13 avril 2022

Contre l'extrême droite et en homme de gauche, je voterai Macron sans barguigner

Si au premier tour d’une élection, on choisit, au second tour on élimine. Comme il ne reste que deux candidats, le choix est facile. Il faut aussi que les démocrates, les républicains authentiques se fassent une raison : le projet de Macron ne peut être regardé comme un totem mais il est pour eux la seule solution de second tour. Les vaincus du premier tour doivent s’attendre à ce que le programme de leur candidat ou leur candidate ne puisse être la référence intégrale de leur ancien favori. Les contraintes de la 5e République, voulues par le général de Gaulle — et que personnellement je conteste en fervent soutien de Pierre Mendès France — obligent les candidats de second tour à certaines contorsions puisqu’il leur faut élargir le spectre originel aux deux bouts. Le macronisme depuis sa fondation, est pétri de ce « en même temps » (qui penche plus à droite qu’à gauche) mais avec Macron, les libertés fondamentales seront préservées et les crises internationales affrontées dans le respect des assemblées parlementaires, des accords et des traités, européens en particulier .

 

La coalition contre Marine Le Pen se construit. Car ce n’est pas seulement un barrage qu’il faut ériger. Il faut aussi donner de l’espérance, préparer l’avenir avec un nouveau projet macronien. Je viens de lire la profession de foi de premier tour de Marine Le Pen. Toutes les mesures que le Front national (et son père) proposent depuis des décennies sont réaffirmées et on peut dire que la dédiabolisation dont tout le monde parle n’est pas acquise. Loin de là. Qu'on en juge : la préférence nationale, la suppression du droit du sol, le rejet des étrangers, la fin de l’union européenne existante avec la renégociation des traités (?), le retour de la peine de mort, la suppression du voile dans l’espace public (et ta sœur ?) la sortie du commandement intégré de l’OTAN (en temps de guerre !), elle propose même la réduction des tarifs des péages (alors que les autoroutes sont privatisés et que les tarifs dépendent des sociétés !) sans oublier les promesses mirifiques non financées (la retraite), le soutien aux antivax, au professeur Raoult notamment et l’hexachloroquine…et je n’aurais garde d’oublier l’admiration de Marine Le Pen pour Donald Trump et Vladimir Poutine, l’un ayant poussé à l’assaut violent du Capitol (avec cinq morts) pour contester l’élection de Joe Biden, l’autre conduisant une guerre terrible contre l’Ukraine et le peuple ukrainien avec des milliers de morts. Et Orban, le Hongrois corrompu et censeur en chef, et Salvini, l’Italien ami des fascistes, ces proches de Le Pen au parlement européen : « dis moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. » Marine Le Pen est bien…une Le Pen. Les électeurs de Zemmour ne s’y trompent pas. Ils voient en elle la doublure de leur favori tombé bien bas d’ailleurs puisqu’il n’y avait pas de vote caché comme certaines bonnes âmes osaient nous l’affirmer. Ah le complotisme ! Un proche de Mme Le Pen a déclaré que Zemmour avait servi de paratonnerre au premier tour et que c'est lui qui avait pris la foudre. Au second tour, Mme Le Pen ne peut plus se dissimuler, on la voit telle qu'en elle-même.

 

Dépouillement à Louviers.
Les hommes de gauche, comme Lionel Jospin, Bertrand Delanoé, Bernard Cazeneuve, les candidat(e)s tels que Yannick Jadot, Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon, appellent soit à voter pour Emmanuel Macron, soit à faire barrage (les castors !) à l’extrême droite. L’amoureuse des chats qui a adouci, dit-on, son image, s’est montrée, hier à Vernon, sous son vrai jour. Emportée par le naturel (qui revient au galop) elle a déclaré avoir le droit de choisir les journalistes invités à ses points de presse puisqu’elle était chez elle. Avec les Le Pen on choisit ses interlocuteurs. Certains professionnels sont bannis, considérés comme hostiles à tort ou à raison. Ils ne plaisent pas à Madame. Voilà comment elle pratique la démocratie des opinions et considère la liberté de la presse : elle trie le bon grain de l’ivraie et expulse ceux et celles qui ne lui plaisent pas. On retrouve là les fondamentaux de la droite extrême que Zemmour assume et que Marine Le Pen a tenté de cacher. Mais il et elle sont bien frère et sœur siamois… elle qui aime tellement les chats.

Le 24 avril il faudra se poser une seule question : aimerai-je vivre dans un pays présidé par une adepte de Mauras, une nostalgique de Pétain, l’héritière d’un père raciste et xénophobe, une admiratrice de Poutine et de Trump…Mon choix est fait : en homme de gauche je voterai pour Emmanuel Macron sans barguigner. 

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