11 mars 2011

« Le vrai patron de la CASE c'est Véolia »

Anne le Strat : convaincante et déterminée (photo CB)
Un discours simple, méthodique, rigoureux. Une élue imprégnée d'idéologie dans le noble sens du terme, une décision déjà concluante après plus d'un an de retour en régie publique. Anne Le Strat, présente à Louviers, hier soir, à l'invitation de l'Association pour l'amélioration et la protection de l'environnement, a séduit la cinquantaine de personnes venues l'écouter pour mieux comprendre la démarche de l'actuelle majorité parisienne visant à mettre fin aux contrats de délégation de service public eau et assainissement.

Cette réunion publique n'avait d'autre objectif que de faire comprendre aux citoyens et aux élus pourquoi et comment le retour en régie publique est utile écologiquement, efficace économiquement et indispensable financièrement. Anne Le Strat n'a pas caché que mettre fin aux liens avec Véolia et Suez environnement pouvait a priori sembler insurmontable. Les délégataires privés prévoyaient des catastrophes, annonçaient le pire. Rien de tout cela ne s'est produit. L'adjointe de Bertrand Delanoë, après des études rapides mais sérieuses, aidée par un personnel compétent voire expert, a proposé à la municipalité parisienne de « gauche plurielle » un retour en régie publique réussi en à peine 18 mois. « Aujourd'hui, assure Anne Le Strat, nous assumons tout : la production, la distribution, la facturation. »

En une année de régie publique, la ville de Paris (93 000 abonnés dont de nombreux collectifs et plus de 900 salariés) a gagné 35 millions d'euros (1) somme qui sera réinvestie dans les travaux ou équipements, permettra d'améliorer les conditions de vie des salariés, et aussi, favorisera une baisse du prix de l'eau (2) annoncée le 22 mars prochain. Interrogée par le public, Anne Le Strat n'a rien éludé et exprimé un souci de transparence financière totale en contradiction avec la gestion opâque des délégataires privés. Le représentant local de Véolia, présent à la réunion, a tenté de nous faire croire que le délégataire agissait sous le contrôle strict et permanent des élus de la CASE. Pour en avoir rencontré un grand nombre, nous savons que, comme dirait Leslie Cléret, « le vrai patron de la CASE, c'est Véolia. »

Raison de plus pour poursuivre notre action et tendre vers notre objectif : le retour en régie publique en 2015 !

(1) Les délégataires privés affirmaient réaliser une marge nette de 6 % ! A la CASE ce serait même 2 % !
(2) Le prix du mètre-cube d'eau assainie est de 3 euros à Paris contre 3,86 euros à Louviers.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Il est vrai que quand une entreprise privée contrôle l'eau, le ramassage et le traitement des déchets, les transports publics et les travaux, on se demande bien ce qu'il reste à la "communauté de communes", hormis distribuer l'argent du contribuable à cette entreprise.

En fait, pour aller au bout de la logique du système, il ne reste plus qu'à transformer les "élus" en salariés de ces entreprises..

PR

Anonyme a dit…

le dernier commentaire suggère, que ce qui est en cause c'est donc plus le discernement et la maturité des acheteurs de la CASE, que les acteurs privés eux même. Dans d'autres régions ils sont en réelle concurrence pour proposer les services les plus adaptés