16 février 2011

La nécessité de l'alternance s'avère de plus en plus pressante

La droite est au pouvoir depuis 2002. En 2012 elle aura dirigé le pays pendant dix ans sans l'avoir à aucun moment partagé. Les gouvernements qui se sont succédé ont fait appel à des hommes et des femmes d'expérience pour la plupart rompus aux affaires. De la gauche, il ne reste rien. Ni chez les préfets, ni chez les recteurs, ni dans les ministères…les hauts fonctionnaires un tant soit peu soupçonnés de proximité avec les socialistes ou d'autres, n'occupent pas de postes importants. Il s'agit d'une sorte de système des dépouilles à l'américaine : on a 53 % des voix mais on prend tous les postes ! Malheur aux vaincus. Tant pis pour ceux qui croient au service public et sont loyaux envers l'Etat.

C'est la loi de Nicolas Sarkozy, la dure loi des affaires. Elle se manifeste dans les choix économiques et sociaux, dans les nominations des amis et la promotion des obligés. A la présidence de la République, des dizaines de conseillers travaillent, non pas au service de la France, mais pour un seul objectif : la réélection du président sortant. Il ne faut pas s'étonner que la majorité UMP de l'assemblée nationale refuse, a priori, d'examiner la proposition de loi des sénateurs pour améliorer la crédibilité des sondages. M. Buisson peut continuer à sévir au Palais. Il y aura donc tout ce qu'on sait et tout ce qu'on ne saura pas.

Ainsi l'affaire Alliot-Marie-Ollier éclaire-t-elle les pratiques de ces ministres peu regardants sur les formes et, plus grave, sur le fond des choses. Après dix ans de pouvoir, on est moins attentif aux règles, à l'éthique. Après dix ans de pouvoir, on se laisse aller. Michèle Alliot-Marie a cru qu'elle pourrait mentir et qu'on la croirait sur parole compte tenu de son passé sans tache, de sa soi disant rectitude érigée en modèle. Le plus vertueux des ministres sarkozystes a donc aussi sa part d'ombres. Des ombres tenaces sous la silhouette d'un homme d'affaires tunisien très proche de Ben Ali, le dictateur déchu.
Aujourd'hui même, un rapport sénatorial pointe des dysfonctionnements dans la vente de l'hippodrome de Compiègne qui nous ramène à Eric Woerth. Le site Médiapart évoque au sujet de ce dernier une ristourne fiscale de 6 millions d'euros au profit de M. Tarallo, un des protagonistes de l'affaire Elf. Démissionné par le président, l'ancien ministre du budget et du travail, attend son heure pour…revenir sur le devant de la scène, bien en vue dans le premier cercle.

A l'évidence, l'alternance est plus que nécessaire. Une décennie de pouvoir absolu de la droite a fait oublier l'élémentaire objectif de tout élu digne de ce nom : servir l'intérêt général et non des intérêts particuliers. Les candidats aux primaires à gauche ne devraient pas oublier que derrière leur légitime ambition personnelle se presse tout un peuple fatigué de ces excès, de ces privilèges, de cette cupidité érigée en dogme. Nous attendons d'eux qu'ils nous fassent croire à nouveau en la démocratie représentative et la délibération collective.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Aura-t-il alternance si c'est DSK ?

Sylvia Mackert