25 juin 2021

M. Jubert et Mme Terlez ne font pas l'unanimité à droite

Les campagnes électorales réservent souvent des surprises. Alors que les candidats LR-MODEM macroniens invitent les citoyen(ne)s à faire barrage à l’extrême gauche et collent des bandeaux « pour que Louviers ne soit pas oublié dans les décisions du Département », je m’interroge : voilà des élus qui déclarent ouvertement que si Philippe Brun et Nolwenn Leostic sont élus (ce que j’espère) la majorité actuelle, susceptible d’être renouvelée, punira les Lovériens et les habitants du canton de Louviers pour avoir fait un choix qui ne leur plaît pas. Est-ce à dire que les projets de M. Priollaud et de…Mme Terlez seraient privés de subventions ? Est-à dire que le collège des Fougères pourrait fermer ses portes ? Que nos routes départementales ne seraient plus entretenues ?

Cet aveu est d’une extrême gravité. Alors même que la droite tient : Louviers, l’agglomération, le département, la région, le gouvernement, une majorité issue de ses rangs ferait payer au prix fort un acte démocratique, fruit du suffrage universel. Je n’imagine pas que M. Lecornu et M. Questel, pour ne citer qu’eux, soient sur cette ligne de conduite. Je suis même certain qu’ils veilleraient à respecter le choix des électeurs (trices). Il faut être sacrément sectaire pour se lancer dans une politique de représailles alors même qu’une élection, par principe, permet justement de définir les contours de la majorité et de l’opposition. Si on appliquait le code de conduite que propose M. Jubert, auteur du slogan, l’alternance deviendrait impossible.

D’ailleurs puisqu’il s’agit du comportement des candidats de droite j’ai trouvé dans ma boite aux lettres une lettre de personnalités…de droite appelant à voter pour Philippe Brun et Nolwenn Leostic. Ces personnalités connaissent bien les deux candidats de la droite lovérienne, membres du conseil municipal actuel. Je vous laisse juge de leur appel qui, pour le coup, a tous les atouts d’un comportement républicain. Même à droite, cela existe.


 

 


23 juin 2021

Quelques réflexions au débotté : cantonales à Louviers, FN en chute libre, abstention record

« J’aime Louviers » (moi aussi et depuis longtemps) en souvenir d’Odile Proust

Les élections régionales et cantonales sont des sujets en or pour les observateurs de la vie politique. C’est ainsi que quelques jours avant le premier tour, le maire de Louviers, (MODEM donc macronien) candidat aux régionales sur la liste Morin (centriste indépendant donc opposant à Macron) a fait ériger sur la place Ernest Thorel (qui n’en revient toujours pas) un immense « #jaimelouviers » rappelant les heures sombres que connut notre ville sous la gestion d’Odile Proust qui me pardonnera certainement de réveiller ces souvenirs d’avant 95 qui marqua sa disparition de la vie lovérienne retrouvant Paris où elle résidait habituellement.

En effet « J’aime Louviers » était le nom de la liste d’Odile Proust en 1983 sur laquelle figuraient Henri Marie, Alain Lantenois, André Crenn, Jacques Leber, José Alcala, pour ne citer que les adjoints les plus connus. Ainsi « J’aime Louviers » est catalogué dans l’esprit des Lovériens — du moins ceux qui ont vécu cette époque — comme un slogan politique engagé au service d’une liste elle-même très politique. Comme François-Xavier Priollaud a oublié d’être bête et qu’il connaît l’histoire de notre ville sur le bout des ongles, il était malin, sans avoir l’air d’y toucher, de ressusciter ce qui fut une arme politique aux accents victorieux puisqu’Odile Proust d’abord conseillère générale devint maire dans la foulée contre la liste d’Henri Fromentin. Mais — car il y a un mais — l’installation de ces lettres géantes a un coût (35 000 ou 42 000 euros avec la TVA ?). Un coût supporté par le contribuable et non par le compte de campagne de ceux et celles qui espèrent consciemment ou non, en tirer le meilleur profit. Ces 42 000 euros auraient été plus utiles pour payer une prime aux ATSEM qui ont été mobilisées pendant le confinement et attendent toujours la prime COVID même si je ne confonds pas fonctionnement et investissement !

 

Scandale national et scandale local

Gérard Darmanin a eu beau présenter ses excuses il n’en reste pas moins que la distribution officielle des documents électoraux a connu bien des déboires et bien des avanies puisque de nombreux électeurs(trices) n’ont pas reçu les professions de foi ni les bulletins de vote pour les élections régionales et départementales. Et ceux qui les ont reçus (comme moi) les ont découverts dans leurs boîtes à lettres dimanche après le vote !

M. Darmanin a convoqué le directeur de la Poste et le PDG d’Adrexo, la société privée qui, par l’attribution d’un marché public, s’était engagée à distribuer correctement les documents. Reconnaissons-le, ces papiers ne sont pas décisifs dans le choix des citoyens et des citoyennes. Mais une élection se joue parfois à la marge. Et comme le président du conseil régional a supprimé le journal d’information qui permettait de connaître les réalisations et les projets de l’exécutif (honte à lui) les professions de foi sont les seuls éléments permettant une analyse objective et comparative.

 

Collège des Fougères : fermera, fermera pas ?

Pas d’élection à Louviers sans une bonne petite polémique à se mettre sous la dent. Philippe Brun et Nolwenn Léostic ont alerté les électeurs(trices) la semaine dernière sur le danger qu’il y aurait à supprimer le collège des Fougères avec pour motif réel : la recherche d’économies. Si ce collège fermait, d’autres établissements accueilleraient les élèves dont le nombre pourrait atteindre 800, le maximum admis renforçant le nombre de ces collèges-usines à taille inhumaine.

Le maire et ses amis (M. Jubert et Mme Terlez) ont convoqué la presse locale ce mardi, pour tancer l’opposition qui se serait rendue coupable de mensonges et de mahonnêteté. L’affaire a été jugée grave par la droite. Elle a mandé le président actuel (1) du conseil départemental M. Pascal Lehongre, un illustre inconnu à Louviers, lui-même candidat…de la droite aux cantonales à Pacy-sur-Eure et obligeamment complice. Il a quelques états de service à présenter puisque c’est sous sa responsabilité que les collèges Pablo Neruda à Evreux et Mendès France à Val-de-Reuil ont été bel et bien fermés malgré la vive opposition des élus locaux, des parents d’élèves et des enseignants. Il ne faudra pas dire que cette majorité refuse de fermer des collèges ! Les 400 élèves rolivalois accueillis au Vaudreuil (collège Montaigne) sont là pour en témoigner.

Bien sûr, lors de la dernière campagne cantonale de 2015 M. Lehongre s’était bien gardé d’indiquer qu’il ferait fermer (avec M. Jubert) les deux collèges cités ci-dessus. Je ne connais pas d'élus qui, à la veille d’un scrutin, annoncent des licenciements ou des fermetures. Le rôle d’une opposition c’est de s’opposer et de dénicher les projets néfastes et tus. Les démentis ne servent qu’avant le vote. Après on n’a que nos yeux pour pleurer.

(1) M. Lehongre même s’il est élu, devrait être remercié de son action à la présidence du conseil départemental et laisser la place à M. Duché, maire des Andelys, ancien membre du cabinet d’Odile Proust à Louviers où il débuta sa vie politique. M. Lehongre peut donc faire toutes les promesses qu’il veut et signer sa lettre « avec tout mon soutien ». Il s’agit bien d’un coup politique.

 

Sébastien Jumel choisit la solitude

Sébastien Jumel, député communiste de Dieppe, a refusé la main que lui tendait Mélanie Boulanger, tête de liste pour la gauche socialiste et écologiste aux élections régionales. Certes, je n’étais pas présent autour de la table de négociations mais j’imagine très bien (pour avoir participé moi-même à maints accords et…désaccords) le climat régnant entre les délégations. Dans ces cas-là, le plus faible doit demander beaucoup pour obtenir peu. Et c’est ainsi qu’en général entre gens de bonne volonté une liste d’union permet de susciter une dynamique notamment chez les abstentionnistes dont certains aiment venir au secours de la victoire.

A Rouen ou à Dieppe, les deux parties ont constaté l’échec du dialogue, synonyme d’élection assurée pour la liste Morin. Quant au PCF il n’aura pas d’élus régionaux puisque la liste Jumel n’a pas fait 10 % des suffrages. L’objectif de la gauche ne devient donc plus la conquête du pouvoir mais l’obtention du plus grand nombre possible de sièges sachant que la liste des vainqueurs emporte 25 % des places avant de participer à la répartition proportionnelle avec les autres listes qualifiées. Autre objectif et non des moindres : limiter l’influence néfaste du Front national (RN) en sensible perte de vitesse dimanche dernier.

 

L’abstention ? Les gens s’en foutent

Jamais un tel taux d’abstention n’avait été atteint sous la 5e République qu’en ce dimanche 20 juin. Chacun y va de son interprétation : indifférence, désintérêt, colère rentrée, COVID 19…au choix. Les jeunes, les classes populaires, les femmes en majorité ont préféré le soleil à l’ombre des salles de vote. Malgré l’absence de deux Français(e)s sur trois, je demeure fidèle à mon principe démocratique : seuls ceux et celles qui s’expriment ont voix au chapitre ! Et toutes les bonnes raisons du monde pour ne pas choisir ne pèsent rien dans un système bâti sur la délégation de pouvoir à des élu(e)s qui possèdent la légitimité du suffrage universel. 

Si le système est mauvais, il faut le changer. Loi, référendum, des moyens existent : vote électronique, vote anticipé… Mais il faudrait du courage politique, une denrée devenue rare. Il parait que M. Macron va faire des annonces avant le 14 juillet.

21 juin 2021

«…Mais aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années »

Les supporteurs de la gauche unie (sauf le journaliste de La Dépêche à dr.)


Il ne faut pas s’emporter ni tirer de plans sur la comète. Mais enfin, le score obtenu par le binôme composé de Philippe Brun et de Nolwenn Léostic doit être analysé pour ce qu’il est : un formidable résultat. Face à deux élus (M. Jubert LR et Mme Terlez MODEM) maintenant « bien » installés dans le paysage politique de la macronie, les petits derniers qui composent le binôme écologiste et de gauche ont frappé les esprits et rasséréné ceux et celles qui, depuis quelques années, avaient du souci à se faire pour l’incarnation de leurs valeurs et de leurs principes.

 

Avec 35% des suffrages et la première place dans quelques bureaux lovériens, le binôme de la gauche unie a réussi non seulement à obtenir le droit de jouer la finale mais aussi à reléguer le FN-RN aux oubliettes dominicales puisque M. Balsan et sa « compagne » d’une…campagne n’ont pas réussi à obtenir plus de 12,5% des inscrits qui, s’ils les avaient obtenus, leur aurait permis de figurer au second tour. Les communes de Saint-Etienne-du-Vauvray et de Saint-Pierre du Vauvray ont répondu en partie aux vœux de la gauche unie. Vironvay et Andé demeurent des forteresses de la droite où le Front national obtient ses meilleurs scores.

 

Le second tour est-il joué ? Avec 42 % des suffrages, le sortant — et donc le nouveau tandem qu’il forme avec Mme Terlez — est favori sur le papier. Sur le papier seulement car on sait tous et toutes qu’une campagne électorale opportune peut réserver des surprises et le score final se jouer à quelques voix près. M. Jubert et Mme Terlez ont décidé d’être chaperonné par Sébastien Lecornu, ministre macronien de première importance. Le sort de ses collègues, ailleurs en France, ne fait pas d’envieux. Et si j’en juge par les qualités démontrées avant le premier tour (impact des documents électoraux, porte à porte inlassable…) Philippe Brun et Nolwenn Léostic font une entrée sans doute décisive dans la vie politique locale après le tour de chauffe des municipales. Tous ces bons résultats sont le fruit d’une stratégie intelligente (avec l’union dès le premier tour) et la constitution d’un groupe d’hommes et de femmes déjà impliqué(e)s lors des élections de mars 2020 mais trop novices pour espérer battre François-Xavier Priollaud. D’ailleurs, ces dernières semaines, le maire de Louviers n’a ménagé ni son temps ni sa peine (1) pour soutenir ses alliés municipaux liant finalement sa crédibilité à celles de ses candidat(e)s préféré(e)s. On saura dimanche prochain vers 20 heures si le maire de Louviers a eu raison de s’impliquer totalement dans les cantonales alors même qu’il figure à une place éligible aux régionales.

(1) Le maire a adressé une lettre à « attention personnelle » dans toutes les boites aux lettres de la ville invitant ses concitoyens à voter pour M. Jubert et Mme Terlez.


A Louviers, Philippe Brun et Nolwenn Léostic veulent (peuvent ?) créer la surprise

Le binôme Brun-Léostic
La liste régionale conduite par Hervé Morin a toutes les chances d’être élue dimanche prochain. Il faudrait une mobilisation exceptionnelle des électeurs(trices) d’une gauche unie (avec Sébastien Jumel) pour que Mélanie Boulanger gagne le second tour. Elle peut se satisfaire d’avoir nettement distancé Nicolas Bay (FN-RN) qui perd près de 10 points par rapport à son score de 2015. Le second tour rassemblera trois ou quatre listes dont celle, possible, de Laurent Bonaterre (LREM).

 

Au plan cantonal, la très bonne surprise vient du résultat de Louviers où le binôme  Brun-Léostic avec près de 35 % des suffrages disputera le second tour face au couple Terlez-Jubert, premier avec 42,4 % des voix. L’élimination des candidats du Front national est également une bonne nouvelle, ses candidats s’étant appuyés sur une campagne nationale derrière la figure de Marine Le Pen et « la sécurité ». Sur le papier les sortants sont favoris mais leur appartenance à la majorité présidentielle défendue par Sébastien Lecornu peut leur jouer des tours. La très belle campagne conduite par Philippe Brun et Nolwenn Léostic va donc s’accentuer et qui sait ce que vont faire les abstentionnistes de gauche dont la mobilisation peut changer  les calculs les plus simplistes ?

 

Dimanche soir au Moulin, les binômes en lice ont pris la parole sous une forme très républicaine. Mme Terlez encouragée par le maire, François-Xavier Priollaud, a cherché une inspiration municipale tandis que Philippe Brun et Nolwenn Léostic font une entrée remarquée et remarquable sur la scène politique lovérienne (quelques mois après des municipales jouées dès le premier tour) illustrée par une prise de parole très assurée.

Le duo Terlez-Jubert

 

A Val-de-Reuil, le tandem « Léger-Jamet » a dépassé la majorité absolue (61,49 % des suffrages) reléguant dans les profondeurs du classement le duo de centre-droit qui ne fera que de la figuration après l’élimination des candidats du FN-RN. Dans le canton de Pont-de-l’Arche, Arnaud Levitre et Marie-Annick Deshayes devraient l’emporter face au binôme de la droite.

 

Quant aux documents électoraux, je les ai reçus dimanche matin, après avoir voté. Ceux et celles qui me connaissent savent que j'en n'avais pas besoin pour déterminer mon choix mais quand même. Le fait — pour le ministre de l'Intérieur — d'avoir passé un marché avec une société privée démontre que, souvent, le service public, fait mieux car jamais avant ces régionales, les documents officiels ne m'avaient fait défaut. Et je vote depuis 1966 ! Adrexo fera-t-il mieux ou pire cette semaine ? Les paris sont ouverts.


20 juin 2021

Les résultats des élections régionales et cantonales à Louviers

Régionales : Hervé Morin en tête à Louviers, la gauche dans les 30 %
Cantonales : Philippe Brun et Nolwenn Leostic ont raison de croire en leurs chances

8 juin 2021

Eric Zemmour veut faire la nique à Marine Le Pen ?

Il m’arrive de me brancher sur la chaîne d’informations en continu C News. Cela prouve que je n’ai pas œillères car ce canal de Bolloré répand des idées et des obsessions que je combats. N’est-ce pas le privilège d’une démocratie ? Sur cette chaîne, un homme officie tous les soirs de la semaine pour diffuser des théories aussi discutables que celle du grand remplacement. Si vous ne le savez pas, Eric Zemmour le sait : Les Français(e)s bien blancs et bien blanches (même s’il n’utilise que rarement le féminin, gent que visiblement il ne fréquente que « bizarrement » pour rester poli) doivent savoir qu’une invasion sournoise est en cours et dont l’objectif ultime n’est pas la soumission chère à Houellebecq mais la victoire de l’Islam et son radicalisme supposé.

 

Eric Zemmour a été condamné à plusieurs reprises par la justice de notre pays. Sa saillie sur les mineurs-migrants isolés « tous des violeurs, des délinquants…ils ne devraient même pas venir en France » a été jugée comme une incitation à la haine, délit puni par le code pénal. A la direction de C News, on assume entièrement ce positionnement. Non seulement idéologique mais aussi financier puisque la seconde de pub se paie très chère. Ce qui amuse c’est le silence béat des trois faire-valoir dont on entend  à peine le son de la voix et à qui on peut dire « merci d’être avec nous » puisque c’est la phrase la plus entendue à la radio et à la télévision.

 

Revenons à Zemmour. S’il en est une qui craint sa candidature à la présidence de la République, c’est bien Marine Le Pen. Ils se sont parlés récemment et Marine Le Pen a tenté de la dissuader de se lancer dans la bataille. « Je suis la seule à pouvoir battre Macron » lui a-t-elle assuré. Ce que conteste Zemmour qui la juge incompétente dans de nombreux domaines. Sur ce point je ne peux que lui donner raison. Depuis son débat catastrophique face à celui qui allait devenir le président, elle a corrigé le tir sur l’euro et l’Europe mais le fond de commerce reste le même : immigration et insécurité. Son incompétence est criante et les Français(e)s dans leur immense majorité considèrent qu’elle ne possède pas les qualités pour habiter la fonction et encore moins pour exercer le pouvoir. Il y a loin de ses diatribes contre les migrants à des sommets de chefs d’états où elle ferait la preuve de ses lacunes.

 

Pour nous, fidèles à la gauche — même si les temps sont durs pour elle — le match éventuel entre Le Pen et Zemmour ne nous concerne pas sauf si l’un des deux avait une chance de l’emporter au second tour de la présidentielle. Dans le canton de Louviers je sais bien ce que feraient les candidats de gauche si le RN-FN pouvait gagner. A droite, à ce jour, j’ignore ce que Mme Terlez et M. Jubert feraient s’ils n’avaient aucune chance d’être élus au second tour de l’élection départementale. Je profite de ce billet pour les interpeller et les inviter (s’ils le souhaitent) à répondre à cette question avant le 20 juin.

5 juin 2021

M. Balsan (RN-FN) serait-il l'arbre qui cache la forêt des « incitations à la discrimination et à la haine » ?

J’ai reçu ce matin, les professions de foi des trois binômes candidats aux élections départementales des 20 et 27 juin dans le canton de Louviers. Je ne répèterai pas les sentiments que m’inspirent les binômes respectables que composent Philippe Brun et Nolwenn Léostic ainsi que M. Jubert et Mme Terlez même si, bien évidemment, ma préférence va aux premiers. Avec eux, la gauche et la droite sont représentées.

Je souhaite m’attarder sur l’écrit des candidats du Rassemblement national. Benoit Balsan, l’un des deux candidats, est à la tête d’un groupement forestier dont le siège est situé à Saint-Lubin. Les bois de Saint-Lubin me sont familiers. J’y ai passé une grande partie de ma jeunesse et y ai vécu de grands moments d’amitié partagée avec les gamins des quartiers ouest de la ville. On pourrait s’attendre à ce que M. Balsan mette en avant ses lettres d’une bourgeoisie bien dotée. Que nenni. Il préfère se déclarer « candidat de Marine Le Pen » et se livrer à une campagne honteuse fondée sur des contre-vérités. M. Balsan est donc l'arbre qui cache la forêt. Même s'il ne compte pas parmi la trentaine de candidat(e)s RN-FN exclus par Marine Le Pen pour opinions indignes.

 


110 avocats de la région parisienne ont d’ailleurs décidé de porter plainte contre des affirmations « nationales » des candidats RN-FN sur la prise en charge des migrants et notamment des mineurs isolés. Et là M. Balsan et Mme Philippe cautionnent les propos.  Dans son obsession maladive contre tout ce qui ressemble de près ou de loin à un immigré, le RN affiche des chiffres et des statistiques totalement infondées sur leur coût pour la collectivité, la réalité de leur minorité, et leur rôle dans l’insécurité ! Des avocats ont saisi vendredi 4 juin les procureurs de Nanterre, Versailles et Créteil – et s’apprêtent à le faire à Paris et à Bobigny – pour « incitation à la discrimination et à la haine ».

 Sous le titre, « Le saviez-vous ? », le parti d’extrême droite assure qu’« un mineur isolé étranger coûte 40 000 € par an au département. 60 % sont en réalité majeurs. (Rapport sénatorial 2017) Ils sont responsables de l’explosion de l’insécurité. (Exemple : 2 délits/crimes par jour à Bordeaux en 2020). Seuls nos élus mettront un terme à ce scandale ! » et : « Plutôt que de financer les mineurs isolés étrangers ou d’aider au logement des clandestins, élus, nous investirons davantage dans l’éducation de nos enfants, le bien-être de nos aînés et l’insertion des personnes en situation de handicap. »

 On peut lire dans un article étayé du journal « Le Monde » : « Les avocats contestent que les mineurs étrangers pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) soient dans leur majorité des délinquants ou « majeurs à 60 % », les dizaines d’enfants errants dans les rues, particulièrement abîmés et polytoxicomanes, ne sont justement guère pris en charge par la protection de l’enfance. Les mineurs isolés représentent moins de 10 % des enfants pris en charge par l’ASE, pour un prix de journée qui va jusqu’à 23 euros, soit 8 395 euros par an – loin des 40 000 euros annoncés. »

 

Pour obtenir une condamnation du RN-FN les 110 avocats signataires s’appuient sur une décision de la Cour de Cassation qui a estimé  que le délit d’« incitation à la discrimination et à la haine » était caractérisé lorsque « les textes incriminés tendent à susciter un sentiment de rejet ou d’hostilité, la haine ou la violence, envers un groupe de personnes ou une personne à raison d’une religion déterminée », la Cour européenne des droits de l’homme a confirmé en 2008 que la loi française de 1881 permettait de sanctionner les propos visant à donner « une image négative des communautés visées » dès lors qu’ils « avaient pour objet de provoquer chez les lecteurs un sentiment de rejet et d’antagonisme ».

En envoyant ce tract aux électeurs(trices) M. Balsan et Mme Philippe avec laquelle il compose un binôme, assument totalement ces affirmations reprises dans tous les tracts du RN-FN au plan national. Ils se rendent donc complices d’un délit punissable par les tribunaux correctionnels et s’avèrent aussi auteurs de mensonges. Plus rien ne nous surprend au RN-FN.

2 juin 2021

Le 20 juin à Louviers, je vote « solidaires » avec Philippe Brun et Nolwenn Léostic

Bientôt les régionales et les départementales. Les 20 et 27 juin prochains, les électeurs(trices) de notre pays sont appelés aux urnes pour désigner les élu(e)s qui pendant six ans vont (théoriquement)  défendre les intérêts des habitants de la Normandie et de l’Eure pour ce qui nous concerne. Les grands vainqueurs du suffrage vont être…l’abstention et sans doute le Rassemblement national si les sondages réalisés ici ou là ont un sens. L’un favorisant l’autre. On dit que les Français en colère veulent se défouler et quoi de pire qu’un vote pour les Le Pen, deux sœurs du même nom étant candidates dans les Hauts de France et en région parisienne.

 

Dans les cantons de Louviers, Val-de-Reuil et Pont-de-l’Arche, la situation semble contrastée. Arnaud Levitre et Marie-Annick Deshayes devraient aisément l’emporter  dans le canton de Pont-de-l’Arche tandis que Janick Léger et Marc-Antoine Jamet à Val-de-Reuil n’ont pas d’adversaires capables de les battre. L’issue du vote est plus incertaine à Louviers. Daniel Jubert (LR) sortant et Anne Terlez (MODEM) s’affichent sous la bannière de Sébastien Lecornu, élu de Vernon et ministre des Outre-mers (LREM). Ils ont pour slogan « Faire face ». Face à quoi, on ne sait pas. Encore un slogan inventé par un publicitaire. L’engagement macroniste de M. Jubert est récent lui qui est membre du parti des Peltier, Jacob et Ciotti. Mme Terlez, adjointe au maire de Louviers, compte sur un vote légitimiste et sur l’effet d’entraînement des municipales. Face à eux, un binôme du RN et deux candidats d’union de la gauche nouveaux venus sur la scène départementale. Philippe Brun et Nolwenn Léostic ont en effet réussi le tour de force de présenter une candidature de rassemblement permettant d’espérer. C’est la première fois depuis bien longtemps que la gauche lovérienne et alentour parvient à se montrer à la hauteur des défis que sont la crise sanitaire, la crise économique et le flot montant de l’extrême droite renforcée sur le plan national par la lâcheté d’hommes et de femmes que Jacques Chirac aurait exécrés. Sur les affiches officielles, les deux candidat(e)s de gauche ont fait le choix de la solidarité. On en a bien besoin par les temps troublés que nous vivons. 

 


Bien malin qui peut donner dès aujourd’hui l’ordre des trois binômes en présence. Il va de soi que si, par malheur, un risque RN se faisait jour, il faudrait tout faire, oui, tout faire, pour éviter l’irruption de la droite extrême dans l’enceinte départementale. Car on voit mal comment les urgences sociales et scolaires pourraient trouver des solutions avec des élus RN. Hormi l’immigration et l’insécurité que le RN caricature à l’excès, les lepénistes n’ont aucun programme généraliste concret à présenter et encore moins la possibilité de disposer d’une majorité. Que je sache, le régalien n’est pas dans les compétences du Département.

 

Quant aux régionales, je n’ai que les tracts de M. Hervé Morin pour me faire une idée de sa gestion passée. Le président de la Normandie a réussi le tour de force de n’avoir fait connaître à aucun moment et durant six ans sous une forme ou une autre, le contenu des politiques qu’il conduit. Et en plus, il s’en vante en assurant que la suppression du journal régional devrait être plébiscitée ! On marche sur la tête. La démocratie a ses exigences et l’information des citoyens en est une. Qu’elle ne soit pas une priorité de la majorité Morin est un signe de mépris pour les citoyens. Mélanie Boulanger que j’ai bien connue quand elle travaillait à la mairie de Val-de-Reuil, compte s’installer dans le paysage politique comme le fit avant elle Nicolas Mayer-Rossignol devenu maire de Rouen et président de la Métropole. C’est tout l’avenir qu’on lui souhaite, elle qui a fait ses preuves à Canteleu à la grande satisfaction de ses administrés. 

 

9 mai 2021

François Mitterrand était passé à Louviers quelques jours avant le 10 mai 1981

François Mitterrand avec Henri Fromentin et Michel Doucet. (photo JCH)

Le 10 mai 1981 restera pour les socialistes un jour historique. Pour toute la gauche également puisque pour la première fois sous la 5e République, un homme issu de ses rangs devenait président. Quelques jours avant ce dimanche exceptionnel, François Loncle, pas encore député et Henri Fromentin, alors maire de Louviers, avaient accueilli François Mitterrand en compagnie de Michel Doucet, l’un des animateurs de la section de Louviers du PS. Réunis dans la cour de l’Hôtel de ville, les supporteurs (et les curieux) avaient attendu un long moment François Mitterrand connu pour ses retards légendaires. Il allait prononcer un discours intense, bref mais apte à susciter un souffle porteur de victoire.

 

Déjà en 1978, le candidat du PS avait rendu visite à notre ville. La salle des fêtes était alors remplie à ras bord et des centaines de Lovériens et Lovériennes ainsi que nombre de voisins (on reconnaît Jean Récher à droite sur la photo en bas du billet) l’avait écouté à une époque où la gauche était considérée comme un parti de gouvernement conquérant. Les législatives de cette année-là ne lui permirent pas d’engranger le succès qui ne devait se produire que trois ans plus tard, VGE et les diamants de Bokassa, n’ayant pu résister à la poussée de la gauche enfin victorieuse grâce il est vrai au coup de pouce de Jacques Chirac adversaire résolu du président sortant.

 

Jean Lacouture et son épouse ont rédigé le récit de l’après 10 mai en accomplissant un tour de France des régions et des initiatives. Ils passèrent sur la route de Louviers et eurent la gentillesse de m’interroger pour me demander mes sentiments après le 10 mai. Ils avaient choisi Louviers car ils connaissaient un peu l’histoire du comité d’Action et « l’aventure du Dr Martin » comme l’avait titré en 1969 le Nouvel Observateur. Je leur exprimais ma satisfaction de voir la gauche arriver au pouvoir mais je tempérais mon bonheur en relativisant le programme de François Mitterrand. Le tournant de la rigueur pris en 1983-1984 devait confirmer mes craintes même si le bilan du gouvernement de Pierre Mauroy avait des couleurs chatoyantes. Les Français n’ont pas oublié la suppression de la peine de mort, la retraite à 60 ans, la libération des ondes, les nationalisations et un ensemble de mesures économiques et sociales tant promises et tant attendues. Il reste à souhaiter qu’un jour futur permettra à l’espérance de gauche de renaître et de triompher à nouveau.


 

8 mai 2021

Trump a fait espionner des journalistes du Washington Post

La hantise du journalisme d’investigation ! Aux Etats-Unis, mais en France aussi, le pouvoir politique, quel qu’il soit, se méfie des journalistes. Leur liberté d’expression et leurs qualités d’enquêteurs dérangent au plus haut point. Mais quand la justice se mêle à l’écriture de l’histoire, le danger pour la liberté devient encore plus criant et révoltant. Le Washington Post, quotidien devenu culte après l’affaire du Watergate, vient d’apprendre que le ministère de la justice de Donald Trump avait intrigué afin de découvrir les échanges (échanges téléphoniques personnels et professionnels, mails etc.) de trois journalistes du quotidien, lesquels enquêtaient sur le rôle et l’ingérence de la Russie de Poutine dans la campagne électorale de 2016 en faveur de Trump. Aux Etats-Unis la liberté de la presse est garantie par la Constitution. Y déroger est un crime très grave. 

 

La rédaction en chef du journal américain a demandé au ministère de la Justice de faire toute la lumière sur ce coup bas finalement peu étonnant de la part de l’équipe Trump. Ses affidés — et l’avenir nous réservera d’autres mauvaises surprises — étaient prêts à tout pour servir le président (dictateur ?) peu regardant sur la Constitution américaine et sur les libertés qu’elle garantit. Alors même que l’ancien président poursuit sa campagne mensongère, assurant toujours qu’il avait gagné l’élection, le conseil de surveillance de Facebook a décidé de maintenir l’interdiction de publier de Trump eu égard aux risques encourus de campagne mensongère ou calomnieuse. L’ancien président mène en effet une croisade contre les parlementaires qui ont osé voter pour la procédure d’empêchement finalement refusée par le Sénat. Les élections de mi-mandat s’annoncent chaudes et risquées. Sans le canal de Twitter et de Facebook, Trump dispose de moins de relais pour instiller son venin et sa perfidie.