueux de la vie. Car Robert Badinter est contre toute forme de violence, toute forme d’agression pour que la vie en société soit acceptable pour tous et par tous. Dans une séquence brève mais émouvante, l’invité du soir a défendu la recherche constante du compromis pour dépasser les haines individuelles et les menaces d’agressions ou toutes les violences physiques. Et même si à la fin de sa vie, Robert Badinter porte plutôt un regard pessimiste sur le monde et les rapports entre les hommes, il ne cesse de revendiquer l’éducation, toujours et encore, et la nécessité de la mémoire qui va devenir bientôt celle de l’Histoire quand les derniers survivants des camps de la mort auront disparu. Education, mémoire, histoire…

27 janvier 2020

Dans l'armoire aux souvenirs : la place Ernest Thorel des années quatre-vingt

Les responsables de l'agglomération Seine-Eure et de la ville de Louviers ont décidé de modifier sensiblement le visage de la place Thorel. L'élargissement de la rue du 11 novembre et la création de la ligne de bus à haut niveau de service ont conduit les élus de la CASE à engager ces modifications. Les travaux vont bon train puisqu'on en est à la plantation des 67 arbres promis par les édiles. Pour ce faire, il aura fallu apporter quelques améliorations au giratoire sur lequel les bus et les poids lourds devront manœuvrer. J'ai cherché une photographie de la place à l'ancienne. En observant avec attention les détails de cette dernière, on remarque le voile noir posé sur la statue mise à l'abri le temps des travaux. Le cliché a donc été pris lors de l'affaire dite de la marquise et qui valut à Odile Proust, ancien maire, quelques apostrophes peu châtiées. C’était dans les années quatre-vingt.

Quelques réflexions au débotté : « On tient à toi Diego » Bolton descend Trump, Salvini rate une marche, Villani n'obéit plus à Macron


« On tient à toi Diego »
Diego Ortega lors de son intervention. (DR)
 Diego Ortega, tête de la liste « Louviers ensemble demain » tenait une réunion publique de présentation de vœux, vendredi dernier, dans la salle Pierre Mendès France de l’Hôtel de ville. 150 personnes avaient pris place dans la salle démontrant l’intérêt des citoyens à l’égard de la campagne des municipales et notamment, des principales têtes de listes annoncées. Diego, on le connaît depuis longtemps à Louviers eu égard aux responsabilités qu’il assumait auprès de Franck Martin, ancien maire, dont il doit toutefois se détacher pour deux raisons : primo, montrer qu’il est autonome et indépendant, secundo, assumer l’héritage seulement dans ce qu’il a de positif.Il dressa la synthèse de ses propositions (une vingtaine rendues publiques) avant d'être interpellé sur un éventuel accord avec LREM. Diego Ortega a été très clair : « Nous avons des rapports de courtoisie républicaine mais aucune stratégie d'alliance n'est à l'œuvre avec l'équipe de "La République En Marche". Les seuls accords de convergence sont établis avec le groupe "Changer Louviers". Comme Philippe Brun, donc, Diego Ortega tiendra compte des résultats du premier tour pour réaliser une liste d’union sur la base des rapports de force établis par le suffrage universel.
Autre interpellation sur la gratuité des transports publics mis en place dans de nombreuses villes : « Oui, la question de la gratuité des transports publics mérite d’être mise sur la table mais nous ne disposons pas de tous les éléments pour prendre une décision de principe. Il s’agit d’un sujet "Agglo" qui nécessite une étude sérieuse et objective ainsi qu’une consultation des habitants ».
Nombreuses auront été les propositions du collectif rappelées et développées au cours de la soirée. Avec à chaque fois le même constat : « pas un dossier, pas une rue de Louviers que Diego Ortega  ne connaissent. Nul doute que cette expérience du terrain, de l’histoire de la ville et cette présence sans faille depuis des années sont des fondations solides pour faire la différence dans quelques semaines.»
Conclusion d’un participant : « Nous avons besoin de toi, Diego, et de ton équipe, pour faire revivre Louviers. Car la vocation  d’une ville, c’est d’être au service des habitants,  de tous les habitants. Si on a pas compris cela, on n’a rien à y faire ».

Salvini freiné dans ses ardeurs
La montée du nationalisme et du néo-fascisme n’atteint pas toujours le ciel. Ce dimanche en Emilie-Romagne, Matteo Salvini, le leader de la Ligue (extrême droite) avait clamé urbi et orbi qu’il allait terrasser le parti démocrate et l’alliance formée pour gouverner l’Italie sous la houlette de Giuseppe Conte. De fait, si Salvini avait gagné, il aurait fait peser une charge énorme sur le président du Conseil et ses alliés dont le Mouvement cinq Etoiles en cours de disparition.
Heureusement, Salvini a perdu et nettement. Il s’agissait il est vrai d’un vote dans une région où la gauche est majoritaire depuis des décennies mais dans la Botte, rien n’est acquis depuis que les racistes et les xénophobes rejoints par les démagogues font briller un soleil bien pâle. 
Pour expliquer la défaite de Salvini — réjouissante — il ne faut pas négliger deux aspects de ce vote dominical. Une forte participation d’abord, et l’engagement du mouvement des Sardines composé de jeunes Italiens et Italiennes. Ils et elles ont décidé de sonner le tocsin face à ce qu’on croyait l’inexorable course vers le pouvoir de Salvini le macho. Voilà donc un dimanche rassurant pour la démocratie et les idées qu’elle sous-tend : respect des oppositions, des droits de l’homme. La défaite de Salvini est peut-être le début d’un changement fécond en Italie.

Bolton descend Donald Trump
Dans un livre à sortir dans les jours qui viennent, John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, affirme que le président actuel a bien lié une aide militaire à l’Ukraine contre une enquête concernant le fils de Joe Biden, potentiel candidat des démocrates lors de la prochaines présidentielle américaine. Autrement dit, s’il est interrogé par les sénateurs, il confirmera le deal de Trump et l’intervention présidentielle justifiant la procédure d’impeachment engagée par la chambre des représentants à majorité démocrate. Un beau scandale en perspective. Si toutefois les avocats de Trump ne parviennent pas à annuler ce témoignage capital.
Comme le Sénat à majorité républicaine fait tout pour empêcher les témoignages gênants, il m’étonnerait que Bolton soit entendu par les « procureurs » qu’ils soient démocrates ou républicains. Il ne fait donc plus de doutes pour personne : Trump a bien essayé de discréditer les Biden en sollicitant l’aide d’un pays étranger ce qui ne se voit jamais aux USA sauf peut–être depuis que Trump a apprécié l’intervention russe dans le processus électoral menant à la défaite d’Hilary Clinton !
La base électorale du Trump ne bougera pas d’un iota après les révélations de Bolton. Les jours qui passent amènent un lot continu d’informations prouvant l’inanité des méthodes du magnat de l’immobilier qui confond présidence des Etats-Unis et deals de mercantiles. Amérique si riche économiquement et si pauvre moralement !

Villani n’est pas récupérable
Cédric Villani « convoqué » par Emmanuel Macron ne lâche pas le morceau.Tancé par le Président de la République, invité à se mettre au service de Benjamin Griveaux, le « Nobel » de mathématiques (ou ce qui en tient lieu) député LREM de Paris a décidé de maintenir sa position et ses listes. Avec ses 10 % actuels dans les sondages, Cédric Villani pourra espérer rallier d’autres candidats à son panache blanc au second tour. Ce ne sera pas avec Anne Hidalgo dont il dit le plus grand mal ni avec les Verts qui choisiront la maire sortante. Alors avec Rachida Dati ? Comme en politique on a tout vu et qu’on ne finira jamais d’aller de surprise en surprise…pourquoi pas ? Toujours est-il que l’obstination de Cédric Villani lui a attiré la sympathie d’Isabelle Saporta, la compagne de Yannick Jadot (EELV) et sans doute aussi sa présence sur l’une des listes Villani à Paris. Les municipales 2020 n’auront jamais connu autant de trouble et de confusion politiques. Bien malin qui y retrouvera les siens dans des listes où se côtoient les lapins et les carpes.