28 août 2010

Qui est le plus ridicule ? Le citoyen qui ose ou le maire qui glose ?

Notre hebdomadaire local fait état d'un classement des personnalités en hausse et en baisse. Il est rare d'y voir figurer « négativement » le maire de Louviers. C'est pourtant ce qui lui est arrivé cette semaine. La raison ? Je vous le donne en mille. Le ou la journaliste de La Dépêche s'est rendu(e) compte, en visitant les multiples sites et blogs du maire, que ce dernier se payait la tête de malheureux citoyens peu habitués à écrire et donc à s'exprimer.

Faire face à une feuille blanche est, parait-il, redoutable même quand on est un professionnel de l'écrit. Alors, rendez-vous compte : écrire au maire pour réclamer, se plaindre ou le féliciter (ce qui est plus rare) exige de prendre son courage à deux mains et de se jeter à l'eau en espérant être pris en compte et au sérieux. Au lieu de cela, le maire se pourlèche des demi-fautes, des erreurs de syntaxe ou des phrases mal construites.

La question que je me pose est la suivante : qui est le plus ridicule ? Le citoyen qui ose ou le maire qui glose ? Le journal La Dépêche a répondu à la question en fustigeant un comportement hautain, méprisant, conforme à l'image que les Lovériens, de plus en plus nombreux, se font du premier magistrat de leur ville.

27 août 2010

"La France appelée par l'ONU à cesser sa politique et ses discours discriminatoires"

La LDH et la FIDH se félicitent des observations et des recommandations adressées, ce jour, par le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (Cerd) à la France. La LDH et la FIDH ne peuvent que regretter que le Cerd ait été pour la première fois contraint de demander aux autorités françaises de « condamner tous discours racistes ou xénophobes émanant des responsables politiques » afin que les discours politiques n’alimentent pas le racisme et la xénophobie à l’encontre de certaines catégories de la population.
Nos organisations partagent également les inquiétudes exprimées par les experts quant à la traduction prochaine de ce discours raciste en droit, à savoir l’adoption, à la rentrée, de mesures discriminatoires dans le domaine de l’accès à la nationalité fondées sur l’origine nationale.
Elles se félicitent que le gouvernement français soit rappelé à l’ordre à propos des violences racistes et des récents renvois collectifs infligé aux Roms et des traitements discriminatoires frappant les Gens du voyage. Ces observations et recommandations reflètent également les déficiences de la politique française dans le domaine de la lutte contre les discriminations d’origine ethnique, notamment au travers du logement et de l’emploi.

La LDH et la FIDH constatent aussi que le comité partage ses inquiétudes face à une éventuelle disparition de la Halde au profit de la création d’un Défenseur des droits aux pouvoirs beaucoup plus diffus et limités et dont l’indépendance n’est pas assurée. Enfin, la LDH et la FIDH regrettent que le gouvernement français se livre à des effets d’annonce parfois purement mensongers. Laisser croire au Comité que les Copec (Commissions pour la promotion de l’égalité des chances et de la citoyenneté), installées dans les départements, constituent un outil efficace ou simplement existant, relève de l’affabulation pure et simple.
Annoncer sans aucune concertation préalable un plan national d’action contre le racisme, dont le projet était ignoré par toutes les parties prenantes, marque plus la nécessité dans laquelle s’est trouvé le gouvernement de trouver une parade aux critiques dont il était l’objet qu’une réelle volonté de modifier sa politique.

La FIDH
et la LDH espèrent que, cessant de dénigrer le travail d’experts indépendants, le gouvernement français respecte ses obligations internationales et cesse de se réfugier derrière un nationalisme de mauvais aloi. Répondre aux critiques successives de plusieurs organismes internationaux de protection des droits de l’Homme par l’indifférence, voire par un rejet hautain ne fait que porter atteinte à l’image de la France et à sa crédibilité internationale.

26 août 2010

Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité

Les plus hautes autorités de l’Etat ont fait le choix de jeter à la vindicte publique des catégories entières de population : Gens du voyage accusés comme les étrangers d’être des fauteurs de troubles, Français d’origine étrangère sur lesquels pèserait la menace d’être déchus de leur nationalité, parents d’enfants délinquants, etc. Voici que le président de la République accrédite aussi les vieux mensonges d’une immigration coûteuse et assimilée à la délinquance, et offre ainsi à la stigmatisation des millions de personnes en raison de leur origine ou de leur situation sociale.

Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche ne s’inscrit pas dans le débat légitime, dans une démocratie, sur la manière d’assurer la sûreté républicaine. Le nécessaire respect de l’ordre public n’a pas à être utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires. Ni pour instituer des peines de prison automatiques, contraires aux principes fondamentaux du droit pénal, à l’indépendance de la justice et à l’individualisation des peines.
La Constitution de la France, République laïque, démocratique et sociale, assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
Nul, pas plus les élus de la nation que quiconque, n’a le droit de fouler au pied la Constitution et les principes les plus fondamentaux de la République.
Notre conscience nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile.
Nous appelons à un rassemblement, le samedi 4 septembre 2010, place de l’Hôtel de Ville à Evreux, à 15h00, dans le cadre de l’action nationale, afin de fêter le 140
e anniversaire d’une République que nous voulons plus que jamais, libre, égale et fraternelle.
Cet appel est cosigné par : LDH-27, RESF-27, collectif Wei Ying et Minq, CEFED-27, collectifs ATTAC-27, Marchand Sylvie-citoyenne, ADECR-27, FSU-27, UD-CGT-27, UL-CGT-Evreux, Sud-Education-27, CGT-FAPT-27, CGT-Territoriale-27, Gauche Unitaire-27, Parti de Gauche-27,NPA-27, PS-27, PCF-27, PCF-Agglo-Evreux

25 août 2010

Le 7 septembre, il serait bien que des millions de Français fassent savoir qu'ils ne sont pas prêts à céder

Manifester, faire connaître son mécontentement et ses propositions, c'est le devoir de tous les citoyens responsables comme ici, sur le marché de Louviers. (photo JCH)

Une batterie de sondages a été réalisée ces derniers jours. Ils vont tous dans le même sens. Les Français en ont assez de ce gouvernement et de ce président. Ils plébiscitent la gauche à un point tel que Dominique Strass-Kahn recueillerait 59 % des suffrages dans un duel de second tour face à Nicolas Sarkozy. Martine Aubry ferait presque aussi bien (53-47). Sachons raison garder et ne nous emballons pas.

Le locataire de l'Elysée a plus d'un tour dans son sac. Surtout, il a de nombreux amis dans la presse écrite et il a su en placer d'autres dans les directions des radios et télévisions publiques. On peut imaginer quel va être le comportement de tous ses obligés dans les deux années qui nous restent avant l'élection présidentielle. Le matraquage risque bien d'être permanent. D'autant que La France va présider le G20 et que les donneurs de leçons en économie vont s'en donner à cœur joie.

Dans l'attente, la rentrée s'annonce chaude. Quelques repères : le 7 septembre, grand journée de protestation contre la réforme des retraites, le dossier Woerth-Bettencourt retrouve des couleurs et on en sait un peu plus sur les différents conflits d'intérêts qui menacent le ministre du Travail. Peut-être pas pénalement mais politiquement et moralement, le mal est fait. La rentrée scolaire de nombreux élèves va se faire sans leurs livres. On attend les livraisons en octobre ! La réforme territoriale risque d'être très animée au Parlement d'autant plus que celle de la taxe d'habitation est si mal expliquée aux élus qu'ils vont avoir toutes les peines du monde à préparer leur budget 2011.

Le dossier des roms et des gens du voyage encore. A gauche, à droite aussi, des voix s'élèvent pour condamner le subit mouvement d'expulsions de ces européens « d'origine étrangère » puisque pas Français de souche ! Juppé, Villepin, Raffarin, ajoutent leurs voix à celles de Bayrou, de Ségolène Royal et de toute la gauche pour condamner cette stigmatisation organisée uniquement dans le but de récupérer des voix du Front national. Mais le but de Sarkozy n'est pas atteint. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il n'est plus crédible aux yeux de ceux qui l'ont porté au pouvoir. Il n'y a guère qu'une majorité de personnes âgées ou très âgées pour soutenir son action. Autrement dit, la jeunesse, les salariés, les professions intermédiaires et supérieures, les fonctionnaires lui sont hostiles. On me rapporte que de plus en plus de gens de droite ont honte de ce président aux mauvaises manières. Honte : voilà un mot très fort qui explique aussi sa chute dans les sondages. Le président a beau arborer un tee-shirt NYPD quand il fait son jogging au cap Nègre, rien n'y fait. Il ne passe plus dans l'opinion !

La presse rapporte qu'à l'occasion de la réunion du conseil des ministres de ce jour, Nicolas Sarkozy leur a demandé de tenir bon, d'expliquer mieux la politique suivie, de ne rien céder. Le 7 septembre, il serait bien que des millions de Français lui fassent savoir que eux non plus, ne sont pas prêts à céder.

23 août 2010

Les plans d’austérité sont voués à l’échec - 1/2

Nous avons repris dans notre précédent article consacré aux émissions « l’Auditorium » de Jean-Luc Mélenchon le thème de sa seconde intervention consacrée au thème de « La souveraineté en question dans la crise ».

Indisposé par l’odeur nauséabonde qu’exhale le climat politique actuel tant au niveau national que local, nous ne perdrons pas notre temps à entrer dans le jeu polémique que tentent de nous imposer d’une part le président de la République et ses sbires et d’autre part le président de l’Agglomération Seine-Eure. Pour tenter de nous faire oublier, les premiers l’affaire Woerth/Bettencourt, le second, celle de l’écrêtement de ses indemnités de maire au profit de sa compagne Ghislaine Baudet.

Nous préférons revenir sur le premier épisode de « l’Auditorium » qui avait pour sujet : « Les plans d’austérité sont voués à l’échec ». Comme précédemment, nous tenterons d’en faire une synthèse et de proposer aux lecteurs de ce blog une réflexion sur ce sujet qui comme celui de la souveraineté va les concerner, en raison de la crise mondiale de la finance, au cours des prochains mois et sans doute des prochaines années dans leur vie quotidienne.

Nous l’avons vu au cours des semaines qui ont précédé la trêve estivale, la plupart des pays européens se sont convertis à l’austérité qu’ils n’osent pas tous appeler rigueur. Parmi les premières mesures mises en &oeliguvre figurent la réduction drastique du nombre des fonctionnaires quand ce n’est pas également la baisse de leur salaire, la réduction des dépenses sociales, le gel et parfois la baisse des dépenses de l’État. Ces sacrifices sont-ils inévitables ? Les plans coordonnés sont-ils indispensables et nécessaires pour permettre à l’Union européenne de retrouver le chemin d’un développement partagé ? Voilà les questions que pose le journaliste Michel Soudais à Jean-Luc Mélenchon.

« Les pays de l’Union européenne qui ont fait ce choix sont tous dominés par une idéologie politique qui les aveugle » dit Jean-Luc Mélenchon. « Ils ne font que reproduire des mécanismes déjà vus à l’&oeliguvre et qui tous ont mal fini. Ces politiques de rigueur ne serviront par conséquent à rien sinon qu’à aggraver la situation des pays qui s’y soumettent. L’exemple de cette absurdité nous est fourni avec l’Espagne qui a fait l’objet d’une attaque spéculative alors même que son endettement de 60% du produit intérieur brut (PIB) ne dépassait pourtant pas les critères exigés par le traité de Maastricht. Sous la pression du Fonds monétaire international (FMI) que dirige Dominique Strauss-Kahn, elle a alors adopté un plan d’urgence. Et qu’a t-on constaté, alors que la situation aurait dû ainsi s’améliorer ? L’Espagne a été attaquée par les marchés financiers, ceux-là mêmes que le plan d’urgence était sensé rassurer. Les mêmes agences de notation, en grande partie responsables de la crise pour n’avoir pas fait leur travail, déclaraient alors qu’un tel plan allait faire se contracter l’économie et entrer le pays en récession et que les rentrées fiscales de l’État espagnol diminuant, il ne serait pas en mesure d’honorer sa dette. Elles en ont tiré les conséquences et dégradé sa note. L’Espagne devra désormais emprunter à des taux plus élevés ce qui ne manquera pas d’aggraver la dette publique. Tout cela donc n’aura servi à rien sinon à aggraver la situation du pays ».

Les remèdes appliqués prouvent que les conséquences de la grande crise de 1929 n’ont toujours pas été tirées puisque sont rééditées les mêmes erreurs, pourtant dénoncées au G20. Lorsque la dépense publique se contracte, c’est toute l’économie qui suit puisque sont ajournés par exemple de grands chantiers. Il s’ensuit une spirale récessive qui s’autoalimente.

Et sans remonter à la grande crise de 1929, au cours des vingt dernières années, tous ces plans de rigueur conduits par le FMI dans différents pays d’Amérique latine se sont soldés sans exception par des échecs retentissants. L’exemple le plus fameux est évidemment celui de l’Argentine, présenté à l’époque comme le modèle. Et c’est ce type même de plan que le FMI a proposé au cours de sa tournée à chacun des pays européens qui ont fait appel à lui.

Pourquoi donc se demande Jean-Luc Mélenchon, ces gens prennent des décisions aussi stupides dont ils savent qu’elles n’ont aucune chance de succès ? À chaque fois, leur seul objectif est de garantir la stabilité de la monnaie, c’est-à-dire la valeur des avoirs de ceux qui possèdent le capital, qu’ils soient actionnaires privés ou institutions d’État. C’est le mythe de la monnaie forte, de l’euro fort, tellement fort qu’il fait s’effondrer les exportations, alors même qu’il devrait s’adapter. « Chaque fois que l’euro baisse de 10%, les exportations croissent de 5% et cela produit 1% de richesse supplémentaire pour notre pays ». C’est cette méthode même qu’utilisent les États-Unis d’Amérique pour faire concurrence à la Chine. Car eux ne se privent pas de jouer le dollar à la baisse pour favoriser leurs exportations, ce que s’interdit totalement de faire la Banque centrale européenne (BCE). C’est ainsi que nous avons connu la situation folle et catastrophique où l’euro a valu jusqu’à 1,60 dollar.

Pour comprendre tout cela, notamment pourquoi des gouvernements sensés être de bords politiques différents comme le sont ceux de l’Allemagne d’Angela Merkel et de l’Espagne de José-Luis Zapatero, en viennent à adopter les mêmes politiques, il est nécessaire de faire un retour en arrière. Et de considérer comment l’idéologie dominante libérale et monétariste s’est depuis une trentaine d’année progressivement imposée à tous, encouragée par les banques et les institutions financières qui dominent la planète. Pensons à ce que fut le blairisme au Royaume-Uni. Tous considèrent le capitalisme comme le modèle indépassable et toute autre mode d’organisation de la société comme des utopies dangereuses. Ce qui est navrant poursuit Jean-Luc Mélenchon, « c’est de voir la plupart des dirigeants socialistes qui ont renoncé aux outils du socialisme, analyser la crise avec les outils intellectuels des libéraux ». Et de ce fait parvenir aux mêmes conclusions que ces derniers.

À gauche, on connaît depuis longtemps les tares génétiques du capitalisme qui débouchent immanquablement sur les crises et sur l’inflation ou la guerre. Modèle productiviste, le capitalisme pour survivre doit sans cesse produire davantage tout et n’importe quoi, n’importe où et dans n’importe quelles conditions. Pour vendre toujours plus, il doit sans cesse faire baisser les prix et pour cela les salaires de ceux qui produisent mais sont aussi les acheteurs potentiels. Ce n’est pas là la moindre de ses contradictions. C’est ainsi que l’on a vu, principalement aux États-Unis sous les mandats de George W. Bush, se développer des politiques de crédit insensées afin de soutenir l’immobilier et la consommation des ménages. Avec au final le résultat que l’on connaît.

Le recours au crédit est indispensable à l’économie. Pour l’État, par exemple, qui doit financer des équipements d’infrastructure très lourds. Cela, c’est du bon endettement. « Lorsque le Premier ministre Fillon déclare en 2007 que l’État est en situation de faillite et que les caisses sont vides, cela est pur mensonge » affirme Jean-Luc Mélenchon. Pour lui, les libéraux ont méthodiquement organisé l’appauvrissement de l’État. D’abord en augmentant la dette publique. M. Balladur d’abord qui l’a multipliée par deux. Les gouvernements de droite par la suite. C’est traditionnellement la technique qu’ils utilisent pour affaiblir l’État. C’est par exemple par des remises d’impôts de plus en plus conséquentes dont le bouclier fiscal est le dernier avatar. Depuis 2002, la tranche la plus riche de la population a ainsi été gratifiée de plus de 30 milliards d’euros de remises d’impôts. C’est aujourd’hui par les 73 milliards d’euros logés dans les niches fiscales et les 40 milliards estimés de fraude fiscale. C’est encore par des exonérations de charges ou d’impôts non justifiées aux entreprises. C’est enfin par la vente de tout ce qui rapportait à l’État. Ainsi, les entreprises publiques privatisées rapporteraient annuellement à l’État 40 milliards d’euros. Si les banques nationalisées étaient restées dans le giron de l’État, les bénéfices vertigineux qu’elles font – y compris en spéculant contre l’État –, seraient restés dans le domaine public. Si donc l’État, comme on veut nous le faire croire, est en faillite, ce n’est pas en raison de dépenses de fonctionnement inconsidérées mais bien en raison de la diminution massive de ses recettes.

La France n’a jamais été aussi riche. Elle produit aujourd’hui annuellement 1.950 milliards d’euros quand elle n’en produisait que 1.000 en 1981. Mais cette richesse n’a jamais été aussi inégalitairement répartie, au seul bénéfice d’une infime minorité, celle-là même qui bénéficie de surcroît du bouclier fiscal. Et c’est tout cela qu’il faut changer.

Reynald Harlaut
Parti de Gauche



21 août 2010

Je conseille à Leslie Cléret de ne pas céder à la provocation

Le président de la CASE maire de Louviers et conseiller régional à 9500 euros par mois s'amuse à raconter des âneries sur mon compte. La liberté d'expression est un bien si précieux qu'il mérite sans doute ces excès et ces contre-vérités quand ce ne sont pas carrément des mensonges. Et puis, le journaliste que j'ai été serait bien incapable de se plaindre d'être attaqué puisqu'il s'agit d'une marque d'intérêt pour quelqu'un qui, concrètement, n'est ni élu, ni responsable politique. On ne prête qu'aux riches.

Je vais donc corriger les erreurs volontaires d'un homme dont on sait, maintenant, quel usage il fait de ses propres campagnes électorales et de celles des candidats qu'il patronne.

— Primo, je ne suis pas le porte-parole du Parti socialiste ni de la section PS de Louviers. Je suis adhérent du Parti socialiste ce qui ne m'autorise aucunement à parler en son nom ou à sa place. Le fonctionnement collectif de ce parti doit sans doute étonner le chef des radicaux de gauche de l'Eure qui, si j'en juge par les commentaires publics de certains de ses membres, ne brille pas en matière de démocratie. Mme Fillâtre, membre éminente du PRG, conseillère régionale éjectée pour laisser la place au chef, en discourait encore récemment dans La Dépêche suite à l'affaire de l'écrêtement des indemnités. Et puis chaque lecteur de ce blog sait que des membres du Parti de Gauche ou du Nouveau parti anticapitaliste trouvent place dans ces colonnes où ils expriment leur opinion sans être le porte-parole de qui que ce soit. Autrement, je suis un homme libre, mon blog est libre et le restera.

— Secundo, le terrain des gens du voyage. Franck Martin assure que je suis « contre ». Quelle ineptie ! Il nous refait le coup de la ligne de chemin de fer ! (1) Nul n'ignore la loi. Les communes de plus de 5000 habitants — et les agglomérations à plus forte raison — doivent se doter d'un terrain aménagé pour recevoir les gens du voyage. La loi Besson est très bien conçue même si on peut regretter que peu de communes la mettent en application. Donc Franck Martin a eu raison de vouloir doter la CASE de terrains permettant l'accueil des gens du voyage.
Là où le bas blesse, c'est sur la méthode et sur le choix des espaces. Les manières de faire de Franck Martin ? Convaincre les récalcitrants à la hussarde. Traiter les opposants de racistes ou de xénophobes. Imposer sans discuter. Ce qui s'est passé à Pinterville a également eu lieu à Hondouville sur un tout autre sujet que l'aire pour les gens du voyage. Lorsqu'il s'est agi pour cette commune, d'adhérer à la communauté du Neubourg ou à la CASE, Le président de celle-ci s'est présenté devant les élus de la commune de la vallée de l'Iton en conquérant autoritaire, sur de lui et de ses arguments, incapable d'écouter. Pourquoi ? Parce que le personnage est ainsi fait qu'il ne tolère ni critique, ni remarque, ni contre-proposition et que le dialogue est pour lui un long monologue. Plusieurs élus d'Hondouville ne m'ont pas caché qu'ils auraient sans doute favorisé l'adhésion de leur commune à la CASE dans d'autres conditions et avec un autre interlocuteur. Le vote des électeurs de ces deux communes a d'ailleurs sanctionné le conseiller général sortant de Louviers-sud. Ce qui a compté dans ma candidature en décembre 2007 ? J'étais en effet convaincu qu'elle pourrait empêcher de perdre le canton à gauche si mal représenté et si mal défendu. On connaît la suite…

S'agissant du dossier du terrain d'accueil lui-même, je laisserai au commissaire enquêteur et aux juridictions administratives le soin de répondre au président de la CASE : alors que les terrains d'Acquigny et de Val-de-Reuil n'ont suscité ni campagne ni remarque hostiles, la cour administrative de Douai a jugé que le terrain de la Plaquette était inadapté, pollué, situé près d'une autoroute, en zone inondable etc. et plusieurs articles de presse ont repris les arguments des juges pour condamner le choix majoritaire des élus de la CASE. Le président de la CASE a fait appel devant le conseil d'Etat. Attendons la suite.

Tertio : la vidéosurveillance. Là-dessus, je ne lâcherai rien. La preuve est faite de son inutilité pour lutter contre la délinquance (dans leur congrès, hier à Nantes, les écolos viennent de réitérer leur opposition à la vidéosurveillance). Il s'agit plutôt d'une tromperie destinée à rassurer le bon peuple dont on sait qu'il est victime du matraquage de Sarkozy et d'Hortefeux. Fabrice Hortefeux, le neveu de Brice, est le conseiller de la ville de Louviers. Plus il propose de caméras plus il justifie son salaire…La cour des comptes de la région Rhône-Alpes a rendu un verdict implacable concernant la ville de Lyon : eu égard aux statistiques de la délinquance, les centaines de milliers d'euros investis dans les installations et dépensé pour leur fonctionnement ou leur entretien ne sont pas légitimes. Gérard Collomb, maire de Lyon, est prêt à revoir sa copie. Moins têtu que le maire de Louviers ? Enfin, ce n'est pas parce que des maires socialistes cèdent aux arguments des Bertrand, Hortefeux et compagnie, qu'ils ont raison de le faire.

— L'interpellation de Leslie Cléret. La vice-présidente du conseil général répondra elle-même, si elle le souhaite, aux injonctions du président de la CASE. Si j'ai un conseil à lui donner, c'est de ne pas tomber dans le piège de la provocation (2). FM excelle dans l'art d'exciter les passions, de défier ses amis ou ses adversaires. Ses conflits avec les harkis, les habitants de Pinterville, l'opposition de droite et de gauche au conseil municipal de Louviers, ont dégénéré par la faute de son seul comportement. Quelqu'un qui ne dit jamais bonjour ou jamais merci est forcément coupable de suffisance et d'arrogance. Ce sont pourtant des mots simples qu'on apprend très tôt à l'école.

(1) Le conseiller général sortant de Louviers sud a osé affirmer que j'étais favorable à la réouverture de la ligne de chemin de fer dans la vallée de l'Iton. Évidemment, c'était faux. J'ai dû prendre beaucoup de temps pour m'expliquer sur ce dossier. Ma position était simple : attendre le résultat des études lancées par le conseil régional. Position délicate j'en conviens mais honnête.
(2) Je suis à la disposition de ma camarade Leslie Cléret (photo JCH) pour l'aider pendant sa campagne et lui fournir un argumentaire solide sur la politique actuellement conduite à Louviers. Politique qui engage toute la municipalité.

19 août 2010

Le 23 septembre au cinéma Grand Forum à Louviers projection débat autour du film « water makes money »



Le 23 septembre 2010, les premières projections du film « Water Makes Money » auront lieu simultanément dans plus de 100 cinémas en Europe et aux États-Unis. A Louviers, ce même jour une projection-débat se tiendra au cinéma Grand Forum à 20 heures. Cette projection est organisée à l’initiative de l’association pour l’amélioration du cadre de vie et de l’environnement.
Après la conférence donnée par Jean-Luc Touly (photo) et pour contester les contre-vérités assénées par l’exécutif de la CASE, le débat sur la privatisation des services de production, de distribution, de traitement de l'eau, devrait intéresser un public nombreux. Nous comptons donc sur votre présence et sur votre participation.


Tout comme l’air que nous respirons, l’eau est un élément nécessaire à la survie de l’Homme, des animaux et des plantes. Ainsi, le 27 juillet 2010, l’accès à l’eau potable a été intégré à la Déclaration des Droits de l’Homme par l’Assemblée Générale des Nations Unies. Malgré tout, l’eau est constamment en proie aux intérêts économiques des entreprises multinationales soucieuses d’accroître leurs profits. Ce problème touche aussi bien les pays en voie de développement que les riches pays industrialisés…

Le principe est simple : à chaque fois qu’une commune cherche à remanier sa gestion de l’eau, Veolia ou Suez, les deux plus importants groupes mondiaux de l’eau, pointent leur museau. Ensemble, ils constituent un cartel opaque qui, par exemple en France, approvisionne environ 80% de la population. Résultat : une hausse vertigineuse des prix à la consommation, une baisse de la qualité de l’eau, un manque de transparence souvent lié à un climat de corruption. Même s’il ne s’agit plus de privatisation à proprement parler, mais de partenariat public-privé, le résultat est le même : les multinationales se jouent des services publics.

« Water Makes Money » explique ainsi le fonctionnement des entreprises multinationales qui s’accaparent la distribution de ce besoin vital, créant ainsi une alchimie déroutante : elles transforment l’eau en argent. L’analyse de cette problématique par des experts est agrémentée par plusieurs exemples de villes ou communes, allemandes et françaises, en proie à la domination de ces entreprises peu soucieuses d’offrir un service de qualité (quartiers pauvres coupés de l’eau potable, robinets secs…). Mais, à l’instar de Paris, des collectivités se soulèvent et montrent que le contrôle citoyen de l’eau est nécessaire et possible.

Les groupes français Veolia et Suez sont les leaders incontestés du marché mondial de l’eau privatisée. Ils sont présents sur tous les continents. Pas une semaine ne s’écoule sans qu’ils fassent de nouvelles acquisitions. Mais ces derniers temps, en France, le vent tourne. Début 2010, les deux groupes ont dû rendre, non sans grincer des dents, la distribution de l’eau aux municipalités de Paris et Rouen. Et bientôt suivront certainement Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Brest et toutes les collectivités aspirant à ce que l’eau redevienne un bien public.

Mais pourquoi ce revirement de situation en France où ces compagnies sont actives depuis tant de décennies et où elles fournissent toujours près de 80% de la population ? A l’exemple de Paris, Bordeaux et Toulouse, « Water Makes Money » montre comment s’est réalisée cette mainmise sur la distribution de l’eau et pourquoi les collectivités ont si longtemps fait confiance aux groupes privés. Cette confiance s’est souvent révélée découler de l’aveuglement d’élus aveugles ou…. A présent, la vérité sur la mauvaise gestion de l’eau par les multinationales remonte à la surface…

Ensemble, ces compagnies privées génèrent des profits qui atteignent des centaines de millions d’euros dans la plupart des villes. Profits qui se reflètent bien évidemment dans l’augmentation du prix de l’eau… Chez les distributeurs privés, les prix sont 20 à 60 % supérieurs à ceux du service public. Schéma similaire pour le problème du gaspillage : 17 à 44% de l’eau se perd dans les fuites du réseau privé alors que ce ne sont que 3 à 12% au sein du service public.

« Water Makes Money » met ainsi à nu un système qui permet aux multinationales de financer leur expansion globale. Système inique qui motive tant de Français à désormais promouvoir le retour au service public. Pourtant, ce sentiment d’être essorés, exploités, au profit d’ambitions globales capitalistes est secondaire pour beaucoup de Français. Ce qui est d’autant plus choquant quand on sait que la gestion de l’eau est dans un état critique en France. Les chiffres officiels montrent que 97% des eaux de surface contiennent des pesticides cancérigènes.

Alors que chacun subit personnellement les conséquences des privatisations, il n’est plus permis d’appeler les choses par leur nom. Les cabinets de conseil frappent à la porte des communes endettées et promettent de nouveaux modèles d’entreprises : « Partenariat public-privé », « Crossborder leasing », « Franchising », etc… « Mais non, il ne s’agit pas de privatiser », affirment-ils, « il s’agit uniquement de gérer votre eau pendant 30, 60 ou 90 ans. Les installations restent la propriété de la municipalité. Les 2000 pages du contrat, inutile de les lire, vous ne les comprendriez pas ... »

En France, des opposants à la privatisation sont parvenus à se procurer des contrats et les ont étudiés mot à mot. Ils ont découvert pourquoi groupes et communes ne souhaitaient pas les montrer au grand jour : les entreprises ont « payé » le droit de gérer les installations communales avec des crédits mis à leur disposition par ces mêmes municipalités. De plus, les communes sont responsables de toute baisse ou perte de rendement. Autrement dit, les bénéfices sont privatisés et les pertes sont collectivisées, c’est à dire payées par les contribuables. Cela n’a plus rien à voir avec les mesures de prévoyance portées par plusieurs générations en faveur des nappes phréatiques locales, ni avec l’entretien permanent et le remplacement des conduites.

Bien au contraire, les entreprises multinationales n’ont à rendre de comptes qu’à leurs actionnaires. La question de l’intérêt général est bien loin de leurs préoccupations. Water Makes Money montre ce que Paris et d’autres communes de France ont appris de la domination de ces multinationales, véritables « machines à générer du fric »… La déprivatisation de l’eau est une urgence.

Les réalisateurs du film : Leslie Franke. Après des études universitaires de russe et d’histoire à Hambourg, elle est boursière de l’Institut National de la Cinématographie de Moscou. Aujourd’hui, elle exerce la profession de cinéaste à Hambourg.
Herdolor Lorenz: Après des études universitaires de sciences politiques, d’histoire, de littérature allemande et de philosophie, il exerce depuis 1985 la profession de cinéaste et de producteur à Hambourg.

18 août 2010

Les ministres d'ouverture ne sont pas obligés de la fermer

Les ministres d'ouverture sont issus des rangs de la gauche. Les Kouchner, Bockel, Amara, Besson et compagnie, appartenaient soit au Parti socialiste soit se situaient dans la mouvance progressiste. S'ils ne peuvent plus, aujourd'hui, revendiquer leur appartenance à ce camp, il doit bien leur rester quelque chose de toutes ces années passées à défendre une vision du monde et un projet de société. Que pour des raisons alimentaires ou par opportunisme ils aient rejoint Sarkozy, ils sont seuls dorénavant devant leur conscience.

Depuis quelques semaines, la politique gouvernementale subit de profondes transformations. En poursuivant systématiquement de sa vindicte communautés et minorités, le pouvoir penche dangereusement vers l'extrême droite et on n'entend pas ces personnages d'ouverture s'indigner, on ne les voit pas se révolter, on est effaré de leur silence. Le site du Monde met en ligne aujourd'hui une vidéo sur laquelle Hortefeux et Besson s'opposent vivement. A l'époque, Besson n'avait pas encore franchi le rubicon et en tant que secrétaire national du PS, attaquait sévèrement la campagne de Sarkozy et ses propositions. C'était en janvier 2007.

Ces politiques n'auraient-ils donc aucune dignité ? Qu'attendent-ils pour démissionner et se désolidariser des propositions de Ciotti, d'Estrosi, d'Hortefeux ? Qu'attendent-ils pour sauter en marche d'un train qui va droit dans le mur de la honte ? Ne leur reste-t-il une once de discernement ? Agir pour l'argent et le pouvoir n'autorise pas tous les renoncements…

17 août 2010

Il faut battre le fer quand il est chaud

Jean-Jacques Urvoas (photo le Télégramme de Brest)

Christian Estrosi, maire de Nice et ministre de l'Industrie, fait le malin. En accusant les maires, surtout ceux de gauche évidemment, de se montrer indifférents aux problèmes posés par l'insécurité dans les villes, il les provoque et les place aussi devant certaines de leurs contradictions. Au-delà du caractère totalement inique de ses propos (1) le maire de Nice agit en service commandé reprenant des « éléments de langage » élaborés dans le cabinet privé de Nicolas Sarkozy et destinés à disqualifier la gauche tout en renforçant la tentative de pêche aux voix des électeurs du Front national.

Quand je parle des contradictions de la gauche, je veux parler de ces maires qui, par leurs pratiques, leurs discours et leurs choix, agissent comme des maires de droite. Il est évident que même si c'est parfois difficile, la gauche n'a jamais intérêt à renier ses valeurs et ses principes. Pour être crédibles sur le long terme, il faut s'accrocher à ce que l'on croit et défendre ses idées bec et ongle. Quand des maires de gauche cautionnent la vidéosurveillance ou l'usage des tasers, ils se situent sur un terrain qui n'est pas le leur et contribuent à une confusion des idées. C'est pourquoi, d'ailleurs, nous sommes amers quand des hommes et des femmes de gauche braconnent sur les terres traditionnelles de la droite.

A Louviers, par exemple, il est évident qu'il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette entre ce que fait le maire dit de gauche et ce que ferait un maire dit de droite. La généralisation de la vidéosurveillance entretient le climat voulu par Nicolas Sarkozy : une suspicion permanente, une peur quotidienne. Tout cela sans aucun résultat. Et à un coût démesuré !

La gauche, comme le dit bien Jean-Jacques Urvoas, responsable de la sécurité au Parti socialiste, ne doit pas entonner les chants guerriers de la droite et de l'extrême droite. Elle doit, selon lui, assumer ses choix : la prévention, la proximité, la médiation et la répression bien évidemment indispensable…Elle doit inscrire son action et ses propositions dans la droite ligne des textes fondamentaux : notre constitution, la déclaration des droits de l'homme, la devise de la République et la durée.

Les Français ne sont pas des imbéciles même si le président les considère comme tels. Ils sont rétifs aux propositions de déchéance de la nationalité française surtout quand celles-ci sont inconstitutionnelles. Une importante majorité d'entre eux constate l'impasse dans laquelle est enfermé Nicolas Sarkozy. Après huit ans de présence au pouvoir, la violence aux personnes a augmenté (2) la fracture sociale est de plus en plus importante dans certains quartiers et certaines villes et, surtout, le Front national se trouve renforcé dans ses choix. La lepénisation des esprits a gagné l'Elysée. L'idée républicaine risque de reculer.

On nous dit que Sarkozy ne mettra jamais en œuvre ce qu'il propose. Que ce sont des mots. Rien que des mots. On nous dit que ce phraseur adapte son discours au moment, au contexte. Qu'il dit tout et son contraire, qu'il ne tient aucune de ses promesses. Si fait. Ces agressions verbales contre les maires suscitent des critiques légitimes à gauche, bien sûr, mais aussi à droite. Jacques Pélissard, le président de l'association des maires de France, membre de l'UMP, n'a pas du tout apprécié la mise en cause venant d'Estrosi ni ses menaces de faire condamner les « mauvais » maires. Déjà qu'ils veulent supprimer les allocations des « mauvaises » mères…

Depuis le discours de Grenoble (un tournant du quinquennat ?) le clan sarkozien se relaie sur les ondes pour marteler ses vérités. Paillé, Bertrand, Hortefeux, Guéant, Morano…ils y vont tous de leur couplet répressif. le PS annoncera ses propositions en…janvier 2011 ! Dans cinq mois ! Je suggère aux ténors de la gauche de ne pas attendre si longtemps pour organiser la riposte. Il faut battre le fer quand il est chaud.

(1) la sécurité est une affaire régalienne. C'est donc à l'Etat de se donner les moyens de mener une politique policière et judiciaire digne d'une démocratie avancée.
(2) le président et le ministre de l'Intérieur vantent sans cesse des statistiques soi-disant avantageuses. En réalité les violences aux personnes ont très sensiblement augmenté ces dernières années.

15 août 2010

« Ça sent la poudre » mais pas seulement…


Ils étaient quelques-uns, assez nombreux, à la CASE (1) ou ailleurs, à reprocher à Janick Léger-Lesœur, conseillère générale de Val-de-Reuil et adjointe au maire de cette ville, d'être « manipulée » lorsqu'elle a osé évoquer sa candidature à la présidence de la CASE après le renouvellement des conseils municipaux. Ces critiques accusaient Marc-Antoine Jamet d'être celui qui actionnait les ficelles de la marionnette qu'aurait été, selon eux, la vice-présidente du conseil général de l'Eure !

On le sait, et ceux qui la connaissent bien peuvent l'attester, Janick Lesœur n'a pas besoin d'être chaperonnée pour postuler à des fonctions électives d'importance. Ses qualités et sa compétence plaident pour elle. Mais les a priori et les préjugés vont vite à circuler (surtout à la CASE où le président fait régner une discipline de fer) si bien que Janick Lesœur a dû renoncer à présenter sa candidature, même pour un tour de chauffe, eu égard aux menaces et aux mesures de rétorsion clairement avancées par Franck Martin.

C'est d'autant plus amusant que ce président, également à la tête des radicaux de Gauche de l'Eure, vient d'éditer une info sur l'un de ses nombreux blogs officieux ou officiels sous la forme d'un portrait bref du futur candidat PRG dans le canton nord de Louviers. C'est plus fort que lui. Il fait tout pour maîtriser l'agenda politique local. Après l'affaire de l'écrêtement des indemnités (avec la complicité de sa compagne) et une occupation légitime du terrain médiatique, était-il vraiment nécessaire que Franck Martin lance la campagne de celui qu'il pressent et souhaite introniser pour s'attaquer au siège actuellement occupé par Leslie Cléret, la conseillère générale socialiste sortante ? S'il continue ainsi, on va l'accuser d'en faire beaucoup voire d'en faire trop. Comme souvent. Et malheur au candidat dont l'indépendance et l'autonomie seraient ensuite bien délicates à démontrer…

Je ne suis pas du tout certain que le futur climat de la future campagne des cantonales 2011 soit propice à un engagement fort de la part du maire de Louviers, élu conseiller régional sur la liste socialiste (avec les Verts et les communistes) qui a mis fin très rapidement (2) au gentleman agreement passé avec le maire de Val-de-Reuil (voir photo de campagne). La plupart des électeurs n'étaient évidemment pas naïfs face à cette manœuvre mais brûler le mardi ce qu'on a adoré le lundi, voilà bien du sarkozysme à la sauce lovérienne. Comme dirait Marianne, en voilà un autre qui est prêt à tout !

En ce mois d'août paisible, le maire de Louviers précise qu'avec la candidature de son poulain, « ça sent la poudre ». Je reconnais bien là, pour l'avoir affrontée moi-même, la délectation de l'ancien conseiller général de Louviers-sud pour le conflit réel ou supposé. Sylvia Mackert a raison de commenter ainsi cette candidature : elle ne peut être seulement un renvoi d'ascenseur niant le travail de fond de Leslie Cléret.

(1) CASE : communauté d'agglomération Seine-Eure.
(2) Imposée à Marc Antoine Jamet, tête de liste PS aux régionales dans l'Eure, par Alain Le Vern, la candidature de Franck Martin sur la liste socialiste apparaît aujourd'hui pour ce qu'elle était : Un immense jeu de dupes. Ce n'est pas faute d'avoir prévenu les socialistes…