26 août 2014

Donner la parole au peuple ? Même (et surtout) quand il est en colère ?


N’est pas de Gaulle qui veut. Et encore moins Mendès France ! Le premier, mis en minorité par le suffrage universel a démissionné de toutes ses fonctions « à midi » et le second est allé le plus loin possible dans l’application des promesses faites lors de son investiture avant d’être balayé par une majorité de circonstance trop heureuse de se débarrasser de l’homme du calendrier et de la vérité. On va donc voir, dans l’épreuve, comment notre actuel président réagit face à l’adversité.
La crise politique qui frappe François Hollande et le Premier ministre n’est pas une anecdote. Elle va déboucher sur une crise de la majorité de gauche. Après avoir perdu (provisoirement ?) des ministres écologistes et le soutien des communistes, être menacé par le refus du PRG de voter la réforme territoriale, François Hollande devient de plus en plus nu. Et cela va se voir à l’Assemblée nationale où nombre de députés socialistes s’opposent ouvertement à la ligne politique choisie par le couple à la tête de l’exécutif.
Y a-t-il aujourd’hui une majorité absolue — ou relative — à gauche pour voter le pacte de responsabilité et ses conséquences budgétaires ? Telle est la question que pose la nomination d’un gouvernement Valls 2. On saura très bientôt si la majorité de gauche existe encore.
Si elle n’existe pas, quels sont les choix possibles pour François Hollande ?
Changer de politique ? Ce serait l’aveu absolu de l’échec de ses orientations. Changer de majorité ? Aucun centriste n’acceptera d’entrer dans un gouvernement Hollande. Dissoudre l’Assemblée nationale ? Ce serait l’assurance d’une défaite encore plus historique que celle de 1993 où une soixantaine seulement de rescapés PS étaient revenus au Palais Bourbon. Démissionner de la présidence ? Ce serait couler la gauche pour des décennies.
Bientôt à mi-mandat, François Hollande va peut-être se voir obligé de consulter, d’une manière ou d’une autre les Français. Les municipales et les européennes ont été des indicateurs redoutables pour la gauche. Elle est devenue faible, émiettée, et tout cela au bénéfice du Front national ! Les sénatoriales étant perdues d’avance, seule une consultation directe des électeurs(trices) pourrait offrir au président l’occasion de durer. S’il fait comme de Gaulle et imagine un référendum institutionnel, il prendra une pâtée. Reste à gagner du temps et c’est ce que François Hollande sait le mieux faire. Attendre que les événements s’arrangent et que la pluie cesse de tomber. Cela nous éviterait l’image ridicule de ce discours sur l’île de Sein par un homme trempé jusqu’aux os, les lunettes embuées…à moins que le président ait un côté maso à découvrir.

25 août 2014

Tristesse et colère après la mort d'un expulsé algérien


« La Ligue des droits de l'Homme tient à exprimer sa plus vive indignation et sa colère suite au décès, intervenu le 21 août dernier, de M. Abdelhak Goradia, « par asphyxie et régurgitation gastrique » d'après les conclusions de l'autopsie, sur le trajet du centre de rétention de Vincennes vers l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, en vue de son expulsion vers l'Algérie.
Jamais une mesure d’expulsion ne devrait se conclure par la mort d’un homme et ceci engage la responsabilité des policiers mais aussi la responsabilité d’une autorité politique qui, de gouvernement en gouvernement, finit par considérer la mort d’un étranger comme une inévitable bavure collatérale.
La Ligue des droits de l'Homme rappelle son opposition à cette politique et aux centres de rétention administrative. Elle appelle à l’organisation d’un grand débat national sur la question de l’immigration et des lois qui l’encadrent, dont celles sur le droit au séjour.
La Ligue des droits de l'Homme demande la vérité quant aux causes et responsabilités de ce décès et s'associera aux initiatives qui pourront être prises en hommage à M. Goradia. »
(Communiqué de la LDH)

Qui remplacera Arnaud Montebourg au ministère de l'économie ?


Benoit Hamon est plus à l'aise avec les syndicalistes qu'au gouvernement. (photo Jean-Charles Houel)
Arnaud Montebourg joue sur les mots et fait preuve d’une belle hypocrisie. En affirmant, ce matin, que les choix économiques du gouvernement ne sont pas figés et que par conséquent on est encore au stade du débat, le ministre de l’économie sait bien qu’il abuse du pouvoir de la parole et qu’il ne dit pas la vérité.
Vérité de gouvernement s’entend puisque le pacte de solidarité et de responsabilité démontre s’il en était besoin après le satisfecit public de M. Gattaz, chef du MEDEF, que la politique de l’offre défendu par le couple Hollande-Valls est inscrite dans le marbre pour les trois ans qui viennent. Arnaud Montebourg et Benoit Hamon, sauf à baisser pavillon et à renoncer à leurs convictions, ne peuvent demeurer plus longtemps dans une équipe dont la stratégie ne répond plus à leur vision de la situation économique et dont la politique n’est plus conforme aux solutions qu’ils préconisent.
A quoi peut bien servir la fronde du couple Montebourg-Hamon dont Manuel Valls assure que l’ancien ministre du redressement productif a franchi la ligne jaune ? Arnaud Montebourg est suffisamment fin et intelligent pour savoir qu’il ne pourra demeurer à la place qu’il occupe en maintenant le discours qu’il tient sur les tribunes. Ce défi à l’autorité du Premier ministre et aux orientations de François Hollande va aboutir à un clash (1) dont l’issue ne fait aucun doute. Arnaud Montebourg va retrouver sa circonscription où il pourra organiser son mouvement en vue du prochain congrès du PS et des futures échéances. Arnaud Montebourg a compris que le départ de l’avant scène de Jean-Luc Mélenchon et la cacophonie des Verts lui donnaient une ouverture pour récupérer des électeurs(trices) en déshérence. Il ne veut plus attendre. Pour lui le moment d’agir est venu.
Comme l’Allemagne, d’après nombre de spécialistes économiques, n’est pas disposée à relancer l’économie européenne, tournée qu’elle serait vers l’Asie et l’Amérique, Arnaud Montebourg a beau jeu de contester la position de force d’Angela Merkel et de refuser les sacrifices engendrés par la politique monétaire de la BCE et celle des déficits publics interdits. Depuis plus de deux ans, en effet, on ne voit pas bien quels résultats positifs pour la France, cette austérité a suscités. Que ce soit en Grèce, en Espagne, en Italie ou en France. Le chômage continue de grossir, la croissance y est nulle, l’investissement productif à l’arrêt…et politiquement le bilan est ravageur.
Une fois acté (quand ?) le départ d’Arnaud Montebourg posera plus de questions qu’il n’apportera de solutions. Il était un poids lourd du gouvernement. Un pilier. Par qui le remplacer ?
(1) Selon la formule célèbre : « un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne. »

24 août 2014

La création durable de « Nouvelle donne » est malheureusement vouée à l'échec


Cynthia Fleury (photo AFP)
En politique aujourd’hui en France, le choix est malheureusement binaire : il y a ceux qui veulent faire carrière, être élus, militer au sein des partis de gouvernement et d’autres dont le principal objectif est de contribuer au débat des idées et de faire des propositions. La gauche marche comme ça depuis longtemps. Un grand pied avec le PS et ses alliés (Verts, PRG et PCF quand le soleil brille) et des petits pieds avec une constellation de groupuscules, micro partis, de think thanks toujours prêts à dénoncer les compromis inévitables en démocratie ou la collaboration de classe destinée à éviter la guerre civile mais disposés à présenter des options programmatiques inventives. Les premiers ont vocation à gouverner, les autres à se contenter de crier dans la rue ou devant les micros ou encore à tenter l’impossible.
Il en ira ainsi avec « Nouvelle donne » qui réunit ses adhérents ce week-end. Créé il y a quelques mois à l’initiative de Pierre Larrouturou, ancien adhérent du PS et de EELV, ce mouvement économiste iconoclaste a incontestablement sa place dans le grand débat actuel : union européenne, euro, austérité, pouvoir d’achat, offre et demande…il a été rejoint par des figures plus médiatiques que politiques tels que Patrick Pelloux, la diva des médecins urgentistes, Bruno Gaccio, l’ancien Guignol de Canal Plus et, ce qui me paraît plus surprenant, Cynthia Fleury, une philosophe présente de temps à autre, sur les plateaux de C dans l’air, l’émission animée par Yves Calvi.
Je dois le confesser, j’ai un faible pour Cynthia Fleury. Elle parle juste, clair, sereinement. Elle n’exprime pas ces jugements à l’emporte-pièce des nombreux habitués du plateau télé de la Cinq. Et surtout, elle ne se répète pas. Sans doute est-ce là la marque d’un esprit ouvert, cultivé, et d’une vive intelligence. Mais franchement, je me demande bien ce que vient faire cette belle personne dans un parti politique forcément ultra minoritaire et appelé à le demeurer.
La tentative dissidente de Jean-Luc Mélenchon et l’aveu de son échec électoral devraient faire réfléchir les amateurs de nouveaux partis à gauche. Non pas qu’il faille béatement accepter tout ce que fait et propose le PS (Montebourg et Hamon en sont la preuve) mais les institutions et le mode de scrutin de la 5e République, tant qu’ils existent, obligent à constituer des coalitions. Juppé a compris que l’union de l’UMP avec le Centre était nécessaire, les Verts, le PRG et le PCF ont été contraints, bien souvent, de s’unir au PS face à la terrible contrainte du scrutin majoritaire uninominal à deux tours. Tant que la Constitution sera ce qu’elle est, toute velléité de lancement de nouveau parti capotera.

23 août 2014

Le gros coup de fatigue de Jean-Luc Mélenchon


Jean-Luc Mélenchon chez M-Real à Alizay. (Photo Reynald Harlaut)
J’ai eu l’occasion de croiser la route de Jean-Luc Mélenchon à trois ou quatre reprises. La première fois, c’était à Val-de-Reuil. Il était alors ministre (ou secrétaire d’Etat) à la formation professionnelle. L’homme avait de la conviction. Son discours, improvisé, démontrait une bonne connaissance du monde de l’apprentissage lui qui venait de visiter le CFA rolivalois…Il laissa d’ailleurs le souvenir d’un bon ministre, capable de mettre ses idées en actions et en actes. Son passage au gouvernement fut malheureusement pour les apprentis de courte durée.
Plus tard, j’ai rencontré le militant socialiste venu à Evreux défendre une motion d’avant congrès. Ses adversaires n’avaient pas pesé lourd dans le débat. Il faut dire que Jean-Luc Mélenchon a l’intelligence des situations et l’art de tenir une tribune. Je fus pourtant marqué par une forme d’intransigeance annonciatrice de ses futures foucades mais je découvris un homme déterminé, passionné.
Avec le temps et des désaccords idéologiques, Jean-Luc Mélenchon a quitté le Parti socialiste, créé le Parti de gauche puis le Front de gauche avec le Parti communiste. Ses onze et quelques pour cent à l’élection présidentielle, score décevant pour ses supporteurs, furent tout de même un excellent résultat démontrant la puissance de ses arguments et un vrai talent à susciter le soutien.
Pendant ces six années de combat politique, il eut le temps de se payer Marine Le Pen sans parvenir à la vaincre, de moquer François Hollande sans pouvoir empêcher son élection à la présidence, de tancer les journalistes et les médias pour leur « incompétence » et leur sens du suivisme, de dénoncer les socialistes comme des vendus au capital, de se fâcher avec ses meilleurs amis communistes (qui se méfiaient de lui comme de la peste) d’échouer aux européennes après avoir raté les municipales au cours desquelles le PCF préféra des postes à la pureté du discours et aux portes de l’avenir. 
Tout cela pèse, fatigue, épuise. JLM a beau avoir la santé, vient le moment de la lassitude, du burn-out comme disent les médecins du travail, surtout quand l’horizon laisse perler des brumes noirâtres et des chemises tout aussi brunes.
Jean-Luc Mélenchon a décidé de mettre les pouces et de se ressourcer dans l’écriture et la réflexion. Il travaille à donner du contenu à une éventuelle 6e République, celle qu’Arnaud Montebourg appelait déjà de ses vœux.
Ce recul est-il surprenant ? Pour qui connaît (un peu) le fonctionnement du monde politique, cette prise de distance était devenue inévitable. La stratégie de JLM ayant échoué, il était juste qu’il laissât la place à d’autres acteurs dotés d’une autre imagination. Insister eût été une preuve de faiblesse voire le signe d’un malaise personnel plus profond.
Le fait est qu’il est difficile, à gauche, de lutter à armes égales avec le Parti socialiste. Ce grand corps malade — Bernard-Henry Lévy disait même que ce corps était sans vie — parvient à surmonter ses contradictions et à continuer de dominer la gauche. Devenu social-démocrate, compromis dans le social-libéralisme avec Hollande-Valls, il sera difficile au PS de Cambadélis de faire machine arrière et d’en appeler à Jaurès et sa république sociale. Il y a donc de la place pour une gauche de la gauche mais avec quels objectifs ? Le gouvernement de la parole a encore de beaux jours devant lui.

22 août 2014

Les Djihadistes de l'Etat islamique sont les Nazis d'aujourd'hui


Un ami me rappelait, ce matin, comment Sophie Scholl et ses amis de la Rose blanche avaient été assassinés par les nazis, décapités à la hache ! La Rose blanche est le nom que s’étaient donné ces quelques étudiants allemands convaincus de la barbarie du nazisme et de la nécessité de s’y opposer. Dans l’Allemagne d’Hitler, mener le combat contre le pouvoir et la dictature était tout simplement synonyme de mort en cas de dénonciation et d’arrestation. C’est ce qui arriva à ce groupe extrêmement courageux et idéaliste reconnu lors d’une distribution de tracts antinazis dans lesquels Sophie Scholl et ses amis s’élevaient contre ce régime si haïssable.
Pourquoi être décapité à la hache ? Pour inspirer la terreur évidemment et susciter la peur d’agir. Si j’évoque Sophie Scholl et sa fin tragique c’est parce qu’il y a une similitude évidente entre les intentions des nazis et celles des fanatiques djihadistes. Les uns comme les autres ont « Dieu avec eux » ce qui leur permet tous les excès et autorise toute les sauvageries. La mort par décapitation du journaliste américain doit avoir, dans l’esprit de ces hommes-là, le même effet d’effroi à l’égard de tous ceux qui voudraient s’opposer à leur entreprise mais c’est là qu’ils se trompent.
Les démocraties sont lentes à réagir. Elles sont même parfois trop longtemps sourdes et aveugles. Pour des intérêts « bien » compris (les affaires, le pétrole, les richesses du sous-sol) l’occident y regarde souvent à deux fois avant d’entrer en scène. Le souvenir du colonialisme n’est pas étranger, non plus, à certaines hésitations. Mais quand il y a le feu au lac, comme au Mali, hier ou en Irak aujourd’hui, on doit trouver des capitaines assez courageux et assez lucides pour agir contre ces avancées de l’obscurantisme et de la terreur religieuse.
François Hollande a eu raison d’intervenir au Mali, il a eu raison d’armer les Kurdes le premier, ce que l’Europe communautaire commence à comprendre et à accepter. Ce n’est pas tous les jours que la France, l’Angleterre, l’Allemagne, les Etats-Unis font front uni contre le terrorisme. Les Kurdes irakiens luttent pied à pied, barrage après barrage contre les membres de l’Etat islamique. Avec l’aide et le soutien de l’aviation américaine et les livraisons d’armes des Européens, les Peshmergas contre attaquent avec succès. Attendons-nous donc à d’autres assassinats filmés et à d’autres images à ne pas regarder.

21 août 2014

Un maire FN augmente, illégalement, de 44 % son indemnité !


Des électeurs et des électrices ayant choisi un bulletin FN (aux municipales et aux européennes) l’ont fait pour marquer leur désapprobation à l’égard des comportements de certains élus de gauche et de droite. Le « tous pourris » est une machine infernale, très souvent injuste mais elle trouve une justification — si c’en est une — dans des excès coupables de quelques brebis galeuses heureusement minoritaires.
J’ai entendu maintes fois Marine Le Pen vanter l’exemplarité de ses élus et affirmer (sans rire) qu’ils agiraient en veillant à la bonne utilisation des deniers publics. Elle nettoierait les écuries d’Augias, elle décernerait des brevets de bonne conduite et surtout, elle mettrait fin aux systèmes permettant aux élus de « s’en mettre plein les poches » sur le dos des contribuables.
La presse nationale s’est faite l’écho de l’emploi comme assistante parlementaire de l’épouse de l’avocat Gilbert Collard, député bleu marine. Elle vient récemment de relever qu’un maire FN avait fait voter, il y a quelques semaines, une délibération augmentant son indemnité de maire de 44 % ainsi que celle de ses adjoints. Comme la préfecture — elle contrôle la légalité des décisions municipales — a constaté que cette délibération n’était pas conforme au droit, elle a été annulée  et le maire FN a dû revoir sa copie et rétablir le bon droit en respectant les lois existantes.
Au passage, dans le texte de la nouvelle délibération, le maire FN (quelle classe !) met en cause l’administration communale pour la rédaction du texte désavoué par le préfet. Autrement dit, le maire FN n’est même pas capable d’assumer ses choix et d’en porter la responsabilité morale et financière.La tradition républicaine veut que les agents de l'administration soient exonérés des fautes et erreurs commises au nom des élus.
Il est donc important que le public connaisse ces comportements de la part de gens, soi disant, aux mains propres. Je ne tombe pas dans la caricature pour affirmer que tous les élus FN veulent se payer sur la bête mais ce parti, comme d’autres, recèle des représentants dont la moralité est plus que suspecte. 

20 août 2014

Cécile Duflot dresse un portrait au vitriol de François Hollande


Cécile Duflot. (DR)
Je ne suis pas un admirateur béat de Cécile Duflot, l’ancienne ministre d’Europe-Ecologie-les-Verts, qui a tout de même eu le courage de refuser un poste élevé (numéro 2) dans le gouvernement de Manuel Valls. Ils sont si nombreux ceux et celles dont l’obsession demeure d’entrer dans un gouvernement qu’on ne peut que saluer l’honnêteté de quelqu’un dont on connaît la franchise et, parfois, l’acidité.
Dans un livre écrit avec la journaliste Cécile Amar, dont le Nouvel observateur publie quelques bonnes feuilles, Cécile Duflot raconte ses deux années passées au sein du gouvernement et l’obligation qui fut la sienne de taire ses désaccords ou de rendre publiques ses oppositions à certaines mesures du couple Hollande-Ayrault. Elle dresse un portrait ravageur du président de la République mais Martine Aubry, en son temps, avait fait la même analyse et mis en avant les mêmes défauts de caractère de François Hollande qui ne changera plus maintenant.
Des quelques épisodes narrés par Cécile Duflot, j’en retiens un, dont elle mesure pleinement les dommages causés dans le peuple de gauche et au-delà. Il s’agit de l’affaire Cahuzac. L’ancienne secrétaire général des Verts marque son étonnement face au soutien quasi inconditionnel de la part du président, de l’appareil socialiste et des parlementaires. Cet aveuglement, je le dis comme je le pense, était incompréhensible. Sans être un soutien inconditionnel d’Edwy Plenel et de ses journalistes, il était évident que s’ils avaient pris le risque de rendre publique l’existence d’un compte en Suisse du ministre du budget, c’est bien qu’ils avaient des billes et pouvaient prouver la véracité de leurs affirmations. J’ai souvenir que le lendemain de la publication du premier article de Mediapart, j’ai demandé sur ce blog la démission de M. Cahuzac et invité les plus hautes autorités de l’Etat à faire preuve de sévérité et cela rapidement. Pendant des semaines, l’affaire a traîné, M. Cahuzac s’est enfoncé chaque jour un peu plus jusqu’à ce qu’il avoue et passe pour ce qu’il était : un sacré menteur.
Cécile Duflot a donc raison de regretter ces mois d’hésitation et d’absence de choix clair de la part de François Hollande. Ce n’est que le couteau sous la gorge que le président a lâché son ministre avec des dommages terribles pour le positionnement moral des socialistes et l’honnêteté de la gauche. J’ai déjà exprimé ma conviction : l’affaire Cahuzac et sa conclusion (ministérielle et non judiciaire) a été ravageuse pour l’image de la gauche socialiste et ses effets perdurent…
Je m’étonne, simplement, que Cécile Duflot n’ait pas présenté sa démission du gouvernement à ce moment-là du quinquennat. Si elle l’avait fait, c’eût été plus convaincant et plus crédible que ces regrets à contretemps.

Nadine Morano déclenche une polémique…utile


Nadine Morano. (DR)
La polémique née après les propos de Nadine Morano (toujours elle !) qui s’insurge de voir une femme habillée de haut en bas sur une plage, surgit dans un climat général de stigmatisation des arabo-musulmans. Avec les entreprises colonialistes de l’Etat au Levant (les Djihadistes fous qui décapitent des journalistes et assassinent chrétiens et autres minorités religieuses) proposant de créer un Califat de l’Irak à La Syrie en passant partout où ils pourront ; avec les jeunes Français candidats au Djihad en Syrie contre Bachar Al Assad « car ils pourront pratiquer leur religion librement » ; avec le conflit israélo-palestinien qui n‘en finit pas (bombardements, roquettes, morts et blessés) il ne manque plus que les déclarations de Marine Le Pen sur l’occident chrétien et le monde barbare pour alimenter la machine raciste et islamophobe.
Voilà maintenant des années que le François moyen (très moyen) a fait du « maghrébin » quels que soient son âge, son sexe, sa profession, son niveau d’intégration, sa réussite professionnelle ou sociale, le bouc émissaire de nos fantasmes primaires. Il suffit qu’un Renaud Camus (« intellectuel » d’extrême-droite) annonce la fin de notre civilisation chrétienne d’ici quelques années pour que la toile s’empare de cette prophétie fantaisiste et apporte du carburant à la haine et au mépris.
Un fait est acquis. Compte tenu du nombre de musulmans en France, il faut se mettre dans l’idée qu’il nous faut apprendre à vivre ensemble : Chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes, agnostiques, athées, dans une France ouverte au monde, aux idées et au pluralisme des pensées qu’elle soient magiques ou non.
Tous les discours visant à exclure qui que ce soit, sous quelque forme que ce soit, sont des discours mensongers. On ne jette pas trois millions de personnes à la mer. On ne peut revendiquer de supériorité culturelle, intellectuelle, religieuse, quand La France a l’histoire qu’elle a eue et le passé qu’elle a vécu. 
Je me souviens du slogan de SOS racisme « une mobylette marche mieux avec du mélange » il en va de même avec une société. Sinon, c’est la consanguinité et la reproduction des élites et des classes sociales issues du vieux monde.

18 août 2014

De la réussite de l'équipe de France d'athlétisme au coup de boule de Brandao


Plusieurs événements sportifs ont marqué la fin de la semaine. A l’évidence, les performances réalisées par les membres de l’équipe de France d’athlétisme occupent le haut du pavé. La dernière relayeuse du 4 fois 400 mètres féminin illustre parfaitement le climat de cette équipe de France d’exception rassemblant à la fois l’élégance du comportement et la réussite de la volonté.
Le comportement. Parlons-en. Mahiedine Mekissi Benabbad « imprévisible » comme le qualifie le président de la fédération française d’athlétisme, a totalement surpris son monde en gagnant le 1500 mètres dont il n’est pas un spécialiste. Certes, le temps réalisé, 3 minutes et quarante cinq secondes est très loin d’un temps de record mais lors de cette course, Mahiedine Mekhissi Benabbad a voulu prendre une revanche sur les esprits moqueurs (j’en étais) après qu’il a ôté son maillot lors de la finale du 3000 mètres steeple et la disqualification qui a suivi. Avant de franchir la ligne d’arrivée, il a fallu qu’il se distingue (un peu) mais cela lui sera pardonné.
L’équipe de France a été (ou sera) reçue par le président de la République trop heureux d’associer son image à celle d’une équipe qui gagne. Cela ne lui fera pas gagner un point dans les sondages mais, a contrario, il n’en perdra pas…Féliciter les lanceurs, sauteurs, coureurs de sprint ou de fond permet aussi de constater la diversité des talents d’une équipe jeune en préparation pour Rio et les jeux olympiques.
Autre facette du sport, le coup de boule de Brandao, joueur de l’équipe de ligue 1 de Bastia, à son collègue brésilien (1) Thiago-Motta, équipier de Paris-Saint-Germain. Les images sont limpides : Brandao prémédite son agression et ne laisse aucune chance au joueur parisien dont le nez cassé pisse le sang. Une fois de plus le monde du football professionnel se révèle tel qu’il est : violent, brutal, avec des joueurs d’une bêtise insondable. Même si, comme l’ont rapporté divers témoins, les deux joueurs ont eu des mots durant le match, il est totalement inadmissible, totalement inacceptable, qu’un joueur professionnel de ce niveau agresse qui que ce soit : joueur, arbitre ou quidam.
Ce qui sépare l’homme civilisé de l’homme bestial c’est le non passage à l’acte. Même en colère, même humilié, même insulté, un homme digne de ce nom doit réfléchir, se contenir, ne pas se mettre au niveau de son agresseur. La résolution des conflits doit emprunter le passage obligé de la non violence sinon, les autorités responsables ont l’obligation de sévir durement. Suarez « l’homme qui mord » l’a appris à ses dépens, Brandao devrait également connaître le même sort.
(1) Christian Renoncourt me signale opportunément que Thiago-Motta est Italien et non Brésilien. Bien qu'il soit né au Brésil et ait joué pour l'équipe brésilienne des moins de 17 ans, Thiago-Motta a opté pour l'équipe nationale italienne eu égard à ses ascendances du pays de la botte. D'où ma confusion dont mes lecteurs voudront bien m'excuser.