7 décembre 2010

Juliette aime aller à la poste

« Mon cher papa

Tom a eu très mal aux dents. Il fallait trouver un dentiste d’urgence. Mais cela a été bien difficile. Les délais sont très longs. Il y en a même un qui m’a répondu qu’il ne prenait plus de nouveaux clients !!! Alors les nouveaux habitants, ils font comment ?? Je suppose qu’ils retournent dans leur ancienne commune. C’est ce que nous avons fait et nous avons obtenu un rendez-vous à Val-de-Reuil. Tout va bien maintenant. Heureusement que nous ne venions pas du sud de la France.

J’en ai profité pour aller au bureau de poste. J’ai toujours été étonnée et ravie par cet endroit. Après avoir franchi la porte automatique, on arrivait dans une grande salle défraîchie. Au centre, un distributeur de tickets, comme au rayon frais d'un supermarché. Chacun prenait un numéro, puis s’asseyait sur les chaises qui occupaient deux côtés de la salle. Certains lisaient, d'autres bavardaient. L’un sortait fumer une cigarette. Un autre encore s'installait à la table pour finir un courrier. Les seules personnes debout parlaient aux guichetiers qui les servaient.
Les enfants s'amusaient. L'endroit était calme, serein. Personne ne s'énervait. Le temps semblait rythmé par le bruit du changement de numéro sur le panneau lumineux.

Aujourd’hui encore, les portes en verre coulissent comme par magie à mon arrivée. Mais là, surprise ! Le bureau de poste a été entièrement refait. Des peintures claires, des présentoirs débordant de choses inutiles, une file d'attente, des gens fatigués qui s'impatientent. Le distributeur de tickets a disparu, les chaises aussi. Et moi qui, dans ma naïveté, pensait que ce concept est tellement humain qu’il devrait s’imposer partout !

Entre colère et tristesse, je n'avais qu'une envie : m'asseoir par terre, en rêvant que chacun en fasse autant, pour protester. Mais je n'ai pas osé. Sans doute un reste d'éducation…»

Je t’embrasse
Ta Juliette

L'eau en régie publique moins chère qu'en régie privée

La réunion sur le prix de l'eau dans l'Eure organisée par le conseil général, hier soir, a suscité un intérêt évident. De nombreux élus et responsables de syndicats d'eau ou délégués de communautés de communes ou d'agglomérations étaient présents dans la salle de conférence du Département.

Dans son exposé liminaire, Jean-Louis Destans, président, rappelle les deux axes prioritaires de l'action du conseil général en concertation avec l'Agence de l'eau Seine-Normandie : soutien financier aux rénovations-constructions de stations d'épuration modernes et performantes, aide aux investissements destinés à protéger la ressource. « Mais nous avons décidé, déclare-t-il, de ne plus subventionner les renouvellements de canalisations. » Les sommes inscrites au budget 2011 seront donc équivalentes à celles de 2010 soit 9,8 millions d'euros.

Dans son exposé, JL Destans insiste sur un point. Jusqu'à une date récente, la DDE (1) de l'Etat se voyait attribuer la maîtrise d'ouvrage déléguée de certains investissements comme ceux des routes par exemple. La disparition des DDE oblige la collectivité à se tourner vers les cabinets privés qui, étant payés en pourcentage sur le montant des travaux, cèdent à une certaine facilité inflationniste. Le Département s'interroge sur l'intérêt de créer une régie d'ingénierie publique lui permettant de retrouver un contrôle et des marges de manœuvres. Tout dépendra évidemment, du sort réservé à la compétence générale du conseil général, mise à mal par le projet de réforme territoriale du gouvernement actuel. Et du sort dudit gouvernement !

Je l'avoue, cette interrogation de Jean-Louis Destans rejoint l'une des problématiques de notre association favorable au retour en régie publique des services publics délégués. D'ailleurs Daniel Leho, vice-président du conseil général et président d'un important syndicat d'eau, a anticipé ce besoin en favorisant la création d'une régie d'ingénierie à bons de commandes qui permet aux élus d'exercer un contrôle permanent sur les travaux d'investissement d'une part et sur les interventions ponctuelles (fuites par exemple) des sociétés privées sollicitées d'autre part.

C'est ce que Franck Martin a appelé de l'escroquerie intellectuelle lors de la dernière séance du conseil municipal ! Comme l'a indiqué Daniel Leho « on dit de vilaines choses sur moi » mais depuis que son syndicat a opté pour ce mode de gestion, le rendement a été amélioré, la recherche des fuites systématiquement engagée, et le prix de l'eau a baissé dans certaines communes : « nous avons fait le choix de conserver les marges pour investir. »

Marcel Larmanou, maire de Gisors a été lui aussi on ne peut plus clair : depuis que sa ville est revenue en régie publique après un audit réalisé par un cabinet indépendant, le prix du mètre-cube d'eau assaini a baissé d'un euro ! Ce qui n'est pas rien on en conviendra. L'étude réalisée par la direction de l'eau du conseil général démontre aussi que l'eau en régie publique est moins chère qu'en régie privée et que les contrats passés récemment avec les multinationales de l'eau sont plus intéressants pour la collectivité que ceux signés il y a plus de dix ans ! j'y vois là l'influence grandissante d'une prise de conscience globale. Elle conduit les élus à s'intéresser de plus près à des compétences qu'ils considéraient jusqu'alors comme techniques et donc complexes. Voire trop complexes. Et à négocier aux mieux avec ces multinationales.

Le président de la CASE était représenté par M. Aubinais, président de la commission eau et assainissement. M. Aubinais n'a pas toujours été gentil avec nous (l'association que je préside). Je souhaite qu'il ait écouté avec attention les explications fournies, hier, et qu'il en tire toutes les conclusions favorables aux usagers. 2015 c'est demain.
(1)DDE: direction départementale de l'équipement.

6 décembre 2010

Plysorol à Lisieux, ou l’histoire d’un pillage organisé


« L’histoire de Plysorol à Lisieux est un cas d’école. C’est l’expression la plus aboutie, mais aussi la plus abjecte de ce qu’est la réalité du capitalisme sauvage. Cette idéologie libérale dont a fait son credo l’Union européenne, avec la concurrence libre et non faussée. Mais aussi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) que dirige un socialiste, M. Pascal Lamy, avec la généralisation des accords de libre échange. Cette concurrence sauvage et cette libre circulation des matières premières, des marchandises et des capitaux qu’ils s’acharnent à nous imposer, c’est la négation du respect des droits des salariés et du respect qui leur est dû en tant qu’hommes et femmes. C’est la fin d’un monde civilisé. C’est le retour à la barbarie.

Voici intégralement, ce qu’expliquaient les délégués du personnel à la délégation des partis politiques du Front de Gauche venus la semaine passée à leur rencontre. La preuve par l’exemple.

« On a été sous le drapeau chinois pendant dix-huit mois. Pendant ces dix-huit mois, on a été dépouillés. Au lieu de nous amener de la matière première qui vient du Gabon, ils l’ont directement emmenée en Chine. Ça fait que depuis dix-huit mois, on a tout perdu, tous nos clients, car on a été dans l’incapacité de produire quoi que ce soit. Et ce qu’on demande, maintenant, c’est que justement déjà, qu’on les fasse payer, ces chinois là. Ils ont abusé du chômage. On est passés en chômage partiel pendant des mois. Ils ont abusé de ces droits français qui sont normalement réservés aux entreprises en difficulté.

Qu’est-ce qu’on veut ? Eh bien, les Chinois avaient annoncé que, lors de la reprise, on aurait au moins trois ans d’assurés sans perte d’emploi. Au bout de dix-huit mois, nous avons perdu notre emploi. Nous exigeons au moins les dix-huit mois de salaire qui nous restent [ndt pour parvenir au terme de l’engagement qui avait été pris]. Nous exigeons aussi réparation du préjudice qu’on a eu, parce que je peux vous assurer que ça été très dur de travailler avec eux. Il y en a qui ont souffert de harcèlement moral.

Il faudrait tout de même que l’État prenne conscience qu’il faut protéger l’industrie française. Parce que c’est bien beau de faire venir des investisseurs étrangers, mais il faudrait peut-être voir les barrières qu’on pourrait mettre autour, pour justement que ça ne se passe pas comme cela.

Il faut tout de même savoir que, bien sûr, cela a été un choix du tribunal de commerce de mettre en place ce plan, mais il a été soutenu par l’État Et j’ai encore en tête les paroles d’Estrosi à Fontenay-le-Comte qui est une autre usine du groupe, parce que Plysorol, c’est Lisieux, Fontenay-le-Comte et Épernay. Estrosi qui, à Fontenay-le-Comte, déclarait que tous les emplois de Plysorol seraient sauvés. Cela, il y a à peine deux ans, et aujourd’hui, on voit le résultat. Et maintenant, il est parti. Mais on peut dire que l’État, depuis deux ans, nous a complètement laissés tomber.

On a déclenché le droit d’alerte presqu’aussitôt, dès le mois de septembre 2009, en comité central d’entreprise, pour dire que déjà, on avait de grosses inquiétudes, parce qu’ils ne payaient aucun fournisseur. Et qu’ils commençaient déjà à nous parler de chômage.

De tout l’argent qu’ils devaient amener, on n’a rien vu passer. Ils n’ont vécu que sur nos stocks pendant les dix-huit mois. Ils n’ont pas mis un kopek. Ils ont acheté en avril, et en juin, le directeur financier a déposé le bilan. Ils n’amenaient pas d’argent. Dès juin, on s’est aperçu que cela n’allait pas. On s’est permis d’envoyer des courriers à tous les élus du coin, à tous les partis, jusqu’à Caen, pour leur dire ce qui se passait dans notre entreprise. Et c’est vrai qu’on a écrit deux fois au président de la République. On n’a eu qu’une réponse, la première fois. La deuxième fois, on ne l’a pas eue.

De plus, non seulement le patron chinois Zhang nous a dévalisé notre matière première, mais il a aussi volé les salariés. Il a encaissé les parts de mutuelle retenues sur les salaires et il ne les a pas reversées. Il a pris les cotisations du CE ; Il nous doit 30.000 €. Je peux vous dire que ça porte préjudice pour les employés, parce que c’était le budget pour Noël. Il a pris aussi les chèques MCV. Les cotisations de chèques MCV, il s’est permis de les garder pour lui. C’est un autre préjudice pour le CE, parce qu’il a fallu qu’on comble le trou.

Le patron, c’est un groupe chinois qui est au Gabon. Il n’était uniquement intéressé que par la matière première et la forêt, sans laquelle on ne peut travailler. Le Chinois est parti en octobre, sur décision du tribunal de commerce ».

Voilà où en sont aujourd’hui les salariés de Plysorol à Lisieux. Des salariés appelant au secours un gouvernement qui est aux abonnés absents. Parlons d’eux et aidons-les afin que le silence n’achève pas de les condamner. »


Reynald Harlaut
Parti de Gauche
Avec l’aide de Ghislaine Pelletier pour la transcription des propos des délégués du personnel de Plysorol.

Le Président guinéen Alpha Condé a étudié au lycée de Louviers

Le président guinéen, Alpha Condé (DR)

Les liens de Louviers avec l'Afrique ont, de tous temps, été importants. En lisant la biographie du nouveau président de la Guinée, Alpha Condé, opposant historique des dictatures africaines et guinéenne, notamment, j'ai découvert qu'en 1956-1957, le nouveau président guinéen fréquentait le lycée Jules Ferry de Louviers. Il est écrit dans son autobiographie parue chez Picolec :
« Né en 1938 à Boké , en Basse Guinée, d'ethnie malinké, Alpha Condé rejoint le lycée Gambetta de Toulouse, après son premier cycle secondaire au séminaire du collège des Pères, en Guinée. Étudiant engagé, il fréquente à Toulouse la Fédération des étudiants d'Afrique noire en France (FEANF), avant de rejoindre la ville de Louviers, dont le maire est Pierre-Mendès-France, le leader du Parti radical, qui sera par ailleurs son correspondant. La première partie du baccalauréat en poche, Alpha Condé monte à Paris. »
D'autres intellectuels et hommes politiques africains ont été lycéens à Louviers. Je pense à mon ami Laurent Biégot, devenu professeur d'université à Abidjan, auteur de plusieurs ouvrages traitant des sciences naturelles. S'il lit ces lignes, qu'il sache que j'accueillerai avec plaisir son point de vue sur le problèmes institutionnel et politique que connait actuellement la Côte d'Ivoire.

5 décembre 2010

Les textes censurés par le maire de Louviers : rien d'injurieux, rien de diffamatoire là-dedans

Lors du rassemblement qui précéda la séance du conseil municipal. (photo JCH)

Le maire a refusé de publier dans le dernier journal municipal les textes rédigés par les conseillers municipaux d'opposition, Philippe Thouement du NPA, d'une part et Christian Renoncourt, Nathalie Bellevin et Claudine Duteuil (PS-PC) d'autre part. Ces textes méritent qu'on les examine à la loupe. Ils ne contiennent ni injures, ni diffamations. C'est si vrai que j'ai décidé de les rendre publics. Les lecteurs de ce blog sauront ainsi pourquoi l'écrêté de la rue au Coq s'est pris de bec avec l'opposition.

Le texte de Philippe Thouement : « Nous sommes d’accord avec le maire quand il dit que finalement c’est simple de savoir pour qui voter. Il suffit de se souvenir. En ce qui nous concerne, la mémoire est vive. Si on a soutenu, dès 1995, la politique d’équipement et d’embellissement de la ville, on a vite tiré la sonnette d’alarme quand le grandiose est arrivé. Nous n’avons cessé de répéter que Louviers était une petite ville qui n’avait pas les moyens de certains projets (maison de l’emploi à 17 millions d’euros, musée d’art contemporain dans la halle Wonder, verrière coûteuse pour la future école de musique, résidences d’artistes à la villa Calderon…). Qui a oublié le budget communication du maire digne d’un grand personnage? Qui a oublié le budget «fêtes et cérémonies» exorbitant? On se souvient tous du tralala, en mai 2006, où une fête démesurée fut organisée: cela fait d’ailleurs plus d’un an que le NPA a demandé la facture et attend toujours. On n’oubliera pas non plus que le maire et son équipe s’accrochent à Véolia pour gérer l’eau, les déchets et les transports de la CASE, le chauffage à Louviers. Et pourtant, par un travail opiniâtre, des associations, des syndicalistes, des partis différents ont mis en évidence la surfacturation et les négligences des grands groupes.

On se souviendra aussi des dépenses disproportionnées comme le million d’euros pour le jardin de la villa Calderon, de l’augmentation des tarifs municipaux à la médiathèque, dans les garderies des écoles qui a provoqué le départ de bon nombre d’enfants. Or pour certaines familles, c’était le moyen de les faire garder tout en leur assurant une aide aux devoirs. On se rappellera que le contrat trop cher avec Scène Nationale empêche de mener une politique culturelle qui s’adresse à tous les publics.
On gardera en mémoire les propos glorifiant l’entreprise privée et méprisant les fonctionnaires, les déclarations sur les licenciés de Tyco ou Henkel disant qu’ils n’ont pas à se plaindre parce qu’ils ont reçu «de bonnes indemnités». Quelle indécence venant de quelqu’un qui touche plus de 8000 euros par mois!

On ne peut que se rappeler les propos méprisants du maire à notre égard, railleries et insultes. Enfin, on n’a pas oublié que la maire a traité Gérard Prévost de «salaud», en plein conseil, en décembre 2004, janvier et février 2005. Tout comme nous n’oublierons pas les mensonges, insultes et autres comportements injurieux du maire dès qu’il rencontre une opposition qui résiste à ses agissements comme ce fut encore le cas au dernier conseil. Alors, oui, c’est facile de savoir pour qui voter et de choisir la gauche qui se bat. »

Philippe Thouément
Conseiller municipal NPA



Le texte de Christian Renoncourt, Nathalie Bellevin et Claudine Duteuil : « À Louviers la bataille de l’eau est menée par l’Association pour l’amélioration du Cadre de vie et de l’Environnement. Cette association regroupe tous les partis politiques de gauche : NPA, PC, PG, PS, ainsi que des personnes de la société civile n’appartenant à aucun parti qui se retrouvent dans l’action.

La récente séance du conseil municipal était l’occasion pour l’association de faire entendre sa voix face à un maire-président d’agglomération fermé à tout débat sur ce sujet. A plusieurs reprises, il a publiquement pris la défense de la société Veolia, bénéficiaire de la totalité des services délégués : eau, assainissement, traitement des déchets, transports, etc.

Pour donner de la résonance à son action (pour un retour en régie publique) l’association avait organisé une manifestation très pacifique. Ses membres et sympathisants faisaient à l’entrée de la salle du conseil, une haie d’honneur aux élus, tenant dans chaque main une bouteille d’eau munie d’étiquettes sur lesquelles on pouvait lire : « Ma facture d’eau est imbuvable », « L’eau n’est pas une marchandise », etc.

Ceci eut pour effet de mettre de fort méchante humeur l’édile PRG qui s’en prit tout au long de la séance avec arrogance aux conseillers municipaux de l’opposition de droite et de gauche. Le maire a cherché délibérément l’affrontement et l’incident. Le public en réponse à ses agressions verbales, ne se priva pas d’applaudir plusieurs interventions de ses opposants. Public condamné au silence qui ne put cependant se retenir de protester contre la provocation du maire lorsque celui-ci fit, en sa direction, un bras d’honneur. Dès le lendemain, le maire faisait porter plainte par plusieurs de ses conseillères municipales pour de soi-disant injures sexistes que des personnes du public auraient proférées à leur encontre.

Le problème est que parmi le public présent, personne n’a entendu ces injures et que personne ne reconnaît en avoir proféré. Si tel avait été le cas, la question est de savoir pourquoi le maire n’a, à aucun moment, demandé la suspension de la séance et encore moins l’évacuation du public comme la loi l’y autorise. Aussitôt après, le maire a fait disparaître du site officiel de la mairie l’enregistrement vidéo de la séance pour empêcher que les citoyens se fassent une idée plus précise du caractère de la manipulation. Nous condamnons ce comportement. Un maire responsable joue l’apaisement et la confrontation pacifique des idées et des propositions. Il doit faire vivre la démocratie et ne pas attiser la discorde. »

Christian Renoncourt, Claudine Duteuil et Nathalie Bellevin, conseillers PS-PC

4 décembre 2010

Maoïste un jour, maoïste toujours !


Franck Martin aime à rappeler que dans sa folle jeunesse, il a brandi le petit livre rouge du président Mao comme un étendard idéologique exemplaire et qu'il a même manifesté en faveur du sanguinaire Pol Pot au Cambodge. C'est tout dire. La Chine d'aujourd'hui, libérale et capitaliste sur le plan économique, demeure une dictature où les droits de l'Homme sont bafoués, la peine de mort appliquée tous les jours et partout, la censure érigée en système. Certains sites Internet ne sont pas accessibles, d'autre sont fermés par l'autorité policière et la presse, bien évidemment, n'est pas libre. Du Maoïsme moderne !

A Louviers, fort heureusement, le maire ne dispose d'aucuns pouvoirs régaliens sinon celui d'imposer des caméras de vidéosurveillance pour lutter, dit-il, contre le sentiment d'insécurité. L'écrêté de la rue au Coq vient pourtant d'ajouter une corde à son arc autocratique. Il n'est qu'à lire le dernier bulletin municipal. On y apprend, en découvrant un avis de décès encadré de noir, que le maire a décidé, unilatéralement, de faire taire l'ensemble de l'opposition de droite et de gauche ! Cette opposition qui représente près de 60 % des Lovériens ! Excusez du peu.

Prenant prétexte des incidents provoqués par lui-même et son autoritarisme lors de la dernière séance du dernier conseil municipal, Franck Martin s'attribue le droit de censurer la parole d'élus en refusant de faire paraître les articles adressés dans le cadre de la tribune libre ouverte à TOUS les groupes du conseil municipal. C'est révoltant, pitoyable et la preuve d'une infinie faiblesse.

L'écrêté perd son sang-froid. Comme d'habitude. Mais sa décision est un acte gravissime. Qu'il interdise arbitrairement la publication des tribunes libres (?) du NPA, de l'UMP et du PC-PS, voilà qui illustre le comportement d'un homme usé, vieilli, fatigué du pouvoir. Il nous fait le coup de la victime vêtue de lin blanc alors qu'il utilise les bonnes vieilles méthodes gauchistes. Ainsi, répond-il à des arguments connus de lui seul, inventés par lui et produits de ses fantasmes. Il prend à témoin les Lovériens ignorants des opinions de l'opposition à qui il ne permet pas de s'exprimer. Utiliser à ses seules fins partisanes et à ses seuls intérêts propagandistes une page entière du journal municipal démontre enfin un sacré toupet. Pourquoi se gêner quand on a le pouvoir ? Décidément, le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument. Vivement demain !

3 décembre 2010

François Loncle : « laisser le processus électoral ivoirien aller jusqu'à son terme »

« Au lieu de respecter le processus électoral ivoirien, d'analyser sereinement, équitablement et objectivement la situation en Côte d'Ivoire, ainsi que les différents aspects du scrutin, y compris les fraudes avérées dans les régions du nord du pays, la majorité des médias français, relayés, hélas, par un certain nombre de responsables politiques, ont entrepris une campagne de suspicion et de dénigrement à sens unique dirigé contre les autorités ivoiriennes.

Dès qu'il s'agit de l'Afrique, ils sont, une fois de plus, les champions des donneurs de leçons. Concernant, par exemple, le contrôle de la validité des élections par le Conseil constitutionnel, qu'on nous explique en quoi cette institution ivoirienne diffère, dans sa composition, du Conseil constitutionnel français dont les neuf membres siégeant actuellement ont été nommés par la droite au pouvoir.

Il faut laisser le processus électoral ivoirien aller jusqu'à son terme, respecter les règles républicaines et les institutions, éviter tout ce qui pourrait conduire la Côte d'Ivoire au désordre et à la violence, cesser d'intervenir, sans retenue, et de juger de manière péremptoire les pays africains qui aspirent à décider eux-mêmes de leur destin. Il est affligeant qu'une certaine forme de néo-colonialisme tienne lieu de discours aux bien-pensants et au politiquement correct. »

François Loncle, député de l'Eure, membre de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale

2 décembre 2010

« Zéro de conduite » par Alain Lefeez


« J’ai reçu ce week-end dans ma messagerie un lien à cliquer. Ce lien m’envoie sur le site de l’AFEV qui me propose de signer un "appel pour la suppression des notes à l’école primaire".
http://www.afev.fr/appel_suppressionnotes/
Je suis normand, je ne suis pas spécialement pour le système de notation mais pas spécialement contre non plus. De plus au collège, dans les années 70, j’aurais préféré être noté avec des notes chiffrées plutôt qu’avec des lettres de A à E. Bref, je lis le texte de cet appel pour voir ce qu’il y a dedans. Premier souci ; je ne sais pas à qui s’adresse cet "Appel" ni à quoi il est supposé servir. Va-t-il être envoyé à Sarkozy ? A Fillon? A Chatel ? A eux seuls? Dans quel cadre?

Si son but exclusif, c’est d’ouvrir un débat sur le système éducatif en créant un début de polémique, alors là, bravo, c’est réussi. Pas question de le refuser, ce débat! Nous devons tous y plonger. Mais là, cet appel ne parle que "des notes à l’école" comme si c’était le principal problème de l’éducation. Cet appel ne fait preuve d’aucun courage politique, et s’appuie parfois sur des arguments qui frisent le ridicule. Comment peut-on critiquer un système de notation élitiste en s’appuyant sur un classement international en matière d’éducation (Finlande, 1ière du classement) ? La logique du raisonnement m’échappe complètement! Et puis ce "classement international", qui le réalise, pour quoi faire et sur quels critères?

Comment dénoncer un aspect d’un système éducatif sans dénoncer le système global dans lequel il s’insère? Le texte nous dit que "l’école gagnerait à s’appuyer sur une autre logique que celle de la compétition". Très bien, et admettons que telle ou telle action parvienne à faire de l’école un lieu qui ne soit pas celui de la compétition et de l’élitisme, mais celui du plaisir, de la coopération et du développement personnel et collectif. Que va-t-il advenir des élèves qui auront été ainsi formés face à cette chose terrifiante que l’on appelle "la société" quand on aura "supprimé les notes à l’école primaire", si on ne change pas le tout ? Quand les élèves rentreront chez eux le soir et constateront que leur père (ou leur mère) est, lui, dans le cadre de son travail, toujours noté et jugé sur la productivité, la compétitivité, voire, qu’il va être licencié pour ce motif : "pas assez compétitif", ou, quand il va entendre à la télé, à la radio, les élucubrations d’un Sarkozy, d’un Fillon, ou d’un Strauss-Kahn, parler de réduire les déficits publics en supprimant des postes d’enseignants, de RASED pour augmenter notre compétitivité ?

Cependant, je crois que la question soigneusement évitée dans cet "Appel"(ce qui nous vaut peut-être la signature de Michel Rocard) n’est pas tant celle des notes, que celle double, de la qualité de l’enseignement, de la formation des enseignants, et des moyens donnés à l’enseignement d’une part, et d’autre part de la critique du système social global dont le système éducatif n’est finalement qu’une partie, un instrument au service des intérêts de la classe dominante.

L’état de notre système éducatif et de l’enseignement public qui y est dispensé est dramatique. De la maternelle au lycée, et désormais au niveau des facultés. Dans notre pays, l’école publique gratuite et obligatoire remplit de moins en moins son rôle. Nous allons, comme aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne, vers un système éducatif à deux vitesses, ceux qui ont les moyens, ceux qui ne l’ont pas. Ceux qui auront les moyens en effet n’auront plus besoin de notes car on jugera globalement sur les circuits qu’ils auront pu se payer. L’école du fric contre l’école publique. N’était-il pas plus urgent, par exemple, de poser la question de la légitimité de l’existence de l’école privée dans ce pays, et de son financement par l’Etat? La question est à peu près la même que celle de la santé. D’un côté l’hôpital public et de l’autre des cliniques privées largement subventionnées par l’Etat.

Aussi, à un appel pour "supprimer les notes à l’école primaire", j’aurais largement préféré et trouvé beaucoup plus courageux, que ces personnalités et sommités, signent aussi et d’abord un appel en faveur des moyens accordés à l’enseignement en France, à l’accessibilité d’un enseignement public et gratuit de qualité pour tous, à l’aide à fournir aux enfants en difficulté, des moyens à donner aux enseignants, à la conception de l’éducation nationale et du service public.

Finalement il est donc bien possible que la suppression des notes contribue à continuer de pénaliser les plus fragiles et les plus précaires de nos enfants.
Supprimons d’abord les notations des salariés par les patrons dans les évaluations annuelles qui déterminent les augmentations et les primes et aussi, le cas échéant, l’ordre des licenciements. Supprimons en effet la compétition et l’élitisme. Et demandons d’abord aux enseignants et aux fédérations de parents d’élèves ce qu’ils en pensent.

Alain Lefeez

1 décembre 2010

Quelques réflexions d'actualité

Il ne faut ni la mépriser ni la sous-estimer. Depuis sa présence au second tour de la présidentielle de 2007, Ségolène Royal bénéficie d'une cote d'amour évidente chez certains socialistes et au-delà du PS. Tout de même. Elle est drôlement culottée de se voir présidente de la République, d'une part, et de proposer le poste de premier Ministre à Dominique Strauss-Kahn, d'autre part, alors qu'on ignore tout (ou presque) des intentions de l'actuel directeur du FMI.
Au cas où la crise financière, donc la crise économique, donc la crise sociale, s'aggraverait, il serait étrange de voir DSK imposer une cure d'austérité à la France avec diminution des salaires des fonctionnaires, hausse de la TVA, échelonnement de la dette… et le toutim. Il ferait ainsi le lit de Marine Le Pen qui n'en demande pas tant. Du moins pas tout de suite !

« Blairiste, admirateur de Chateaubriand, à la droite de la gauche (donc à droite) cumulard assumé…» le portrait du maire de Louviers dans Paris-Normandie-Dimanche confirme tout le mal que, depuis maintenant plusieurs années, nous pensons de lui. On comprend qu'il se sente bien au PRG « un parti sans ligne sans discipline de parti » un parti qui permet donc toutes les combinaisons avec le soutien au MODEM, aux Verts, aux socialistes, le tout en fonction des scrutins et des sondages. Il ose même s'afficher maire «sans étiquette» alors que chacun sait qu'un maire sans étiquette est un maire classé à droite. L'article de Paris-Normandie-Dimanche officialise le positionnement politicien du maire de Louviers. Cet article n'apporte donc aucune information vraiment nouvelle. Ah si, une remarque : « J'ai assumé les valeurs de l'héritage de mon père en les adaptant aux réalités sociales du 21e siècle. »Voilà une adaptation très peu fidèle au scénario d'origine.

Le Malien de 38 ans mort après deux décharges de Taser était, évidemment, « très difficile à maîtriser ». Comme il est mort, il ne démentira pas les témoignages des policiers venus l'interpeller. L'inspection générale des services va quand même enquêter pour savoir dans quelles conditions précises les représentants de l'ordre (?) ont agi.
En France, il s'agit du premier mort (dit-on) à la suite de l'utilisation de cette arme destinée à obtenir l'immobilisation des récalcitrants ou présentés comme tels. Depuis qu'elle a pénétré dans les commissariats, nombre d'organisations de défense des Droits de l'homme annoncent ce type de bavures selon elles, parfaitement prévisibles compte tenu du voltage du Taser. M. Hortefeux (à volonté) va devoir maîtriser son discours pour assurer à nouveau que le Taser n'est pas dangereux.

Wikileaks se lâche. Des dépêches classées ou classifiées pour reprendre le langage diplomatique, se promènent sur Internet et dans cinq grands journaux (dont le Monde). Les gouvernants actuels ou anciens crient au scandale. Ils protestent contre des informations à usage interne telles que le mauvais caractère de Sarkozy, la haine des Arabes pour les Iraniens, celle des Iraniens pour les Israéliens. Rien qu'on ne sache déjà.
Est-ce vraiment grave ? Est-ce dangereux ? Ce n'est pas si grave mais c'eût pu être dangereux pour les sources et les informateurs si les responsables des Journaux et du site n'avaient pas pris soin de masquer leurs noms et leurs motivations. Nul n'est dupe. Depuis les vidéos d'Hortefeux et de ceux qui parlent en pensant ne pas être écoutés ou enregistrés, on sait bien que pas un homme et pas une femme se retient de se laisser aller dans les couloirs des ministères, de l'Assemblée nationale. La récente saillis de Sarkozy sur les journalistes pédophiles est de ce tonneau-là.

Une affaire d'Etat ? Je n'en sais rien encore. Souhaitons simplement qu'aucun obstacle judiciaire ou policier n'empêche les deux juges d'instruction du dossier Karachi d'aller au bout de leurs investigations. S'il est maintenant acquis que les 11 millions de francs en espèces déposés sur le compte de campagne d'Edouard Balladur (en 1995) ne peuvent provenir de la vente de gadgets ou de tee-shirts, il reste à établir la réalité du versement de ces rétrocommissions en sa faveur suite à la vente de sous-marins au Pakistan.

Je n'ai pas encore eu le temps d'exprimer publiquement ma reconnaissance aux membres de l'association pour l'amélioration de l'environnement et du cadre de vie. Elle re-fonctionne depuis une année et en un an on peut affirmer que le bilan est très positif. Nous avons aujourd'hui la certitude absolue et étayée que le retour en régie publique s'impose pour plusieurs raisons.
La plus importante d'entre elles concerne la défense de l'intérêt général. Une eau moins chère, une gestion transparente, des investissements programmés, un personnel technique et administratif mieux traité, voilà ce qui compte et compte vraiment. Nulle idéologie gauchiste là-dedans. D'ailleurs notre association compte de nouveaux membres (sans carte de parti) séduits par notre objectif et les moyens de les atteindre.


La prochaine séance du conseil municipal de Louviers devrait donner l'occasion à Mme Baudet, adjointe à l'urbanisme, de présenter le PADD (projet d'aménagement et de développement durable) réalisé par le cabinet Extra-Muros. Espérons que le maire assistera à cette séance en sachant tenir sa place (1) et être à la hauteur de sa fonction. Lors du futur exposé de Mme Baudet, il serait souhaitable qu'il ne l'interrompe pas (comme d'habitude) et qu'il laisse les conseillers municipaux s'exprimer sans qu'il abuse du micro et de son autoritarisme. Enfin, ayant l'intention d'assister à cette séance côté public je lui demande de ne pas lever le bras dans ma direction de manière ostentatoire et provocatrice. Ainsi, aucune interprétation d'aucune sorte ne sera possible. A bon entendeur…

(1) Le rôle du maire est de permettre l'expression démocratique de l'ensemble des groupes ou élus composant le conseil municipal. Et non d'imposer son seul point de vue.