19 septembre 2014

La réforme en France se heurte à de nombreux conservatismes


Avant l'atterrissage dans le sud de l'Espagne. (photo JCH)
Chaque profession, chaque syndicat professionnel, chaque corporation, défend son bout de gras et ses avantages. C’est dans la nature des choses. La descente dans la rue des catégories de salariés aux bas salaires se comprend mieux que celle des nantis même si ces derniers ont suivi de longues études et mérité leur réussite professionnelle. Des huissiers, des notaires, des pilotes de ligne, autant de professions réglementées ou non, dont les marges et les salaires sont parmi les plus élevées.
S’agissant des pilotes d’Air France, ils craignent d’être ravalés au rang de commandants de bord des compagnies low cost que sont Easyjet ou Ryanair. Car pour les financiers de ces compagnies, l’objectif est simple : voler le plus possible, être en l’air le plus longtemps possible en 24 heures. Évidemment, pour tirer les prix, ces compagnies tirent aussi sur les salaires et les conditions de travail. Les pilotes (et le personnel embarqué) des Boeing 737 (Ryanair n’est équipé que de ces seuls avions) doivent accepter des horaires déments et des conditions d’hébergement parfois spartiates (parfois en camping). Si la sécurité des passagers n’est pas en cause — les appareils sont ou neufs ou récents — on peut discuter certains frais exorbitants comme l’impression d’un billet d’un coût de 60 euros par exemple. Ou les surfacturations de plusieurs dizaines d’euros pour des dépassements de poids de bagages de quelques dizaines de grammes.
Les pilotes d’Air France, par leur grève, veulent éviter que Transavia, le nom de la compagnie low cost du grand groupe national, ne devienne une compagnie à bas…salaires et aux conditions de travail dégradées. Il est pourtant évident que les dirigeants d’Air France ne pourront accepter les exigences des pilotes, lesquels veulent les mêmes salaires quelle que soient la compagnie, la ligne ou la durée du vol. Le conflit s’enlise et Air France perd de 15 à 20 millions d’euros par jour ! Cette carence profite à la SNCF et aux autres compagnies dont Easyjet ravie de l’aubaine.
Les huissiers et les notaires appartiennent au cercle étroit des professions dites réglementées. Les premiers distribuent les assignations judiciaires, jouent les syndics, aident à l’expulsion des mauvais payeurs, assistent les magistrats tandis que les seconds certifient les titres de propriété, rédigent des baux, estiment les biens…leurs marges bénéficiaires sont conséquentes tout comme leurs responsabilités vis-à-vis de leur personnel notamment. Le gouvernement souhaite ouvrir ces professions à la concurrence mais Emmanuel Macron, le jeune ministre de l’économie, veut prendre le temps du dialogue…
Une fois de plus, la réforme se heurte à des obstacles, des acquis, des conservatismes. A la différence de l’Allemagne, notre pays n’a pas de tradition de compromis social. C’est ou les ordonnances ou la grève et le clash.

18 septembre 2014

« Ils ont du pain et ils voudraient de la brioche »


«Il y a dans cette société une majorité de femmes et il y en a qui sont pour beaucoup illettrées. On leur explique "vous n'avez plus d'avenir à Gad ou aux alentours, allez travailler à 50 ou 60 km". Ces gens-là n'ont pas le permis de conduire ! On va leur dire quoi ? "Allez passer le permis de conduire, allez attendre un an"? Ça ce sont des réformes du quotidien. »
Emmanuel Macron, ministre de l’économie parle juste mais avec brutalité. Pour qualifier des salarié(e)s d’illettrés donc de personnes incultes et ignorantes, il faut posséder une haute idée de soi-même. Il est vrai qu’Emmanuel Macron est fort en thèmes mais il est vrai aussi qu’une tête d’œuf, aussi pleine soit-elle, n’est pas toujours bien faite.
Factuellement, Emmanuel Macron a raison. 20 % des salarié(e) de l’abattoir Gad relèvent de l’illettrisme. Il a également raison quand il met en avant les difficultés de formation pour des personnes ne possédant pas les savoirs fondamentaux. Passer le permis de conduire oblige à savoir lire notamment le code de la route et à écrire pour répondre aux questions.
Le fait est pourtant qu’un ministre, même sans parler la langue de bois, doit veiller à respecter la dignité des personnes. Il doit veiller à ne pas stigmatiser ou humilier des gens dans la panade et qui n’ont pas besoin d’être un peu plus montrés du doigt. Emmanuel Macron s’est excusé publiquement de son propos pour ce que son cabinet appelle une maladresse. C’en est une pour le moins.
Mais cette maladresse nous en apprend beaucoup sur ces gens de la haute comme on les qualifiait à une certaine époque. Coluche nous manque tant, il aurait dit : « Ne vous inquiétez pas, vous n’en êtes pas de la haute et moi non plus. » Et pourtant, je croyais que la gauche se distinguait d’une certaine droite en veillant, comme dirait le président de la République, à ne point blesser les pauvres, les humbles, les précaires, les illettrés (1). Car si des adultes sont illettrés en France, en 2014, c’est qu’il existe un gros bug, pour parler moderne, dans le système éducatif et dans la tolérance manifestée à l’égard de ce handicap malheureusement sérieux pour 7 % de nos compatriotes.
Il appartiendrait aux spécialistes du langage ou de la psychanalyse de décrypter  le propos d’Emmanuel Macron. Je ne suis pas loin de penser que l’inconscient de M. Macron nous révèlerait une propension à vouloir se distinguer de tous ces gens pour lesquels il doit penser et agir. Marie-Antoinette ne disait-elle pas en parlant des révolutionnaires de 89 : « Ils ont du pain et ils voudraient de la brioche ! » Non mais…
(1) En réponse aux « sans dents » de Valérie Trierweiler.

17 septembre 2014

Sans Mediapart, que deviendrions-nous ? Encore deux scoops du site d'information…


Laurent Mauduit à Val-de-Reuil. (photo JCH)
Sans Mediapart, que deviendrions-nous ? Voilà des journalistes libres et indépendants des pouvoirs (politique, financier, économique) capables chaque semaine de rendre publics des faits qu’ils seraient nombreux à vouloir continuer de cacher. La liberté de Mediapart, elle s’analyse facilement sur la base des deux scoops sortis récemment. Le premier concerne des sénateurs du groupe UMP.
Même si Mediapart rappelle en préambule que les groupes parlementaires s’administrent librement, il est évident que les temps ne sont plus à la cachotterie. Il en est ainsi du groupe UMP du Sénat qui, si j’ai bien compris la démonstration des enquêteurs du site web, alimente une association d’élus appartenant à l’UMP laquelle a versé de l’argent (chèques et espèces) sans qu’on sache très bien pourquoi les Gaudin, Raffarin, Bourdin,  ou les Poniatowski pour ce qui concerne notre département ont émargé sur fonds publics…Joël Bourdin, contrairement à ses collègues Gaudin et Raffarin, a accepté de répondre aux journalistes de Mediapart. Il se serait fait rembourser une vieille note de frais de 4 000 euros sans trop s’interroger sur la provenance de cet argent. L’important, c’est d’être indemnisé.
Mais il semble bien que des juges d’instruction ne voient pas les choses de cette façon et qu’une information judiciaire va permettre aux contribuables de savoir pourquoi et comment l’association en question est alimentée (si j’ose dire).

Le fait du fat ? 

Le second scoop est dû à Laurent Mauduit. Ce journaliste économique était venu à Val-de-Reuil, dans le cadre de l’atelier sciences Po du lycée Marc Bloch et sur invitation de Marc-Antoine Jamet dont le réseau, comme chacun sait, est large et divers. Laurent Mauduit affirme que Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du Parti socialiste, a obtenu son doctorat de sociologie dans une pochette surprise. Autrement dit JC Cambadélis, selon Laurent Mauduit, n’avait ni licence ni masters lui permettant de concourir pour un diplôme de 3ecycle sauf conjoncture originale et surprenante. Pourquoi Camba, comme on dit au PS, a-t-il souhaité être fait docteur alors que rien ni personne ne l’y obligeait ? Laurent Mauduit y voit là le fait du fat. Il fallait briller en société alors que des membres de l’OCI (extrême gauche) au sein de laquelle Camba militait, souhaitaient intégrer le PS et devaient faire valoir leurs titres non de noblesse mais d’intellectuel brillant.
La question qui se pose sur les deux événements est simple : est-ce vrai ? Les sénateurs UMP ont-ils joui d’un privilège financier extravagant ? Jean-Christophe Cambadélis a-t-il usurpé son doctorat et trompé son monde ? J’ai l’impression que les investigations de Mediapart, une fois de plus, sont étayées et sérieuses. Ce qui ne devrait pas empêcher les sénateurs visés et le premier secrétaire du PS d’expliquer leurs positions et si nécessaire de contredire les affirmations de Mediapart. Je leur souhaite bien du plaisir.

16 septembre 2014

Pierre Gattaz : plus il en a, plus il en veut


Quand Manuel Valls a déclaré qu’il aimait l’entreprise, Pierre Gattaz, président du MEDEF a cru qu’il aimait les entrepreneurs. Depuis, plus il en a, plus il en veut. Car Pierre Gattaz est un enfant gâté. Je ne parle pas des fameux 33% d’augmentation de ses revenus, je parle des mesures que le premier ministre a proposé pour lutter contre le chômage et pour la croissance et que Pierre Gattaz interprète à sa manière.
Et sa manière n’est pas très élégante. En tout cas, elle se soucie bien peu du sort des salariés qu’il n’a pas pour tâche de défendre (c’est le rôle de la CGT, de FO, de la CFDT, de la CGC, de SUD etc.) aussi s’autorise-t-il, avec ses amis du bureau de la direction du MEDEF de suggérer des pistes au gouvernement aussi farfelues que baroques.
Qu’il fasse une fixation sur les 35 heures, cela ne date pas d’aujourd’hui mais que Pierre Gattaz propose de supprimer deux jours fériés en jurant que cela procurerait 1 % de croissance en plus, c’est contesté par l’INSEE et par le bon sens. Et pourquoi pas, pendant qu’on y est, ne pas remonter les seuils sociaux, ceux qui déclenchent la constitution d’un comité d’entreprise ou l’élection de délégués du personnel ? La vie de dirigeant est si simple quand on ne s’adresse qu’à la seule force de travail des cadres, des agents de maîtrise et des ouvriers. Et pourquoi pas détricoter le code du travail, un machin fourre-tout complètement obsolète puisqu’il a vocation à établir les droits et les devoirs de partenaires qu’il s’agisse des entrepreneurs ou des salariés. Ce serait si simple de faire sauter les verrous légaux protecteurs de conditions de travail, de durée de travail légale, d’hygiène et de sécurité et accessoirement de salaires et d’heures supplémentaires payées à 25, 50 ou 100 % !
Quand le gouvernement a proposé le CICE et son pacte de responsabilité, le MEDEF s’est bien gardé de prendre des engagements. Le syndical patronal ne veut pas avoir les mains liées et promettre de créer des emplois. Autrement dit, Manuel Valls fait un pari. Le pari que les 50 milliards d’aides diverses aux entreprises les conduiront à investir et à embaucher. Comme pour tout pari, il peut gagner…ou perdre.

15 septembre 2014

John Galiano « ressuscité » après son tragique épisode antisémite


L’émission « Le supplément » diffusée sur Canal Plus (eh oui, il faut payer un abonnement !) animée par Maïté Biraben, a connu un moment de grâce et d’émotion rares à la télévision. Il faut dire qu’avant de le recevoir en direct sur le plateau, Mme Biraben avait consacré un petit film magnifique à une star incontestée de la mode puisqu’il s’agit de John Galiano.
Viré il y a trois ans et demi par Bernard Arnault, patron de LVMH et donc de Dior couture, Maïté Biraben nous a rediffusé cette affligeante vidéo dans laquelle John Galiano, ivre mort, au fond du trou, nous assène ses blagues antisémites absolument abjectes. Il évoque tour à tour Hitler, les chambres à gaz en s’adressant à une table voisine de la sienne dans un restaurant. Malheureusement pour lui mais heureusement pour nous, la scène a été enregistrée et diffusée sur la toile. On est autant choqué par les mots que par l’attitude de John Galiano. Il sera d'ailleurs poursuivi et condamné et c’est bien le moins que la justice ait pu faire.
Après toutes ces années passées à se soigner (aux Etats-Unis notamment) contre la maladie alcoolique et contre l’addiction aux drogues, John Galiano nous semble avoir ressuscité. Il n’a évidemment pas été épargné par l’intervievieweuse l’amenant à se justifier tant et plus et à reconnaître sa culpabilité évidente dans ce qui restera comme un immense gâchis mais une forme de délivrance pour celui qui avoue aujourd’hui : « Sans cet accident de parcours qui m’a conduit à me remettre en cause, je serais mort. »
Mais John Galiano demeure un artiste, un créateur. Sur le marché d’un village du sud de la France, des chalands le reconnaissent. La femme s’écrie : « you are a Genius ! » L’homme qui l’accompagne en a la chair de poule.
John Galiano sait qu’il ne parviendra pas à convaincre unanimement ses opposants du fait qu’il n’est « ni raciste, ni antisémite. » J’ai toutefois la faiblesse de le croire. Sa sincérité semble patente et le soutien sans faille de son ami Olivier apporte une roborative note d’optimisme dans un univers qui semble terriblement en manquer.
La bonne nouvelle ? C’est que John Galiano a repris ses crayons et ses feuilles blanches. Il prépare une collection nouvelle. Elle sera présentée au public dans quelques mois. Qui sait, Bernard Arnault reprendra peut-être langue avec celui qui, pendant 17 ans, a été le principal artisan du succès de Dior Couture, multipliant par cinq le chiffre d’affaires de la branche du groupe LVMH. Et visiblement, c'est ce que Bernard Arnault a retenu de la contribution de John Galiano à son groupe.

14 septembre 2014

Quelques réflexions au débotté

Jean-Pierre Bel, Martine Aubry et Lionel Jospin lors de la campagne présidentielle. (photo JCH)

Martine Aubry hausse le ton. Elle commence à distiller des propositions susceptibles selon elles, de faire renaître la confiance entre les électeurs(trices) déçu(e)s et un pouvoir de gauche. Elle a été de ceux et celles qui ont très mal digéré les écrasantes défaites des municipales et des européennes. Elle est vent debout contre le projet de découpage des régions et avec une certaine subtilité, parvient à faire connaître son opposition à la politique économique de Manuel Valls.
Martine Aubry, maire de Lille, troisième ville de France en terme de cherté des loyers est parvenue à obtenir du gouvernement une application, chez elle, de la loi Duflot qui permet d’encadrer ces fameux loyers. Je la comprends. J’ai moi-même cherché un studio, il y a quelques années, à louer à Lille. J’ai visité nombre de soi-disant appartements (des taudis en fait) à des prix défiant une imagination normale et le marché. La situation de Lille est tendue. Non loin de Paris, près de Bruxelles, cette ville est attractive et réputée pour la qualité de ses enseignements. Elle le paie cher chez certains propriétaires uniquement intéressés par l’aspect pécuniaire des choses. Sans règles, le marché est bien la loi de la jungle. On n’a pas fini d’entendre la maire de Lille et c’est tant mieux.

Les journalistes de Nice Matin dont le journal est menacé de disparition cherchent des solutions pour assurer la survie de ce titre apprécié dans les Alpes-Maritimes. Parmi ces solutions, ils proposent la création d’une coopérative ouvrière (ancien nom) associant les salariés et quelques mécènes susceptibles de les aider dans leur aventure car il s’agit bien d’une aventure.
Je lis que Bernard Tapie, le célébrissime Bernard Tapie, connu pour avoir racheté nombre d’entreprises au franc symbolique (à l’époque) revendues à prix d’or, serait susceptible d’apporter son écot à la société coopérative ! C’est le monde à l’envers. Voilà un  homme que les scrupules n’étouffent pas, mêlé à maintes affaires suspectes, bénéficiaire d’un arbitrage discutable et discuté dans l’affaire du Crédit Lyonnais-Adidas qui se présente comme le chevalier blanc pour sauver Nice-Matin. Décidément, mes confrères du sud de la France doivent être dans une sacrée panade pour imaginer que Bernard Tapie peut être un homme désintéressé et avocat d’une bonne cause. A leur place, je me poserais une question : Qu’attend-il du deal ?

Cécile Duflot, redevenue député, ne votera pas la confiance à Manuel Valls. Combien seront-ils au PS, chez les frondeurs, à s’abstenir lors du vote puisqu’aucun d’entre eux n’ira jusqu’à se faire harakiri en votant contre ? Vingt, trente, quarante ? Parmi ces frondeurs, il est un homme que j’apprécie particulièrement. Il s’agit de Christian Paul, député de la Nièvre, proche de Martine Aubry. C’est lui qui animait le laboratoire des idées du PS quand la maire de Lille était encore première secrétaire du grand parti de gauche.
Je me souviens d’avoir participé à plusieurs réunions de ce laboratoire qui avait notamment produit une étude exhaustive sur la production, le traitement, la protection de l’eau en France. Evidemment, aucune de ces préconisations n’a été adoptée par l’actuelle Assemblée nationale. Un grand service national public de l’eau permettrait pourtant de protéger la ressource et de la distribuer dans des conditions sanitaires et d’équité totalement satisfaisante.

Le maire de Hayange, Fabien Engelman, ancien du NPA et de la CGT devenu membre et élu du Front national, est en grande difficulté dans sa commune. Non pas parce qu’il a fait repeindre en bleu ou en bleu blanc rouge tout ce qui ne bouge pas dans sa cité mais parce que son ex-première adjointe l’accuse de n’avoir pas respecté les règles pourtant strictes en matière de financement de campagne électorale. La trajectoire du sieur Engelman est troublante. Etre passé par le NPA, un mouvement très antifasciste et anti-FN, par la CGT, plutôt à gauche de la gauche et finir à l’extrême droite rappelle les heures sombres des Déat et autres Doriot.
Il ne faut pas avoir la colonne vertébrale bien charpentée pour se livrer à ces contorsions idéologiques contradictoires voire opposées. Qu’est-ce qui peut pousser à de tels agissements ? L’absence de scrupules ? Le Goût du pouvoir ? L’argent ? Il faut chercher l’erreur.

Le CICE coûte 20 milliards d’euros actuellement à l’Etat. Ce crédit d’impôts accordé aux entreprises — les PME notamment — devait avoir pour effet de créer des emplois. Le bilan est terrible. Michel Sapin a reconnu que pas un emploi nouveau n’avait été créé grâce aux aides de l’Etat. Il se défend en affirmant que ce CICE a permis de ne pas en supprimer plus. Quelle consolation !
Il sera très difficile d’obtenir du MEDEF qu’il crée des emplois puisque les capacités de production en France sont loin d’être au maximum. On importe beaucoup plus qu’on exporte et cela ne va pas en s’arrangeant. La France, première destination touristique mais pays en voie de désindustrialisation…
Au fait, un journal belge nous apprend que 20 des 100 premières fortunes françaises vivent en Belgique pour échapper au fisc ! Demander à ces exilés fiscaux, aux pratiquants de l’optimisation fiscale d’être de bons citoyens assumant leurs responsabilités en France est au-dessus de leurs forces.

Le retour de Sarkozy sur la scène politique va donner un peu d’air à François Hollande. Car l’homme n’arrive pas seul. Il est accompagné d’une batterie de casseroles qu’il va traîner pendant des mois voire des années. Mis en examen pour trafic d’influence, le futur ( ?) président de l’UMP va quand même trouver sur sa route vers la candidature présidentielle un homme plus raisonnable et plus respecté : Alain Juppé.
« Le meilleur d’entre nous » comme disait Jacques Chirac ira-t-il jusqu’au bout de sa démarche. Il semble être le seul capable de rassembler la droite et le centre. François Bayrou a déjà averti que le retour de Sarko ne répond à aucune nécessité. Sinon celle d’assumer sa vengeance, un sentiment conforme au personnage. Cecilia n’affirmait-elle pas : « il n’aime pas ses enfants. Il n’aime que lui. » On dirait du Trierweiler.

11 septembre 2014

Les sénatoriales du 28 septembre à la proportionnelle donnent à la gauche de l'Eure l'occasion d'entrer pour la première fois de l'histoire au Palais du Luxembourg


Marc-Antoine Jamet, Bruno Questel et Martine Seguela.
Les élections sénatoriales sont pour bientôt. Le département de l’Eure fait partie des 58 départements appelés à renouveler les élus de la chambre haute du Parlement. Pour la première fois de l’histoire, l’élection aura lieu à la proportionnelle puisque notre département enverra trois sénateurs siéger au Palais du Luxembourg.
L’Eure compte 675 communes, 1800 grands électeurs (représentants des conseils municipaux, conseillers généraux et régionaux, députés) et sept listes seront en présence : trois listes UMP avec les trois sortants en têtes de liste, MM. Maurey, Bourdin, Poniatowski, une liste FN, une liste Europe-Ecologie les Verts, une liste du Front de gauche et la liste qui nous intéresse, la liste d’union PS-PRG.

Celle-ci sera conduite par Bruno Questel. Le maire de Bourgtheroulde-Infreville connaît bien le sénat. Il y a été assistant parlementaire d’un élu pendant des années. Il est également vice-président du conseil général de l’Eure (responsable des routes) et président unanime du Pays du Roumois. Il était présent à Louviers, hier soir, dans le cadre des 29 réunions d’élus qu’il tient et tiendra jusqu’au 28 septembre, date de l’élection.

Il est bien évident que le résultat des élections municipales, très favorable à la droite UMP-UDI, avantage les sortants. Pourtant, le résultat n’est pas acquis. Au cours de leur campagne électorale, les trois sénateurs UMP règlent des comptes personnels importants puisque Bruno Le Maire souhaite évincer le sénateur Bourdin, ancien maire de Bernay, jugé trop âgé. Mais la moyenne d’âge des sénateurs est telle que l’élection de Bruno Questel contribuerait à un rajeunissement fort souhaitable si l’on considère que le Sénat a besoin de renouvellement. Les sortant ont vingt ans de carrière parlementaire à leur actif, vient le moment raisonnable de passer la main. Et puis les trois listes UMP ne visent-elles pas à empêcher une femme d’être élue dans la mesure où la proportionnelle oblige les listes à être paritaires !

Dans son intervention, Bruno Questel n’a pas caché que, selon lui, trois mandats de quelque fonction électorale qu’il s’agisse, suffisait. C’est ainsi qu’il a déclaré accomplir son dernier mandat de maire et qu’il se représentera une dernière fois (si les départements continuent d’exister…) au conseil général.
Le maire de Bourgtheroulde est conscient de la difficulté des temps et du contexte lourd pour les socialistes et la gauche en général. Mais Bruno Questel, homme de terrain, habitué des joutes locales et bon connaisseur des préoccupations des élus locaux, saura être un interlocuteur attentif, sincère, efficace pour défendre les intérêts des territoires, rôle que le Sénat ne joue sans doute plus suffisamment.

Marc Antoine Jamet, premier secrétaire de la fédération de l’Eure du Parti socialiste, appelle à une mobilisation sans faille des élus de gauche, du centre gauche et pourquoi pas du centre droit attachés à la décentralisation et à la survie de structures de proximité: « les qualités, le talent, la détermination de Bruno Questel seront d’évidents atouts pour expliquer, défendre, mieux faire connaître les enjeux et les difficultés auxquels sont confrontés les élus et les citoyens de l’Eure. Ce sont les valeurs de Martine Seguela, conseillère municipale aux Andelys et les compétences de Claude Béhar, maire d’Aviron et vice-président du département. C’est l’engagement de leurs suppléants Marie-Claire Haki, maire-adjointe à Pont-Audemer et de Frédéric Delamare, à Bernay. Face à une Droite à couteaux tirés, le parti socialiste présente une équipe sympathique et proche, renouvelée et déterminée. Nous pouvons l'emporter. »



10 septembre 2014

Je me déclare atteint de la phobie des députés phobiques face au paiement de leurs impôts et loyer


Thomas Thévenoud, le phobique des actes administratifs.
Faut-il pleurer, faut-il en rire ? L’affaire Thomas Thévenoud qui arrive à l’un des pires moments du quinquennat de François Hollande pourtant déjà très bien doté en mauvaises nouvelles nous en apprend plus sur les mœurs de certains élus que toutes les enquêtes journalistiques abondantes de ces derniers mois. M. Thévenoud est nommé ministre. Neuf jours après sa nomination, il est « démissionné » par Manuel Valls qui vient d'être informé que ce membre de son gouvernement n’a pas payé ses impôts (et ceux de sa femme) pendant trois ans. On sait depuis, grâce au Canard enchaîné, qu’il ne payait pas non plus le loyer de l’appartement qu’il occupe dans le 5e arrondissement de Paris.
M. Thévenoud est redevenu député grâce à une loi permettant aux anciens ministres de retrouver leur siège au Palais Bourbon. Pas député socialiste, son ancien statut, mais député non inscrit, le premier secrétaire du PS ne désirant pas « récupérer » une brebis galeuse.
Pour sa défense, M. Thévenoud déclare souffrir d’une névrose peu courante dans le vocabulaire psychiatrique : la phobie des actes administratifs. Ne cherchez pas dans les dictionnaires médicaux, cette phobie est extrêmement rare et elle ne sévit que dans certaines contrées d’un certain pays appelé la France. Cette phobie est même contagieuse puisque l’épouse de M. Thévenoud, chef de cabinet du président du Sénat (il vient de la congédier) était frappée du même mal. Heureusement, c’est un mal dont on ne meurt pas, sauf politiquement.
M. Thévenoud affirme avoir suivi une thérapie de choc le conduisant à régulariser sa situation fiscale et son état de locataire. Il a subi la peine ordinaire avec les intérêts et les pénalités attenantes. C’est quand même mieux que les effets de tous ces antidépresseurs et ces anxiolytiques que Mme Trierweiler dit avoir avalés quand elle a vu la photo de son amant casqué dans Closer.
Moi-même, je peux comprendre M. Thévenoud. Je viens de me rendre compte que j’étais également atteint d’une phobie rarissime. J’ai la phobie des élus atteints de la phobie des actes administratifs. Je conseille à tous les mauvais payeurs, tous les corrompus, tous les corrupteurs, tous les planqués et tous ceux qui trompent le fisc et pratiquent l’évasion fiscale d’invoquer cette maladie. Même si elle n’exonère pas des peines prévues par la loi, elle leur permettra peut-être de bénéficier de circonstances atténuantes ?

8 septembre 2014

Val-de-Reuil ville d'accueil pour les investisseurs dans l'immobilier locatif…


Les ministres (ou ex-ministres) aiment se pencher sur le sort de Val-de-Reuil. (photo Jean-Charles Houel)
 La mairie de Val-de-Reuil communique :
« Après que la Municipalité en a défendu le principe auprès de la Ministre du logement, Val-de-Reuil bénéficiera à partir du 1er octobre d’un dispositif de défiscalisation pour l’investissement locatif particulièrement porteur pour la commune, son attractivité et la poursuite de son développement.

Cet avantage a un nom, très administratif, mais connu des professionnels de l’immobilier : Val-de-Reuil intègre le classement des villes dites « B2 ». Grâce à cette conquête, car c’en est une, tous les propriétaires ou promoteurs investissant à Val-de-Reuil pour ensuite louer leur bien – c’est la condition –, payant à partir de 3 000€ d’impôts par an, pourront bénéficier, pendant 9 ans, d’un crédit d’impôts de 18% du montant de leur investissement locatif.

Pour le propriétaire qui investit, cela facilite le remboursement d’un prêt immobilier, diminue l’apport nécessaire ou accélère la rentabilité de l’investissement. Pour le futur locataire répondant aux conditions de plafond de ressources, cela garantit un logement neuf et de qualité, bâti aux normes environnementales modernes, dont le prix du loyer est plafonné par la loi. Ils ne sont donc pas réservés à une élite. Ce dispositif du Gouvernement permet, sur fonds privés, la création d’un nouveau parc comparable au logement social de qualité.

C’est, au-delà des particuliers, un système où tout le monde gagne : l’Etat qui stimule ainsi la construction de nouveaux logements par les promoteurs privés, les banques qui accordent des prêts plus volontiers, les communes qui attirent les promoteurs et accueillent de nouveaux logements, donc de nouveaux habitants.

A Val-de-Reuil, dans la plus jeune commune de France, l’effet vertueux de ce dispositif sera proportionnellement plus fort et plus rapide que dans beaucoup d’autres communes également retenues, car un grand nombre de terrains y sont disponibles, à des prix plus que compétitifs, y compris en centre-ville ou au bord de l'Eure, ce qui n’est pas le cas dans les communes au foncier plus restreint, au maillage immobilier déjà dense, voire saturé.

Cela permet également d’aller plus loin dans la diversification des logements et des parcours résidentiels. Dans le programme de mandature de la municipalité, était inscrite la construction d’une nouvelle résidence collective susceptible d’accueillir de nouveaux Rolivalois, donc de nouveaux élèves dans nos écoles, de nouveaux bénévoles dans nos associations, de nouveaux chalands pour nos commerces, comme ce fut le cas suite à la construction de la résidence du « Domaine du Val ». Forte de ce dispositif, la Ville peut même espérer reproduire plusieurs fois ce schéma.

Ce classement qui est une récompense est le fruit de l’effort massif de rénovation urbaine mené à Val-de-Reuil. Promoteurs et investisseurs avaient fui et déserté la Ville à la fin des années 1990. Ils sont revenus avec la réussite de l’opération de renouvellement urbain, puisque 1 000 nouveaux logements ont été créés depuis 2001. Aujourd’hui, l’annonce de classement en zone « B2 » est une victoire pour dix ans et plus. C’est peut-être la plus grande depuis la qualification de Val-de-Reuil pour l’ANRU, dans l’attente et l’espoir du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). C’est un pas décisif vers les 20 000 habitants. Val-de-Reuil va accélérer encore son développement. »

Le Président de la République a-t-il une majorité pour conduire la nouvelle donne politique ?


Le président en visite à Val-de-Reuil. (photo JCH)
Manuel Valls n’y va pas par quatre chemins. En s’adressant aux socialistes français depuis Rome et en Italien (bravissimo !) le premier ministre de notre gouvernement abat ses cartes et fait tapis : où vous adoptez sans broncher notre politique et vous la soutenez ou vous aurez Marine Le Pen et le Front national au pouvoir. C’est un peu court jeune homme, on pourrait dire bien des choses en somme…
D’abord que ce chantage à l’élection du FN n’est pas acceptable. Après deux ans et demi de pouvoir, il est intolérable, pour un militant socialiste qui a voté Hollande sur un projet et un programme, de s’entendre dire que la nouvelle donne économique et financière est la seule valable et que la contester c’est tourner le dos à la seule politique possible proposée par un Président de la république dont je doute des brevets de socialisme.
Je peux comprendre, ensuite, eu égard à la personnalité et aux engagements anciens de Manuel Valls que le nouveau premier ministre veuille appliquer la ligne politique qu’il a fait sienne depuis des années. Je peux comprendre que face à l’échec des actions conduites depuis mai 2012, il faille recourir à d’autres propositions. Je ne comprends pas que, sans vote, sans congrès, sans démocratie interne ou externe, le président et son premier ministre se sentent investis de la légitimité permettant de changer d’orientations en cours de mandat.
François Hollande avait théorisé, dans un livre écrit avec Edwy Plenel, la nécessité de vérifier par une consultation populaire l’adéquation entre le pouvoir et les citoyens. Face à l’avalanche de mauvaises nouvelles, publiques et privées, face à un chômage qui croît sans cesse et une croissance atone, face à la grogne d’un nombre significatif de députés de la majorité, François Hollande devrait songer sérieusement à l’avenir.
Si, comme les sondages l’indiquent, le Front national est en situation de peser sur les choix futurs de la politique française et européenne, alors il est temps que le président réfléchisse au cadre institutionnel de cette république en bout de course.
On ne manque ni de beaux esprits ni de fins conseillers pour travailler sur une réforme de la constitution mettant fin à l’homme providentiel et garantissant tout de même une majorité de gouvernement. J’imagine qu’un scrutin majoritaire et proportionnel permettrait de sauver l’efficacité de la gestion du pays et la représentation de l’ensemble de ses courants politiques. Le compte à rebours est entamé.