13 avril 2022

Contre l'extrême droite et en homme de gauche, je voterai Macron sans barguigner

Si au premier tour d’une élection, on choisit, au second tour on élimine. Comme il ne reste que deux candidats, le choix est facile. Il faut aussi que les démocrates, les républicains authentiques se fassent une raison : le projet de Macron ne peut être regardé comme un totem mais il est pour eux la seule solution de second tour. Les vaincus du premier tour doivent s’attendre à ce que le programme de leur candidat ou leur candidate ne puisse être la référence intégrale de leur ancien favori. Les contraintes de la 5e République, voulues par le général de Gaulle — et que personnellement je conteste en fervent soutien de Pierre Mendès France — obligent les candidats de second tour à certaines contorsions puisqu’il leur faut élargir le spectre originel aux deux bouts. Le macronisme depuis sa fondation, est pétri de ce « en même temps » (qui penche plus à droite qu’à gauche) mais avec Macron, les libertés fondamentales seront préservées et les crises internationales affrontées dans le respect des assemblées parlementaires, des accords et des traités, européens en particulier .

 

La coalition contre Marine Le Pen se construit. Car ce n’est pas seulement un barrage qu’il faut ériger. Il faut aussi donner de l’espérance, préparer l’avenir avec un nouveau projet macronien. Je viens de lire la profession de foi de premier tour de Marine Le Pen. Toutes les mesures que le Front national (et son père) proposent depuis des décennies sont réaffirmées et on peut dire que la dédiabolisation dont tout le monde parle n’est pas acquise. Loin de là. Qu'on en juge : la préférence nationale, la suppression du droit du sol, le rejet des étrangers, la fin de l’union européenne existante avec la renégociation des traités (?), le retour de la peine de mort, la suppression du voile dans l’espace public (et ta sœur ?) la sortie du commandement intégré de l’OTAN (en temps de guerre !), elle propose même la réduction des tarifs des péages (alors que les autoroutes sont privatisés et que les tarifs dépendent des sociétés !) sans oublier les promesses mirifiques non financées (la retraite), le soutien aux antivax, au professeur Raoult notamment et l’hexachloroquine…et je n’aurais garde d’oublier l’admiration de Marine Le Pen pour Donald Trump et Vladimir Poutine, l’un ayant poussé à l’assaut violent du Capitol (avec cinq morts) pour contester l’élection de Joe Biden, l’autre conduisant une guerre terrible contre l’Ukraine et le peuple ukrainien avec des milliers de morts. Et Orban, le Hongrois corrompu et censeur en chef, et Salvini, l’Italien ami des fascistes, ces proches de Le Pen au parlement européen : « dis moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. » Marine Le Pen est bien…une Le Pen. Les électeurs de Zemmour ne s’y trompent pas. Ils voient en elle la doublure de leur favori tombé bien bas d’ailleurs puisqu’il n’y avait pas de vote caché comme certaines bonnes âmes osaient nous l’affirmer. Ah le complotisme ! Un proche de Mme Le Pen a déclaré que Zemmour avait servi de paratonnerre au premier tour et que c'est lui qui avait pris la foudre. Au second tour, Mme Le Pen ne peut plus se dissimuler, on la voit telle qu'en elle-même.

 

Dépouillement à Louviers.
Les hommes de gauche, comme Lionel Jospin, Bertrand Delanoé, Bernard Cazeneuve, les candidat(e)s tels que Yannick Jadot, Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon, appellent soit à voter pour Emmanuel Macron, soit à faire barrage (les castors !) à l’extrême droite. L’amoureuse des chats qui a adouci, dit-on, son image, s’est montrée, hier à Vernon, sous son vrai jour. Emportée par le naturel (qui revient au galop) elle a déclaré avoir le droit de choisir les journalistes invités à ses points de presse puisqu’elle était chez elle. Avec les Le Pen on choisit ses interlocuteurs. Certains professionnels sont bannis, considérés comme hostiles à tort ou à raison. Ils ne plaisent pas à Madame. Voilà comment elle pratique la démocratie des opinions et considère la liberté de la presse : elle trie le bon grain de l’ivraie et expulse ceux et celles qui ne lui plaisent pas. On retrouve là les fondamentaux de la droite extrême que Zemmour assume et que Marine Le Pen a tenté de cacher. Mais il et elle sont bien frère et sœur siamois… elle qui aime tellement les chats.

Le 24 avril il faudra se poser une seule question : aimerai-je vivre dans un pays présidé par une adepte de Mauras, une nostalgique de Pétain, l’héritière d’un père raciste et xénophobe, une admiratrice de Poutine et de Trump…Mon choix est fait : en homme de gauche je voterai pour Emmanuel Macron sans barguigner. 

7 avril 2022

Bernard Stirn : une vie au service du droit public et de la défense des libertés

Derrière Hélène Carrère d'Encausse, on reconnait Bernard Stirn et Pierre Delvové

Mon récent reportage photo sur l’intronisation de Bernard Stirn, comme nouveau membre de l'Académie des Sciences morales et politiques, ne rend évidemment pas compte de la carrière brillante d’un homme connu pour ses talents juridiques bien au-delà des frontières hexagonales. D’ailleurs, de nombreux délégués étrangers, européens notamment, avaient tenu à venir à Paris pour assister à une forme de consécration laquelle sied mal à un homme dont la tempérance et la modestie sont notoires. Je me devais donc, même brièvement, de revenir sur une cérémonie républicaine suivie par une assistance nombreuse.

Ceux et celles qui ont rencontré Bernard Stirn ailleurs qu’au Palais royal où siège le Conseil d’Etat, savent combien il est ouvert et généreux. Il est de ces intelligences discrètes qui ne veulent que le bien et le bon. Toute sa carrière, de la faculté de droit de Caen jusqu’aux plus grandes écoles de la République (Sciences Po Paris et l’ENA) et ensuite partout où il a enseigné ou pratiqué le droit, témoigne d’un respect scrupuleux des règles et d’une rigueur que seuls les esprits pétris d’humanisme parviennent à déployer dans la durée, quelles que soient les trépidations du monde politique. Je n’aurais garde d’oublier qu’il présida, pendant de longues années et avec quelle assiduité, le conseil d’administration de l’Opéra de Paris épris qu’il est de danse et d’art lyrique.

Dans le portrait de Bernard Stirn que Pierre Delvolvé a brossé lors du discours d’accueil (un discours très attendu…depuis trois années perturbées par la pandémie de la Covid) sans notes, d’une grande élévation et non sans humour (Jean Castex a dû avoir parfois les oreilles sifflantes) on a redécouvert les qualités de celui qui a formé 48 générations d’étudiants, créé une jurisprudence souvent originale, défendu les droits fondamentaux dans le corpus d’une Charte européenne adjointe au traité de Lisbonne et rédigée avec Guy Braibant et quelques spécialistes d’une matière aussi pointue qu’exigeante. De même, l’apport créatif de Bernard Stirn se retrouve-t-il dans les différentes éditions des livres qu’il a consacrés au droit public ou « aux libertés en questions ». Président de la section du contentieux du Conseil d’Etat pendant plusieurs années, Bernard Stirn a eu maintes occasions lors de référés, par exemple, de manifester l’attachement de la haute juridiction administrative à l’égard des droits et des libertés, le pouvoir des gouvernants ayant parfois besoin d’être recadré sinon freiné.

L’épée remise par Jean-Marc Sauvé (avec les roulements de tambour des gardes républicains) a toute une histoire. Elle a appartenu à son grand-père puis son père, tous deux préfets de la République, que le hasard des nominations a conduit en Normandie où Bernard Stirn est né et a choisi de résider. Au Vaudreuil très exactement. Il y passe une retraite fort active, puisque le club de golf de cette commune le compte parmi ses membres où il jouit d’une estime générale. D’ailleurs il avait eu la bonne idée d’inviter quelques amis golfeurs, pratiquants d’un sport où l’étiquette et l’éthique sont des valeurs essentielles. Des valeurs que le juge Stirn a défendues toute sa vie.

5 avril 2022

Bernard Stirn a reçu son épée d'académicien en présence de Jean Castex et de Laurent Fabius

Bernard Stirn, ancien président de la section du contentieux du conseil d'état, a reçu son épée de membre de l'Académie des sciences morales et politiques, des mains de Jean-Marc Sauvé, vice-président honoraire
du conseil d'état, ce lundi à Paris.
 

Jean Castex, Premier ministre et Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel, avaient tenu à être présents pour saluer la belle carrière du nouvel académicien.

Bernard Stirn, en compagnie de Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil.

De nombreux invités étaient présents sous la coupole. Bernard Stirn « accueilli »par Pierre Delvové, a rappelé l'essentiel de la carrière de son prédécesseur, Prosper Weil, dont la vie et les travaux ont constamment été placés sous le signe de la défense du service public et de la défense de la liberté. 
 


Pascal Ory et Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuelle de l'Académie Française.



4 avril 2022

Les griffes de Marine Le Pen prêtes à servir

A une semaine du premier tour de la présidentielle, il est grand temps de placer certains hommes et certaines femmes politiques de notre pays devant leurs responsabilités. Alors qu’on découvre les charniers et les exécutions sommaires de l’armée russe près de Kiev, les crimes de guerre commis par les soldats de Poutine, il faudra bien que les Zemmour, les Le Pen et les Mélenchon nous disent pourquoi ils sont si arrangeants avec le tyran et il faudra aussi qu’ils cessent de se dissimuler derrières des prétextes inadmissibles du genre « ils ont été provoqués par l’OTAN. »

Que je sache, aucun avion, aucune armée occidentale n’a attaqué le territoire russe. Aucun avion, aucune armée n’a tenté de gagner des territoires appartenant à un pays libre reconnu par l’ONU. Les poutiniens nous font le coup de la protection nécessaire des frontières du plus grand pays du monde. Et la Géorgie, et Le Donbass, et la Crimée. Y parler la langue Russe n’implique pas qu’on ait le droit d’occuper ces territoires. Cela voudrait dire que partout où l’on parle le Français, la France serait chez elle ! Au Canada, en Afrique…que sais-je ?

L’impérialisme russe doit donc être combattu. Les auteurs de crimes de guerre poursuivis par la justice internationale. Les Sanctions financières, économiques, accrues. L’aide militaire aux Ukrainiens augmentée. Parmi les candidats(dates) à la présidentielle il en est une qui tente de passer entre les gouttes. Marine Le Pen, qui adule Poutine et ses méthodes, n’exclut pas de retisser des liens avec lui, dès la guerre finie. En attendant, elle se cache, se protège, cherche à éviter les situations embarrassantes et n’a pas l’aveu facile.

Lors du débat de second tour, on peut imaginer que le président de la République actuel, s’il est qualifié, lui demandera des comptes détaillés. Qu’il appuiera là où cela fait mal. Les Français et les Françaises doivent savoir qui est Mme Le Pen. L’adoratrice des chats et des chatons a, comme eux, les griffes rétractiles. Pour l’instant, elle les cache. Mais on sait qu’elles sont prêtes à servir.

30 mars 2022

Poutine plus proche de…Raspoutine que de Gorbatchev

22 % des Français et des Françaises interrogé(e) s lors d’un sondage récent considèrent que la Russie se sentant « menacée » est dans son bon droit quand Poutine fait la guerre aux Ukrainiens. Ils sont 52 % à considérer que Poutine avait au moins une bonne raison de commencer cette guerre ! Voilà le résultat de la propagation des thèses complotistes assimilant l’OTAN (et donc les pays qui la composent) à un agresseur qui ne dirait pas son nom. En France, les Zemmour, les Le Pen et les Mélenchonnistes assuraient, il y a quelques semaines, que l’OTAN et les Américains s’employaient à encercler la Russie (15 millions de km2) le plus grand pays du monde et qu’en conséquence Poutine se trouvait en état de légitime défense. Ben voyons comme dirait l’autre. Or, l’OTAN est une organisation défensive qui n’a aucun appétit pour le territoire des nations européennes, qu’elles soient orientales ou occidentales.  Mais c’est le message qui est martelé par les Poutiniens, en Russie et en France aussi, depuis près de vingt ans. A l’évidence, Poutine veut reconstituer l’empire communiste d’avant l’effondrement de l’URSS. Il veut installer un glacis entre l’Europe et ses frontières. Et comme il ne connaît que le langage de la brutalité et de la force, le recours aux armes est son outil de persuasion. Plus je cogne, plus je gagne.

Le pire est qu’il parvient à faire douter les démocraties dites libérales du bienfondé de leurs modes de vie et notamment de la qualité de leur processus démocratique. En France, les élections sont libres et les oppositions bien vivantes. Le bulletin de vote est le maître de la cérémonie et chaque voix compte. En France, on ne bourre pas les urnes et le vote est secret. C’est la garantie de la liberté et de l’égalité. Ceux et celles qui s'abstiennent, acceptent donc le choix qui se fait sans eux. Avec RT (Russia today) Spoutnik et des milliers de hackers, Poutine s'est immiscé dans les processus démocratiques, aux Etats-Unis, en France, en Grande-Bretagne avec un seul objectif : mettre à bas la démocratie libérale.

Ce qui est incroyable, c’est qu’après La Géorgie, la Tchétchénie, la Syrie, la Crimée, le Donbass, et maintenant le Mali, la République Centre-africaine (et le fameux groupe Wagner) la propagande russe continue de démontrer une remarquable efficacité. Il faut dire que la France regorge de comptenteurs aptes à reprendre en cœur les arguments de Poutine, de Lavrov, et des personnes dûment autorisées à expliquer « l’opération spéciale » doux euphémisme pour justifier les centaines de Morts à Marioupol, Kiev ou Kharkiv. Et pour museler toute information libre ou toute opposition.

Quels sont les buts de guerre de Poutine, du moins ceux qu’il a avoués : « la démilitarisation et la dénazification de l’Ukraine ». La grande guerre patriotique de 1941-1945 devant servir de référence. Il faut être soit naïf, soit ignare, pour avaler ces fadaises. Car l’histoire ne repasse pas les plats. Et face à Poutine, tout un peuple s’est levé, ni nazi ni fasciste. Le maître du Kremlin ne s’attendait pas à faire face à une défense aussi énergique et efficace du président Zelinsky, du gouvernement, de l'armée et des citoyens et citoyennes d’Ukraine. Les nazis, car il y en a (en France aussi) ce sont les membres du bataillon Azov. Il comprend quelques centaines d'hommes adeptes de la violence. Leurs insignes ne laissent aucun doute sur leur fascination pour Hitler. Comme d’habitude il faut trier le bon grain de l’ivraie. Ce ne sont pas ces fanatiques qui expliquent l’Ukraine d’aujourd’hui laquelle frappe à la porte de l’Union européenne et devra donc respecter le libre suffrage, le droit européen, la liberté d’informer et reconnaître des droits à l’opposition. Tout ce qu’exècre un Poutine plus proche de…Raspoutine que de Gorbatchev.

27 mars 2022

La mort de Pierre Quéméner, une belle figure de la vie lovérienne et sportive

Pierre Quéméner
Je viens d’apprendre le décès, à l’âge de 99 ans, de Pierre Quéméner, une figure de la vie lovérienne, lui qui a tant apporté à notre ville et dans bien des domaines. Mais avant de consacrer son temps et son énergie au service du bien commun dans l’action politique, Pierre avait été un conseiller pédagogique précieux au sein de l’Education nationale et ceux et celles qui l’ont approché savent combien il était attentif aux qualités qu’il savait déceler chez les futurs instituteurs et institutrices, ces hussards de la république laïque. Toujours un mot d’encouragement. Toujours une disponibilité. Dans conseiller, il y a conseil et son expérience ainsi que ses convictions faisaient merveille auprès des personnes dévouées à la cause toujours lumineuse qu’est l’enseignement. C’est si vrai que son épouse et certains de ses enfants — je pense à Jean-Pierre et Jacqueline son épouse ainsi qu’à Micheline — doivent être inscrit(e)s au tableau d’honneur de l’Education nationale.

Très proche de la jeunesse, Pierre était aussi un dirigeant sportif talentueux en plus d’être bénévole. On sous-estime gravement — et on a tort — l’importance que toutes ces femmes et hommes jouent au sein de la vie associative. Il fut l’un des cadres essentiels de l’Etoile athlétique lovérienne, où il côtoya les grands noms que sont MM. Totain, Boucher, Le Targa, Lambert, sans oublier les inconnus qui, chaque année le 11 novembre, courent le Carrington, cette fête du cross country ouvrant la saison au calendrier national et accueillant des coureurs de toutes nationalités.

C’est aussi grâce à lui (et quelques autres) qu’Alain Mimoun, Michel Jazy, Michel Bernard, des gloires de l’athlétisme hexagonal, sont venues à Louviers pour affronter les coureurs locaux et régionaux. Mes amis Daniel Legrand et  Jacky Ricard qui avaient connu « Monsieur Quéméner » au faîte de sa gloire sportive lui ont rendu visite pendant des années à l’Ermitage, le grand âge l’ayant obligé à quitter sa maison de la rue Guy de Maupassant où il était apprécié de tous les habitants du quartier.

A la table du conseil

Elu conseiller municipal d’opposition, avec Henri Fromentin et Louis Vallée, sur une liste d’action communale aux côtés du docteur Ernest Martin, il prit tout naturellement des responsabilités exécutives en devenant adjoint au maire lorsqu’Henri Fromentin devint le premier magistrat de la ville en 1976, d’abord et en 1977 encore lors du renouvellement national des assemblées communales. Dans son poste d’adjoint il déploya toutes ses qualités. C’est lui notamment qui contribua à permettre le jumelage de Louviers avec la ville allemande de Holzwickede conscient que le déroulement dramatique de la seconde guerre mondiale ne devait pas pénaliser les générations de jeunes Français et Allemands dont on apprécie aujourd’hui la qualité des échanges autant que leur impérieuse nécessité. Le sport faisait également partie de ses attributions et il parvint à soutenir tous les clubs sportifs de la ville. L’office municipal des sports alors présidé par André Crenn, fut le théâtre de duels épiques entre tenants du sport loisir et ceux du sport de compétition. Au sein du Comité d’Action de gauche, les partisans de l’un et de l’autre s’affrontèrent, Pierre parvenant à créer le consensus et à rassurer le monde sportif.

Sur le plan humain et relationnel et sans rien renier de ses convictions d’homme de gauche, Pierre Quéméner refusait tout sectarisme. Il était direct, ouvert, un animateur né et l’un des piliers d’une municipalité qui avait fait de la démocratie directe le cœur de son programme. Pierre Quéméner y démontra l’étendue de ses certitudes : la confiance, l’écoute, le partage, la discussion d’où peut sortir une solution aux problèmes collectifs embrassant tout le champ de l’action communale. Avec le décès de Pierre, c’est bien une page de Louviers qui se tourne. Denis Lahaye, ancien adjoint de Frank Martin, a réagi à la mort de Pierre Quéméner : « il habitait sa vie et a toujours été présent pour les autres. »

Les obsèques civiles de Pierre auront lieu ce vendredi 1er avril à 12 heures au crématorium d’Evreux. Je présente à ses enfants, ses petits-enfants et toute sa famille, mes condoléances attristées.

Avec Gérard Martin, Henri Fromentin, Patrice Yung et Monique Bonnet.

 


21 mars 2022

Mieux connaître la rivière d'Eure avec Jean-Pierre Binay, président de la SED de Louviers

Bernard Leroy, le président de l’agglomération (CASE) a raison : la région de Louviers a bien de la chance d’avoir sur son territoire une société savante dynamique composée de personnes capables d’aborder tous les sujets et ainsi d’améliorer les connaissances. Comme chacun sait, on n’a jamais fini d’apprendre et la SED contribue avec ses animateurs et ses invités à poursuivre ce but louable : partager des passions ou un savoir. Au fil des années, pour qui veut mieux connaître Flaubert, le général de Gaulle, Georges Simenon, Lily Mendès France ou l’histoire de la chute du mur de Berlin, pour ne citer que ces quelques exemples, la SED (Société d'études diverses) est devenue incontournable. L’art, la littérature, l’histoire, la géographie, la science sont en effet abordés dans des ouvrages édités par ses soins ou lors de conférences ouvertes aux adhérents, évidemment, mais aussi à des publics plus larges. Les élèves du primaire n’étant pas oubliés avec l’organisation annuelle d’un rallye destiné à leur permettre de découvrir le patrimoine local.

Les membres actifs du conseil d'administration

L’assemblée générale de la SED s’est tenue, ce samedi au Moulin, en présence d’un public nombreux démontrant l’intérêt collectif de cette association lovérienne. Les rapports ont été approuvés à l’unanimité, comme la liste des membres du conseil d’administration, lesquels ne se contentent pas de faire de la figuration.

C’est notamment le cas de Jean-Pierre Binay. L’actuel président de la Société d’études diverses connaît bien l’histoire de la rivière d’Eure et notamment celle des bras qui traversent Louviers. Les pertuis, les portes marinières, les cabotières, les moulins, le halage et les marchandises transportées jusqu’en 1926, année de la fin de navigabilité, n’avaient aucun secret pour un conférencier passionnant. Ainsi, JP Binay a longuement évoqué les travaux du canal dont une partie a longtemps servi de bassin d’apprentissage à la natation et de stade de water-polo. Des travaux conséquents y ont été entrepris en 1971 d’abord et plus récemment depuis que la CASE est devenue l’organisme chargé de l’entretien de la rivière. Démonstration a été faite, s’il en était besoin, que le président de la SED, à force de recherches et de trouvailles documentaires, aura su se montrer savant sans être ennuyeux. De chaleureux applaudissements ont salué son travail minutieux. Bravo Jean-Pierre !

Travaux du barrage de la Villette en 1971 (photo JCH)

 

19 mars 2022

Quelques réflexions au débotté : Bay, Le Pen, MAJ, Loncle, Colonna…

Qui connaît Nicolas Bay ?

Même en Normandie où il présidait le groupe RN du conseil régional avant de rejoindre Eric Zemmour, ce personnage sulfureux qui s’est maintes fois illustré par ses contre-vérités ou ses affirmations approximatives, demeure un parfait inconnu. Au-delà de sa posture à l’égard de Marine Le Pen (lâchée en rase campagne) que chacun appréciera à l’aune de ses convictions morales, le sieur Bay vient de se distinguer à nouveau en assurant que 30 % des réfugiés venus d’Ukraine en France étaient originaires d’Afrique, ces Africains que le militant d’extrême-droite juge non fréquentables. Marion Maréchal a répété les mêmes sottises, reprenant en boucle les éléments de langage distribués par les responsables de la communication de Zemmour. Mais comme dit l’autre, dire plusieurs fois un mensonge n’en fait pas une vérité. En France, selon une circulaire récemment adressée aux préfets, les ressortissants non ukrainiens qui ne bénéficiaient pas déjà d’un statut de réfugié en Ukraine et qui peuvent rentrer dans leur pays de manière « sûre » et « durable » ne seront pas pris en charge au titre de cette protection. Ils représentent à peine 3% des réfugiés.

M. Bay est un catholique intégriste, très déterminé dans sa lutte contre l’Islam (et pas seulement l’Islam intégriste) il voit des terroristes partout. Nicolas Bay, en ralliant Zemmour, croyait avoir misé sur le bon cheval. C’était sans compter sur la guerre déclenchée par Poutine contre l’Ukraine, son gouvernement, son peuple, ses espérances. Je ne doute pas que Zemmour perdra la présidentielle. Ce qui est plus intéressant, c’est que ses idées auront perdu, elles aussi.

 

 

N’oublions pas Marine Le Pen.

Elle a eu le culot d’affirmer que Zemmour et Mélenchon sont discrédités « compte tenu de leur proximité avec Poutine ! »Vous avez bien lu. Elle est gonflée. Marine Le Pen a été reçue avec beaucoup d’égards par Poutine en 2017 (lequel a facilité l’emprunt du FN auprès d’une banque russe) et sa « proximité » avec le dictateur est notoire. J’espère que les médias sauront retrouver les photos, les déclarations, les preuves attestant de l’amitié témoignée par Marine Le Pen à l’égard du maître du Kremlin. Quant aux sanctions contre les oligarques et l’entourage de Poutine, elle y serait favorable si c’est indolore pour les Français ! Quel courage !

 

François Loncle : « la géographie fait l’histoire »


François Loncle, ancien député de Louviers et ancien président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, était l’invité, ce vendredi, des responsables des « radicaux de gauche » de Louviers. Ces derniers (MM. Taconet et Ortega) souhaitaient faire profiter les personnes présentes de l’expérience acquise par M. Loncle au cours de sa carrière parlementaire et notamment de son « éclairage » sur la guerre en Ukraine. Comme « la géographie fait l’histoire » on comprend pourquoi Vladimir Poutine souhaite restaurer la grande Russie qu’elle soit tsariste ou stalinienne. En menant cette guerre, l’ancien membre du KGB, dont la violence est un style de vie, veut rétablir autant que faire se peut, les frontières de l’ex-URSS. Pour y parvenir il comptait sur la faiblesse des occidentaux qui se sont levés comme un seul homme. Et c’est là que l’OTAN ainsi que l’Union européenne prennent tous leur sens. Les ex-satellites de Moscou que sont La Pologne, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie etc. sont protégés par l’article 5 de la charte ce qui n’est pas le cas de l’Ukraine. Comment mettre fin aux hostilités ? Par la négociation et les sanctions économiques et financières dont l’efficacité semble réelle. En armant également l’Ukraine dont la population fait face avec une foi et un courage immenses.

Avant que M. Loncle n’intervienne, Mme et M. Béton, animateurs d’une association d’aide aux personnes déplacées, avaient expliqué les objectifs de celle-là. Ils étaient en Pologne, récemment, pour venir en aide aux Ukrainiens contraints de fuir leurs villes sous les bombes.

 

MAJ vote Macron…au second tour

Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil, s’inscrit dans le réel. Conscient du potentiel score d’Anne Hidalgo, candidate socialiste qu’il a parrainée, il a décidé d’enjamber le premier tour de l’élection présidentielle et d’appeler d’ores et déjà à voter pour Emmanuel Macron au second. Si ce dernier est face à Marine Le Pen, le choix des républicains et des démocrates sera, en effet, facile à faire.

Anne Hidalgo est à la peine. Les sondages (qu’il faut toujours prendre avec des pincettes) indiquent que la maire de Paris ne dépassera pas les 5 %, cap à franchir pour obtenir le remboursement par l’Etat des frais de campagne. En fait, Mme Hidalgo paie cash une descente aux enfers qui date de François Hollande dans l’incapacité de se représenter mais plus largement dans une forme de rejet des partis dits de gouvernement. L’espace politique du PS et de LR s’est rétréci sous l’effet du macronisme et de l’influence accrue des extrêmes. On peut être fort localement et faible quand on touche aux cimes du pouvoir présidentiel.

 

L’agression d’Yvan Colonna : à qui la faute ?

France 3 Corse a diffusé (partiellement) les images de la sauvage agression dont a été victime Yvan Colonna (l’un des membres du commando qui assassina le préfet Claude Erignac) de la part d’un co-détenu « islamiste radicalisé ». Ces images de vidéosurveillance ont été sorties de la prison on ne sait comment même si on sait pourquoi. Elles permettent en effet de situer les responsabilités administratives voire politiques dans ce qui est un acte qui n’aurait jamais dû se produire. Toujours est-il qu’elles existent et que M. Ridell, de l’administration pénitentiaire, invité par une commission parlementaire à s’exprimer sur cette tentative d’assassinat n’aurait pas raconté avec exactitude le déroulement des faits. Je l’ai écouté et ses propos souvent hésitants, m’ont troublé. Il a marmonné, bredouillé, prenant d’infinies précautions sémantiques alors que les images parlent d’elles-mêmes. Il a fallu que plusieurs minutes s’écoulent avant qu’un surveillant intervienne et prévienne les secours. Cet acte a des conséquences : la violence urbaine en Corse, le début de discussions entre le gouvernement et les nationalistes pouvant déboucher sur une certaine autonomie…à définir.

12 mars 2022

La guerre de Poutine est une guerre contre notre civilisation

Le comble du cynisme. En accusant de soi-disant nationalistes ukrainiens d’être les auteurs du bombardement de la maternité de Marioupol, l’ambassadeur de Vladimir Poutine en France a atteint des sommets de mauvaise foi. C’est si vrai que les responsables de la communication à Moscou ont indiqué « se renseigner » auprès du commandement des troupes en Ukraine. Mais les faits sont bien documentés comme disant les experts. Un missile russe a atteint des femmes et des enfants dont certain(e)s ont été tué(e)s ou blessé(e)s.

En fait, Poutine a d’ores et déjà perdu une guerre qu’il n’aurait jamais du commencer. On a beau avoir des chars et des avions. Des missiles et des bombes. Quand on est l’envahisseur, on doit en payer le prix et celui-ci est d’ores et déjà très élevé. C’est grâce à Poutine que l’Union européenne affirme son unité et sa solidité. C’est grâce à Poutine que l’Allemagne a décidé de réarmer. C’est aussi grâce à Poutine que les dirigeants européens ont décidé de limiter leur utilisation du gaz et du pétrole russes. Le rouble a chuté de 50 %. L’économie russe déjà mal en point va sombrer.

Faut-il s’en réjouir ? Ce serait indigne. Car en punissant le dirigeant russe, c’est le peuple russe qui trinque. Un peuple qui ignore tout de « l’opération spéciale » en cours (à Moscou il est interdit de prononcer le mot de guerre) et qui croit en majorité que les Ukrainiens sont des nazis ou des agresseurs. Pauvre peuple russe victime d’un mensonge d’état et d’un tyran depuis tant d’années.

Mais le plus à plaindre est le bien le peuple ukrainien. Des centaines de milliers de réfugiés lancés sur les routes, hors des villes assiégées, en quête de soins, d’eau, de protection. Sans doute des centaines de morts militaires et civils et de blessés luttant pour conserver leur indépendance et protéger leur territoire. Que peut faire l’Europe ? Refuser l’équilibre prôné par certains candidats à la présidence de la République. Fournir des armes. Sanctionner encore plus durement les oligarques, ces prédateurs sans foi ni loi. Marginaliser Poutine sur la scène internationale. Une agence de notation annonce la banqueroute imminente de la Russie…et ce n’est qu’un début.

Les réfugiés ? Parlons-en. Les 27 ne rechignent pas à accueillir les familles en détresse. La France serait sur le point de donner l’asile à 100 000 Ukrainiens, une détresse que même Robert Ménard, maire de Béziers, prend en compte : « j’ai honte de ce que j’ai dit il n’y a pas si longtemps » reconnaît-il. Une honte qui devrait affecter un Zemmour plus isolé que jamais et lamentable dans son face à face avec Valérie Pécresse.

De fait  l’élection présidentielle française passe au second plan des préoccupations hexagonales. Car la guerre faite à l’Ukraine est une guerre contre notre système démocratique, notre culture, notre mode de vie, notre civilisation. Il importe de les défendre de toutes nos forces et de toute notre énergie.

7 mars 2022

Imagine-t-on Marine Le Pen ou Eric Zemmour à la présidence de la République ?

Imagine-t-on Marine Le Pen ou Eric Zemmour élu(e) à la présidence de la République ? Imagine-t-on ces deux « pétainistes » faire face avec crédibilité à Vladimir Poutine alors même qu’ils vantent depuis des années les soi-disant qualités du dictateur russe ? « Il nous faut un Poutine français » clamait Zemmour ! Marine Le Pen refuse aujourd'hui qu’on livre des armes aux Ukrainiens et rejette les sanctions économiques et financières prises par l’Europe (mais pas seulement) contre la Russie ? Quel serait leur rapport de force avec Poutine alors que celui-ci ne comprend qu’un dialogue musclé voire brutal ? En fait,  Le Pen et Zemmour seraient d’une faiblesse absolue face au maître du Kremlin et les états européens très vite menacés par la Russie : la Moldavie, la Géorgie, les états baltes, la Pologne n’auraient que leurs yeux pour pleurer.

Avant de voter le 10 avril et surtout le 24, les électeurs et les électrices devront bien peser leur choix. Si les sondages actuels indiquent les principales lignes de force, on ignore encore qui, de Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou Eric Zemmour, affrontera le président sortant ? Le risque serait que la campagne électorale soit phagocytée par la guerre en Ukraine et que les débats nécessaires voire indispensables dans une démocratie soient tronqués. Mais la guerre d’Ukraine écrase tout et c’est bien normal.

S’agissant de Zemmour, je viens de lire l’article mis en ligne sur le blog de Jean-Pierre Filiu. Cet éminent observateur de la politique étrangère raconte le parcours « intellectuel » de Zemmour et le soutien permanent qu’il a apporté au tyran Bachar el Assad en Syrie. Il rappelle comment le candidat d’extrême-droite a justifié le soutien des Russes à ce dictateur lequel n’a pas hésité à utiliser des armes chimiques contre ses opposants dont les Kurdes principaux adversaires de l’Etat Islamique. L’ancien journaliste du Figaro n’hésitait d’ailleurs pas à saluer le courage des djihadistes prêts à mourir dans leur guerre contre l’occident ! Maintenant rejoint par Marion Maréchal dont il souhaitait le soutien, cet ajout calculé mais bien tardif risque bien d’être un coup d’épée dans l’eau. Les Français(e)s ont la tête ailleurs. Ils se demandent à combien vont s’élever le prix de l’essence à la pompe et leur facture de chauffage ? Ils s’interrogent sur la santé mentale d’un homme seul face à ses démons : un esprit revanchard et l’amour de la guerre. Et le Z dessiné sur les chars russes renforce, malgré lui bien sûr, les choix scandaleux de Zemmour.