27 mai 2020

Le vote par correspondance est une porte grande ouverte aux fraudeurs


Claude Dumer, barbu, scrutateur en 1977 à la salle des fêtes. ©Jean-Charles Houel
Le ministre de l’Intérieur n’exclut pas de recourir au vote par correspondance à l’occasion du second tour des élections municipales prévu le 28 juin prochain. De nombreux candidats, des responsables de partis politiques, craignant une abstention encore plus massive que lors du premier tour, abondent dans ce sens : vive le vote par correspondance !
Ce vote existait dans l’arsenal mis à la disposition des électeurs(trices) dans les années soixante-dix et avant. Il était destiné à permettre, notamment, aux personnes malades, très âgées, en voyage, de voter en conscience et de glisser leur bulletin dans l’enveloppe électorale elle-même mise dans une autre enveloppe postale adressée en mairie.
Le problème — et nous avons connu cette situation à Louviers — est qu’il est tentant de fortement «suggérer» à des citoyens de voter pour tel ou tel ou encore plus simplement de placer les « bons » bulletins dans les enveloppes à leur place. Le vote par correspondance facilite la fraude électorale et c’est bien pourquoi le législateur a décidé de le supprimer et de préférer le vote par procuration qui nécessite des garde-fous juridiques plus contraints.
J’ai souvenir d’avoir participé avec Claude Dumer, ancien adjoint du Dr Martin, ancien maire de Louviers, à une plainte visant à annuler certains votes par correspondance qui avaient manifestement été manipulés par des candidats au conseil municipal particulièrement introduits auprès de résidences pour personnes âgées. Les envois groupés étaient légion, preuve qu’une même main avait agi. La justice nous donna raison, annula les votes litigieux ce qui obligea le préfet de l’Eure de l’époque à organiser un nouveau scrutin eu égard à l’écart infime qui séparait les listes en présence.
Franchement, le vote par correspondance est une fausse bonne idée. S’il favorise la fraude, écartons-le ! Pourquoi ne pas favoriser un vote électronique ? Chaque électeur et chaque électrice recevraient un code secret personnel lui permettant de s’exprimer en toute liberté et en toute indépendance. Evidemment, ce vote obligerait à être connecté à Internet et donc à posséder un ordinateur. Ce serait une possibilité parmi d’autres, le vote manuel et personnel en mairie continuant évidemment d’exister.

26 mai 2020

Louviers : un amendement de l'opposition de gauche donne une idée de sa manière de faire de la politique


Lors de la séance d’installation des élus, ce lundi, une délibération a été présentée par le maire visant à permettre aux maire et adjoints dont le mandat a été prolongé pour raison sanitaire de récupérer leurs indemnités. L’opposition représentée par MM. Brun, Ortega, Fraisse, Mmes Levavasseur, Collard, si elle juge nécessaire de rétribuer le maire et la première adjointe dont le travail pendant cette période est incontestable, sont plus regardants sur celui de quelques élus qui soit, ne se représentaient pas, soit ne sont intervenus à aucun moment pendant la crise sanitaire. Ainsi un amendement a été déposé demandant aux élus concernés de verser au CCAS le montant d’indemnités jugées illégitimes. Cet amendement a, évidemment, été rejeté mais il n’est pas sans intérêt d’en connaître le contenu. D’autant qu’il symbolise le type d’opposition qu’incarneront les élus de gauche. Pas d’agressivité, pas d’acrimonie, des propositions…à prendre ou à laisser.
Le texte de l’amendement : « A la suite de la déclaration de l’état d’urgence sanitaire, la loi du 23 mars 2020 a prolongé le mandat des conseillers municipaux sortants, ainsi que leurs délégations. Il en résulte que leurs indemnités ont été également prolongées du 15 mars au 18 mai, date d’entrée en fonction du nouveau conseil municipal.
Vingt-quatre élus du conseil municipal sortant, dont certains ne se représentaient pas ou n’ont pas été réélus, ont ainsi été rémunérés par le budget communal pour une activité très réduite. Il ne s’agit pas de pointer un quelconque manque d’engagement de leur part, les conditions du confinement leur ont pour la plupart empêché d’exercer la plénitude de leur fonction.
Par exemplarité, et sans esprit de polémique envers ces élus auxquels la ville est reconnaissante du travail accompli, il nous semble que la décence impose à demander la récupération de ces indemnités. L’heure est à la mobilisation des ressources publiques pour se relever de la crise, aider ceux qui ont été les plus exposés, protéger les lovériens. Nous avons la conviction que les élus doivent consentir à des efforts en ce sens.
Nous excluons de notre proposition l’indemnité du maire et de la première adjointe dont la réalité du travail pendant la période n’est pas à démontrer.
Il s’agit d’un amendement d’appel que les cosignataires sont prêts à retirer contre engagement des élus intéressés à reverser leur indemnité perçue au budget communal. »

FX Priollaud réélu maire de Louviers. Les adjoints ont également été désignés. Une nouvelle opposition voit le jour


FX Priollaud réélu maire de Louviers
Lors de la réunion du conseil municipal de Louviers de ce lundi soir, au Moulin, François-Xavier Priollaud, par 26 voix sur 33 votants (il y eut 6 bulletins blancs et un bulletin Houssin (RN)) a été réélu maire sans grande surprise. S’appuyant sur une majorité nette, dès le premier tour des élections municipales de mars dernier, le candidat à sa succession a eu beau jeu de railler ses oppositions nouvelles dont celle de Philippe Brun. Alors que ce dernier a déposé un recours contre l’élection des conseillers municipaux majoritaires, le maire a cru devoir donner une leçon de morale à son jeune opposant qui aime à rappeler la mémoire de Pierre Mendès France, l’un de ses inspirateurs. Pourquoi associer défaite, recours judiciaire et déshonneur alors que ce que la loi permet doit justement demeurer dans le cadre de la loi. « Vous aurez la défaite et le déshonneur » a affirmé le maire.

Philippe Brun pense aux victimes de la crise.
Le juge administratif de l’élection de Louviers dira, dans quelques semaines, si le maire de Louviers a dépassé le cadre ordinaire de la propagande électorale ou si au contraire, il est demeuré dans des clous admissibles. De mon point de vue, un jugement moral ne s’imposait pas dès la séance inaugurale, d’autant que Philippe Brun avait tenu à préciser qu’il ne s’étendrait pas sur une polémique que la crise sanitaire ferait passer pour du pipi de chat. Depuis ce premier tour de l’élection municipale, un méchant virus est venu troubler l’ordre des choses et chacun, porteur d’un masque ce lundi, mesurait bien que le monde à venir serait différent du monde d’avant.
Dans son discours inaugural, François-Xavier Priollaud s’est évidemment félicité de la confiance témoignée par les Lovériens à l’égard de son action. Il a réaffirmé sa stratégie (avec la CASE) et sa volonté d’investissements (école Jules Ferry, gymnase Maxime Marchand par exemple) en plaçant son action sous le signe de la sobriété. Il a invité ses oppositions à dépasser les postures.
Philippe Brun, dont c’était le baptême du feu souligne que 23 % des Lovériens vivent sous le seuil de pauvreté et que la crise à venir avec suppressions d’emplois et chômage va toucher de nombreuses familles. A cet effet, il propose que la ville de Louviers invente des outils nouveaux car « nos programmes électoraux volent en éclat. Ils sont obsolètes. » Il propose la création d’un fonds de soutien, d’éviter le décrochage scolaire, de privilégier les producteurs locaux et de mettre en place un plan de relance sans oublier la culture, la malmenée de la crise. Il déplore la forte abstention, plus forte à Louviers que dans des villes comparables. Il persévèrera pour ramener aux urnes ceux qui s’en sont durablement éloignés, notamment dans certains quartiers. Enfin, il propose que la ville aide les familles en difficulté à différer le paiement des loyers dans l’habitat social, ce que Mme Terlez refuse pour ne pas mettre en difficulté les bailleurs sociaux eux-mêmes.
Diego Ortega
Diego Ortega remercie tous ceux et toutes celles qui se sont mobilisés pendant la crise. Il interpelle le maire sur le soutien aux associations et le programme de « Louviers plage » si nécessaire pour tous ceux qui ne partent pas de Louviers pendant les vacances. Il pense aux personnes isolées et aux enfants en situation de décrochage en appuyant sa démonstration sur le nécessaire lien social mis à mal par la crise sanitaire. Après une intervention de Mme Dugord et de M. Houssin, le maire propose que le conseil crée neuf postes d’adjoints élus dans la foulée : il s’agit d’Anne Terlez (affaires générales, social, logement) Jacky Bidault (services techniques, voirie etc.) Marie Dominique Perché (petite enfance, éducation, José Pirès (jeunesse et sports) Caroline Rouzé (urbanisme) Jean-Pierre Duvéré (sécurité, anciens combattants, mémoire et paix) Sylvie Lengeard (culture) Jean-Louis Beauchard (vie associative) et Afida Ouadah (prévention et participation citoyenne).
M. Fraisse (liste Brun) regrette l’absence de renouveau : « il n’y a pas de nouvelles têtes ni de nouvelles idées. »
Le conseil a ensuite désigné ses représentants dans différents organismes.

NB : Tous les élus portaient un masque et la distanciation physique était respectée. 
Légende de la photo : Mmes Dugord et Levavasseur et M. Savi, scrutateurs d'un soir.

22 mai 2020

L'élection du maire aura lieu lundi à 18h30 au Moulin. Philippe Brun dépose un recours en annulation.


La date du second tour des élections municipales n’est pas encore choisie par le gouvernement. Ce sera sans doute le 28 juin prochain pour les communes qui n’ont pas élu de majorité absolue lors du premier tour. Tout dépendra de l’état sanitaire de notre pays et du comportement du Covid 19. Bien que l’Académie assure qu’il faut dire LA Covid, je préfère LE Covid, le masculin étant utilisé depuis des semaines sans que quiconque y trouve à redire. Même Bernard Pivot propose de conserver le masculin.
A Louviers, l’équipe sortante a obtenu plus de 50% des suffrages, l’élection du maire et des adjoints peut donc se faire avant la date butoir fixée par décret au 28 mai. Ainsi la soirée électorale destinée à doter notre ville d’une équipe dirigeante aura lieu lundi 25 mai prochain à 18 h 30 au Moulin, l’exiguïté de la salle Pierre Mendès France ne permettant pas de respecter les gestes barrières.
Comme la loi le permet, le quorum a été abaissé tandis que le nombre de pouvoirs par élu a été augmenté. On peut donc s’attendre à quelques absences parmi les nouveaux élus. De même, la salle ne pourra pas accueillir de public pour des raisons sanitaires évidentes. L’élection du maire aura donc lieu à huis clos. Les Lovériens intéressés par cette soirée symbolique pourront la suivre sur le site Internet de la ville de Louviers qui retransmettra les événements en direct.

Un recours de Philippe Brun
J’apprends par ailleurs qu’un recours a été déposé devant la justice administrative par Philippe Brun contre l’élection de la liste Priollaud. Pour étayer sa demande d’annulation du vote, le jeune juriste (il est magistrat) s’appuie sur des documents de campagne et des événements mélangeant, selon lui, gestion courante et propagande électorale. Il argue que le faible nombre de voix dépassant la majorité absolue des suffrages doit être pris en compte et non pas l’écart séparant la liste Priollaud de la liste arrivée seconde.

19 mai 2020

Ne jetez pas vos déchets (même verts) dans les forêts !


Ce qu'il ne faut pas faire.
La déchetterie de l’Ecoparc (Vironvay) est fermée jusqu’à la fin du mois de juin, au mieux. Les usagers habituels de cet équipement de la CASE sont obligés de trouver une solution de remplacement pour se débarrasser de leurs déchets en tous genres. Ils vont soit à La Haye-Malherbe soit à Val-de-Reuil, où le temps d’attente est très important.
Est-ce une raison pour polluer la nature environnante ? Certainement pas. Au hasard des mes promenades pédestres durant le confinement et après, j’ai aperçu, çà et là, des immondices divers déposés à l’orée de la forêt ou au bord des routes. C’est inadmissible. Les auteurs savent qu’ils ne seront pas punis pour ces actes délictueux puisque personne ne les prend en flagrance. Alors, on trouve de tout ça et là. Des sacs remplis de déchets verts, des fauteuils, des objets hétéroclites qui feraient plaisir à un ferrailleur ou à Jacques Prévert.
Il n’est pourtant pas difficile soit de patienter en attendant la réouverture de la déchetterie de Vironvay, soit de se rendre dans des lieux dont la destination est évidente et dont le coût est compris dans le montant de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Il faut, bien sûr, faire preuve de patience mais la nature et le souci collectif méritent bien cet effort.

4 mai 2020

Le décès de Daniel Dugord, ancien proviseur du lycée Marc Bloch et ancien maire de Saint-Etienne-du-Vauvray

Daniel Dugord (a dr) avec Guy Soudjian (à g) et M. Paul.
 La mort de Daniel Dugord, ancien proviseur du lycée Marc Bloch, à Val-de-Reuil, professeur de mathématique de formation, ancien maire de Saint-Etienne-du-Vauvray rend tristes sa famille d’abord, évidemment, son épouse, ses enfants, mais également tous ceux et celles qui au-delà du cadre de l’Education nationale voyaient en lui un humaniste, un homme positif sachant encourager, aider, être solidaire.
Pendant ma carrière professionnelle de journaliste, j’ai rarement rencontré des personnes telles que lui. Daniel Dugord était aimable, souriant, toujours prêt à renseigner, informer, dans la mesure où l’Education nationale représentait pour lui un moyen d’égalité et d’accès à la connaissance pour tous. Dans le journaliste il voyait le vecteur, le révélateur de l’action éducative base de toute citoyenneté responsable. Parler des liens entre les élèves et les professeurs l’intéressait plus que vanter sa propre direction qu’il voulait naturelle et sans autoritarisme.
Un vrai républicain, en un mot, qui avec discrétion mais efficacité, savait faire marcher des équipes dans le même sens, qu’il s’agisse des professeurs, des personnels techniques ou des administratifs. Bien des expériences qui poursuivent leur vie ont été engagées au lycée Marc Bloch en accord avec Marc-Antoine Jamet, maire, avec la création de l’atelier Sciences Po, ou lors des ventes de livres destinées à financer les actions d’Amnesty International. Daniel Dugord n’hésitait jamais à susciter le renouveau, à décréter l’enthousiasme sans lequel rien de grand ne peut être réalisé. Au lycée Maurois d’Elbeuf où il avait été muté, il a poursuivi la même ligne : droite et fière.
Comme élu local et comme maire, enfin, autre corde à son arc, il était respecté pour son sens élevé de la démocratie. Il était un homme de gauche dans ce que la gauche a de plus glorieux : la justice sociale, l’égalité entre les hommes et les femmes, le souci de respecter l’autre même (surtout) quand il ne pense pas comme vous. Au sein de la communauté d’agglomération Seine-Eure et dans son village où il a fini ses jours récemment, Daniel Dugord laissera le souvenir marquant d’une personnalité attachante et sensible où il ne comptait que des amis.

29 avril 2020

Marc-Antoine Jamet cycliste en chef d'une patrouille nocturne de la police municipale de Val-de-Reuil

Marc-Antoine Jamet à bicyclette non loin de la Rotonde.©PH

Et qu’on ne vienne pas dire que c’était prémédité. Un coup de com de plus ou je ne sais quoi encore dans le genre. Ayant eu besoin de me rendre à Val-de-Reuil hier soir, vers 22h45 pour une urgence médicale touchant une de mes proches, je suis tombé nez à nez sur une patrouille cycliste de la police municipale dont le commandant en chef n’était autre…que Marc-Antoine Jamet, maire de la cité, masqué et nanti des attributs de sa fonction d’officier de police responsable de la sécurité dans sa ville.
Je l’avoue, depuis que je le connais, je ne parviens pas à comprendre à 100 % le fonctionnement d’un homme doté de responsabilités importantes dans le secteur privé nécessitant voyages et compétences professionnelles hors pair et qui demeure cependant terriblement passionné par son mandat de maire et de vice-président de la Région Normandie. Lors des dernières élections municipales, les habitants de Val-de-Reuil ont d’ailleurs plébiscité le maire sortant à des hauteurs de score défiant toute concurrence ! Le lien est donc très fort avec un édile exceptionnel dans toute l’acception du mot.
Tout de même, interrogeons-nous un instant. Combien de maires, en France, à la tête d’une ville moyenne certes, sont prêts à enfourcher leur bicyclette la nuit venue pour veiller sur leurs ouailles et au respect des arrêtés municipaux et le tout dans une parfaite discrétion (1). Marc-Antoine Jamet ne doit d’ailleurs pas en être à son coup d’essai. A voir la sérénité de la troupe qui l’entourait, je me suis dit que cet élu faisait plus que son travail normal de représentant du peuple aux côtés de ceux dont c’est le métier. Alors là je dis chapeau !
Une remarque au passage. Si je suis allé à Val-de-Reuil à cette heure tardive de la nuit c’est parce que le fonctionnement du service départemental des urgences a magnifiquement fonctionné. Du 15 on est passé au 116-117. Et c’est lors de cette communication qu’un médecin orienteur, après maintes questions et réponses, a proposé les compétences d’un médecin de ville et de garde dont le hasard a voulu qu’il fût de Val-de-Reuil. Autrement dit et bien que toutes les conversations tournent autour du Covid 19, la vie continue et notamment le service des urgences qui répond bien à sa définition.
Quant aux habitants de Val-de-Reuil, ils peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Leur maire prend soin de leur sécurité.
(1) il eut été dommage de ne pas faire LA photo, témoignage concret d’un récit bien trop court.

27 avril 2020

On a eu très peur à l'Ermitage mais tous les tests Covid 19 réalisés sont négatifs


On a  eu très peur, la semaine dernière, quand un membre du personnel de la maison de retraite l’Ermitage (groupe Korian) s’est plaint de troubles ressemblant à ceux que suscite le Coronavirus ou Covid 19. La direction de l’établissement, s’étant enquise de la positivité du test, a évidemment lancé une batterie générale de tests concernant l’ensemble des retraités de l’EHPAD et de tous ceux et toutes celles agissant au sein de l’institution.
Le maire de Louviers, tardivement informé (mais il n’est pas responsable de la communication chez Korian) a sollicité de la direction des informations sur les résultats des tests pratiqués en fin de semaine.
On imagine l’inquiétude régnant tant au sein de l’EHPAD qu’à l’extérieur autrement dit au sein des familles ayant des résidents dans l’établissement du boulevard Clémenceau. Les résultats des tests sont tombés aujourd’hui : tous se sont révélés négatifs ce qui est, comme dirait M. Priollaud, « une excellente nouvelle ». On ne saurait mieux dire.

Surtout, ne buvez pas l'eau de javel qui nettoie tout sauf le corps humain


Je ne vais certainement pas faire dans l’originalité en mettant en exergue les propos iconoclastes de Donald Trump face à la pandémie. Alerté par ses conseillers dès les réactions vives des journalistes et des médecins, le président des Etats-Unis a voulu rectifier le tir en affirmant qu’il avait volontairement usé d’un ton sarcastique. Quand on écoute la bande originale on ne peut que déplorer les paroles au premier degré de la première puissance mondiale.
Qu’a-t-il dit ? Primo que l’eau de javel (1) est un puissant nettoyant et que les médecins feraient bien de voir comment en injecter dans les poumons des malades du Covid. Secundo que la lumière intense a tendance à gêner le virus d’où l’idée de bon sens d’inonder le corps des malades de rayons intenses pour tuer le virus. Nous savons, depuis longtemps, que Donald Trump est un narcissique facétieux et un redoutable animateur de télévision. On connaît aussi ses talents dans l’immobilier et ses tricheries lorsqu’il joue au golf. Même si la plupart des politiques sensés cherchent encore pourquoi et comment ce bad guy est arrivé au pouvoir, il est un fait incontesté : le système américain du vote par Etat a permis à cet olibrius de Trump de devenir le leader de la première puissance militaire mondiale ! Merci Vladimir Poutine et honte à Hillary Clinton.
Dans les propositions de lutte contre le virus Trump annonce tous les jours une découverte par ci, une autre par là et surtout l’arrivée imminente d’un vaccin. Or, il suffit d’écouter les paroles des chercheurs pour savoir que le vaccin, si vaccin il y a, ne sera pas mis à la disposition du public avant la mi-2021. Au mieux ! Les Bolsonaro, Modi et autres fantaisistes dirigeants de la planète (qui ne manque pas d’histrions) ont donc encore de beaux jours devant eux pour que les plus misérables de leur peuple chopent la maladie et meurent de ses conséquences.
Joe Biden, l’actuel candidat démocrate à la présidence, affirme que jamais il n’aurait pensé devoir demander aux Américains de ne pas boire de l’eau de javel. Et pourtant. La démocratie américaine touche un seuil de bassesse et de médiocrité insondable. Il paraît que Trump est testé tous les jours. Si par malheur, le coronavirus venait à l’atteindre, on connaît les remèdes qu’il ne manquera pas de s’imposer. 
En tout état de cause Boris Johnson, son ami britannique, a eu recours à la médecine traditionnelle et moderne d’un grand pays développé ce qui lui a permis de guérir d’une maladie sérieuse et parfois gravissime. Que Boris Johnson ait cité nommément les soignants (parfois étrangers) qui se sont occupés de lui démontre que le premier ministre du Brexit sait reconnaître les mérites d’hommes et de femmes venu(e)s de la planète pour soigner…un constat lumineux.

(1) il s'agit d'un produit toxique (c'est marqué sur l'emballage!) qui provoque des brûlures sur la peau, les yeux et dont les émanations peuvent susciter des maux de tête et nausées. Outre son action corrosive, l'eau de javel ne contient aucun tensio-actif, et donc ne nettoie pas. Elle désinfecte et décolore mais rien ne sert de l'utiliser comme détergent sur une surface bien crasseuse…

Henri Weber, mort hier du Covid 19, avait animé une rencontre publique à Val-de-Reuil


Henri Weber (à g) avec Marc-Antoine Jamet et Philippe Bove. ©JCH
Timour Veyri, premier secrétaire de la fédération de l'Eure du Parti socialiste s'exprime après le décès d'Henri Weber, une personnalité marquante et engagée.
« C'est avec une immense tristesse que j'apprends ce matin la disparition d’Henri Weber. Ancien sénateur de la Seine-Maritime, sa fidélité pour Laurent Fabius l'avait fait poser ses valises en Normandie. Il avait également été au nombre des enfants juifs accueillis aux Andelys dans l'Eure à la colonie de vacances organisée par le Foyer ouvrier juif. Mais la vérité est qu’il aurait prêché le socialisme dans n’importe quel département, dans n'importe quelle région, dans n’importe quel pays et devant n’importe quelle audience. Parce que c'était sa vie. Une vie d'engagement.
Devenu sénateur et député européen, Henri Weber était resté un vrai militant. Un indécrottable militant. Chaque voix comptait. Et chaque convaincu.e de plus pour le socialisme nous rapprochait d’un monde meilleur. Alors il fallait se retrousser les manches ! Une année, avec Philippe Blanchot, nous lui avions proposé de venir évoquer à notre conférence à Sciences-Po le fonctionnement des partis politiques. Il avait fondé la LCR. C'était intéressant. La réponse n’avait pas tardé : « Bien sûr, je viens ! » J’en étais heureux. Puis, nous avions précisé les choses, au cas où « Tu sais, c’est un cadre académique. Il faut rester un peu neutre. ». Lui « Oui, oui, j'ai compris ». C’était raté ! S’en est suivi une heure trente d’anecdotes sur la Révolution russe, Troski, Mai 68, l’histoire du mouvement ouvrier et de la social-démocratie. Sur le moment, j’en ai été un peu gêné. Rétrospectivement, j’en suis si fier. Marc-Antoine Jamet me raconta souvent cette anecdote : après des heures de routes sinueuses pour rejoindre une section qui l’invitait lors d'un Congrès, Henri Weber dans le couloir, demande au secrétaire de section qui l’accompagne : « Ils sont combien les camarades ? » Le secrétaire de section, bien embêté, lui répond, la voix basse, «  dans la salle et s’exclame avec sa voix grave : « parfait, on va avoir le temps de parler du socialisme ! » Avant de s’engouffrer dans la réunion et d'y parler comme s’il s’exprimait devant 5000 camarades. Désormais, il va falloir imaginer les Congrès de notre parti et les universités de La Rochelle sans lui. Et notre tristesse est immense.
Notre parti perd l’une de ses grandes voix et les militants, un vrai camarade. Tu nous manqueras Henri. A Clémence, à son épouse Fabienne et à sa famille, je veux dire au nom des socialistes de l’Eure mes plus sincères condoléances. »