5 août 2016

Aux jeux olympiques, le spectacle est frelaté…Les Russes seront là.


Combien d’éléphants blancs (1) après les JO de Rio ? Combien d’équipements construits à grands frais alors que le pays connaît une crise politique et économique exceptionnelle et qui seront laissés à l’abandon…comme à Athènes ou Albertville avec son tremplin et sa piste de bobsleigh lors des JO d’hiver en France ? Après la fête, le chaos ? Les jeux olympiques, ceux de Coubertin, l’admirateur des régimes autoritaires, sont devenus prétextes à tous les excès. Excès de politique, excès de dopage, excès d’argent…

Quand on pense que l’équipe russe, même amputée, a été invitée à participer aux jeux de Rio grâce à la lâcheté du CIO et aux manœuvres de Poutine. Il est établi qu’un système étatique de triche a été mis en place pour gagner des médailles à tous prix et que tous (ou presque) les sportifs russes ont dû suivre des programmes médicaux ( ?) leur permettant d’atteindre des performances exceptionnelles et donc des médailles ainsi usurpées. La sanction aurait dû être à la hauteur du « crime » sportif le plus scandaleux de ces dernières années : l’interdiction de participer aux jeux.

Quelques dirigeants ont protesté publiquement contre l’attitude des responsables du CIO (dont le président français de la FFA qui n’y siégera plus à sa demande dans les semaines qui viennent) et ont, en vain, exigé le retrait pur et simple des Russes. Les chasseurs de dopage n’ont pas obtenu gain de cause. C’est ainsi que des nageurs, des judokas, des athlètes, des cyclistes (pas les haltérophiles !) suspects ou sanctionnés dans le passé auront le droit de se mesurer à leurs homologues d’autres nations dont certains sont également suspects de tricherie.

Pourquoi regarde-t-on les JO à la télévision alors que le spectacle est frelaté ! On regarde bien le tour de France malgré la suspicion toujours en vigueur à l’égard des cyclistes…Justement parce qu’il s’agit d’un spectacle et que le téléspectateur en veut et en redemande. Qu’importe le flacon pourvu qu’il ait l’ivresse.
Il n’empêche. Le Brésil va dépenser quelques milliards d’euros pour quinze jours de fête du sport après qu’il a reçu la coupe du monde de football. Le budget initial sera sûrement dépassé, comme d’habitude, et les Brésiliens (dont des millions vivent sous le seuil de pauvreté) devront passer à la caisse d’une manière ou d’une autre. Lula, qui a obtenu les jeux et Dilma Roussef qui les a préparés, n’assisteront pas à la cérémonie d’ouverture et c’est Tremer, l’auteur du coup d’état civil, qui paradera dans la tribune d’honneur. On attend des huées de la part du public. Pour Tremer et le CIO ?

(1) Les éléphants blancs sont les équipements construits à grands frais et abandonnés…Athènes en est l’exemple le plus frappant et le plus honteux. Arte leur a consacré un magazine édifiant.

28 juillet 2016

La grosse gaffe de Monseigneur Vingt-Trois à Notre-Dame de Paris


Le moment était mal choisi ; Le lieu ne convenait pas. Et la phrase était, sinon maladroite, du moins terriblement violente pour ceux et celles qui, depuis des lustres, cachaient leur orientation sexuelle laquelle, depuis le mariage pour tous, n’est plus ni un crime ni une solitude. Monseigneur Vingt-Trois a eu grand tort, hier soir à Notre-Dame de Paris, de mélanger les genres. Il a eu tort, alors que le pays a besoin de confiance, de sérénité et d’unité, de chercher à diviser à nouveau sur un thème n’ayant rien à voir avec le terrorisme et l’islamo-fascisme.

Faut-il que l’archevêque de Paris ait été marri d’avoir perdu le combat contre la loi sur le mariage pour tous si bien défendue par Christiane Taubira ! Faut-il que l’éminence catholique éprouve des regrets voire des sentiments bien peu charitables pour oser prononcer une phrase blessante dans un moment de recueillement et d’hommage. Mgr Vingt-trois en affirmant déplorer le « silence des élites devant les déviances des mœurs et la légalisation de ces déviances » à l’occasion de son homélie lors de la cérémonie consacrée à célébrer la mémoire du père Jacques Hamel, est allé trop loin. Si loin que les hiérarques catholiques rament aujourd’hui comme ils peuvent, autant qu’ils peuvent, pour minimiser le propos et en atténuer les effets. Ils vont même jusqu’à nier que le mariage homosexuel était concerné par le texte de l’archevêque…et que l’Eglise si « elle condamne les déviances, est la première à accueillir les déviants ! » Quel galimatias.

On ne pourra pas dire que Mgr Vingt-trois a commis un lapsus ou a été victime de je ne sais quelle association d’idées impromptues ou malvenues. La phrase était écrite…et a été dite en toute connaissance de cause. C’est donc que le prélat avait la ferme intention de faire passer son message. S’il en a apprécié le texte, il n’a pas mesuré le contexte. La présence de François Hollande et de Manuel Valls au premier rang des personnalités aurait sans doute dû l’inciter à plus de mesure et plus de dignité. D’une cérémonie a priori œcuménique rassemblant croyants et non croyants, l’archevêque de Paris a rappelé que l’intolérance avait aussi ses adeptes au sein de l’Eglise de France.

27 juillet 2016

Réflexions au débotté…suite : Erdogan, Pétain, Les fous de Dieu, les énergies renouvelables


La Turquie ne peut pas rentrer dans l’Union européenne
Des milliers d’arrestations, des universités et des établissements scolaires bouclés, des journalistes recherchés et poursuivis, des magistrats licenciés…la purge bat son plein en Turquie après le putsch manqué. Et même si Erdogan a rencontré les responsables des partis d’opposition hier, ses objectifs ne font aucun doute : il veut présidentialiser le régime et bénéficier des pleins pouvoirs. La Turquie risque donc bien de sombrer dans la dictature et de dire Adieu à une éventuelle adhésion à l’Union européenne.
D’ailleurs, on ne voit plus bien comment les politiques favorables à l’adhésion de la Turquie pourraient argumenter pour faire valoir leur opinion. L’Union européenne est composée de démocraties (très différentes) où les élections se tiennent à date régulière et où tous les partis peuvent présenter des candidats. A l’évidence, le comportement du satrape turc ne répond plus aux exigences fondamentales de la charte de l’UE. En proposant de rétablir la peine de mort et en bâillonnant la presse, Erodgan montre la réalité de son pouvoir et proclame la condamnation sans appel des contre-pouvoirs. Or, c’est à l’aune de la vitalité de ces derniers qu’on peut juger de l’effectivité d’une vie démocratique au sein de laquelle les majorités et les oppositions s’affrontent. Il faut se rendre à l’évidence : La Turquie s’éloigne pour longtemps de l’UE…

Pétain et la Révolution nationale
Lors du procès du Maréchal Pétain condamné à mort puis gracié.
La chaine parlementaire a consacré une soirée documentaire à la vie du maréchal Pétain. On suit son entrée à l’école de guerre, on le voit avec Franco en Espagne en ambassadeur de France et à la tête du gouvernement de Vichy avec son ennemi intime, Pierre Laval. Assurément, cet homme appartenait viscéralement à la droite extrême. Et si sa légende née au cours de la première guerre mondiale en a fait un modèle de chef humain sensible à la souffrance et à la mort des soldats qu’il commandait, son comportement au cours de la période 1940-1945 l’a fait apparaître sous un autre jour. Un bien mauvais jour.
Avec sa Révolution nationale, Pétain a voulu tordre le bras à la République, à la démocratie parlementaire, aux syndicats de travailleurs, il a transformé en système l’antisémitisme, il a favorisé la haine des Francs-Maçons, des communistes, des socialistes et de la gauche en général, tout cela pour vanter « le travail, la famille, la patrie » et pour célébrer le culte du chef.
Pétain était-il un dictateur ? D’une certaine façon, oui, mais un dictateur au petit pied dans la mesure où les Allemands occupaient le pays et se payaient sur la bête. En 1943, lors de l’invasion de la zone sud par les Allemands, Pétain avait l’occasion de gagner l’Algérie et de continuer ou plutôt de reprendre le combat que le général De Gaulle n’avait jamais cessé. Il préféra rester sur le territoire de la métropole et soutenir activement la milice de sinistre mémoire. A Montoire, il signa la collaboration avec l’ennemi et crut en une Europe nazie…laissons le Front national cultiver sa mémoire.

Sont-ils fous, ces égorgeurs, ces bourreaux…
Sont-ils fous, ces égorgeurs, ces bourreaux, ces assassins de mécréants, comme ils disent ? Sont-ils fous, ces anciens délinquants, ces adeptes de la charia version Daech, ces djihadistes fanatiques ? S’ils ne le sont pas, qui sont-ils ? Pour tuer à Bagdad, à Tunis, à Istanbul, au Pakistan, au Bangladesh, à Paris, à Bruxelles, à Munich, à San Bernardino, à Nice, à Saint-Etienne-du-Rouvray encore aujourd’hui ? Quel courage faut-il pour égorger un prêtre de 84 ans (ou 86), pour prendre en otage deux religieuses et tenter de tuer un homme parce que catholique ? Quel courage faut-il pour semer la mort en Asie, en Europe, aux États-Unis, en Afrique, au Moyen-Orient ?
La réponse est évidente. Il ne faut aucun courage. Il suffit d’une hache, d’un couteau, d’un camion lancé à toute allure et croire au martyre. Au fait, les nazis n’étaient pas tous fous. Nombre d’entre eux ont aidé, encouragé la mort des Tziganes, des homosexuels, des juifs, des handicapés, dans ce qui reste le génocide le plus massif du 20e siècle. La violence fanatisée, voilà le danger.

Produire son électricité et la consommer
Dans ce flot de mauvaises nouvelles, une lueur d’espoir. Ségolène Royal va publier une ordonnance favorisant la production et l’autoconsommation d’électricité produite par panneaux solaires ou par éolien. Des ménages, des industriels, des agriculteurs vont être subventionnés pour faciliter les investissements idoines. Enfin.

25 juillet 2016

Quelques réflexions au débotté : Sandra Bertin est une militante estrosiste, Trump ne se contrôle plus, Bernard Amsalem ne décolère pas…


Les antennes paraboliques interdites en Iran
100 000 antennes paraboliques ! C’est le nombre d’antennes qu’auraient « rapporté » (à qui ?) les Iraniens au cours des mois écoulés. Les antennes paraboliques sont en effet considérées comme diaboliques par le régime des ayatollahs puisqu’elles permettent de capter des chaines étrangères et qui, sait, des émissions, films, documentaires, reportages peu recommandables. Le régime iranien est un régime religieux où tout ce qui ne colle pas avec le Coran (version chiite) doit être banni, condamné, réprimé. D’où des enquêtes permanentes des gardiens de la Révolution et de la pensée pour dénicher sur les toits des villes iraniennes, les fameuses paraboles signes d’infractions aux lois coraniques dont les propriétaires méritent d’être sanctionnés…
Imagine-t-on pareille surveillance dans les démocraties dignes de ce nom ? Imagine-t-on ce que seraient nos vies et nos comportements si jamais une dictature (religieuse, civile, militaire, politique) s’emparait du pouvoir en France ? Mais l’Iran n’est sans doute pas le seul pays de la planète à imposer un mode de vie sans liberté de penser, d’écrire, de communiquer…

Trump ne se contrôle plus !
Donald Trump veut imposer aux Français et aux Allemands — s’il est élu président des USA ! — des contrôles poussés à leur entrée aux États-Unis. C’est que nos vieux pays sont gangrènés, selon lui, par une immigration étrangère massive, non régulée et non contrôlée. Pour preuve, assure-t-il, les attentats récents qui ont endeuillé des familles et la nation.
Comme si les Etats-Unis étaient indemnes du poison djihadiste. Une suite ininterrompue d’attaques dans des boites de nuit, notamment, démontrent que les services de renseignements et les policiers américains sont logés à la même enseigne que leurs collègues européens. Va-t-on pour autant passer des heures à contrôler les citoyens américains désirant visiter l’Europe ? Va-t-on contrôler Trump qui ne se contrôle plus ?

Sandra Bertin est une militante estrosiste
L’attentat de Nice — puisqu’il faut appeler les choses par leur nom — n’en finit plus d’alimenter la chronique. Alors que 84 personnes (dont dix enfants) sont mortes, qu’une vingtaine d’autres luttent contre la mort, M. Estrosi n’a rien trouvé de mieux à faire que de polémiquer avec le ministre de l’Intérieur. Où étaient les policiers nationaux ? Etaient-ils ici, étaient-ils là ? Pourquoi l’ancien maire de Nice, toujours aux affaires si je puis dire, a-t-il accepté le plan de prévention mis en place à la veille du 14 juillet avec les autorités préfectorales ? Pourquoi n’a-t-il pas interdit le feu d’artifice ? Pourquoi, comme je l’ai déjà écrit ici, est-il allé si vite en besogne pour trouver des coupables qui n’étaient évidemment pas lui ?
Et comme Sandra Bertin, policière municipale par laquelle le scandale arrive avec ses déclarations au JDD, est également une militante estrosiste, sa parole est forcément sujette à caution même si elle semble sincère. Sur les écrans, elle n’a pas vu les policiers nationaux. On lui aurait demandé de dire qu’ils étaient bien là. J’ignore quelle personne (un commissaire semble-t-il) aurait pu effectuer une pareille démarche mais si c’est le cas, son QI est plus proche de 50 que de 100.
Les policiers municipaux dépendent du maire. Ce dernier est leur employeur et on ne mord pas la main de celui qui vous nourrit. Bernard Cazeneuve a porté plainte en diffamation, on verra bien qui dit la vérité.

Bernard Amsalem ne décolère pas
Bernard Amsalem, président de la fédération française d’athlétisme, déplore que le CIO ait autorisé les fédérations sportives russes à participer aux prochains JO de Rio. Il parle d’un jour de deuil pour le sport propre. Certes, les dopés ou supposés tels, ne seront pas invités au Brésil mais comme l’enquête a prouvé que le dopage en Russie était érigé en pratique gouvernementale, l’ensemble des sportifs russes sont naturellement soupçonnés d’être chargés. Bernard Amsalem voit dans la décision du CIO un acte politique. Il a raison. Depuis toujours le sport et le nationalisme fraient ensemble et tout est fait par certains chefs d’état pour hisser haut le drapeau de leurs sportifs ou plutôt de leur idéologie.
Il y aura donc des Russes dans la piscine olympique, sur les tatamis et les pelouses du Brésil. On peut imaginer que les contrôles antidopage ne ménageront pas les émissaires moscovites. Aujourd’hui, pourtant, des techniques fines permettent de masquer l’état réel des sportifs, notamment ceux qui marchent à l’EPO mais pas seulement eux. C’est pourquoi un suivi annuel est imposé comme un passeport permanent. Les prises de sang et d’urine peuvent avoir lieu n’importe où n’importe quand. La condition est que les athlètes indiquent en permanence où ils se trouvent. Cela ne facilite pas la vie, certes. Est-ce le prix à payer pour éviter les scandales à répétition ?

A suivre demain…



23 juillet 2016

Turquie : il s'agit bien d'une dictature !


« Dans une réaction tout à fait disproportionnée à la tentative de coup d’État militaire, le président turc Recep Tayyip Erdoğan vient de lancer une attaque de grande ampleur contre la démocratie et l’État de droit. Avide d’un pouvoir absolu, il a fait arrêter ou limoger des dizaines de milliers d’enseignants, de juges et de doyens de facultés dans le pays [1].
L’Union européenne s’est construite sur nos valeurs communes que sont la démocratie, l’État de droit, la liberté d’expression, de culte et la liberté de la presse. La Turquie aspire à rejoindre l’Union : les dirigeants européens ont donc une bonne carte en main pour faire jouer leurs diplomaties et arrêter cette agression envers la démocratie.
Si nous nous rassemblons maintenant pour exiger une action forte et résolue de la part de l’Union européenne, nous pourrons convaincre nos pays de se mobiliser contre les dérives d’Erdoğan, et de suspendre les négociations d’adhésion tant qu’elles continuent.
Dans les journées de purge qui ont suivi la tentative avortée de coup d’État, des dizaines de milliers de fonctionnaires, de militaires, de professeurs et d’universitaires ont perdu leur emploi – et parfois la liberté – sans pouvoir faire appel. Des journalistes ont été détenus sans procès et l’État a censuré les médias.
Mais ce n’était que le début. Erdoğan a décrété mercredi 20 juillet l'état d'urgence, suivi de la suspension de la Convention européenne des droits de l’Homme [2]. Il n’essaie même plus de faire semblant de respecter les droits fondamentaux, les principes démocratiques et l’État de droit. Il est même allé jusqu’à proposer le retour de la peine de mort. Cela ne peut vouloir dire qu’une chose : encore plus de répressions violentes contre les dissidents politiques, et un virage vers un régime autoritaire.
L’heure n’est plus aux demi-mesures, et nous devons exiger une action résolue de la part de l’Union européenne. Cela fait bien longtemps que la Turquie aspire à devenir membre, et les négociations n’avancent que très doucement. Mais dans la communauté européenne, il n’y a pas de place pour un régime qui bafoue nos valeurs les plus fondamentales : liberté d’expression, protection des minorités, et droit à un procès juste. L’UE doit agir pour défendre ses valeurs. Elle doit aussi savoir que nous attendons d’elle une action immédiate ! »
Avec détermination,
Mika, Julia et toute l'équipe WeMove.EU
P.S. Aujourd’hui, dans chaque voiture d’un train urbain à Ankara, six policiers ont exigé d’inspecter les smartphones des passagers. Ils ont lu les messages WhatsApp et Facebook et arrêté toutes les personnes suspectées d’être contre Erdoğan. Des témoins oculaires rapportent des scènes de ce genre partout dans le pays. Mobilisons-nous pour que nos pays fassent tout ce qui est en leur pouvoir contre ce déni de démocratie. Signez !
WeMove.EU est un mouvement ouvert à toutes celles et ceux militant pour une meilleure Union européenne, attachée à la justice sociale et économique, à la gestion durable de l’environnement, et à l’implication des citoyens dans les processus démocratiques. Pour se désinscrire cliquez ici

18 juillet 2016

Tragédie de Nice : « quand Sarkozy ajoute l'abjection à la douleur »


« En campagne primaire (sic), en campagne électorale, en campagne présidentielle, M. Sarkozy s’est lâché une fois de plus, retrouvant sa posture et ses accents vulgaires et sectaires, se livrant à une pitoyable polémique, répondant à la barbarie par l’indignité.
Dans les circonstances dramatiques de l’odieux attentat de Nice, il est légitime de poser des questions, d’obtenir des réponses et de participer au débat politique conduisant à sécuriser davantage les Français. Mais il est indécent qu’un ancien président de la République s’acharne sans vergogne à fracturer notre pays qui a plus que jamais besoin d’unité.
M. Sarkozy n’est pas encore candidat. Il est donc encore temps qu’une majorité de Français, y compris à droite, lui signifie que son hypothétique réélection serait une punition pour la France. »
François Loncle, député de l’Eure, ancien ministre


Le monde serait plus sûr avec Xavier Raufer. Tu parles Charles.


« Après Paris, Nice. Encore 90 morts. Depuis janvier 2015, le terrorisme a tué 230 personnes en France. Le pire étant qu'à ce jour, un exécutif hébété ne semble toujours pas comprendre le film - bien que les assassins soient de sempiternels voyous fanatisés, issus de l'immigration maghrébine. » Celui qui a écrit ces quelques lignes s’appelle Xavier Raufer. Il a sévi pendant quelques temps dans l’émission de feu Yves Calvi (C dans l’air) passé de la 5 à une chaîne plus lucrative.

Ce Xavier Raufer se présente comme un criminologue, un titre bien ronflant pour quelqu’un qui raconte les mêmes histoires et dresse le même récit depuis des décennies. Et puis la criminologie n’est pas une science et encore moins une science exacte. Elle se pratique à géométrie variable selon les engagements politiques des porteurs de paroles prosélytes de causes souvent simplistes. Raufer est de cette graine-là. Il accuse sans preuves, réagit émotionnellement, ne mesure pas assez, comme l’a bien dit le président de la République, que les hommes et femmes disposant d’une tribune publique, quelle qu’elle soit, doivent tenir compte de la vérité des faits et de la dignité des personnes.

Le bon Raufer sait tout du terrorisme. Il donne la leçon aux élus et aux démocrates comme s’il les considérait comme des benêts. Il est évidemment le seul à réfléchir et à proposer les solutions qui vaincront Daech et ses fantômes passés en une seconde de vie à trépas. Punir, cogner, massacrer, voilà les solutions que propose l’«ami» Raufer. Toutes les autres ont démontré leurs limites et leur inefficacité n’est-ce pas ?  Raufer ne va pas (comme Guaino) jusqu’à proposer de placer des hommes armés de Bazookas aux quatre coins des rues mais cela ne devrait pas tarder. Allons donc, dansez aux rythmes des kalachs, chantez au son du canon, mourez sous le flot des balles perdues. Raufer devrait avoir honte.

17 juillet 2016

Quelques réflexions au débotté : le drame de Nice, le Brexit, le monument à la mémoire et à la paix, la dictature civile en Turquie


Henri Guaino a raison. Il fallait placer, à l’entrée de la promenade des Anglais, un artilleur avec lance-roquettes prêt à faire feu. Ainsi, on aurait pu dézinguer l’islamiste cinglé et son camion frigorifique et empêcher le carnage. C’est à des réflexions comme celle-là qu’on juge un homme politique. Je dis bien un homme politique parce qu’un homme d’état, c’est quand même autre chose. Alors, M. Guaino, mesurez-vous l’imbécillité de votre proposition et surtout l’aspect minable de la récupération entreprise par votre parti ?
Je me pose d’ailleurs une question : pourquoi M. Estrosi, ancien maire de Nice et président de la région s’est-il empressé de mettre en cause le gouvernement et sa responsabilité dans l’attentat qu’il soit l’œuvre d’un djihadiste ou d’un dément suicidaire ? Pourquoi M. Estrosi a-t-il, au mépris de la douleur des familles et des survivants au drame, voulu d’emblée placer les responsabilités du côté du pouvoir. M. Estrosi, il faut qu’une enquête impartiale, judiciaire, policière reconstitue le déroulement de la soirée et explique comment un camion de 20 tonnes a pu emprunter la promenade des Anglais un soir de feu d’artifice. Si, comme je le pense, personne n’a envisagé un seul instant une attaque à la voiture ou au camion fou, je ne vois pas qui on pourrait accuser de laxisme sauf à apprendre que l’auteur de l’acte avait des antécédents pouvant conduire à ce drame immense et justifier une quelconque surveillance. Dans cette attente, je propose que MM. Ciotti, Sarkozy, Estrosi, fassent preuve de plus de responsabilité et de plus de prudence. Si je ne m’abuse, l’Etat a été condamné récemment dans l’affaire Merah (pour négligence et défaut de suivi) et ce n’était pas Hollande qui présidait la République ! Alors Messieurs, un peu de pudeur et de dignité même s’il est difficile de contenir sa colère et parfois sa haine pour les moins réfléchis?

On le sait, nos «amis» Britanniques ont souhaité à 51,9 % sortir de l’Union européenne. David Cameron restera donc dans l’histoire comme l’un des pires responsables des gouvernements de sa gracieuse majesté. Il aura été l’homme de l’abandon d’un idéal et aussi l’auteur d’une guerre ouverte au sein des parties politiques de l’île. Vous me direz, c’est leur affaire. Même Tony Blair avec sa guerre hasardeuse en Irak aurait refusé de prendre le risque historique de mettre en danger l’Union européenne construite à la force du poignet et des intelligences depuis plus de cinquante ans.
Certes, tout n’est pas parfait dans cette Europe. Mais au fil des décennies, les dirigeants occidentaux mesurent la chance que vivent leurs peuples après des siècles de guerres économiques et territoriales. Le clown Boris Johnson, devenu ministre des Affaires étrangères dans le nouveau gouvernement, va certainement être accueilli les bras fermés dans les chancelleries européennes. Il est tout de même l’un des artisans du Brexit au prix de mensonges aussi énormes que son toupet.
Que Theresa May veuille le circonvenir en lui offrant un ministère, ce n’est que petit calcul. Les négociations entre l’UE et la Grande-Bretagne ne s’engageront, paraît-il, qu’après que le gouvernement britannique aura adressé sa lettre au président de la Commission en vertu de l’article 50 du traité de Lisbonne. Il n’a pas l’air pressé de le faire, d’ailleurs, puisqu’il désire entamer le dialogue avant de déclencher le processus de sortie. Dans toute négociation, la recherche du compromis demeure prioritaire. Comme le dit le VRP de service, une affaire est réussie quand les deux parties sortent satisfaites des discussions…

Dans un billet récent, j’ai rappelé pourquoi Elie Wiesel avait accepté de parrainer le monument à la mémoire et à la paix de Val-de-Reuil. A cette occasion, je me suis étonné que ce monument ait été transformé au fil des années en monument aux morts. Marc-Antoine Jamet a dû lire ces quelques lignes puisque dans son discours du 14 juillet il a déclaré en mettant en valeur, des personnalités éminentes comme Jo Cox, la députée travailliste assassinée ou Elie Wiesel : « Enfin, une âme qui avait connu l’horreur de la Shoah, un homme qui avait vu, sur le quai de la gare d’Auschwitz, les SS le séparer de sa mère pour l’emmener à la chambre à gaz, qui avait vu son père décéder sous ses yeux entraîné par les Nazis dans la marche de la mort qui leur faisait fuir l’Armée Rouge, a rejoint Jéhovah. A la demande de Bernard Amsalem, geste superbe, il avait parrainé, avec beaucoup d’autres grands de la pensée, de la politique ou de la littérature,  ce monument qui n’est pas un mausolée, cette crypte qui n’est pas un monument aux morts, mais un temple à la mémoire et à la paix. Son vrai nom, celui qui fut donné par ses architectes Jakob et Macfarlane, est « entre ciel et terre ». C’est-là où est maintenant Elie Wiesel, mais son nom restera à jamais gravé pour l’éternité sur les murs de la cité contemporaine. Je l’avais rencontré à New-York avec Nicolas Sarkozy. Le philosophe n’avait pas oublié notre Ville et son engagement. »
Il n’était pas mauvais que le maire de Val-de-Reuil souligne le vrai symbole de ce monument. Peut-être devrait-il penser à déterminer un lieu plus propice aux hommages patriotiques ?

Dictature militaire ou dictature civile, il s’agit toujours d’une dictature. Ce qui se passe en Turquie est très grave. Erdogan, le président, mène une chasse aux sorcières impitoyable contre tous ceux et celles qui contestent son régime, qu’ils soient juges ou militaires. Et cela bien avant le pseudo coup d’état de ces derniers jours. On s’interroge d’ailleurs sur l’organisation de ce coup d’état réalisé, semble-t-il, par des apprentis dictateurs et tout cela, bien sûr, au nom de la démocratie et de la liberté. Erdogan a joué un double voire un triple jeu à l’égard de la Syrie, de Daech, de l’Europe, sans oublier ses désaccords avec les Russes…redevenus des amis. Il faut dire que Poutine donne des idées à beaucoup et que le nationalisme teinté de religion plaît bien à Erdogan et à une majorité de Turcs lesquels vont donc goûter aux joies du totalitarisme comme dans les années 80 ! Erdogan parle même de rétablir la peine de mort ce qui, pour le coup, interdirait à la Turquie de rejoindre l’Union européenne. Qui peut croire, en 2016, à une entrée de ce grand pays dans l’Union ?

13 juillet 2016

La Marianne d'or attribuée au maire de Louviers pour la création de l'académie des talents


Les talents de l'école de musique de Louviers.
La mairie de Louviers communique : « François-Xavier Priollaud, maire de Louviers et vice-président de la Région Normandie, figure au palmarès du concours national de la Marianne d’Or 2016, créé en 1984 par Edgard Faure et Alain Trampoglieri. Parmi les lauréats 2016 figurent également le ministre de la Défense ainsi que les maires de Nice et de Marseille.

La Marianne d’Or attribuée à François-Xavier Priollaud récompense l’action innovante menée par la municipalité de Louviers en faveur de la jeunesse avec la création de l’Académie des Talents, dispositif unique en France qui s’adresse à des jeunes Lovériens âgés de 16 à 30 ans ayant un talent, une passion dans une discipline donnée et dont la municipalité n’a volontairement pas arrêté de liste exhaustive.

La première promotion 2015-2016 a ainsi réuni des photographes, un pianiste, une patineuse sur glace, un graffeur, un champion de motocross, des chanteuses, un danseur de hip-hop, une cavalière en amazone, un poète, un slameur, un musicien et un animateur-radio. L’Académie des Talents est une déclaration de confiance à la jeunesse de Louviers, à ses talents et s’inscrit dans la volonté de promouvoir une politique de citoyenne active à une époque qui en a vraiment besoin.

L’objectif poursuivi par l’Académie des Talents de Louviers est double :
— apporter un soutien aux jeunes talents pour les faire progresser dans leur discipline.
— leur proposer un programme de citoyenneté active afin de leur faire redécouvrir les valeurs de notre République tout en leur montrant, par leurs rencontres hebdomadaires, que leurs différences à chacune et chacun concourent à l’unicité de la République. La première promotion a ainsi pu visiter l’Assemblée Nationale, le Parlement européen ou encore la base militaire BA105 d’Evreux : chacune de ces visites, porteuse de symboles en même temps que de moments d’observation de notre démocratie en mouvement, leur a fait comprendre ce qu’est la France d’aujourd’hui et ce qu’elle représente.

L’Académie des Talents est soutenue par la région Normandie et de nombreux partenaires associatifs et médiatiques de notre territoire. Ce programme ne s’inscrit dans aucun cadre prédéfini pour laisser libre court à la créativité, à l’imagination et à la pluridisciplinarité. En réunissant des jeunes qui n’auraient jamais eu l’occasion de se rencontrer et qui sont choisis sur la seule base de leur talent, cette Académie est une invitation à s’ouvrir aux autres cultures et aux autres disciplines. Elle a l’ambition de contribuer à une citoyenneté active et positive.

Forte de son succès, l’Académie des Talents » est reconduite pour une 2e promotion de 16 jeunes Lovériens, de septembre 2016 à juin 2017. »

Le Palmarès 2016 des Mariannes d’Or est disponible en ligne sur le site Internet : http://www.lamariannedor.com/

Valls à Macron : « Il est temps que cela s'arrête. »


Emmanuel Macron veut instaurer en France « l’égalité réelle ». Foutaises. L’égalité réelle n’existera pas tant que les gouvernants n’auront pas compris (ou plutôt accepté) que l’égalité réelle commence à l’école et ce dès le plus jeune âge. Tant que des déterminismes sociaux ou socioculturels continueront d’être constatés et acceptés en France, les enfants de ce pays n’auront évidemment pas les mêmes chances ni les mêmes réussites. L’ascenseur social ne fonctionne plus. Et M. Macron peut bien appuyer sur le bouton, la panne demeure.

Il est d’ailleurs surprenant qu’un gouvernement de gauche n’ait pas accordé une vraie priorité (et donc les financements) à l’éducation et aussi à la culture. Qu’il s’agisse de l’apprentissage des savoirs ou de la connaissance du monde par le théâtre, le cinéma, la musique, la littérature, etc. ce gouvernement n’a pas accompli les efforts nécessaires. Pire, même. Il a amputé le budget culturel de plusieurs centaines de milliers d’euros chaque année tournant le dos au spectacle vivant et diminuant la part de l’Etat dans les politiques culturelles locales. Je sais bien que les temps sont durs. Mais ils ne le sont pas pour tous les habitants de ce pays. Quand ces derniers vont apprendre que le coiffeur du président gagne près de 10 000 euros par mois depuis 2012, ils vont se dire que M. Aquilino Morell n’était pas le seul (au propre ou au figuré) à se faire cirer les pompes.

Dans la bouche de M. Macron, l’égalité réelle est un concept vide de sens ou plutôt un slogan. M. Macron, dont le mouvement « En Marche » a été pendant un moment domicilié au MEDEF, est surtout un soutien du libéralisme débridé et de la flexibilité permanente. Pour une fois, je suis d’accord avec Manuel Valls : « Il est temps que cela s’arrête. »