14 novembre 2015

La conférence d'Eric Roussel reportée…


Eric Roussel, auteur de diverses biographies dont celle de François Mitterrand, éditée récemment, devait donner une conférence, ce samedi après-midi, à l’invitation de la société d’études diverses à 16 heures, dans la salle Pierre Mendès France de l’Hôtel de ville.
Suite aux attentats de Paris, Jean-Pierre Binay, président de la SED et Claude Cornu, responsable des conférences et en accord avec Eric Roussel, ont décidé de déprogrammer la réunion prévue cet après-midi et de la reporter à une autre date. Jean-Pierre Binay a proposé ce report suite à un contact avec François-Xavier Priollaud, maire, qui a estimé préférable de surseoir. « Nous n’aurions pas la tête à cela » a-t-il justifié avec raison.

10 novembre 2015

Nicolas Mayer Rossignol rend publics ses projets régionaux pour l'agglomération Seine-Eure


Marc-Antoine Jamet, Nicolas Mayer Rossignol et Richard Jacquet…(photo JCH)
Une seule question se pose : qui sera le meilleur président pour la région Normandie ? Lequel des différents postulants connaît à fond les dossiers, présente un projet à la fois global et local, s’investit corps et âme en faveur du développement économique et du soutien aux collectivités territoriales. Quand on compare l’attitude du président du conseil départemental de l’Eure, M. Lecornu, un homme sectaire et malheureusement peu expérimenté, et celle de Nicolas Mayer-Rossignol, actuel président du conseil régional de la Haute-Normandie aux qualités humaines, intellectuelles et politiques à la hauteur de sa fonction, on comprend mieux pourquoi la campagne qu’il conduit va porter ses fruits.

Il y a trois mois, victimes, à tort, du rejet gouvernemental, les socialistes normands alliés au PRG, partaient battus. Depuis, la situation a changé. Les sondages sont meilleurs, la campagne en cours prouve qu’aucune messe n’est encore dite et que chaque action engagée rapproche la majorité sortante d’une issue positive. Hier encore, lors d’une conférence de presse organisée sur le territoire de la base de loisirs des trois lacs, après une visite au lycée Marc Bloch d’abord, à l’EPIDE ensuite, Nicolas Mayer Rossignol a rappelé combien il accordait d’importance au développement local. On lira ci-dessous, les différents axes du projet proposé aux électeurs de la communauté d’agglomération Seine-Eure. On sent bien que Marc-Antoine Jamet, Richard Jacquet, les élus locaux ont apporté leur pierre à l’édifice commun. On lit même que la patinoire de Louviers (maire UMP-UDI) figure parmi les priorités de la liste de gauche ! Le fruit des discussions fructueuses entre NMR et FXPriollaud.

« Cette élection est une élection locale », a souligné Nicolas Mayer Rossignol. Les citoyens doivent donc se référer au bilan élogieux et flatteur des sortants notamment sur le plan de la gestion financière et des investissements engagés. On sent bien également que l’exécutif actuel est totalement engagé dans l’avenir régional sans autre volonté que celle de servir un territoire enfin cohérent et d’assurer l’avenir des cinq départements normands à égalité de chances et de projets. L’avantage de Nicolas Mayer Rossignol sur Hervé Morin est simple : il suffit de comparer leur implication, leurs actes et leurs bilans respectifs. Dès lors, il n’y a plus photo !

Le programme PS-PRG pour l'agglomération Seine-Eure :

8 novembre 2015

Quelques réflexions au débotté : la mort de Pascal Cribier, le « chef » de l'opposition à Louviers, le café chez Lucette…


Je sais bien que le noyau dur des sarkozystes va encore crier à l’acharnement. Que les supporteurs les plus fanatiques y verront une attaque des juges eux-mêmes manipulés par le ministre de la justice évidemment. Mais les faits sont là. Le financement de la campagne présidentielle de Sarkozy en 2012 a été à l’origine d’une manipulation dont on n’a pas une idée précise encore aujourd’hui.
Chaque semaine qui passe, chaque mois qui s’écoule nous apportent leur lot de surprises et de factures cachées. Ce n’est plus 18 millions d’euros de dépassement du plafond de la campagne présidentielle du candidat UMP dont il s’agit mais de plusieurs millions en plus soit une dizaine (une quinzaine ?) de millions d’euros cachés aux commissaires chargés de valider les comptes de campagne.
Le site Mediapart nous apprend que Bygmalion n’a pas été la seule société à œuvrer lors des meetings géants du candidat Sarko. Une autre agence a été associée notamment dans les dernières semaines de la campagne sans que les factures aient été réglées par le mandataire financier du candidat. L’UMP s’y est collée, ce qui est interdit par la loi. Interrogé, Sarkozy ne s’est pas souvenu d’avoir validé ces participations car lui ne s’est occupé « que de prendre la parole. » 18 millions d’euros, 13 millions d’euros…une paille.

« C’était bien chez Lucette. » On pourrait chanter cet air sur une musique de Michel Delpech. Ah, le coup du café populo chez la dame de Vandœuvre-lès-Nancy. Décidément les communicants ne savent plus quoi répéter pour un bénéfice d’image nul. Pire même puisque le président de la République s’est prêté à une mise en scène assez cocasse et surtout totalement artificielle.
Le président débarquant chez une citoyenne pour boire le café, quelle inventivité ? Après Giscard et l’accordéon, Giscard et les éboueurs, Sarko visitant une usine avec des ouvrières de moins d’un mètre 65, on a un président qui trouve le moyen de théâtraliser une visite à domicile. Et puis, Lucette aurait bien aimé posé sa question sur les réfugiés qu’on accueille et les clochards SDF mais « à la présidence on m’a demandé de me taire. » Quel dommage. François Hollande avait là de quoi dérouler son plaidoyer légitime en faveur des Syriens et autres Erythréens chassés par la guerre et la violence. C’eût été un moment fort hors des salons et loin des ors de la république. Une belle occasion de gâchée.

On n’arrête pas le progrès. Eric Ciotti, député ex-UMP et président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a décidé, avec sa majorité, de diviser par deux le nombre de jours de RTT des salariés (soit 11 jours) et de réduire leurs congés de trois. Evidemment, la grogne des 4500 personnes concernées est forte puisque ces salariés étaient en droit de considérer que ces RTT-congés étaient des droits acquis. Ce n’est pas le cas. Ce qu’une majorité a fait, la même ou une autre peut le défaire.
Cela donne une petite idée de ce que les sarkozystes vont entreprendre s’ils prennent le pouvoir en 2017. A mon avis, les salariés et les chômeurs ont du mouron à se faire en cas d’alternance. Cette première décision remet en cause le fameux slogan de 2007 : dorénavant il faudra dire « avec Sarko, travailler plus et gagner moins ! »

L’ancien maire de Louviers emprunte des chemins détournés pour qu’on parle de lui dans le journal. Quand il ne reçoit pas une médaille, il édite un livre sur la Normandie. Et il a l’audace de déclarer, s’agissant de ses projets politiques : « je suis le chef de l’opposition, je me présenterai aux futures municipales à Louviers. » Pour pouvoir affirmer qu’on est le chef de l’opposition, il ne suffit pas de s’autoproclamer. Il faut aussi obtenir l’aval d’une équipe conquérante et surtout la reconnaissance des citoyens-électeurs. On n’est plus en 1990 quand la gauche à Louviers avait le vent en poupe et gardait le cap de valeurs immuables. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts de Folleville et de la porte de l’eau. Et les feuilles d’impôts ont volé jusque dans les boîtes à lettres des contribuables qui ont dit, en mars 2014 : ça suffit ! Il est d’ailleurs bien trop tôt pour décrire le paysage électoral de 2020.

Le Lovérien Pascal Cribier, né en 1953 dans notre ville, s’est donné la mort à Paris à l’âge de 62 ans. Pascal Cribier s’est fait un nom dans un domaine peut-être pas très connu du grand public mais cet homme, cet artiste, était très apprécié parmi les créateurs de jardins et de paysages. Il était un grand dans un domaine considéré, certes, comme une niche mais ses exigences, ses méthodes, son respect de la nature et de l’environnement, et son art, tout simplement, en faisaient une personnalité éminente. Malade, Pascal Cribier a choisi de sortir de la vie en la regardant en face avec un courage inouï. Le journal Le Monde lui consacre une biographie éloquente.

5 novembre 2015

Le site numérique Mediapart a besoin de votre soutien financier


Le site Mediapart doit faire face à un rappel fiscal de plus de 4 millions d’euros. En appliquant des règles datant de 1990, Bercy ou ses « experts » veulent que Mediapart (et d’autres sites numériques) se voient contraints de faire face à un taux de TVA de 20 % alors que la presse d’information bénéficie d’un taux réduit de 2,1 %. Malgré des justifications parfaitement légitimes et admissibles, les autorités fiscales font la sourde oreille et exigent un paiement rubis sur l’ongle d’autant plus que 40 % de la somme demandée représente des pénalités.

Ce site numérique, payant, joue un rôle essentiel dans la démocratie française. Ses journalistes d’investigation ont mis au jour des tas d’affaires qui, sans eux et elles, seraient restées tues et secrètes. Les plus fameuses sont les affaires Cahuzac et Bettencourt mais il en est d’autres, tout aussi importantes, à mettre au compte de la liberté de la presse et de l’indépendance éditoriale. Edwy Plenel, Fabrice Arfi, notamment, portent haut les couleurs d’une profession essentielle et noble indispensable à la manifestation de la vérité comme l’a reconnu, aujourd’hui, le procureur de République de Bordeaux où sont jugés des journalistes qui ont publié les bandes du majordome de Mme Bettencourt.

Franchement, pourquoi Bercy s’acharne-t-il contre Mediapart si ce n’est pour porter atteinte à une presse libre, ne dépendant ni de la publicité ni de la richesse personnelle ou héritée des principaux actionnaires ? Les animateurs du site lancent un appel aux lecteurs et aux citoyens désireux d’aider Mediapart à vivre. Indépendamment des actions judiciaires en cours, il est vital de soutenir une entreprise moderne, novatrice, source d’emplois et d’informations vérifiées, recoupées, dont l’intérêt public est évident.

On peut soutenir Mediapart en versant une somme d’argent ou en s’abonnant.

4 novembre 2015

Gouvernement : « y a queq chose qui cloche là-dedans »


Que se passe-t-il à (et dans) la tête du gouvernement ? Qui a eu cette « belle » idée de vouloir taxer les handicapés titulaires d’un livret A à 0,75% de taux d’intérêt. Les handicapés sont certainement trop riches au point qu’un gouvernement de gauche veuille aller taper dans le magot ! Inimaginable, impensable…mais comment pareille idée a-t-elle pu germer dans la tête d’un quelconque expert ou conseiller, comme on voudra…le fait est que l’information a été rendue publique donc admise par le politique de service. Les dommages collatéraux sont terribles. Non seulement tout un chacun glose sur la mesure mais en plus il faudra trouver d’autres sources pour alimenter les recettes de l’Etat. Perdant sur tous les tableaux.

Ce n’est pas tout. Manuel Valls recule sur la modification du calcul des dotations globales dues aux collectivités territoriales par l’Etat. L’application est différée d’une année. Il est vrai que la proximité des élections régionales rend intelligent n’importe quel âne un tant soit peu averti.

Idem avec la réforme de l’aide juridictionnelle. Les avocats sont descendus dans les rues, ont fait grève, ont menacé le gouvernement, si bien que Christiane Taubira a remballé sa marchandise qu’elle ressortira en des temps meilleurs. Le président a beau affirmer urbi et orbi que les réformes vont se poursuivre, on voit mal l’exécutif prendre des mesures peu préparées en amont ou mal ficelées, voire scandaleuses, comme le projet relatif aux handicapés…Les réformes importantes ? Elles se font dans la première année de l’arrivée au pouvoir, pas à la veille d’élections régionales même si celles-ci n’ont rien à voir avec l’administration centrale.

Quand, en plus, le gouvernement se sent obligé de rembourser ou d’inciter certains contribuables à ne pas payer leur taxe foncière ou leur taxe d’habitation, les Français se disent qu’on marche sur la tête.
Un bémol cependant. Car c’est une loi votée en 2008, sous Sarkozy, qui a abouti à cette aberration de la demi-part supprimée pour les veufs ou les veuves et donc à l’augmentation du revenu de référence. Benoit Apparu, proche d’Alain Juppé, a reconnu publiquement que cette loi était injuste et qu’il s’agissait d’une erreur commise par la droite. Il n’empêche que dans la tête des gens, c’est la gauche qui en est responsable. Il faut donc expliquer, expliquer encore, et réparer cette erreur…avec les moyens du bord. Sauve qui peut !


Suppression du Péage d'Incarville : le maire de Val-de-Reuil intente un recours gracieux auprès du Premier ministre


Marc-Antoine Jamet.
« Parce que certaines situations, si elles ont été acceptées à l’origine de la Ville, deviennent chaque jour plus insupportables, parce que les usagers de l’autoroute A13 détroussés au péage d’Incarville n’en peuvent plus, parce que tant d’autres automobilistes sont condamnés à de longs détours pour éviter de payer cette dîme, parce que l’absurdité et l’injustice d’une barrière de péage placée en dépit du bon sens et au mépris de l’équité font peser sur les Rolivalois et sur eux seuls, ainsi que sur leurs visiteurs, le double paiement d’une portion d’autoroute (entre la barrière de péage dit d’Incarville et Criquebeuf) gratuite pour ceux qui ne s’arrêtent pas dans la Ville nouvelle, la municipalité vient d’adresser un recours en bonne et due forme, avant d’en passer à la voie contentieuse, au Premier Ministre Manuel Valls et  à la Ministre de l’écologie, Ségolène Royal, pour que soit immédiatement abrogé l’arrêté du 27 janvier 2015 relatif aux péages autoroutiers et radicalement modifiée la concession et du cahier des charges liant l’Etat et la SAPN.

Assistée dans cette démarche par Maître Alain Monod, avocat au conseil d’Etat, gagnant de bien des causes, la Ville met en avant deux motifs principaux d’annulation dans ce recours qui lui paraît plus efficace qu’une plainte et de nature à inquiéter davantage la SAPN : d’une part, la méconnaissance du principe d’égalité entre les usagers de l’A13 et d’autre part, le non-respect des motifs d’intérêt général par rapport à l’implantation de la barrière de péage dit d’Incarville.

Le péage tourne le dos principe d’égalité entre les usagers de l’A13. Actuellement, l’usage de l’A13 est gratuit de Paris à Mantes-la-Jolie. Ensuite, l’autoroute est payante selon un système dit de « péage ouvert » comprenant 4 barrières de péage qui pratiquent un tarif identique pour chaque classe de véhicules quelle que soit la distance parcourue et quelles que soient l’origine et la destination des véhicules. Par ailleurs, ponctuant l’autoroute avant Mantes et après Val-de-Reuil, plusieurs échangeurs permettent aux usagers d’accéder ou de sortir de l’A13 sans avoir à s’acquitter du moindre paiement. Seul, dans la partie gratuite, l’échangeur d’Incarville est payant (2,10 €) lorsqu’on l’emprunte pour utiliser l’A13 en direction de Caen ou lorsqu’on l’emprunte pour sortir de l’autoroute A13 en direction de Val-de-Reuil et ses environs. Pratiquement, les usagers de l’A13 qui font une halte au Parc des Clouets pour à nouveau rejoindre l’A13 doivent payer 2,10 € de plus que ceux qui font le même trajet (Rouen-Paris ou Paris-Rouen) sans sortir de l’autoroute. Cette tarification pénalise donc les habitants de Val-de-Reuil et de ses environs mais également les restaurants et les hôtels situés sur le rond-point des Clouets ainsi que les usagers de l’A13 qui veulent y faire une halte, ce « supplément » de 2,10 € dont s’acquittent les usagers, ne correspondant à aucun service rendu en contrepartie. On pourrait donc considérer que les populations qui habitent entre le péage d’Heudebouville et celui de Beuzeville se trouvent toutes dans une situation identique et, par conséquent, que le fait que les échangeurs de Criquebeuf, Tourville la Rivière et Oissel soient gratuits alors que celui d’Incarville est payant, révèle une méconnaissance du principe d’égalité entre les usagers de l’A13.

Les motifs d’intérêt général de l’implantation de la barrière de péage à Incarville ne sont pas remplis. Loin d’assurer la fluidité du trafic, l’échangeur d’Incarville est à l’origine de graves problèmes de circulation. En effet, les automobilistes qui souhaitent éviter le péage d’Incarville empruntent la déviation de Pont-de-l’Arche qui relie directement entre eux les échangeurs d’Incarville et de Criquebeuf. Chaque jour entre 5000 et 10 000 véhicules empruntent ainsi cette déviation et créent une congestion du trafic et des nuisances dans le secteur de Criquebeuf-Pont-de-l’Arche.

Pour les raisons qui viennent d’être exposées, le caractère payant du péage d’Incarville méconnaît le principe d’égalité des usagers devant le service public. 

La Ville de Val-de-Reuil, déjà lourdement frappée par le projet de contournement Est de Rouen, exige donc du Premier Ministre et de Madame la Ministre de l’Ecologie la modification immédiate de la concession et du cahier des charges liant l’Etat et la SAPN ainsi que la gratuité de l’échangeur d’Incarville, sans quoi elle s’engagera résolument et sans délais dans la voie contentieuse, dont ce recours gracieux n’est que la première étape. »


3 novembre 2015

Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy sont tout sauf des victimes


Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen ont plusieurs points communs. Il en est un qui les distingue de tous les autres politiques, c’est l’art de se faire passer pour des victimes. Ils adorent se plaindre, gémir, faire donner leur entourage pour qu’on les exonère de toute responsabilité. Les amis et les collaborateurs se répandent dans les médias, qu’ils soient écrits, télévisés, radiodiffusés, sur les réseaux sociaux…car le monde entier leur en veut, lui et elle, qui n’ont évidemment rien à se reprocher. A-t-elle fait voter pour elle au Parlement européen ? Bien sûr que non, elle ne savait pas que c’était interdit, n’y est pour rien, on s’acharne. A-t-il été victime d’une juge d’instruction plus scrupuleuse qu’à l’ordinaire : on l’accuserait presque d’être un trafiquant de drogue. Quand il s’agissait d’exiger les fadettes des journalistes du Monde et de les géolocaliser, Sarko ne trouvait rien à redire.

Il se trouve, dans le réel, que ces deux personnages attirent les embrouilles. Leur comportement passé et présent ne plaide pas pour des personnalités totalement intègres, totalement morales. D’ailleurs plusieurs juges d’instruction enquêtent sur différentes affaires, qu’il s’agisse du financement des campagnes législatives pour le FN ou la campagne présidentielle pour Sarkozy, sans insister outre mesure sur l’affaire Bygmalion dont Sarkozy affirme qu’il n’en savait rien. 18 millions de fausses factures et 13 millions de frais de transports ou de dépenses diverses passées actuellement au crible des experts financiers judiciaires ! Et il ne savait rien ! Quel agneau tout juste naissant.

Pourtant cette victimisation marche bien auprès des Français. Ces derniers, dans leur majorité, ont tendance à relativiser les turpitudes de nos dirigeants. « Mordu par un chien ou mordu par une chienne, le résultat est le même. » Voilà pourquoi des citoyens de gauche, sensibles au comportement et aux valeurs Jauressiennes ou mendésistes en veulent terriblement aux Cahuzac, Strauss-Kahn, Thévenoud et compagnie. Ils leur reprochent d’avoir porté atteinte gravement à l’image d’une gauche qui, à défaut de pouvoir résoudre tous les problèmes économiques et de chômage, se distinguerait de l’extrême droite et la droite extrême par des promesses tenues, des attitudes intègres, la défense de principes intangibles.

La majorité des élu(e)s de droite et de gauche sont honnêtes, n’en doutons pas. Mais les exceptions rapportées ci-dessus, dont le rôle et les aspirations aux plus hautes fonctions les placent sur le devant de la scène médiatique, ont valeur de symboles. Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy devraient plutôt assumer leurs errements et se montrer exemplaires à tous points de vue.

31 octobre 2015

Le grand meeting de Val-de-Reuil galvanise les troupes militantes à l'aube de la campagne des régionales


2000 personnes étaient rassemblées dans la salle Jesse Owens à Val-de-Reuil. (photo JCH)
A quoi sert un meeting politique ? Pas à convaincre puisque tous les présents sont déjà acquis aux thèses développées par les orateurs. Hier soir, à Val-de-Reuil, ils étaient plus de 2000 venus des cinq départements dorénavant unis dans la grande Normandie pour se faire plaisir et partager un bon moment de camaraderie et de solidarité destiné à galvaniser les troupes.

De la solidarité, il ne va pas falloir en manquer pour faire pièce au Front national et à la droite lors des prochaines élections régionales. Un FN annoncé à 27 %, une droite à 35 %, le reste distribué au PS et aux autres listes de gauche. On est donc à touche-touche et la campagne électorale qui s’ouvre se résume en un objectif principal pour les militants socialistes : motiver et mobiliser les abstentionnistes de gauche, ceux qui se sont éparpillés dans la nature depuis la présidentielle de 2012.

Des différents et nombreux discours tenus hier soir, je retiens quelques points forts. L’esprit de finesse de Marc-Antoine Jamet est toujours aussi vif et c’est le pauvre Hervé Morin qui en a fait les frais. Il faut dire que l’action ou plutôt l’inaction du maire d’Epaignes en Normandie est réputée au-delà de nos frontières. Ses frasques, ses déclarations mal maîtrisées, ses abandons et ses « traîtrises » (n’est-ce pas François Bayrou ?) lui ont fait une réputation dont on ne voit pas comment elle justifierait que l’ancien ministre de la Défense postulât à la présidence de notre région ? Avec humour et cruauté — l’un n’excluant pas l’autre — le vice-président MAJ a taillé une veste sur mesure à la tête de liste régionale de la droite LR-UDI. On se souviendra longtemps de M. le Maudit et du fantôme Morin (c'est Halloween, non ?) errant dans les couloirs du conseil régional. (1)

Laurent Beauvais, en bon petit soldat ex-bas normand, sera — en cas d’élection majoritaire de la gauche — un vice-président aussi compétent que disponible. Bernard Cazeneuve, le talentueux ministre de l’Intérieur, dont le cortège policier de protection ferait pâlir de jalousie un juge anti-mafia (2) a salué de belle manière les élus sortants, leur bilan et la qualité de leurs projets.

Quant à Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, tout juste arrivé de Vienne, il fit court et simple : Nicolas Mayer Rossignol est un remarquable président de région. Trois raisons incitent à le réélire : « l’unité, la sérénité et la personnalité ». N’a-t-il pas préféré l’élection et le service de l’intérêt général à une carrière aux effets lucratifs sans commune mesure avec ses indemnités actuelles ?

Celui qui déclare comme NMR : « Au combat des chefs, nous avons préféré des chefs au combat » démontre qu’une élection se gagne sur le terrain, au plus près des citoyens lesquels, in fine, demeurent les juges suprêmes des bilans et des hommes. Voilà pourquoi Nicolas Mayer Rossignol n’a pas omis de citer Alain Le Vern, responsable d’une gestion exemplaire et acteur de progrès pour les Normands. (3)

(1) De 2007 à 2010, Hervé Morin n’a assisté à aucune séance de l’assemblée régionale haut normande dont il est resté l’élu !
(2) la protection policière de Bernard Cazeneuve se justifie pleinement. L’action du gouvernement contre les djihadistes peut susciter des vocations de martyrs aveuglés et fanatisés.
(3)Valérie Fourneyron et Clotilde Valter et Alain Tourret (PRG) ont également pris la parole pour apporter leur soutien aux listes PS-PRG de premier tour.

28 octobre 2015

Plus il y aura de débats publics, plus le FN perdra des électeurs


Marine Le Pen a montré bien des faiblesses.
Marine Le Pen n’a rien à gagner lors des débats télévisés ou radiodiffusés relatifs aux élections régionales. Après le débat organisé hier soir sur Europe N°1 et i-télé, face à des adversaires pugnaces qu’ont été Xavier Bertrand et Pierre de Saintignon, la chef du FN est apparue fragilisée sur les thèmes concrets, vrais enjeux de l’élection de décembre. Elle est apparue hésitante voire confuse quand il s’est agi de détailler son projet pour la région notamment sur le plan économique. Les débats publics nécessaires éclairent donc bien au-delà de la figuration médiatique le contenu des politiques proposées aux électeurs.

On voit toute la différence existant entre le candidat ex-UMP et le candidat PS et leur adversaire principale et commune qu’est Marine Le Pen première dans les sondages. Les deux têtes de listes LR et PS avaient bien préparé leur affaire. Tous deux avaient des propositions (parfois très différentes) à présenter. Ils connaissent sur le bout des ongles la région, s’intéressent aux problèmes industriels et de développement, en savent beaucoup plus sur les modes de financements et les aides de l’Etat. A l’évidence, Pierre de Saintignon, en particulier, s’inscrit dans un travail de longue haleine débuté par des prédécesseurs de gauche. Hier, il en a surpris plus d'un.

Le débat s’est envenimé sur la question des réfugiés et de Calais. Marine Le Pen a cru prendre l’avantage en affirmant que les associations d’aide aux réfugiés ne recevraient plus aucune subvention de la région si elle était élue présidente ! Voilà un argument purement démagogique dans la droite ligne des déclarations abruptes et brutales de son affidé de Béziers : «vous n’êtes pas les bienvenus» déclarait-il à des Syriens esseulés et perdus. Faire preuve d’humanité, de compassion, les dirigeants du FN en sont incapables parce qu’ils pensent et vivent dans le rejet et l’exclusion.

Je souhaite que d’autres débats publics soient organisés avec des candidats FN. Les téléspectateurs se rendront vite compte du vide de leurs propositions et de leur incapacité à résoudre les problèmes. On comprend mieux, maintenant, pourquoi Marine Le Pen a refusé de participer à l’émission « des paroles et des actes ». Elle y avait plus à perdre qu’à y gagner.

27 octobre 2015

Malek Boutih a tort…


Malek Boutih a tort. Il a tort de pronostiquer la victoire de Marine Le Pen lors de la prochaine élection présidentielle. En l’état actuel des forces politiques, personne ne peut valablement annoncer quelque résultat que ce soit. Au doigt mouillé ? Et encore. On ne connaît pas les candidats du premier tour et encore moins ceux du second. Il a tort parce qu’il veut se montrer plus malin que les autres et justifie sa prévision sur la base d’arguments liés à la situation de l’Europe et de la gauche. Et celle de la droite alors ?

Il a tort également eu égard au contexte électoral immédiat qui donne le FN en tête et en capacité de gagner dans deux grandes régions françaises. Pour ce faire, il faudrait que droite et gauche, gauche et droite, selon le classement au soir du premier tour sacrifient leur âme dans le seul intérêt de quelques sièges d’élus handicapés par un statut d’opposants les rendant inopérants voire inoffensifs. Il a tort car il risque de démobiliser un électorat de gauche déjà frileux et sonné par quelques sondages peu optimistes pour la gauche. Quoique. En Normandie, par exemple, la gauche n’est qu’à deux points (dans les sondages) des listes d’Hervé Morin et la campagne électorale à peine ouverte peut créer une dynamique encore en gestation.

Malek Boutih a tort enfin parce qu’il recentre le débat politique autour du Front national et ses maigres idées. Le FN s’appuie sur quoi ? L’immigration, l’insécurité et la sortie de l’Union européenne. Voilà son tryptique idéologique de base. Or, les élections régionales sont avant tout destinées à élire des gestionnaires compétents pour le développement économique, la formation professionnelle, la construction et l’entretien des lycées, le tourisme. Je ne vois pas du tout en quoi Marine Le Pen serait un atout pour la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. En quoi la présidente d’un mouvement fidèle à son histoire et repolinée pour être présentable, aidera à créer des emplois, à attirer des industriels, à encourager les entreprises, à soutenir les salariés. Au contraire, l’élection d’un responsable du FN à la tête d’une collectivité (voir Béziers) fera fuir les créateurs de tous poils.