24 septembre 2014

Pourquoi les instructions judiciaires concernant Nicolas Sarkozy durent-elles si longtemps ?


Il y a de quoi se prendre la tête.
Nicolas Sarkozy face à Laurent Delahousse sur France 2 : « croyez vous que si j’avais quelque chose à me reprocher, je serais venu sur votre plateau ! » Il déclare que François Hollande a menti aux Français alors même que l’ancien président de la République qu’il est ne fait que proférer contre-vérités et mensonges. Bygmalion ? C’est quoi ça ? Jamais le candidat Sarkozy n’a entendu, ne serait-ce que le nom, de cette société conduite à dresser fausses factures sur fausses factures au nom de l’UMP pour éviter de gonfler les comptes de campagne du futur ex-président.
Alors que des rapports de police judiciaire expliquent le plus clairement du monde que le candidat Sarkozy avant le second tour, ainsi que le président de l’UMP, Jean-François Copé, avaient été informés du montant des dépenses engagées annonçant que le plafond autorisé par la loi allait être archi-dépassé, le futur candidat à la présidence de l’UMP continue, la main sur le cœur, à nous amuser et à nous abuser avec des propos que personne ne peut croire.
Sa ligne de défense : je ne savais rien. Lui le candidat qui d'habitude sait tout sur tout, responsable absolu de sa campagne et de son financement, ose prétendre qu’il ne connaissait rien des magouilles et des manigances de la société Bygmalion. Ses responsables ont déclaré aux enquêteurs qu’ils avaient imaginé un montage financier avec les animateurs de la campagne de Sarko pour faire payer par l’UMP le dépassement des crédits atteignant des sommes folles non loin de 40 millions d’euros contre les 22 autorisés par les textes. 18 millions d'euros de dépassement alors que le Conseil constitutionnel a censuré le compte pour 300 000 euros. Une paille. On se souvient que par le biais de conventions bidons, des députés UMP ont vu leur nom être utilisé à leur insu pour des prestations totalement fictives et certains, comme Pierre Lelouche, ont même porté plainte.
S’il croit gagner la confiance des Français en racontant des fables, le mot favori de Paul Bismuth, il se trompe. Les citoyens en ont par-dessus la tête de toutes ces enquêtes, de toutes ces plaintes contre Guéant, Lagarde, Tapie, Balkany, Gaubert, Sarkozy lui-même, démontrant le mépris dans lequel ils tiennent nos règles et nos lois. Il faudra bien qu’un jour, toutes ces enquêtes débouchent sur des non-lieux ou des procès. Mais pourquoi diantre ces instructions durent-elle si longtemps ?

23 septembre 2014

Privilégier la vie des femmes en Espagne et l'intérêt de l'enfant en France


Deux très heureuses nouvelles nous viennent l’une d’Espagne et l’autre de France et sont relatives à la liberté de disposer de son corps, d’une part, et de privilégier l’intérêt de l’enfant, d’autre part. Mariano Rajoy, le premier ministre espagnol, a en effet décidé , sous la pression d’un mouvement national de grande ampleur soutenu d’ailleurs par nombre de comités, groupes, associations de toute l’Europe, de retirer son projet de loi visant à interdire l’avortement dans le pays ibère.
Cette victoire signe la fin d’une volonté revancharde de la part des catholiques intégristes et des groupuscules obscurantistes, très influents à Madrid. Je rappelle que c’est sous le gouvernement socialiste de Luis Zapatero que l’avortement avait été légalisé et que cette décision mettait fin à des décennies d’interruptions volontaires de grossesse clandestines et dangereuses pour la vie des femmes. Adopter cette loi eût été une reculade civilisationnelle notable au moment où l’Europe met les pendules du progrès à la bonne heure.
Il est de même pour la décision de la Cour de Cassation de Paris. Elle a, ce jour, confirmé qu’un enfant de couple homosexuel pouvait être légalement adopté par le conjoint non parent biologique et même si la maman a bénéficié d’une procréation médicalement assistée à l’étranger. Cette victoire du progrès rassure nombre de familles autorisées à l’adoption par des tribunaux de grande instance confirmées par la plus haute juridiction française. Les juges ont mis en avant l’intérêt de l’enfant, ce que les esprits les plus hardis avaient toujours défendu.

Le Moulin d'Andé pour vos réceptions, fêtes, mariages et en avant la musique !


21 septembre 2014

Deux événements tragiques cette semaine : le retour de Sarko et la mise à sac à Morlaix


Deux événements ont marqué la fin de semaine et je ne sais pas lequel est le plus affligeant. Le vrai faux retour de Nicolas Sarkozy a un de ces airs surannés avec un texte totalement insipide en forme de nouvelle carte postale et une interview dans le JDD. Sur les cartes postales, l’espace réservé au texte est exigu, on ne peut pas dire grand-chose sinon rien. Et dans le JDD, Sarkozy répète de qu’il a écrit deux jours plus tôt. On l’attend ce soir sur le plateau de France 2. Attention, la saturation guette. Depuis deux ans, il envoyait ses missi dominici (Hortefeux, Estrosi, Morano) et si, aujourd’hui, on ne peut plus faire un pas sans se cogner contre Sarko, son bilan, ses procès et son culot, on va vite en avoir plus qu’assez.
« Raymond » comme dirait Carla nous annonce sa candidature à la présidence de l’UMP, lui l’ancien président de la République tombé de son piédestal. Et très bas puisque 65 % des Français le rejettent. Il n’y a guère que les militants de la droite forte (dure ?) pour idéaliser le bilan de l’ancien président. Bruno Le Maire et Hervé Mariton vont être écrabouillés par le rouleau compresseur Sarko. Et alors ?
Le second événement est plus tragique. Il dénote une volonté de violence malheureusement habituelle dans certains milieux agricoles. La mise à sac de la Mutualité sociale agricole de Morlaix et l’incendie de la perception des impôts de la même ville avec artichauts, pommes pourries et tas de fumier, sont intolérables affirme Manuel Valls. Des poursuites judiciaires vont être engagées si on parvient à identifier les craqueurs d’allumettes. Chiche !
Il est évident que les légumiers bretons connaissent des difficultés liées à la baisse de la demande et aux sanctions contre la Russie qui, en retour, interdit l’importation des denrées alimentaires de l’ouest. Stéphane Le Foll se bat depuis des semaines pour trouver des compensations à Bruxelles. Mais certains leaders de la FDSEA de Bretagne sont aussi des bonnets rouges et la jonction des méthodes est vite faite. On cogne, on vandalise, on brûle et on cause après. C’est étrange, tout de même, cette propension à détruire les biens publics ou les symboles de l’Etat. Cette violence tripale n’est pas nouvelle et Dominique Voynet s’en souvient plus que d’autre, elle qui avait vu son bureau de ministre totalement détruit…

19 septembre 2014

La réforme en France se heurte à de nombreux conservatismes


Avant l'atterrissage dans le sud de l'Espagne. (photo JCH)
Chaque profession, chaque syndicat professionnel, chaque corporation, défend son bout de gras et ses avantages. C’est dans la nature des choses. La descente dans la rue des catégories de salariés aux bas salaires se comprend mieux que celle des nantis même si ces derniers ont suivi de longues études et mérité leur réussite professionnelle. Des huissiers, des notaires, des pilotes de ligne, autant de professions réglementées ou non, dont les marges et les salaires sont parmi les plus élevées.
S’agissant des pilotes d’Air France, ils craignent d’être ravalés au rang de commandants de bord des compagnies low cost que sont Easyjet ou Ryanair. Car pour les financiers de ces compagnies, l’objectif est simple : voler le plus possible, être en l’air le plus longtemps possible en 24 heures. Évidemment, pour tirer les prix, ces compagnies tirent aussi sur les salaires et les conditions de travail. Les pilotes (et le personnel embarqué) des Boeing 737 (Ryanair n’est équipé que de ces seuls avions) doivent accepter des horaires déments et des conditions d’hébergement parfois spartiates (parfois en camping). Si la sécurité des passagers n’est pas en cause — les appareils sont ou neufs ou récents — on peut discuter certains frais exorbitants comme l’impression d’un billet d’un coût de 60 euros par exemple. Ou les surfacturations de plusieurs dizaines d’euros pour des dépassements de poids de bagages de quelques dizaines de grammes.
Les pilotes d’Air France, par leur grève, veulent éviter que Transavia, le nom de la compagnie low cost du grand groupe national, ne devienne une compagnie à bas…salaires et aux conditions de travail dégradées. Il est pourtant évident que les dirigeants d’Air France ne pourront accepter les exigences des pilotes, lesquels veulent les mêmes salaires quelle que soient la compagnie, la ligne ou la durée du vol. Le conflit s’enlise et Air France perd de 15 à 20 millions d’euros par jour ! Cette carence profite à la SNCF et aux autres compagnies dont Easyjet ravie de l’aubaine.
Les huissiers et les notaires appartiennent au cercle étroit des professions dites réglementées. Les premiers distribuent les assignations judiciaires, jouent les syndics, aident à l’expulsion des mauvais payeurs, assistent les magistrats tandis que les seconds certifient les titres de propriété, rédigent des baux, estiment les biens…leurs marges bénéficiaires sont conséquentes tout comme leurs responsabilités vis-à-vis de leur personnel notamment. Le gouvernement souhaite ouvrir ces professions à la concurrence mais Emmanuel Macron, le jeune ministre de l’économie, veut prendre le temps du dialogue…
Une fois de plus, la réforme se heurte à des obstacles, des acquis, des conservatismes. A la différence de l’Allemagne, notre pays n’a pas de tradition de compromis social. C’est ou les ordonnances ou la grève et le clash.

18 septembre 2014

« Ils ont du pain et ils voudraient de la brioche »


«Il y a dans cette société une majorité de femmes et il y en a qui sont pour beaucoup illettrées. On leur explique "vous n'avez plus d'avenir à Gad ou aux alentours, allez travailler à 50 ou 60 km". Ces gens-là n'ont pas le permis de conduire ! On va leur dire quoi ? "Allez passer le permis de conduire, allez attendre un an"? Ça ce sont des réformes du quotidien. »
Emmanuel Macron, ministre de l’économie parle juste mais avec brutalité. Pour qualifier des salarié(e)s d’illettrés donc de personnes incultes et ignorantes, il faut posséder une haute idée de soi-même. Il est vrai qu’Emmanuel Macron est fort en thèmes mais il est vrai aussi qu’une tête d’œuf, aussi pleine soit-elle, n’est pas toujours bien faite.
Factuellement, Emmanuel Macron a raison. 20 % des salarié(e) de l’abattoir Gad relèvent de l’illettrisme. Il a également raison quand il met en avant les difficultés de formation pour des personnes ne possédant pas les savoirs fondamentaux. Passer le permis de conduire oblige à savoir lire notamment le code de la route et à écrire pour répondre aux questions.
Le fait est pourtant qu’un ministre, même sans parler la langue de bois, doit veiller à respecter la dignité des personnes. Il doit veiller à ne pas stigmatiser ou humilier des gens dans la panade et qui n’ont pas besoin d’être un peu plus montrés du doigt. Emmanuel Macron s’est excusé publiquement de son propos pour ce que son cabinet appelle une maladresse. C’en est une pour le moins.
Mais cette maladresse nous en apprend beaucoup sur ces gens de la haute comme on les qualifiait à une certaine époque. Coluche nous manque tant, il aurait dit : « Ne vous inquiétez pas, vous n’en êtes pas de la haute et moi non plus. » Et pourtant, je croyais que la gauche se distinguait d’une certaine droite en veillant, comme dirait le président de la République, à ne point blesser les pauvres, les humbles, les précaires, les illettrés (1). Car si des adultes sont illettrés en France, en 2014, c’est qu’il existe un gros bug, pour parler moderne, dans le système éducatif et dans la tolérance manifestée à l’égard de ce handicap malheureusement sérieux pour 7 % de nos compatriotes.
Il appartiendrait aux spécialistes du langage ou de la psychanalyse de décrypter  le propos d’Emmanuel Macron. Je ne suis pas loin de penser que l’inconscient de M. Macron nous révèlerait une propension à vouloir se distinguer de tous ces gens pour lesquels il doit penser et agir. Marie-Antoinette ne disait-elle pas en parlant des révolutionnaires de 89 : « Ils ont du pain et ils voudraient de la brioche ! » Non mais…
(1) En réponse aux « sans dents » de Valérie Trierweiler.

17 septembre 2014

Sans Mediapart, que deviendrions-nous ? Encore deux scoops du site d'information…


Laurent Mauduit à Val-de-Reuil. (photo JCH)
Sans Mediapart, que deviendrions-nous ? Voilà des journalistes libres et indépendants des pouvoirs (politique, financier, économique) capables chaque semaine de rendre publics des faits qu’ils seraient nombreux à vouloir continuer de cacher. La liberté de Mediapart, elle s’analyse facilement sur la base des deux scoops sortis récemment. Le premier concerne des sénateurs du groupe UMP.
Même si Mediapart rappelle en préambule que les groupes parlementaires s’administrent librement, il est évident que les temps ne sont plus à la cachotterie. Il en est ainsi du groupe UMP du Sénat qui, si j’ai bien compris la démonstration des enquêteurs du site web, alimente une association d’élus appartenant à l’UMP laquelle a versé de l’argent (chèques et espèces) sans qu’on sache très bien pourquoi les Gaudin, Raffarin, Bourdin,  ou les Poniatowski pour ce qui concerne notre département ont émargé sur fonds publics…Joël Bourdin, contrairement à ses collègues Gaudin et Raffarin, a accepté de répondre aux journalistes de Mediapart. Il se serait fait rembourser une vieille note de frais de 4 000 euros sans trop s’interroger sur la provenance de cet argent. L’important, c’est d’être indemnisé.
Mais il semble bien que des juges d’instruction ne voient pas les choses de cette façon et qu’une information judiciaire va permettre aux contribuables de savoir pourquoi et comment l’association en question est alimentée (si j’ose dire).

Le fait du fat ? 

Le second scoop est dû à Laurent Mauduit. Ce journaliste économique était venu à Val-de-Reuil, dans le cadre de l’atelier sciences Po du lycée Marc Bloch et sur invitation de Marc-Antoine Jamet dont le réseau, comme chacun sait, est large et divers. Laurent Mauduit affirme que Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du Parti socialiste, a obtenu son doctorat de sociologie dans une pochette surprise. Autrement dit JC Cambadélis, selon Laurent Mauduit, n’avait ni licence ni masters lui permettant de concourir pour un diplôme de 3ecycle sauf conjoncture originale et surprenante. Pourquoi Camba, comme on dit au PS, a-t-il souhaité être fait docteur alors que rien ni personne ne l’y obligeait ? Laurent Mauduit y voit là le fait du fat. Il fallait briller en société alors que des membres de l’OCI (extrême gauche) au sein de laquelle Camba militait, souhaitaient intégrer le PS et devaient faire valoir leurs titres non de noblesse mais d’intellectuel brillant.
La question qui se pose sur les deux événements est simple : est-ce vrai ? Les sénateurs UMP ont-ils joui d’un privilège financier extravagant ? Jean-Christophe Cambadélis a-t-il usurpé son doctorat et trompé son monde ? J’ai l’impression que les investigations de Mediapart, une fois de plus, sont étayées et sérieuses. Ce qui ne devrait pas empêcher les sénateurs visés et le premier secrétaire du PS d’expliquer leurs positions et si nécessaire de contredire les affirmations de Mediapart. Je leur souhaite bien du plaisir.

16 septembre 2014

Pierre Gattaz : plus il en a, plus il en veut


Quand Manuel Valls a déclaré qu’il aimait l’entreprise, Pierre Gattaz, président du MEDEF a cru qu’il aimait les entrepreneurs. Depuis, plus il en a, plus il en veut. Car Pierre Gattaz est un enfant gâté. Je ne parle pas des fameux 33% d’augmentation de ses revenus, je parle des mesures que le premier ministre a proposé pour lutter contre le chômage et pour la croissance et que Pierre Gattaz interprète à sa manière.
Et sa manière n’est pas très élégante. En tout cas, elle se soucie bien peu du sort des salariés qu’il n’a pas pour tâche de défendre (c’est le rôle de la CGT, de FO, de la CFDT, de la CGC, de SUD etc.) aussi s’autorise-t-il, avec ses amis du bureau de la direction du MEDEF de suggérer des pistes au gouvernement aussi farfelues que baroques.
Qu’il fasse une fixation sur les 35 heures, cela ne date pas d’aujourd’hui mais que Pierre Gattaz propose de supprimer deux jours fériés en jurant que cela procurerait 1 % de croissance en plus, c’est contesté par l’INSEE et par le bon sens. Et pourquoi pas, pendant qu’on y est, ne pas remonter les seuils sociaux, ceux qui déclenchent la constitution d’un comité d’entreprise ou l’élection de délégués du personnel ? La vie de dirigeant est si simple quand on ne s’adresse qu’à la seule force de travail des cadres, des agents de maîtrise et des ouvriers. Et pourquoi pas détricoter le code du travail, un machin fourre-tout complètement obsolète puisqu’il a vocation à établir les droits et les devoirs de partenaires qu’il s’agisse des entrepreneurs ou des salariés. Ce serait si simple de faire sauter les verrous légaux protecteurs de conditions de travail, de durée de travail légale, d’hygiène et de sécurité et accessoirement de salaires et d’heures supplémentaires payées à 25, 50 ou 100 % !
Quand le gouvernement a proposé le CICE et son pacte de responsabilité, le MEDEF s’est bien gardé de prendre des engagements. Le syndical patronal ne veut pas avoir les mains liées et promettre de créer des emplois. Autrement dit, Manuel Valls fait un pari. Le pari que les 50 milliards d’aides diverses aux entreprises les conduiront à investir et à embaucher. Comme pour tout pari, il peut gagner…ou perdre.

15 septembre 2014

John Galiano « ressuscité » après son tragique épisode antisémite


L’émission « Le supplément » diffusée sur Canal Plus (eh oui, il faut payer un abonnement !) animée par Maïté Biraben, a connu un moment de grâce et d’émotion rares à la télévision. Il faut dire qu’avant de le recevoir en direct sur le plateau, Mme Biraben avait consacré un petit film magnifique à une star incontestée de la mode puisqu’il s’agit de John Galiano.
Viré il y a trois ans et demi par Bernard Arnault, patron de LVMH et donc de Dior couture, Maïté Biraben nous a rediffusé cette affligeante vidéo dans laquelle John Galiano, ivre mort, au fond du trou, nous assène ses blagues antisémites absolument abjectes. Il évoque tour à tour Hitler, les chambres à gaz en s’adressant à une table voisine de la sienne dans un restaurant. Malheureusement pour lui mais heureusement pour nous, la scène a été enregistrée et diffusée sur la toile. On est autant choqué par les mots que par l’attitude de John Galiano. Il sera d'ailleurs poursuivi et condamné et c’est bien le moins que la justice ait pu faire.
Après toutes ces années passées à se soigner (aux Etats-Unis notamment) contre la maladie alcoolique et contre l’addiction aux drogues, John Galiano nous semble avoir ressuscité. Il n’a évidemment pas été épargné par l’intervievieweuse l’amenant à se justifier tant et plus et à reconnaître sa culpabilité évidente dans ce qui restera comme un immense gâchis mais une forme de délivrance pour celui qui avoue aujourd’hui : « Sans cet accident de parcours qui m’a conduit à me remettre en cause, je serais mort. »
Mais John Galiano demeure un artiste, un créateur. Sur le marché d’un village du sud de la France, des chalands le reconnaissent. La femme s’écrie : « you are a Genius ! » L’homme qui l’accompagne en a la chair de poule.
John Galiano sait qu’il ne parviendra pas à convaincre unanimement ses opposants du fait qu’il n’est « ni raciste, ni antisémite. » J’ai toutefois la faiblesse de le croire. Sa sincérité semble patente et le soutien sans faille de son ami Olivier apporte une roborative note d’optimisme dans un univers qui semble terriblement en manquer.
La bonne nouvelle ? C’est que John Galiano a repris ses crayons et ses feuilles blanches. Il prépare une collection nouvelle. Elle sera présentée au public dans quelques mois. Qui sait, Bernard Arnault reprendra peut-être langue avec celui qui, pendant 17 ans, a été le principal artisan du succès de Dior Couture, multipliant par cinq le chiffre d’affaires de la branche du groupe LVMH. Et visiblement, c'est ce que Bernard Arnault a retenu de la contribution de John Galiano à son groupe.

14 septembre 2014

Quelques réflexions au débotté

Jean-Pierre Bel, Martine Aubry et Lionel Jospin lors de la campagne présidentielle. (photo JCH)

Martine Aubry hausse le ton. Elle commence à distiller des propositions susceptibles selon elles, de faire renaître la confiance entre les électeurs(trices) déçu(e)s et un pouvoir de gauche. Elle a été de ceux et celles qui ont très mal digéré les écrasantes défaites des municipales et des européennes. Elle est vent debout contre le projet de découpage des régions et avec une certaine subtilité, parvient à faire connaître son opposition à la politique économique de Manuel Valls.
Martine Aubry, maire de Lille, troisième ville de France en terme de cherté des loyers est parvenue à obtenir du gouvernement une application, chez elle, de la loi Duflot qui permet d’encadrer ces fameux loyers. Je la comprends. J’ai moi-même cherché un studio, il y a quelques années, à louer à Lille. J’ai visité nombre de soi-disant appartements (des taudis en fait) à des prix défiant une imagination normale et le marché. La situation de Lille est tendue. Non loin de Paris, près de Bruxelles, cette ville est attractive et réputée pour la qualité de ses enseignements. Elle le paie cher chez certains propriétaires uniquement intéressés par l’aspect pécuniaire des choses. Sans règles, le marché est bien la loi de la jungle. On n’a pas fini d’entendre la maire de Lille et c’est tant mieux.

Les journalistes de Nice Matin dont le journal est menacé de disparition cherchent des solutions pour assurer la survie de ce titre apprécié dans les Alpes-Maritimes. Parmi ces solutions, ils proposent la création d’une coopérative ouvrière (ancien nom) associant les salariés et quelques mécènes susceptibles de les aider dans leur aventure car il s’agit bien d’une aventure.
Je lis que Bernard Tapie, le célébrissime Bernard Tapie, connu pour avoir racheté nombre d’entreprises au franc symbolique (à l’époque) revendues à prix d’or, serait susceptible d’apporter son écot à la société coopérative ! C’est le monde à l’envers. Voilà un  homme que les scrupules n’étouffent pas, mêlé à maintes affaires suspectes, bénéficiaire d’un arbitrage discutable et discuté dans l’affaire du Crédit Lyonnais-Adidas qui se présente comme le chevalier blanc pour sauver Nice-Matin. Décidément, mes confrères du sud de la France doivent être dans une sacrée panade pour imaginer que Bernard Tapie peut être un homme désintéressé et avocat d’une bonne cause. A leur place, je me poserais une question : Qu’attend-il du deal ?

Cécile Duflot, redevenue député, ne votera pas la confiance à Manuel Valls. Combien seront-ils au PS, chez les frondeurs, à s’abstenir lors du vote puisqu’aucun d’entre eux n’ira jusqu’à se faire harakiri en votant contre ? Vingt, trente, quarante ? Parmi ces frondeurs, il est un homme que j’apprécie particulièrement. Il s’agit de Christian Paul, député de la Nièvre, proche de Martine Aubry. C’est lui qui animait le laboratoire des idées du PS quand la maire de Lille était encore première secrétaire du grand parti de gauche.
Je me souviens d’avoir participé à plusieurs réunions de ce laboratoire qui avait notamment produit une étude exhaustive sur la production, le traitement, la protection de l’eau en France. Evidemment, aucune de ces préconisations n’a été adoptée par l’actuelle Assemblée nationale. Un grand service national public de l’eau permettrait pourtant de protéger la ressource et de la distribuer dans des conditions sanitaires et d’équité totalement satisfaisante.

Le maire de Hayange, Fabien Engelman, ancien du NPA et de la CGT devenu membre et élu du Front national, est en grande difficulté dans sa commune. Non pas parce qu’il a fait repeindre en bleu ou en bleu blanc rouge tout ce qui ne bouge pas dans sa cité mais parce que son ex-première adjointe l’accuse de n’avoir pas respecté les règles pourtant strictes en matière de financement de campagne électorale. La trajectoire du sieur Engelman est troublante. Etre passé par le NPA, un mouvement très antifasciste et anti-FN, par la CGT, plutôt à gauche de la gauche et finir à l’extrême droite rappelle les heures sombres des Déat et autres Doriot.
Il ne faut pas avoir la colonne vertébrale bien charpentée pour se livrer à ces contorsions idéologiques contradictoires voire opposées. Qu’est-ce qui peut pousser à de tels agissements ? L’absence de scrupules ? Le Goût du pouvoir ? L’argent ? Il faut chercher l’erreur.

Le CICE coûte 20 milliards d’euros actuellement à l’Etat. Ce crédit d’impôts accordé aux entreprises — les PME notamment — devait avoir pour effet de créer des emplois. Le bilan est terrible. Michel Sapin a reconnu que pas un emploi nouveau n’avait été créé grâce aux aides de l’Etat. Il se défend en affirmant que ce CICE a permis de ne pas en supprimer plus. Quelle consolation !
Il sera très difficile d’obtenir du MEDEF qu’il crée des emplois puisque les capacités de production en France sont loin d’être au maximum. On importe beaucoup plus qu’on exporte et cela ne va pas en s’arrangeant. La France, première destination touristique mais pays en voie de désindustrialisation…
Au fait, un journal belge nous apprend que 20 des 100 premières fortunes françaises vivent en Belgique pour échapper au fisc ! Demander à ces exilés fiscaux, aux pratiquants de l’optimisation fiscale d’être de bons citoyens assumant leurs responsabilités en France est au-dessus de leurs forces.

Le retour de Sarkozy sur la scène politique va donner un peu d’air à François Hollande. Car l’homme n’arrive pas seul. Il est accompagné d’une batterie de casseroles qu’il va traîner pendant des mois voire des années. Mis en examen pour trafic d’influence, le futur ( ?) président de l’UMP va quand même trouver sur sa route vers la candidature présidentielle un homme plus raisonnable et plus respecté : Alain Juppé.
« Le meilleur d’entre nous » comme disait Jacques Chirac ira-t-il jusqu’au bout de sa démarche. Il semble être le seul capable de rassembler la droite et le centre. François Bayrou a déjà averti que le retour de Sarko ne répond à aucune nécessité. Sinon celle d’assumer sa vengeance, un sentiment conforme au personnage. Cecilia n’affirmait-elle pas : « il n’aime pas ses enfants. Il n’aime que lui. » On dirait du Trierweiler.