30 septembre 2011

Laurent Mauduit à Val-de-Reuil : que devient la démocratie sociale ?

Laurent Mauduit invité par la section PS de Val-de-Reuil
Le capitalisme Rhénan a capitulé devant le capitalisme anglo-saxon. Les dividendes l'emportent dorénavant sur les salaires. Jamais la promiscuité entre les intérêts financiers et le monde des affaires n'a été si importante en France ! Laurent Mauduit, journaliste du site Mediapart, n'y va pas par quatre chemins. Les Sarkozystes ont achevé la mutation en marche depuis des années — sans exclure d'ailleurs le rôle des gouvernements de gauche — destinée à privilégier les actionnaires au détriment des salariés.
Laurent Mauduit assure que jamais la gauche ne pourra mettre en œuvre une politique juste si elle ne met pas les banques au pas. Il semble bien que les candidats à la primaire socialiste ont compris cette nécessité. A des degrés divers cependant d'où l'impérieux devoir pour les votants du 9 octobre de bien lire et de bien saisir les engagements de Hollande Aubry, Royal et Montebourg pour ne citer que les principaux candidats.
Le paysage français décrit par Laurent Mauduit est apocalyptique. Copains et coquins règnent en maîtres dans la république sarkozyienne. Là où il y a de la gène, il n'y a pas de plaisir. Et de citer les Minc, Courbis, la privatisation de GDF, sans oublier évidemment les affaires qui font la une : Tapie, Bettencourt, Takiedine…la campagne de Balladur, commissions et rétrocommissions…financements occultes. Grands intérêts et petits arrangements.
Mauduit s'interroge ? Si le capitalisme rhénan (1) fait de compromis et d'échanges entre les capitalistes et les syndicats, de partenariats entre les salariés et les patrons, a perdu la partie face à la méthode anglo-saxonne, comment la gauche va-t-elle reprendre la main dans une économie mondialisée et une Europe ouverte sur la terre entière ?
Les passages obligés : séparer banques de dépôts et banques spéculatives, créer un pôle public d'investissements, retrouver une Caisse des dépôts et consignations financier du logement social. Peut-être faudra-t-il aussi interdire les licenciements boursiers, rétablir l'autorisation administrative préalable ? Ces mesures obligeront la gauche à faire une vraie politique de gauche…
(1) Capitalisme rhénan du nom du congrès du SPS à Bad Godesberg qui a renoncé au marxisme pour accepter une économie de marché régulée et disciplinée.

8 commentaires:

pierre Vandevoorde a dit…

Salut Jean-Charles, cette remarque rapide sur ce que tu as écrit :"Capitalisme rhénan du nom du congrès du SPS à Bad Godesberg qui a renoncé au marxisme pour accepter une économie de marché régulée et disciplinée".
En fait il serait plus juste de parler de conversion du SPD à "l'économie sociale de marché", lors de l'adoption d'un nouveau programme au congrès de Bad Godesberg en 1959, ce qui s'est traduit par l'abandon de toute analyse en terme de classes et de toute référence (même largement formelle) au marxisme.

Le modèle rhénan de développement du capitalisme a analysé par les théoriciens de "l'école de la régulation", voici ce qu'en dit Wikipedia:
"La notion de capitalisme rhénan correspond plus ou moins au concept d'économie sociale de marché (soziale Marktwirtschaft) promue en RFA comme une alternative à la fois au capitalisme anglo-saxon et à l'économie d'État planifiée de l'ex-RDA . Mais on peut également parler de capitalisme rhénan ou encore de traits rhénans à propos des Pays-Bas , de la Scandinavie , de l'Alsace , de la Suisse et même du Japon ."
Bien amicalement
Pierre

Anonyme a dit…

Laurent Mauduit est venu donner à Val de Reuil une conférence qui avait pour thème : "Où va le capitalisme français". Mais Marc-Antoine Jamet en tant que secrétaire général de LVMH n'était-il pas le mieux placé pour répondre à cette question lui qui est à l'intérieur du système ?

Anonyme a dit…

Quels débats stupides...

L'Allemagne s'en sort grâce à son modèle économique fait de "bonnes grosses vieilles PME à l'ancienne, un modèle de gestion participative, l'acceptation de "peu d'état" et donc d'une profonde misère pour beaucoup, d'une politique d'immigration draconienne, d'une très faible natalité, tant les gens y ont peu envie d'avoir des enfants.

Un pays où on fait payer le stationnement des prostituées et où on admet que la prostitution soit un métier comme un autre.

Même si l'Allemagne est un leader économique, ce modèle là ne me fait pas envie.

Mais alors là, pas du tout, du tout envie.

PR

Anonyme a dit…

Si l'Allemagne croit qu'elle va continuer de s'en sortir dans le contexte de la mondialisation sauvage, en perpétuant les mêmes recettes, en appauvrissant ses salariés, en pratiquant le dumping social et fiscal, elle se trompe lourdement. Qui peut encore croire que dans moins de dix ans, Chinois, Indiens, brésiliens, ne fabriqueront pas à moitié prix des Allemands les mêmes machines-outils ?
Il serait donc temps que nos amis Allemands se préoccupent de savoir comment il est possible de construire ensemble une économie européenne solidaire. C'est-à-dire qui ne soit pas exclusivement basée sur la compétitivité, mais plutôt sur la complémentarité des pays de l'Union. Une économie qui soit profitable à tous et non pas qui fasse de la régression sociale, la variable d'ajustement de sa compétitivité.
Oui, Patrick Roger a raison. Qu'est devenu le modèle allemand de la social-démocratie permettant la juste répartition des profits entre capital et travail ? Il ne fait plus bon vivre aujourd'hui dans cette Allemagne qui maltraite de la sorte son propre peuple.
Reynald Harlaut

Anonyme a dit…

@ Reynald

Je ne m'appelle pas Roger, mais Robert !

Un beau Robert, c'est magnifique, isn't it?

Alain Rey-Hartmann a dit…

Pour prendre la mesure de la réussite de cette réunion, le texte de cet article de Jean-Charles Houel est aussi publié dans mon blog ( voir la blog liste du blog de Jean-Charles) avec des photos de Jean-Charles Houel préparant son article et des participants à cette conférence.
Très amicalement,
Alin Rey,

Anonyme a dit…

@ Patrick Robert
Désolé Patrick ! Où avais-je la tête ?
Reynald Harlaut

Sylvia Mackert a dit…

voilà un projet de découpe de DEXIA
http://www.lepoint.fr/economie/exclusif-la-banque-dexia-vendue-a-la-decoupe-04-10-2011-1380453_28.php