18 mai 2019

Les arrières cuisines de l'extrême droite ne sont pas ragoûtantes


J’ai toujours pensé que les membres de l’extrême droite étaient des gens de sacs et de cordes. Rien ne les arrête. Ils n’ont aucun impératif moral. Le jeune Jordan Bardella, dont les journalistes vantent le jeunisme et le culot, calque sa campagne européenne sur celle de Trump. C’est dire. Il ne recule devant aucun mensonge, aucune contre vérité. Il matraque, il martèle, il assène. Il en restera bien quelque chose dans l’esprit des gens, des petits, des sans grades, de cette population qu’il transforme en populace.

A l’heure où se tient à Milan, Chez Salvini, le rassemblement des extrêmes droites européennes, on apprend par une vidéo opportune que le vice-chancelier d’Autriche, N° 2 du gouvernement, a proposé en 2017, à une oligarque russe d’être financé par des moyens illicites et donc illégaux de même qu’il a souhaité voir racheté par les émissaires du Kremlin, un journal à grand tirage dont il conteste la ligne politique. A l’image de la Hongrie, Hanz Christian Strache, imagine un pays en coupe réglée, une presse muselée et des opposants rendus muets.

Face à de telles informations, non démenties, Strache a démissionné ce matin. Il ne pouvait pas sauver la coalition au pouvoir en demeurant vice-chancelier ! C’est un coup dur pour l’extrême droite autrichienne mais pas seulement. Car il est loisible de rapprocher les méthodes de Strache et celles du Front national. Ce n’est pas par hasard que Marine Le Pen finance ses campagnes en empruntant auprès des banques russes. Ce n’est pas par hasard que l’affaire des assistants parlementaires européens empoisonne l’atmosphère depuis des années. Ce n’est pas par hasard que Poutine soutient les souverainistes européens. Il veut la mort de l’Union européenne, de ses valeurs, de ses richesses. Marine Le Pen devient son bras armé au sein des institutions communautaires surtout si l’extrême-droite se fait de plus en plus envahissante. Et quand j’apprends que 36 % des sympathisants de la France Insoumise, par haine de Macron, trouvent à leur goût les thèses du Front national (de Rassemblement, il n’en a que le nom) je suis moins surpris qu’un ex-élu de LFI trône sur les estrades avec Bardella et compagnie.

Interrogée à Milan sur ce scandale autrichien Marine Le Pen botte (les bottes ça la connaît) en touche et refuse de condamner son ami et collègue qu’elle fréquente depuis des lustres. Elle retient seulement qu’un quart des Autrichiens est hostile à l’immigration ! C’est un peu court Madame ! Il faut espérer que les électeurs sauront se souvenir le 26 mai de ce que sont réellement ces dirigeants d’extrême droite et de ce qu’ils font dans les arrières cuisines peu ragoûtantes de l’action politique. Mais tout finit par se savoir !

Chère Marie Nimier, je vais vous faire une confidence…


Marie Nimier en pleine lecture. ©JCH
Sous une grande affiche « les Lovériennes qui lisent sont dangereuses » (1) une vingtaine d’entre elles — de Louviers ou d’ailleurs — parmi lesquelles…deux hommes égarés mais ravis, se sont retrouvées vendredi soir à la librairie « Quai des mots » en présence de Marie Nimier, écrivaine. 

Mercredi c’était « la Grande librairie » de François Busnel et les studios de télévision parisiens, à Louviers il s’agissait pour elle d’un rendez-vous dans une « petite » librairie sans que ce mot soit en rien péjoratif. Nous avons besoin de ces libraires érudits, de leurs avis et de leurs conseils. Quand, en plus, ils prennent de bonnes initiatives moins tapageuses et moins racoleuses que dans certains hypermarchés de la culture, on aurait tort de se priver d’elles.

Marie Nimier (2) a élaboré un projet foutraque pour le moins original. Elle a donné rendez-vous à ceux et celles qui, un jour, ont souhaité lui faire des confidences avec l’assurance d’un anonymat durable et d’une distanciation assumée. S’appuyant sur du vécu, elle joue son rôle d’écrivaine y mettant tout son talent. Des dizaines de personnes ont ainsi dévoilé un souvenir, une colère, une douleur, un viol ( !) un plaisir aussi, que l’écrivaine a transposé à sa sauce imaginaire. Une sauce poétique, stylée, pleine d’émotion et d’humour. J’avais, je l'avoue, de Marie Nimier, l’image d’une personne distante. Elle l’est, sans doute, par timidité ou élégance. Vendredi, j’ai vu une femme assurée dont le verbe porte haut. Bonus, elle se tient à l’écoute attentive des différentes lectures (par d’autres) de textes écrits par elle qu’elle a de son propre aveu redécouverts. C’est aussi cela le miracle de l’écriture. Les mots ont leur propre vie. A voix haute, ils suscitent un rapport charnel avec le lecteur lui-même transporté dans ses souvenirs imagés. Je vais vous faire une confidence : ce fut un beau moment, doux et tranquille.


(1) D’après le livre de Laure Adler (éditions Flammarion) « Les femmes qui lisent sont dangereuses ».
(2) Babelio écrit : « Dans un appartement vide, meublé de deux chaises, une table et un immense philodendron, Marie recueille, les yeux bandés, des confidences. Les candidats se sont inscrits anonymement. Ils prennent place sur la chaise libre et racontent ce qu'ils ont choisi de partager, souvent pour la première fois. Remords, regrets, culpabilité, mais aussi désirs, rêves, fantasmes se dévoilent ; les confidences se succèdent, toujours plus troublantes.» Livre édité chez Gallimard

15 mai 2019

Une conférence sur le baron d'Esneval à l'Orangerie du château d'Acquigny le 2 juin


La prochaine conférence de la Société d’Études Diverses se déroulera exceptionnellement un dimanche et dans un cadre inhabituel. Elle aura lieu le dimanche 2 juin, à 16 heures, à l’orangerie du château d’Acquigny. Olivier Chaline, professeur à l’Université Paris IV-Sorbonne, et Nicolas Trotin, spécialiste de l’histoire de l’art de la Normandie, présenteront le livre qu’ils viennent de consacrer à celui qui occupa le domaine au XVIIIe siècle, le baron d’Esneval, président à mortier au Parlement de Normandie, dit le Président d’Acquigny : « Sur ses terres comme au ciel. Le Président d’Acquigny, bâtisseur d’églises en Normandie au XVIIIe siècle ».
Figure encore trop méconnue du XVIIIe siècle, Pierre-Robert Le Roux d’Esneval, Président d’Acquigny (1716-1788), a œuvré à l’édification spirituelle des populations dont il était le seigneur féodal. Soucieux de leur offrir les moyens de sanctifier leurs existences, il ne ménagea ni ses efforts ni sa fortune, non seulement pour élever des églises paroissiales, mais encore pour élever les esprits par l’éducation et les âmes en encourageant la dévotion. Par ailleurs, empli d’une véritable piété filiale à l’endroit de sa lignée, il célébra ses aïeux et leur assura de dignes sépultures, transformant les églises de ses terres en nécropoles familiales. Son œuvre atteste un souci de l’au-delà, aux antipodes des préoccupations des philosophes des Lumières.

13 mai 2019

Pour les Balkany à Levallois, un seul mot : dehors !


Les affaires des époux Balkany ne manquent pas d’interpeller le citoyen-électeur. Voilà des années et des années que l’on connaît les méthodes plus que limites des époux Balkany. Isabelle, la penseuse en chef et Patrick, l’exécutant retors, aiment le pouvoir, l’argent, et tous les attributs qui s’y rattachent. Si l’on passe sur des condamnations anciennes, on ne peut ignorer la trame d’une présumée fraude fiscale et du présumé blanchiment de fraude fiscale. Le juge Van Ruymbecke, bien connu des hommes politiques, notamment de Nicolas Sarkozy, a durement travaillé pour demêler l’écheveau des sociétés écrans permettant aux Balkany de dissimuler 13 millions d’euros de valeur au fisc français. Ils en répondent dès aujourd’hui devant la justice et l’on ne peut présumer du jugement à intervenir.

Je souhaite m’épancher sur un autre aspect de ce dossier. L’aspect démocratique. Tout le monde se gausse des résultats flamboyants obtenus par les Balkany, qu’il s’agisse des législatives pour l’un et des municipales pour l’un et l’autre. Les habitants de Levallois sont gâtés. A les entendre ils sont couverts de cadeaux et d’équipements. Malgré les jugements sévères de la Chambre régionale des comptes — elle constate un endettement faramineux — qui exige de redresser la situation de cette ville de la couronne parisienne, les citoyens de Levallois font comme si de rien n’était. Patrick par ci, Isabelle par là, le couple était plus que populaire ! Elus dès le premier tour des dernières municipales, ils n’avaient que faire des oppositions et des journalistes trop curieux. Sanguin, violent verbalement et parfois physiquement, Patrick Balkany menait tout le monde à la baguette.

Il faut croire que le système a du bon car je cherche désespérément (à droite ou à gauche) des élus aptes à reconnaître que le suffrage universel ne doit pas servir de blanchisseuse morale. Il est choquant de constater que les citoyens ne tiennent pas rigueur à leurs élus de leurs frasques et de leurs turpitudes. La plupart des hommes politiques (sauf Fillon et Cahuzac) mis en cause dans des affaires s’en sortent le plus souvent avec les honneurs, ce qui me semble honteux. Et on ne me fera pas croire que deux, trois, quatre réélections peuvent servir de sauf conduit démocratique pour des représentants dont on attend conduite exemplaire et souci des deniers publics. Les Balkany ont eu des comportements inadmissibles et ont dépensé sans compter l’argent des contribuables ! Pour ces deux-là, je n’aurais qu’un mot : dehors !

12 mai 2019

La libération des otages français au Bénin ne devrait pas causer de polémique politicienne

Si un jour la droite et l’extrême droite accèdent au pouvoir en France, les éventuels otages des groupes terroristes — Ils n’en manque pas dans le monde — doivent savoir que s’ils ont été imprudents, irresponsables, inconscients, l’armée française restera l’arme au pied et ne tentera rien pour les récupérer ou les sauver. Cette théorie est actuellement répandue sur les ondes après que le président Macron a donné son feu vert à une intervention des forces spéciales au Burkina Faso là où deux otages français étaient prisonniers en attente d’être transférés au Mali dans les mains de terroristes plus aguerris et plus dangereux.
Pour la droite et l’extrême droite — et sans doute pour nombre de Français qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez — on n’intervient pas (même si on le peut) quand des citoyens prennent des risques « inconsidérés ». On les abandonne à leur triste sort et on « prie » pour que le hasard ou la bonne fortune les délivrent un jour, deux mois, quatre ans ou jamais après leur capture. On peut tout aussi bien les retrouver morts !
Pas question de nier les conseils du quai d’Orsay qui, chaque jour, actualise les zones du monde en fonction des dangers encourus. Le Bénin dans son ensemble est classé orange (zone à risques) et le nord de ce pays en rouge, donc totalement déconseillé aux touristes. Les deux Français, dont l’un originaire d’Orsay et musicien, ont ignoré ces conseils de prudence, ils n’ont écouté que leur désir de découverte (programmé depuis de semaines) au cours d’un safari organisé avec un chauffeur local. En cela ils sont irresponsables. Leur chauffeur a été tué sur place tandis que les deux Français étaient conduits au Burkina Faso où ils ont rejoint deux autres otages, une Américaine et une sud Coréenne. Elles furent les surprises des commandos chargés de délivrer nos ressortissants. Au lieu de deux otages, ils en ont libéré quatre !
Heureusement, les commentaires autorisés et spécialisés insistent sur les missions humanitaires des armées françaises même en zone de guerre. Quand le chef d’état major propose au président de la République d’approuver un plan d’intervention, il le fait en toute connaissance de cause mesurant les avantages et les risques inhérents à toute intervention armée. Emmanuel Macron a dit oui au sauvetage des otages et il a eu raison. Ce qui n’empêche évidemment pas chacun d’entre nous de rendre hommage à l’abnégation, au courage des deux hommes décédés et de partager le chagrin de leurs familles.
Contrairement à beaucoup, je pense qu’il est satisfaisant de savoir qu’on peut compter sur des hommes et femmes politiques responsables ainsi que sur des militaires entraînés et compétents. La France s’honore de disposer de forces professionnelles aptes à intervenir dans ces endroits du monde où la loi n’existe pas et où seuls les trafics, les rançons, les menaces ont libre cours.
Un ancien chef des commandos expliquait ce matin que les gendarmes du peloton de gendarmerie de Haute Montagne ne se posent pas de questions quand il s’agit de sauver des alpinistes en danger de mort. Ils ignorent qui ils sont. Un seul sentiment les anime : sauver des vies…parfois au péril de la leur.
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11 mai 2019

« Aéroports de Paris » ne doit pas être privatisé. Monsanto et son drôle de fichier. Non, Notre-Dame n'est pas toute seule !


Contre la privatisation d'Aéroports de Paris
Sur une piste à Orly.©Jean-Charles Houel
 
En autorisant la poursuite administrative du processus de referendum d’initiative partagée concernant la privatisation d’Aéroports de Paris, le Conseil constitutionnel innove et gêne le gouvernement. Rappelons les faits. Bruno Le Maire, ministre de l’économie et Gérald Darmanin, ministre du Budget ont proposé au Parlement d’adopter une loi permettant la privatisation des aéroports de Paris (Roissy, Orly, Le Bourget) sous la forme d’une concession étalée sur plusieurs décennies.
Nombre de députés, de droite et de gauche et aussi d’extrême gauche, ont protesté contre cette privatisation et tentent, par tous moyens légaux, de l’empêcher. Ils considèrent avec raison qu’ADP présente une gestion bénéficiaire, certes améliorable dans bien des domaines, et que la privatisation revient à céder une partie du patrimoine des Français sans autre raison que de soulager le budget de l’Etat soit en réduisant la dette, soit en favorisant la recherche notamment dans le domaine de l’Intelligence artificielle.
Seulement il existe un précédent fâcheux. Celui de la privatisation des autoroutes de l’hexagone qui a laissé de bien mauvais souvenirs dans l’esprit des Français. La Cour des Comptes a regretté le prix de cession, bien en dessous de sa valeur réelle, les sociétés d’autoroute ayant en outre bénéficié de faveurs sous forme d’augmentation permanente des péages sous prétexte de travaux (certains bien réels) dont le montant de dépenses est très difficile à évaluer. Ségolène Royal, lors de son passage au ministère des transports a bien tenté de réduire la voilure…et la facture des usagers mais rien n’y a fait. Le contrat de concession  (merci M. de Villepin) a été magnifiquement ficelé au bénéfice des sociétés d’autoroutes ! Et contre l’avis de François Bayrou et Charles de Courson, par exemple, qu’on ne peut soupçonner de gauchisme ou de collectivisme.
Pour ne pas vivre le même cauchemar, les députés se sont lancés dans le référendum d’initiative partagée. Ils ont passé la première étape : le nombre de signataires. Ils ont surmonté la seconde : le conseil constitutionnel a validé leur démarche. Il reste maintenant à obtenir la signature de près de cinq millions de Français avant un retour devant le Parlement pour entériner la proposition de référendum.
Bien qu’hostile à 95 % au système référendaire s’agissant des grands choix étatiques et politiques, je me dis que si le référendum d’initiative partagée est le seul moyen juridique fort pour empêcher de brader ADP, je m’ y résoudrais. Je signerai donc le texte soumis à la signature des citoyens.

Le fichier de Monsanto mis au jour !
Le groupe chimique américain Monsanto, racheté par le groupe allemand Bayer (qui s’en mord les doigts aujourd’hui) s’est rendu célèbre à maintes occasions. Et pas dans le positif. Evidemment, l’un des produits de Monsanto le plus célèbre est le glyphosate dont les effets sur les mondes végétal et l’animal (dans toutes leurs diversités) sont négatifs malgré les études caviardées des experts du groupe chimique. On se rappelle également des luttes de certains agriculteurs du monde entier contre la volonté farouche de Monsanto de conserver l’exclusivité de certaines semences nuisant à l’autonomie des professionnels ou des concurrents.
On a appris (grâce à France 2) que le groupe Monsanto (Bayer affirme ne rien savoir) a établi un système de fichage de journalistes, hommes et femmes politiques, et recensant à la fois leur opinion sur Monsanto et des renseignements relatifs à la vie privée des personnes fichées.
Pour conduire ses activités de lobbying le plus efficacement possible, le chimiste a besoin de repères. Il veut connaître ses interlocuteurs, ses amis, ses ennemis, ses soutiens, ses combattants. Plusieurs centaines de noms figurent dans ce fichier d’un genre nouveau. Le fait qu’il ait été mis au jour va sans doute susciter quelques plaintes et affaires judiciaires. Mais ne soyons pas naïfs. Monsanto ne doit pas être la seule grande société internationale à organiser ses combats. Comme Monsanto, il doit bien exister d’autres entrepreneurs ou producteurs (dans le domaine du médicament notamment) avides de recensements et d’opinions les concernant. D’autres fichiers restent à découvrir. Au travail !


Il n'y a pas que Notre-Dame de Paris
Notre-Dame de Louviers rénovée.©JCH
 
La fondation du patrimoine annonce qu’elle cessera de recevoir des dons en faveur de la reconstruction de la cathédrale Notre Dame de Paris. Avec 228 millions d’euros, la somme affectée aux travaux parisiens rejoint les centaines de millions venus de MM. Arnault, Pinault, Mme Meyer-Bettencourt, et de nombre de mécènes très connus ou moins célèbres. Je pense aux Français et tous ceux et celles qui ont promis 5 ou 10 euros pour rendre son âme au monument autant religieux que laïque.
La Fondation du patrimoine informe qu’elle ouvrira, dès la semaine prochaine, un e nouvelle souscription nationale afin de sauver les 2000 et quelques monuments, sans doute moins connus que Notre-Dame mais pas moins nécessiteux. Je parie que les gros chèques seront moins nombreux et que les donateurs courront moins les médias. Stéphane Bern et son loto, la Fondation de France, la Fondation du patrimoine unissent enfin leurs efforts pour sauver ce qui fait l’histoire culturelle et artistique de notre pays et justifie la ruée touristique dans toutes les régions de notre très beau pays.

5 mai 2019

Les 4 et 5 juin « les faiseurs de paix » se réunissent à Caen. François-Xavier Priollaud, maire de Louviers, y a trouvé son nouveau chemin


Jamais le continent européen n’a connu une période de paix aussi longue que celle entamée en 1945 et qui se poursuit jusqu’à nos jours. Certes, des conflits interethniques ont causé la mort de plusieurs milliers de personnes en Croatie, Serbie, Kosovo, Monténégro, et des querelles territoriales ont toujours lieu, également fondées sur des différences religieuses (musulmans, orthodoxes, catholiques, etc.). L’union européenne, quant à elle, peuplée de grandes démocraties et de pays de l’Est plus timorés, connaît la prospérité, la solidarité et forme une communauté en devenir n'en déplaise aux eurosceptiques.

L’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie, Les Pays-Bas, la Belgique, notamment, composent un ensemble issu de la seconde guerre mondiale pour qu’on ne connaisse « plus jamais ça » comme on disait après la première guerre mondiale. Cette paix sera-t-elle éternelle ? On voudrait le croire. Mais les hommes sont les hommes et les nations sont les nations. Celles-ci reprennent du poil de la bête partout dans le monde sous des formes diverses avec Poutine, Trump, Xi Jing Ping et dans nos vieilles nations avec Le Pen et Salvini ou l’AFD allemande et le Vox Espagnol. Le nationalisme porte en germe l’exclusion et le rejet…et donc la guerre. On a donc besoin d’hommes et de femmes qui combattent pour la paix. Pas de ces pacifistes de l’entre deux guerres, sincères et de bonne foi, mais tellement faibles à l’égard d’une Allemagne agressive et bientôt conquérante. Mais de ces partisans du « si tu veux la paix, prépare la paix.

François Xavier Priollaud.©JCH
Parmi ces hommes, il en est un, actuellement maire de Louviers, vice-président du conseil régional qui a pris à cœur deux missions : la construction européenne et une « Normandie pour la paix. » C’est dans ce cadre régional là, surprenant à l’échelle du monde, que François-Xavier Priollaud a souhaité me rencontrer, récemment, pour détailler, par ce billet de blog, les initiatives, événements, projets initiés par la Région soutenus par l’UNESCO et des prix Nobel de la paix ou encore des conférenciers, experts.  Pendant deux jours en juin, ils seront tous tendus vers un objectif : faire du forum mondial « Normandie pour la paix » une réussite à la fois populaire et culturelle puisque les deux mots ne sont pas incompatibles.

Cette deuxième édition se tiendra donc à Caen, les 4 et 5 juin prochains, les dates n’étant évidemment pas choisies au hasard puisque cette année sera célébré le 75e anniversaire du débarquement premier acte de la libération de l’hexagone. Les derniers survivants parmi les participants au jour J du 6 juin 1944, illustreront par leur présence (éventuelle) et leur engagement courageux, ce que les alliés ont uni militairement pour vaincre les nazis et ce qu’ils portaient comme valeurs morales de civilisation.

Le thème de cette seconde édition du Forum mondial sera : « les faiseurs de paix. » Il proposera des conférences, des débats thématiques, un village pour la paix et des temps forts seront consacrés à la jeunesse. Ne porte-t-elle pas en elle tous les espoirs de ces générations passées et de ces millions de morts dont la disparition devrait constamment obséder la mémoire des vivants.
Dans le dossier de presse destiné aux médias, François-Xavier Priollaud écrit : Normandie pour la paix est un programme permanent qui vit toute l’année en Normandie et à l’International grâce à la mobilisation de l’ensemble du territoire et de ses partenaires engagés en faveur de la paix, de la liberté et des droits de l’homme. »
De la longue liste d’intervenants figurant au programme, je retiens la présence de Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018 dont l’action auprès des femmes victimes de violences sexuelles des guerres tribales ne manque pas de susciter une grande admiration. J’insiste aussi sur la présence de quelques noms célèbres : Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales, Jean-Marie Guehenno, ancien haut cadre de l’ONU, Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières. Ils animeront la conférence plénière « humaniser la paix : quels acteurs ? »
Le mercredi 5 juin, d’anciens hauts responsables de la diplomatie tels que Hubert Védrine ou l’ancien chef d’Etat-major des armées, Henri Bentegeat, discuteront des erreurs et des succès sur les chemins de la paix.

FX Priollaud se déclare heureux d’annoncer une création originale : « l’indice Normandie  du Parlement européen ! Chaque année le Parlement publiera un indice de la paix mesurant le niveau de conflictualité dans le monde. » Terrorisme, cyber sécurité, changement climatique, insécurité énergétique seront pris en compte. Autre temps fort, le prix liberté en hommage aux vétérans, qui récompensera une personnalité ou une organisation engagée dans un combat exemplaire en faveur de la liberté.

Bien d’autres tables rondes et débats se dérouleront à l’Abbaye aux Dames, lieu choisi (et magnifique) : on y évoquera la Syrie, le Moyen-Orient, La Corée, la Chine, le Brexit, le Vénézuela, la circulation des armes, et bien évidemment, le rôle de l’Europe dans la résolution des conflits et…même le symptôme post-traumatique qu’éprouvent nombre de combattants au retour des zones de conflits.

Pour le maire de Louviers, ce chemin de la paix permet à notre région de se montrer à la hauteur de son histoire et de vanter quelques unes de ses autres qualités. Parmi elles, l’économie, certes, mais aussi le tourisme puisqu’Etretat, le Mont-Saint-Michel, Giverny sont les fers de lance de l’attraction régionale. Enfin, le fait d’associer des centaines de jeunes garçons et filles à cet effet de loupe bas-normand doit être inscrit au tableau d’honneur d’un mouvement bien utile en ces temps troublés et troubles. Il dépasse, avouons le, le cadre de nos petites querelles politiciennes.

Programme complet et inscriptions sur www.normandiepourlapaix.fr

3 mai 2019

Jack Lang se faisait habiller gratis chez Smalto


Jack Lang, c’est la fête de la musique, les grands travaux avec François Mitterrand, l’ancien ministre de la culture (très bon d’ailleurs) et l’ancien ministre de l’Education nationale. Dorénavant, il sera l’homme à qui M. Smalto (décédé depuis) a décidé d’offrir sur la durée pour 200 000 euros de costumes.
« Aucune contrepartie » s’est dépêché de clamer l’avocat de Jack Lang. Tout de même, une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet financier de Paris pour connaître les tenants et aboutissants d’une information qui, quoiqu’il arrive, me choque. Et ne manque pas de m’étonner !
Comment, alors qu’on a voué François Fillon aux gémonies pour 13 000 euros de costumes, peut-on rester indifférent au fait qu’un homme politique de premier plan, blanchi sous le harnois, averti des choses de la vie, accepte de se faire habiller par un couturier généreux, ce qui est mieux, me direz-vous, que de se faire rhabiller par les électeurs de Blois, par exemple, où M. Lang avait trouvé une circonscription aimable en son temps.
200 000 euros de costumes, ce n’est pas une petite somme. N’y en aurait-il eu que pour 1000 euros…c’eût été très regrettable. Eu égard aux émoluments anciens, actuels et futurs de M. Lang, j’imagine que ce dernier n’a pas de problèmes pour s’offrir des vêtements de qualité sur ses propres deniers. M. Lang n’est pas au RSA que je sache !
L’enquête déterminera si ces cadeaux répétés sont pénalement punissables. Même s’ils ne le sont pas, je persiste à penser que ces gestes « dits amicaux » placent l’homme (ou la femme) politique qui les accepte dans une situation embarrassante. Je sais bien que cette vision (provinciale) peut choquer des Parisiens habitués à d’autres mœurs. Qu’importe.

1 mai 2019

Trois réflexions au débotté : Anne Terlez monte en nationale, attention au sectarisme à gauche, Marcel Campion champion des injures homophobes


Anne Terlez avec J. Bidault et FX Priollaud.
Anne Terlez monte en nationale
51e sur la liste Renaissance ! Anne Terlez, membre du MODEM et par conséquent de la majorité présidentielle, a été choisie par François Bayrou, président du mouvement centriste, pour représenter l’Eure et la Normandie lors des prochaines élections européennes. L’adjointe au maire de Louviers entre donc de plain pied dans la politique nationale. Dans un entretien accordé à la presse locale, elle revendique son engagement européen, né chez elle à l’occasion d’une visite au Parlement de Strasbourg alors que sa maturité politique n’était que naissante.
Anne Terlez, sous des allures discrètes voire modestes, est une femme de tempérament. Elle est  capable d’entraîner dans son sillage des femmes et des hommes que le monde politique ignore et qui eux-mêmes ignorent souvent la politique. En mettant en avant un pragmatisme concret et des principes de solidarité, elle a su conquérir un électorat éclectique (Franck Martin…et François-Xavier Priollaud avaient recherché son soutien). Au fond, Anne Terlez est une vraie centriste, plutôt à droite, ce qui équilibre « En Marche » puisque le député de Louviers, Bruno Questel est issu des rangs plutôt à gauche. En cela, ils rejoignent Emmanuel Macron et sa fameuse théorie du « Et de droite et de Gauche ». A Louviers, ville à géométrie politique variable, cette tendance est donc de mieux en mieux portée.

Municipales à Louviers : le sectarisme guette
En présentant dernièrement sa liste pour les municipales Hacen Mohammedi a, d’emblée, exclu de faire alliance au second tour des élections municipales de 2020 à Louviers avec d’autres listes de gauche. A un an de ces élections locales et alors même qu’on ignore qui sera en lice, il faut être culotté pour avancer pareille certitude. S’agit-il d’une tactique assez classique pour se rendre indispensable et donc crédible ou d’une stratégie plus profonde consistant à se présenter comme le marqueur incontournable avec lequel on ne passe pas de compromis ni d’accord ?
A dire vrai, Louviers est une ville qui a tout connu, tout expérimenté. De la gauche originale et créatrice du Comité d’Action à la droite dure façon Odile Proust, l’histoire locale et nationale (1) nous enseigne que lorsque la gauche part divisée, elle a peu de chances de remporter la mise. Les autres têtes de listes possibles à gauche (probables ?) comme Diego Ortega ou Philippe Brun ou encore Alexis Fraisse (conseiller municipal Vert) n’auraient qu’à bien se tenir et qu’à baisser les bras face à une telle injonction ? Évidemment, la complexité des situations et l’évolution de la politique locale vont faire fi de toutes les assurances d’aujourd’hui et le réel viendra très rapidement heurter les plus solides convictions. Avant d’ouvrir les discussions, il faut se montrer intraitable…mais après ?

Marcel Campion champion des injures homophobes
Marcel Campion est le champion des forains — pourquoi pas —  et des insultes homophobes ce qui est beaucoup moins bien. Depuis qu’il a eu maille à partir avec Anne Hidalgo et son équipe, l’homme à la grande roue n’en finit plus d’agresser verbalement et le plus souvent d’insulter les adjoints ou anciens adjoints des maires de Paris et de Gauche. Il a même l’intention de se présenter aux élections municipales de 2019 dans le 18e arrondissement. La démocratie permet à tous les citoyens français, non déchus de leurs droits civiques, de pouvoir se faire élire.
Pour ce faire, encore faut-il disposer d’une équipe prête à mouiller le maillot et à ne pas se contenter d’être fort en gueule. Dans ce domaine Marcel Campion sait qu’il est imbattable mais la gouaille et la vulgarité n’ont jamais suffi à entrer en politique. Jean-Marie Le Pen avait la gouaille, il avait aussi parfois la vulgarité, mais il compensait ces handicaps par une maîtrise de la langue qui masquait le fond de son langage. Marcel Campion atteindra vite son seuil d’incompétence et cela n’échappera pas aux électeurs parisiens qui sont aussi des électrices très rétives, elles, aux injures des mâles soi-disant virils.

(1) Les résultats des élections européennes vont à nouveau démontrer que la division à gauche aboutit à des impasses ou des échecs.

30 avril 2019

Les Espagnols ouvrent une voie positive avant les Européennes : l'extrême droite doit en rabattre


Les résultats des élections législatives en Espagne sont un signal d’alarme de plus. Dans l'immédiat, pourtant, le danger est écarté. Quand Marine Le Pen se félicite des 10 % de Vox, le parti d’extrême droite qu’elle juge «vigoureux», elle ne fait que reconnaître l’influence permanente du franquisme qui fit tant de mal à la démocratie et au progrès social en Espagne. Il suffisait de revoir les images prises en février 2016 à l’occasion de je ne sais plus quel anniversaire franquiste avec cette haie de bras tendus sous forme de saluts fascistes ! De fait, ces 10 %, pour être un score important, ne font que reconnaître l’existence au grand jour d’un nationalisme espagnol dont les caractéristiques sont les mêmes que celles des autres partis d’extrême droite en Europe : xénophobie, antiféminisme, antiparlementarisme, et anti gauche, mœurs conservatrices…Au sud rien de nouveau donc.

Marine Le Pen et Salvini, la Française et l’Italien, se réjouissent «artificiellement» parce qu’ils s’attendaient à un score plus élevé de l’extrême droite espagnole. Ils cachent mal une certaine déception puisque les 23 ou 24 élus de Vox n’auront aucune influence sur la politique conduite aux Cortès. Plus intéressantes encore deviennent les élections régionales, municipales et européennes du 26 mai prochain. Le PSOE a l’intelligence de ne pas engager de discussions prématurées pour dégager une majorité de gouvernement. Il y aura tout le temps après le 26 mai pour tenter d’agréger Podemos et les partis régionalistes voire le parti de Centre droit Ciudadanos dont le chef a déclaré refusé tout accord avec l’actuel Premier ministre, M. Sanchez. On sait pourtant que les engagements d’avant élections ne tiennent plus face aux résultats des urnes. Certains deviennent même plus intelligents ! 

Les résultats espagnols émettent par ailleurs une résonance intéressante avant que les Européens se rendent aux urnes. Ils prouvent qu’un homme politique courageux, défenseur de valeurs mais aussi de compromis, peut avoir sa chance. Sanchez est un Européen convaincu. Il sait ce que l’Espagne doit à l’Europe dont l’ancrage économique et démocratique est passé par Bruxelles et Strasbourg. Il pourrait être un exemple et aussi un appui pour le gouvernement français à la recherche d’un partenaire plus fiable et plus solide que ne l’est l’Allemagne conservatrice.