13 février 2016

Vers un référendum local pour sortir du « merdier » de Notre-Dame-des-Landes


Un camp d'irréductibles.
Le référendum local proposé par le Président de la République sur l’avenir de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est peut-être une fausse bonne idée. Des démocrates sincères affirmeront que donner la parole au peuple, c’est rendre légitime la décision majoritaire future, que la réponse soit positive ou négative.
D’autres regretteront que les élus désignés par ce même peuple pour prendre les décisions se déchargent de leurs responsabilités et ne remplissent pas leurs obligations surtout quand un dossier aussi lourd est lancé depuis bien des années.

Il est évident que les écologistes rentrés cette semaine au gouvernement ont exigé (le mot est peut-être exagéré) du Président de la République un engagement fort permettant aux uns et aux autres de sortir de ce qu’il faut bien appeler un vrai « merdier ». Ségolène Royal le dit depuis des semaines et ne comprendrait pas qu’on usât de la force pour expulser les récalcitrants. Les agriculteurs, les habitants de la ZAD et nombre de défenseurs de l’environnement (locaux ou internationaux) se sont démenés tant et bien pour empêcher la concrétisation d’un projet pharaonique dont les objectifs paraissent démesurés. Est-ce vraiment le cas ?

La construction d’un nouvel aéroport doit répondre à bien des considérations : utilité économique du projet en lien avec les contraintes écologiques, financières et géographiques du site retenu et des besoins de la région. Le référendum — pour être significatif — doit lui aussi répondre positivement à plusieurs critères : une information complète des citoyens-électeurs, un périmètre géographique large, une organisation sans faille et donc incontestable, et enfin la certitude que la voix du peuple sera entendue par les parties en cause. A lire ce que je lis aujourd’hui, tout cela est loin d’être accepté unanimement. 

Valls parle d’un référendum avant l’été, Retailleau (président de la Région) intime l’ordre à l’Etat de ne pas revenir sur un projet approuvé, certains zadistes refusent de participer à la consultation…autrement dit, même si c’est une porte de sortie sans doute acceptable pour le pouvoir central, le référendum n’est pas acquis.

François Hollande, pour justifier le référendum local, a pris l’exemple allemand de la gare de Stuttgart. Les élus locaux sont sortis de leur guêpier après une consultation populaire dont le résultat (négatif) a été entériné par l’ensemble des protagonistes. Le sens de la discipline Outre-Rhin serait-il plus développé qu’en France ou la démocratie y serait-elle mieux servie ?

12 février 2016

Laurent Fabius peut-il continuer à suivre le dossier de la COP 21 ? Ségolène Royal ne le pense pas


Je crois savoir que la municipalité de Louviers travaille sur un dossier de maison médicale dans notre ville. Voilà un projet intéressant et qui ne demanderait qu’à aboutir. Notre département demeure en effet l’un des derniers de France en ce qui concerne la couverture géographique par les médecins généralistes. Les départs en retraite vont se succéder à grand rythme fragilisant un peu plus un tissu médical déjà bien mité.
Que va proposer le maire de Louviers aux médecins actuels ou aux futurs médecins désireux de s’installer pour pratiquer cette médecine de ville si utile et si nécessaire aux populations ?
Ce que cherchent les médecins, hommes et femmes d’aujourd’hui, ce sont des conditions de travail sécurisées et confortables alliant vie professionnelle et vie privée. Le médecin qui a le bonheur (réciproque) de soigner ma famille débute ses journées à 7 h 30 du matin pour les terminer à 20 h 30 voire plus tard. Ce n’est pas vraiment une vie. Mais comme il a été formé il y a quelques décennies, il accepte des contraintes que les nouveaux médecins refusent.
Le principe d’une maison médicale, c’est la mutualisation. Bénéficier d’un secrétariat permanent et performant, rassembler des moyens numériques et logistiques communs, partager des diagnostics dans l’intérêt des patients, d’abord, et celui des médecins ensuite. Je ne sais pas quand pourraient aboutir les négociations en cours entre mairie et médecins mais il y a là une piste qu’il ne faut pas abandonner.

Einstein avait raison ! Il aura fallu attendre 100 ans entre la publication de certaines de ses théories et la vérification concrète de leur valeur. Einstein était un génie, ce que nul ne conteste mais sa communication sur les ondes gravitationnelles, si elle passionnait les physiciens et les astronomes, demandait à être prouvée scientifiquement.
Il aura également fallu plus de quatre décennies pour que des équipes française, italienne et américaine mettent au point les machines permettant de reconnaître ces ondes invisibles. Cela été fait en septembre dernier.
Cerise sur le gâteau. L’onde identifiée aurait été envoyée dans l’espace-temps il y a un milliard et demi d’années-lumière suite à la collision de deux trous noirs dont l’existence est elle-même avérée. Les spécialistes n’hésitent pas : un monde nouveau est né puisque l’homme (ou la femme) est maintenant capable de travailler sur l’invisible et l’infiniment petit…en mouvement.
Ségolène Royal. (photo JCH)

Ségolène Royal n’en démord pas. Elle considère que Laurent Fabius doit lui passer la main sur le dossier de la COP 21. Le futur président du Conseil constitutionnel souhaite conserver, jusqu’en septembre prochain, un rôle essentiel sur l’évolution de son « enfant » ce que ne semblent pas permettre les textes législatifs. 
Ségolène a eu un renfort de poids en la personne de Jean-Louis Debré, président sortant du Conseil constitutionnel. Lui-même considère que Laurent Fabius pourrait être en situation de conflit d’intérêt entre ses fonctions nouvelles et celles qu’il assumait quand il était ministre des Affaires étrangères. 
Même bénévole, l’implication de l’ancien Premier ministre soulève interrogations…et contestations de la part de Mme Royal. Son périmètre avait été amputé de quelques prérogatives. Elle n'a pas attendu longtemps pour réagir.

11 février 2016

Marc-Antoine Jamet fait Officier de la Légion d'Honneur par Bernard Cazeneuve


Marc-Antoine Jamet, son épouse Catherine et B. Cazeneuve.
Quel délicieux lapsus. Quand Marc-Antoine Jamet a évoqué, hier soir place Beauveau, face à une assemblée polychrome de droite et de gauche « le monastère de l’Intérieur », bien des sourires se sont affichés sur les visages des invités prestigieux. Ils avaient tenu à être présents à la remise de la Croix d’Officier de la Légion d’Honneur à un homme doté du don exceptionnel de servir à la fois le secteur public et celui de l’entreprise privée. Ne favorisa-t-il pas pendant seize ans les ambitions d’Henri Emmanuelli ou celles de Laurent Fabius avant d’entrer dans la carrière de cadre supérieur au sein d’une des plus florissantes entreprises françaises pour la même durée jusqu'aujourd'hui ?
L’absence de Bernard Arnault fut largement compensée par la présence amicale de Ségolène Royal, ministre de l’environnement et des transports ou celle de Bernard Stirn, éminent conseiller d’Etat, sans omettre celle du maire du Havre venu en voisin et collègue normand. La majorité municipale rolivaloise avait délégué ses meilleurs ambassadeurs présents parmi la foule des membres de cabinets ou d’énarques ravis d’être honorés par procuration.

Officier de la Légion d’Honneur, c’est quelque chose dans la vie d’un homme ou celle d’une femme. Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur parrain du récipiendaire, très à l’aise à l’oral, parlant sans notes ou quasiment, se plut à retracer la carrière d’une intelligence et d’une culture exceptionnelles ainsi que le caractère de quelqu’un peu connu pour son laxisme ou son relâchement. MAJ est ainsi fait qu’il déteste la médiocrité. Il abhorre le laisser aller et ne trouve son compte que dans l’effort et dans l’action. Il y parvient au prix d’un réseau immense, éclectique, ainsi que dans l’accomplissement de tâche impossibles au commun des mortels. Evidemment, cette exigence ne va pas sans fâcher quelques âmes dont il n’obtient pas le pardon. Ainsi va la vie…

Au Jardin d’acclimatation, au sein de la Cosmetic Valley, à la tête du CNED, au CA de la Tour Eiffel, au secrétariat général de LVMH, à la tête de la fédération de l’Eure du Parti socialiste (Eh oui, il est socialiste !) à la direction de la mairie de Val-de-Reuil ou comme ancien vice-président de la Région Haute-Normandie chargé des finances, Marc-Antoine Jamet parsème son parcours de réalisations et d’investissements tantôt favorables aux citoyens, tantôt avantageux pour l’emploi et l’industrie. Farouche militant contre la …contre-façon, il a laissé à la tête de la fédération nationale des fabricants le souvenir d’un  homme opiniâtre et battant capable de faire modifier les lois et les comportements.

Marc-Antoine Jamet est évidemment victime du syndrome Fabius. Trop bourgeois pour être de gauche, trop impliqué dans le monde de l’industrie du luxe pour comprendre le petit peuple. Il ne peut être qu’un lobbyiste ou un faux nez. Beaucoup le décrivent ainsi et considèrent que sa Légion d’Honneur est le produit du copinage. C’est méconnaître la vie et la personnalité du fils de Dominique et de Françoise Jamet. C’est faire preuve d’une vision un peu courte et pour tout dire, idiote. Quand un père est exaspérant à ce point (mais doté d’une immense culture et d’un non moins grand talent de pamphlétaire) quand une mère est comédienne et cultivée à souhait, le rejeton d’une telle union doit briller par lui-même. Il doit être aimé, d’abord, aidé ensuite et enfin conduit à tracer sa route seul au volant au prix, parfois, de quelques excès de vitesse que la maréchaussée lui pardonnera bien volontiers.

Il avait donc fière allure, Marc-Antoine, auprès de son épouse Catherine et de ses enfants trop émus pour pleurer et sans doute trop admiratifs pour le laisser paraître. Nous sommes quelques-uns à apprécier la personne et à chercher à mieux comprendre les compétences multiples de quelqu’un qui ne se laisse pas saisir. Malgré tout son talent, je ne suis pas certain que Bernard Cazeneuve soit parvenu à décrire l’ensemble des qualités de son ami de 25 ans. Tant mieux. On en saura plus quand il sera fait commandeur.

10 février 2016

La carrière de Laurent Fabius couronnée par la présidence du Conseil constitutionnel

Laurent Fabius à la fête de la rose de Val-de-Reuil. (Photo Jean-Charles Houel)

N’en déplaise à tous ses détracteurs, passés, présents et futurs, Laurent Fabius est un de nos plus importants hommes d’état. Que de procès injustes ne lui a-t-on pas faits ? Insincère, intéressé, anti-européen, complice du drame du sang contaminé…et bien d’autres épithètes beaucoup moins mesurées essentiellement dues à ses origines familiales de grand bourgeois de Paris. Mais comment peut-il être de gauche ? Heureusement, Laurent Fabius, toutes convictions chevillées au corps, a su défier tous ses adversaires, tous ses ennemis (les antisémites notamment) et se situer à des hauteurs qui sont celles des grands hommes politiques français. 
Que le président de la République le choisisse pour présider le Conseil constitutionnel a deux conséquences : priver la France d’un ministre des Affaires étrangères aussi compétent qu’efficace dans la mesure où la diplomatie exige patience et anticipation, et offrir au Conseil constitutionnel, si important dans l’ordre judiciaire, un président soucieux du bien public, de la défense des liberté et des droits individuels.
Laurent Fabius sera un président intègre, juste et raisonnable. Il arrive dans une institution au sein de laquelle siègent des juristes, hommes et femmes de droite et de gauche, connus pour leur parcours au service de la loi et des grands textes qui font de la France la patrie mondiale des droits de l’homme. Il y retrouvera même Lionel Jospin, son ancien camarade de parti, lui aussi rangé des voitures.
L’ancien Premier ministre, ministre, président de l’Assemblée nationale, député, élu local et régional, met donc un terme à sa carrière politique. Durant cette longue activité, il n’aura pu connaître la consécration puisqu’il ne put jamais devenir président de la République. Barré par Ségolène Royal puis par François Hollande, le député de Seine-Maritime ne sut pas être présent au bon moment et à la bonne place. Dommage pour la France et les Français. 
Laurent Fabius succède à des hommes prestigieux et experts comme Robert Badinter ou excellent juriste comme Jean-Louis Debré. Ce dernier a présidé le conseil alors même que des réformes importantes modifiaient son fonctionnement et son rôle. Les QPC, questions prioritaires de constitutionnalité, ont donné des droits nouveaux aux justiciables, aux avocats et aux juristes de tous poils.
Laurent Fabius aura pour tâche de sacraliser ces pratiques nouvelles tout en ne sacrifiant rien des textes fondamentaux régissant notre république. Je ne doute pas un seul instant de ses compétences mais également de son talent.

9 février 2016

Le bénévolat, il n'y a que ça de vrai, surtout quand on y est obligé !


« Y en a marre de tous ces fainéants, ces Rmistes, ces chômeurs, ces allocataires du RSA qui ne se bougent pas le cul pour trouver du boulot. » Ces assistés, comme le dit si bien le sieur Wauquiez, n’ont qu’à bien se tenir. Il s’est en effet trouvée une majorité départementale (UDI-LR) dans le Haut-Rhin pour exiger que les allocataires du RSA, s’ils veulent toucher leurs 400 euros à la fin du mois (400 euros !) prouvent leurs capacités d’agir. Agir comment ? Rien de plus facile : rendre des services bénévoles pendant au moins sept heures par semaine pour le compte de la collectivité. Pourquoi sept heures, pas six, pas huit…allez savoir ? Quant au choix du mot bénévolat, il ne correspond pas du tout à la définition puisqu'il s'agit d'une tâche généreuse qu'on accomplit « sans y être obligé. »
Le bénévolat ! Voilà la nouvelle tarte à la crème des dirigeants, qu’ils soient politiques et de droite comme ce président de conseil départemental trop content d’occuper la scène médiatique, ou même ces chefs d’entreprises dans le cadre des stages non rémunérés pour un travail effectif, comptabilisé, mais…gratuit. Combien d’étudiants français et étrangers contraints de trouver des stages (ce n’est pas toujours facile d’ailleurs) de plusieurs mois avec à leur charge loyer, frais, transport…car aujourd’hui, le travail étant si rare n’est-ce pas, que c’est déjà un privilège de se voir accorder une aide ponctuelle ou une occupation ! Vous ne voudriez quand même pas être payé en plus !

Cette question, les membres du Conseil économique et social et environnemental (1) ne se la posent pas. La chaîne M6 a consacré son émission « Capital » de dimanche soir à cette assemblée composée de plus de 230 membres. Ce sont des privilégiés au sens propre du terme. Non seulement on leur verse 3000 euros nets par mois avec une retraite assurée de 800 euros ad vitam aeternam pour quatre jours de présence mais en plus 30 % d’entre eux sont des absentéistes patentés…
On a visité les étages du CESE. Le petit café à 0,60 €, le repas gastro à 19 € et quelques centimes, un bureau de poste, un bar, un kiosque de presse, une agence de voyages car  ces messieurs et dames du CESE voyagent en première ou en classe affaires. Il y a mieux. La Cour des comptes s’insurge régulièrement contre les énormes avantages des 150 salariés du CESE. 122 % de primes en plus du salaire de base ! Des primes glanées au fil du temps et des différents présidents sans oublier les 1607 heures de travail dues mais non exécutées en totalité eu égard au nombre de jours de congés annuels. Cette descente au CESE (il coûte 100 millions d’euros au contribuable) illustre aussi le peu de cas que les gouvernements de droite et de gauche font de ce CESE qui pond rapports sur rapports définitivement posés sur les étagères de l’oubli.
En 2015, le gouvernement a saisi deux fois le CESE. C’est dire. On en serait presque à regretter que la réforme voulue par le général de Gaulle en 1969 (il voulait réunir sénat et CES en une seule assemblée) ait été refusée par les Français dont j’étais… car comme d’habitude on avait répondu à côté de la question.

Qu’il s’agisse du général Piquemal ou des militants du FN, leur marotte c’est le patriotisme. Ils n’ont que ce mot à la bouche. Non seulement JMLP avait voulu annexer le drapeau tricolore, la Marseillaise et Jeanne d’Arc mais en plus, ils voudraient se faire passer (je parle du FN) pour des Français plus Français que les autres. Quelle farce. Quand le général Piquemal évoque mille ans de notre histoire, il oublie les invasions arabes, anglaises, les mariages mixtes, les guerres et les occupations, les arrivées massives d’Espagnols, d’Italiens, de Polonais etc. Tous ont contribué à façonner une France éternelle mais qui n’avait et n’a toujours rien à voir avec cette France rance des admirateurs de Pétain. Le vainqueur de Verdun fut le vaincu de Montoire. Et à cette époque le patriotisme se trouvait à Londres pas à Vichy.
Le FN devra sans doute modifier son logiciel. Bien que M. Philippot ait préempté tous les noms de domaines avec le mot patriote (la présidentielle aura lieu l’an prochain) comme Sarkozy a préempté le mot Républicains, les électeurs ne seront pas dupes. Ils savent bien que derrière les mots se cachent des acteurs et que c’est là-dessus qu’ils seront jugés.

(1) La loi organique du 28 juin 2010, actuellement en vigueur, a regroupé en trois grands pôles les membres du Conseil : 140 membres au titre de la vie économique et du dialogue social, 60 membres au titre de la cohésion sociale et territoriale et de la vie associative, 33 membres au titre de la protection de la nature et de l’environnement. Il faut noter la possibilité pour l’institution d’être saisie par voie de pétition.

7 février 2016

Canal Plus en perte de vitesse, comme le Front national et le général Piquemal


Le Front national traverse une mauvaise passe. Tant mieux. 56 % des Français considèrent que ce parti est dangereux pour la démocratie. Le FN fait ainsi un bond en arrière de plusieurs années. Comment interpréter les résultats du sondage fait pour le Monde ? Les politologues assurent que le FN aurait atteint son maximum. Sociologiquement, il ne peut plus (sous réserve) sensiblement augmenter son score, barré qu’il est par ses positionnements économiques aventuristes (avec la suppression de l’Euro) et les erreurs commises par son chef. Sans oublier le fait que le FN n’a aucun allié potentiel pour gouverner.
En publiant sur les réseaux sociaux les photos hideuses et violentes, de décapitations et d’assassinats de Daech, le groupe djihadiste totalitaire, Marine Le Pen ne s’est pas fait que des amis. Et je ne sais pas si la déclaration d’un haut gradé du FN dans le JDD d’aujourd’hui va arranger les affaires du parti d’extrême droite : « Un nouvel attentat terroriste favoriserait notre parti ». Quel cynisme, quelle compassion à l’égard des victimes passées et futures !

« Sous les cocotiers la primate. » Cette déclaration du maire de Mazamet, ex-UMP, aurait dû lui valoir une exclusion sur le champ du parti sarkozyste. Ce premier magistrat d’une ville sudiste a enfourché le cheval de la calomnie, fidèle aux métaphores honteuses des militants de la manif pour tous. Est-il nécessaire de préciser que ce tweet a été édité après la démission de Christiane Taubira du ministère de la justice.
La haine, comme la colère, est mauvaise conseillère. Que ce soit au FN ou chez LR, les plus déterminés ne prennent pas de gant pour insulter leurs adversaires plutôt considérés comme des ennemis. Ces réflexions venant de la part d’un élu de la République le discréditent totalement. Je sais pourtant que ses électeurs n’en tiendront pas compte lors du prochain renouvellement des conseils municipaux. Voilà une autre indication de l’abaissement du niveau politique global.

Dans les colonnes du journal L’Impartial, François Loncle, député de Louviers écrit : « S’agissant des médias nationaux (télévisions, radios, presse écrite…), ils sont indispensables, mais hélas, parfois irresponsables et même néfastes. Ancien journaliste, formé par la grande école de la rue du Louvre, on m’a appris le devoir d’information, l’éthique journalistique, bref la responsabilité dans une profession dont la liberté doit être respectée. Mais, avec l’évolution des médias, la révolution d’Internet, le déferlement des réseaux dits sociaux, la montée en puissance des chaînes d’information en continu, on assiste à des dérives de plus en plus fréquentes, de plus contestables et problématiques. On m’a appris le journalisme, mais pas le journalisme de manipulation, pas le journalisme d’injonction, de matraquage, encore moins le journalisme de café du commerce, de dénigrement systématique, de mise en accusation où les journalistes se transforment en procureurs, les donneurs de leçons permanents, un journalisme souvent en plein divorce avec ce qu’attendent les citoyens, un journalisme en outre incapable de la moindre autocritique, de la moindre remise en question. Je ne citerai pas de noms, car ils se reconnaîtront aisément. Je suis par conséquent conduit à souhaiter ardemment que cessent ces attitudes malfaisantes qui nuisent, non pas aux dirigeants politiques (ce qui ne serait pas trop grave) mais tout simplement à la France) ».
Le député de l’Eure force le trait. Les politiques ont besoin des journalistes qui eux-mêmes ont besoin des politiques. Sans doute est-ce l’une des raisons qui conduisent les Français à rejeter massivement les uns et les autres. Fort heureusement, le pluralisme existe en France et les journaux ainsi que les sites Internet n’appartiennent pas tous aux industriels de l’armement ou à des financiers inféodés aux intérêts particuliers. La recherche de l’idéal est sans doute un objectif avouable mais la perfection n’étant pas de ce monde, il est vain de se plaindre constamment de ceux et celles qui font profession de commentateurs.
S’agissant de l’éthique, je ne connais qu’une définition indiscutable : « l’éthique c’est ce que je fais quand je suis tout seul. » Elle est aussi vraie pour les politiques que pour les journalistes et que pour tous les autres. Quant au journalisme de manipulation, s’il existe, il ne sera jamais pire que les manipulations d’un Cahuzac, d’un Tapie ou d’un Sarkozy, des maîtres…

Je suis abonné à Canal Plus depuis 1989 (nul n’est parfait). Cela fait donc un bail et beaucoup d’argent. Comme chacun des abonnés, j’attends d’une chaîne payante un retour sur investissement comme disent les spécialistes de la finance. Pas en euros, évidemment, mais en qualité et en diversité des programmes. Depuis la reprise en main de Canal Plus par Bolloré, c’est la chute aux enfers. Je passe sur les prestations de Maïtena Biraben au Grand journal — elles sont ce qu’elles sont — mais je souhaite m’attarder sur un ex-emblème de la chaîne : Les Guignols de l’info.
Ils ne sont plus en clair mais en crypté. Les marionnettes mais surtout leurs textes sont devenus affligeants de médiocrité et d’absence totale d’humour. Chaque soir, le pensum nous revient aux oreilles comme un passage obligé, une vraie corvée que doit subir (sauf s’il zappe) l’abonné de service. On dit que des dizaines de milliers d’abonnés refusent, dorénavant, de verser un centime à cette chaîne qui perd tout : les fidèles, les cinéphiles, les footeux au point de rechercher un accord avec la chaîne concurrente, Bein sports, c’est dire si tout va mal. Bolloré comme Sarkozy crie à tue-tête : vive le Qatar !


Le général Piquemal porte quatre étoiles mais il n’en est pas une. Considéré comme le principal responsable de la manifestation organisée à Calais avec le concours de Pegida, le mouvement islamophobe de l'extrême droite allemande, contre l’arrivée en Europe des réfugiés syriens, irakiens etc. il a été placé en garde à vue et sera jugé en comparution immédiate demain lundi par un tribunal correctionnel.
Je rappelle que la manifestation avait été interdite par le ministre de l’Intérieur, celui-ci craignant des incidents violents. Il avait raison car les autres manifestants inquiétés judiciairement le seront pour port d’armes prohibé (cutters, coups de poing américain…) c’est dire leur volonté de manifester dans la quiétude et le respect des personnes.
Le général Piquemal, âgé de 75 ans, est l’ancien commandant de la légion étrangère et le président actuel de l’union nationale des parachutistes. Un sondage récent indiquait que 50 % des militaires avaient voté pour les candidats du Front national lors des élections régionales, les autres partis se partageant les restes. Dans les urnes, la grande muette hurle de rage ! Comme Marion Maréchal Le Pen ou Gilbert Collard. Ils sont les seuls à soutenir le général.


4 février 2016

De FX Priollaud à Elise Lucet, de Sarkozy à Bernard Leroy…


La Dépêche indique cette semaine que François-Xavier Priollaud (UDI) soutiendra Bruno Le Maire, député d’Evreux ex-UMP devenue LR, lors de la prochaine primaire de la droite et du centre. FXP connaît-il bien celui qui devient son favori ? A-t-il lu avec attention ses déclarations, ses livres, ses discours ? Sait-il que l’impétrant se situe à la droite de la droite tendance Wauquiez et que ses prises de position sans nuances n’ont que peu à voir avec les circonvolutions d’un François Bayrou par exemple. Le centriste lovérien se déporte donc très loin sur sa droite…
Le directeur de campagne régionale d’Hervé Morin n’apportera pas son aide ni son influence au candidat choisi (bientôt ?) par le nouveau président de la région. Celui-ci prévoit en effet la victoire de François Fillon ( ?). J’en déduis donc, connaissant son goût pour les courses de chevaux et pour les cracks, qu’il croit parier sur le vainqueur de la future course à l’Elysée.
Notons que les duettistes Morin et Priollaud n’ont pas les mêmes espérances de carrière. L’un, nouveau dans le paysage, fait le pari de l’avenir ou du moins mise sur celui qui prétend l’incarner, l’autre plus expérimenté et ancien candidat lui-même à la candidature…préfère choisir la routine. Question de génération.

Il est heureux que des journalistes fassent leur métier et le fassent bien. Elise Lucet, par exemple, que les téléspectateurs connaissent puisqu’elle présente le journal de la mi-journée sur une chaine  du nom de Cash Investigation — elle met au jour de nombreux scandales touchant à la santé des gens ou encore aux excès d’un capitalisme industriel sans limites.
Cette semaine, elle consacrait ses reportages aux dommages causés par les pesticides et autres produits phytosanitaires utilisés contre les champignons ou les insectes nuisibles dans les vignobles et dans le maraîchage notamment. On sait que les grandes sociétés de la chimie, notamment, exercent des activités de lobbying très importantes et aussi très efficaces auprès des élus nationaux et européens. Son intrusion au cours d’un déjeuner (ou un diner ?) réunissant grands industriels et autres décideurs publics, en a réjoui plus d’un. Suivie comme son ombre par un cameraman (cadreur quoi) on la voit et on l’entend apostropher ces messieurs (il y a peu de dames présentes à ces agapes de « travail ») avec une persuasion dérangeante. Il est bien que les citoyens ne demeurent pas dupes face à ses liens pour le coup…alimentaires pouvant déboucher sur des lois, ou des textes, ou des pratiques que les défenseurs de la santé humaine (et animale) raisonnable devrait réprouver.

Puisque je parle de santé humaine, je ne peux omettre l’exclamation du candidat Sarkozy rendue publique cette semaine. La campagne électorale présidentielle est lancée puisque l’ancien président redevient expert en contre-vérités et autres mensonges. Ne vient-il pas d’attaquer Marisol Touraine, ministre de la Santé, pour avoir imposé le paquet de cigarettes neutre. Autrement dit, le paquet sans marque et sans fioriture. Cette mesure de santé publique a pour objectif de rendre moins attrayants les paquets de tabac et donc d’en diminuer la consommation par les jeunes surtout, plus sensibles que d’autres aux aspects clinquants de certaines images ou couleurs.
Sarkozy invoque les terroirs et prétend défendre les intérêts des producteurs hexagonaux ! Je parie que s’il était élu, cette promesse de supprimer le paquet neutre finirait comme celle qu’il fit concernant le mariage pour tous. Dans son mea culpa géant, Sarko n’a-t-il pas assuré que jamais il ne reviendrait sur la loi Taubira alors même qu’il avait affirmé publiquement qu’il en demanderait l’abrogation ! Les adhérents de la manif pour tous n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Et un bobard de plus !

Pourquoi ne pas avoir recompté les mains levées ? Pourquoi cette obstruction au suffrage ? Bernard Leroy a eu tort de ne pas accepter la proposition de Marc-Antoine Jamet lors de la dernière séance plénière de l’agglomération Seine-Eure. Il s’agissait d’un vote sur le vote. Comme en mai 1968. La gauche proposait un vote à main levée pour que les votes sur le budget 2016 se fassent à bulletins secrets. Le vote demandé par la gauche eut lieu. Mais on chipota sur les résultats : 17, 21, moins, plus. Alors que faire ? Revoter à main levée ? Non décida Bernard Leroy craignant de devoir passer la nuit à voter chapitre après chapitre. Que fit la gauche ? Elle quitta la salle de réunion séance tenante ( !) et prit rendez-vous pour le 4 février c’est-à-dire ce soir puisque le quorum n’était plus atteint après son départ.
Le climat de la CASE, version Martin, était parfois tendu mais il n’attint jamais ce degré de non consensus. Mettre 37 communes, dont 37 maires, ensemble pour défendre l’intérêt général exige évidemment des compromis. Le radical de gauche qu’était Martin était-il plus centriste que l’udéiste Leroy ?
La séance de ce jeudi 4 février devrait nous valoir encore quelques belles envolées. A condition de ne pas devenir lassante.

3 février 2016

Un membre du cabinet de Nicolas Sarkozy mis en examen pour « favoritisme »


La mise en examen d’Emmanuelle Mignon, ancienne directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, alors président de la République, pour « favoritisme », marque une étape supplémentaire dans l’instruction d’un dossier lourd parsemé de rebondissements judiciaires. Cette mise en examen intervient après celles de MM. Buisson, Giacometti et Vaulpré dans l’affaire dite des sondages de l’Elysée, sondages que la Cour des comptes avait dénoncés en leur temps pour absence d’appel d’offres et montant exorbitants.

Ces sondages aux questions parfois saugrenues et n’ayant que peu à voir avec la conduite normale de l’Etat étaient destinés à permettre à Nicolas Sarkozy d’en savoir plus sur le comportement de Dominique Strauss-Kahn, par exemple, candidat éventuel à la présidence de la République. Leur nombre, leur coût, leur fréquence, en ont choqué plus d’un. Il a fallu toute l’obstination des membres de l’association de lutte contre la corruption (ACCOR) pour qu’une instruction soit ouverte réduisant à néant les obstacles semés sur la route de la vérité.

Nicolas Sarkozy est protégé par son immunité de président et les avocats des mis en cause ont tenté d’étendre cette immunité aux actes du cabinet. La cour de Cassation saisie — il a fallu du temps pour qu’elle rende son verdict — n’a pas accepté cette extension d’où les mises en examen successives des protagonistes.

Malheureusement, toutes ces affaires judiciaires concernant Sarkozy ne feront pas bouger d’un iota les lignes politiques. Les membres du noyau dur de l’ex-UMP se soucient peu de la conduite erratique des responsables qu’ils soutiennent. C’est ainsi. Leur viscérale opposition à la gauche les empêche de faire preuve du discernement pouvant les amener à remettre en cause la confiance qu’ils accordent à leur favori. Qu’importe. La France, état de droit, s’honore quand les dirigeants, de droite ou de gauche d’ailleurs, n’échappent pas à la loi commune et sont appelés à rendre compte de leurs écarts.

1 février 2016

Hervé Morin prive les Normands de leur journal régional d'information


A Louviers, l'information est demeurée une priorité.
Dès son élection, l’une des premières décisions du président de la grande région normande, Hervé Morin, a été d’annoncer la suppression du journal d’information qu’éditaient les anciens exécutifs. Cette suppression est navrante, symbolique et surtout elle nuit gravement à l’exercice de la citoyenneté. La raison invoquée par le nouveau président — je vous la donne en mille — est la nécessité de réaliser des économies. Quel beau mot mais quelle démagogie ! Marc-Antoine Jamet, dans un récent réquisitoire a mis en pièces le raisonnement du président Morin lequel affirme qu’avec 25 millions d’euros d’économies sur 6 ans, on peut emprunter 250 millions…

Cette décision rapide est navrante. Ce journal d’information régional était le seul organe mutualisé à une échelle telle qu’il permettait aux Eurois d’être au courant de ce que les Seino-marins vivaient et réciproquement. Idem en Basse-Normandie. Un journal est un lien entre les élus et ceux qui les ont mandatés. Un lien fort et symbolique parce que l’information, en démocratie, est essentielle à la compréhension des actes de ceux et celles à qui on a donné du pouvoir. Quant à la citoyenneté, comment l’exercer convenablement quand on ignore ce que font les élus et pourquoi ils le font ? Les campagnes de promesses, si décevantes toujours et si mensongères souvent apparaissent comme autant d’alibis.

Hervé Morin considère donc l’information comme superfétatoire. C’est la preuve d’une forme de mépris pour les citoyens, lesquels ne mériteraient pas d’être associés — ne serait-ce que par la connaissance — aux projets du nouvel exécutif. Hervé Morin a grand tort. L’exemple contraire peut d’ailleurs être pris à Louviers où la municipalité Priollaud (un vice-président régional !) poursuit le travail d’information débuté par son prédécesseur. Il est vrai que les rédacteurs d’« Actua Louviers » sont des professionnels aguerris et compétents. Ce journal local est attendu, il apporte son lot d’informations, fournit de précieux renseignements pratiques et permet de mieux comprendre l’action municipale en cours. M. Priollaud, lui aussi en quête d’économies, n’a pas commis l’erreur de son mentor. Avec le temps, Morin reviendra à de meilleurs sentiments surtout quand il souhaitera se faire réélire.

30 janvier 2016

Quelques réflexions au débotté : conseil régional, agglo Seine-Eure, législatives, front national, Thomas Fabius…


J’ignore si une majorité se dégagera en faveur de Marc-Antoine Jamet. Toujours est-il que Nicolas Mayer-Rossignol a proposé sa candidature au poste de président de la commission des finances du nouveau conseil régional. Puisque qu’Hervé Morin et ses colistiers ont proposé, fort démocratiquement, au principal groupe d’opposition la présidence de cette commission il est dans l’intérêt de tous qu’elle soit détenue par une personne capable de soumettre et de contrôler des mesures en faveur des habitants  des territoires des cinq départements normands.
Marc-Antoine Jamet, président sortant de la commission des finances de l’ancien conseil régional de Haute-Normandie, y a démontré toute sa science. Pendant des années, les finances de cette région ont été très bien tenues. Des marges de manœuvres dégagées. L’avenir protégé. Il est donc l’homme idoine. Mais eu égard à son caractère et sa personnalité parfois clivante (cf. son intervention brillantissime sur les indemnités des élus) le maire de Val-de-Reuil, premier secrétaire de la fédération PS de l’Eure, ne fait pas l’unanimité, surtout dans les rangs de la droite. Et alors ? Ce que doivent rechercher les élus régionaux est simple : un élu compétent, à la hauteur de la tâche…et surtout soucieux de l’utilisation rationnelle des fonds publics. Quand on décide de confier à l’opposition la présidence de la principale commission d’une assemblée, on doit en accepter toutes les conséquences. Qu’elles plaisent ou non. On verra très prochainement comment la majorité UDI-LR met en pratique ses velléités démocratiques.

Restons dans le domaine régional. Nous sommes nombreux à nous interroger, peut-être de manière prématurée d’ailleurs, sur la personnalité qui représentera la gauche avec quelques chances de gagner lors des prochaines élections législatives dans la circonscription de Louviers. Si François Hollande (ou quelqu’un d’autre à gauche) l’emporte lors de la présidentielle de 2017, ils seront nombreux à vouloir succéder à François Loncle sauf si celui-ci rempile pour un nième mandat. A cœur vaillant rien d’impossible.
Admettons que le député actuel décide de prendre — comme on dit — une retraite bien méritée, n’est-il pas élu (sauf 93-97) depuis 1981, cherchons qui pourrait le remplacer. A l’évidence, Bruno Questel, son suppléant actuel sera sur les rangs. La création de son groupe dissident du PS au conseil départemental, son adhésion (récente) au PRG (Parti radical de gauche) nous donnent une bonne idée des manœuvres en cours. Bruno Questel a compris que pour être désigné, il devrait contourner l’appareil départemental du PS. Il espère réaliser le coup de 1978 quand François Loncle, (MRG à l’époque) avait été désigné directement par François Mitterrand pour gagner la circonscription de Louviers. Ce qu’il fit en 1981 lors de la vague rose. Rien ne dit, bien sûr, que les socialistes de l’Eure laisseront se réaliser sans réagir ces comportements d’un temps révolu mais un accord « national » pourrait bien attribuer la 4e de l’Eure aux amis de Franck Martin et de Jean-Michel Baylet. Le feuilleton n’en est qu’à l’épisode 1.

La soirée de jeudi fut animée, paraît-il, lors de la séance plénière du conseil d’agglomération Seine-Eure. Les élus de l’opposition de gauche se sont levés comme un seul homme et ont quitté leur siège après avoir demandé en vain un nouveau vote suite à une décision confuse arithmétiquement. Patrice Yung, l’ancien président, a reproché à Bernard Leroy, son successeur de gérer l’agglo au fil de l’eau sans avoir de cap bien défini.
Le maire du Vaudreuil n’analyse pas ainsi la situation si bien que le budget, le gros morceau de l’ordre du jour, a ensuite été examiné par les délégués majoritaires et sans discussion. Malheureusement pour ceux et celles qui croyaient échapper aux questions ou aux demandes d’explications, le quorum n’était plus atteint (à un siège près)  si bien qu’il faudra à l’exécutif revenir devant l’assemblée pour voter à nouveau le BP 2016 ! C’est un truc vieux comme la démocratie locale. Quand une majorité fait face à une opposition, elle doit veiller à atteindre le quorum à elle seule. Simple précaution. Dans la commune du Vaudreuil, sans opposition, la question du quorum ne se pose pas et Bernard Leroy se montrera, dorénavant, plus vigilant pour faire voter en une seule séance son budget de l’agglo.

Souhaitons seulement que cet accident de parcours ne se renouvelle pas trop souvent car dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie (même si les situations ne sont pas exactement comparables) il a fallu douze heures à Xavier Bertrand, président, pour faire examiner les onze questions inscrites à l’ordre du jour. L’opposition systématique et tatillonne des membres du Front national, la seule présente depuis que la gauche a abandonné la partie, a réduit la séance à des batailles picrocholines sans aucun intérêt. Comme Marine Le Pen, la chef du FN était absente (et elle le sera souvent) un fantasque bras droit a voulu faire le malin et faire parler de lui.
Ce monsieur Hemery, peu connu au bataillon, a empoisonné l’atmosphère et certains de ses collègues n’ont pas été regardants sur les termes employés en direct. M. Darmanin, vice-président du conseil régional, a même décidé d’entamer une action juridique pour ramener à la raison ceux qui en manquent. J’ai souvent écrit sur ce blog combien les représentants du FN étaient plus portés sur le culturisme que sur la culture. 

Il ne faudrait pas mélanger les pères et les fils. Je sais bien qu'il est de bon ton, chez certains, de charger Laurent Fabius de tous les maux. Mais un père quel qu'il soit, ne peut être rendu responsable d'un fils majeur et vacciné. Si Thomas, l'un des enfants de l'actuel ministre des affaires étrangères a maille à partir avec la justice, il ne le doit qu'à ses éventuels délits et non parce qu'il a un père engagé en politique depuis toujours.
A-t-on reproché à Rachida Dati d'avoir un frère délinquant quand elle était ministre de la justice sous Sarkozy ? Si certains l'ont fait, ils ont eu tort. La force de la justice démocratique est qu'elle ne demande des comptes qu'à ceux dont la conduite pose problème individuellement et personnellement. J'imagine que Laurent Fabius doit être assez malheureux comme cela. Pas la peine d'en rajouter inutilement.