30 juin 2020

La poussée écologiste aura des conséquences sur les exécutifs communautaires


Nicolas Mayer Rossignol élu à Rouen. ©JCH
La victoire des écologistes au second tour des élections municipales de dimanche dernier est une bonne nouvelle pour la démocratie. Par ailleurs, je suis de ceux qui pensent que les abstentionnistes (très nombreux) ont toujours tort. Seuls ceux qui s’expriment ont le droit à la parole. L’abstention c’est l’indifférence, au mieux, ou la volonté de décrier la politique, au pire. Leur victoire est donc à apprécier sans modération. Tous les discours sur l’abstention (qui peut avoir des raisons objectives que je ne méconnais pas) ne porteront jamais autant que l’acte de vote, symbole d’une république ou la représentation est efficiente.

Parmi les résultats recensés, deux événements majeurs se sont produits : la lourde défaite des candidats de la République en marche (souvent associée à LR) et la large victoire des Verts, rassemblée ou non, avec la gauche de gestion ou de protestation. Les Verts ont souvent gagné avec des listes d’union où figurent le PS, la France Insoumise et GénérationS. Près de chez nous, à Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, socialiste associé aux Verts de M. Beregovoy, a confirmé son implantation dans une région encore marquée par l’incendie de Lubrizol. Nicolas Mayer Rossignol est un homme pragmatique. Il a mené une campagne intelligente, mesurée, se souvenant qu’il avait été président de la Région Haute-Normandie même s’il a géré cette collectivité pendant quelques mois seulement. Sa victoire à Rouen va même lui permettre de postuler pour diriger la métropole rouennaise à la puissance de feu (sans jeu de mot) très élevée.

Dans l’agglomération Seine-Eure, quelques équilibres ont été rompus avec la victoire de maires (hommes et femmes) de gauche. Janick Léger à Léry, Florence Lambert à Pitres, Eric Lardeur à Saint-Etienne-du-Vauvray, Laetitia Sanchez à Saint-Pierre-du-Vauvray, pour ne citer que des élus proches vont exprimer leurs convictions sans crainte. Certes, emporter la présidence de l’agglomération Seien-Eure-Madrie et donc vaincre Bernard Leroy, actuel titulaire du poste, semble impossible compte tenu des rapports entre la droite et la gauche. Quand même Richard Jacquet, réélu triomphalement maire de Pont-de-l’Arche, candidat déclaré à la présidence, peut faire mieux qu’un simple tour de piste.

A n’en pas douter, les très bons résultats des écologistes au niveau national vont contraindre les exécutifs à « verdir » leurs programmes. Qu’il s’agisse des modes de transport, des nécessaires travaux d’isolation thermique, du tri des déchets, des fuites d’eau sur les réseaux…bien des tâches attendent les élus locaux dont les finances ont été mises à mal par le confinement et la crise sanitaire. Qui sait comment l’Etat va compenser les pertes, s’il les compense, et quelles charges les collectivités vont récupérer dans le cadre des conclusions de la convention citoyenne sur le climat.

Les élus de l’agglomération éliront leur exécutif le 9 juillet. La fumée blanche devrait être de la couleur de Bernard Leroy…à nouveau président de l’agglomération Seine-Eure-Madrie.

20 juin 2020

Chez les Le Pen on ne manque pas de culot : les voilà gaullistes !


Chez les Le Pen on ne manque pas de culot. Des voix plus autorisées que la mienne ont commenté avec sévérité les déclarations et les gestes de Marine Le Pen à l’occasion de l’anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle. Une Le Pen gaulliste ! On aura donc tout vu dans ce monde chaotique où les valeurs, les idées, les principes cèdent sous le poids des trahisons et des reniements.
En saluant le général de Gaulle, la responsable du Rassemblement national veut récupérer le Rassemblement du Peuple français qu’avait créé le plus grand des Français libres sous la 4e République. Elle joue sur les pertes de mémoire de ceux et celles qui, dans la Résistance, ont lutté chaque jour et chaque nuit, contre le défaitisme et le Pétainisme. Ils ne restent que quelques survivants mais les livres d’histoire, les témoignages écrits ou filmés auront tôt fait de clore le bec de Marine Le Pen, usurpatrice d’une action et d’un homme qui, seul, en France et à Londres, avait prophétisé la victoire du monde libre sur les forces du fascisme allemand, italien et Japonais.
Dans un entretien accordé au Monde, ces derniers jours, Julian Jakson, historien anglais, dresse un portrait sensible du général de Gaulle vu comme celui qui plaça la France au-dessus de toutes les contingences et de tous les régimes. Hier monarchiste, demain républicain, de Gaulle était avant tout Français. N’était l’affaire du 13 mai 1958 et le retour au pouvoir de celui qui allait créer la 5e République, supporté par une armée prête au coup d’Etat, ainsi que l’abandon des Harkis de l’autre côté de la Méditerranée, le palmarès du général de Gaulle pourrait être sans tache.
Pierre Mendès France avait coutume de différencier le de Gaulle de 1940 et celui qui reprit les rênes du pouvoir en 1958. L’ancien maire de Louviers n’admit jamais la constitution de cette 5e République taillée sur mesure pour l’homme du 18 juin. Car la tentation du pouvoir personnel y était trop présente. C’est sans doute ce caractère là du gaullisme qu’affectionne Marine Le Pen : le culte du chef, bien que Michel Debré, en préparant la constitution, ait quand même donné un rôle éminent au Parlement et donc à la démocratie représentative.
Il faut être bien sot ou bien aveugle pour suivre Marine Le Pen sur les chemins qu’elle emprunte. Nous sommes nombreux à nous souvenir des propos de son père lorsqu’il trouva bien des excuses aux extrémistes auteurs de l’attentat du Petit Clamart et destiné à tuer le chef de l’Etat français. L’extrême droite ne change pas. Elle modifie sa petite musique mais elle conserve les mots inscrits dans son programme de toujours.

15 juin 2020

« Cinq fermetures à Louviers ! De mémoire d'instit je n'avais jamais vu ça »


A la suite de mon billet sur les fermetures et ouvertures de classes à Louviers, j'ai reçu ce commentaire d'une enseignante (1) :
« Cinq fermetures à Louviers ! De mémoire d'instit je n'avais jamais vu ça. Où sont les déclarations de Blanquer, de Macron sur l'aide spécifique aux enfants défavorisés? Ils ont pourtant entonné des discours plein de compassion pour tous ces élèves qui ont été malmenés par la crise du covid (pas d'ordi à la maison, pas de connexion, pas d'aide de la famille, pas de bonnes conditions d'étude, pas de repas du midi). Une fois la propagande compassionnelle terminée, retour brutal à la réalité : 31 postes de remplaçants en moins dans l'Eure, des fermetures de classes. L'argument de l'administration est toujours le même : les effectifs. Ainsi la reine calculette a repris du service. Pensez donc ! Faire classe à 18 élèves, impossible! Soyez raisonnables, parents et enseignants ! Mais...
Quand dans une école, les effectifs baissent au point que les classes comptent 18 élèves par classe (pour reprendre le même exemple), c'est à l'équipe enseignante de décider comment repartir les élèves. Si c'est avec 18 élèves que se fait la meilleure répartition, l'école doit pouvoir continuer de fonctionner avec le même nombre d'enseignants. Si l'équipe pédagogique décide que la bonne répartition c'est 22 ou 23 élèves, (donc avec une classe de moins), on garde le même nombre d'enseignants. Celui ou celle qui voit sa classe supprimée (provisoirement peut être) doit pouvoir rester en poste dans l'école et prendre en charge de nombreuses tâches utiles d'enseignement. Quand on a peu on se bat pour le garder. L'éducation et l'instruction de la jeunesse doivent être la priorité. Alors messieurs dames les décideurs, rangez vos calculettes ! Faites confiance aux équipes éducatives pour organiser les classes, l'accueil des enfants et des familles, les cours, les sorties, le suivi scolaire....»

(1) La signataire de ce commentaire est Sophie Ozanne, institutrice honoraire, qui a longtemps travaillé à l'école Jean Zay.

14 juin 2020

Louviers : Cinq fermetures de classes, trois ouvertures. Le verre est à moitié vide.


L'école Jules ferry va connaître des changements. ©JCH
La fermeture de cinq classes (maternelles et primaires) dans différentes écoles de Louviers est évidemment une bien mauvaise nouvelle. L’Inspection académique, fondant ses décisions sur des statistiques, ne prend pas forcément en compte la nature des quartiers et les structures socioprofessionnelles des parents et par conséquent leur situation sociale. Un élément essentiel pour favoriser l’éducation des enfants dits défavorisés. Il faut tout d’abord convenir que les deux mois de confinement ont porté atteinte à un enseignement digne et respectueux de générations d’élèves pour lesquelles l’école est non seulement un lieu d’apprentissage, de développement des savoirs mais aussi un puissant facteur de lien social. La nation apprenante, à la télévision, n’a touché qu’une minorité d’enfants et les torts causés seront irrattrapables. Depuis une minorité d’élèves a retrouvé la classe, l’enseignant(e) le jeu. Certes, la pandémie n’est pas la faute du gouvernement. Mais lorsqu’on décide, en haut lieu, de fermer une classe, on se fonde actuellement sur un seul critère : le nombre d’élèves projetés lors de la rentrée prochaine. C’est pourquoi on attend des élus locaux qu’ils se battent bec et ongles contre les fermetures de classe, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education ayant exclu toute fermeture dans les communes de moins de 5000 habitants sans l’accord des maires.

Ainsi à Louviers plusieurs écoles vont voir fermer des classes par défaut. Où sont passées les familles ? Où sont les jeunes couples avec enfants ? Ne paie-t-on pas une accumulation de retards et d’infortunes diverses qui ne datent pas d’hier ? Je sais bien que le maire n’accepte pas ce point de vue. Il se fonde lui aussi sur des bases chiffrées et ne voit pas comment contester le raisonnement de l’Inspection académique. Il a raison sur un point : la situation scolaire d’une ville se prépare sur plusieurs années et il n’a accompli qu’un mandat. Là où il est, après ce premier mandat majoritairement entériné par les citoyens lovériens, il considère que la politique qu’il conduit est la bonne. Et qu’elle portera des fruits. Mais quand ?

La situation scolaire d’une ville est une photographie de son état de santé. Que les classes aient du mal à atteindre les seuils fatidiques est éminemment regrettable. Heureusement les parents d’élèves montent régulièrement au créneau pour amener l’Etat à plus de souplesse et d’adaptation. Peut-on considérer l’école Salengro ou celle des Acacias comme des écoles privilégiées ? Sûrement pas. Le devoir de tout élu est de faire de l’éducation sa priorité. Le dédoublement des CP est favorable à un enseignement adapté. C’est dans ce sens qu’il faut poursuivre l’action : moins d’élèves et plus d’enseignants.

François-Xavier Priollaud conteste les positions de son opposition municipale de gauche, la seule à s’être exprimée publiquement. Philippe Brun, notamment, a publié sur un réseau social, le plan de fermetures de l’académie. Il déplore ces cinq fermetures car Louviers est la ville qui, dans l’Eure, est la plus touchée. Pour le maire, ne doivent être menés que des combats qu’il considère comme justes et légitimes. Les calculs de l’académie (en avril) justifient selon lui, qu’on ferme ces cinq classes puisque, ajoute-t-il, « on va avoir trois ouvertures. » Cinq moins trois font deux. Le solde est négatif. Il sera toujours temps de compter les têtes blondes, brunes, rousses ou châtain à la rentrée prochaine. La crainte du maire est que les enseignants absents pendant l’année scolaire ne soient pas remplacés. C’est malheureusement souvent arrivé. Là-dessus il ne peut avoir aucune certitude. A la rigueur quelques promesses…

Le maire reproche par ailleurs à son opposition municipale de ne pas faire preuve de responsabilité. Mais l’opposition est dans son rôle. Comme elle ne pèse rien dans l’exécutif, elle utilise les moyens mis à sa disposition pour exister et rappeler ses priorités : la pétition, les réseaux sociaux, les relais associatifs, les parents d’élèves bien au fait des véritables besoins scolaires. J’avais dit à Philippe Brun qu’il aurait bien des difficultés pour gagner l’élection municipale. Après un mandat, il est rarissime qu’un maire sortant ne se succède pas à lui-même. Le second mandat est une autre paire de manches. Il reste que sur des points essentiels, des identités de vue peuvent être trouvées. L’état des écoles et l’accueil des enfants devraient faire consensus. Car il est un fait évident pour la majorité comme pour l’opposition : c’est à l’école que se construisent les futurs citoyens. Et on n’est jamais trop pour accomplir ce devoir fondamental.


28 mai 2020

Guy Bedos, mort aujourd'hui, était passé par la Normandie, à la fête des Sablons du PCF de l'Eure


Guy Bedos sur scène. ©Jean-Charles Houel

Le métier de journaliste localier nous conduit souvent sur des chemins inattendus. Bien sûr, c’est un métier fait de contacts, de rencontres, de découvertes, qu’il s’agisse d’un ouvrier en grève, d’un lycéen en colère, d’un gilet jaune revendicatif. Il arrive, et c’est heureux, qu’une rencontre soit plus forte, plus prégnante, plus exceptionnelle qu’une autre. C’est évidemment le cas avec Guy Bedos mort aujourd'hui à l'âge de 85 ans.
Aux Sablons avec un jeune fan. ©JCH
Je l’ai rencontré à deux reprises. Au Vaudreuil, lors de la fameuse fête des Sablons qu’organisait la fédération du Parti communiste français et sur une scène régionale où il déploya son immense talent. Il avait accepté le principe de l’interview car il n’avait aucun mépris, aucune distance à l’égard un représentant d’une presse pas toujours tendre à l’égard des amuseurs publics. Dans le cas de Guy Bedos, on touchait évidemment un autre registre. Bedos, anar de gauche, révolté depuis sa jeunesse de pied noir toujours engagé du bon côté de la barricade, soutien de tous les mouvements de jeunes, fervent partisan de la révolte, était un monstre sur scène. Là, il y déployait un verbe, une causticité, un humour de très hauts niveaux. Même ses amis de gauche lui servaient de têtes de Turc alors que jamais il ne divergea de la route tracée : droit devant et toujours à gauche.
Je me souviens qu’il m’avait accordé un temps long lors de nos rencontres. Patient, attentif aux questions, loquaces dans les réponses, intelligent dans l’anticipation. Car Bedos voyait loin. Nicolas, son fils, a associé à l’hommage de son père, Pierre Desproges et Jean-Loup Dabadie. A eux trois ils composaient un visage de la France qui va sacrément nous manquer.

27 mai 2020

Le vote par correspondance est une porte grande ouverte aux fraudeurs


Claude Dumer, barbu, scrutateur en 1977 à la salle des fêtes. ©Jean-Charles Houel
Le ministre de l’Intérieur n’exclut pas de recourir au vote par correspondance à l’occasion du second tour des élections municipales prévu le 28 juin prochain. De nombreux candidats, des responsables de partis politiques, craignant une abstention encore plus massive que lors du premier tour, abondent dans ce sens : vive le vote par correspondance !
Ce vote existait dans l’arsenal mis à la disposition des électeurs(trices) dans les années soixante-dix et avant. Il était destiné à permettre, notamment, aux personnes malades, très âgées, en voyage, de voter en conscience et de glisser leur bulletin dans l’enveloppe électorale elle-même mise dans une autre enveloppe postale adressée en mairie.
Le problème — et nous avons connu cette situation à Louviers — est qu’il est tentant de fortement «suggérer» à des citoyens de voter pour tel ou tel ou encore plus simplement de placer les « bons » bulletins dans les enveloppes à leur place. Le vote par correspondance facilite la fraude électorale et c’est bien pourquoi le législateur a décidé de le supprimer et de préférer le vote par procuration qui nécessite des garde-fous juridiques plus contraints.
J’ai souvenir d’avoir participé avec Claude Dumer, ancien adjoint du Dr Martin, ancien maire de Louviers, à une plainte visant à annuler certains votes par correspondance qui avaient manifestement été manipulés par des candidats au conseil municipal particulièrement introduits auprès de résidences pour personnes âgées. Les envois groupés étaient légion, preuve qu’une même main avait agi. La justice nous donna raison, annula les votes litigieux ce qui obligea le préfet de l’Eure de l’époque à organiser un nouveau scrutin eu égard à l’écart infime qui séparait les listes en présence.
Franchement, le vote par correspondance est une fausse bonne idée. S’il favorise la fraude, écartons-le ! Pourquoi ne pas favoriser un vote électronique ? Chaque électeur et chaque électrice recevraient un code secret personnel lui permettant de s’exprimer en toute liberté et en toute indépendance. Evidemment, ce vote obligerait à être connecté à Internet et donc à posséder un ordinateur. Ce serait une possibilité parmi d’autres, le vote manuel et personnel en mairie continuant évidemment d’exister.

26 mai 2020

Louviers : un amendement de l'opposition de gauche donne une idée de sa manière de faire de la politique


Lors de la séance d’installation des élus, ce lundi, une délibération a été présentée par le maire visant à permettre aux maire et adjoints dont le mandat a été prolongé pour raison sanitaire de récupérer leurs indemnités. L’opposition représentée par MM. Brun, Ortega, Fraisse, Mmes Levavasseur, Collard, si elle juge nécessaire de rétribuer le maire et la première adjointe dont le travail pendant cette période est incontestable, sont plus regardants sur celui de quelques élus qui soit, ne se représentaient pas, soit ne sont intervenus à aucun moment pendant la crise sanitaire. Ainsi un amendement a été déposé demandant aux élus concernés de verser au CCAS le montant d’indemnités jugées illégitimes. Cet amendement a, évidemment, été rejeté mais il n’est pas sans intérêt d’en connaître le contenu. D’autant qu’il symbolise le type d’opposition qu’incarneront les élus de gauche. Pas d’agressivité, pas d’acrimonie, des propositions…à prendre ou à laisser.
Le texte de l’amendement : « A la suite de la déclaration de l’état d’urgence sanitaire, la loi du 23 mars 2020 a prolongé le mandat des conseillers municipaux sortants, ainsi que leurs délégations. Il en résulte que leurs indemnités ont été également prolongées du 15 mars au 18 mai, date d’entrée en fonction du nouveau conseil municipal.
Vingt-quatre élus du conseil municipal sortant, dont certains ne se représentaient pas ou n’ont pas été réélus, ont ainsi été rémunérés par le budget communal pour une activité très réduite. Il ne s’agit pas de pointer un quelconque manque d’engagement de leur part, les conditions du confinement leur ont pour la plupart empêché d’exercer la plénitude de leur fonction.
Par exemplarité, et sans esprit de polémique envers ces élus auxquels la ville est reconnaissante du travail accompli, il nous semble que la décence impose à demander la récupération de ces indemnités. L’heure est à la mobilisation des ressources publiques pour se relever de la crise, aider ceux qui ont été les plus exposés, protéger les lovériens. Nous avons la conviction que les élus doivent consentir à des efforts en ce sens.
Nous excluons de notre proposition l’indemnité du maire et de la première adjointe dont la réalité du travail pendant la période n’est pas à démontrer.
Il s’agit d’un amendement d’appel que les cosignataires sont prêts à retirer contre engagement des élus intéressés à reverser leur indemnité perçue au budget communal. »

FX Priollaud réélu maire de Louviers. Les adjoints ont également été désignés. Une nouvelle opposition voit le jour


FX Priollaud réélu maire de Louviers
Lors de la réunion du conseil municipal de Louviers de ce lundi soir, au Moulin, François-Xavier Priollaud, par 26 voix sur 33 votants (il y eut 6 bulletins blancs et un bulletin Houssin (RN)) a été réélu maire sans grande surprise. S’appuyant sur une majorité nette, dès le premier tour des élections municipales de mars dernier, le candidat à sa succession a eu beau jeu de railler ses oppositions nouvelles dont celle de Philippe Brun. Alors que ce dernier a déposé un recours contre l’élection des conseillers municipaux majoritaires, le maire a cru devoir donner une leçon de morale à son jeune opposant qui aime à rappeler la mémoire de Pierre Mendès France, l’un de ses inspirateurs. Pourquoi associer défaite, recours judiciaire et déshonneur alors que ce que la loi permet doit justement demeurer dans le cadre de la loi. « Vous aurez la défaite et le déshonneur » a affirmé le maire.

Philippe Brun pense aux victimes de la crise.
Le juge administratif de l’élection de Louviers dira, dans quelques semaines, si le maire de Louviers a dépassé le cadre ordinaire de la propagande électorale ou si au contraire, il est demeuré dans des clous admissibles. De mon point de vue, un jugement moral ne s’imposait pas dès la séance inaugurale, d’autant que Philippe Brun avait tenu à préciser qu’il ne s’étendrait pas sur une polémique que la crise sanitaire ferait passer pour du pipi de chat. Depuis ce premier tour de l’élection municipale, un méchant virus est venu troubler l’ordre des choses et chacun, porteur d’un masque ce lundi, mesurait bien que le monde à venir serait différent du monde d’avant.
Dans son discours inaugural, François-Xavier Priollaud s’est évidemment félicité de la confiance témoignée par les Lovériens à l’égard de son action. Il a réaffirmé sa stratégie (avec la CASE) et sa volonté d’investissements (école Jules Ferry, gymnase Maxime Marchand par exemple) en plaçant son action sous le signe de la sobriété. Il a invité ses oppositions à dépasser les postures.
Philippe Brun, dont c’était le baptême du feu souligne que 23 % des Lovériens vivent sous le seuil de pauvreté et que la crise à venir avec suppressions d’emplois et chômage va toucher de nombreuses familles. A cet effet, il propose que la ville de Louviers invente des outils nouveaux car « nos programmes électoraux volent en éclat. Ils sont obsolètes. » Il propose la création d’un fonds de soutien, d’éviter le décrochage scolaire, de privilégier les producteurs locaux et de mettre en place un plan de relance sans oublier la culture, la malmenée de la crise. Il déplore la forte abstention, plus forte à Louviers que dans des villes comparables. Il persévèrera pour ramener aux urnes ceux qui s’en sont durablement éloignés, notamment dans certains quartiers. Enfin, il propose que la ville aide les familles en difficulté à différer le paiement des loyers dans l’habitat social, ce que Mme Terlez refuse pour ne pas mettre en difficulté les bailleurs sociaux eux-mêmes.
Diego Ortega
Diego Ortega remercie tous ceux et toutes celles qui se sont mobilisés pendant la crise. Il interpelle le maire sur le soutien aux associations et le programme de « Louviers plage » si nécessaire pour tous ceux qui ne partent pas de Louviers pendant les vacances. Il pense aux personnes isolées et aux enfants en situation de décrochage en appuyant sa démonstration sur le nécessaire lien social mis à mal par la crise sanitaire. Après une intervention de Mme Dugord et de M. Houssin, le maire propose que le conseil crée neuf postes d’adjoints élus dans la foulée : il s’agit d’Anne Terlez (affaires générales, social, logement) Jacky Bidault (services techniques, voirie etc.) Marie Dominique Perché (petite enfance, éducation, José Pirès (jeunesse et sports) Caroline Rouzé (urbanisme) Jean-Pierre Duvéré (sécurité, anciens combattants, mémoire et paix) Sylvie Lengeard (culture) Jean-Louis Beauchard (vie associative) et Afida Ouadah (prévention et participation citoyenne).
M. Fraisse (liste Brun) regrette l’absence de renouveau : « il n’y a pas de nouvelles têtes ni de nouvelles idées. »
Le conseil a ensuite désigné ses représentants dans différents organismes.

NB : Tous les élus portaient un masque et la distanciation physique était respectée. 
Légende de la photo : Mmes Dugord et Levavasseur et M. Savi, scrutateurs d'un soir.

22 mai 2020

L'élection du maire aura lieu lundi à 18h30 au Moulin. Philippe Brun dépose un recours en annulation.


La date du second tour des élections municipales n’est pas encore choisie par le gouvernement. Ce sera sans doute le 28 juin prochain pour les communes qui n’ont pas élu de majorité absolue lors du premier tour. Tout dépendra de l’état sanitaire de notre pays et du comportement du Covid 19. Bien que l’Académie assure qu’il faut dire LA Covid, je préfère LE Covid, le masculin étant utilisé depuis des semaines sans que quiconque y trouve à redire. Même Bernard Pivot propose de conserver le masculin.
A Louviers, l’équipe sortante a obtenu plus de 50% des suffrages, l’élection du maire et des adjoints peut donc se faire avant la date butoir fixée par décret au 28 mai. Ainsi la soirée électorale destinée à doter notre ville d’une équipe dirigeante aura lieu lundi 25 mai prochain à 18 h 30 au Moulin, l’exiguïté de la salle Pierre Mendès France ne permettant pas de respecter les gestes barrières.
Comme la loi le permet, le quorum a été abaissé tandis que le nombre de pouvoirs par élu a été augmenté. On peut donc s’attendre à quelques absences parmi les nouveaux élus. De même, la salle ne pourra pas accueillir de public pour des raisons sanitaires évidentes. L’élection du maire aura donc lieu à huis clos. Les Lovériens intéressés par cette soirée symbolique pourront la suivre sur le site Internet de la ville de Louviers qui retransmettra les événements en direct.

Un recours de Philippe Brun
J’apprends par ailleurs qu’un recours a été déposé devant la justice administrative par Philippe Brun contre l’élection de la liste Priollaud. Pour étayer sa demande d’annulation du vote, le jeune juriste (il est magistrat) s’appuie sur des documents de campagne et des événements mélangeant, selon lui, gestion courante et propagande électorale. Il argue que le faible nombre de voix dépassant la majorité absolue des suffrages doit être pris en compte et non pas l’écart séparant la liste Priollaud de la liste arrivée seconde.

19 mai 2020

Ne jetez pas vos déchets (même verts) dans les forêts !


Ce qu'il ne faut pas faire.
La déchetterie de l’Ecoparc (Vironvay) est fermée jusqu’à la fin du mois de juin, au mieux. Les usagers habituels de cet équipement de la CASE sont obligés de trouver une solution de remplacement pour se débarrasser de leurs déchets en tous genres. Ils vont soit à La Haye-Malherbe soit à Val-de-Reuil, où le temps d’attente est très important.
Est-ce une raison pour polluer la nature environnante ? Certainement pas. Au hasard des mes promenades pédestres durant le confinement et après, j’ai aperçu, çà et là, des immondices divers déposés à l’orée de la forêt ou au bord des routes. C’est inadmissible. Les auteurs savent qu’ils ne seront pas punis pour ces actes délictueux puisque personne ne les prend en flagrance. Alors, on trouve de tout ça et là. Des sacs remplis de déchets verts, des fauteuils, des objets hétéroclites qui feraient plaisir à un ferrailleur ou à Jacques Prévert.
Il n’est pourtant pas difficile soit de patienter en attendant la réouverture de la déchetterie de Vironvay, soit de se rendre dans des lieux dont la destination est évidente et dont le coût est compris dans le montant de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Il faut, bien sûr, faire preuve de patience mais la nature et le souci collectif méritent bien cet effort.

4 mai 2020

Le décès de Daniel Dugord, ancien proviseur du lycée Marc Bloch et ancien maire de Saint-Etienne-du-Vauvray

Daniel Dugord (a dr) avec Guy Soudjian (à g) et M. Paul.
 La mort de Daniel Dugord, ancien proviseur du lycée Marc Bloch, à Val-de-Reuil, professeur de mathématique de formation, ancien maire de Saint-Etienne-du-Vauvray rend tristes sa famille d’abord, évidemment, son épouse, ses enfants, mais également tous ceux et celles qui au-delà du cadre de l’Education nationale voyaient en lui un humaniste, un homme positif sachant encourager, aider, être solidaire.
Pendant ma carrière professionnelle de journaliste, j’ai rarement rencontré des personnes telles que lui. Daniel Dugord était aimable, souriant, toujours prêt à renseigner, informer, dans la mesure où l’Education nationale représentait pour lui un moyen d’égalité et d’accès à la connaissance pour tous. Dans le journaliste il voyait le vecteur, le révélateur de l’action éducative base de toute citoyenneté responsable. Parler des liens entre les élèves et les professeurs l’intéressait plus que vanter sa propre direction qu’il voulait naturelle et sans autoritarisme.
Un vrai républicain, en un mot, qui avec discrétion mais efficacité, savait faire marcher des équipes dans le même sens, qu’il s’agisse des professeurs, des personnels techniques ou des administratifs. Bien des expériences qui poursuivent leur vie ont été engagées au lycée Marc Bloch en accord avec Marc-Antoine Jamet, maire, avec la création de l’atelier Sciences Po, ou lors des ventes de livres destinées à financer les actions d’Amnesty International. Daniel Dugord n’hésitait jamais à susciter le renouveau, à décréter l’enthousiasme sans lequel rien de grand ne peut être réalisé. Au lycée Maurois d’Elbeuf où il avait été muté, il a poursuivi la même ligne : droite et fière.
Comme élu local et comme maire, enfin, autre corde à son arc, il était respecté pour son sens élevé de la démocratie. Il était un homme de gauche dans ce que la gauche a de plus glorieux : la justice sociale, l’égalité entre les hommes et les femmes, le souci de respecter l’autre même (surtout) quand il ne pense pas comme vous. Au sein de la communauté d’agglomération Seine-Eure et dans son village où il a fini ses jours récemment, Daniel Dugord laissera le souvenir marquant d’une personnalité attachante et sensible où il ne comptait que des amis.

29 avril 2020

Marc-Antoine Jamet cycliste en chef d'une patrouille nocturne de la police municipale de Val-de-Reuil

Marc-Antoine Jamet à bicyclette non loin de la Rotonde.©PH

Et qu’on ne vienne pas dire que c’était prémédité. Un coup de com de plus ou je ne sais quoi encore dans le genre. Ayant eu besoin de me rendre à Val-de-Reuil hier soir, vers 22h45 pour une urgence médicale touchant une de mes proches, je suis tombé nez à nez sur une patrouille cycliste de la police municipale dont le commandant en chef n’était autre…que Marc-Antoine Jamet, maire de la cité, masqué et nanti des attributs de sa fonction d’officier de police responsable de la sécurité dans sa ville.
Je l’avoue, depuis que je le connais, je ne parviens pas à comprendre à 100 % le fonctionnement d’un homme doté de responsabilités importantes dans le secteur privé nécessitant voyages et compétences professionnelles hors pair et qui demeure cependant terriblement passionné par son mandat de maire et de vice-président de la Région Normandie. Lors des dernières élections municipales, les habitants de Val-de-Reuil ont d’ailleurs plébiscité le maire sortant à des hauteurs de score défiant toute concurrence ! Le lien est donc très fort avec un édile exceptionnel dans toute l’acception du mot.
Tout de même, interrogeons-nous un instant. Combien de maires, en France, à la tête d’une ville moyenne certes, sont prêts à enfourcher leur bicyclette la nuit venue pour veiller sur leurs ouailles et au respect des arrêtés municipaux et le tout dans une parfaite discrétion (1). Marc-Antoine Jamet ne doit d’ailleurs pas en être à son coup d’essai. A voir la sérénité de la troupe qui l’entourait, je me suis dit que cet élu faisait plus que son travail normal de représentant du peuple aux côtés de ceux dont c’est le métier. Alors là je dis chapeau !
Une remarque au passage. Si je suis allé à Val-de-Reuil à cette heure tardive de la nuit c’est parce que le fonctionnement du service départemental des urgences a magnifiquement fonctionné. Du 15 on est passé au 116-117. Et c’est lors de cette communication qu’un médecin orienteur, après maintes questions et réponses, a proposé les compétences d’un médecin de ville et de garde dont le hasard a voulu qu’il fût de Val-de-Reuil. Autrement dit et bien que toutes les conversations tournent autour du Covid 19, la vie continue et notamment le service des urgences qui répond bien à sa définition.
Quant aux habitants de Val-de-Reuil, ils peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Leur maire prend soin de leur sécurité.
(1) il eut été dommage de ne pas faire LA photo, témoignage concret d’un récit bien trop court.

27 avril 2020

On a eu très peur à l'Ermitage mais tous les tests Covid 19 réalisés sont négatifs


On a  eu très peur, la semaine dernière, quand un membre du personnel de la maison de retraite l’Ermitage (groupe Korian) s’est plaint de troubles ressemblant à ceux que suscite le Coronavirus ou Covid 19. La direction de l’établissement, s’étant enquise de la positivité du test, a évidemment lancé une batterie générale de tests concernant l’ensemble des retraités de l’EHPAD et de tous ceux et toutes celles agissant au sein de l’institution.
Le maire de Louviers, tardivement informé (mais il n’est pas responsable de la communication chez Korian) a sollicité de la direction des informations sur les résultats des tests pratiqués en fin de semaine.
On imagine l’inquiétude régnant tant au sein de l’EHPAD qu’à l’extérieur autrement dit au sein des familles ayant des résidents dans l’établissement du boulevard Clémenceau. Les résultats des tests sont tombés aujourd’hui : tous se sont révélés négatifs ce qui est, comme dirait M. Priollaud, « une excellente nouvelle ». On ne saurait mieux dire.

Surtout, ne buvez pas l'eau de javel qui nettoie tout sauf le corps humain


Je ne vais certainement pas faire dans l’originalité en mettant en exergue les propos iconoclastes de Donald Trump face à la pandémie. Alerté par ses conseillers dès les réactions vives des journalistes et des médecins, le président des Etats-Unis a voulu rectifier le tir en affirmant qu’il avait volontairement usé d’un ton sarcastique. Quand on écoute la bande originale on ne peut que déplorer les paroles au premier degré de la première puissance mondiale.
Qu’a-t-il dit ? Primo que l’eau de javel (1) est un puissant nettoyant et que les médecins feraient bien de voir comment en injecter dans les poumons des malades du Covid. Secundo que la lumière intense a tendance à gêner le virus d’où l’idée de bon sens d’inonder le corps des malades de rayons intenses pour tuer le virus. Nous savons, depuis longtemps, que Donald Trump est un narcissique facétieux et un redoutable animateur de télévision. On connaît aussi ses talents dans l’immobilier et ses tricheries lorsqu’il joue au golf. Même si la plupart des politiques sensés cherchent encore pourquoi et comment ce bad guy est arrivé au pouvoir, il est un fait incontesté : le système américain du vote par Etat a permis à cet olibrius de Trump de devenir le leader de la première puissance militaire mondiale ! Merci Vladimir Poutine et honte à Hillary Clinton.
Dans les propositions de lutte contre le virus Trump annonce tous les jours une découverte par ci, une autre par là et surtout l’arrivée imminente d’un vaccin. Or, il suffit d’écouter les paroles des chercheurs pour savoir que le vaccin, si vaccin il y a, ne sera pas mis à la disposition du public avant la mi-2021. Au mieux ! Les Bolsonaro, Modi et autres fantaisistes dirigeants de la planète (qui ne manque pas d’histrions) ont donc encore de beaux jours devant eux pour que les plus misérables de leur peuple chopent la maladie et meurent de ses conséquences.
Joe Biden, l’actuel candidat démocrate à la présidence, affirme que jamais il n’aurait pensé devoir demander aux Américains de ne pas boire de l’eau de javel. Et pourtant. La démocratie américaine touche un seuil de bassesse et de médiocrité insondable. Il paraît que Trump est testé tous les jours. Si par malheur, le coronavirus venait à l’atteindre, on connaît les remèdes qu’il ne manquera pas de s’imposer. 
En tout état de cause Boris Johnson, son ami britannique, a eu recours à la médecine traditionnelle et moderne d’un grand pays développé ce qui lui a permis de guérir d’une maladie sérieuse et parfois gravissime. Que Boris Johnson ait cité nommément les soignants (parfois étrangers) qui se sont occupés de lui démontre que le premier ministre du Brexit sait reconnaître les mérites d’hommes et de femmes venu(e)s de la planète pour soigner…un constat lumineux.

(1) il s'agit d'un produit toxique (c'est marqué sur l'emballage!) qui provoque des brûlures sur la peau, les yeux et dont les émanations peuvent susciter des maux de tête et nausées. Outre son action corrosive, l'eau de javel ne contient aucun tensio-actif, et donc ne nettoie pas. Elle désinfecte et décolore mais rien ne sert de l'utiliser comme détergent sur une surface bien crasseuse…

Henri Weber, mort hier du Covid 19, avait animé une rencontre publique à Val-de-Reuil


Henri Weber (à g) avec Marc-Antoine Jamet et Philippe Bove. ©JCH
Timour Veyri, premier secrétaire de la fédération de l'Eure du Parti socialiste s'exprime après le décès d'Henri Weber, une personnalité marquante et engagée.
« C'est avec une immense tristesse que j'apprends ce matin la disparition d’Henri Weber. Ancien sénateur de la Seine-Maritime, sa fidélité pour Laurent Fabius l'avait fait poser ses valises en Normandie. Il avait également été au nombre des enfants juifs accueillis aux Andelys dans l'Eure à la colonie de vacances organisée par le Foyer ouvrier juif. Mais la vérité est qu’il aurait prêché le socialisme dans n’importe quel département, dans n'importe quelle région, dans n’importe quel pays et devant n’importe quelle audience. Parce que c'était sa vie. Une vie d'engagement.
Devenu sénateur et député européen, Henri Weber était resté un vrai militant. Un indécrottable militant. Chaque voix comptait. Et chaque convaincu.e de plus pour le socialisme nous rapprochait d’un monde meilleur. Alors il fallait se retrousser les manches ! Une année, avec Philippe Blanchot, nous lui avions proposé de venir évoquer à notre conférence à Sciences-Po le fonctionnement des partis politiques. Il avait fondé la LCR. C'était intéressant. La réponse n’avait pas tardé : « Bien sûr, je viens ! » J’en étais heureux. Puis, nous avions précisé les choses, au cas où « Tu sais, c’est un cadre académique. Il faut rester un peu neutre. ». Lui « Oui, oui, j'ai compris ». C’était raté ! S’en est suivi une heure trente d’anecdotes sur la Révolution russe, Troski, Mai 68, l’histoire du mouvement ouvrier et de la social-démocratie. Sur le moment, j’en ai été un peu gêné. Rétrospectivement, j’en suis si fier. Marc-Antoine Jamet me raconta souvent cette anecdote : après des heures de routes sinueuses pour rejoindre une section qui l’invitait lors d'un Congrès, Henri Weber dans le couloir, demande au secrétaire de section qui l’accompagne : « Ils sont combien les camarades ? » Le secrétaire de section, bien embêté, lui répond, la voix basse, «  dans la salle et s’exclame avec sa voix grave : « parfait, on va avoir le temps de parler du socialisme ! » Avant de s’engouffrer dans la réunion et d'y parler comme s’il s’exprimait devant 5000 camarades. Désormais, il va falloir imaginer les Congrès de notre parti et les universités de La Rochelle sans lui. Et notre tristesse est immense.
Notre parti perd l’une de ses grandes voix et les militants, un vrai camarade. Tu nous manqueras Henri. A Clémence, à son épouse Fabienne et à sa famille, je veux dire au nom des socialistes de l’Eure mes plus sincères condoléances. »

19 avril 2020

Sévy Golden et Rosita rappelés à l'ordre. Ils ne faisaient pourtant rien de mal.


Sévy Golden, pour ceux et celles qui ne le sauraient pas, appartient au patrimoine lovérien. Jeune élève à l’école municipale de musique au sein de laquelle il étudia le piano avec Mlle Hentz, il est devenu au fil des ans et de l’apprentissage réussi un musicien professionnel capable de créer un orchestre et de s’inscrire dans le paysage follement dingue des années soixante et soixante-dix.
Combien de fans, combien de jeunes rassemblés le samedi à Louviers, aux Andelys, à Vernon, pour participer au mouvement global ! Mieux même puisque Sévy Golden continue — avec sa compagne — d’animer des soirées, des bals, des rencontres individuelles et collectives. Et parfois à la demande des collectivités territoriales locales.
Si j’osais, je dirais que Sévy Golden est un monument lovérien. Il a dû être reconnu comme tel puisque la ville de Louviers et son maire actuel ont fait appel à lui pour éditer à sa façon la célèbre chanson « sur la route de Louviers » distribuée en CD dans toutes les boites à lettres de Louviers.
Mais pourquoi, aujourd’hui, évoquer Sévy Golden ? Parce qu’il a tout simplement émis un cri de colère sur son profil Facebook. Les habitants des quartiers Est de Louviers avaient pris l’habitude, le samedi soir, d’entendre Sévy Golden  et Rosita (domiciliés à Pinterville)  qui proposaient un mini concert à l’heure des applaudissements envers les soignants. Rien de bien méchant bien au contraire.
Mais comme l’unanimité n’existe pas et que, bon an mal an, les grincheux trouvent toujours à s’exprimer, Sévy Golden, un soir de cette semaine, a reçu la visite des policiers de Louviers-Val-de-Reuil, à la suite d’une plainte pour trouble de voisinage. J’ignore si notre musicien sera l’objet de poursuites quelconques ou d’infractions à quelques règlements ? Des oreilles très (trop) sensibles et pas très aimables ont en tout cas jugé que les décibels émanant de la sono de Sévy Golden, en concert de quartier gratis pro deo, devenaient assourdissants. Voilà pourquoi Sévy Golden s’est fâché tout rouge et a réussi à susciter un nombre de commentaires aussi indignés qu’amicaux.
Les policiers d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier. Dans le temps, les gardiens de la paix passaient plusieurs années dans une même région et prenaient ainsi le temps de s’inscrire dans leur environnement qu’ils maîtrisaient dans tous ses effets. Aujourd’hui au fil des mutations et des promotions, au nom de la loi aussi, certains sont plus à l’aise dans la sanction…J’ose espérer que la commissaire de police de Val-de-Reuil appréciera à sa juste valeur le geste musical et vocal de Sévy et Rosita et que nulle amende ne viendra les frapper. Un simple rappel à l'ordre serait, selon nous, bien suffisant. Pour la forme quoi.

18 avril 2020

Le maire de Louviers expose son plan d'action contre les conséquences de la pandémie de Covid 19 : Les Lovérien(ne)s disposeront tous et toutes d'un masque lors du déconfinement !


Il est rarissime que je publie un communiqué d'un élu sans le commenter. J'ai fait le choix de publier dans son intégralité ce texte du maire de Louviers dans lequel il expose son plan d'action en faveur des Lovériens et des Lovériennes pendant la pandémie. Il a raison : il y aura un avant et un après. Mais sous sommes dans le pendant de l'action. Restons-y avec responsabilité. 

Communiqué de François-Xavier Priollaud, maire de Louviers :
Nous entrons dans notre deuxième mois de confinement et je voudrais tout d’abord vous remercier pour le sérieux avec lequel l’immense majorité d’entre vous respectez des règles particulièrement contraignantes qui nous privent de nos libertés habituelles.
Ce confinement, vous le savez, est aujourd’hui notre meilleure arme, en vérité notre seule arme, pour freiner la propagation d’un virus contre lequel nous n’avons à ce jour ni traitement, ni vaccin.
Ce confinement, nous lui devons d’avoir pu éviter à Louviers et plus généralement dans notre département, cette vague que l’on redoutait tant, de malades atteints par la forme grave du virus avec une issue malheureusement souvent tragique.
Nos EHPAD et la Résidence du Parc sont préservés. Aucun cas n’y est à ce jour signalé. La situation est maîtrisée et nous devons continuer à appliquer scrupuleusement les gestes barrière pour qu’elle le reste. Merci à tous les professionnels de santé, en médecine de ville comme en secteur hospitalier pour leur dévouement. Jamais le serment d’Hippocrate n’aura eu autant de sens.

Dans son allocution de lundi dernier, le Président de la République a donné une date précise pour le début du déconfinement : ce sera le lundi 11 mai, sous réserve bien sûr que l’épidémie soit d’ici là maitrisée et même qu’elle ait reculé.
Depuis le début de la crise sanitaire, j’ai pris, au nom de la municipalité, un certain nombre de décisions et de mesures pour gérer l’urgence : accueil des enfants de soignants dans nos crèches et nos écoles ouvertes spécialement pour eux, développement du service de livraison de repas à domicile, portage de médicaments pour les personnes les plus fragiles, fermeture des commerces alimentaires après 20h pour éviter les regroupements nocturnes injustifiés, distribution de gel hydro-alcoolique et de matériel de protection pour les professions médicales.

Tout ceci a été mis en place grâce à la mobilisation du personnel municipal sur le pont depuis le premier jour pour assurer un service public non pas minimum, mais bel et bien maximum, malgré des conditions difficiles. J’adresse aux agents de la ville, en notre nom à tous, élus et citoyens, nos remerciements et notre reconnaissance.
Il s’agit à présent de passer à une nouvelle étape de l’action municipale tout en continuant d’agir avec efficacité et humanité. On évoque souvent le monde d’avant et le monde d’après. Il y aura en effet probablement un avant et un après. Mais ce qui m’occupe et me préoccupe aujourd’hui c’est le présent, je veux parler de l’adaptation de nos modes de vie à l’existence d’un virus qui ne va pas disparaître du jour au lendemain.

Il nous faut donc apprendre à vivre avec. Il nous faut être lucides et regarder en face la crise économique qui s’annonce et ses conséquences sociales potentiellement dramatiques. Nous devons être à la hauteur pour faire face individuellement et collectivement aux difficultés qui sont devant nous et qui nécessitent de la détermination et de l’unité. Aussi, je vous présente des mesures très concrètes qui constituent le plan d’action de la ville de Louviers pour cette période où nous allons devoir apprendre à vivre avec le virus.

Ce plan d’action municipal, qui s’ajoute aux mesures prises par l’Etat, la
Région, le Département et l’Agglomération, comporte quatre volets :
- Un volet sanitaire ;
- Un volet de soutien à l’économie locale ;
- Un volet d’accompagnement social et éducatif ;
- Et enfin un volet dédié au tissu associatif.


Le premier axe est sanitaire
Il porte essentiellement sur la question des masques. La ville a constitué un stock de masques chirurgicaux jetables que nous réservons en priorité au personnel municipal pour lequel une protection estrequise dans l’exercice de ses missions. Je pense en particulier aux agents du
CCAS en lien avec des personnes vulnérables, à ceux de la résidence du parcainsi que de la régie de restauration collective des deux airelles. Des masques supplémentaires commandés et réceptionnés par l’agglomération pourront
également être distribués aux personnels soignants qui en feraient la demande et qui sont prioritaires.

Par ailleurs, nous allons distribuer un premier lot de 25 masques à chaque commerce ouvert à Louviers pendant la période de confinement. Les commerçants sont en effet au contact quotidien de nombreuses personnes et j’estime que nous leur devons cette protection.

Mais se pose aussi la question du port du masque pour l’ensemble de la population dans la phase de déconfinement et au-delà. Le choix que nous faisons est celui des masques en tissu, lavables et réutilisables. Je vous annonce que nous mettrons à la disposition de chaque lovérien un masque en tissu d’ici à la fin du confinement.

Nous avons commencé à travailler à cette solution il y a maintenant dix jours et avons réceptionné une commande de tissu et d’élastiques samedi dernier pour la confection de ces masques selon un tutoriel agrée par l’AFNOR. La matière première est achetée par la ville et les masques sont réalisés par des bénévoles de l’association culturelle franco-turque de Louviers que je tiens à remercier très chaleureusement. La production va commencer avant la fin de la semaine dans des locaux et avec des machines à coudre professionnelles mises à disposition gracieusement par un entrepreneur de Louviers que je tiens à remercier très sincèrement. Environ 25 000 masques devraient être ainsi fabriqués d’ici au 11 mai et ils feront l’objet d’un contrôle qualité par un organisme agréé.
Vous serez prochainement informés des modalités de distribution de ces masques qui seront bien entendu gratuits. J’attire votre attention sur le fait que le port du masque, qu’il soit jetable ou lavable, n’exonère en rien des gestes barrières qui restent la meilleure protection contre le virus. J’insiste aussi sur le fait que jusqu’au 11 mai le confinement reste la seule solution pour empêcher la propagation du virus et que jusqu’à cette date il nous faut rester chez nous.

Le volet économique
J’en viens à présent au volet économique de notre plan d’action. Le coup d’arrêt brutal porté à l’économie du pays a des conséquences terribles sur le tissu
économique local, en particulier pour nos artisans et commerçants dont une majorité est frappée par des mesures de fermeture administrative. Il n’est pas question de les laisser tomber. Les commerces de proximité sont le cœur battant de notre ville et je mettrai tout en œuvre pour éviter que certains ne survivent pas à la crise actuelle.

C’est pourquoi la ville de Louviers va déployer des moyens financiers sans précédent pour leur venir en aide. Aussi, je vous annonce l’exonération de la taxe locale sur la publicité et les enseignes (la TLPE) pour l’exercice 2020 ainsi que la suppression des droits de terrasse. La non perception de ces taxes représente en effort financier d’environ 100 000 euros pour la ville.

Nous allons également procéder au doublement du fonds municipal d’attractivité commerciale. Nous proposerons que sa dotation passe de 50 000 à 100 000 euros dans le budget primitif 2020 qui sera présenté au début de l’été.
Ce fonds municipal sera principalement réorienté vers des mesures de soutien à la reprise d’activité pour les commerces fermés pendant le confinement. Et je réunirai les représentants des associations de commerçants afin d’établir avec eux les critères d’attribution de cette aide. Je souhaite que nous nous inscrivions dans une approche au cas par cas. C’est aussi cette démarche que je porterai auprès de l’Agglomération Seine-Eure dans le cadre des dispositifs de soutien qu’elle mettra en place.

C’est grâce à l’assainissement des finances municipales opéré depuis six ans que nous pouvons aujourd’hui financer ces mesures d’urgence, sans avoir à augmenter les impôts. Je vous le dis car c’est important, la crise ne me fera pas changer de cap. Nous poursuivrons à Louviers, au cours du prochain mandat, la baisse des taux d’imposition que nous avons initiée en 2017.

Nous disposons également d’un levier d’action à travers le programme national « Action coeur de ville » dont Louviers fait partie, avec 221 autres villes en France. J’ai proposé au ministre des collectivités locales, Sébastien Lecornu, que ce dispositif soit repensé pour devenir un levier de la relance de l’économie locale. A cet effet, je vais demander au Gouvernement, en l’espèce au ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire, que les collectivités locales soient autorisées à réorienter le FISAC – ce Fonds d'intervention pour la sauvegarde de l'artisanat et du commerce - vers des aides d’urgence aux commerces en difficulté, en particulier dans les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie. Au niveau de notre agglomération, cela représenterait 400 000 euros immédiatement disponibles.

Le soutien au secteur du bâtiment est également stratégique dans la période actuelle et là aussi, je plaiderai auprès de l’Etat pour que les communes du programme « Action Coeur de ville » puissent rapidement bénéficier de dispositifs fiscaux incitatifs au développement de programmes immobiliers répondant aux besoins de notre territoire.

Vous le voyez, beaucoup pourra être fait pour relancer l’économie et soutenir nos entreprises si nous savons faire preuve de pragmatisme et de bon sens pour agir vite, avec souplesse et discernement, en soutenant la commande publique auprès des entreprises de notre territoire.

A cet égard, j’ai bon espoir que la demande formulée avec d’autres maires visant
à relever à 100 000 euros (au lieu de 40 000 euros) le seuil de déclenchement des marchés publics soit acceptée par le Gouvernement dans le cadre des ordonnances en cours d’élaboration.

Accompagnement social et éducatif
Après les mesures d’aides aux entreprises et à l’économie locale, j’en viens à présent au volet relatif à l’accompagnement social et éducatif. Car c’est une évidence, la crise économique va accentuer les inégalités sociales avec des familles entières ou des personnes isolées qui risquent de se trouver confrontées
à des difficultés financières accrues. Le CCAS dispose dans son budget d’une enveloppe dite de secours d’un montant annuel de 40 000 euros pour venir en aide aux plus démunis, notamment quand ils doivent faire face à des problèmes de surendettement pour payer l’eau, l’électricité, la cantine des enfants, le loyer. Cette enveloppe de secours va être déplafonnée afin de pouvoir satisfaire toutes les demandes qui rempliront les critères fixés par la commission d’attribution des aides.

Il nous appartient aussi de protéger les personnes les plus vulnérables qui peuvent être victimes de violences intrafamiliales. Des dispositifs de prise en charge existent à Louviers, en lien avec les services de l’Etat, du département et le réseau associatif : ce travail partenarial ancré dans notre Stratégie municipale de sécurité et de prévention de la délinquance élaborée en 2015 doit être encore renforcé aujourd’hui. C’est pourquoi des hébergements d’urgence de la ville seront le cas échéant mobilisés pour mettre en sécurité les personnes victimes de telles violences ; j’ai échangé sur ce sujet avec l’opposition municipale et nous allons renforcer nos moyens d’information pour éviter que de tels drames ne se produisent et ne se poursuivent dans l’indifférence.

Le Président de la République a annoncé la réouverture progressive des
écoles à partir du 11 mai. Le Gouvernement n’a pas encore précisé les modalités de la reprise des cours. Est-ce que les écoles de Louviers rouvriront toutes en même temps ? La reprise se fera-t-elle à plein temps ou à temps partiel ? Les classes seront-elles dédoublées pour avoir des effectifs réduits ? Je n’ai pas aujourd’hui les réponses à ces questions qui ne relèvent pas de la ville, mais de l’Education nationale.

Ce que je peux vous assurer, c’est que la municipalité prendra bien sûr toutes les mesures permettant de garantir la sécurité sanitaire des élèves, de leurs enseignants et des agents municipaux qui travaillent dans les écoles : Je veux parler de la désinfection des locaux, de la mise à disposition de gel hydro-alcoolique et de savon et aussi de masques si cela était nécessaire.

Depuis le début du confinement, les enseignants ne ménagent pas leurs efforts pour assurer la continuité scolaire et maintenir le lien avec leurs élèves. Je tiens
à les en remercier. Mais malgré leurs efforts, la fermeture physique des écoles est terrible pour le décrochage scolaire en particulier pour les élèves issus des quartiers d’éducation prioritaire. Nous devons les aider à rattraper le retard accumulé pour qu’ils ne soient pas pénalisés pour le restant de leur scolarité. Car on sait à quel point le retard pris dans l’apprentissage des savoirs fondamentaux peut à terme devenir un facteur de discrimination sociale.

C’est pourquoi j’ai proposé à l’inspecteur de l’Education nationale que la ville de Louviers offre cet été des cahiers de vacances aux élèves scolarisés dans le réseau d’éducation prioritaire. Au-delà des cahiers, que nous commanderons, en circuit court, à la librairie de Louviers, nous mettrons en place un dispositif de soutien scolaire, pendant l’été, dans le cadre du Plan de Réussite Educative (PRE).
Enfin sur cette question de la réouverture des écoles, je réunirai l’ensemble des acteurs de la communauté éducative dès que le Gouvernement aura fait connaître les modalités de déconfinement afin de les décliner à Louviers de façon opérationnelle et dans la concertation.

Soutien aux associations
J’en viens enfin, et pour conclure, au 4e volet de ce plan d’action. Il concerne le soutien que la municipalité apporte au secteur associatif, lequel joue un rôle déterminant dans la vie de la cité. La période de confinement est terrible pour les associations qui ont dû suspendre leurs activités et se retrouvent pour certaines confrontées à des difficultés financières pour honorer leurs charges.
La loi d’urgence sanitaire du 23 mars 2020 autorise les maires à prendre des décisions sans avoir à réunir le conseil municipal puisque le contexte ne le permet pas pour le moment. En application de cette loi, j’ai signé hier la décision qui attribue 185 000 euros de subventions à nos clubs sportifs, conformément à la répartition proposée par l’Office municipal des sports. Les comptes bancaires des clubs seront ainsi crédités dans les délais les plus brefs.

S’agissant des associations non sportives qui nous ont retourné leur dossier de demande de subvention, je réunirai dans les prochains jours, sous la forme d’une visio-conférence, la commission consultative d’attribution des subventions aux associations qui comprend des élus de la majorité, de l’opposition et des personnalités qualifiées. Nous serons ainsi en capacité de verser rapidement les subventions accordées.

Je voudrais aussi vous dire un mot plus particulier sur les associations caritatives qui viennent en aide aux plus fragiles : la Croix Rouge, le Secours populaire, les Restos du Coeur, le Secours catholique et l’Armée du Salut. Je vais proposer à leurs responsables de tenir une réunion en audio ou en visio-conférence pour échanger avec eux sur la façon d’adapter au mieux l’aide apportée aux plus démunis. Là aussi, la municipalité sera au rendez-vous si des moyens supplémentaires doivent être accordés à ces associations, sous forme de subventions exceptionnelles.

Comme vous pouvez le constater, le temps n’est pas celui des déclarations d’intention ; il est clairement celui de l’action. Le défi est immense et il faudra du temps pour retrouver une vie normale.
Les équipements recevant du public vont rester fermés après le 11 mai, qu’il s’agisse par exemple du cinéma, du musée, de la piscine, de la patinoire et de nombreux lieux que nous avons hâte de retrouver, comme les cafés et les restaurants.
Les personnes âgées et les plus fragiles vont devoir rester encore confinées un temps certain et nous devons leur apporter toute notre attention et prendre soin d’elles.
En cette période si singulière, il nous faut plus que jamais faire preuve d’humanité, de patience, d’esprit d’entraide et de solidarité. C’est ainsi que nous apprenons, jour après jour, à vivre différemment le temps de vaincre ce virus.
Alors, plutôt que de céder à un pessimisme de raison, je vous propose de faire le choix d’un optimisme de volonté. Car j’en suis certain, ensemble et unis, ce défi, nous le relèverons.