15 août 2014

Mahiedine Mekhissi Benabbab a-t-il été condescendant à l'égard de ses adversaires du 3000 mètres steeple ?

L’équipe de France d’athlétisme obtient de très bons résultats en Suisse à Zurich à l’occasion des championnats d’Europe. Coureurs, lanceurs, sauteurs composent une équipe homogène et les médailles obtenues récompensent le travail des sportifs, d’abord, et des équipes appelées à les encadrer et à la préparer.
La machine tournait bien jusqu’à hier. Deux malheureux événements sont venus gâcher le plaisir du club France dont l’un aurait pu être évité. Qu’un coureur de 110 mètres haies pose le pied dans un couloir voisin appartient aux aléas de cette course ingrate, technique, qui allie vélocité et rythme. Dans la mesure où les règlements interdisent de sortir du couloir qui est le vôtre, la sanction des juges à l’égard d’un coureur français est légitime.
Le cas de Mahiedine Mekhissi Benabbab est différent. Le vainqueur de la finale du 3000 steeple n’a pas d’adversaires de sa pointure en Europe. Il domine sa spécialité de la tête et des épaules. Surtout des épaules d'ailleurs. Seuls certains Africains peuvent mettre en danger sa suprématie. Le steepleur français a donc eu une course facile, à son niveau, et lors du dernier tour, s’est cru obligé à quelques dizaines de mètres de la ligne d’arrivée, d’enlever son maillot portant son numéro de dossard et son nom.
Stéphane Diagana, champion français et commentateur à la télévision, a d’emblée reniflé le danger exprimant à la fois son étonnement et son inquiétude. Il avait raison. Car le carton jaune donné à Mekhissi Benabbab n’a pas été la seule sanction de la soirée. Les juges internationaux ont en effet décidé de le disqualifier pour comportement antisportif.
Bernard Amsalem, président de la FFA, déplore l’attitude imprévisible de son athlète. Il rappelle, dans un commentaire, que Mahiedine Mekissi Benabbab a eu, dans le passé, des attitudes « border line ». Alors que ce dernier possède un palmarès exceptionnel, quelques points de détail entachent sa carrière d’athlète de haut niveau. Mekhissi Benabbab, dans un texte paru sur son compte facebook assure qu’en enlevant son maillot, il n’a pas souhaité se montrer condescendant à l’égard de ses adversaires mais qu’il a voulu associer le public à son succès. Peut-on, doit-on, le croire ?
Il reste que son camarade français devenu médaille d’or considère que cette victoire est usurpée et il s’interroge sur le fait de monter, ou non, sur le podium. Cette attitude l’honore. Mais imaginons un instant que Mahiedine Mekhissi Benabbab n’ait pas été sanctionné. Les pistes d’athlétisme doivent-elles devenir le pendant des terrains de football où les joueurs auteurs de buts, prennent un malin plaisir à ôter leur maillot en signe de puissance ! Il existe des règles que chaque athlète doit connaître et appliquer. Et comme disait le sapeur Camembert : quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites !
Le nouveau champion d'Europe du Triple saut Benjamin Campaoré, compagnon de Christine Aron, l'avait accompagnée lors de la remise de la Légion d'honneur par François Hollande. (photo Jean-Charles Houel)

14 août 2014

Le terrain des gens du voyage situé près de Pinterville empoisonnera-t-il le mandat de François-Xavier Priollaud ?


L'aire d'accueil des gens du voyage sera-t-elle démolie ? C'est la demande des élus de Pinterville. (photo JCH)
Le terrain des gens du voyage a empoisonné le dernier mandat de Franck Martin, en ira-t-il de même avec celui de François-Xavier Priollaud, son successeur à la mairie de Louviers ? Un fait demeure têtu : les élus de la commune de Pinterville, à l’unanimité, sont disposés à aller jusqu’au bout de leurs démarches judiciaires pour obtenir gain de cause.
Rappelons en deux ou trois mots l’objet du litige. L’ancienne majorité municipale lovérienne (municipalité Martin) a modifié son plan d’occupation des sols afin de permettre l’implantation d’un terrain dit « des gens du voyage » situé en frontière de Louviers avec la commune de Pinterville. Ce terrain avait servi de décharge pour diverses industries lovériennes et le tribunal administratif de Rouen ainsi que la Cour d’appel administrative de Douai, ont considéré que ce terrain n’était pas approprié à l’objectif assigné par la Communauté d’agglomération, maître d’œuvre des équipements d’accueil. Le fait que Franck Martin, maire et Franck Martin, président de la CASE, n’ait été qu’un seul et même homme a certes, facilité les démarches soutenues, in fine, par le préfet de l’Eure, représentant l’Etat et participant au financement de l’opération.
La Cour administrative de Douai avait, le 13 août 2012, donné deux années à la commune de Pinterville pour solliciter auprès du tribunal de grand instance de Rouen, la démolition des éléments bâtis sur le terrain situé non loin de l’autoroute A154. Et comme le conseil municipal de Pinterville n’a rien vu évoluer du côté de la CASE-ville de Louviers, les élus de cette commune se sont réunis fin juillet en leur mairie pour voter la délibération demandant la démolition !
Entre-temps, le préfet de l’Eure a proposé l’adoption d’une convention à signer par la CASE, la ville de Louviers et les gens du voyage fréquentant l’accueil de manière à « couvrir » administrativement les uns et les autres. Lors d’une récente réunion de l’agglomération Seine-Eure, Bernard Leroy, son nouveau président, a fait adopter cette convention malgré l’abstention d’une quinzaine d’élus communautaires et l’opposition de la commune de Pinterville. François-Xavier Priollaud, maire de Louviers, hérite donc d’un dossier épineux sur lequel il va devoir se motiver et motiver sa majorité voire son conseil municipal en entier.
M. Priollaud était d’ailleurs présent lors du vote des élus Pintervillais. Il a pu mesurer l’opposition unanime des élus locaux et Didier Dagomet, maire de Pinterville, a eu l’occasion de rappeler à son collègue qu’il était l’héritier « de l’actif et du passif » de son prédécesseur, un passif dont il se…passerait bien.
En réalité, M. Priollaud ne connaît pas encore toutes les subtilités d’un dossier qui a fait couler beaucoup d’encre dans la région de Louviers et a sans doute coûté son siège de conseiller général à Franck Martin sévèrement défait à Pinterville. M. Priollaud, d’après Didier Dagomet, s’est montré ouvert à la discussion mais n’a pas pris d’engagement ferme ni avancé de proposition précise.
Il va de soi que les élus Pintervillais ont également sollicité le tribunal administratif de Rouen pour obtenir l’annulation de la convention proposée par le préfet. On verra bien si M. Priollaud la propose au vote des élus lovériens ?

13 août 2014

La fièvre Ebola peut être vaincue par un candidat vaccin…


Il ne fait pas de doute que l’utilisation sur des malades à des fins thérapeutiques d’un « candidat » vaccin contre la fièvre Ebola jamais testé auparavant sur l’homme est une grande première. Face à l’urgence et surtout face au risque d’une épidémie difficilement maîtrisable, les responsables de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) ont donné leur feu vert à un vaccin canadien produit en très petites quantités mais, semble-t-il, très efficace sur des primates infectés par Ebola. Il va de soi que les experts de l’OMS ont imposé un certain nombre de règles pour autoriser l’emploi de ce vaccin. Des règles conformes à l’éthique incluant le respect du malade, la défense de sa dignité et la nécessité de partager les résultats constatés avec la communauté scientifique.
Deux médecins américains qui ont reçu l’injection de ce produit se porteraient mieux depuis ce qui n’est pas le cas d’un missionnaire espagnol sans doute fragilisé par son âge et son état de santé général et décédé ces derniers jours. Mais rien ne dit que le produit canadien résistera aux multiples éventuels effets secondaires puisqu'il n’a pas encore été testé sur l’homme. La directrice générale adjointe de l’OMS assure que différents produits allaient d'ailleurs être testés sur l’homme d’ici à quelques semaines et qu’il aurait donc été criminel de laisser mourir des personnes pour lesquelles plus aucun traitement n’agissait.
La fièvre Ebola dont parla avec tant de tact le sieur Le Pen (il comptait sur cette fièvre pour limiter l’immigration clandestine !) est connue depuis 40 ans. Mais comme les malades sont des pauvres habitant des pays pauvres, les laboratoires occidentaux n’ont pas consacré de budgets importants ni de recherches intensives à la lutte contre le virus.
Les échanges mondiaux, les voyages nombreux entre pays du sud et pays du nord changent évidemment les perspectives. Personne au monde n’est à l’abri. Ni d’une grippe, ni d’une fièvre, ni d’une piqûre de moustique, et encore moins d’une contagion.
C’est bien pourquoi l’OMS insiste avec force sur la nécessité de poursuivre la mise en place de mesures d’hygiène et de protection personnelle afin d’éviter que le virus ne se transmette des morts aux vivants ou des malades aux bien portants. Si La Sierra Léone, La Guinée, le Libéria et dans une moindre mesure le Nigéria sont atteints c’est aussi parce que ces pays souffrent d’un manque de locaux protecteurs isolants et de bonnes pratiques d’hygiène collective.

12 août 2014

Les méthodes de contraception dites « naturelles » sont vouées à l'échec


Une IVG n'est pas un acte anodin. (photo JCH)
Un homme est-il le mieux placé pour parler de la contraception des femmes ? Cette question est aussi ancienne que l’autorisation de mise sur le marché de la pilule que le député Lucien Neuwirth parvint à imposer en France. Et pourtant, l’amour se fait à deux (voire plus) et on ne peut dissocier l’un(e) de l’autre dans le choix des méthodes visant à éviter une grossesse non désirée.
Quand je lis que les méthodes dites naturelles reprennent, si je peux me permettre, du poil de la bête, je suis inquiet. Méthode Ogino, méthode des températures, abstinence programmée, retrait…tout cela est bel et beau mais gâche sensiblement le paysage de l’amour physique…même s’il est sans issue comme l’affirmait Serge Gainsbourg.
Je vois dans le retour de ces pratiques d’un autre âge, le poids des conservatismes et des sublimations de la nature. La nature n’est pas, en principe, bonne en tous points. La propagation du virus Ebola, le SIDA, les maladies chroniques graves, démontrent que l’homme est mortel mais qu’il sait parfois (souvent) trouver des parades à la morbidité.
En France, plus de 200 000 femmes avortent chaque année. A moins de penser — je n’en suis pas — que l’avortement est une méthode contraceptive, c’est cher payer, physiquement et mentalement, un rapport non protégé. Même si la notion de détresse a disparu (grâce au gouvernement de gauche) pour obtenir le droit à l’interruption de grossesse, il est de notoriété publique qu’il ne s’agit pas d’un acte anodin ou banal contrairement à ce que voudraient faire croire certains intégristes religieux ou des politiciens mal informés. On n’avorte pas comme on va chez le dentiste.
Ernest Martin, notre regretté créateur du centre de planning familial de Louviers, avait coutume de dire qu’en dehors de la pilule — et jusqu’à plus ample informé — il n’existe pas de moyen contraceptif digne de ce nom. Une femme ou une jeune fille adepte de la pilule et respectueuse du mode d’emploi (sans oubli conscient ou non) ne tombera pas enceinte si elle ne le désire pas. Les autres pratiques connaissent des taux d’échecs plus ou moins élevés et je m’étonne que la presse reprenne en chœur des notions aussi vides de sens que ces méthodes naturelles qui n’ont de naturelles que la frustration dans l’échange, toujours, et l’échec dans l’objectif, souvent.
Je ne nie pas la lassitude que peuvent ressentir les femmes après des années de prise de pilule…mais ce moyen demeure encore le seul qui leur offre le choix réel de disposer de leur corps comme elles l’entendent et quand elles le veulent. Si on n’appelle pas cela un progrès !

10 août 2014

La saison de foot commence « bien » à Bastia : 44 policiers et gendarmes blessés


Au temps où le FCR (Rouen football club) jouait en première division, mon père m’emmenait voir des matchs au stade des Bruyères. C’était l’époque bénie où l’argent roi ne dominait pas encore le football professionnel et où les pères (et les mères) pouvaient être accompagnés de leurs enfants au stade en toute sécurité. Dans les tribunes, on trouvait de vrais passionnés et de chauds partisans de leur équipe sans que jamais, ô grand jamais, les supporters en viennent aux mains. On notait la présence de quelques policiers, hors du stade, et uniquement pour canaliser le flot de voitures important avant et après le match.
C’était l’époque, également, où les joueurs noirs ou d’origine maghrébine, ne se faisaient pas insulter de manière raciste mais se voyaient affubler de surnoms plutôt sympathiques même si cette façon de faire revenait, en fin de compte, à stigmatiser ces joueurs d’origine non européenne.
Aujourd’hui, aller au stade avec ses enfants relève de l’irresponsabilité de la part des parents. Une simple confrontation opposant l’équipe de Marseille à Celle de Bastia, hier soir, commence et se termine sous le signe de la violence. 44 policiers et gendarmes blessés ou agressés ! Le tout après que les forces de l’ordre, comme l’écrit le ministre de l’Intérieur, ont agi avec « responsabilité et retenue. »
Je sais bien que la Corse n’est pas seulement l’endroit où des vacanciers heureux passent une partie de leur été. Je sais bien que les règlements de comptes y sont nombreux et les crimes souvent impunis. Je sais bien que le culte de la violence y est pratiqué comme une religion et que les responsables des clubs de foot professionnels ont leurs noms ailleurs qu’à la rubrique sportive des journaux.
Tout de même, pour une ouverture de saison, les heurts d’hier soir, sont le symbole d’une société malade. Reste à se mettre d’accord sur le diagnostic.

9 août 2014

Arnaud Montebourg ira-t-il jusqu'au bout de sa volonté réformatrice ?


Arnaud Montebourg au congrès du Mans. (photo JCH)
Arnaud Montebourg s’est emparé d’un rapport de l’inspection général des finances daté de mars 2013 et préconisant de revoir les conditions d’exclusivité dont bénéficient certaines professions dites réglementées. Il ne faut pas être grand clerc pour savoir que les notaires sont incontournables en cas de transactions immobilières ou que les pharmaciens sont les seuls à pouvoir délivrer des médicaments sur ordonnances. Plus étrange me semble être la situation très confortable des greffiers des tribunaux de commerce (ils seraient 124 en France) dont les émoluments sont véritablement extravagants eu égard au rôle qu’ils jouent.
Évidemment, les syndicats corporatistes et les ordres professionnels de certaines des 37 professions sont déjà montés au créneau. Les mêmes qui protestent contre la CGT par exemple quand le syndicat veut protéger des salariés des conséquences de mesures soit antisociales soit antiéconomiques. Des manifestations sont d’ores et déjà prévues pour l’automne alors que le gouvernement n’a pas encore délibéré et que les « menaces » évoquées par Arnaud Montebourg n’ont encore aucune forme juridique.
L’inspection générale des finances affirme qu’il y a du grain à moudre à réformer des professions très (trop ?) bien payées. Elle chiffre à 6 milliards d’euros le gain possible pour la collectivité et affirme que libéraliser certains secteurs et susciter de la concurrence ne pourront être que bénéfiques pour les Français(e)s.
Est-ce aussi simple qu’il y paraît ? Je veux bien croire qu’un opticien diplômé est assez qualifié pour estimer la vue d’un presbyte ou d’un myope. Il ne l’est pas pour un fond d’œil ou un calcul de tension optique. Un supermarché peut vendre de l’aspirine. Aura-t-il le salarié compétent pour en préciser les avantages et les effets secondaires ? La sécurité notariale française est réputée pour son excellence ? Je ne vois pas bien comment on pourrait créer une concurrence dans ce secteur sinon de revoir les honoraires de ces professions très…réglementées.
Je ne suis pas hostile aux réformes, bien au contraire. Notre pays souffre de pesanteurs, d’acquis, d’habitudes, souvent coûteux pour l’usager. Qu’un ministre courageux propose de revoir certaines pratiques, pourquoi pas ? Surtout en période de crise. Mais les réformes, pour être efficaces, doivent être comprises, admises, partagées. On a bien vu avec l’Ecotaxe ce qu’il advenait d’une forme de brutalité administrative. Il faut donc faire très attention aux effets d’annonces. Surtout si on est dans l’incapacité de les mettre en œuvre.

7 août 2014

La France n'est pas fonctionnariste : plaidoyer pour une fonction publique au service des citoyens


Les cheminots ne sont pas des privilégiés. (photo JCH)
Il existe un sport national en France visant à fustiger l’Etat, la fonction publique et ceux qui l’animent : les fonctionnaires. Les critiques mettent en cause une forme de non productivité, de laxisme, les emplois leur étant garantis à vie sauf assassinat ou crime organisé, ce qui est heureusement, fort rare. Les fonctionnaires appartiendraient, selon certains, à cette catégorie de salariés protégés par un statut valant CDI ad vitam aeternam. Oubliant par là même que les fonctionnaires valident leurs compétences par concours et formation continue tout au long de la vie.
Ces critiques considèrent que les professionnels de l’Education nationale ou les salariés de la SNCF, par exemple, bénéficient de privilèges : des vacances répétées, des heures de cours pas trop nombreuses, des voyages peu chers pour eux-mêmes ou pour leur famille, des retraites d’agents dits « actifs »  bien avant 60 ans. Ces « privilèges » ont été acquis au fil des décennies et dans l’intérêt des enfants, d’une part, ou de la relative faiblesse des salaires, d’autre part. Ce que l’on oublie trop souvent.

Parlons salaires justement : 2459 euros, c'est le salaire net moyen perçu en 2010 par un fonctionnaire de l'Etat. Le salaire médian (la moitié gagne moins, l'autre moitié plus) est de 2254 euros nets par mois. L'Etat emploie 44% du total des 5,23 millions de fonctionnaires, soit 2,3 millions de personnes. Ce sont les mieux lotis en termes de rémunérations. Leurs collègues de la fonction publique territoriale (1,8 million d'agents), ont perçu en moyenne, en 2010, 1800 euros nets par mois, avec un salaire net médian de 1616 euros. Les agents de la fonction publique hospitalière, au nombre de 1,1 million, gagnent eux en moyenne 2205 euros nets par mois, avec un salaire médian de 1883 euros. Peut-on dire, à la lecture de ces chiffres que les fonctionnaires, toutes catégories confondues sont avantagés alors que le point d’indice est gelé depuis trois ans et que seul le GVT (glissement vieillesse technicité) permet aux salaires de suivre l’inflation.
Les fonctionnaires sont mieux payés que les salariés du privé où le salaire mensuel net moyen s'élevait, en 2010, à 2082 euros. Le salaire médian, qui sépare la population des salariés en deux parties égales, était lui de 1675 euros. Donc oui, les fonctionnaires gagnent mieux leur vie que les salariés du privé, mais les fonctionnaires d'Etat seulement. Les agents de la fonction publique hospitalière ont un salaire légèrement supérieur, mais ceux de la fonction publique territoriale gagnent moins que les salariés du privé.  

Pourquoi ces différences ? Parce qu'il y a davantage de cadres dans la fonction publique que dans le secteur privé et que les salariés sont plus âgés dans la fonction publique que dans le privé, donc leur niveau de rémunération est plus élevé. Globalement, le secteur public propose par rapport au privé des salaires plus élevés pour les catégories les moins diplômées (ouvriers et employés) la fonction publique territoriale offrant néanmoins des niveaux de salaires relativement proches du secteur privé pour ces catégories. (1) 

Si je passe par cette digression, c’est aussi pour souligner que les agents de la fonction publique remplissent des tâches régaliennes irremplaçables et sans rapport avec un quelconque avantage pécuniaire : justice, culture, santé, police, armée, éducation, administration au sens large, etc. le tout au service des citoyens et de leurs besoins. Ils ne sont pas chargés de la production de biens ou de marchandises. Ils ne subissent pas la concurrence ou la loi terrible du marché des produits et des biens. D’ailleurs, les dirigeants du privé ont bien compris les avantages du système puisque les partenariats « public-privé » réalisés par l’Etat lui-même ou les collectivités rapportent gros aux grands opérateurs des secteurs marchands où l’Etat s’avère incapable d’agir : BTP et autoroutes pour ne citer que ces deux domaines.

Le rôle de l’Etat ? Les opposants des fonctionnaires dénoncent « la gabegie », les doublons d’emplois de certaines collectivités du millefeuille territorial, les emplois parfois fictifs de certains partis politiques, le manque de productivité. Tous ces reproches contiennent une part de vérité mais une part seulement. Si cette gabegie est de 5% des emplois, elle demeure dans la marge également recensée dans le privé.

Pour illustrer, une fois encore, le rôle prépondérant et irremplaçable de l’Etat, je vais m’appuyer sur un exemple récent pris dans un pays de l’Union européenne. Il s’agit du sauvetage de la banque portugaise Banco Espirito Santo, «coulée» par incompétence et impéritie d’agents du privé et qui vient d’être sauvée par l’Etat portugais et le mécanisme européen d’union bancaire. Ce sauvetage démontre le rôle fondamental joué, aujourd’hui, par les états et l’Europe dans l’équilibre économique des banques soumises à des crashes test permanents (mais un peu trop faciles à contourner). La nouveauté, c’est que cette fois, les actionnaires (et non les contribuables) paieront les pots cassés ! On leur imputera les créances pourries tandis que les déposants (vous et moi) verront leurs dépôts garantis. D’où les mauvais résultats actuels du Crédit agricole, actionnaire à hauteur de 14,5% de cette banque de Lisbonne ! Les actions de Crédit Agricole chez BES valent dorénavant zéro euro : bravo les banquiers avisés !

Je sais bien qu’une tendance « moderne » souhaite privatiser les bénéfices et collectiviser les pertes ! Mais la crise de 2008-2009 a instruit les gouvernements européens, lesquels avancent (lentement) vers une moralisation de la vie financière et une plus grande responsabilité des banques. On n’en est pas encore à la séparation claire et nette des activités spéculatives et des activités de dépôt mais on avance. La solution adoptée au Portugal aurait pu, aurait dû être proposée en Grèce, en Italie, en Espagne, en Irlande…partout où les défaillances bancaires ont nui à l’économie.

En conclusion, je me permets de souligner l’importance du rôle des fonctionnaires pour la bonne marche d’un état de droit, civilisé et respectueux de la dignité humaine. De même, je continuerai de défendre, malgré les défauts et les ratés inévitables dans toute société démocratique, la nécessaire régulation des activités lucratives. Je ne dirais pas, comme François Hollande, que l’adversaire c’est la finance, disons qu’elle n’est pas forcément l’amie de tout le monde.
(1) étude publiée par un journal économique.

6 août 2014

Les trois sénateurs sortants de l'Eure ont plus d'un tour dans leur…urne.


Ladislas Poniatowski (a dr) pourrait bien empêcher Nicole Duranton (à gauche sur la photo) d'être élue sénatrice de l'Eure.
Les candidats UMP-UDI au Sénat ont plus d’un tour dans leur…urne. J’ai lu récemment que trois candidats sortants de l’UMP élus dans un département dorénavant doté de la proportionnelle et donc contraints de respecter la parité avaient trouvé la parade pour contourner la loi. Alors qu’une liste de droite normalement constituée devrait comporter un homme, une femme, un homme ou une femme, un homme, une femme, les hommes sortants ont décidé de présenter trois listes différentes, eux-mêmes étant évidemment têtes de liste.
Partant du principe que la gauche n’est pas dangereuse dans le département où ils se présentent, nos trois vaillant sénateurs, forts critiques à l’égard de la parité et surtout très attachés à leurs mandats et leurs privilèges, considèrent qu’il n’y a pas de place pour le changement ni pour le renouvellement des cadres. Surtout s’il s’agit de femmes.
Le pari qu’ils font est très simple. Compte tenu du rapport de forces politiques dans leur département, les trois élus UMP comptent être réélus s’appuyant sur le mode de calcul des sénatoriales…
Je me demande si les trois sénateurs sortant de l’Eure n’ont pas fait le même calcul mais sans qu’ils aient l’honnêteté de le reconnaître publiquement. MM. Maurey, Bourdin et Poniatowski s’apprêtent en effet, à présenter des listes distinctes espérant interdire à la gauche et donc à Bruno Questel, candidat socialiste, de gagner un siège. Les résultats des dernières municipales ont favorisé nettement la droite et on ne peut pas exclure un grand chelem bénéficiant à l’UMP-UDI, le font national ne jouant que les utilités dans l’Eure.
Sous un apparent désaccord, les sénateurs de droite sortants sont bien capables d’être réélus et d’empêcher Nicole Duranton, responsable de l’UMP protégée de Bruno Le Maire, de devenir sénatrice de l’Eure. Nous allons suivre ce feuilleton avec attention.

4 août 2014

Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l'ONU, demande que cesse « cette folie »…à Gaza


Le poids des mots, le choc des photos. Cette devise de Paris-Match s’impose de plus en plus avec les chaines d’information en continu et le compte rendu permanents des envoyés spéciaux sur les théâtres d’opérations guerrières. A Gaza, chacun souffre avec une population fragilisée, abandonnée, martyrisée. Pour que Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU, demande que cesse « cette folie » de la part de l’Etat d’Israël, proteste publiquement après les attaques contre les centres de réfugiés de l’ONU, soit rejoint par les Etats-Unis affirmant que les attaques aériennes indiscriminées sont une « honte », on sent bien que l’opération militaire israélienne est sur le point d’atteindre ses limites.
Prenant prétexte de l’assassinat horrible des trois jeunes adolescents israéliens, Benjamin Netanyahou, le premier ministre faucon de l’état hébreu a lancé une guerre terrible (près de 1700 morts palestiniens dont les deux tiers de civils, des milliers de blessés) sans mesurer précisément le coût humain de l’agression et sa perte de crédibilité internationale.
L’extrême droite israélienne est au pouvoir et cela se voit. Pas de compromis, pas de cessez-le-feu, pas de recherche de paix, pas d’arrêt de la colonisation en Cisjordanie…les services secrets israéliens sont allés jusqu’à écouter les conversations téléphoniques de John Kerry, le secrétaire d’Etat américain, lors de ses rencontres destinées à ouvrir un nouveau chemin en avril dernier, le tout voué à l’échec. Voilà ce qu’il en coûte quand des états policiers prennent en main le destin des peuples. Les Américains n’ont pas officiellement réagi, et pour cause, dans ce domaine ils ne donnent pas le bon exemple.
François Hollande, aujourd’hui en Belgique, à l’occasion des cérémonies du centenaire de la guerre de 1914, presse l’Europe de prendre des initiatives pour stopper le carnage. Que ce soit en Libye, en Syrie, à Gaza…des hommes, des femmes, des enfants, meurent pour cause de fanatisme ou de nationalisme. Mais que peut l’Europe sans l’ONU ? Que peut l’ONU sous la menace permanente du veto américain ou russe ? L’impuissance des Européens est un drame.

3 août 2014

Qui peut m'aider à identifier cette plante aux senteurs agréables ?


Des amis se sont vu offrir cette plante mais ils en ignorent le nom. Un lecteur ou une lectrice de ce blog pourrait peut-être les aider à identifier cette fleur qui, à leurs dires, sent très bon et attire nombre d’insectes et papillons amateurs de nectar.
Si quelqu’un identifie le végétal, je le remercie de m’adresser son information sous la forme d’un commentaire que j’aurais plaisir à publier.Et à communiquer à mes amis. Merci d'avance.