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Marie Nimier en pleine lecture. ©JCH |
Sous une grande affiche «
les Lovériennes qui lisent sont dangereuses » (1) une vingtaine d’entre elles —
de Louviers ou d’ailleurs — parmi lesquelles…deux hommes égarés mais ravis, se
sont retrouvées vendredi soir à la librairie « Quai des mots » en présence de
Marie Nimier, écrivaine.
Mercredi c’était « la Grande librairie » de François
Busnel et les studios de télévision parisiens, à Louviers il s’agissait pour
elle d’un rendez-vous dans une « petite » librairie sans que ce mot soit en
rien péjoratif. Nous avons besoin de ces libraires érudits, de leurs avis et de
leurs conseils. Quand, en plus, ils prennent de bonnes initiatives moins
tapageuses et moins racoleuses que dans certains hypermarchés de la culture, on
aurait tort de se priver d’elles.
Marie Nimier (2) a élaboré un
projet foutraque pour le moins original. Elle a donné rendez-vous à ceux et
celles qui, un jour, ont souhaité lui faire des confidences avec l’assurance
d’un anonymat durable et d’une distanciation assumée. S’appuyant sur du vécu,
elle joue son rôle d’écrivaine y mettant tout son talent. Des dizaines de
personnes ont ainsi dévoilé un souvenir, une colère, une douleur, un viol
( !) un plaisir aussi, que l’écrivaine a transposé à sa sauce imaginaire. Une
sauce poétique, stylée, pleine d’émotion et d’humour. J’avais, je l'avoue, de Marie Nimier,
l’image d’une personne distante. Elle l’est, sans doute, par timidité ou élégance.
Vendredi, j’ai vu une femme assurée dont le verbe porte haut. Bonus, elle se tient à
l’écoute attentive des différentes lectures (par d’autres) de textes écrits par elle
qu’elle a de son propre aveu redécouverts. C’est aussi cela le miracle de
l’écriture. Les mots ont leur propre vie. A voix haute, ils suscitent un
rapport charnel avec le lecteur lui-même transporté dans ses souvenirs imagés. Je vais vous faire une confidence : ce fut un beau moment, doux et tranquille.
(1) D’après le livre de Laure Adler (éditions Flammarion) « Les femmes qui lisent sont dangereuses ».
(2) Babelio écrit : « Dans un appartement vide, meublé de deux chaises, une table et un
immense philodendron, Marie recueille, les yeux bandés, des confidences.
Les candidats se sont inscrits anonymement. Ils prennent place sur la
chaise libre et racontent ce qu'ils ont choisi de partager, souvent pour
la première fois. Remords, regrets, culpabilité, mais aussi désirs,
rêves, fantasmes se dévoilent ; les confidences se succèdent, toujours
plus troublantes.» Livre édité chez Gallimard
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