5 juillet 2014

Jean-Louis Debré tâcle Nicolas Sarkozy


(DR)
La parole de Jean-Louis Debré est une parole qui porte. Le président du Conseil constitutionnel fort expérimenté depuis sa nomination a pris son rôle très au sérieux. Il est apprécié, aussi bien par les conseillers de droite — sa famille naturelle — que ceux de gauche. J’ai souvenir que la gauche avait jugé positive et équitable la présidence de l’Assemblée nationale par Jean-Louis Debré. On reconnaît un grand président au Palais Bourbon à la manière qu’il a de gérer l’opposition et de se montrer magnanime. Jean-Louis Debré en eut souvent l’occasion.
Si j’évoque la personnalité de l’ancien député-maire d’Evreux devenu président du Conseil constitutionnel c’est parce qu’il a été outré, le mot convient tout à fait, par les propos de Nicolas Sarkozy portés sur les deux juges d’instruction qui l’ont mis en examen. Jean-Louis Debré, après avoir rappelé que le Conseil constitutionnel n’avait aucun moyen d’enquêter sur les comptes de campagnes des candidats à l’élection présidentielle (comme le laisse entendre l’ancien président) a constaté que le conseil s’est positionné uniquement sur le rapport du président de la Commission des comptes de campagne laquelle n’a, elle non plus, aucun moyen légal de vérifier dans les détails les déclarations des candidats.
Le dépassement du plafond légal de 400 000 euros de dépenses que Sarkozy fait passer pour mineur est, on le sait aujourd’hui, une fausse information. La double comptabilité tenue par la société Bygmalion fait en effet apparaître une facturation « présidentielle » présentée au paiement…à l’UMP de Jean-François Copé laquelle s’élèverait en réalité à 11 voire 17 millions d’euros soit un total de 39 millions d’euros contre 22 autorisés. Sarkozy a déjà trouvé la parade. Si Bygmalion a facturé des prestations fantaisistes à l’UMP…que l’UMP porte plainte ! La belle trouvaille !
Passons donc sur cet étrange comportement frisant l’irresponsabilité. Plus intéressante me semble être la réflexion de Jean-Louis Debré concernant les attaques de Nicolas Sarkozy contre les magistrats. Sans entrer dans les détails, le président du Conseil constitutionnel affirme que les politiques doivent faire attention à leurs propos et qu’en tout état de cause, ils ne doivent pas attaquer les juges ni la justice, un pilier essentiel de notre démocratie. Se défendre, oui ! Se défausser sur les juges ! Sûrement pas.
J’ignore la qualité des relations personnelles entre Jean-Louis Debré et Nicolas Sarkozy. Après la remarque de l’ancien député de l’Eure, elles ne devraient pas aller en s’améliorant. 

3 juillet 2014

« Plus la patience est grande, plus belle est la vengeance »…ou comment Juppé et Fillon attendent Sarkozy au tournant


Nicolas Sarkozy n’est pas un justiciable comme les autres. Les mis en examen ne sont pas tous amis de Lagardère et de Bouygues. Ils n’ont pas tous la possibilité d’occuper l’antenne pendant plus de vingt minutes à une heure de grande écoute pour débiter des « vérités » arrangées et se livrer à des attaques en règle contre les juges d’instruction et le pouvoir en place. 
Que retenir des déclarations de l’ancien président de la République qui aspire à le redevenir ? Il veut se faire passer pour une victime. Il précise quand même au passage que s’il a commis des fautes (on ne sait jamais !) il en assumera les conséquences. C’est bien de le préciser parce que de toutes les façons, il ne pourra pas faire autrement.
A quoi a donc servi cette interview télévisée sinon à accuser le ciel et la terre sans rien préciser des actes qu’on lui reproche ? Pas un mot sur les écoutes (sauf pour se plaindre de la forme) pas un mot sur ses téléphones portables achetés sous de faux noms, pas un mot sur le magistrat de la Cour de Cassation qui souhaitait un bon poste à Monaco, pas un mot sur les taupes policières ou judiciaires qui renseignaient Sarko et son avocat sur le déroulement des affaires Bettencourt, Kadhafi et compagnie. « Corruption active », « trafic d'influence » et « recel de violation du secret professionnel » sont des délits potentiels gravissimes !
Sur les faits qu'on lui reproche, Sarko est demeuré étrangement silencieux. Le dossier est si lourd qu’il n’a qu’une solution pour s’en sortir : reprendre la tête de l’UMP, faire durer les affaires le plus longtemps possible pour gagner 2017, tenter d’être réélu pour bénéficier de l’immunité présidentielle. Ce ne sera pas simple mais ce n’est pas impossible. Il est vrai que 65 % des Français considèrent que l’ancien président est traité comme tout un chacun, qu’il n’y a pas d’acharnement particulier à son égard. 
Et pourtant, l’orchestration de la contre-attaque contre les deux « dames » (1) comme il dit, visant à les faire passer pour des juges rouges assoiffées du sang de Sarko et à le détruire, est une opération évidente d’enfumage destinée à masquer l’essentiel. François Hollande l’a bien compris qui a donné comme consigne à la gauche de se taire, de ne pas commenter les propos de l’ancien chef de l’Etat, de le laisser « boxer dans le vide ». Sans adversaire face à lui, Sarko va se battre contre son ombre et aussi contre la réalité d’un dossier judiciaire lourd que ses avocats vont tenter de minimiser voire d’annuler dans notre état de droit.
Il est particulièrement réjouissant d’entendre les adversaires de Sarko au sein de l’UMP l’assurer de toute leur sympathie et de leur compassion, espérer que son innocence (sic) sera reconnue, conscients qu’ils sont que l’affaire en cours ne sera pas la seule à troubler les nuits du mari de Carla. Une certaine affaire Bygmalion est dans les cartons. Sarko anticipe la suite puisqu’interrogé, hier soir, sur le financement de la dernière campagne présidentielle, il a rejeté toutes les fautes sur l’UMP. Ses comptes de campagne ont été rejetés pour un dépassement de 400 000 euros. Alain Juppé et François Fillon vont la jouer « cool ». Ils savent que le temps judiciaire n'est pas le temps politique ou médiatique. «  Plus la patience est grande, plus belle est la vengeance. »
(1) M. Sarkozy ne cite pas les noms des deux juges d’instruction qui l’ont mis en examen. Ce serait leur faire trop d’honneur. Il s’agit de Mmes Simon et Tépaut, objets de sarcasmes et de suspicion de la part du premier cercle sarkozyste.

2 juillet 2014

Marc-Antoine Jamet : François Loncle et Franck Martin ont raison…


Le député de notre circonscription et l'ancien Maire de Louviers qui, dans un passé lointain, lointain, ont parfois eu tort ensemble, viennent, cette semaine, d'avoir tous les deux raison, mais sur des sujets différents.

A tout seigneur, tout honneur, François Loncle parle d'or quand il s'indigne de la pauvreté, de l'indigence, de la frustration à laquelle sont soumis les amateurs de football qui, comme moi, comme beaucoup, ne veulent pas s'abonner à une chaine qatarie pour suivre l'intégralité des matches de la Coupe du Monde. Une manœuvre très contestable est à l'origine de cette situation. TF1, écartant un service public qui, de toute façon, n'en avait pas les moyens, a acheté les droits de la compétition à la FIFA afin, en quête d'économies et de recettes faciles, de mieux les revendre ensuite à une chaine payante. Du coup, la compagnie de M. Bouygues ne propose plus au commun des tifosi qu'une vingtaine de retransmissions exclusivement, ou presque, consacrée à la belle aventure des bleus. Certes c'est l'essentiel. Pas grave, diront donc certains. Pas sûr. Quand j'étais enfant, quitte à faire sourire, je découvrais le monde, ses visages, ses particularités, grâce à la seule épreuve qui, avec les jeux olympiques, alignait des équipes venues des cinq continents. On ne tardait pas à comprendre que l'Océanie avait d'autres chats à fouetter et d'autres ballons à attraper… avec les mains. On s'extasiait sur la puissance des équipes africaines en touchant du doigt les contraintes du développement insuffisant des pays qu'elles représentaient. La famille se déchirait pour savoir si, au nom du ballon rond, on n'apportait pas un soutien involontaire aux dictatures sud-américaines. On révisait l'histoire de l'Europe et à Séville pour se demander si nos bons amis allemands n'étaient pas restés un peu méchants. Va pour quelques duels, mais tout n'est pas épopée, rétorquent ceux qui ne trouvent décidément rien à redire à cette confiscation. 
Il y aurait des confrontations soporifiques, dépourvues d'intérêt, en un mot superflues. Là encore pas évident. Chacun se souvient du match de la honte qui vit l'Autriche et l'Allemagne refuser de s'affronter pour mieux se qualifier aux dépens de l'Algérie. Cela en disait beaucoup sur la persévérance de certaines solidarités linguistiques et quasi nationales face à la mondialisation naissante. Qui n'a pas encore en mémoire l'étonnant et très sportif match Iran/Etats-Unis au cœur de la crise entre ces deux pays voici dix ans. En 90 minutes on en apprenait autant, si ce n'est plus, que dans toute une leçon du docteur Kissinger. De même un fameux Argentine/Angleterre en montra davantage sur la profondeur du conflit des Malouines que bien des commentaires géopolitiques. Et puis on s'enthousiasmait, on découvrait des joueurs, des équipes, des tactiques. Des confrontations improbables, dont on pensait n'avoir que faire, vous prenaient aux tripes. Cette universalité de retransmission permettait aux plus pragmatiques de suivre le parcours des futurs adversaires de la France (quand on pense que les qualifications en poule du Nigeria, notre adversaire des huitièmes n'ont pas même été reprises !). Bref, notre parlementaire de référence a cent fois raison. C'est un scandale et quatre coupables l'ont déclenché : l'argent et l'égoïsme, l'ignorance et la bêtise. Bien étroit. Bien triste. 
Le quartier de Maison rouge (image d'archives) paiera les pots cassés. (photo JCH)

Du foot planétaire à Louviers la drapière, il y a comme un soudain rétrécissement de focale, mais il me permet, dans le débat sur "qui dit la vérité entre  l'ancien et le nouveau maire" de me ranger résolument du côté de Franck Martin. Pour la commune toute entière, singulièrement pour le quartier de Maison Rouge ce qui est en train de se passer en matière de rénovation urbaine est une catastrophe. Je ne suis un fanatique absolu ni des halles de futsal, ni de manière générale de ce sport qui me parait rustique et violent. Il se trouve cependant qu'un tel équipement avait été intégré dans la maquette ANRU de Louviers, maquette signée et approuvée par tous les partenaires de la commune et qui conditionnait leur financement à sa parfaite exécution. Changer unilatéralement une clause d'un contrat peut conduire les autres co-contractants à revenir sur toutes les autres. C'est ce qui va arriver. La parole donnée n'est plus tenue. Chacun est délié de ses promesses. Et ce n'est pas la désinvolture d'une adjointe qui, candidement, déclare que tout cela n'est pas grave et qu'il n'y a qu'à rédiger un avenant avec l'ANRU qui va rassurer les Lovériens. 
Un avenant national, c'est précisément ce que, par solidarité et alors qu'aucun de ses élus n'était présent, j'avais évité à Franck Martin en plaidant sa cause devant le conseil d'administration de l'agence de la rénovation urbaine un jour que le dossier y était instruit sans que nul n'en ait été prévenu. Collectivement, nous l'avions échappé belle. Un avenant national, ce sont des mois de négociations, des dizaines de signature à retrouver, des pages et des pages à vérifier. Des jours, des semaines et des mois de perdus.  Revenir sur ce qui a été décidé alors que la politique de la Ville et son périmètre sont en train de se décider est surtout suicidaire pour une commune qui devrait se battre pour en faire partie. Résultat, Louviers sera sorti du dispositif avant même d'avoir pu y entrer. Pour les Lovériens, ce sera moins de crédits, moins de constructions, moins de modernisation. Il est parfois des moments où les périodes d'apprentissage n'excusent pas l'amateurisme. 
(Communiqué de Marc-Antoine Jamet)

Louviers : la nouvelle municipalité pinaille sur la situation financière de la ville et décide de supprimer le projet de futsal à Maison rouge


François-Xavier Priollaud (photo JCH)
Nous étions 37 (pendant une heure trente) à préférer suivre (sur Internet) la séance du conseil municipal de Louviers, lundi soir, plutôt que le match opposant la France au Nigeria pour la coupe du monde de football. Il faut croire que les délibérations de l’assemblée lovérienne sont plus intéressantes que le système de jeu imposé par Didier Deschamps. Je ne regrette pas mon choix dans la mesure où cette séance devait nous éclairer sur les choix financiers de la nouvelle municipalité.
Le contexte ambiant était favorable à des explications franches et courtoises, Franck Martin ayant décidé d’être absent sans avoir donné de procuration. Je retiens trois points importants : le réquisitoire de Pierre Lécuyer sur l’état des finances de la ville n’a été qu’une toute petite contestation eu égard aux enjeux globaux. Il a pinaillé, ici ou là, pour justifier l’abandon du projet de futsal dans le quartier de Maison rouge au bénéfice des compresseurs du Kolysé. Evidemment, les publics visés sont différents et l’habillage financier n’est qu’une manière déguisée de contester le fond même du projet de futsal.
Le second point tient à la défense de Patrice Yung, chargé de justifier les choix de l’ancienne municipalité. Patrice est évidemment sincère mais il est confus et on ne comprend pas toujours sa logique…même quand il rappelle qu’il a voté 19 budgets dégageant des excédents au compte administratif, le vrai juge de paix d’une gestion.
 
Patrice Yung (photo JCH)
Enfin, en l’absence de Franck Martin, Christian Renoncourt est apparu comme un leader de rechange. François-Xavier Priollaud ne s’est pas privé de rappeler (avec ironie) certains textes publiés sur le blog du responsable socialiste, il semble bien que l’ancienne tête de liste aux municipales de 2008 soit appelé à jouer un rôle plus important.
Dans le détail, le maire a eu beau jeu de tailler quelques croupières à un budget primitif préparé par l’équipe Martin mais non abouti devant l’assemblée puisque cette dernière a perdu les élections. Qui sait quel document final aurait été présenté à l’assemblée communale en cas de réélection. J’imagine que quelques erreurs auraient été corrigées telles le budget du Kolysé (100 % de recettes sur 12 mois et 50 % de dépenses sur 6) la somme consacrée aux salaires du personnel ou les frais engagés pour l’animation de ville consommés à 75% en quelques mois.
Il reste que sur un point, le maire actuel a raison : l’entretien du patrimoine communal n’a pas été conduit avec rigueur et suivi. Nombre de propriétés bâties ont besoin de soins immédiats et de travaux conséquents. Ce sera une priorité de la nouvelle équipe et on ne peut lui donner tort sur ce point.

30 juin 2014

Clients de la BNP, apprêtez-vous à raquer pour payer l'amende de 9 milliards de dollars !


Je ne suis pas client de la BNP. Pour autant, doit-on se désintéresser de ce qui se trame aujourd’hui, aux Etats-Unis entre l’état de New York et les dirigeants de la grande banque française ? Le procureur financier de cet état, après des mois de négociations, s’apprête à infliger une amende de 9 milliards de dollars (vous avez bien lu) à la banque française qui entre 2002 et 2009, n’a pas respecté les lois américaines concernant l’interdiction de commercer en dollars avec certains pays : Iran, Soudan, Cuba…pour ne citer qu’eux.
Le roi dollar est si fort que toutes les transactions opérées dans cette monnaie sur le globe doivent être compensées par une banque située sur le sol américain. Il en ressort que les lois américaines s’appliquent notamment celles relatives aux embargos économiques et politiques.
Les dirigeants de la BNP ont ignoré sciemment les lois des Etats-Unis. Ils ont donc commercé (avec des pays marqués au rouge) en dollars puisqu’il s’est agi de marchés pétroliers et gaziers. Avertis à plusieurs reprises, informés des sanctions éventuelles, les banquiers français ont joué l’arrogance et ont ignoré les conséquences pourtant prévisibles. En plus de l’amende, la banque va se voir interdire certaines activités pendant une année, de quoi faire fuir des clients fortunés et puissants.
Le procureur financier va même plus loin : il exige la tête d’une douzaine de personnages considérés comme indésirables car non désirés. Certains ont déjà fait leurs cartons, d’autres vont suivre.
Les dirigeants de la BNP plaident coupables, ce jour, ce qui leur évitera un procès public et leur permettra de négocier leur peine d’amende. Je ne suis pas assez futé pour savoir comment une banque peut trouver sur ses fonds propres, sans dommages pour elle, une somme aussi considérable ? Il ne s’agit pas que d’un jeu d’écriture. Il va donc falloir que quelqu’un paie : les salariés de la BNP qui ont reçu une lettre de leur direction ? Les clients (d’une manière ou d’une autre ?) Il ne manquerait plus qu’on apprenne que les dirigeants de la BNP ont vu leurs salaires ou autres stock options croître de 20 ou 30 % en 2013 !
Quant au dollar, monnaie d’excellence dans le commerce mondial, il faudrait peut-être revoir sa domination absolue et sans vraie concurrence. L’Europe et la Chine tentent de remédier à cet état de fait mais sans réelle influence.

28 juin 2014

Méfions-nous de la démocratie de l'œil qui regarde par le trou de la serrure


Jean-Marie Le Guen. (DR)
François Hollande a raison. Sans la mise en place de la Haute autorité pour la transparence voulue par lui-même et décidée en accord avec le Parlement, jamais on n’aurait eu connaissance du patrimoine passé et actuel des ministres et des secrétaires d’Etat. Les journaux publient d’ailleurs avec une certaine délectation les patrimoines copieux ou baroques des membres du gouvernement. Très franchement, je cherche encore le rapport entre l’existence de ces patrimoines et l’action politique en cours.
Le président, après l’affaire Cahuzac, a été sonné. KO debout. Il n’imaginait pas les conséquences archi-négatives créées par cette situation véritablement sismique pour un homme de gauche disposant de comptes en Suisse ou à Singapour et surtout menteur devant la représentation nationale. Cahuzac, par ses excès et ses rodomontades, et par son attitude immorale a durablement porté atteinte au message de la gauche et à ceux et celles qui le véhiculent.
François Hollande a mis du temps à encaisser mais il a compris le message et cette Haute autorité de la transparence a fait son travail relativement au nouveau gouvernement Valls. Je ne vais pas jouer les voyeurs et contribuer à une forme d’exhibitionnisme forcément malsain. Je souhaite, toutefois, m’arrêter un instant sur la situation de Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le parlement. Au-delà de l’ancienne affaire de la MNEF dans laquelle son nom est cité, il se trouve que la Haute autorité pour la transparence a considéré que les déclarations de M. Le Guen sous-évaluaient sensiblement les estimations de ses biens immobiliers pour éviter une trop forte ISF.
Disons-le tout net : combien de notaires et de spécialistes de l’immobilier aident leurs clients dans l’évaluation des biens soumis à l’ISF ? C’est un métier. Même si le fisc n’est pas dupe et procède aux contrôles nécessaires en fonction de ses moyens. M. Le Guen, sollicité, a accepté de corriger sa déclaration pour la rendre plus conforme au prix du marché. D’où « la sincérité » lui évitant des ennuis judiciaires. Le Guen n’est pas Cahuzac, il ne mentira pas les yeux dans les yeux.
On ne m’enlèvera pas de l’idée, toutefois, que ces enquêtes sur le patrimoine des élus, nationaux, régionaux, départementaux, sur celui de leur entourage parfois, a quelque chose de malsain. Je sais bien que la transparence est (apparemment) une vertu…mais quand je lis dans les déclarations de patrimoine de tel ou tel ministre qu’il possède un scooter ou…une machine à laver, je m’interroge sur cette démocratie de l’œil qui regarde par le trou de la serrure.

27 juin 2014

Pas de terrain pour les gens du voyage aux Monts à Louviers : le tribunal administratif de Rouen donne raison aux riverains


A Pinterville, il n'y a pas assez de places pour tous le monde. (photo JCH)
Pas de terrain pour les gens du voyage aux Monts à Louviers ! Telle est la décision du tribunal administratif de Rouen suite à une action intentée par des riverains contre la décision de l’ancien maire, Franck Martin, qui avait fait de ce combat un emblématique symbole de la lutte contre ces « riches » qui veulent rester entre eux.
Le problème posé est-il aussi caricatural ? Le quartier des Monts est un quartier excentré de Louviers, de nature résidentielle, où les habitants ne se comptent pas, pour la majorité d’entre eux, parmi les classes sociales les moins favorisées. Il se trouve qu’un terrain appartenant à un privé, non destiné à l’habitation dans le plan local d’urbanisme originel, pouvait voir modifier sa destination en terrain naturel — après modification du PLU — en terrain d’accueil de gens du voyage. Les propriétaires du terrain souhaitant se sédentariser
La situation créée n’avait rien d’exceptionnelle. D’un côté le maire et les bénéficiaires de la modification du PLU, de l’autre, les habitants défenseurs d’une forme de conservatisme désirant préserver le caractère résidentiel du quartier. Quand Franck Martin accusa ses détracteurs d’être favorables à une forme d’apartheid, il exagérait. Et ce n’était pas la première fois. Le mot est lourdement chargé de connotations péjoratives et doit être manié avec d’infinies précautions. C’était aussi, pour l’ancien maire, une manière de stigmatiser ses opposants considérés dès lors comme des « petits blancs »…presque racistes.
Le tribunal administratif a pris une décision fondée sur des raisons techniques et urbanistiques. Il écrit : « le choix du terrain est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation compte tenu du caractère inondable de la zone, de la présence de fils électriques, du caractère mal desservi de la parcelle et de l’état des équipements publics… (1)» Autrement dit et pour faire simple ce terrain ne convient pas à une implantation durable d’un habitat même mobile.
Le maire actuel de Louviers, dont un adjoint appartenait aux protestataires, ne fera évidemment pas appel de la décision du TA de Rouen. Après l’affaire du terrain pour les gens du voyage situé près de Pinterville et les nombreuses décisions judiciaires (au fait, où en est-on ?) Franck Martin aurait dû se méfier des conséquences possibles de son choix. Il a voulu passer en force, s’appuyant sur des arguments moraux plus que techniques. Dans ces cas-là, il ne faut pas laisser la place au doute.
(1) la Dépêche du 27 juin.

La Cour européenne condamne la France et donne des droits aux enfants nés sous GPA


La Cour européenne des droits de l’homme a décidé qu’un enfant devait bénéficier d’une filiation, quel que soit le mode de reproduction choisi par ses parents. Pour avoir méconnu ce principe, la France a été condamné par la CEDH, hier, et va devoir appliquer dans sa législation cette contrainte de niveau supérieur à tous les actes de justice nationaux.
Il a donc fallu qu’un couple de franciliens attaque la France après qu’ils avaient porté plainte pour refus d’inscription de leurs filles jumelles nées ailleurs qu’en France après une GPA (grossesse pour autrui) autrement dit après avoir fait appel à une mère porteuse. Dans son arrêt la CDEH prend en compte le contexte global de la famille et le fait que le père des enfants a été le père biologique. Pour la CDEH il ne fait pas de doute que le mot famille convient à leur situation et que les enfants ont droit, non seulement, à être reconnus par leurs deux parents mais également à bénéficier de la nationalité française.
C’est évidemment une grosse pierre lancée dans le jardin des anti-GPA. Même si Christiane Taubira a réaffirmé qu’il n’était pas question de légiférer sur cette question afin de ne pas réveiller les adeptes de la Manif pour tous et les divers intégrismes en vogue dans notre pays, la décision de la CEDH va contraindre le gouvernement à adopter une attitude que dénonce par avance le député UMP Gosselin. Il invite le gouvernement à résister à la CDEH…comme si c’était possible !
Je retiens de cette décision historique le fait que les états peuvent ou non interdire la GPA. Il n’empêche que les enfants nés de cette façon se voient reconnaître des droits, eux qui n’ont évidemment pas demandé à naître et encore moins exprimé quelque vœu que ce soit sur le mode de conception choisi par leurs parents. Et cela c’est positif.

25 juin 2014

Au musée de Louviers Yves Martin commente des dessins et peintures du néolithique algérien


L’exposition présentée actuellement au musée de Louviers ne fait pas dans la simplicité et c’est tant mieux. Consacrée à des « œuvres » préhistoriques et africaines, elle met en lumière les nombreuses recherches et relevés effectués lors de missions dans la Région du Tassili, dans le sud algérien. Dans ces vastes espaces de pierres et de grès, les préhistoriens ont découvert des expressions artistiques de tout premier ordre si bien que ces témoignages profondément humains ont été classés il y a déjà longtemps au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Grâce à Yves Martin, l’un des découvreurs de la grotte de Gouy située entre Saint-Adrien et Rouen et son travail réalisé à deux reprises en Afrique, le musée de Louviers accueille les dessins et planches conservés au Musée de l’Homme à Paris et prêtés pour l’occasion. Ces dessins expriment la vie dans une région où le climat était tempéré et les animaux bien différents de ceux d’aujourd’hui. Les lions, les taureaux, les gazelles, l’eau, occupaient ce territoire devenu désertique au fil des millénaires bien avant que n’arrivent chevaux ou chameaux. Le guide a su attirer l’attention de ses invités sur tel ou tel détail, tel ou tel personnage mis en scène avec un talent évident. Datant du néolithique (entre moins 4000 ans et moins 6000 ans avant JC) les murs peints se présentent comme autant de trésors d’une civilisation dont on peut assurément dire qu’elle était bien entrée et bien ancrée dans l’histoire contrairement aux propos d’un ancien président en visite à Dakar. Ces traces d’une mystique évidente nous racontent, sans qu’on en connaisse tous les détails ni toutes les origines, l’histoire, le langage, les sentiments, les modes de vie de populations déjà animées du souci de se sublimer en se projetant au-delà de leur destin.
 
Yves Martin commente l'exposition
Yves Martin, toujours disponible, a eu le plaisir d’accueillir cet après-midi au Musée lovérien, des Nigériens de Timia, artistes-artisans qui viennent de passer près de trois mois à Louviers à la Villa Calderon où ont défilé de nombreux élèves de notre ville. Ces derniers ont eu l’occasion de découvrir le travail soigné des deux ambassadeurs de la cité jumelle. Michel et Claude Bellevin, président et membre des Amis de Timia et Pierre Martin, le frère d’Yves, avaient tenu à accompagner les visiteurs.

24 juin 2014

Pas de groupe pour le FN à Strasbourg ! Seulement du beurre dans ses épinards…


Ils ont l’air malins les petits nigauds ou les grands salauds (comme dirait Tapie) qui ont voté pour Marine Le Pen et le Front national lors des dernières élections européennes. Vingt quatre élus et finalement pas de groupe à Strasbourg. Autrement dit, 24 élus sur 74 pour «représenter» la France (sans aucun pouvoir) et détruire l’Europe de l’intérieur (comme ils disent) mais sans moyens financiers importants et surtout sans droits matériels conséquents. Marine Le Pen n’a pas réussi à rassembler des élus de sept pays différents et à s’accorder sur un programme minimum issu des droites dites nationales. Les droites qui veulent détruire l’Euro, sortir de l’Union européenne, baisser le rideau de fer de triste mémoire et jeter les immigrants à la mer. Parmi les inepties avancées.
Pas de groupe, pourquoi ? Ces populistes-là étaient trop antisémites. Ces nationalistes-ci pas assez remontés contre Bruxelles. Ces FN-là pas assez fréquentables par les Anglais et ces Italiens-ci trop fascistes pour des gens civilisés. Quand, en plus, vous êtes contraints de discuter avec des députés cinq étoiles de Bepe Grillo ou de la Ligue du Nord ou des Flamands indépendantistes ou avec Nigel Farage le trublion britannique, il n’est pas simple de faire prendre la mayonnaise même si elle doit retomber deux mois après.
De toutes les façons, compte tenu des nombreuses absences des Le Pen (le père est aussi député européen) au Parlement, du peu de poids des souverainistes, de la méconnaissance des dossiers de ces députés élus pour les indemnités et les facilités qui vont avec (assistants, secrétaires, jetons de présence) le Front national ne pèsera rien dans les débats et ses électeurs, comme d’habitude, seront bernés.
Avec le recul, on mesure le peu de conscience politique et la faiblesse du raisonnement des électeurs FN. Vote de protestation ou vote d’adhésion, le résultat est le même. Le FN comptera pour du beurre dans les décisions du parlement européen. Du beurre, il en aura tout de même mis dans ses épinards et ce sera le seul résultat positif de ce scrutin pour un parti qui a soi-disant vocation à gouverner !