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Nicolas Mayer-Rossignol hier à Val-de-Reuil.©JCH
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La radicalité, le
social-populisme, la colère, la haine parfois, expédients du bruit et de la
fureur, ne peuvent être constitutifs de l’avenir d’une gauche responsable, d’une
gauche de gouvernement. En plaçant le PS sous la coupe de Jean-Luc Mélenchon et
de la France insoumise, Olivier Faure a sans doute sauvé quelques sièges de députés,
notamment, celui de Philippe Brun à Louviers, qui l’assure d’ailleurs de son
soutien à l’aube de l’élection du premier secrétaire du Parti socialiste prévue
les 12 et 19 janvier. Mais si c’est important, est-ce l’essentiel ? Est-ce
le meilleur moyen d’assumer la filiation d’une gauche européenne, humaniste,
anti-Poutine et anti-autoritaire ? Il est vrai que les 1,7% d’Anne Hidalgo à la présidentielle
étaient porteurs d’une nouvelle Bérézina dont il fallait se prémunir quel qu’en
fût le prix. Faut-il donc comme l’avance Nicolas Mayer Rossignol, en pleine campagne
électorale interne au PS, admettre cet accord de la NUPES pour ce qu’il est :
un simple accord électoral ponctuel qui ne doit pas faire des socialistes des
alignés et ne doit surtout pas empêcher le PS de se renouveler, de préparer l’avenir.
Présent ce samedi soir à
Val-de-Reuil (dans une salle des associations magnifique) où Marc-Antoine Jamet
le soutient dans son combat et sa motion « refondations », le maire de
Rouen a le droit d’espérer et surtout le devoir d’entreprendre. Il le sait, la
gauche ne peut être forte que dans l’action et dans la preuve de cette action.
A Val-de-Reuil, l’histoire ancienne (Bernard Amsalem était présent) et récente de la ville plaide pour cette
gauche de résultats. Dans tous ses domaines de compétences : urbanisme, éducation,
sport, culture, diversité, développement économique, économie sociale et
solidaire, vie associative, la ville de Val-de-Reuil est bien loin du cliché originel
que l’environnement politique — surtout à droite — a souhaité coller à la ville
nouvelle pour des décennies. La culture de l’action et de la preuve est d’ailleurs
saluée à intervalles réguliers (les élections) par des habitants fiers de leur
ville et en savent gré à leurs élus constamment confirmés. Et plus encore avec
le canton rolivalois et l’agglomération Seine-Eure. Que seraient devenues en
effet les vallées de l’Eure et de la Seine sans les parcs industriels
rolivalois et sans leur féconde expansion ? Quand Bernard Amsalem, Nicole
Cornier et Frank Martin ont créé la communauté de communes Seine-Eure, qui
aurait parié sur un développement global de toute notre immédiate région ?
Nicolas Mayer-Rossignol n’était
pas à Val-de-Reuil par hasard. C’est peut-être là qu’il aura planté les
premiers jalons — même s’il n’est pas objectivement favori — d’un leadership PS
placé sous le signe à la fois d’une modernité nécessaire et d’une histoire
assumée depuis que Jaurès est devenu la figure de proue d’un socialisme plaçant
le citoyen instruit à la base de tout le processus démocratique. Il n’était pas
venu à Val-de-Reuil pour rejouer le débat de la veille qui l’a vu s’opposer à Hélène
Geoffroy (maire de Vaux-en-Velin) et Olivier Faure, député, sur les antennes de «
France Info » et dont les commentaires ne retiennent que la question suivante :
« alors, NUPES ou pas NUPES ? » L’étape de Val-de-Reuil n’était rien d’autre
qu’un signe d’amitié et de ferveur militante et c’est toujours bon à prendre
car ça ne court plus les rues. Le maire de Rouen (ancien président du conseil régional)
a construit sa démonstration sur une évidence : le socialisme du
quotidien, dans les villes, les départements et les régions que le PS dirige.
Un socialisme que les rapports de force pourraient d’ailleurs mettre en péril
en 2026 quand LFI ou les écologistes voudront — c’est la logique de la vie
politique — l’inverser à leur avantage même si ces mouvements connaissent aussi bien des turbulences.
D’ici là, il faudra lutter
sur tous les fronts : l’union des socialistes d’abord et l’union de la gauche
ensuite, la lutte farouche contre l’extrême-droite devenue plus que menaçante
et aux portes du pouvoir d’état en France et ailleurs en Europe, la résistance à
toutes les remises en cause des acquis obtenus de haute lutte depuis 1945, et
notamment l’âge de la retraite, sans oublier le B-A-BA de l’action :
recruter et former les militants, les cadres et les futurs élus aptes à porter
haut le drapeau d’une gauche passée tout près de l’enterrement de première
classe. Comme l’a bien dit NMR : n’est pas Mitterrand qui veut.
Mais le temps presse. Les 12
et 19 janvier, les adhérents d’un PS déserté (on parle de 20 000 membres quand
on en a compté 200 000) vont devoir choisir celui ou celle qui défendra leur
programme et leurs idées…neuves. Depuis le revenu universel de Benoît Hamon,
quel projet original a été proposé aux Français(e)s par le parti socialiste ?
La réponse est dans la question et quel que soit le (ou la) futur(e) premier(e)
secrétaire, il lui faudra se retrousser les manches et faire preuve d’imagination.