11 février 2011

En France aussi la révolution est en marche…



« Pour ceux qui ne s’en seraient pas encore aperçu, l’Egypte et la Tunisie ne sont pas les seuls pays à se révolter dans le monde. Personne n'y fait réellement attention, mais depuis pratiquement dix ans, la révolution avance en France. Ça n'est pas aussi spectaculaire qu'en Tunisie ou en Égypte mais c’est terriblement efficace. Cette révolution silencieuse et pernicieuse, avance étape par étape, mais plus son enracinement est profond et plus son offensive s’impose. La révolution ne se fait pas en un jour, c'est un processus long.

Il faut discréditer son adversaire, l'affaiblir et le diviser. Alors que dans les pays du Maghreb, le peuple demande plus de démocratie, plus de partage ou plus de liberté, en France on fait le contraire : moins de partage, moins de démocratie et moins de liberté ! Alors que dans les pays en révolte, les opprimés et les exploités réalisent que ce sont les nantis et les riches qui coûtent le plus cher, en France le pouvoir a réussi à retourner la vindicte populaire sur les plus faibles. Les plus riches ont même réussi à faire passer les services et les biens communs comme des tares du système afin de se les approprier !

Pourtant, la classe ouvrière est plus importante aujourd'hui qu'à l'époque de Marx, mais l'on a réussi à mettre dans la tête des gens, que le fonctionnaire, l'étranger, le jeune ou le chômeur sont des «problèmes». Maintenant, avec la loi sur la dépendance, l'on s'aperçoit que les vieux deviennent également un «problème». Ne vous faites pas d'illusions ! Pour le système, vous deviendrez forcement un «problème» un jour ou l'autre ! Mais, il est évidemment plus facile de jalouser son collègue ou son voisin plutôt que de s'en prendre aux véritables responsables qui restent invisibles bien à l’abri dans leur conseil d'administration !


La casse du code du travail, la destruction des services publics, la réforme des retraites et bientôt la destruction de la sécurité sociale, rien n'arrête la révolution bourgeoise.  A force d'expliquer qu'il n'y a pas d'autre alternative, que nous vivons dans un monde global, l'idéologie dominante a réussi a nous faire croire que nous vivons du mieux qu'il est possible et même que nous vivons au dessus de nos moyens. Par contre il n'est pas question de remettre en cause le luxe et le faste dans lequel eux-mêmes évoluent. Ils ont réussi ce tour de force de faire la révolution des riches avec l'assentiment et l'approbation des plus démunis !

D'ailleurs remarquez bien que la droite au pouvoir est toujours prête à faire le maximum pour notre bien-être — rappelez vous les promesses électorales de Sarkozy — mais malheureusement la conjoncture économique ne le permet pas. Alors, soit elle continue la politique précédente, soit elle nous en remet une couche ou même plusieurs couches! Les classes dirigeantes se donnent les moyens de leur utopie : nous domestiquer ! C’est pour cela qu’ils font la révolution !

A quand une vraie gauche avec des projets nouveaux ? Pas une gauche qui rafistole ce qui a été détruit. Il faut une gauche qui redonne l’espoir et la confiance au peuple français afin qu’ils se réapproprient leur avenir. La grande leçon de la Tunisie et de l'Egypte c'est de voir les peuples reprendre la main sur la politique.


Alain Lefeez

3 commentaires:

Anonyme a dit…

En France, la révolution en marche que nous vivons peut être qualifiée : elle se nomme contre-révolution.
Et face à la contre-révolution, une solution s'impose : la Révolution citoyenne. Celle où le peuple reprend ses affaires en main et refuse de déléguer son pouvoir souverain au bénéfice des intérêts d'une poignée de privilégiés qui constituent l'oligarchie.

Reynald Harlaut

Anonyme a dit…

bonne question, elle est où cette gauche ? Le problème est qu'il y a plusieurs gauches et pas 1. Et elles vont parfois dans des directions différentes.

Sylvia Mackert

Anonyme a dit…

Bel article, même si je récuse complètement le mot "bourgeois" qui ne veut plus rien dire.
Reynald a raison : c'est une nouvelle "noblesse" (au sens privilégiés sans autres mérites que ceux d'appartenir à une caste) qui confisque pouvoir et richesses.

En fait, nous sommes "à l'inverse" de l'Egypte et de la Tunisie, pour reprendre l'exemple.

Nous, en parfaite démocratie avec tout ce qu'il faut "sur le papier" comme contre-pouvoirs, nous avons créé un dictateur : Sarkozy et sa clique.

C'est à cela, me semble-t-il,qu'il faut surtout réfléchir.

PR