26 janvier 2019

Les socialistes de l'Eure préparent surtout les élections municipales de 2020


Ils animent le Parti socialiste dans l'Eure et la région. ©Jean-Charles Houel
Grande surprise en entrant ce matin dans la salle polyvalente d’Aviron. Il existe encore des militants socialistes ! Et si, sur le plan national, l’union de la gauche demeure utopique, aux plans départemental et local, l’intelligence collective prend le pas sur les querelles de chapelles ou les revendications égocentriques. Ce matin, à l’occasion de la cérémonie de vœux de la fédération de l’Eure du PS, plus de cent personnes représentant le PS, le PRG, le PC et EELV, ont écouté avec attention les différents discours préparés par la vieille et la jeune gardes. Timour Veyri, premier secrétaire fédéral a retrouvé Marc-Antoine Jamet, Jean-Louis Destans, Janick Léger et Nicolas Mayer Rossignol (1) certains d’entre eux aspirant à jouer à nouveau  un rôle important dans leur zone d’influence.

L’élection d’Emmanuel Macron semblait avoir ringardisé la gauche sociale-démocrate et les partis de gauche réformistes. La révolte sociale en cours, en coagulant des colères parfois contradictoires, remet les « vieux » partis dans le jeu politique. Leur retour, plus rapide que prévu doit faire face à un obstacle majeur : l’émiettement des forces républicaines et de progrès. Pour les orateurs PS il est mortifère de laisser se développer le face à face entre les nationalistes, souverainistes, populistes (RN et DLF)et La République en Marche. La droite modérée ayant choisi cette dernière, la France insoumise courant derrière les gilets jaunes, il y aurait un passage (étroit) pour une gauche responsable même si le quinquennat Hollande n’a pas laissé que des bons souvenirs dans le peuple se reconnaissant en elle.

Comme le dit Einstein s’« il n’existe ni passé, ni présent, ni avenir », occupons-nous donc, sans nostalgie, des affaires les plus urgentes : la démocratie participative et représentative, la justice sociale, le consentement à l’impôt, le maintien et la création de services publics…dont le coût doit être sans cesse expliqué (et légitimé !) auprès des citoyens. Jean-Louis Destans et Janick Léger au département, Nicolas Mayer-Rossignol à la Région, Marc-Antoine Jamet, à la mairie de Val-de-Reuil, ont prouvé et prouvent encore qu’une conception progressiste de l’action politique apportent un plus en qualité de vie. Avec Jean-Louis Destans, il y avait des projets, des investissements, un département de l’Eure lisible et visible. Avec Nicolas Mayer Rossignol, la Haute-Normandie se distinguait par ses innovations. Avec les Européennes dans le viseur et surtout, les municipales, il n’est pas écrit que Evreux, Louviers, Les Andelys resteront dans le giron de la droite fût-elle centriste.

La crise déclenchée par les gilets jaunes ouvre les yeux sur la précarité, la pauvreté, les injustices. J’ignore s’il faudra attendre la fin du grand débat pour que l’exécutif adopte les décisions qui s’imposent. Timour Veyri lance en tout cas un appel pour que les socialistes participent au grand débat et exigent le retour de l’ISF, une augmentation des bas salaires, un effort pour l’éducation et la formation. Bien le moins pour la gauche.

(1) Jean Louis Destans, ancien député et président du conseil général, Nicolas Mayer-Rossignol, ancien président de la Région Haute-Normandie, Janick Léger, présidente du groupe PS dans l’actuel conseil départemental, Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil et président de la commission des finances du conseil régional.

23 janvier 2019

(Petite) Affaire Portier-Leroy : Quelle mouche a piqué le préfet de l'Eure ?


Capture d'écran.
Eric Portier est le fils de Pierre Portier. Il n’est pas aussi connu que son père mais cela ne devrait pas tarder. Actuellement, il vend des casseroles et, soit dit en passant, pourrait bien s’en être accrochée une nouvelle aux fesses. En réussissant son pari intime de réussir un selfie avec Emmanuel Macron à Grand-Bourgtheroulde, lors du débat organisé dans l’Eure à l’intention des maires de Normandie, il a mis un élu important du territoire dans l’embarras. Pensez donc, il s’est prévalu du « parrainage » de Bernard Leroy pour passer les filtres nombreux destinés à empêcher les gilets jaunes et les éventuels terroristes d’atteindre le Président de la République.

A la question « Connaissez vous ce monsieur ? » posée par un responsable de la sécurité à Bernard Leroy flanqué d’Eric Portier, le maire du Vaudreuil a répondu « oui » puisque c’est vrai. Fallait-il pour autant en conclure, comme l’a fait un peu vite le préfet de l’Eure Thierry Courderc, que Bernard Leroy s’est montré complice d’une atteinte gravissime aux règles de sécurité…qu’il n’est d’ailleurs pas chargé d’appliquer. Sinon à quoi serviraient les services de l’Etat ?

Le préfet, très colère, en a fait tout un fromage demandant, dans un premier temps — excusez du peu — la démission de Bernard Leroy de ses fonctions électives ! Comme si un préfet pouvait imposer une solution aussi brutale qui reviendrait à mépriser le suffrage universel. Évidemment, le président de la CASE (agglomération Seine-Eure) n’a pas pris la demande au sérieux. Mais comme il ne souhaite pas jeter de l’huile sur le feu, bien lui en a pris de « choper » la grippe qui l’a cloué au lit pendant quatre jours, sans portable ni réseau.

Il faut s’interroger (pas trop longtemps tout de même) sur ce qui poussé le préfet à adopter un style péremptoire et faire sa sortie de route allant même jusqu’à justifier ses absences futures si, par malheur, il se trouvait dans la même pièce que Bernard Leroy. Sans être psychanalyste, métier sérieux s’il en est, j’en ai déduit que les démêlés judiciaires du préfet dans l’affaire de l’adhésion de la communauté « Eure-Madrie-Seine » à l’agglomération Seine-Eure au cours de laquelle il a été condamné par la justice administrative à une injonction limitée à 30 jours (1) pour signer la fusion, y était sans doute pour quelque chose. Ce n’est pas tous les jours que le plus haut représentant de l’Etat dans le département se voit ainsi contredit dans ses intentions. Et comme M. Couderc n’est pas le Roger du même nom…

La leçon de cette histoire de cornecul ? Qu’Eric Portier aurait certainement gagné à se montrer plus discret plutôt que de revendiquer auprès de la presse locale  la diffusion des selfies (2) qu’il possède en compagnie de Sarkozy, Hollande, Obama…et Macron. La question ne se serait pas posée de savoir comment il avait pu franchir les différents barrages anti-gilets jaunes. Eric Portier avait même demandé à François Loncle, ancien député, de pouvoir l’accompagner. Le parlementaire honoraire, connaissant bien les pratiques des services de sécurité, n’est pas tombé dans le piège. Un piège bien innocent en vérité, qui ne méritait sans doute pas autant de tapage médiatique, dans lequel je prends plaisir à plonger à mon tour.
(1)  Cette injonction datant d’octobre 2018 n’a été respectée que très récemment.
(2)  La mode des selfies n’est souvent qu’un reflet d'états d’âmes narcissiques.
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21 janvier 2019

La valeur argent, objectif de vie, est un frein au développement des idées vraiment de gauche

Même les Gilets jaunes font de la pub pour Nike !
Une auditrice attentive de l’émission de France Culture « la Fabrique de l’histoire » (du 17 janvier dernier) consacrée au Comité d’action de gauche de Louviers m’a fait part de son regret. Aucun mot, me reproche-t-elle, n’a été consacré aux gilets jaunes qui, selon elle, utilisent aussi les outils de la démocratie participative. Je me dois d’indiquer que lors de l’enregistrement de l’émission, je n’ai pas omis d’insister sur le besoin de reconnaissance témoigné sur les ronds points et d’une recherche de dignité face à l’arrogance de certains de nos gouvernants.

La journaliste de France Culture, responsable des choix éditoriaux, n’a pas souhaité retenir mon propos mais je ne saurais le lui reprocher. Cette « Fabrique de l’histoire » en restaurant la crédibilité d’une aventure partagée pendant près de vingt ans dans la ville de Louviers a montré que la démocratie participative était avant tout une entreprise collective au service d’objectifs communs. Elle a aussi rappelé que cette démocratie de base ne peut qu’exister — dans le système actuel — qu’avec le soutien d’élus éclairés et courageux.

Le mouvement des gilets jaunes a pris naissance contre la taxe carbone et finalement contre le consentement à l’impôt. Il est vrai que l’optimisation fiscale et la fraude fiscale — celles des riches le plus souvent — créent une injustice révoltante. Pour autant, à Louviers, ce consentement à l’impôt était justifié par la redistribution directe aux citoyens-contribuables sous la forme de services publics « gratuits ». Les Lovériens, les plus jeunes notamment, avaient un accès libre aux équipements sportifs, culturels, éducatifs, de mobilité, les dépenses de fonctionnement étant assurées par les quatre taxes (foncier bâti, non bâti, taxe professionnelle et taxe d’habitation). Ces quatre taxes visant à imposer plus lourdement les propriétaires et les plus riches. Le Dr Martin, alors maire, déclarait « que les citoyens ne rechignent pas pour payer l’eau ou le service des eaux usées alors que la culture, par exemple, devrait être une simple option. »En mutualisant les dépenses, c’était une façon de redistribuer les richesses.

Je reconnais qu’il existait d’importantes réticences des forces politiques situées à droite mais même au parti socialiste (celui de 1971 et d'Epinay) il s’est trouvé des hommes et des femmes pour coller des affiches sur les murs de Louviers disant : « la gratuité ça coûte cher ! » Voilà pourquoi aucun accord ne fut possible avec les partis de gauche traditionnels lors des élections de 1977 qui virent le CAG (Comité d’action de gauche) emporter les 27 sièges à pourvoir. Alors pourquoi la droite est-elle revenue au pouvoir à Louviers en 1983 ? Parce que les campagnes électorales fondées sur la « gabegie » « les impôts trop élevés » trouvent toujours des électeurs pour protester contre l’impôt et ce qu’ils appellent « le gaspillage ». Tant que la valeur argent demeurera un objectif de vie (au-delà du nécessaire s’entend) le combat des idées vraiment de gauche aura bien du mal à progresser.

19 janvier 2019

La mort de Pierre-Henri Troude ancien directeur de l'Etablissement public de la ville nouvelle


Pierre Henri Troude (au centre) avec Alain Crenn, à gauche. ©Jean-Charles Houel
Les habitants de Val-de-Reuil arrivés dans la ville depuis moins de trente ans n’ont jamais entendu parler de Pierre-Henri Troude. Pourtant, cet homme qui vient de décéder à Granville, sa ville d’adoption où il avait été adjoint au maire, a dirigé l’établissement public de la ville nouvelle du Vaudreuil (c’était alors son nom) après avoir succédé à Jean-Paul Lacaze, le premier responsable de l’EPVN.
Pierre Troude avait 95  ans. De sympathies centristes — il ne s’en cachait d’ailleurs pas — Il avait fait une carrière internationale comme administrateur de la France d’Outre-mer en Asie du sud est et en Afrique, M. Troude avait emprunté une autre voie en entrant à la CDC (Caisse des Dépôts et consignations) de Rouen. C’est là que sont venus le chercher les gouvernants de l’époque pour lui proposer la direction de l’EPVN. Il n’y restera pas très longtemps, l’élection de François Mitterrand conduisant à la nomination de Michel Doucet, ancien conseiller général socialiste, jusqu’en 1986, année de la fermeture de l’établissement public et de la suppression des subventions d’équilibre de l’assemblée communale.
J’ai le souvenir d’un homme aimable voire affable qui avait tenté, tant bien que mal, d’assurer le lien entre des hommes politiques locaux, opposés depuis toujours à la ville nouvelle, le président de l’EPVN (Rémy Montagne) qui leur servait de courroie de transmission et les élus de gauche à la tête du conseil municipal de l'Ensemble urbain.

18 janvier 2019

Quelques réflexions au débotté : Le CAG sur France culture, adapter les 80 km/heure, Non aux violences policières


Le CAG dans la fabrique de l’histoire
La municipalité Fromentin-Martin au travail. ©Jean-Charles Houel
France Culture a diffusé, hier matin, l’émission de « la Fabrique de l’histoire » consacrée au Comité d’Action de Gauche et à l’action du Docteur Ernest Martin, ancien maire. Grâce au livre d’Hélène Hatzfeld, Les Français connaissent mieux la politique conduite pendant deux époques dans cette bonne ville de Louviers. De 1965 à 1969, Le Dr Martin installa les fondations d’une politique qui aurait mérité mieux que le nom d’expérience dont elle fut affublée. Il s’agissait d’une politique avant-gardiste mettant en cause en profondeur les relations des communes avec l’Etat, des citoyens avec leurs élus.
Commissions extra-municipales, commission plénière, journal municipal ouvert, information permanente, entrée libre des équipements financés par l’impôt. A l’heure où les gilets jaunes nous conduisent à revoir le fonctionnement de la démocratie, il est sain et utile de se souvenir qu’une municipalité de gauche, animée par des hommes et des femmes de bonne volonté, a mis en place des outils avant tout destinés aux populations dites défavorisées mais dont personne n’est exclu.
Ceux que cela intéresse peuvent écouter en podcast, sur le site de France Culture, l’émission d’Emmanuel Laurentin, coproduite par Séverine Liatard, ou lire le livre d’Hélène Hatzfeld : «La politique à la ville, inventions citoyennes à Louviers, 1965-1983 » déclencheur de l’enquête de la journaliste de France-Culture.

Carlos Ghosn croupit dans sa prison
Pendant que Carlos Ghosn croupit dans sa prison, le gouvernement agit. Actionnaire à hauteur de 15 % dans le capital de Renault, Bruno Le Maire demande la réunion du conseil d’administration de la société pour qu’elle désigne un nouveau PDG. On imagine mal l’alliance Nissan-Renault sans dirigeants (en France du Moins) aptes à préparer l’avenir de la voiture électrique ou à hydrogène.
La justice japonaise vient de refuser à nouveau la liberté conditionnelle de l’ancien PDG qui se voit reprocher affaires sur affaires. A-t-il confondu son propre portefeuille avec celui des sociétés qu’il dirigeait ? A-t-il oublié de déclarer fiscalement des revenus semble-t-il, connus de tous ? A-t-il été victime de cet hubris dont sont atteints maints hommes de pouvoir (les femmes en seraient-elles protégées ou immunisées ?) il reste que le Brésilien-Français-Libanais devra répondre de ces accusations devant un tribunal japonais dans quelques mois.

Claude Guéant prend un an ferme
Claude Guéant vient de voir sa condamnation à un an de prison ferme — dans l’affaire de la circulation des primes en espèces au sein du ministère qu’il dirigeait — confirmée par la plus haute juridiction (la Cour de Cassation) de notre pays. Le pire, pour lui, est qu’il n’est pas à l’abri des foudres futures de la justice puisque l’ancien ministre de l’Intérieur se voit également mis en cause dans différentes affaires (libyenne ou sondages de l’Elysée) avec son mentor, Nicolas Sarkozy.
L’ancien président est menacé, lui aussi, par nombre de procédures dont la moins grave n’est certes pas celle de la tentative présumée d’obtenir des informations de la part d’un magistrat (M. Azibert) de la Cour de Cassation interrogé sur l’évolution du dossier Bettencourt. Des écoutes téléphoniques (validées) jointes au dossier des preuves laissent entendre que M. Sarkozy et son avocat n’auraient pas hésité à contourner la loi…

Adapter au terrain les 80 Km/heure
Le président Macron, interrogé par des élus de notre département, a reconnu que la limitation de vitesse à 80 Km/heure sur toutes les routes secondaires de l’hexagone mériterait un réexamen. J’ai déjà écrit sur ce blog que le bon sens voulait que les préfets, les mieux placés sur le terrain, soient ceux qui prescrivent ces limitations dans les zones dangereuses et accidentogènes. Une longue ligne droite, large, à bonne visibilité, ne nécessite pas de rouler seulement à 80 Km/heure.
Certes, Edouard Philippe s’est personnellement investi dans la mise en place de cette mesure. Si le président le souhaite, l’ancien maire du Havre ne pourra pas passer outre. On dit que la limitation de vitesse a mécontenté le monde rural et les usagers du « domicile-travail ». D’autres catégories de la population sont fondés à se plaindre comme les chauffeurs-routiers par exemple ou tous ceux qui ont besoin de leur voiture pour exercer leur métier : VRP, médecins, etc. Allez, enfin un peu de bon sens…

Non aux violences policières
J’ai suffisamment critiqué les violences émanant des gilets jaunes ou des casseurs patentés pour passer sous silence les violences des agents chargés du maintien de l’ordre. Les journaux nationaux font état d’un lourd bilan de manifestants éborgnés, aux membres brisés ou aux visages tuméfiés. Les tirs de flash-balls sont mis en cause ainsi que le déplore Jacques Toubon, défenseur des droits, et d’autres autorités supra-nationales. C’est si vrai que les préfets ont reçu une circulaire du ministère de l’Intérieur rappelant le mode d’emploi de ces armes dites non létales mais extrêmement dangereuses quand les « balles » atteignent le visage ou d’autres parties du corps vulnérables. L’interdiction de l’usage de ces armes serait une bonne décision. M. Jobard — c’est son vrai nom — écrivain, raconte, dans un livre sorti récemment, comment et pourquoi les policiers utilisent ces armes conduisant à des violences parfaitement scandaleuses.



17 janvier 2019

Deux siècles d'évolution de la condition féminine : Une exposition aux Archives de l'agglomération Seine-Eure


Dessin de Jean-Pierre Rault paru dans le journal Devenir en 1972.
Une exposition, présentée du 1er février au 26 avril 2019, retracera deux siècles d’évolution de la condition féminine sur le territoire Seine-Eure, histoire abordée au travers de différents thèmes : éducation, travail, conquête des droits personnels et civiques…  Elle sera ponctuée de divers événements : visites commentées (9 février et 13 avril), projection d’un documentaire sur l’histoire du féminisme (29 mars et 26 avril) et spectacle proposé en collaboration avec les élèves du lycée Marc-Bloch de Val-de-Reuil (8 mars au soir).
Cette exposition se tiendra dans les locaux du service des Archives, rue Charles Cros, à Louviers.

13 janvier 2019

La Société des nations ? La paix par la solidarité collective…souvent souhaitée jamais réalisée


Jean-Michel Guieu.© Jean-charles Houel
Est-il possible d’imaginer un monde sans guerre ? Sans doute pas. De tous temps, cependant, des hommes de bonne volonté, pacifistes ou « solidaristes » qu’ils soient chefs d’états ou simples citoyens se sont plu à croire à la mise en place d’une solidarité collective susceptible de résoudre les différends entre états par un droit opposable aux puissances guerrières.

« La Société des Nations (1919-1946), fille de la Grande Guerre et ancêtre de l’ONU », par Jean-Michel Guieu, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, était donc le thème de la conférence proposée par la Société d’Etudes diverses de Louviers, samedi, dans la salle Pierre Mendès France de l’hôtel de ville. La SDN part de loin et, malheureusement, elle finit mal. En 1946, l’Organisation des Nations unies succède à la SDN avec des objectifs moins ambitieux et une distribution des rôles nouvelle. Autant la SDN, dans l’esprit et la lettre plaçait les états (petits et grands) sur un pied d’égalité, autant l’ONU fera la part belle aux grandes puissances : l’URSS, les USA, la Grande-Bretagne, la France et la Chine.

Revenons à la SDN de 1919 créée à l'occasion de la conférence de la paix. Ses fondations prennent naissance en Grande-Bretagne, en France mais aussi et surtout aux Etats-Unis où le président démocrate Wilson (profondément religieux) désireux de protéger la liberté du commerce mondial défend une paix raisonnable dès 1915 alors que son pays affiche son neutralisme. Les USA entreront quand même en guerre en 1917 et seront les fers de lance lors de la signature du traité de Versailles dont les premiers articles reprennent la totalité des désirs du président américain. L’histoire retiendra que le Congrès américain ne ratifiera pas la charte de la SDN qui rassemblera 60 nations dont les pays européens les plus importants avec le Japon notamment.

Des années vingt aux années trente, beaucoup pensent que la guerre de 1914-1918 sera la der des der. Les intellectuels, la presse, de nombreux politiques tels qu'Aristide Briand, en France ou Gustav Streseman, en Allemagne (ils recevront le prix Nobel de la paix) avaient la certitude de ce qui semblait être une évidence : la paix toujours et partout pour le plus grand bénéfice de l'humanité. Tant de millions d’hommes : Russes, Allemands, Français, Britanniques, Italiens, Turcs, Arméniens, morts ou blessés sur les champs de batailles, tant de millions de morts et de blessés parmi les civils. On expérimente alors « la guerre totale » avec des armes nouvelles et meurtrières…ouvrant la porte aux terribles bilans de la seconde guerre mondiale et à l’échec de la Société des Nations incapable d’empêcher l’Italie d’envahir l’Ethiopie et L’Allemagne de réoccuper la Rhénanie ou d’envahir la Tchécoslovaquie. Et ne parlons pas de l’invasion de la Mandchourie par le Japon.

Léon Bourgeois, le Français initiateur d’une solidarité collective efficace avait souhaité que cette SDN se dote des moyens d’une force internationale pour ramener les puissances belliqueuses à la raison. Sans l’aide de Clémenceau ses espoirs sont restés lettre morte. Les casques bleus de l’ONU, force d’interposition d’aujourd’hui, ont montré leurs limites au Moyen Orient, en Afrique ou dans la Mittle Europe. D’autant que les USA, première puissance mondiale n’est plus présidée par un Wilson messianique mais par un Trump isolationniste.

Jean-Michel Guieu, très applaudi par une salle comble a répondu aux questions du public. Ce fut l’occasion pour Claude Cornu de rappeler que le Samedi 2 février 2019 Gérard Gengembre, professeur émérite de l’Université de Caen et spécialiste de la littérature du XIXe siècle, évoquera « Maupassant, écrivain normand » à 16 heures aux lieu et heure habituels.

12 janvier 2019

Le Comité d'action de gauche sur France Culture le 17 janvier de 9 à 10 heures dans La Fabrique de l'Histoire


En mai 1969, Hélène Chatelain dans le Nouvel observateur titrait : « l’aventure du docteur Martin ». La défaite du maire de Louviers aux élections municipales partielles mettait un terme provisoire à une politique d’autonomie municipale, utopique sans doute, mais illustrée de décisions bien concrètes dans la vie des Lovériens. L’article de la journaliste parisienne insistait sur les équipements publics mis à la disposition des citoyens et sur les formes de démocratie participative confirmée de 1976 à 1983 après une reconquête du pouvoir local par le Comité d’Action de gauche et son allié, le PSU.
Affiche du CAG de 1976.©JCH
Hélène Hatzfeld, docteur en sciences politiques, est venue enquêter à Louviers sur cette expérience de démocratie locale originale et tellement à l’ordre du jour avec les manifestations des gilets jaunes réclamant une prise de parole permanente et des respirations démocratiques renouvelées plus souvent. Le livre qu’elle a écrit et paru aux PUR explicite en détails, sur la base d’entretiens et d’archives (notamment les miennes) les trois grandes périodes de cette histoire passée très actuelle : 1965-1969 avec la municipalité d’Union des Gauches, 1970-1976 avec l’opposition et la reconquête du pouvoir, 1976-1983, phase active avec la création de commissions extra-municipales et le lancement d’un journal municipal ouvert.
France Culture et Emmanuel Laurentin ont eu connaissance du livre d’Hélène Hatzfeld et proposé aux militants du CAG de cette époque de narrer l’histoire de cette « autogestion » municipale. Séverine Liatard, journaliste de la radio de service public est donc venue à Louviers pour des entretiens complets. Le montage de l’émission sera diffusé le 17 janvier de 9 à 10 heures sur les antennes de France Culture dans le cadre de « La Fabrique de l’histoire. » Lovériens anciens et nouveaux habitants auraient intérêt à écouter les témoignages des acteurs de l’époque, tous et toutes très investis dans cette passion alors commune : défendre l’intérêt général en créant de nouveaux services publics et en en facilitant l’accès notamment par l’entrée libre.

Les « faux » journalistes n'ont aucune crédibilité


Jean-Michel Apathie a raconté comment un « journaliste » sans nom l’avait interpellé au coin d’une rue pour le traiter de menteur et de « journaliste au service de l’argent et du pouvoir ». Désireux de conserver l’anonymat , il est fort probable que ce soi disant homme de presse ne soit autre que Marc Rylewski (1), un soutien des Gilets jaunes qui l’ont adoubé depuis des semaines.

Marc Rylewski vole de ses propres ailes et si les gilets jaunes ne jurent que par lui, il ne faut pas se tromper. Marc Rylewski n’a ni carte de presse ni qualités pour se présenter comme journaliste. Disons qu’il joue les journalistes au service des causes qu’il défend…comme le feraient donc ceux et celles qu’il assimile au pouvoir ! Il s’agit d’un reporter-cameraman « irresponsable » au sens plein du droit qui ne respecte en rien les règles que se fixent des professionnels dignes de ce nom.

Les « informations » qu’il diffuse sont brutes de décoffrage, sans contexte, sans analyse, sans mise en perspective et surtout sans qu’elles puissent répondre aux questions fondamentales : qui, quoi, quand, où ? Pourquoi, comment ? Ce Marc Rylewski est évidemment libre de ses opinions sauf s’il commet un délit réprimé par la loi.

Jean-Michel Apathie, au ton grave, considère que la haine diffusée par Marc Rylewski et celle des gilets jaunes violents, nous conduit au bord de la guerre civile. Il exagère sans doute mais on aurait tort de ne pas s’inquiéter de ces amateurs de fausses nouvelles et de complots, eux qui n’hésitent pas à populariser la quenelle de Dieudonné, signe de ralliement des antisémites. Il y a du facho là-dessous et le soutien de Salvini, le ministre de l’Intérieur italien, ne préjuge rien de bon.
(1) Source Le Figaro.

11 janvier 2019

Les préfets pourraient adapter les 80 km/heure à l'état des routes départementales


La limitation à 80 Km/heure n’est pas inscrite au programme des sujets à débattre lors de la grande consultation nationale lancée la semaine prochaine dans l’Eure par le président Macron. Je suis favorable à cette limitation de la vitesse. Elle semble donner des résultats positifs puisque le nombre d’accidents et de morts a diminué sur les routes départementales depuis la mise en œuvre de cette mesure majoritairement rejetée par les Français.
Je suis favorable ou plutôt « j’étais » favorable car il faut bien avouer que sur certaines routes, la généralisation de la mesure ne se justifie pas. La décision consistant à imposer partout et en tous temps la limitation à 80 Km/ sur des portions de route non accidentogènes est excessive et nombreux sont ceux et celles qui proposent d’autres solutions.
Il en est une, de bon sens et équilibrée. Le gouvernement devrait ainsi permettre aux préfets, meilleurs connaisseurs du terrain, d’adapter la règle aux endroits jugés statistiquement comme dangereux ou points noirs. Il conviendrait, en effet, de conserver les 90 Km/heure sur les routes en bon état ou suffisamment sûres pour permettre une circulation fluide et moins contraignante. J’imagine que lors du grand débat, nous serons nombreux à soulever cette question et à proposer une adaptation intelligente ce la règle actuelle.