3 juin 2016

Sarkozy : une petite dernière pour la route…


Nicolas Sarkozy devant une commission de son parti dont les membres évoquaient la situation de l’Europe : « Nous sommes du même continent. Et puis-je vous dire une chose, j'espère sans choquer personne ? Quand je suis en Asie, si vous saviez comme je me sens Européen... Quand je suis en Angleterre, si vous saviez comme je me sens Français... Et quand je suis dans les territoires et les provinces de France, si vous saviez comme je me sens Parisien ! », a-t-il déclaré en conclusion de son discours.
Voilà un homme qui, en une phrase, parvient à se fâcher avec les Asiatiques, les Anglais et les provinciaux. Il faut le faire. Le président de LR-ex-UMP aspire pourtant à redevenir président de notre République. Un homme qui préfère le gros rouge qui tache, se montre grossier et grotesque, laisse divaguer ses mauvaises pensées A –t-il les qualités nécessaires pour diriger la France ?
Au cas où les citoyens de Paris et des provinces, puisque Sarkozy fait une différence entre eux, auraient l’idée aussi sotte que saugrenue de voter pour lui, ils doivent s’attendre à ce mépris permanent qu’il manifeste à la première occasion croyant amuser ses auditoires avec des blagues à deux balles, expression sincère de sa pensée. Ses fans aiment vanter son énergie, sa détermination mais il les met au service de quoi ? Au service de Bernard Tapie ? Du juge Azibert ? De Bolloré et compagnie ? De ses propres intérêts ? On aimerait plus d’ouverture d’esprit et plus de désintéressement.

Le salon des illustrateurs de Val-de-Reuil consacré à la BD de Western en l'honneur de Lucky Luke

Lucky Lucke et Jolly Jumper.
La 8ème édition du salon des illustrateurs de Val-de-Reuil, l’un des premiers dédiés aux illustrateurs et aux dessinateurs de bande dessinée dans le département de l’Eure et la Région Normandie, sera consacré à la bande dessinée de Western pour marquer le 70e anniversaire de la création du personnage Lucky Luke . Il fallait célébrer celui qui demeure, pour des générations entières, le plus francophone des héros animés de western. 

Privilège exceptionnel, Lucky Luke dégainera donc pour l’occasion quelques-unes de ses vignettes culte. Après un séjour remarqué au Festival International d’Angoulême, où plus de 200.000 personnes ont pu les découvrir, plusieurs planches inédites de Morris s’arrêteront pour une halte prolongée de plus de trois mois dans la plus jeune commune de France. Au fil des éditions, le partenariat entre Val-de-Reuil et le Festival de bande dessinée d’Angoulême  — partenariat unique en France — s’intensifie et s’enrichit. « Je m’en réjouis et tiens au nom de la municipalité et des milliers de personnes attachées à cette manifestation à en remercier mon vieil ami Franck Bondoux, son directeur, ainsi que celles et ceux qui contribuent à la réussite et au développement  de cette belle manifestation » a déclaré Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil. Cette exposition anniversaire s’installe du 3 juin au 17 septembre 2016 dans la salle d’exposition de la médiathèque. Elle retracera le parcours du plus célèbre des cowboys franco-belge, des premières esquisses de Morris aux dessins qui ont, peu à peu, donné naissance aux plus fidèles compagnons du cavalier solitaire, de Rantanplan à Jolly Jumper, mais aussi aux quatre horribles frères Dalton, ses ennemis légendaires

Vendredi 3 juin, une première journée est entièrement dédiée aux élèves des écoles de Val-de-Reuil, Léry, Poses, Incarville et des Damps. Plus de 20 illustrateurs, héritiers de Franquin, d’Uderzo ou d’Hergé, viendront initier 1500 enfants à un genre qui, par la combinaison de son récit et de ses illustrations, le rend à la fois universel et populaire. En parallèle de ces ateliers d’écriture et de dessin, les enfants seront accueillis toute la journée au Cinéma des Arcades pour assister à la projection du dernier dessin animée de Lucky Luke « Tous à l’Ouest ». Les élèves, accompagnés de leurs professeurs, assisteront enfin à la proclamation du Prix des Incorruptibles. Cette récompense vient clôturer le cycle des travaux de lecture réalisés tout au long de l’année au sein des écoles de Val-de-Reuil et des communes voisines. Elle sera attribuée au livre de jeunesse qui, parmi la sélection d’ouvrages que les jeunes lecteurs ont eu à départager, sera parvenu à recueillir la majorité de leurs suffrages. Encourager la pratique de la lecture par le développement d’un esprit critique et l’apprentissage ludique de l’écriture est un des axes fondamentaux de la politique éducative menée depuis plus de quinze ans par la municipalité grâce au soutien de l’Education Nationale et de la Région qui concourent à assurer chaque année l’organisation de ce salon pour faire reculer, à sa manière, l’échec scolaire et l’illettrisme.

Samedi 4 juin, de 10 à 18 heures, le Salon étendu pour la première fois à tout le cœur de ville verra caricaturistes, conteurs, modélistes, dessinateurs, illustrateurs, danseurs et chanteurs de musique country investir, la Place aux Jeunes, la Médiathèque, la Cyberbase et la Maison de la Jeunesse et des Associations : 
 1) A la Cyberbase, voie Palestre, de 10 à 12 heures, pour un atelier de figurines réalisées en trois dimensions dirigé par les membres du FabLab de Val-de-Reuil. 
 2) A la Médiathèque Le Corbusier, 88 rue Grande, de 10 à 17 heures avec la lecture de contes indiens par l’Association Lire et Faire Lire ; de 10 à 16 heures, pour une série d’ateliers de caricatures (de 10 à 12 heures et de 14 à 16 heures) conduit par les dessinateurs Pascal Debacque et Fred Coconut ; de 14 à 16 heures pour un atelier multimédia réalisé à l’aide de tablettes graphiques animé par l’illustrateur Serge Lavrov ; de 14 à 16 heures avec le concours « Dessine-moi Lucky Luke ou un Dalton » ouvert aux jeunes de 3 à 18 ans, animé par les artistes Hughes Barthe et Steve Baker.  
 3) A la Maison de la Jeunesse et des Associations, rue Grande, avec la représentation gratuite et ouverte à tous de Pakita, comédienne et conteuse de livres pour enfants, et de sa pièce de théâtre intitulée « La Fée à lunettes rousse ».  
 4) Place aux Jeunes, de 13 à 16 heures, l’Association Country de l’Eure invitera habitants et participants du Salon à venir les rejoindre pour un moment de détente, de danse et de chansons, rappelant la musique traditionnelle des pionniers du Texas et du Midwest.  

Vendredi 3 et Samedi 4 juin, l’association BD Normande, Steve Baker, Hughes Barthe, Ceka, Charline, Fred Coconut, Severine Dalla, Imanol Dameck, Pascal Debacque, Nicolas Desrues, Fanzine, Christelle Guenot, Eric Héliot, Eric Ivars, Serge Lavrov, Franck Le Melletier, Daniel Morin, Pakita et les équipes de la Médiathèque de Val-de-Reuil attendent petits et grands, pour un week-end culturel et festif entre amis, pour un rendez-vous littéraire et ludique en famille, pour s’initier, apprendre ou redécouvrir la bande-dessinée sous toutes ses formes et dans tous ses états !

2 juin 2016

Les disparitions de Florence Valet et Ida Tombrey-Duguet


Elles étaient l’incarnation de l’élégance morale, du courage physique et toutes deux avaient une personnalité exceptionnelle. Elles sont décédées à quelques jours d’intervalle victimes de la même maladie contre laquelle elles ont lutté avec une même obstination et une même foi en l’avenir, toutes deux sensibles à leur condition humaine.

Florence Valet, 44 ans, originaire de Pinterville, compagne d’Erim Can et maman d’un petit garçon au joli prénom de Djian, aimait le piano et le chant, savait monter à cheval, était d’un professionnalisme total au sein de l’usine ex-SICA et était appréciée par tous, sa famille, ses amis, ses collègues. Florence, comme l’a bien dit Erim lors de la cérémonie d’obsèques dans une église de Pinterville archi-comble, a montré un cran indicible dans la longue tradition des personnes debout et une volonté absolue en faisant face chaque jour au malheur à venir. La présence d’une foule bigarrée désireuse d’entourer Marie-Claude et Christian, ses parents, ses frères et Erim le compagnon de Florence, a montré combien les uns et les autres comptaient dans cette communauté originale que forment les habitants de Louviers et de ses environs. Catholiques, musulmans, agnostiques…athées se sont retrouvés autour de la célébration de la mémoire d’une jeune femme qui aurait aimé cette rencontre « improbable » des différentes origines et cultures finalement universelles.

Ida sur le plateau de Michl Cymès.
Ida Tombrey-Duguet est décédée à l’âge de 53 ans. Pendant plus de dix ans, elle a combattu le mal qui la rongeait. Elle avait d’ailleurs accepté de témoigner dans l’émission de Michel Cymès (notre photo) pour insister sur le rôle de la prévention et du dépistage systématique de certains cancers qu’on guérit aujourd’hui à 90 %. La maladie n’avait altéré ni son optimisme, ni son désir de vivre pour ses fils et ses proches. Ida a lutté encore et encore avec une force incommensurable et une grande humilité retardant l’inévitable destin.
Ida, fille de Gérard et Monique Tombrey avait accompli sa scolarité à Louviers. Elle avait été une basketteuse de haut niveau où elle avait appris le sens du collectif, elle savait lier des amitiés fortes et durables, elle n’ignorait rien des événements locaux auxquels, très souvent, elle contribuait par sa gentillesse naturelle et son goût des rencontres sans rien renier de ses convictions. En ces moments de peine, je pense à Cyril et Baptiste, ses fils, son père Gérard, sa tante Maud, ses proches et tous ses amis, extrêmement nombreux qui seront présents lundi prochain à Evreux pour une cérémonie d’hommage ultime.

1 juin 2016

L'infortune de M. Emmanuel Macron


François Hollande n’a de chance avec ses ministres tantôt chargés du budget comme M. Cahuzac ou tantôt de l’économie comme M. Macron. Si leurs démêlés avec le fisc ne sont pas de même nature, ils embarrassent tout de même le pouvoir d’autant qu’un certain candidat avait déclaré faire de la finance son adversaire principal. Cahuzac avait des comptes un peu partout sur la planète (dans des paradis fiscaux) pour échapper à l’impôt en France et Emmanuel Macron a dû faire preuve d’imagination pour essorer son patrimoine et tenter d’éviter l’Impôt sur la fortune.

Cahuzac, grâce à Mediapart, n’a pas pu échapper à la nécessité de la transparence et a été contraint d’avouer qu’il avait menti. La conséquence — son éviction du gouvernement — n’est intervenue que très, trop, tardivement eu égard aux preuves rendues publiques par le site dirigé par Edwy Plenel, lequel affirmait urbi et orbi que Cahuzac mentait et finirait par être disqualifié. Tous ceux qui ont soutenu Cahuzac contre l’évidence et les faits doivent s’en mordre les doigts.

Que reproche-t-on à Emmanuel Macron ou plutôt que lui reproche la Haute autorité pour la transparence de la vie publique ? D’avoir sous-estimer les biens que lui et son épouse possèdent en commun. Sous-estimer dans un simple but : ne pas atteindre le seuil de 1,3 millions d’euros qui déclenche l’ISF. Il a donc fallu que le Canard enchaîné et Mediapart, encore, mettent au jour le dossier Macron même clos. Le jeune et prometteur ministre ne sera pourtant pas éconduit. François Hollande le conservera auprès de lui pour tenter d’éviter l’humiliation que les sondages d’aujourd’hui lui promettent. M. Macron a affirmé ne pas apprécier le déballage public. Il est vrai que ce n’est pas agréable de se faire taper sur les doigts mais quand on est ministre de la République d’un gouvernement issu d’une majorité de gauche, on doit être exemplaire ou en tout cas y tendre le plus possible.

Avec 14 % d’intentions de vote, le président de la République actuel éventuel futur candidat serait très loin d’Alain Juppé (35 %) et de Marine Le Pen (28 %). Il serait même tutoyé par François Bayrou (13 %) et Jean-Luc Mélenchon (12 %). Soyons prudents. Un sondage réalisé un an avant l’échéance n’a rien de significatif. Les lignes vont évidemment bouger d’ici 2017. Il y aura la primaire de la droite (avec quel vainqueur ?). La gauche partira sans doute en ordre dispersé si bien que la seule certitude est que Marine Le Pen fera plus que 25 %. Elle n’aura aucune chance d’être élue présidente de la République. Mince consolation.

La panne de l'ascenseur social : le plus gros échec de la politique éducative de la Gauche ?


Notre amie Françoise Chapron se tient (et nous tient) informé(e)s des publications liées à l’éducation et aux problèmes qu’elle pose en 2016. Elle nous propose la lecture d’un article d’Agnès Van Zanten paru dans « l’Année sociologique » et consacré à la fabrication des élites dans notre pays. On comprend mieux pourquoi l’ascenseur social est en panne.

L'école et la fabrication inégalitaire des élites, un mal français ?
A la sortie de l'école. (photo JCH)
Consacré à la formation des élites, le dernier numéro de L'Année sociologique analyse les processus de fabrication des élites dans plusieurs pays dont la France. La remarquable synthèse d'Agnès Van Zanten éclaire particulièrement le cas français. Ce qui caractérise la fabrication des élites en France c'est qu'elle est à la fois familiale et scolaire. Autrement dit, le système éducatif contribue aux mécanismes qui permettent aux classes favorisées de se réserver les positions d'élite et de bloquer l'ascension sociale des autres. A Van Zanten montre en détail comment fonctionne ce « parrainage institutionnel » qui ouvre la porte des grandes écoles aux plus favorisés au nom de la méritocratie. Serait-ce le plus gros échec de la politique éducative de la gauche ? 
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2016/05/27052016Article635999296533864550.aspx

  
Agnès Van Zanten : Accompagner la mise en place des réformes pour lutter contre les processus inégalitaires
Comment un système éducatif qui a la passion de l'égalité peut-il devenir une machine à reproduire les inégalités sociales ? Agnès van Zanten revient sur la part de l'institution scolaire et sur celle des enseignants. Elle propose un accompagnement réel des réformes pour lutter contre les pratiques inégalitaires du terrain. 
http://www.cafepedagogique.net/LEXPRESSO/Pages/2016/05/27052016Article635999296529340434.aspx
Serait

30 mai 2016

Proposition de titre de film pour François Ruffin : Merci Macron !


Merci Macron !  Si François Ruffin (1) a le temps, il pourra toujours filmer sans caméra cachée le ministre de l’économie lequel, où qu'il soit, a la langue bien pendue. Alors qu’il vaquait à ses occupations (on ne sait plus bien si elles sont ministérielles ou privées ou celles d’un futur candidat aux présidentielles) Emmanuel Macron s’est fait alpaguer par un travailleur en tee-shirt lui reprochant son costume cravate. Le costume-cravate, comme on le sait, est le symbole de certaines professions. En général on ne s’y salit pas les mains. Je n’ai rien contre le costume-cravate mais il est vrai qu’au sein même de la Silicon-Valley, les patrons de start-up préfèrent des salariés en tenues plus décontractées et moins compassées.
Revenons à notre ministre. S’adressant à son interlocuteur il ne lui a pas délivré un « casse toi pôv con » mais un « si tu veux te payer un costard, tu n’as qu’à bosser. » Sarkozy dans une formule vague, ambiguë, parle « d’un propos cynique, mi-homme mi-femme. » Cynique, ce propos l’est assurément d’autant que Sarkozy est un connaisseur et surtout un pratiquant. Pour le reste de la formule, je fais confiance à mes lecteurs pour l’interpréter.
Ainsi donc Macron voudrait ressembler à Wauquiez. Lui c’est le champion des formules assassines genre « assistanat » de chômeurs qui, évidemment, ne veulent pas bosser. Wauquiez serait prêt à tout pour travailler s’il était sans emploi : balayeur, homme de corvée, payé au SMIC voire moins. Car comme on l’imagine, le regard que portent les Wauquiez-Macron sur les sans emplois, les précaires, les « sans dents », comme dirait l’autre, n’est ni tendre ni compatissant. Ce qu’ils pensent ? « S’ils sont chômeurs, c’est qu’ils le veulent bien. » D’ailleurs une majorité de Français pensent comme eux, surtout ceux qui ont un travail. Les chômeurs habitent un monde que personne ne veut visiter, un monde chez Pôle emploi, un monde de prestations sociales où l’indignité le dispute à l’humiliation. Qui n’a jamais été chômeur ne connaît pas son bonheur.
Sauf que Macron est ministre théoriquement au service d’un président socialiste (quoique…) au sein d’un gouvernement de gauche (encore que…) et qu’il est loisible d’imaginer un peu plus d’intérêt de sa part pour les personnes en difficulté ou en galère. De la part d’un homme de droite, le mépris pour un chômeur est compréhensible sinon admissible mais de la part d’un membre d’un gouvernement soutenu par une majorité de députés de gauche, la phrase de Macron est choquante.
Il est vrai qu’il n’est « ni de droite ni de gauche ». C’est peut-être ce que Sarkozy a voulu dire en affirmant qu’il était « mi-homme mi-femme. » Euréka !
(1) L'auteur de « Merci patron ! »

29 mai 2016

Dominique Reynié renvoyé dans ses foyers…parisiens


Le Conseil d’Etat a invalidé l’élection comme conseiller régional de Dominique Reynié, tête de la liste LR en Languedoc-Roussillon, au prétexte que ce dernier n’y habitait pas et n’y travaillait pas. C’est incroyable. Voilà un homme qu’on a entendu mille et une fois sur la chaine de télévision France 5 dans l’émission C dans l’air. Il y plaidait pour un renouvellement des hommes, des idées et des pratiques. Et que fait-il ? Il applique les vieilles feintes de balayeur consistant à se trouver une résidence de fortune pour ne pas dire d’occasion, sa mère acceptant de lui rédiger un bail démontrant qu’il possédait une chambre dans la maison de ses parents. La chambre du fils comme lien avec une région, voilà qui pose son candidat, professeur à Sciences Po Paris où on enseigne les fondements de notre démocratie et de notre République.
Cette annulation d’élection est d’autant plus paradoxale que la mésaventure de Dominique Reynié est tout simplement due à une action devant la justice administrative d’un candidat LR évincé et résidant bien, lui, dans la région qu’il aspirait à représenter. Cette annulation survient au bon moment. Elle rappelle que les petites manigances, les petites entorses à la loi, peuvent être sanctionnées, quel que soit l’impétrant. Elle souligne aussi et de manière cruelle pour M. Reynié, que les actes doivent être conformes aux discours. On ne peut pas prêcher la disparition de méthodes anciennes et limites et s’en faire le zélé défenseur pour entamer une carrière politique. M. Reynié est d’ailleurs bien placé pour savoir que les professionnels de la politique défendent leur pré carré et ne se font aucun cadeau. M. Grand, l’auteur de l’action judiciaire, a non seulement contribué à la défaite de la liste LR mais en plus, il a obtenu la tête de son rival renvoyé dans ses foyers parisiens. M. Reynié trouvera-t-il à nouveau le temps de pontifier sur France 5 ? Merci Yves Calvi.

28 mai 2016

Quelques réflexions au débotté : Anniversaire, Trump, œufs tondus, gâchis…


Port britannique.
Vue de l’étranger où je viens de passer une petite semaine (d’où un certain silence sur ce blog) la situation française suscite à la fois compassion et moquerie. Compassion suite aux attentats de janvier et novembre 2015 avec tous ces morts et tous ces blessés victimes de la violence terroriste aveugle et moquerie eu égard à la situation sociale dont les grèves et les occupations sont les images relayées sur les chaines d’info.
La France est louée pour le courage de ses soldats mais elle est la risée des observateurs en montrant un visage de désintégration et de désordre rampant. A l’évidence, les images ne disent pas tout. Pour mieux comprendre la situation française, il faut se plonger dans l’histoire, dans la culture de notre pays même s’il n’est pas simple de faire comprendre à un Britannique, par exemple, le mode de fonctionnement de notre démocratie. L’impression qui ressort des discussions est un immense gâchis. La géographie de notre pays, sa démographie, le génie de ses chercheurs, la place éminente de son système de soins, la grande tradition culturelle et sa déclaration des droits de l’Homme continuent d’éblouir une partie du monde et de l’Europe. Il est vrai que de retour dans l’hexagone, on ne peut que déplorer l’entêtement du gouvernement qui n’a d’égale que la lutte pour la survie de la CGT.

Donald Trump change d’avis comme de chemise. Depuis le début de sa campagne pour obtenir l’adoubement des Républicains, il change d’opinion au gré des états, des publics et des sujets. Alors qu’il avait d’abord accepté de débattre avec Bernie Sanders,  un postulant démocrate rival d’Hillary Clinton, il vient de lui faire savoir qu’il renonçait…sans qu’on sache très bien le pourquoi de cette retraite. Trump affirme qu’il réduira à néant l’accord de Paris sur le climat. Doit-on le croire ? Doit–on le croire quand il assure qu’il interdira aux musulmans l’entrée sur le territoire américain ? Ou qu’il expulsera les millions d’immigrés clandestins dont, par principe, on ne sait qui ils sont, où ils habitent ni comment ils survivent.
Toutes ces « belles » paroles n’ont pour but que d’appâter l’électeur. On aurait tort de reprocher à Trump seulement les promesses non tenues. L’écart entre les projets et le réel est tel que le pragmatisme finit toujours par l’emporter. On peut parier que les Juppé, Sarkozy et Le Maire, s’ils sont élus, ne tiendront pas un quart de leurs engagements. Eux aussi devront affronter la rue et les cortèges.

Le préfet d’un département du Beaujolais vient d’ordonner la fermeture d’un centre de production d’œufs. L’association L 214 qui veille au bien-être animal a mis en ligne une nouvelle vidéo montrant comment sont traitées les poules pondeuses moins bien considérées que des machines. Les mouches, les cadavres, les asticots, les poux, tout cela fait horreur à quiconque réagit normalement. Cette, comment dire, usine est dans le collimateur des autorités depuis des mois mais les «corrections» demandées n’ont jamais été mises en œuvre. La situation économique du centre est catastrophique, les vingt salariés ne peuvent remplir toutes les tâches si bien que les poules souffrent le martyre. On se demande qui est doté d’un cerveau d’oiseau : les poules ou ceux qui tondent les œufs.

Vous êtes nombreux, sur Facebook, à m’avoir souhaité mon anniversaire. Il y a les amis que je connais, ceux que je ne connais pas mais que je connaîtrai un jour, ceux que je ne connais pas et que je ne connaîtrai jamais. Drôle de réseau social que Facebook. Je reconnais que ce réseau me permet surtout de faire connaître ce blog. Je n’y évoque jamais ma vie privée, même si je ne suis pas à la recherche d’un emploi. J’y laisse le moins de traces personnelles possibles s’il est vrai que la NSA stocke des millions de données sans qu’on sache très bien à quoi elles serviront. Ou plutôt on le sait trop bien.
Alors, ami(e) connu(e)s et inconnu(e)s, je vous remercie vivement d’avoir eu une pensée pour moi. J’atteins donc le cap des 7 décennies étant né au cours du baby boom première génération puisque mon père rentrait de captivité. J’aurais donc connu les trente glorieuses et les magnifiques mois et heures de mai 68 tout comme l’action extraordinaire du Docteur Martin à Louviers, maire créatif et doté d’un imaginaire aussi riche que fécond. Depuis, une certaine normalité lui a succédé. Je vous donne donc rendez-vous pour la suite des aventures que ne manqueront pas de nous faire vivre les Trump, Sarkozy et consorts.

20 mai 2016

Marc Antoine Jamet proteste « contre l'acharnement obscur des encagoulés »


Hier, les opposants à la loi El Khomry manifestaient dans différentes villes de France dont Evreux. La colère de certains participants s'est « exprimée » notamment contre les locaux de la fédération de l'Eure du Parti socialiste ou des actes de vandalisme ont été commis. Je suis de ceux qui, très tôt, se sont opposés à la loi dite « loi travail. » Mais il y a mille manières de s'opposer. Autant la manifestation de rue, la grève, l'expression médiatique, la pétition, que sais-je encore, répondent à des soucis démocratiques et légitimes, autant la violence contre les biens ou les personnes n'a pas (ou ne devrait pas avoir) sa place dans le panel des protestataires. Je sais bien qu'on oppose souvent la violence agressive à la violence sociale laquelle justifierait certaines extrémités. Le licenciement, le chômage, la précarité sont effectivement des formes de violence. Une démocratie digne de ce nom ne peut pourtant fonctionner dans un rapport antagoniste placé sous le signe de la colère aveugle ou de la violence physique.
Marc-Antoine Jamet, premier secrétaire de la fédération de l'Eure du Parti socialiste, réagit à ces actes dommageables pour ceux qui en sont victimes et ceux qui les commettent. Je publie le communiqué qu'il m'a adressé.
« Au cours d'un défilé qui rassemblait quelques centaines de personnes à Evreux dans un calme  démontrant la légitimité d'un mouvement et de manifestants qui ont - évidemment - le droit le plus absolu de s'opposer au Gouvernement, même si on aurait souhaité les voir - tous - faire face avec la même énergie à la droite, se battre avec la même détermination pour sauver entreprises et emplois, lutter avec la même résolution contre le Front National, le siège de la Fédération du Parti Socialiste de l'Eure a subi des dégradations.
Est-ce vraiment un objectif légitime de s'attaquer à la représentation d'un parti politique, à un outil de l'action démocratique, à un lieu d’expression, de débat et de dialogue ? On peut en douter. Est-ce digne, honnête et grandiose d'inquiéter, je n'emploierai pas le mot terroriser, des permanents qui, depuis de longues années, ont aidé à faire aboutir les grandes réformes qui ont changé notre société et la vie ? Je ne le crois pas. La vérité est là : pour commettre ces actes, stupidité, provocation, irresponsabilité, amnésie et mauvaise foi s'étaient données la main ce matin là. Je le regrette. Je le condamne.
Quand les idées sont imprécises ou contradictoires, on frappe, on tape, on casse. Lorsque la confrontation des arguments fait peur, on dégrade des locaux, on souille des murs, on abîmé des portes.  Les auteurs de ces déprédations n'étaient pas muets et, pourtant, ils ne parlaient qu'avec leurs mains. Nous avons le culte de la raison. Il passe par la discussion et la réflexion. Malheureux, les pauvres en convictions et en propositions, les revenus de tout et les partisans de rien, aucun paradis ne les attend.
Les socialistes, mes camarades, eux, ce sont d'abord des militants, un millier d'hommes et de femmes de conviction, de toute origine sociale, enseignants, ouvriers, médecins, artisans, fonctionnaires, employés, qui se battent depuis toujours pour des valeurs de liberté, de solidarité, d'égalité, de laïcité et de fraternité. Fidèles, sincères, constants, ils, ont été aux côtés des syndicats, des étudiants, des travailleurs, des faibles et des oubliés. Commentant la Loi Travail et son adoption, ils ont pu dire leur incompréhension et, parfois, leur désillusion. Ils ont eu des inquiétudes et en éprouvent encore, mais, jamais, jamais, ils ne cèdent à la violence ou à l'injure.
Rien ne peut justifier ces actes accomplis dans le courage crapoteux de l'anonymat, rien ne peut permettre de tolérer des comportements haineux, rien ne peut autoriser des propos honteux qui  associent le parti de Léon Blum, de Victor Basch, de Daniel Mayer et de Jean Zay à la capitulation comme tenta de le faire Pétain à Riom. En tant que Premier secrétaire fédéral, au nom des socialistes de l’Eure, je condamne ces actes de vandalisme parce qu'ils sont lâches, minables et médiocres. Quelle que soit la teneur des revendications, quelle que soit l'expression d'un mécontentement ou d'une opposition dont je défendrai toujours l'expression, à Evreux, au Havre, à Rouen, à Caen, à Paris, comme partout en France, la liberté, celle de manifester ou de protester, celle des droits de l'homme et du citoyen, n'est pas celle de casser, de dégrader ou de vandaliser, car, alors, c'est la République que viennent détruire l'acharnement obscur des encagoulés. »

Marc-Antoine Jamet, Premier secrétaire de la fédération de l'Eure du PS

18 mai 2016

Quelques réflexions au débotté : Trump-Clinton, le dopage en Russie, l'affaire Baupin fait des vagues, Arnaud Montebourg, le perdreau de l'année, National-socialisme en Autriche, hémorragie au PS…


Si j’ai bien compris la campagne électorale américaine, Donald Trump utilise de l’essence sans plomb (quoique…) et Hillary Clinton plutôt du Diesel. L’un fait la course en tête et largement chez les Républicains, l’autre mène sans écraser son rival, Bernie Sanders, dans la course à l’investiture démocrate. Telle que l’épreuve se dispute, on ne voit ce qui pourrait empêcher le magnat de l’immobilier d’affronter l’ancienne secrétaire d’Etat de Barack Obama.
Avec Trump on est servi. Les musulmans ? Dehors ! Le Mexique ? On construira un mur ! L’Europe ? Qu’elle se démerde ! La Russie ? Poutine est un bon partenaire…de discussions. Même protectionnisme, même forme de nationalisme…Même si Hillary Clinton ne déchaine pas l’enthousiasme, elle semble  d’assez loin la meilleure pour faire face aux défis de notre époque. Elle vient même d’approuver le vote du Sénat permettant d’enquêter sur le rôle du pouvoir saoudien dans les attentats du 11 septembre. Cela ne fera pas plaisir au roi. Mais servira peut-être la vérité…

Le président du CIO, comité international olympique, publie un texte dans le Monde dans lequel il exprime sa colère, ses ressentiments à l’égard de la politique de dopage systématique utilisée en Russie. Il a demandé que tous les flacons des JO d’hiver de Sotchi soient systématiquement analysés. Il promet disgrâce, interdiction à vie, sanctions pénales et financières à l’égard de tous ceux qui faussent les compétitions et poussent au crime.
Il annonce que les JO de Rio vont devoir se priver de la présence de dizaines d’athlètes pris la main sur la seringue ou autre outil destiné à tromper la vigilance des médecins et contrôleurs. Il évoque même dans son texte une pluralité de fédérations sportives et pas seulement telle ou telle spécialité.
Il était temps que les principaux dirigeants du sport mondial sortent les crocs. Certes, les tricheurs ont souvent un temps d’avance et utilisent des méthodes et moyens nouveaux non détectables aujourd’hui. Mais le temps plaide pour des sanctions même avec retard.

L’affaire Baupin continue de faire des vagues. 17 anciennes ministres, de droite et de gauche, ont signé un texte dans le Journal du Dimanche dans lequel elles déclarent qu’elles ne se tairont plus. Victimes, elles-mêmes, de réflexions graveleuses ou de commentaires lourds, ces anciennes ministres se sont tues trop longtemps pour ne pas nuire à leur carrière dans leur parti ou tout simplement parce qu’elles ne souhaitaient pas être humiliées publiquement . Elles veulent donc libérer la parole des milliers de femmes qui, au travail ou ailleurs, sont les cibles de prédateurs « Gaulois ». Cela va du harcèlement à l’agression ! Selon elle, la culpabilité doit donc changer de camp et cela commence par le refus de l’omerta.
Les hommes aussi ont leur mot à dire. Au-delà des inévitables blagues salaces des groupes amicaux rassemblés pour X raisons, il appartient à tout un chacun de protester contre le laisser aller d’une parole qui pour être libérée, celle-là, n’en est pas moins scandaleuse.

Arnaud Montebourg se présente comme un perdreau de l’année. Celui qui est resté célèbre pour sa fameuse phrase au Grand journal de Canal plus : « le plus gros défaut de Ségolène Royal c’est son compagnon » n’a pas hésité à appeler à voter pour François Hollande au second tour de la primaire de la gauche en 2011. Martine Aubry a conservé un très mauvais souvenir de ce désistement quelque peu calculé.
Idem pour l’union avec Manuel Valls afin d’obtenir le départ de Jean-Marc Ayrault de ses fonctions de Premier ministre. Arnaud Montebourg n’inspire pas la confiance. Qu’il ait des velléités d’apparaître comme un candidat crédible à la gauche de la gauche ne doit pas nous faire oublier ses différents engagements à géométrie variable.

François 1er, le pape, prèche pour sa paroisse est c’est bien normal. Il est dans son rôle. Quand il affirme que la France pratique une laïcité excessive, il rejoint certains prêcheurs de l’Islam lesquels eux aussi trouvent à redire à cette laïcité neutre de l’Etat. J’ai l’impression que ces pontes religieux n’ont pas bien compris le sens du mot laïcité et encore moins la vocation de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat.
Il ne s’agit pas de nier le droit de croire en un Dieu quel qu’il soit ou d’avoir une foi. Il s’agit de permettre à chacun, dans la sphère privée, d’exercer son culte mais de faire preuve de distance dans la sphère publique où se côtoient tous les catholiques, les juifs, les musulmans, les athées, les agnostiques, les libres penseurs…sans préférence aucune. C’est la force et l’originalité de notre république. Il n’y a pas, en France, de religion d’Etat ni de grand prêtre favori. Le pape a donc tort de critiquer notre laïcité exemplaire. 

Dimanche prochain, les Autrichiens vont élire le président de leur République au cours d’un second tour à grands risques. Car il y a malheureusement de fortes chances pour que le vainqueur soit un membre de l’extrême droite. L’histoire de ce pays ne plaide pas en sa faveur. Mais comme des socialistes gèrent une région avec le parti national socialiste, on marche sur la tête dans un pays de l’Union européenne justement créée pour éviter que des apprentis fascistes soient au pouvoir. L’Union européenne nous a apporté la paix, la croissance économique et une démocratie avancée. Le fait même que des nationalistes populistes puissent être élus est une entorse grave aux valeurs portées par la majorité des pays de l’Union. Les Hongrois, les Polonais avec la droite extrême…et maintenant l’Autriche avec l’extrême-droite. Marine Le Pen se frotte les mains.

Le PS perd-il autant d’abonnés que Canal Plus ? Non pas. La chaîne cryptée, depuis que Vincent Bolloré préside à ses destinées a perdu 190 000 abonnés. Il paraît que Maïtena Biraben ne convainc pas. Le départ de Yann Barthès et de son équipe du Petit Journal ne va rien arranger. Au fait, Barthès sur TF1, c’est un gag ou quoi…
Le PS, quant à lui, subit également une hémorragie importante. Des militants ayant plusieurs décennies au compteur ne s’y retrouvent pas et quittent ce parti ou le contestent de l’intérieur façon frondeur. La déchéance de nationalité, d’abord, la loi El Khomry, ensuite, cela fait beaucoup de couleuvres à avaler pour des militants de gauche. Certes, M. Leroux, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, souhaite que François Hollande en reprenne pour cinq ans. Il considère qu’à gauche, il n’y a pas d’autre choix. Mais les électeurs jugent les faits et le bilan, pas les formules du genre « cela ne pas très bien mais cela va mieux. » C’est ce qu’on dit aux mourants. La France n’est pas au bord de la catalepsie. Le bilan de santé n’est pourtant pas au mieux. Cela pourrait être pire, non ? Avec Sarkozy par exemple ?