17 juin 2016

Le meurtre de Jo Cox fait trembler la Grande-Bretagne…quand l'Europe retient son souffle


Jo Cox, députée travailliste, assassinée pour ses convictions.
« Mourir pour des idées, d’accord mais de mort lente » chante Georges Brassens. Jo Cox, député travailliste de Grande-Bretagne qui faisait campagne pour le maintien de celle-ci dans l’Union européenne est morte, elle, sous les balles d’un extrémiste de droite qui, en plus, l’a achevé à coups de couteau. Cette jeune femme de 42 ans, mère de deux petites filles, épouse d’un conseiller de Gordon Brown — ancien premier ministre — avait, dès son élection en 2015, frappé les membres de la Chambre des Communes par son intelligence et son courage. Ils ne sont pas très nombreux les députés (en Grande-Bretagne ou ailleurs, en France par exemple) à défendre bec et ongles l’accueil digne des réfugiés dans les pays « riches » de l’occident. Angela Merkel, chancelière allemande, a reçu une telle volée de bois vert de la part des nostalgiques du nazisme ou de ses propres collègues de la CDU-CSU, qu'elle sait de quoi il retourne quand on parle d’accueil de l’étranger.

En sortant de sa permanence où elle recevait ses électeurs, Jo Cox a donc été abattue de sang froid par un homme criant « Britain First » du nom d’un mouvement néonazi ardent défenseur du «Brexit». Il est donc possible qu’en 2016 dans un pays démocratique, ô combien, où les droits de l’homme sont vénérés, où la justice est portée au pinacle, de mourir victime de la haine d’un opposant fanatique. Un opposant travaillé par ses propres démons et par les Lucifers à la petite semaine. Ils crient tantôt « on est chez nous » tantôt « j’interdirai l’entrée dans mon pays des musulmans étrangers » tantôt encore « ils nous volent notre pain et nous prennent nos emplois. » Quand la folie meurtrière prend le pas sur la confrontation des idées et des débats, on n'est pas loin d'une société régressive plus proche de l'animalité que de l'humanité. C'est pourtant cette dernière qui fonde les civilisations durables…

A une semaine d’un scrutin décisif pour la Grande-Bretagne et l’Union européenne, le meurtre de Jo Cox sème de l’incertitude et de l’inquiétude dans l’esprit des électeurs et des partis politiques britanniques tous bords confondus. A Bruxelles aussi on gamberge mais pour d’autres raisons. Les bourses européennes baissent face à une éventuelle sortie de l’UE d’un pays considéré comme un grand de l’Europe, la City flippe à l’idée d’une hémorragie financière, les Britanniques qui vivent à l’étranger tremblent de peur de perdre leur statut privilégié leur accordant les droits de tout européen citoyen de l’Union.

Il faut voir plus loin et plus haut que la seule année 2016 ! Je ne dis pas comme Michel Rocard ou d’autres aux idées plus courtes « s’ils veulent partir, qu’ils partent ! » Quel est l’intérêt général de l’Union européenne à 10, 20, 50 ans ? Il est dans l’appartenance de la Grande-Bretagne à l’Union avec ses voisins sans passe-droits et sans privilèges.

15 juin 2016

L'hommage à Christian Boucour a lieu ce mercredi


Christian Boucour.
Cet après-midi à 15 heures, aura lieu la cérémonie d’hommage organisée suite à la disparition de Christian Boucour. Décédé à l’âge de 66 ans, il appartenait à une famille lovérienne très connue et très estimée. Son grand-père Edouard Désert, son père Gustave, boucher, rue du général de Gaulle, son frère Pascal, ancien directeur du Crédit du Nord, disparu dans les conditions que l’on sait, ses oncles Maurice et Paul, ébénistes d’art réputés, sa cousine, Chantal Billouin morte dans un accident récent, et Kay, son épouse, qu’il connut lors des échanges opérés dans le cadre du jumelage franco-anglais…concouraient tous, hier et aujourd'hui, à l’animation de la vie lovérienne.
Christian était aussi, après avoir connu une carrière professionnelle réussie, un sportif accompli. Ancien joueur de football de l’USL, il avait opté pour un sport moins « violent » du moins sur le plan purement physique. A l'occasion de son décès, j’ai écrit un billet pour le site de l’association des séniors des golfeurs de Normandie à laquelle il appartenait. Je le reproduis ci-dessous :

« La vie de Christian Boucour ne fut pas un long fleuve tranquille. Les circonstances de sa mort si soudaine, si tragique, illustrent la brutalité injuste de certains destins. Christian, disparu la semaine dernière alors qu’il venait d’apprendre la nature du mal qui le frappait, s’était pourtant préparé au combat. Un combat plus qu’honorable puisqu’il s’agit, au fond, de toujours lutter contre soi-même. On sait pourtant que certains combats sont inégaux. Et celui-là en était un. La maladie fut la plus forte. Elle est venue à bout de ses espoirs en quelques jours.
Nous sommes bien tristes d’avoir perdu un être dont le comportement éthique et la conduite morale étaient irréprochables car Christian était un homme bien. C’est sans doute pourquoi la pratique du golf lui convenait parfaitement : fairplay, étiquette, rigueur, modestie, mais aussi et surtout partage amical composaient notre menu hivernal commun et nos rencontres annuelles au sein de l’association des seniors de Normandie. Chaque mercredi, la phalange des séniors du Vaudreuil, se retrouvait aussi pour des matches plays qu’il n’aurait manqués pour rien au monde. Il est vrai que l’arrière de football de l’USL qu’il avait été lui avait appris à s’obstiner pour devenir meilleur.
Réduire Christian à ses activités de retraité actif sportif serait un peu court. Il faut saluer la mémoire d’un père attentif, d’un mari très présent ouvert au monde, d’un citoyen et d’un Lovérien à part entière. Membre de plusieurs sociétés locales il aimait sa ville et ses soubresauts. Il n’ignorait rien des différences individuelles, des engagements des uns et des autres. Il s’en moquait bien ne voulant retenir que le partage des moments de grâce et de disgrâce qu’un sport, notre sport, suscitent et que la vie citoyenne n’épargne pas non plus. S’il fallait qualifier son comportement quotidien je dirais que Christian était droit, juste, tout simplement honnête. Ce qui est rare dans le monde bouleversé d’aujourd’hui.
Nous voulons assurer Kay son épouse discrète et omniprésente, ses fils dont il me vantait si souvent les mérites, de toute notre sympathie. Nous les assurons, qu’en ces moments de deuil, ils ne sont  pas seuls. »

13 juin 2016

L'homophobie est consubstantielle de l'islamisme radical


Homophobe et islamiste radical. Islamiste radical et homophobe. Peu importe l’ordre des qualificatifs car islamiste radical et homophobe forment un pléonasme. Les djihadistes de tous poils, Al Qaïda, Al Nosra ou Etat islamique boivent le sang des mêmes sources, celui des victimes de forces obscurantistes violentes et passéistes.

A Orlando, Floride, un citoyen américain né de parents afghans a tué une cinquantaine de personnes, hommes et femmes, en a blessé cinquante autres sous prétexte qu’ils (elles) étaient homosexuel(le)s ou présumé(e)s tel(le)s. Crime homophobe, crime de masse revendiqué par les animateurs du califat de l’Etat islamique. Crime d’un homme décrit par son ex-épouse comme brutal, intolérant, totalitaire…

Il s’agit donc, après les attentats de Paris, Bruxelles, Istanbul, Manilles…d’un combat planétaire. Ce combat nécessite ici et partout ailleurs une vigilance de tous les instants. Pourtant, au contraire des préconisations d’un Donald Trump « raciste », l’usage des armes de guerre, leur port, leur acquisition doivent être prohibés. On ne résout pas les problèmes collectifs de cet ordre par des initiatives individuelles de type milice ou sergent vengeur. Il appartient bien aux états d’organiser la défense de nos valeurs démocratiques. C’est au gouvernement et aux forces régaliennes (renseignement, police, gendarmerie, douane, justice) de traiter les coupables…de ces crimes odieux, aveugles.

C’est bien pourquoi les mots ont tellement d’importance et pourquoi certaines paroles peuvent conduire aux pires extrémités. Les tweets de Christine Boutin ou des opposants au mariage pour tous exprimant ce jour de la compassion pour les victimes d’Orlando, ne sont pas sincères. On ne peut pas allumer des mèches et se désintéresser des conséquences des explosions. On ne peut pas évoquer « l’abomination » (1) que représente l’homosexualité et verser des larmes autres que celles de crocodile. Les morts et les blessés d’Orlando sont les victimes d’une cause qui les dépasse et les honore tout à la fois : celle du droit à la différence et du libre exercice par chacun(e) de ses orientations sexuelles. En Amérique ou ailleurs.

(1) Christine Boutin a d’ailleurs été condamnée pour ses propos de « haine ».

« Non, M. Lecornu, l'Eure ne veut pas de votre école « low cost » »

A quand la non fermeture du collège Mendès France ? (photo archives JCH)
Réunie en Bureau Fédéral, la Fédération du Parti Socialiste de l’Eure a condamné la décision prise par le Président du Conseil Départemental de fermer deux collèges eurois : Pablo Neruda à Evreux et Pierre Mendès France à Val-de-Reuil. De manière particulièrement choquante, ces deux établissements ont été rayés brutalement de la carte scolaire selon une logique étroitement comptable sans prendre le moindre avis pédagogique, sans consulter à un seul moment les autorités compétentes, rectorat et direction académique, grossièrement mises devant le fait accompli, sans en informer les communautés éducatives, parents, élèves, professeurs, traitées avec mépris. Au-delà de la méthode désinvolte à l’égard du monde de l’enseignement et symptomatique de cette gouvernance faussement décontractée, qui tient lieu désormais d’attitude au CD27, cette décision acte le tournant pris par la droite de démanteler les politiques éducatives et culturelles également indispensables aux habitants des quartiers les plus fragiles de notre département :

Parce qu’elle vise les deux seuls établissements classés réseaux d’éducation prioritaire du département, où ils participaient au maintien de la cohésion sociale notamment dans ces quartiers de grande pauvreté, de grave précarité, où vivent de nombreuses familles fragiles. Ce sont donc les deux collèges qui accueillent les populations les plus défavorisées du département que la droite a décidé de raser, perdant les crédits de fonctionnement et les moyens qui allaient avec. Par cette décision, plusieurs centaines de collégiens, à Evreux comme à Val-de-Reuil, ne bénéficieront plus du niveau de soutien, d’aide et d’encadrement qui permettait de corriger injustices et inégalités. Sébastien Lecornu a décidé de frapper sciemment deux quartiers dont l’électorat ne lui est pas promis, deux territoires dont les suffrages ne lui seront très probablement jamais acquis. C’est une décision tactique, opportuniste et politique. C’est un choix politicien d’un Président qui sert d’abord les intérêts de ses amis des Républicains. Ce n’est ni digne ni correct pour celui à qui a été confié l’intérêt général et les services publics locaux.

Parce qu’elle déstabilise des territoires et détruit leur homogénéité éducative au profit d’une carte scolaire remaniée dans une improvisation qui frise l’amateurisme : alors que M. Lecornu parle d’ordre et de discipline, il organise une vraie insécurité. Où et dans quelles conditions seront accueillis les centaines de collégiens qui étudiaient jusqu’à présent dans ces deux établissements ? Des élèves entassés dans des locaux inadaptés, des enfants empilés dans des cours de récréation, des postes d’éducateurs et de conseillers d’éducation disparaîtront, on entassera les élèves à 30 par classe. Ce sont non seulement les deux établissements directement concernés qui payeront les pots cassés de cette politique de gribouille, mais aussi tous ceux qui, autour, vont devoir compenser cette disparition et vers lesquels on va transférer les élèves de Neruda et Mendès France. On va créer des collèges ghettos et fragiliser des établissements qui connaissaient une certaine réussite comme Michel de Montaigne au Vaudreuil. On connaissait la préférence de la droite pour une justice de classe. On la découvre dans l’Eure adepte d’une éducation à deux vitesses.

— Parce qu’elle est, par désinvolture, incompétence ou arrogance, en train de détruire l’école publique, laïque, gratuite et obligatoire. Il faut bien réaliser que le Président/collaborateur de député qui, depuis 15 mois, dirige l’Eure du haut de ses 29 ans, mastère de droite en poche, refuse de s’adresser au monde de l’enseignement et n’a pas daigné siéger une seule fois au Conseil Départemental de l’Education, instance stratégique de l’Education Nationale dans le département. C’est la preuve d’un désintérêt pour les enjeux éducatifs qui ne sont plus une priorité sur notre territoire.

Parce qu’elle méprise le travail des enseignants et plus généralement de l’ensemble de la communauté éducative. C’est un manque de considération global pour le travail réalisé dans les écoles. La droite préfère une politique éducative « low cost », une politique éducative au rabais dans laquelle les collégiens eurois ne sont que des unités sur des mètres carrés. On compte les surfaces au sol mais on ignore volontairement les projets pédagogiques développés pour aider chaque jeune à s’épanouir et se construire. La réalité d’un collège est tout autre. Il suffit de fréquenter ces établissements, de les visiter et d’y pénétrer dans d’autres occasions que les inaugurations pour s’en rendre compte. C’est un lieu de promotion sociale où l’acquisition des savoirs et de la connaissance permet de trouver sa place dans la société indépendamment de son origine ou de son milieu. C’est la fin de l’ascenseur social.

En fermant deux collèges de notre département, Sébastien Lecornu s’en prend à un pilier de notre modèle républicain. Les socialistes, fidèles aux valeurs d’égalité et de solidarité partout dans tous nos territoires, s’opposent à cette casse de l’école et appellent toutes celles et ceux, enseignants, parents, associations, qui sont attachés à une école de la réussite pour chacun à manifester leur opposition le lundi 20 juin à 9 heures devant le Conseil Départemental. 

11 juin 2016

« J’ai pour seule richesse mon papier et mes crayons » Maurice Pons « Les Saisons »


Maurice Pons en 1976.
D'autres diront mieux que moi quelle fut la place (importante) de l’œuvre littéraire de Maurice Pons, mort ces derniers jours des suites de maladie, dans l’histoire des écrivains français. Ils seront mieux à même d’y lire ce mélange de fantastique et de rêverie poétique propre à cet homme d’une trempe d’exception dont je ne souhaite retenir que les rapports amicaux tissés au fil des décennies dans une loyauté et une fidélité à toute épreuve.

Avec des amies, déjeuner devant le Moulin
J’ai le souvenir — ancien — de ce chauffeur à la voiture rouge qui venait chercher les enfants de Suzanne Lipinska, sa muse de toujours, à la sortie des classes du lycée de Louviers. Il me subjuguait déjà mais j’ignorais alors combien Maurice Pons menait tambour battant et plume magique sa carrière d’écrivain, de traducteur, de scénariste, de…militant antifasciste et antiraciste, favorable à l’émancipation des peuples. Le manifeste des 121 (1) faisait alors les gros titres des journaux. Justement, une journaliste du Monde écrivait, hier, comment Maurice Pons est passé de l’admiration qu’il portait à Jules Romain à une carte du Parti communiste dont il resta jusqu’à la fin de sa vie un compagnon de route lucide.

Au Moulin d’Andé, — « il s’est éteint sereinement là où il a toujours vécu, écrit, pensé, rêvé » comme l’écrit si bien Suzon, la présence de Maurice était partout. Elle régnait surtout dans son coin à lui, en prise directe sur la prairie et la Seine, dans cette chambre qui lui servait à la fois de bureau, de standard téléphonique, de salon de réception et de lieu de fête. J’y ai rencontré tant d’hommes et de femmes à l’intelligence vive, issus des mondes de la presse (une presse qu’il consultait quotidiennement) ou littéraire car Maurice ne s’embarrassait pas des habitudes ou des manies qu’on prête trop vite à ceux qu’on connaît mal. Des musiciens, des peintres, des sculpteurs, des circassiens, des plasticiens, des comédiens (Ah Simone Signoret…), des écrivains, des politiques aussi, se pressaient chez lui où il les attirait pour remplir un livre d’or devenu la mémoire vive du Moulin d’Andé. C’était ainsi : il voulait marquer pour la postérité l’histoire collective du Moulin au travers des destins individuels durables ou éphémères. Ces livres d’or, ils sont le beau récit d’une aventure née pendant les trente glorieuses dont Suzanne Lipinska et Maurice Pons demeurent à tout jamais les auteurs d’un labeur, véritable défi au temps qui passe. Rien ne mourra donc jamais totalement puisque leur œuvre commune leur survivra.
Avec le peintre Vladimir Bougrine sur sa terrasse.

Maurice Pons, qu’on le veuille ou non, s’il était né à Strasbourg, était assez Parisien. Le Paris du quartier latin, le Paris des concours littéraires, le Paris du mouvement. Le Paris du travail, des relations avec les éditeurs, le Paris de la rue de l’Université où il possédait un pied à terre pour les besoins de son métier. Le Moulin d’Andé fut donc pour lui un refuge permanent, un lieu d’amour, de tendresse, un lieu familial, une résidence, d’artiste certes, mais surtout d’amitié, de création car d’écriture et d’échanges. Il aimait raconter comment, pour « la Disparition » de Georges Pérec, les résidents avaient pour tâche de construire des phrases sans la lettre E, travail commun en forme d’élucubrations oulipiennes.

Maurice Pons sut, au fil des années, se rendre indispensable tant il connaissait les habitudes des uns, les petites manies des autres et les susceptibilités qui font le commun des hommes et des femmes singuliers. Il écrivait, bien sûr, mais il manifestait envers Suzanne une attention si grande qu’il croyait la protéger quand c’est sur lui, Maurice, que Suzanne veillait…Et les soirées télé mémorables, les repas où chacun donnait du sien, les fêtes du Moulin de juin, les discussions interminables sur des domaines aussi variés que l’émancipation des peuples, les données géopolitiques, la vie littéraire, la psychanalyse ou l’avenir de l’URSS…

Lucienne Hamon accueillie au Moulin par Suzon et Maurice.
Je le revois à sa table, entouré de ses objets familiers, de ses cendriers (du moins quand il fumait encore) de son coupe-papier légendaire et des œuvres qui jalonnaient ses relations avec les artistes. Je revois les tableaux de Pierre Garcette, sa collection de cartes postales, tous ses livres et ceux des autres où il puisait son immense culture avant de lire « le Monde » daté du jour dont « bénéficient » si je puis dire les provinciaux. Je salue son imagination fertile, celle qui pouvait donner naissance aux « Saisons » dont Denis Lavant lut quelques pages en 2014 permettant de mieux apprécier le style ciselé de l’artisan attaché au mot précis, à la phrase juste, cohérents avec l’histoire globale du roman. « Ecrire c’est facile, disait-il, tous les mots sont dans le dictionnaire. La difficulté c’est de bien les agencer. » De leur donner un sens et de la vie. Avec « Les Saisons » Maurice Pons fut « Goncourable »…et de ce roman naquit un petit club d’initiés comprenant les admirateurs (trices) de cet écrivain inventeur d’histoires fantastiques et fantasmatiques. Dans la liste de ses livres, il ne faudrait pas oublier Rosa, Mlle B, les Souvenirs littéraires, les Virginales, les Mistons dont François Truffaut tira un court métrage non plus que son recueil de nouvelles primé par l’Académie…L'Académie ? Quelle horreur ! Son verbe était si élégant, son style si inscrit dans la tradition de notre belle langue et si travaillé que les hommes en habits verts ne pouvaient pourtant que lui décerner leur prix !

La vie de Maurice Pons, né en 1925, fut tellement riche. Pas riche de possession, pas riche de domination mais riche de relations fortes et sincères, de sentiments, et surtout de toute cette prose passionnée à partager. A l’heure de sa mort et maintenant qu’il est passé dans l’au-delà païen, j’aimerais que les lecteurs de ce blog conservent le souvenir d’un homme qui avait « pour seule richesse mon papier et mes crayons » (2). Qu’on en juge encore : « C’était un dimanche matin et comme tous les matins, je m’étais réveillé à huit heures vingt. Ni huit heures et demi, ni huit heures et quart, non, huit heures vingt. Il se trouve niché quelque part en moi, dans ma tête ou dans mon cœur, ou dans mes yeux, une sorte de déclic qui me fait resurgir à la vie chaque jour très exactement à la même heure. L’heure de ma naissance, je présume. J’ai souvent sur ce point interrogé ma mère mais je n’ai pu obtenir que des réponses imprécises…»
Enfin quand je dis « réveillé », j’exagère un peu. J’étais dans cet état, extrêmement plaisant qui se situe entre le sommeil et la veille. Immobile dans mon lit, allongé sur le dos, les yeux à demi ouverts, je reste longtemps à contempler en rêvassant les grosses poutres équarries du plafond. Sous les lumières de l’aube qui commence à filtrer à travers les rideaux de toile rouge, dans le silence de la maison endormie, je ne me lasse pas d’étudier les paysages que dessinent les nœuds éclatés dans le cœur du chêne, les fentes, les crevasses, les traces de gélivures qui marquent les frontières de l’aubier. J’y découvre des archipels inconnus, des coquillages étranges, de troublantes noctuelles. L’une a la forme enjouée d’un jeune pubis à peine nubile, une autre affecte les contours d’une oreille facétieuse… »
Extrait de l’île engloutie texte de Maurice Pons d’après un tableau de Paul Klee.
Un extrait des « Saisons ».

Le corps de Maurice Pons sera incinéré cette semaine. Sa belle et longue vie sera évoquée par ses proches, ses amis, au cours d’une cérémonie intime. Comme Christine Lipinska qu’il adorait, nous serons nombreux à nous poser cette question : « Comment imaginer que Maurice Pons n’est plus au Moulin d’Andé ? » La réponse est simple : personne ne peut l'imaginer.

Maurice Pons acteur dans un film de Christine Lipinska.

(1) 121 acteurs, écrivains, artistes publièrent un texte pour demander qu'on mette fin à la guerre d'Algérie et, surtout, qu'on autorise l'insoumission. Cette initiative vers l'indépendance de l'Algérie valut à Maurice Pons d'être invité aux cérémonies célébrant le trentième anniversaire de cette indépendance.
(2) Cette phrase est prononcée par Siméon, héros principal des Saisons.


7 juin 2016

La fermeture du Collège Pierre Mendès France à Val-de-Reuil : « une décision injuste, inepte, irréfléchie et irresponsable »


Vue partielle de Val-de-Reuil en I982. (photo Jean-Charles Houel).
Je savais que M. Sébastien Lecornu, président du conseil départemental n’était pas bon mais j’ignorais à quel point il pouvait être mauvais. En décidant, sans vote du conseil réuni en séance plénière, de fermer définitivement le collège Pierre Mendès France de Val-de-Reuil, M. Lecornu commet une faute contre l’intelligence pour des raisons évidemment politiques ce qu’il contestera sur la forme sans convaincre qui que ce soit.
Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil exprime, ci-dessous, une colère bien légitime. Comment accepter la disparition d’un collège du territoire de sa commune quand ce collège porte le nom d’un éminent homme d’Etat originaire de l’Eure, qu’il s’inscrit pleinement dans la mémoire de la ville, et joue évidemment un rôle essentiel au sein du réseau d’éducation prioritaire, élément fondamental de l’ascenseur social.
J’ignore si les actions que ne vont pas manquer d’entreprendre les élus de Val-de-Reuil mais également certains maires des communes concernées, permettront de remettre les idées de M. Lecornu à l’endroit. Le fait est qu’ils ne doivent pas être nombreux en France, les élus conduits à fermer des collèges quand le bon sens voudrait qu’on les rénove s’ils ne sont plus adaptés. Peut-être M. Destans, ancien président du conseil général, se mord-il les doigts pour avoir trop tardé dans son programme de rénovation rolivalois. Décidément, Val-de-Reuil sera toujours dans le collimateur de la droite !

Le communiqué de Marc-Antoine Jamet :

« On n'ignorait pas depuis son élection — et même avant — l’actuel conseil départemental fâché avec le monde de l’éducation, de l’école, des études. La preuve en est administrée puisque l’Eure, dirigée par la Droite, n’a eu de cesse, hélas, d’en  diminuer les budgets comme elle s’en est prise à ceux de tous les services publics locaux. On sentait la récente majorité par nature, par conviction conservatrice, peu amie des professeurs, des instituteurs et des maîtres. Il ne fallait pas être grand clerc pour le deviner. Elle n’en compte quasiment aucun dans ses rangs. On mesurait, à chacun de ses gestes, à chacun de ses mots, le divorce définitif qui existait entre le jeune Président du CD27 et toute idée de pédagogie, de culture ou d’enseignement. Ressentiment personnel ou obscurantisme idéologique, il ne voulait manifestement pas de cet ascenseur social pour la République. L’extrême brutalité avec laquelle il s’en était pris, dès l’aurore de son règne, comme s’il n’y avait pas d’autres priorités, aux élèves désirant parfaire leur connaissance des langues par un séjour à l’étranger, supprimant les bourses qui leur étaient destinées, en témoignait clairement. Pourtant, cela ne lui a pas suffi pas.

M. Lecornu vient avec la même violence de rayer de la carte scolaire plusieurs collèges de l’Eure. Pierre Mendes France, à Val-de-Reuil, en fait malheureusement partie. Devant cette décision purement arbitraire, puisque le crypto-maire de Vernon s’est arrogé, sans la moindre légitimité pour le faire, un droit de vie ou de mort sur des établissements que, selon son bon vouloir du moment, alternativement il reconstruit ou démolit, deux étonnements d’abord. Le premier est éthique. On veut espérer que ce n’est pas le nom d’un homme juste, efficace et intègre que le nouveau monarque départemental a voulu effacer, que ce n’est que, par ignorance, inadvertance ou désinvolture, bref involontairement, que, dans la circonscription qui l’a tant aimé, il fait disparaître d’un claquement de doigt énervé un symbole de l’intelligence et de grandeur de l’Eure. Cet exemple en forme de contrepoint ne lui était quand même pas à ce point insoutenable ? Le second est professionnel. On découvre, à cette occasion, les talents profondément cachés et les savoir-faire parfaitement insoupçonnés de l’ancien/toujours attaché parlementaire de M. Lemaire. Il s’enorgueillissait naguère d’être gendarme de réserve. Le voici également devenu recteur par auto-proclamation et par raccroc.
En effet, cette décision sans doute improvisée un soir de banquet, sur le coin de table des primaires de l’ex-UMP, n’a fait l’objet d’aucune consultation, ni du terrain et je pense avant tout aux directeurs des écoles qui dépendent du collège Pierre Mendès France, ni des autorités académiques compétentes, rectorat et DASEN qui ont appris le caprice de l’exécutif/exécutant départemental en lisant le journal, ni des élus qui représentent au quotidien la population du territoire concerné et dont l’avais a été méprisé. Pas une minute de concertation avec la communauté éducative, les formateurs, les parents, les collégiens. Pas une seconde pour prendre le conseil ou consulter ceux qui, à l’éducation nationale, sont en charge de nos enfants. Un despotisme pas même éclairé. La méthode n’est pas seulement détestable. Elle est nulle.

Quoi qu’il en soit, après avoir juré, croix de bois, croix de fer, qu’il écouterait les arguments du Maire de Val-de-Reuil avant de faire son siège, après avoir promis d’attendre pour se déterminer les informations que lui donnerait le conseiller départemental de Val-de-Reuil Jean-Jacques Coquelet, après que l’un de ses directeurs généraux a affirmé, 24 heures seulement avant l’annonce de cette suppression qu’elle n’était pas à l’ordre du jour, une courte lettre a suffi au Jupiter ébroïcien pour accomplir son forfait. Il est vrai qu’il ne s’agit « que » de la formation de nos enfants. Pourquoi perdrait-on du temps ? Pourquoi prendre des gants ? Pédagogie, éducation prioritaire, réseau, soutien sont des gros mots manifestement  inconnus de la collectivité départementale et du vocabulaire politique de son chef. Tout cela a donc été écarté d’une main molle et ennuyée.

Pour masquer sa très grande légèreté, M. Lecornu évoque en vieux cheval de retour, malgré son âge encore tendre, en politicien roué, malgré sa relative virginité élective, dans un grand fourre-tout, censé camoufler son absence de jugeote, de jugement et de justice, à la fois l’héritage de son prédécesseur qu’il met décidemment sans la moindre élégance à toutes les sauces les plus nauséabondes, le danger que représente les CES de type Pailleron que la déconstruction de Pierre Mendès France ne rendra pourtant pas moins inflammables, un nombre trop faible d’élèves et la sécurité du collège rolivalois. Ces deux derniers points méritent qu’on s’y arrête. « Qui veut noyer son chien dit qu’il a la rage ». PMF n’était pas le seul à connaître de faibles effectifs, mais il était, cas unique dans le département, entouré de 250 logements en construction. Ajoutons que, depuis des lustres, on sait que de nombreux enfants habitant les communes voisines parcourent à des horaires déments des centaines de kilomètres en car chaque semaine simplement parce que la carte des transports scolaires n’a pas été réajustée depuis la création de la Ville Nouvelle. Autant de solutions pour l’avenir. Quant à l’ordre et la discipline, il n’y avait aucun problème sur ce plan et avec mon équipe nous nous attachons avec assez de volonté à les maintenir pour trouver déplacé qu’un élu d’un territoire où la police nationale éprouve de lourdes difficultés m’en fasse la remarque incongrue. Non tout cela n’est que coquecigrues et billevesées. Cette décision reste irréfléchie, irresponsable, illogique et injuste.

— Elle est irréfléchie, parce qu’elle a été décidée, comme l’ont été nombre d’actes du département depuis deux ans, par un homme seul, sans expérience, sans évaluation, sans raison. Pas le moindre débat dans l’hémicycle d’Evreux. Un flou certain entoure ce mauvais coup. Que feront les écoles qui effectuaient un travail de proximité avec le collège Pierre Mendès France ? Où scolarisera-t-on un élève qui ne pourra plus l’être à Alphonse Allais, l’autre collège de la Ville ?

— Elle est irresponsable parce qu’elle fait fi d’un réseau d’éducation prioritaire performant (et des crédits qui vont avec), parce qu’elle ignore royalement que cet établissement avait été fait premier collège numérique du département, parce qu’elle méprise le travail des professeurs qui, au plus près d’élèves venant d’une population souvent en situation de grande pauvreté, font un travail remarquable.

— Elle est illogique parce qu’elle crée sur la dalle que l’ANRU, financée par le département de Jean-Louis Destans, avait magnifiquement réhabilitée, au contact de la Gare où se construit le développement immobilier de la Ville, une friche administrative dont nul n’imagine le devenir. Avec un cynisme consommé, le président du Conseil départemental propose même que ce soit sur l’enveloppe du Plan National de Rénovation Urbaine de Nouvelle Génération, le PNRU2, que l’on ponctionne les crédits nécessaires à une réaffectation de ces bâtiments, ce qui signifierait moins de moyens pour réhabiliter le logement, moins de moyens pour moderniser les services municipaux, moins de moyens pour améliorer les espaces publics de Val-de-Reuil qui ont un besoin vital de cette ressource qui, loin d’être une cagnotte, est dédiée à la correction des déséquilibres initiaux dont souffre la Ville. Un élu qui connaîtrait l’Histoire ce cette partie de l’Eure ne peut à ce point l’ignorer.

Non, à moins d’un an de deux élections générales, cette décision est tout simplement injuste. C’est un mauvais coup porté à la Ville la plus pauvre du département. On renoue avec la vieille politique de droite qui avait conduit l’un des  prédécesseurs de M. Lecornu, M. Collard, à construire de quelques mètres ridicules le troisième collège de Val-de-Reuil au Vaudreuil qui accueille donc en majorité des Rolivalois. C’est n’avoir aucune idée de ce qu’est l’aménagement d’un territoire et comment on peut remédier par le service public à ses inégalités. C’est n’avoir qu’une vision étroitement comptable de l’école et ne pas comprendre qu’elle est un outil de promotion pour ceux qui n’ont pas connu à la naissance la richesse d’un héritage. C’est ne rien comprendre aux difficultés urbaines. C’est agir en gribouille et penser en oiselet.

Parce que nous croyons en la nécessité d’une école forte et vivante, nous refusons cette mesure arbitraire et nous nous opposerons par tous les moyens à la fermeture du collège Pierre Mendès France. »


6 juin 2016

Du chagrin et de l'émotion à la cérémonie d'obsèques d'Ida Tombrey-Duguet…


J’ai déjà écrit, ici, combien Ida Tombrey-Duguet comptait d’amis et de relations à Louviers. La preuve en été administrée ce matin au crématorium d’Evreux où une foule énorme avait tenu à assister à la cérémonie d’obsèques de celle qui, dès aujourd’hui, nous manque terriblement. J’ai à l’oreille les mots si tendres et si sensibles que Baptiste et Cyril, ses deux fils, ont eu la force de prononcer avant que la dépouille d’Ida disparaisse de nos regards mais pas de nos pensées. Axel, Leslie, d’autres encore, effondrés par le chagrin, ont su donner un visage à la bonté.
Cette maman si attentive et si précieuse avait placé haut son rôle d’éducatrice certes mais surtout celui d’une personne dévouée à la cause de ses enfants et des enfants du monde. Ida épousait toutes les bonnes causes tant elle débordait de ce surplus d’âme qui fait de certaines personnes de belles personnes. De son esprit et de son attitude émanait ce qui fait, en effet, une personne généreuse, aimant la vie, attachée à la justice, combative quand il s’agissait de faire triompher ses idées ou ceux et celles qui les portaient. Il ne faut pas chercher ailleurs la présence si diverse ce matin des personnalités et membres de tant d’associations lovériennes au sein desquelles elle déployait tous ses talents. Nous conserverons le souvenir d’Ida, une femme remarquable, que Louviers perd à tout jamais. (1)

Après cet hommage, le texte qui suit semble totalement inapproprié. Mais la mort ne chasse pas la vie. L’information, donc, est totalement passée inaperçue pour ceux et celles qui ne sont pas abonné(e)s à Mediapart. Elle est pourtant d’une grande importance. Les juges chargés de valider ou non la thèse défendue par Mediapart depuis des années ont validé cette dernière après maintes expertises et surtout maintes contestations du clan Sarkozy.
Mediapart affirme ainsi depuis longtemps qu’un document signé de Moussa Kassa, un proche du dictateur libyen Kadhafi, est un document authentique. Ce document prouve que le chef libyen s’était engagé à verser 50 millions d’euros pour la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy. Ce dernier a pourtant déclaré que ce manuscrit était un faux, il a parlé de fable, d’où les poursuites engagées contre Mediapart. Tout dans ce document atteste pourtant de sa validité. La forme, le style, les témoignages et surtout les déclarations des très proches de Kadhafi avant qu’il ne soit, sans doute, exécuté par une balle française.
Certes, Nicolas Sarkozy va pouvoir faire appel de la décision des juges d’instruction qui ont validé le document et prononcé un non lieu. Mais la tâche de ses défenseurs s’annonce difficile voire impossible. Alors que l’ancien président aurait pu poursuivre les journalistes pour diffamation, il a préféré cette voie de « faux et usage de faux » visant à rendre non productive une pièce essentielle du dossier. Mediapart aurait pu être abusé. Depuis toujours, ses journalistes affirment que leur source était fiable et le document vrai. Les juges leur ont donné raison. Attendons la suite, elle s’annonce passionnante.

A la veille du match d’ouverture du championnat d’Europe de football des nations, la polémique « Benzema » n’a pas pris fin. L’avant-centre du Real Madrid, l’une des perles du champion d’Europe des clubs, n’a pas, pour une sale histoire de sexe tape n’a pas été retenu par le sélectionneur Didier Deschamps. Bien des commentateurs, à commencer par le Premier ministre — celui-là même qui avait déclaré faire une confiance totale à Michel Platini ! — considèrent que les footballeurs de haut niveau doivent être exemplaires et, à ce titre, exempts de toute tache. Comme les ministres, les parlementaires et tous ceux qui aspirent à représenter leurs concitoyens. Le quinquennat Hollande n’a d’ailleurs été marqué par aucun scandale ni aucun problème avec le fisc. N’est-ce pas M. Cahuzac, n’est-ce pas M. Macron etc. L’exemplarité commande de balayer devant sa porte.
Revenons à Karim Benzema. La polémique a enflé après les déclarations d’Eric Cantona et celles de Djamel Debouze accusant à demi-mot, le staff des cadres de l’équipe de France d’être plus ou moins raciste. Les bonnes âmes ont crié au scandale ! Les spécialistes du football ont juré leurs grands dieux que ni Deschamps ni aucun autre sélectionneur ne pouvait être accusé de racisme.
Allons donc. Depuis les attentats de janvier et novembre 2015, les musulmans en particulier et les Arabes en général ne sont pas bien vus. Ce sentiment grandit dans la population et tous les sondages le montrent ainsi que le vote FN. J’ai toujours affirmé sur ce blog que le vote Le Pen était avant tout motivé par rejet de l’autre. Et cela ne va pas en s’améliorant. Si Benzema seulement avait été évincé de l’équipe…mais Ben Harfa ? Qu’a-t-il commis comme péché ? Les savants précisent qu’il ne rentre pas dans le schéma du système tactique mis au point par Deschamps. Je ne suis pas assez savant moi-même en technique sportive pour juger du bienfondé de cette assertion. L’avenir nous dira si Didier Deschamps a eu raison de se priver du talent du joueur de l’OGC Nice sur lequel lorgnent bien des clubs européens de première importance.

(1) En rendant compte récemment de la cérémonie d'hommage à Florence Valet, j'ai omis de citer Sévy Golden et sa compagne. J'ai eu tort car leur apport musical et la qualité de leurs voix ont magnifiquement rehaussé ce moment de communion…dans l'amitié et le souvenir de Florence.




3 juin 2016

Sarkozy : une petite dernière pour la route…


Nicolas Sarkozy devant une commission de son parti dont les membres évoquaient la situation de l’Europe : « Nous sommes du même continent. Et puis-je vous dire une chose, j'espère sans choquer personne ? Quand je suis en Asie, si vous saviez comme je me sens Européen... Quand je suis en Angleterre, si vous saviez comme je me sens Français... Et quand je suis dans les territoires et les provinces de France, si vous saviez comme je me sens Parisien ! », a-t-il déclaré en conclusion de son discours.
Voilà un homme qui, en une phrase, parvient à se fâcher avec les Asiatiques, les Anglais et les provinciaux. Il faut le faire. Le président de LR-ex-UMP aspire pourtant à redevenir président de notre République. Un homme qui préfère le gros rouge qui tache, se montre grossier et grotesque, laisse divaguer ses mauvaises pensées A –t-il les qualités nécessaires pour diriger la France ?
Au cas où les citoyens de Paris et des provinces, puisque Sarkozy fait une différence entre eux, auraient l’idée aussi sotte que saugrenue de voter pour lui, ils doivent s’attendre à ce mépris permanent qu’il manifeste à la première occasion croyant amuser ses auditoires avec des blagues à deux balles, expression sincère de sa pensée. Ses fans aiment vanter son énergie, sa détermination mais il les met au service de quoi ? Au service de Bernard Tapie ? Du juge Azibert ? De Bolloré et compagnie ? De ses propres intérêts ? On aimerait plus d’ouverture d’esprit et plus de désintéressement.

Le salon des illustrateurs de Val-de-Reuil consacré à la BD de Western en l'honneur de Lucky Luke

Lucky Lucke et Jolly Jumper.
La 8ème édition du salon des illustrateurs de Val-de-Reuil, l’un des premiers dédiés aux illustrateurs et aux dessinateurs de bande dessinée dans le département de l’Eure et la Région Normandie, sera consacré à la bande dessinée de Western pour marquer le 70e anniversaire de la création du personnage Lucky Luke . Il fallait célébrer celui qui demeure, pour des générations entières, le plus francophone des héros animés de western. 

Privilège exceptionnel, Lucky Luke dégainera donc pour l’occasion quelques-unes de ses vignettes culte. Après un séjour remarqué au Festival International d’Angoulême, où plus de 200.000 personnes ont pu les découvrir, plusieurs planches inédites de Morris s’arrêteront pour une halte prolongée de plus de trois mois dans la plus jeune commune de France. Au fil des éditions, le partenariat entre Val-de-Reuil et le Festival de bande dessinée d’Angoulême  — partenariat unique en France — s’intensifie et s’enrichit. « Je m’en réjouis et tiens au nom de la municipalité et des milliers de personnes attachées à cette manifestation à en remercier mon vieil ami Franck Bondoux, son directeur, ainsi que celles et ceux qui contribuent à la réussite et au développement  de cette belle manifestation » a déclaré Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil. Cette exposition anniversaire s’installe du 3 juin au 17 septembre 2016 dans la salle d’exposition de la médiathèque. Elle retracera le parcours du plus célèbre des cowboys franco-belge, des premières esquisses de Morris aux dessins qui ont, peu à peu, donné naissance aux plus fidèles compagnons du cavalier solitaire, de Rantanplan à Jolly Jumper, mais aussi aux quatre horribles frères Dalton, ses ennemis légendaires

Vendredi 3 juin, une première journée est entièrement dédiée aux élèves des écoles de Val-de-Reuil, Léry, Poses, Incarville et des Damps. Plus de 20 illustrateurs, héritiers de Franquin, d’Uderzo ou d’Hergé, viendront initier 1500 enfants à un genre qui, par la combinaison de son récit et de ses illustrations, le rend à la fois universel et populaire. En parallèle de ces ateliers d’écriture et de dessin, les enfants seront accueillis toute la journée au Cinéma des Arcades pour assister à la projection du dernier dessin animée de Lucky Luke « Tous à l’Ouest ». Les élèves, accompagnés de leurs professeurs, assisteront enfin à la proclamation du Prix des Incorruptibles. Cette récompense vient clôturer le cycle des travaux de lecture réalisés tout au long de l’année au sein des écoles de Val-de-Reuil et des communes voisines. Elle sera attribuée au livre de jeunesse qui, parmi la sélection d’ouvrages que les jeunes lecteurs ont eu à départager, sera parvenu à recueillir la majorité de leurs suffrages. Encourager la pratique de la lecture par le développement d’un esprit critique et l’apprentissage ludique de l’écriture est un des axes fondamentaux de la politique éducative menée depuis plus de quinze ans par la municipalité grâce au soutien de l’Education Nationale et de la Région qui concourent à assurer chaque année l’organisation de ce salon pour faire reculer, à sa manière, l’échec scolaire et l’illettrisme.

Samedi 4 juin, de 10 à 18 heures, le Salon étendu pour la première fois à tout le cœur de ville verra caricaturistes, conteurs, modélistes, dessinateurs, illustrateurs, danseurs et chanteurs de musique country investir, la Place aux Jeunes, la Médiathèque, la Cyberbase et la Maison de la Jeunesse et des Associations : 
 1) A la Cyberbase, voie Palestre, de 10 à 12 heures, pour un atelier de figurines réalisées en trois dimensions dirigé par les membres du FabLab de Val-de-Reuil. 
 2) A la Médiathèque Le Corbusier, 88 rue Grande, de 10 à 17 heures avec la lecture de contes indiens par l’Association Lire et Faire Lire ; de 10 à 16 heures, pour une série d’ateliers de caricatures (de 10 à 12 heures et de 14 à 16 heures) conduit par les dessinateurs Pascal Debacque et Fred Coconut ; de 14 à 16 heures pour un atelier multimédia réalisé à l’aide de tablettes graphiques animé par l’illustrateur Serge Lavrov ; de 14 à 16 heures avec le concours « Dessine-moi Lucky Luke ou un Dalton » ouvert aux jeunes de 3 à 18 ans, animé par les artistes Hughes Barthe et Steve Baker.  
 3) A la Maison de la Jeunesse et des Associations, rue Grande, avec la représentation gratuite et ouverte à tous de Pakita, comédienne et conteuse de livres pour enfants, et de sa pièce de théâtre intitulée « La Fée à lunettes rousse ».  
 4) Place aux Jeunes, de 13 à 16 heures, l’Association Country de l’Eure invitera habitants et participants du Salon à venir les rejoindre pour un moment de détente, de danse et de chansons, rappelant la musique traditionnelle des pionniers du Texas et du Midwest.  

Vendredi 3 et Samedi 4 juin, l’association BD Normande, Steve Baker, Hughes Barthe, Ceka, Charline, Fred Coconut, Severine Dalla, Imanol Dameck, Pascal Debacque, Nicolas Desrues, Fanzine, Christelle Guenot, Eric Héliot, Eric Ivars, Serge Lavrov, Franck Le Melletier, Daniel Morin, Pakita et les équipes de la Médiathèque de Val-de-Reuil attendent petits et grands, pour un week-end culturel et festif entre amis, pour un rendez-vous littéraire et ludique en famille, pour s’initier, apprendre ou redécouvrir la bande-dessinée sous toutes ses formes et dans tous ses états !

2 juin 2016

Les disparitions de Florence Valet et Ida Tombrey-Duguet


Elles étaient l’incarnation de l’élégance morale, du courage physique et toutes deux avaient une personnalité exceptionnelle. Elles sont décédées à quelques jours d’intervalle victimes de la même maladie contre laquelle elles ont lutté avec une même obstination et une même foi en l’avenir, toutes deux sensibles à leur condition humaine.

Florence Valet, 44 ans, originaire de Pinterville, compagne d’Erim Can et maman d’un petit garçon au joli prénom de Djian, aimait le piano et le chant, savait monter à cheval, était d’un professionnalisme total au sein de l’usine ex-SICA et était appréciée par tous, sa famille, ses amis, ses collègues. Florence, comme l’a bien dit Erim lors de la cérémonie d’obsèques dans une église de Pinterville archi-comble, a montré un cran indicible dans la longue tradition des personnes debout et une volonté absolue en faisant face chaque jour au malheur à venir. La présence d’une foule bigarrée désireuse d’entourer Marie-Claude et Christian, ses parents, ses frères et Erim le compagnon de Florence, a montré combien les uns et les autres comptaient dans cette communauté originale que forment les habitants de Louviers et de ses environs. Catholiques, musulmans, agnostiques…athées se sont retrouvés autour de la célébration de la mémoire d’une jeune femme qui aurait aimé cette rencontre « improbable » des différentes origines et cultures finalement universelles.

Ida sur le plateau de Michl Cymès.
Ida Tombrey-Duguet est décédée à l’âge de 53 ans. Pendant plus de dix ans, elle a combattu le mal qui la rongeait. Elle avait d’ailleurs accepté de témoigner dans l’émission de Michel Cymès (notre photo) pour insister sur le rôle de la prévention et du dépistage systématique de certains cancers qu’on guérit aujourd’hui à 90 %. La maladie n’avait altéré ni son optimisme, ni son désir de vivre pour ses fils et ses proches. Ida a lutté encore et encore avec une force incommensurable et une grande humilité retardant l’inévitable destin.
Ida, fille de Gérard et Monique Tombrey avait accompli sa scolarité à Louviers. Elle avait été une basketteuse de haut niveau où elle avait appris le sens du collectif, elle savait lier des amitiés fortes et durables, elle n’ignorait rien des événements locaux auxquels, très souvent, elle contribuait par sa gentillesse naturelle et son goût des rencontres sans rien renier de ses convictions. En ces moments de peine, je pense à Cyril et Baptiste, ses fils, son père Gérard, sa tante Maud, ses proches et tous ses amis, extrêmement nombreux qui seront présents lundi prochain à Evreux pour une cérémonie d’hommage ultime.