26 octobre 2016

Quelques réflexions au débotté : Hollande, Magnette, Théresa May, Marc-Antoine Jamet…


4% de satisfaits ! Record battu ! Jamais un président de la République, sous la Ve République, n’avait atteint un tel niveau d’impopularité. Jamais un président en exercice n’avait suscité un rejet aussi explicite. Que Hollande soit candidat à la primaire de la gauche, soit, mais alors il ne faudra pas qu’il craigne l’humiliation. Finalement, il vaut peut-être mieux qu’il soit battu par le vote des militants de gauche plutôt que par la droite et le Front national dans un premier tour de présidentielle.
Le sondage du CEVIPOF publié par Le Monde d'hier a été établi sur la base de 20 000 réponses soit un échantillon représentatif même s’il est imparfait. François Hollande paie cash les confidences faites aux journalistes auteurs d’un livre maintenant célèbre mais aussi le bilan de son action jugée négative par la majorité des Français. J’entends encore la phrase de Martine Aubry s’adressant à l’homme qu’elle ne connaissait que trop bien : « quand c’est flou, il y a un loup. » le quinquennat Hollande aura été marqué par un brouillard épais que lui seul aura réussi à dissiper en commentant sa propre action et en livrant (sans doute avant l’heure) au public le fruit de ses cogitations.

Theresa May, dans une conférence faite devant le staff de la banque Goldman Sachs un mois avant le referendum sur le Brexit, affirmait que la présence de la Grande-Bretagne au sein de l’Un ion européenne était une bonne chose pour son pays et l’Europe. Elle insistait sur les dangers du Brexit, notamment sur le plan économique, et affirmait que la Grande Bretagne avait vocation à jouer un rôle de leader dans l’Union.
Elle a quand même accepté d’occuper le poste de Premier ministre chargé de négocier le retrait de la Grande-Bretagne. Que faut-il voir dans cette contradiction flagrante ? Un abandon de ses convictions au bénéfice d’une carrière ? L’avidité pour le pouvoir ? Un ego démesuré ? Le double langage est tellement habituel chez les politiciens que plus rien ne nous étonne. Conservons cependant notre capacité d’indignation si chère à Stéphane Hessel. 

Le président socialiste de la Wallonie serait-il à la tête d’une irréductible région gauloise à la Astérix ? Lui et ses élus refusent d’accepter le traité de libre échange en cours de discussion avec le Canada. Ils considèrent que la rédaction actuelle met en danger les services publics européens et permettrait aux multinationales de poursuivre trop facilement en justice les états modifiant leur législation notamment en matière d’environnement M. Magnette veut plus de clarté et plus de protection des intérêts des pays de l’Union européenne. Compte tenu du système belge, il suffit qu’un parlement régional refuse une loi ou un traité pour que l’ensemble de la nation soit dans l’impossibilité de la ou le ratifier.
M. Magnette en a assez, également, des pressions exercées sur sa personne afin qu’il signe toutes affaires cessantes, ce traité mal négocié et mal rédigé. La Commission européenne devrait, une fois encore, se méfier de ses élans libéraux et de sa propension à prendre les élus pour de simples exécutants…

Dans Paris-Normandie d’aujourd’hui, Marc-Antoine Jamet, premier secrétaire du Parti socialiste de la fédération de l’Eure, expose sa vision des prochaines élections législatives et distribue bons et mauvais points. MAJ est dans son rôle quand il évoque les possibles victoires de tel ou tel. Je doute qu’il soit totalement convaincu de ses prévisions par trop optimistes mais on ne saurait lui reprocher d’anticiper et donc d'accepter une défaite…surtout si elle est annoncée. On ne démotive pas ses troupes !
S’il épargne Jean-Louis Destans, il charge François Loncle à qui il reproche son absence de résultats en matière industrielle ou de proposition législative. Il se félicite, par contre, du fait que trois femmes seront appelées à défendre les couleurs du PS (sauf changement toujours possible ou probable en fonction des accords avec d’autres partis de gauche) dans trois circonscriptions « fléchées » femmes. Qu’elles soient d’ores et déjà choisies parmi des militantes euroises évitera de connaître des parachutages de dernière minute, autant d’occasions de susciter des candidatures dissidentes.
Dans la circonscription de Louviers, le ou la future(e) candidat(e) devra sans doute affronter le maire de cette ville soutien d’un Bruno Le Maire en difficulté…puisque dépassé par Fillon pour la 3e place sur le podium de la primaire de droite. Pour l’avoir entendu, récemment, à la radio, je ne m’étonne pas de la désaffection en cours. Bruno Le Maire me fait penser à ces vieux-jeunes parlant verlan pour les micros sans en avoir ni la culture ni l’assurance.  


23 octobre 2016

« Mon électorat est populaire, ce sont des ploucs. » Sarkozy dément avoir tenu ces propos…


Il y ceux qui parlent aux journalistes devant des micros, comme Hollande, avec toutes les conséquences fâcheuses possibles et ceux qui parlent hors micro, en off, comme on dit dans le jargon du métier, mais ne prennent pas suffisamment de précautions…c’est le cas de Sarkozy. Je devrais d’ailleurs utiliser le conditionnel puisqu’aujourd’hui, l’ancien président de la République menace l’AFP et le Nouvel Observateur d’un procès si ces médias n’avouent pas qu’ils se sont trompés.

Quel est l’objet du litige ? Au cours d’un repas réunissant Sarkozy et des journalistes, le candidat à la primaire de la droite et du centre aurait déclaré : « mon électorat est populaire. Ce sont des ploucs. » Bien que dite sur le ton de la confidence, cette remarque semble tellement vraisemblable eu égard au personnage que tout le monde a cru qu’elle était vraie, moi le premier. Depuis le « casse toi pov con » et d’autres paroles vulgaires aussi célèbres, rien ne nous étonne plus vraiment de la part de celui qui aspire à nouveau aux plus hautes fonctions.

Je m’interroge : est-il possible qu’un journaliste digne de ce nom ait rapporté des propos inventés avec l’intention de nuire à Sarkozy et qu’il ait donc rendu publique une formule si bien adaptée à la situation présente mais sortie de son imagination ? Je viens de consulter le dictionnaire pour connaître l’origine du mot plouc. En première définition le plouc est un paysan et en seconde intention le plouc est un péquenaud. Inutile de préciser qu’utiliser la formule dans un sens ou dans l’autre ne démontre pas une très grande estime pour les personnes que l’on qualifie ainsi. Surtout chez les agriculteurs, électorat-cible de Sarkozy.

Ce dernier exige que l’AFP reconnaisse une erreur. Quand bien même. Une dépêche pourra toujours lui donner satisfaction. Le fait est que tout le monde continuera de croire que le candidat LR a bien tenu ces propos désobligeants à l’égard de son potentiel électorat. On sait bien ce qui se passe dans les arrières cuisines de certains politiciens : Donald Trump est l’exemple type du macho insolent. De là à tenter un rapprochement entre Trump et Sarkozy, voilà un pas que je n’ai pas encore franchi…

21 octobre 2016

Au golf du Vaudreuil, Jean-Claude Forestier prépare la Ryder Cup à la façon…hôtelière


On coupe le ruban souvenir. (photo JCH)
La Ryder cup, l’un des événements sportifs et golfiques de renommée mondiale, se disputera en France en 2018 sur le parcours du golf national. Je rappelle que cette épreuve se dispute sur  trois jours et oppose les équipes américaine et européenne de golf composées, à quelques unités près, des meilleurs joueurs du monde. La France accueille pour la première fois cette épreuve d’où un engouement global de la part des golfeurs mais aussi des structures aptes à recevoir avec égard les milliers de visiteurs français ou étrangers passionnés…

C’est le cas du golf du Vaudreuil. Pris en mains il y a maintenant huit ans par Jean-Claude Forestier, ce parcours situé à 100 km de Paris et sur l’axe séquanien, a été progressivement doté d’un terrain très bien préparé et d’installations aussi pratiques qu’à la pointe des techniques modernes. Je ne lasserai pas mes lecteurs en évoquant la « golf court academy » où les amateurs de la petite balle blanche (ou rouge…) peuvent travailler leur « petit » jeu, indispensable pour éviter l’inflation sur leur carte de score.

Jean-Claude Forestier répond aux journalistes. (photo JCH)
Ce n’est pas tout. Jean-Claude Forestier, acteur persévérant et doté d’une vision à long terme, vient non seulement de renforcer l’équipe de formation et d’enseignement (1) mais en plus il tient à ce que l’ensemble des équipements du golf se situent à la hauteur de ses espérances. Avouons le, l’hôtel du golf faisait jusqu’à maintenant un peu tache dans le paysage global. Alors Jean-Claude Forestier a pris le taureau par les cornes en engageant la rénovation-réhabilitation d’un hôtel devenu « le grand Slam » en hommage au grand Chelem golfique comprenant les principaux tournois majeurs de la planète golf.

Le résultat est stupéfiant. L’hôtel est devenu un lieu au décor subtil et serein, les huit chambres atteignent un niveau étoilé, le tout baignant dans une ambiance propice à l’amour du jeu de golf excellent pour tromper la mort comme dirait Jean d’Ormesson. Il y a plus. Grâce au concours de Christian Lambert, un journaliste honoraire à la plume aussi précise qu’instruite, les résidents ont la chance de connaître par le menu l'épopée de ceux qui ont marqué l’histoire d’un sport pratiqué par Jack Niklaus, Tiger Wood, Arnold Palmer, Tom Watson…et tant d’autres fervents serviteurs de ce sport passionnant.

Pour couper le ruban, hier, Jean-Claude Forestier avait souhaité être entouré par son épouse, Véronique, décoratrice émérite, Bernard Leroy, président de la CASE et maire du Vaudreuil, et par Richard Daniel Boisson, le sous-préfet des Andelys, homme de…terrain de golf en l’occurrence. L’avis unanime des invités venus nombreux flatte sans doute l’égo de M. Forestier. Il fait plus puisqu’il apporte à notre région un atout touristique indéniable, justement défendu par les équipes de l’agglomération Seine-Eure.

(1) Guillaume Biaugeaud et son épouse viennent de prendre en mains l'enseignement. Ces deux professionnels font des miracles. Et en golf on sait ce que cela veut dire.

L'obstination de François Hollande coûtera cher à la gauche dite de gouvernement


L’avis de tempête est annoncé et François Hollande perd le nord comme il perd ses soutiens les plus fidèles. Outre le fait que les membres des cabinets ministériels éprouvent le besoin de se recaser toutes affaires cessantes, on assiste, aujourd’hui, à une fuite des parlementaires et des militants. Que ces derniers en aient ras les chaussettes des promesses non tenues ou des virages à 180 degrés, on peut le comprendre. Mais que des députés socialistes non frondeurs rendent public leur désaccord avec la conduite du président de la République voilà qui est nouveau…et inquiétant. Le livre des journalistes du Monde aura donc fini le travail qu’Hollande lui-même avait commencé avec les péripéties Cahuzac, Trierweiler-Gayet, Macron et consorts.

François Loncle ne soutient plus François Hollande.
C’est nouveau, en effet, puisque le député de Louviers, François Loncle, a voté comme un seul homme toutes les lois proposées par Hollande ou les réformes constitutionnelles les plus scandaleuses comme la déchéance de la nationalité. Que François Loncle, député depuis 1981 et qui en a vu, des gouvernements, prenne la poudre d’escampette (1) montre bien à quel niveau de désarroi et d’inquiétude se situe sa réflexion. A sept mois des élections législatives, jamais le contexte n’a été aussi défavorable à la gauche dite de gouvernement, un terme bien impropre eu égard à l’amateurisme des dirigeants et à une fin de quinquennat plus qu’alarmante.

Inquiétant également parce que la Gauche se retrouvera bien dépourvue quand la bise sera venue. Malgré le changement climatique, l’hiver sera froid pour les socialistes comme il l’a été avant-hier pour Cécile Duflot balayée d’un revers de bulletin par M. Jadot et Mme Rivasi lors de la primaire des écologistes. Si, par malheur, Hollande se présente à la primaire de la gauche socialiste, je crains fort qu’il subisse la même humiliation que celle vécue douloureusement par son ancienne ministre du logement. S’il lui reste un peu de dignité, il vaudrait mieux que François Hollande n’entraîne pas dans sa chute les quelques troupes demeurées à ses côtés dans ce qui serait le plus grand ratage de sa gestion. Malheureusement, j’ai bien peur que l’homme soit un osbtiné.

J’ignore si le député de Louviers cherchera, de son côté, à conserver « Sa » circonscription comme il l’a déclaré récemment dans la presse. Quel que soit le cas de figure, la seule chance réelle de la conserver à gauche serait l’élection d’un président de gauche. Dans le cas contraire, avec l’élection à la présidence de la République de Juppé ou de Sarkozy ou d’un autre à droite, il y a fort à parier que cette circonscription, comme en 1993, tombera dans l’escarcelle de la droite ou du centre…droit, du pareil au même.

Il ne faut pas s’en réjouir. Je réitère ce que j’écrivais sur ce blog il y a quelques jours. Le programme économique de la droite fera mal aux classes modestes et moins modestes. Les annonces des Juppé, Sarkozy, Le Maire, Fillon, si elles deviennent des lois ou des ordonnances vont faire mal, très mal. Même s’il s’impose à tous, le suffrage universel peut parfois avoir des ratés. Triste constatation.

(1) Dans une interview à La Dépêche, le député de Louviers annonce qu’il ne signera pas l’appel en faveur de la candidature Hollande. Lors de la réunion du groupe PS de l’assemblée, mercredi, M. Loncle a souhaité évoquer le cas Hollande. Sans succès. Bruno Leroux, le président du groupe socialiste, ayant décidé de botter en touche.

16 octobre 2016

Quelques réflexions au débotté : quand Hollande se regarde pédaler…et se ramasse


Au Bourget Hollande aurait dû nous dire qu'il était l'adversaire de lui-même.
François Hollande et sa tentative d’autolyse
KO. François Hollande va mettre du temps à se relever, s’il se relève jamais, avant le 15 décembre prochain, date limite des dépôts de candidatures pour participer à la primaire de la Gauche. Dans leur livre, les journalistes du Monde, Fabrice Lhomme et Gérard Davet, rapportent les propos d’un homme visiblement « sûr de lui et dominateur » mais un homme victime de son surmoi et de ce qu’il considère comme une intelligence supérieure. Un président de la République doit-il être en même temps dans l’action et dans le commentaire de cette action, sans recul, sans prise de distance et surtout sans savoir quel sera le contexte global lors de la parution du livre en chantier sur plusieurs années ?
La réponse est évidemment non. Car nul, même le plus aguerri des hommes politiques, ne devrait accepter de se livrer sans tabou et sans précautions à deux journalistes d’investigation trop heureux d’enregistrer la formule qui fait mouche, qui déplaira aux magistrats accusés de lâcheté, remettra les footeux à leur place, les écologistes dans la marge, les frondeurs chez les idiots utiles. Que reste-t-il à Hollande ? Ce que Corneille faisait dire à Médée : « moi, moi, dis-je et c’est assez. »
Hollande est donc un homme seul victime de lui-même et de son apparent orgueil. Comment, dans ces conditions, pourrait-il concourir avec la moindre de chance de gagner la primaire de la gauche d’abord et la présidentielle ensuite ? Faut-il être surpris de la débandade de la gauche après ce quinquennat Hollande ? La gauche a tout perdu : municipales, cantonales, régionales (encore que…) européennes, comment pourrait-elle gagner l’élection qui détermine tout ou presque ? Il faut être sacrément inconscient ou tout simplement optimiste de nature pour croire que l’opinion publique changera d’avis en quelques semaines.
Le pire est que Hollande se livre maintenant à un rétropédalage à la Trump du genre « ce n’est pas moi, ces propos ne reflètent pas ma pensée…» Quelle tristesse. De même qu’on ne peut pas imaginer un général de Gaulle mis en examen, imagine-t-on un Mitterrand s’excusant d’avoir été imprudent ou maladroit ? Décidément, les supporteurs de Martine Aubry doivent se ronger les sangs en déplorant le plus formidable échec de ce président qui a même l’impudence d’assurer être « personnellement » contre la déchéance de nationalité quand il proposait de la constitutionnaliser pour complaire à Sarkozy. Quel gâchis ! Le coup de grâce vient d'ailleurs d’être donné par Ségolène Royal qui affirme maintenant que l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes n’est pas nécessaire. « Le projet n’ira pas au bout » a déclaré Hollande aux journalistes…Vive le référendum dont j’ai déjà souligné tous les inconvénients et les limites. J’aouterai : quel gâchis et quel bazar !

François-Xavier Priollaud mise sur un cheval d’avenir
François-Xavier Priollaud ira loin car il est malin. En soutenant Bruno Le Maire pour la primaire de la droite et du centre, il sait très bien que le député d’Evreux n’a aucune chance de la gagner. Mais il sait aussi qu’il faudra compter avec « Bruno » lors du prochain gouvernement (éventuel) de la droite. Car la primaire est aussi un examen de passage pour ceux et celles qui aspirent à gouverner la France et qui, en fonction de leurs idées et de leurs calculs, savent se placer à la corde. Ou au bon endroit.
Non seulement M. Priollaud aura de fortes chances de gagner la législative si le président de la République élu est de droite mais en plus il sera à même de jouer un rôle (lequel ?) auprès de son mentor eurois. S’il devient député, la loi sur le cumul — que défend âprement Bruno Le Maire — obligera FXP à abandonner son siège de maire de Louviers (il demeurera sans doute adjoint) et lui permettra de mettre en selle l’un de ses adjoints actuels. Le choix est large : Terlez, Jubert, Bidault…On n’a donc pas fini d’entendre parler de ce cadet de la droite dont je ne doute pas qu’il se ralliera à Juppé au second tour de novembre. 
Au fait, j’invite les électeurs(trices) de gauche a regarder de près le programme économique de l’ancien Premier ministre. Ça décoiffe ! Fin des 35 heures, baisse progressive des indemnités de chômage, diminution du nombre de fonctionnaires, baisse de la dépense publique, suppression de l’ISF…on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas lorsque l’éventuel futur président de la République demandera à sa majorité (éventuelle) de légiférer et d’imposer des mesures antisociales. Il sera toujours temps de descendre dans la rue et de battre le pavé mais il sera trop tard pour pleurer. Alors qui pour présider à gauche ? Pour l’instant, c’est la bouteille à l’encre.

Quand Johnson vantait le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne
Dans un article écrit (mais non publié) à l’occasion du référendum sur le Brexit, Boris Johnson, actuel ministre des affaires étrangères britanniques, a écrit que le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Europe « serait un bienfait pour l’Europe et le monde ». Et puis quelques jours après, changement de pied : L’ancien maire de Londres devenait l’un des principaux pourfendeurs du « remain ».
La seule explication tient en un mot : « la carrière ». Boris Johnson, faisant fi de ses convictions les plus profondes, a opté pour la sortie de l’UE en pensant que le maintien dans l’union serait majoritaire et qu’il se construirait une image solide à peu de frais. Mais l’arroseur arrosé est aujourd’hui bien marri. Tout simplement parce que le gouvernement britannique actuel a récupéré la patate chaude et qu’il est bien ennuyé pour faire face à la situation créée par la victoire du non.
En lisant le Gardian de ce matin, on découvre par ailleurs que le principal financier de la campagne de l’UKIP (avec Farage !) avait des comptes offshore à Gibraltar et dans les îles vierges. Révélé par les Panama Papers, ce fait démontre combien ces hommes politiques sont des affairistes beaucoup plus intéressés par l’argent que par des convictions idéologiques. Pour eux le Brexit est vécu comme un simple moyen de s’enrichir avec d’hypothétiques ouvertures au monde sans les règles de l’UE. Il n’empêche que ces nouveaux prophètes pourraient bien être des prophètes de malheur.

8 octobre 2016

Trump ? Un érotomane vantard…


Des propos obscènes sur les femmes, bien des hommes en tiennent au café du commerce ou ailleurs. Il est rare cependant que des hommes politiques soient enregistrés lorsqu’ils se livrent, par vantardise ou par un machisme atavique, à des saillies transformant les femmes en objets sexuels. Donald Trump, candidat à la présidence des Etats-Unis d’Amérique, excusez du peu, a donc été pris en flagrant délit de propos orduriers et indécents.

Le site du Washington Post a mis en ligne une conversation entre Donald Trump et un cousin des Bush, animateur TV, enregistrée en 2005 mais dont le contenu ne laisse aucun doute sur la vision particulièrement graveleuse du magnat de l’immobilier assurant que les stars pleines de fric n’ont aucun mal à séduire des femmes ce qui, au demeurant, laisse perplexe quant aux qualités recherchées chez ces hommes à « succès ». A peine mise en ligne, les commentaires sur cette discussion entre hommes ont afflué de la part des Démocrates, certes, mais également des ténors Républicains effarés par tant d’impudeur et de vulgarité.

Ce dérapage — en est-il vraiment un ? — a suscité des excuses (c’est rare !) de la part de Trump ; Des excuses bizarres puisqu’il a profité de l’occasion pour attaquer Bill Clinton dont les frasques l’avaient menacé d’une procédure d’empêchement. Lui aussi avait dû s’excuser publiquement. Mais Bill Clinton n’est plus candidat et son épouse apparaissait plutôt comme une victime dans cette affaire de sexe, elle qui est devenue la candidate des démocrates avec une bonne chance de l’emporter en novembre prochain.

Trump a aggravé son cas. Après le premier face à face télévisé, Trump avait perdu des points. Cette publication nouvelle ne va pas lui en faire gagner. Gageons que demain, lors du second débat télévisé, Hilary Clinton saura, habilement, utiliser la vulnérabilité d’un candidat matador finalement domptable.

François Hollande préconise trois mandats de parlementaire dans le temps, pas un de plus !


Les défenseurs du cumul des mandats sont des dinosaures. Il est fini le temps où on pouvait à la fois être député ou sénateur, président de conseil général, maire sans oublier les présidences des syndicats multiples d’avant la décentralisation et les communautés de communes. Rares sont ceux qui osent assurer qu’ils remettront en cause la loi votée au cours du quinquennat Hollande et applicables dès le prochain renouvellement de l’Assemblée nationale.

Parmi les candidats dits sérieux, Bruno Le Maire et Alain Juppé, notamment, affirment que la loi actuelle sera appliquée. Seul Sarkozy pour complaire à quelques amis avides de pouvoirs ose prétendre qu’il cherchera à faire annuler la loi anti-cumul. En fait, personne ne le croit car pas un élu sérieux ne se livrera à un tripatouillage que les citoyens auraient tôt fait de condamner. Je sais bien qu’il existe des élus de base pour défendre le cumul, c’était d'ailleurs le cas de l’ancien maire de Louviers, radical de gauche, un parti où les cumulards étaient pléthore. Mais tout a une fin…

François Hollande, en réaffirmant, hier, son hostilité au cumul des mandats est même allé plus loin. Pour le président de la République, les parlementaires ne devraient pas pouvoir exercer plus de trois mandats dans le temps. Autrement dit, un député ou un sénateur devrait — comme le dit Emmanuel Macron — se montrer plus en mission qu’en professionnel intéressé de la politique. Un mandat pour découvrir, un mandat pour consolider et un mandat pour préparer l’avenir autrement dit pour adouber des jeunes (homme ou femme) actuellement barrés par la présence continue de certains anciens.

Dans la circonscription de Louviers, Richard Jacquet, maire de Pont-de-l’Arche, n’a pas caché que la longévité de François Loncle, si elle est une preuve de son excellente santé puisqu’il est député depuis 1981 (avec une interruption de 1993 à 1997), pose un vrai problème de renouvellement et de rajeunissement. A diverses reprises, le parlementaire socialiste a fait savoir qu’il ne se représenterait pas à la députation mais à chaque fois, des circonstances forcément impératives l’ont fait changer d’avis. Qu’en sera-t-il en décembre de cette année lorsque les candidatures socialistes devront être avalisées dans les différentes circonscriptions alors même que la primaire de gauche n’aura pas encore rendu son verdict ?


5 octobre 2016

La majorité de droite du conseil régional baisse la dotation de fonctionnement des lycées publics normands


Les Normands qui ont voté pour les listes Morin aux dernières élections régionales ne s’attendaient sans doute pas à apprendre que la majorité de droite n’aurait de cesse de porter atteinte aux conditions de travail des lycées de l’enseignement public. Sournoisement parfois, plus clairement lors des votes en assemblée plénière, les élus de la droite viennent de diminuer la dotation globale de fonctionnement alors que jamais la Gauche n’avait commis pareille entorse aux conditions d’enseignement dans le secteur public. Les élus SRC de la région Normandie m’adressent le communiqué (ci-dessous) dénonçant une orientation frappée du sceau du mieux-être pour l’enseignement privé, catholique notamment.
 « Lors de l’Assemblée Plénière régionale de ce lundi 3 octobre 2016, les élus régionaux étaient amenés à se prononcer sur la dotation globale de fonctionnement des établissements publics locaux d’enseignement de Normandie.
Sous les précédentes majorités présidées par Laurent Beauvais en Basse-Normandie et Nicolas Mayer-Rossignol en Haute-Normandie, jamais cette dotation globale de fonctionnement (DGF) n’avait globalement diminué. Elle pouvait bien sûr être ajustée individuellement par lycée en fonction des évolutions des effectifs, mais un principe fondamental prévalait : à l'échelle de la Région, le montant total de la DGF était soit maintenu, soit augmenté. Parce que l'Education est notre priorité. Dans le contexte actuel, marqué notamment par une crise du vivre ensemble, investir dans l’Education est plus que jamais nécessaire.
Malheureusement la droite normande n'a pas les mêmes priorités. Hervé Morin et sa majorité régionale, après avoir accepté de faire entrer des représentants de l'extrême droite aux Conseil d'administration des lycées, viennent de voter une baisse de la DGF. Pour certains lycées publics, généraux, technologiques ou professionnels, EREA... cette baisse sera substantielle, de l'ordre de plusieurs pourcents.
Cette décision politique est hautement symbolique quand on sait qu’en mai dernier, la droite normande a voté un chèque cadeau de 65 millions d'Euros aux lycées privés catholiques normands (44M€ pour 2016, 4,3M€/ ans sur les cinq ans suivants du mandat). Elle est malheureusement cohérente avec les récentes décisions de la droite à la tête des Départements normands, notamment dans l'Eure et en Seine-Maritime: suppression de bourse aux collégiens, fermeture de collèges, baisse des moyens.
Nous dénonçons cette politique qui fait du tort aux élèves normands, aux enseignants, aux personnels techniques et administratifs, aux personnels de l'Education nationale. Pour notre part, nous continuerons sans relâche à défendre l'Education. »

3 octobre 2016

Donald Trump est « malin » et ne paie pas d'impôts


Heureusement, que ce soit en France ou aux Etats-Unis, il existe une presse vigilante, des journalistes-enquêteurs qui contrôlent les déclarations des politiques et veillent à vérifier la véracité de leurs affirmations. Il arrive aussi que le silence de certains d’entre eux (elles) soit plus éloquent que leurs réponses aux questions. Il faut alors que les journalistes parviennent à percer le mur des refus ou des indifférences.

Hilary Clinton a maintes fois mis en cause Donald Trump pour avoir refusé de rendre publiques ses déclarations de revenus. Le magnat des affaires a usé de mille subterfuges pour éviter de répondre aux demandes de transparence de sa rivale démocrate (1). Celle-ci a assuré que Trump « le défenseur des pauvres et des oubliés » ne payait pas d’impôts depuis des années mais aucune preuve matérielle n’avait été publiée.

Il s’est trouvé une bonne âme pour adresser au New York Times la copie de la déclaration de revenus de Trump de 1995 dans laquelle il fait état de pertes abyssales suites à de mauvaises affaires dans l’immobilier notamment. Avec une perte de près de 900 millions d’euros, Trump a bénéficié ensuite d’une exonération totale d’impôts jusqu’en 2003 alors même qu’il possède des immeubles, des golfs, des biens mobiliers à ne plus quoi savoir en faire. En fait, Trump a avoué dans son face à face récent avec Mme Clinton qu’il était « malin » et donc habile à user d’un système fiscal avantageux pour les grosses fortunes et les combinards.

C’est souvent ainsi. Les riches ou très riches savent s’entourer de conseillers, de banquiers, aptes à dénicher les meilleurs cachettes, les lois les plus favorables, les paradis fiscaux les plus facilement accessibles…le scandale des panama papers illustre bien cette frénésie pour l’argent caché. Mais Trump n’est pas une exception. Il bénéficie du système qu’il dénonce pourtant de manière démagogique, un système qu’il ne réformera pas s’il est élu président des Etats-Unis et qu’Hilary Clinton ne touchera qu’à la marge. Seul Bernie Sanders avançait des propositions réellement clivantes. Il est maintenant contraint d’aller prêcher la bonne parole dans les swing states, ces états où se jouera finalement l’élection.…

(1) Hilary Clinton a publié ses déclarations de revenus très tôt dans la campagne.




1 octobre 2016

Dans le programme de la SED de Louviers au mois d'octobre : « derrière la montre, le corset »


Le programme de la Société d'études diverses de Louviers et sa région au mois d'octobre 2016 :
Lors de la dernière conférence. (photo JCH)
« Nous proposons ce mois-ci deux rendez-vous. Le samedi 8 octobre, à 16 heures, Jean-Pierre Binay et Claude Cornu organisent pour les amis de la SED une visite commentée de l’exposition actuellement présentée à la Médiathèque de Louviers, rue du Quai, « Le legs au XIXe siècle, portrait de quatre donateurs lovériens à la bibliothèque municipale ». Cette exposition est le fruit d’un travail commun de la SED et de l’équipe de la Médiathèque. Nous avons sélectionné, dans les fonds légués par Léopold Marcel, Charles Lalun, Nicolas-André Huet et Edmond Le Mercier, un ensemble de documents particulièrement intéressants ou pittoresques sur l’histoire locale ou nationale : plans, gravures, affiches, lettres, photos… Vous y découvrirez notamment une variante du jeu de l’oie datant du règne de Louis XVI, destinée à apprendre aux enfants l’histoire des rois de France. Pour participer à cette visite, il suffira aux personnes intéressées de se présenter à la Médiathèque ce jour-là à l’heure dite.

Notre conférence mensuelle aura lieu le samedi 22 octobre à 16 heures, dans la salle Pierre Mendès France, à l’Hôtel de Ville de Louviers. Nous aurons le plaisir d’accueillir Mme Hélène du Mazaubrun, directrice du Musée de l’horlogerie de Saint-Nicolas-d’Aliermont, qui abordera un sujet tout à fait original :

« La mode au temps de l’impressionnisme. Derrière la montre, le corset ».

C’est aussi le titre de l’exposition qui se tient, jusqu’au 31 décembre, au Musée de Saint-Nocolas d’Aliermont, dans le cadre du festival Normandie impressionniste, et dont Hélène du Mazaubrun est le commissaire. Une exposition qui dévoile la modernité de la fin du XIXe siècle peinte par les impressionnistes. En Normandie, les techniques horlogères et l’industrie textile participent à la richesse du territoire. Dieppe et d’autres plages deviennent d’incontournables promenades où il s’agit d’être vu. La montre à gousset s’affiche pour tout homme qui réussit, tandis que le corset devient le symbole d’une absence de liberté de la femme. La conférence, comme l’exposition, traitera de la mode sous l’angle de l’histoire de l’art et soulignera aussi les rôles du féminin et du masculin à cette époque. Non sans quelques mises en perspective avec notre société actuelle. La mode ne cesse en effet de se réinventer de manière cyclique : un siècle plus tard, le corset n’est-il pas revisité par le couturier Jean-Paul Gaultier ?


Le président de la SED, Jean-Pierre Binay et Claude Cornu, vice-président.