19 décembre 2009

Les transports public gratuits, c'est possible, en voici la preuve !

Suite à l'article de Sophie Ozanne, j'ai reçu ce commentaire anonyme : « on attend toujours les explications sur le versement transport...» J'ai décidé de publier un extrait (important) de l'article signé de Maryline Trassard, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis. (voir adresse à la fin de l'article). Il répond bien à la question angoissée de mon correspondant.

« Dotée de la compétence transport, la communauté de Moselle et Madon (Meurthe-et-Moselle) a mis en place trois nouvelles lignes d'autobus desservant les douze communes du territoire. En 2007, ce service est devenu gratuit. Il a généré 82.000 voyages en 2008, auxquels se sont ajoutés 4.500 voyages dans le cadre d'un transport au porte-à-porte créé en 2006.

Dans le même temps, pour le transport à la demande, le prix unique par voyage est passé de 2,50 euros à 2 euros. "Le prix est un des principaux leviers pour agir sur la fréquentation des transports publics", estime Hervé Tillard, vice-président chargé des transports. "La gratuité se situe dans une optique de développement durable, avec un objectif à la fois environnemental et social : favoriser les transports alternatifs à la voiture et faire en sorte que tous les habitants aient accès aux déplacements, quelque soit leur situation, leur âge et la commune où ils vivent." Cette politique tarifaire entraîne une croissance importante de la fréquentation d'année en année.

Le nombre de voyages effectués par le biais des trois lignes TMM est passé de 18.000 en 2006 à 32.000 en 2007, et à 82.000 en 2008. 100.000 voyages sont prévus en 2009. Pour le transport à la demande, le nombre de voyages est passé de 2.500 en 2007 à 4.500 en 2008. Pour assurer ces deux services, la communauté a investi dans neuf véhicules (bus et minibus de quinze à soixante places) et emploie douze personnes (onze chauffeurs et un responsable d'exploitation).

Le budget prévisionnel pour 2009 est de 700.000 euros. 450.000 euros proviendront du versement transport (taxe pour le transport versé par les entreprises de plus de neuf salariés). Ce versement transport, qui correspond à un taux appliqué à l'assiette salariale en fonction du nombre de d'habitants, est de 0,6% en Moselle et Madon. "Les élus travaillent par ailleurs pour accueillir de nouvelles entreprises, contribuant ainsi à augmenter le versement transport", explique Marie Brichet, responsable des transports. "Quand le service de transport était payant, les recettes commerciales représentaient 2% du budget de fonctionnement. La communauté a donc renoncé à cette petite part de recettes et a gagné en termes de cadre de vie, de fluidité des déplacements et de qualité du service rendu."

La mise en place de cette offre de transport supplémentaire en Moselle et Madon est en quelque sorte la première étape du projet politique de la communauté en la matière. Elle souhaite s'attaquer maintenant à la superposition des réseaux sur son territoire pour mieux les connecter et les optimiser. L'enjeu est aussi de gérer au mieux le flux des 13.000 personnes qui transitent chaque jour entre la communauté de Moselle et Madon et le Grand Nancy. "La difficulté pour mettre à plat la superposition des réseaux tient au fait qu'ils sont tous gérés par des entités différentes, souligne Hervé Tillard. Se posent donc la question d'une entité et d'une gouvernance communes pour gérer ces réseaux. Le syndicat mixte des transports suburbains de Nancy pourrait être ce lieu si toutes les collectivités qui ont vocation à y adhérer travaillent à un projet commun et à des règles de fonctionnement acceptables par tous."

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Mairie-conseils/MCExperience/Experience&cid=1247467302022

contacts : Brichet Marie, responsable des transports, tél : 03 83 25 75 48
mbrichet@cc-mosellemadon.fr

Les « petits poneys fourbus » ruent dans les brancards !

« Caméra ou pas, rien ne peut endiguer l'autoritarisme et les émotions du maire de Louviers. Lundi dernier, si j'ai pris la parole pour expliquer comment nous financerions la gratuité des bus (je préfèrerais dire " libre accès" car rien n'est gratuit : c'est soit payé par l'impôt soit par l'utilisateur, soit par les deux) c'est tout simplement parce que le maire m'y avait "invitée" au précédent conseil, avec un ton de défi qui laissait penser qu'ils nous en croyait incapables.

N'avait-il pas déclaré au conseil du 23 novembre que la gratuité était une proposition électorale démagogique tout juste bonne à capter quelques voix ? Donc, prête à exposer notre travail sur le financement de cette gratuité, j'ai pris la parole. Dans un premier temps, le maire s'est déclaré avide de m'entendre, a évoqué sa gourmandise à écouter mes propositions. Est-ce parce que j'ai commencé par expliquer qu'il avait menti sur l'impossibilité de percevoir le Versement Transport si nous passions en bus gratuits, qu'il a voulu m'interrompre ? Est-ce parce qu'il sait pertinemment que d'autres collectivités ont mis en place la gratuité des bus ? Est-ce parce qu'il craint que nos propositions rencontrent un écho favorable, en ces temps de crise économique et écologique ? De quoi a-t-il eu peur ? Pourquoi me faire taire ? N'hésitant à montrer son incapacité à entendre une parole divergente, ne craignant pas d'étaler au grand jour son autocratisme, M Yakmoi a suspendu la séance entraînant ses colistiers à sa suite. Quel spectacle pitoyable !

Oui, le financement des bus en libre accès est possible ! Louviers a été, rappelons-le, précurseur dans ce domaine, avant qu' Odile Proust (ancien maire) ne mette fin à l'expérience. Oui, c'est une réponse au réchauffement climatique autrement plus pertinente que la taxe carbone. Oui, les collectivités comme Gap, Vitré, Rennes, Castres-Mazamet, Aubagne, Compiègne qui ont instauré la gratuité des bus sont des exemples à suivre.

Le maire de Louviers pense-t-il qu'elles sont dirigées par de dangereux gauchistes avachis sur de petits poneys fourbus ? (c'est comme ça que, respectueusement, il nomme les militants du NPA). Qui peut encore croire que le débat démocratique salutaire est possible au conseil municipal de Louviers ?

Sophie Ozanne,
élue NPA

La famille Dramé enfin relogée dans des conditions décentes

Légende photo : la pétition en faveur de la régularisation de la famille Dramé avait recueilli plusieurs centaines de signatures, notamment sur le marché de Louviers.

La famille Dramé qu'un comité de soutien à sa régularisation soutient depuis le mois de mai dernier, est relogée dans des conditions décentes depuis hier. Alors que cette famille habitait dans une pièce unique — un taudis pour parler clair — à six pour dormir, se nourrir, se laver (sans eau courante) etc. depuis des années, il a fallu attendre l'embauche du père dans un emploi stable et durable, l'accord de la préfète de l'Eure pour l'obtention de titres de séjour et enfin l'attribution d'un logement dans le cadre du Centre communal d'action sociale de Louviers et de l'action de son directeur.

Je souhaite rappeler le rôle éminent joué par les membres du comité de soutien, celui de François Loncle, député, dans la résolution du problème administratif, celui de Marc Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil, qui a offert un emploi à M. Dramé et, enfin, je souligne l'accord du maire de Louviers, président du CCAS, pour l'attribution du logement d'urgence. Autrement dit, tous les élus, à leur échelon, ont apporté leur pierre au Noël de la famille Dramé dont les trois enfants les plus âgés sont scolarisés dans les écoles Jean Prévost et Jean Moulin. Ils ont vocation à devenir Français à faire leurs études en France et à s'insérer dans notre société.

Il n'est pas inutile de se souvenir que M. Keba Dramé, en France depuis 1993, rejoint par sa femme en 2000, a vécu dans l'angoisse et le stress permanent pendant toutes ces années. Il a raté le coche de la régularisation des dix ans de présence en France faute de conseils avisés et de connaissances suffisantes de la situation juridique dans laquelle il se trouvait. Comme il le dit si bien : « Depuis 1993, j'avais un pied dans l'avion et un pied sur la terre de France. » La famille a, maintenant, atterri à Louviers où une nouvelle vie l'attend.

18 décembre 2009

Kouchner soulève un tollé à l'Assemblée nationale

Bernard Kouchner, le plus populaire des ministres de ce gouvernement Fillon, a soulevé un tollé en affirmant à la tribune de l'Assemblée nationale que la France se devait d'accueillir un plus grand nombre d'étudiants afghans au moment même où son collègue Besson affrétait un charter d'Afghans pour Kaboul.

Il n'est pas possible que le ministre des Affaires étrangères se soit laissé déborder puisqu'il lisait un texte écrit. Sans doute pour éviter tout dérapage. Ce renvoi des sans papiers Afghans a même fait dire à Fadela Amara (notre photo avec Kouchner) « que ce n'est pas la France qu'elle aime » et qu'elle aurait préféré qu'on attende la fin de la guerre en Afghanistan pour renvoyer ces immigrés chez eux.

Frédéric Lefebvre, l'impayable porte-parole de l'UMP, s'est offert le luxe d'affirmer qu'il jugeait totalement légitime qu'on renvoit en Afghanistan des hommes en pleine force de l'âge, capables de porter les armes, et donc d'être enrôlés dans les rangs de l'armée afghane pour faire la guerre aux Talibans. C'est toujours plus facile d'aller faire trouer la peau des autres que la sienne propre même si je n'ignore pas que 4 000 soldats français sont sur le sol afghan pour entraîner les forces de police et les forces armées à affronter le pire. On sait pourtant, de toute évidence, que jamais la force ne parviendra à régler les problèmes politiques dans cette région du monde. François Loncle, vice-président de la commission dees affaires étrangères a déclaré à cette occasion : « Il est parfaitement inadmissible de renvoyer dans un pays en guerre des gens qui se sont enfuis. »

Agir ensemble pour les droits des femmes, droits universels

Le 18 décembre 1979, l’Assemblée générale des Nations unies adoptait la Convention pour l’élimination des discriminations envers les femmes (Cedaw). Cette Convention, méconnue en France, n’est pas seulement un instrument de lutte contre les discriminations : c’est une véritable charte des droits des femmes. Elle affirme l’intégralité des droits civils, civiques, culturels et sociaux, et même le droit à la maîtrise de la reproduction, ce qui en fait un texte particulièrement progressiste.

Elle a été dotée en 1999 d’un protocole additionnel qui permet aux victimes de discriminations de la part d’un Etat membre de saisir le comité Cedaw. Aujourd’hui, elle est ratifiée par 186 pays, soit 95% des Etats de la planète. Ce qui ne signifie pas, loin de là, qu’elle est appliquée. De nombreux Etats signataires ont émis des réserves sur les articles qui les gênaient le plus, plaçant par exemple leurs traditions au-dessus des règles du droit international.

Dans de nombreux pays du Sud, les militants et les militantes utilisent la Cedaw pour interpeller leurs gouvernements et faire progresser leurs législations vers l’égalité. Au Nord nous bénéficions de législations égalitaires, mais la réalité reste très inégalitaire et les discriminations subsistent.
(communiqué de la Ligue des droits de l'homme)

Toutes celles et tous ceux qui prennent au sérieux l'égalité et l'effectivité des droits des femmes peuvent s'appuyer sur la Cedaw et militer pour son application réelle partout sur la planète. Il faut pour cela faire connaître un texte qui, comme les grandes Déclarations des droits de l’Homme, doit être lu, enseigné et approprié par tous et d’abord par les futurs citoyens de notre pays.

La Ligue des droits de l'Homme entend contribuer à faire du trentième anniversaire de la Cedaw non seulement une commémoration mais aussi et surtout un moment fort de mobilisation pour les droits des femmes comme droits universels.

Lovériens, où va donc l'argent vos impôts locaux ?

Où va l'argent des impôts locaux, c’est une question que se posent aujourd’hui beaucoup de nos concitoyens, quand, après une hausse de 9% des impôts locaux en 2009, le maire de Louviers les prépare psychologiquement en annonçant déjà qu’il faudra remettre ça en 2010.

Aujourd’hui, en ville, pour en avoir une petite idée, il suffisait le lever les yeux. Et pour voir cela, pas besoin d’étude thermographique à plusieurs dizaines de milliers euros. C’est gratuit !

Cinq bons centimètres de neige sont tombés hier matin à partir de 4 heures. Déjà, vers 9h30, la neige sur la toiture de l’aile ouest du musée avait totalement fondu. Sur cette photo prise l’après-midi à 16H50, il n’en reste quasiment rien sur la totalité du bâtiment. Et pourtant, cette façade vers la place Ernest Thorel est située plein nord. Ce n’est donc pas le soleil qui a provoqué cette fonte rapide. D’ailleurs, on ne constate rien de semblable au même moment sur la toiture du bâtiment situé à gauche sur la photo.

Lovériens, vous l’avez compris, au travers de cet exemple qui n’est pas isolé, vos impôts s’évaporent par les toits des bâtiments communaux.

Pendant la dernière campagne municipale, la liste « Avenir citoyen » que conduisait Christian Renoncourt se fixait comme objectif prioritaire en matière d’urbanisme la remise à niveau des bâtiments communaux, mairie, écoles, salles de sport, etc. Sachant que les dépenses annuelles de combustibles (gaz et pétrole) de la ville de Louviers pour le chauffage s’élèvent à plus de 500.000 euros.

Que n’avons-nous pas entendu alors de la bouche de Franck Martin ? Il nous traita alors de boutiquiers et de petits gestionnaires. Eh oui, les dépenses liées aux économies d’énergie, jusqu’à peu, cela n’était pas électoralement payant. C’est payant, mais juste pour les contribuables…

Reynald Harlaut

17 décembre 2009

Il faut améliorer la retransmission des débats du conseil municipal sur Internet

Les séances du conseil municipal de Louviers sont retransmises en direct sur Internet. Théoriquement, les interventions des élus de tous les bancs devraient être diffusées avec une égalité de traitement que les professionnels de l'image ont quelques fois bien du mal à respecter.

Un ami rencontré rue du Matrey, ce matin, après s'être étonné de la « morgue » affichée par le maire — les Lovériens devraient suivre en très grand nombre ces diffusions pour mieux le connaître — m'a fait part de sa surprise : « Quand Sophie Ozanne est intervenue sur l'histoire du libre accès dans les bus de transports urbains, me raconte-t-il, l'image diffusée était celle de Franck Martin. L'inverse n'est pas vrai. »

Lors de son face à face avec Jacques Chirac en 1988, François Mitterrand avait interdit ces images, celles où le téléspectateur ne voit pas l'orateur mais seulement les réactions des spectateurs aux propos qu'il tient. Le problème posé par la retransmission des images du conseil de Louviers est de divers ordres : le son est mauvais, le technicien ne dispose que d'une caméra, il ne peut donc, à lui-seul, rendre compte de l'ambiance parfois chaude des réunions. Il tâtonne et est surtout obligé d'être attentif à ce que dit le maire, son employeur.

Mais je ne doute pas un seul instant que le maire va tout faire pour améliorer cette diffusion qui part d'un bon sentiment : permettre aux Lovériens de suivre des séances où la démocratie locale s'exprime dans sa diversité. Si ce choix est bon, le maire doit se donner les moyens d'une information totale et maîtrisée. S'il en reste au stade artisanal (dans la mauvaise acception du terme) il aura raté l'occasion de faire d'Internet un outil permanent de dialogue. Les bonnes idées sont celles qui avancent.

De la rue de Solférino à la Porte de Clichy

Le laboratoire des idées mis en place par Christian Paul, député socialiste de la Nièvre, comble un vide qui devenait sidéral au PS. Depuis plusieurs mois, il organise au siège de la rue de Solférino, des rencontres-débats avec des experts et des chercheurs destinés à éclairer le chemin que devra suivre le principal parti de l'opposition pour espérer un jour reconquérir le pouvoir d'Etat.

Hier soir, le thème était « où en est le débat sur les classes sociales » ? Qu'on le veuille ou non, que cela plaise ou non, les classes sociales font leur grand retour dans la vie économique, politique…sociale de notre pays. Et si en 2OO2 puis en 2OO7, les candidats du Parti socialiste ont été battus par Chirac d'abord et Sarkozy ensuite, c'est bien parce que les classes populaires ont abandonné la Gauche au profit de l'homme de la fracture sociale d'abord et d'un bonapartiste ensuite. Le candidat Sarkozy a su capter à son profit le vote de Français n'ayant plus d'objectifs communs et simplement un destin individuel. « Il n'y avait plus de destins individuels mais une histoire collective » écrivait Albert Camus…à l'époque des trente glorieuses.

Après le débat qui dura tout de même près de trois heures — la vocation de ce blog n'étant pas d'en rendre compte in extenso — je préfère vous narrer la belle histoire d'un soir qui m'est arrivée en sortant du siège du PS et en tentant de retrouver ma voiture garée sur un espace livraison. La fourrière était passée par là et à 22 heures la certitude n'en était pas acquise. Belle galère donc. Je passe sur les détails mais je veux que vous sachiez ceci : il s'est trouvé un jeune garçon prénommé Sélim rencontré au gré de mes pérégrinations autour de la Porte de Clichy qui a accepté de me servir de chauffeur de taxi à bord de sa camionnette de travail et de m'emmener à la préfourrière du boulevard du bois de la Prêtre. Il a eu le temps de me dire qu'il n'avait pas beaucoup apprécié les propos de Mme Morano (le verlan et la casquette à l'envers) et qu'il allait arrêter de fumer le 2 janvier au matin. Il m'a aussi demandé des nouvelles des éléphants en indiquant qu'il suivait l'actualité avec frénésie.

Selim est né en 1982. Le débat sur l'identité nationale, il s'en contrebalance un maximum. Il est Français, il vit en France, il travaille en France et se sent tout à fait Français. Et s'il salut des « frères » d'un « salam malikoum » dans le texte pour demander sa route, il n'en est pas moins heureux de rendre service à un autre Français dont le prénom n'est pas Smaïl et alors ? J'ai promis à Sélim de lui adresser un message. Le voici : voiture récupérée dans de bonnes conditions grâce à toi (on a décidé de se tutoyer) je te dis encore grand merci. Et à bientôt peut-être. Inch Allah !

16 décembre 2009

Le centrisme absolument modéré pour être absolument moderne

Une séance de conseil municipal c'est comme un procès d'assises. Les protagonistes pris par leurs passions et leurs humeurs finissent par oublier les micros, les caméras, Internet…et se lâchent. Quand le maire de Louviers rejetant d'un revers de main ses oppositions de Droite et de Gauche affirme « qu'il a donc raison et qu'il se situe au juste milieu » ne fait rien d'autre que de confirmer ce que nous répétons depuis des mois sur ce blog.

Franck Martin est aujourd'hui un centriste qui a du mal à l'assumer publiquement et qui, par pur intérêt personnel, doit donner le change à ses futurs « alliés » du Parti socialiste. A vrai dire, nous ne sommes aucunement surpris de ce positionnement. Son obstination à se revendiquer de « la Gauche moderne » (le nom du parti de Jean-Marie Bockel, ex-socialiste rallié à Sarkozy) ne peut être le fruit du hasard. Son amitié avec Bernard Kouchner qui n'a jamais été de Gauche (1) ses flirts avec Hervé Morin, troisième sur la liste UMP-Nouveau centre, son soutien à Ségolène Royal quand elle prônait un accord avec François Bayrou, la composition de sa liste aux municipales…autant d'éléments objectifs qui attestent de sa conversion au centrisme. Il serait plus honnête de sa part de reconnaître cette conversion.

Qu'est-ce que le centrisme ? Jean-Philippe Domecq (2) écrit : « Dernier en date du conseil en communication : il faut être absolument modéré pour être absolument moderne. Rien n’illustre mieux l’allergie au débat que cette absorption du fond dans la forme. » Le centrisme c'est le ventre mou, le marais, la politique à géométrie variable. Je prends à Gauche, je prends à Groite et au final, l'électeur ne reconnaît plus rien, mélange tout et finit par croire que « les politiques sont tous les mêmes. » Alors, dégoûté, il ne vote plus ou vote pour ceux qui crient les plus forts ou défendent les idées les plus « crades » par colère et dépit.

Quand on est de Gauche, on n'accuse pas de « légèreté » les parents qui ont du mal à payer la cantine de leurs enfants. On ne traite pas de paranoïaque une adversaire politique. Surtout, on dit ce qu'on fait et on fait ce qu'on dit.

(1) Adhérer à un parti de Gauche ne prouve pas qu'on soit de Gauche.
(2) Jean-Philippe Domecq dans “La passion du politique, nous entrons dans l’âge de la liberté sans choix” (1989, Seuil Fiction & Cie, p 46-47):

Petite conte : « Momo de Goussainville et du Languedoc-Roussilon »

Par raphaet Dali, élu territorial et « humouriste » amateur

« Je prie Madame Morano de ne voir dans ce conte aucun signe de méchanceté. Elle a toute mon estime et mon respect. Je suis convaincu que sa dernière déclaration n'est qu'un simple dérapage, involontaire sans aucun doute, de mots mal interprétés dans un fâcheux contexte. Je l'invite à prendre ce post comme un exercice humoristique de transposition de mots tout simplement qui fait parler aussi un personnage imaginaire, Momo en l'occurrence. L'objectif est que chacun essaie de comprendre l'autre..et de se mettre à sa place).
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Il était une fois un jeune musulman surnommé "Momo de Goussainville et du Languedoc Roussillon". Il déambulait dans la rue principale de la charmante petite ville de Charmes dans les Vosges. Il se trouva nez à nez avec Madame Morano, une ministre secrétaire d’état. Elle imposait avec tout ce beau monde qui l’accompagnait. On lui avait dit que cette dame, charmante par ailleurs, s’occupait de la famille et de la solidarité.
Il portait une casquette à l’envers et cherchait du boulot là bas parce qu’à Goussainville et au Languedoc Roussillon, il y avait, semble-t-il, deux méchants personnages qui refusaient son amitié.
L’un porteur de « valentinite » trouvait qu’il ne foutait rien malgré son brevet de technicien et que lui travaillait alors que Momo chômait, le second dénommé « Frêchitude » traitait les ancêtres de ses cousins de bons à rien et même plus..alors qu'ils s'étaient battus pour le drapeau tricolore.
Ravi de se trouver face à un personnage aussi important de la solidarité, entouré d’un aussi grand nombre de personnalités, il lui demanda un conseil de solidarité pour un travail et une formation.
- Elle lui répondit aussitôt qu’elle ne voulait pas lui faire un procès en tant que jeune musulman et qu'elle respectait sa situation.
Musulman !! Momo ne comprenait pas le rapport avec son identité. Ce n'est pas inscrit sur mon front. J'aurais pu paraitre juif, catholique ou athé.
- Est-ce que tu es français lui demanda-t-elle ?
Eh oui, bien sûr, répondit notre Momo doublement intrigué par la question.
- Eh bien poursuivit-elle, si tu es français, il faut que tu te sentes français. Ce que je veux, c'est tu aimes la France puisque tu vis dans ce pays. Il faut aussi que tu trouves du travail et une formation. Tu sais, ton verlan et cette casquette à l’envers, ce n’est pas ça qui va t’aider.
Momo essayait vainement de comprendre comment et pourquoi elle présentait toutes ces grandes et petites choses à la fois.
- Elle ajouta : est-ce que tu es porteur de paix ?
Bien sûr, chère madame, ma religion, puisque vous le savez, m’impose la paix et le respect, répliqua Momo du tic au tac, mais je la pratique à peine parce que je fais tout pour la cacher, on m'a dit, semble t'il, que c'est mal vu.
- Eh bien, si tu veux être porteur de paix, tu dois accepter l'autre dès lors qu'il respecte les lois.
Estomaqué, Momo n’en revenait pas, il avait les yeux tous ronds. Il ne comprenait pas pourquoi elle le trouvait si bizarre et si différent des autres francais de la cité ou des banlieues.
Tenace, il lui demanda : - et mon boulot ?
- Ce n’est pas à cause de ton prénom que tu ne trouveras pas de boulot rajouta t’elle devant un parterre de grandes personnes, tous des amis -on dirait-..
Mais qu’est-ce qu’elle a à me dire tout ca. Pourtant elle parait sincère et de bonne foi. Ca doit être la fatigue. C’est vrai mon père m’avait dit que les politiciens sont souvent fatigués. Ils ont souvent le sentiment de porter sur leurs épaules toute la misère du monde.

Momo, redressa sa casquette et prit la direction du pôle emploi. En chemin, il croisa le doyen du village.
Le saint homme le prit chaleureusement par les épaules et lui expliqua que cette dame était non seulement pas méchante mais qu'elle est une brave femme qui ne pensait pas vouloir lui faire du mal. Seulement, elle jouait aux prochaines régionales, un jeu de société assez difficile qui nécessitait un sacré talent d’équilibriste pour récolter des voix, beaucoup de voix. Elle devait quelquefois savoir dire à la fois la chose et son contraire et parfois dans le même temps. Va, mon fils...

Momo n’oubliera jamais les paroles de ce sage et compris qu'elle faisait un métier très difficile. Il poursuivit son chemin de retour vers le Languedoc-Roussillon en passant par Goussainville...en pensant à Valentinite et Frêchitude. Il s'arrêta un instant, mis sa main sur son menton : - Eux n'auraient jamais pu être secrétaires d'état...»

Publié par Raphaet Dali Blogueur politique, Tête de liste, élu aux municipales (liste « Changeons Bicêtre »), Conseiller de la Communauté d'Agglomération du Val-de-Bièvre (Arcueil, Cachan, Fresnes, Gentilly, Le Kremlin Bicêtre, L’Hay les roses et Villejuif)
http://dali-raphaet.blogspot.com/