11 septembre 2023

Mathieu Kassovitz : « Ce qu'il se passe dans les hôpitaux est tout simplement incroyable »

« On a beau dire ce que l’on veut de la France à tous les niveaux, mais ce qu’il se passe dans les hôpitaux est tout simplement incroyable », dit-il, s’émerveillant du fait qu’on puisse rentrer dans un hôpital et se faire soigner sans « qu’on nous demande quoi que ce soit ». « Ces gens sont payés beaucoup trop peu pour le travail qu’ils donnent » regrette-t-il. « Tout ce qu’ils font, ça me rend fier d’être Français et je comprends qu’on paie autant d’impôts », poursuit-il.

Celui qui s’exprime ainsi est l’acteur Mathieu Kassovitz, victime d’un accident de moto sur un circuit où il n’a pas réussi à démontrer ses talents de motard accompli. Dans une vidéo publiée hier, il revient sur son accident, une de ses jambes en charpie et un pied en miettes. Il essaie de traiter ce gravissime accident avec  l’humour et le détachement qu’on lui connaît mais il a été à deux doigts d’une amputation.

La déclaration de Mathieu Kassovitz devrait mettre du baume au cœur de tous les hospitaliers : chirurgiens, médecins, infirmières, aides-soignants hommes et femmes qui tous et toutes à leur niveau défendent avec ardeur et courage un système de soins exceptionnel. Pour en avoir eu besoin moi-même dans certaines circonstances, je suis heureux de confirmer le jugement de l’homme-comédien qui nous a appris ce qu’était le bureau des légendes des agents secrets. Pour défendre l’hôpital public et ses dévoués serviteurs, nul besoin de secrets ou de taupes. Les Français et Françaises qui, à un moment de leur vie, expriment une souffrance, savent que le maximum sera fait pour les soigner toujours et les sauver le plus souvent.

Le 11 septembre 1973, Salvador Allende se suicidait. Le dictateur Pinochet était soutenu par la CIA.

 

Le groupe chilien Quilapayun à la fête des sablons de 1972.©jean-charles houel

La fédération de l’Eure du Parti socialiste n’oublie pas Salvador Allende. Elle communique :

« Il y a cinquante ans, une expérience démocratique unique au monde était balayée par un coup d’État qui mit brutalement fin à la « voie chilienne vers le socialisme ».

Aujourd’hui, comme chaque 11 septembre, les socialistes n’oublient pas Salvador Allende, les enfants enlevés à leurs parents, les veuves, les orphelins, les torturés et toutes les victimes de la dictature fasciste de Pinochet.

 Des milliers d’exilés ont alors trouvé dans la France une seconde patrie. Certains sont aussi devenus nos camarades…

Dans l’Eure, un hommage sera rendu ce soir à Gaillon par des enfants d'exilés, rassemblées dans l’Association culturelle franco-chilienne Pablo Neruda. A cette occasion, la Fédération de l’Eure du Parti socialiste sera présente et invite les camarades qui le souhaitent à la retrouver à :

 

·      18 heures – Rassemblement place Jean Moulin, devant le Monument aux morts.

·      18 heures 30 - Marche jusqu’au buste de Salvador Allende pour un hommage et les dépôts de gerbe

 

Alors que de nombreux journaux consacrent aujourd'hui de belles pages à la mémoire de l'expérience socialiste chilienne, Partageons ce matin la dernière prise de parole radiophonique de Salvador Allende, improvisée et émise le 11 septembre 1973 à 7heures55 quelques heures avant sa mort : https://www.monde-diplomatique.fr/mav/106/ALLENDE/17623


 

 

 


9 septembre 2023

Le succès de Sanofi doit beaucoup à l'imagination de Jacques Monod, prix Nobel de médecine

Jacques Monod sur le site naissant de Pasteur vaccins en 1971 (photo JCH)
L’inauguration de la nouvelle usine du groupe Sanofi, la semaine dernière, ne doit pas nous faire oublier la genèse de la présence sur notre territoire de la plus grande usine de production de vaccins contre la grippe au niveau européen. Réussite industrielle indéniable, le groupe Sanofi aux profits importants et aux chiffres d’affaires élevés compte beaucoup dans le département de l’Eure et dans l’agglomération Seine-Eure.

 

Il aura donc fallu que Jacques Monod, prix Nobel de médecine et ancien directeur de l’Institut Pasteur accepte la proposition de la DATAR (1), en 1970-71, pour que naisse à Val-de-Reuil (à l’époque on disait Le Vaudreuil ville nouvelle) un embryon de site de production de vaccins brevetés par les chercheurs de l’Institut Pasteur. L’idée de Jacques Monod était aussi simple que géniale : Pourquoi les brevets déposés par les chercheurs de l’Institut Pasteur devaient-ils être exploités par des industriels dont la finalité n’avait rien à voir avec le soin et la santé humaine ? Mais au fil des années, l’usine rolivaloise et la structure industrielle ont considérablement évolué.

Sur le chantier. (photo JCH)
 

Très rapidement, les responsables de Pasteur-vaccins ont été conduits à s’associer avec des industriels purs et durs. Pasteur est devenu Sanofi-Pasteur puis Sanofi tout court, les liens entre la recherche fondamentale et l’industrie s’étant clairement distendus. L’usine inaugurée en grande pompe la semaine dernière renforce le rôle éminent de Sanofi dans la production mondiale de vaccins contre la grippe. Des dizaines de millions d’euros ont été investis sur un site dont la superficie a grossi au fil des années (on compte aussi des centaines de salariés)  et des acquisitions foncières. Les personnalités dont Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil et président de la Cosmetic vallée, Bernard Leroy, président de l’agglomération Seine-Eure ainsi que Philippe Brun, député de Louviers, ont tour à tour et selon leur sensibilité salué la création d’un géant qui compte dans l’Eure même si le vaccin Sanofi contre la COVID n’a pas connu le succès lors des campagnes récentes. Etait-ce là le signe d’un défaut d’anticipation ou celui d'une mauvaise stratégie vaccinale face aux recherches et les vaccins à ARN messager ?

(1) DATAR : délégation à l’aménagement du territoire.



7 septembre 2023

La Cour de cassation renvoie Eric Zemmour devant une nouvelle cour d'appel…

La Cour de cassation vient de faire son travail. Elle a cassé l’arrêt de la cour d’appel de Paris relaxant Eric Zemmour accusé par plusieurs mouvements antiracistes d’avoir falsifié l’histoire en affirmant que « le maréchal Pétain avait sauvé les juifs de France » leur évitant les persécutions des nazis. Cette affirmation, le candidat de Reconquête avait osé la rendre publique lors d’un débat avec Bernard-Henry Lévy qui l’avait accusé opportunément de révisionnisme. Plusieurs associations antiracistes avaient ensuite saisi la justice afin d’obtenir la condamnation (une de plus !) d’Eric Zemmour pour négationnisme.

Il y aura donc un nouveau procès. Dans leurs attendus les juges de la plus haute juridiction française considèrent que même si le Maréchal Pétain n’a pas été condamné pour crimes contre l’humanité, l’action qu’il a conduite de 1940 à 1944 a bien été la cause de la déportation et de l’extermination de milliers de familles juives, étrangères, mais aussi françaises. Le statut des juifs, le port de l’étoile jaune, les rafles et les déportations de juifs étrangers et Français ont sali à jamais un Etat français que Jacques Chirac dénonça avec lucidité et courage dans un discours fameux.

Une cour d’appel va donc devoir « discuter » à nouveau des actions du gouvernement Laval-Pétain dans la déportation de ceux et celles que les nazis avaient promis de détruire méthodiquement dans l’Europe qu’ils dominaient alors. Et qui, contrairement à ce qu’affirme M. Zemmour, ont bien été concentrés à Beaune-la-Rolande ou Compiègne et parmi eux de nombreux juifs français jamais revenus de Bergen-Belsen, Sobibor ou Auschwitz…

 

5 septembre 2023

Pour Philippe Brun, député de Louviers : hors de la NUPES point de salut !

Philippe Brun parmi les militants.Photo JCH
Philippe Brun n’est pas un député ordinaire. Il est intelligent, courageux, volontaire et opiniâtre. Toutes qualités qu’il n’est certes pas le seul à posséder mais là où il est et là où il milite, on a connu des hommes et femmes politiques plus aventuriers aux convictions plus hésitantes et au parcours très sinueux. Qu’il se réfère souvent à la pensée et à l’action de Pierre Mendès France démontre, s’il en était besoin, une forme de reconnaissance comme un témoignage de gratitude et d’exemplarité.

Ayant la gauche chevillée au corps, favorable dès sa création à la NUPES qui lui a permis de battre la candidate du Front national totalement inconnue (de plus de 300 voix) il n’est pour autant pas sectaire. Il l’a encore prouvé ce dimanche à Léry à l’occasion de la rencontre annuelle qu’il organise, destinée à souder les troupes et à affermir les convictions pour ceux et celles qui en manqueraient. Dans son discours conclusif après, notamment, les interventions de Nicolas Mayer-Rossignol le matin et des locaux comme Diego Ortega, Gaétan Levitre ou Laetitia Sanchez, et d’Alexis Corbière l’après-midi, certains hostiles à la NUPES d’autres défenseurs farouches du mélenchonisme, Philippe Brun a rappelé que sa victoire avait été due à une union des forces de gauche et que quoiqu’on dise ou fasse : hors de la NUPES il n’y a point de salut. D’où son appel à une liste unique de la gauche aux prochaines élections européennes…vœu pieux puisque les Verts, le PCF, les socialistes ont d’ores et déjà annoncé leur départ en solistes. Il paraît que Ségolène Royal est prête à sa sacrifier sur l’autel de l’unité. Mais qui a besoin d’elle ? N’a-t-elle pas saturé le paysage de son image de madone sauve qui peut ?

Ayant le privilège de l’âge, j’en ai vus et rencontrés des hommes et des femmes qui se disaient de gauche. D’une gauche en peau de lapin, cette peau qui sert à aider les retournements de vestes et les adaptations momentanées. Philippe Brun ne mange ni de ce pain-là ni de ce rabe même bien cuisiné. Comme il dit ce qu’il pense et qu’il souhaite être entendu et vu, il continuera de hanter les foires à tout, de tenir des permanences dans les mairies, même petites, de répondre aux lettres qu’on lui envoie (1) et de batailler ferme au sein de l’Assemblée nationale où il commence à se faire un nom parmi les orateurs les plus talentueux et surtout les plus efficaces.

(1) Il bénéficie de l’aide d’assistants parlementaires qui ne ménagent ni leur peine, ni leur temps.


14 avril 2023

La mort de Geneviève Nespoulous, ancienne directrice de la Dépêche

La mort ces jours derniers de Geneviève Nespoulous, née Mandle, est une perte immense pour ceux et celles qui l’aimaient, ses enfants Yves et Fabien, ainsi que pour ses petits-enfants et toute sa famille. Pour ses amis aussi.

Le nom de Nespoulous ne dit  peut-être rien aux jeunes générations. Il est pourtant intimement lié à celui de Mandle du nom de l’ancien maire d’Evreux et homme de presse qui parvint à sauver l’honneur de la France dans la résistance, de la presse libre à la libération et d’une presse locale plus que professionnelle animée par des journalistes  et des ouvriers du livre compétents. A Louviers on se souvient de la presse de la rue de l’Hôtel de ville (devenue Mendès France)  de l’atelier de la  zone industrielle où s’opéra le passage du plomb à une rotative adaptée aux techniques du temps.

Geneviève Nespoulous dite Ginette assuma la succession de son père avec un talent construit sur une confiance totale dans ses équipes mais les évolutions économiques avec les journaux gratuits, par exemple, mirent un frein au développement d’une presse considérée par beaucoup comme une presse de services, d’analyses, de rendez-vous et évidemment d’informations.

Il a fallu la crise des années quatre-vingt-dix pour que la famille Nespoulous-Mandle accepte de se séparer de l’outil qui avait été leur vie et leur passion pendant tant d’années. Nous sommes encore nombreux, parmi les journalistes notamment mais pas seulement, à aimer nous souvenir de cette période faste pour « la locale » tant La Dépêche représenta un lien presque charnel avec l’histoire de Louviers (d’Evreux et de Verneuil aussi) et de toute sa région.

La cérémonie d’obsèques de Geneviève Nespoulous aura lieu le 21 avril à 15 heures au cimetière de Saint-Lubin-des-Joncherets dont Claude Nespoulous, son mari, avait été un élu régional et un compagnon indissociable du couple qu’il formait avec cette femme exceptionnelle. Nous présentons toutes nos condoléances à Yves et Fabien ses deux fils ainsi qu'à toute leur famille.




28 janvier 2023

Le problème du Parti socialiste est simple : est-il plus vivant que mort ?

Olivier Faure a soutenu Philippe Brun. ©JCH
L’élection du Premier secrétaire du Parti socialiste, si la logique l’avait emporté, aurait du voir Olivier Faure être réinstallé confortablement dans son siège. Si c’était le plus probable ce n’est plus une certitude car bien des socialistes ne supportent pas qu’un parti humaniste, européen, doté d’une charpente sociale et démocrate solide soit peu ou prou sous la coupe d’un Jean-Luc Mélenchon dominateur et sur de lui. En lisant les réactions des socialistes qui ont pris part au vote interne, nombreuses sont celles reprochant à Olivier Faure d’être dans les mains de LFI ou plutôt dans cette de Jean-Luc Mélenchon, un ancien membre du PS qui y a toujours milité à l’aile gauche, même quand François Mitterrand en était le leader.

 

Des hommes et les femmes de gauche dont l’engagement durable ne peut être mis en cause, des admirateurs de Pierre Mendès France qui privilégiait l’information des citoyens et la nécessité d’un débat permanent mais ouvert sur la société, ne peuvent pas se reconnaître dans la verticalité brutale des animateurs de la France insoumise dont les contradictions internes apparaissent au grand jour. Qu’il s’agisse de l’affaire Quattenens ou de la désignation de Manuel Bompard comme coordinateur du mouvement à forte connotation trotskiste avec la mise à l’écart de compagnons historiques comme Alexis Corbière, Raquel Garrido ou Clémentine Autain sans oublier François Ruffin, les faits sont là : LFI est  devenu une forme de secte toujours plus pure, toujours plus dure animée d’une volonté hégémonique à gauche. Le PS se devrait d’y résister sans nier l’intérêt de certains votes « unis » lors de l’examen des lois devant le parlement. Et parfois pour affronter le suffrage universel en cas de scrutin majoritaire lequel ne supporte pas l’émiettement.

 

La France insoumise des législatives a ainsi bénéficié de l’élan du premier tour de la présidentielle. Dominatrice, elle est apparue comme la plus susceptible de sauver les meubles d’une gauche décontenancée par la déroute d’Anne Hidalgo dont la candidature n’a jamais accroché pas plus que celle de Fabien Roussel d’ailleurs. JLM est donc apparu comme la personnalité ayant le plus de chances de faire vaincre la gauche. Mais à quel prix ! Mélenchon a toujours joué sa propre partition : « La République c’est moi ! » Sa formation d’origine lambertiste lui avait enseigné l’art de l’entrisme et il ne se privait pas pour tenir des discours et proposer des motions iconoclastes n’ayant que peu à voir avec la sociale démocratie. L’homme n’a pas changé. Il a réussi à fédérer autour de lui, des hommes et des femmes que sa radicalité séduit. Il est devenu une sorte de gourou que l’on aime écouter pour ses qualités tribuniciennes et ses bons mots. Mais sa troisième défaite à l’élection présidentielle a été le révélateur d’un plafond de verre qui ne va pas s’arranger avec l’âge. Sera-t-il candidat en 2027 ? Si c’est le cas la messe serait d’ores et déjà dite et la victoire de Le Pen deviendrait possible sinon probable.

 

MA. Jamet a soutenu NMR.©JCH

Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen, conteste les résultats du vote interne au PS et la désignation d’Olivier Faure comme premier secrétaire. Agé de 45 ans, le maire de Rouen a connu la haute fonction publique, des responsabilités dans le privé, des échecs électoraux qui tannent le cuir. Il n’est pas un perdreau de l’année. Sa motion a recueilli 30 % au premier tour atteignant 50 % avec celle d’Hélène Geoffroy. Il met en avant des tricheries et des tripatouillages qui, comme souvent hélas, donnent l’avantage à la direction sortante. Le fait est que la victoire d’Olivier Faure — si victoire il y a — sera étriquée autant que contestée. Le PS sortira de cet épisode durablement affaibli, lui qui ne compte plus que 40 000 adhérents dont un peu plus de 20 000 votants lors du dernier scrutin sur les textes dit d’orientation. Le congrès de Marseille qui s’ouvre aujourd’hui, ne sera pas une promenade de santé. On aurait tort de se moquer du psychodrame en cours. Il en dit beaucoup sur les personnalités s’estimant légitimes à incarner l’histoire d’un grand parti de la gauche. Faure s’accroche (il a les députés derrière lui) et Mayer-Rossignol ne lâche rien.

 

NMR reproche à la direction sortante de ne pas avoir travaillé à la reconstitution d’un axe théorique susceptible de susciter l’adhésion. Cela veut-il dire que le PS n’a plus d’idées ? Le député de Louviers, Philippe Brun (PS-NUPES) sort du lot. A l’assemblée et dans la circonscription, le successeur de François Loncle fait preuve d’initiative et n’hésite pas à proposer. Avec des membres de la Fondation Jean Jaurès, par exemple, il vient d’avancer une proposition permettant aux ouvriers et employés (les premiers de corvée) de partir en retraite à 55 ans tandis que les cadres travailleraient jusqu’à 65 ans. Pourquoi pas ? Même si cette proposition vient un peu tard, elle pourrait être discutée durant le débat qui va s’ouvrir la semaine prochaine à L’assemblée nationale. On suivra avec intérêt les interventions du député de Louviers.

 

Au fond l’accord de la NUPES (LFI,PS,PC,EELV) n’a été qu’un accord de transition dont le but principal a consisté à inscrire durablement LFI dans le paysage et surtout à en faire le pivot central d’une gauche passablement abimée lors de sa confrontation au réel et de ses années récentes au pouvoir. Sur l’OTAN, l’Ukraine et la Russie, l’Union européenne, l’avenir du nucléaire, les institutions, il existe bien des différences entre les quatre membres de la NUPES. En fait le problème du parti socialiste est simple : est-il plus vivant que mort ? Le congrès de Marseille devrait apporter une première réponse en cette fin de semaine.


26 janvier 2023

Philippe Brun, député de Louviers, vent debout contre la réforme des retraites « injuste, brutale et inefficace »

Philippe Brun au micro. © Jean-Charles Houel

 

Philippe Brun, le député NUPES-PS de la circonscription des Louviers a présenté ses vœux, ce mercredi soir dans la salle des fêtes d’Incarville, à tous les militants, élus, associatifs, qui avaient répondu en nombre à son invitation. Dans une intervention d’une trentaine de minutes durant lesquelles il est apparu très à l’aise, Philippe Brun a jeté un regard rétrospectif sur le 19 juin 2022, jour qui a empêché le RN de réaliser le grand chelem dans l’Eure. En gagnant avec 350 voix d’avance sur la candidate de Marine Le Pen dans la circonscription de Louviers, le natif de la vallée de la Seine, a su rassembler sur son nom les voix de tous les citoyens et citoyennes attaché(e)s à la République et à la démocratie que l’extrême droite pervertit partout où elle sévit

Cette courte victoire dont il est un dépositaire lucide, oblige Philippe Brun à se démener à la fois au Palais Bourbon où sa présence dans l’hémicycle est remarquée autant que remarquable et dans l’Eure où il rend des visites fréquentes qu’il s’agisse des villages ou des agglomérations . Rien ne lui fait défaut.

 

Il est présent dans l’animation de la Commission des finances de l’Assemblée nationale et assure une présence assidue lors des foires à tout, par exemple, où son équipe tient un stand au plus près des habitants. Car Philippe Brun aime le contact et l’écoute. Il se fait le porte parole de tous ceux et celles qui souffrent : familles monoparentales, déserts médicaux, sans oublier les dossiers chauds tels que le tracé de la déviation Est de Rouen laquelle ajoutera des péages autoroutiers et des tonnes de CO2 dans des sites magnifiques qu’ils soient fluviaux ou forestiers.

 

Avant de présenter ses vœux à la foule incarvillaise d’un soir, il a cité les grands sujets nationaux et locaux qui composent le contexte politique actuel. Evidemment, il s’oppose farouchement au projet de réforme de la retraite (75% des Français y sont hostiles) qu’il combat dans la rue aussi. Pour lui, il s’agit d’une loi « injuste, brutale, inefficace ». Il insiste sur les principales victimes du projet gouvernementale : la pénalisation des femmes aux carrières hachées ou interrompues ou encore les jeunes qui devront attendre 64 ans pour faire valoir leurs droits à la retraite : « les jeunes peu ou pas formés, les premiers de corvée en fait, assure le député de Louviers, paieront la retraite des cadres qui vivent plus longtemps. » Il indique être à l’origine d’une proposition de loi référendaire qui permettrait de donner la parole au peuple. Chiche ?

 

Profitant de l’absence de majorité absolue du camp macroniste, Philippe Brun a conscience d’être un député qui compte et qui peut aider à trouver des majorités conjoncturelles. Ce pourrait être le cas pour obtenir la nationalisation d’EDF, dossier sur lequel il est investi à 100 % comme il l’a été pour faire voter « le chèque Brun » en faveur des ménages qui se chauffent au bois. S’il regrette que les événements récents surgis au sein du PS ne donne pas une bonne image d’un parti auquel il a adhéré avant les législatives, il efface d’un trait rapide l’épisode d’un feuilleton dont on ne voit pas la fin mais qui, selon moi, met au jour les faiblesses d’une direction visiblement dépassée par la force d’une opposition devenue crédible sous la houlette de Nicolas Mayer-Rossignol.

 

Autre temps fort de la soirée : les relations du député Brun avec les élus de l’ensemble des communes de la circonscription. Philippe a la volonté d’associer les maires, Marc-Antoine Jamet (à Val-de-Reuil) étant un conseiller avisé et François-Xavier Priollaud (à Louviers) malgré des différences, pour défendre les intérêts collectifs. Il dit écouter avec attention les doléances de ceux et celles dont la voix n’a pas toujours été prise en compte. Citant les pratiques et les actions de Pierre Mendès France, Philippe Brun se dit inspiré par cette grande figure de la gauche, dans une région où ce nom est un symbole de fidélité, de fierté et d’action.

 

Si j’osais, je dirais que toutes les mesures et tous les programmes qu’il défend se situent bien à gauche. A l’heure même où l’enquête de Victor Castanet consacrée aux EHPAD est à nouveau publiée et renforcée et dénonce de nouveaux scandales, le député de Louviers se grandirait en plaçant le gouvernement actuel et le Président de la République devant leur passivité et leur inaction face au grand âge. Tous et toutes, nous serons vieux un jour. Si beaucoup souhaitent rester à leur domicile le plus longtemps possible, pensons à ces handicapés, victimes de parkinson ou d’Alzheimer ou d’autres démences séniles dont les familles ont mesuré leur taux d’impuissance ou d’incapacité financière à agir. Une loi grand âge est urgente. Philippe pourrait devenir le croisé d’une guerre qui, pour l’instant, fait de nombreuses victimes dans le silence et l’oubli.

15 janvier 2023

Devant la SED de Louviers, Vanina Gasly met à l'honneur les industriels inventifs et novateurs

Vanina Gasly.©JCH

Vanina Gasly, archiviste en chef du service des archives de l’agglomération Seine-Eure (et de la ville de Louviers) était l’invitée, ce samedi, de la Société d’études diverses. Claude Cornu et Jean-Pierre Binay lui avaient proposé de « plancher » sur un sujet méconnu mais bigrement passionnant : la participation d’industriels de l’arrondissement de Louviers (cinq cantons) aux expositions nationales ou universelles. La conférencière a agrémenté son propos de graphiques, statistiques, images, plans, supports d’un discours emportant l’adhésion et satisfaisant la curiosité du public venu nombreux dans la salle Pierre Mendès France. Que sait, en effet, l’homme de la rue ou le Lovérien d’aujourd’hui, de l’histoire du monde du travail et notamment, de la participation des industriels originaires de Louviers et de sa région aux expositions nationales ou universelles où l’utopie géniale, pour reprendre le mot de Pascal Ory, a marqué la seconde moitié du 19e siècle et le début du 20ème.

 

Si les noms de Breton, Frontin, Jeuffrain, Audresset, Ternaux, Mercier etc. sont connus aujourd’hui encore, c’est parce que les élus de notre ville, au fil des décennies, ont choisi d’honorer ces industriels et manufacturiers en donnant leurs noms à certaines rues de Louviers, eux qui avaient porté haut le drapeau d’une cité réputée pour son drap et sa filière textile. Vanina Gasly conduit son auditoire dans le monde passionnant des brevets, des inventions, des progrès techniques démontrant un esprit d’entreprise et de modernisme récompensé par des prix éminents. Ces hommes (l’industrie n’était pas un monde de femmes), presque tous Lovériens, n’ont pas été les seuls de l’arrondissement (jusqu’en 1926 année de la suppression de la sous-préfecture) a être primés mais s’ils dominent dans les palmarès et les récompenses c’est sans doute parce que l’Etat, le Département et les communes avaient face à eux, des industriels dotés de moyens financiers conséquents aptes à les conduire (avec leurs machines et matériels) à Paris ou à Londres notamment. Il aura fallu le traité de libre échange entre la Grande-Bretagne et la France en 1862 (sous l’empire de Napoléon III) pour que plusieurs de ces hommes décident de ne plus traverser la Manche de peur d’être plagiés, espionnés plutôt, comme ils l’avaient été quelques années plus tôt (1). Mais d’autres expositions eurent lieu à Paris notamment, avec un nombre de visiteurs dépassant parfois 50 millions !

 

Vanina Gasly n’a pas omis le fait que les machines ne sont rien sans des professionnels compétents pour les faire marcher et parfois pour en améliorer le rendement. Elle a consacré un moment important de son exposé aux ouvriers amenés à côtoyer des employés d’autres pays que la France. Ainsi, certains découvrent des méthodes différentes, un droit nouveau régissant le travail et j’ai retenu ce passage (toujours vrai) où un travailleur explique dans un de ses rapports que le progrès technique peut être générateur de chômage et de suppressions d’emplois « et qu’il faut donc agir contre ! » Ce même travailleur découvre aussi la nécessité de se rassembler pour défendre des droits encore balbutiants au sein de syndicats…dont le rôle au fil des années s’est affirmé pour devenir des interlocuteurs  reconnus de l’Etat et des patrons.

(1) Le site de l’INPI, l’institut national de la propriété intellectuelle, a servi de support essentiel aux recherches de la conférencière. Il est le temple de l’innovation.

8 janvier 2023

Nicolas Mayer-Rossignol à Val-de-Reuil : le socialisme par la preuve

Nicolas Mayer-Rossignol hier à Val-de-Reuil.©JCH
La radicalité, le social-populisme, la colère, la haine parfois, expédients du bruit et de la fureur, ne peuvent être constitutifs de l’avenir d’une gauche responsable, d’une gauche de gouvernement. En plaçant le PS sous la coupe de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise, Olivier Faure a sans doute sauvé quelques sièges de députés, notamment, celui de Philippe Brun à Louviers, qui l’assure d’ailleurs de son soutien à l’aube de l’élection du premier secrétaire du Parti socialiste prévue les 12 et 19 janvier. Mais si c’est important, est-ce l’essentiel ? Est-ce le meilleur moyen d’assumer la filiation d’une gauche européenne, humaniste, anti-Poutine et anti-autoritaire ? Il est vrai que les 1,7% d’Anne Hidalgo à la présidentielle étaient porteurs d’une nouvelle Bérézina dont il fallait se prémunir quel qu’en fût le prix. Faut-il donc comme l’avance Nicolas Mayer Rossignol, en pleine campagne électorale interne au PS, admettre cet accord de la NUPES pour ce qu’il est : un simple accord électoral ponctuel qui ne doit pas faire des socialistes des alignés et ne doit surtout pas empêcher le PS de se renouveler, de préparer l’avenir.

 

Présent ce samedi soir à Val-de-Reuil (dans une salle des associations magnifique) où Marc-Antoine Jamet le soutient dans son combat et sa motion « refondations », le maire de Rouen a le droit d’espérer et surtout le devoir d’entreprendre. Il le sait, la gauche ne peut être forte que dans l’action et dans la preuve de cette action. A Val-de-Reuil, l’histoire ancienne (Bernard Amsalem était présent) et récente de la ville plaide pour cette gauche de résultats. Dans tous ses domaines de compétences : urbanisme, éducation, sport, culture, diversité, développement économique, économie sociale et solidaire, vie associative, la ville de Val-de-Reuil est bien loin du cliché originel que l’environnement politique — surtout à droite — a souhaité coller à la ville nouvelle pour des décennies. La culture de l’action et de la preuve est d’ailleurs saluée à intervalles réguliers (les élections) par des habitants fiers de leur ville et en savent gré à leurs élus constamment confirmés. Et plus encore avec le canton rolivalois et l’agglomération Seine-Eure. Que seraient devenues en effet les vallées de l’Eure et de la Seine sans les parcs industriels rolivalois et sans leur féconde expansion ? Quand Bernard Amsalem, Nicole Cornier et Frank Martin ont créé la communauté de communes Seine-Eure, qui aurait parié sur un développement global de toute notre immédiate région ?

 

Nicolas Mayer-Rossignol n’était pas à Val-de-Reuil par hasard. C’est peut-être là qu’il aura planté les premiers jalons — même s’il n’est pas objectivement favori — d’un leadership PS placé sous le signe à la fois d’une modernité nécessaire et d’une histoire assumée depuis que Jaurès est devenu la figure de proue d’un socialisme plaçant le citoyen instruit à la base de tout le processus démocratique. Il n’était pas venu à Val-de-Reuil pour rejouer le débat de la veille qui l’a vu s’opposer à Hélène Geoffroy (maire de Vaux-en-Velin) et Olivier Faure, député, sur les antennes de « France Info » et dont les commentaires ne retiennent que la question suivante : « alors, NUPES ou pas NUPES ? » L’étape de Val-de-Reuil n’était rien d’autre qu’un signe d’amitié et de ferveur militante et c’est toujours bon à prendre car ça ne court plus les rues. Le maire de Rouen (ancien président du conseil régional) a construit sa démonstration sur une évidence : le socialisme du quotidien, dans les villes, les départements et les régions que le PS dirige. Un socialisme que les rapports de force pourraient d’ailleurs mettre en péril en 2026 quand LFI ou les écologistes voudront — c’est la logique de la vie politique — l’inverser à leur avantage même si ces mouvements connaissent aussi bien des turbulences.

 

D’ici là, il faudra lutter sur tous les fronts : l’union des socialistes d’abord et l’union de la gauche ensuite, la lutte farouche contre l’extrême-droite devenue plus que menaçante et aux portes du pouvoir d’état en France et ailleurs en Europe, la résistance à toutes les remises en cause des acquis obtenus de haute lutte depuis 1945, et notamment l’âge de la retraite, sans oublier le B-A-BA de l’action : recruter et former les militants, les cadres et les futurs élus aptes à porter haut le drapeau d’une gauche passée tout près de l’enterrement de première classe. Comme l’a bien dit NMR : n’est pas Mitterrand qui veut.

 

Mais le temps presse. Les 12 et 19 janvier, les adhérents d’un PS déserté (on parle de 20 000 membres quand on en a compté 200 000) vont devoir choisir celui ou celle qui défendra leur programme et leurs idées…neuves. Depuis le revenu universel de Benoît Hamon, quel projet original a été proposé aux Français(e)s par le parti socialiste ? La réponse est dans la question et quel que soit le (ou la) futur(e) premier(e) secrétaire, il lui faudra se retrousser les manches et faire preuve d’imagination.