27 mai 2019

Européennes : les résultats à Louviers et Val-de-Reuil


34 listes. Toutes n'ont pas obtenu de suffrages. ©Jean-Charles Houel
 On a eu peur, hier soir, au Moulin, où se déroulaient les opérations centralisées du dépouillement. Buno Questel, député de Louviers, informé par Paris des sondages sortis des urnes, dès 18 heures, laissait prévoir, au plan national, une victoire de l’ex-FN avec quatre points d’avance sur la liste Macron. En fait, cet écart s’est réduit au fur et à mesure de l’obtention des résultats pour finalement se limiter à à peine un point. Autrement dit, la liste la République en Marche a perdu son pari pour la première place mais limite la casse symbolique en ayant le même nombre de sièges que le RN (23) au Parlement européen.

Anne Terlez vide l'urne du bureau qu'elle préside. ©Jean-Charles Houel
A Louviers-ville, Jacky Vassard avait le triomphe modeste. Il sait, comme François-Xavier Priollaud nous le confiait, que le vote à la proportionnelle avantage son parti et que la donne sera très différente aux municipales et à plus forte raison lors de la présidentielle. Avec 27 % des suffrages, le RN est en tête devant LREM (21 %) les écologistes d’Alexis Fraisse (12%) La France Insoumise (7%) le PS et Place publique (6%) les autres comptant pour des prunes.

Jacky Bidault et Bruno Questel au Moulin. ©JCH
 Il est évident que si les résultats locaux donnent une image ponctuelle, celle-ci n’a que peu d’impact lors d’un vote sur des listes nationales représentant le vote de toutes les régions et tous les départements. Je me bornerais à remarquer trois événements. Le plus important est sans aucun doute le score de Yannick Jadot qui dépasse les 13,2 % avec Europe Ecologie les Verts ! Les Français disent non au Glyphosate et aux pesticides. Les Républicains s’effondrent et ce ne sont pas les commentaires fielleux d’un Eric Ciotti qui vont le faire progresser. Wauquiez a perdu son pari et Bellamy retrouvera Versailles et ses messes traditionnalistes. Enfin, Jean-Luc Mélenchon fait un score très en deçà de ses espérances et paie six mois de fascination pour Eric Drouet (le gilet jaune) et son obsession négative à l’égard des journalistes et finalement d’une forme de mépris à l’égard des électeurs. La claque donnée à la France Insoumise va entraîner une recomposition à Gauche dont on ne voit pas, aujourd’hui, quel sens elle va prendre.

Le dépouillement effectué à Louviers sous la houlette d’Anne Terlez, première adjointe et elle-même candidate sur la liste LREM (51e position) n’a connu aucun incident. Evidemment on regrette les fièvres d’antan quand, à la salle des fêtes, des dizaines d’électeurs(trices) commentaient les résultats locaux. La télévision et les réseaux sociaux contribuent à une écoute individualiste des résultats. Elle manque évidemment d’empathie et de solidarité. Surtout quand les orateurs qui défilent sur les plateaux éructent des éléments de langage surfaits et surjoués. Loin de la vérité du résultat des urnes.

A Val-de-Reuil, la gauche sauve les meubles
A Val-de-Reuil, je laisse la parole à Marc-Antoine Jamet : « Comme sur tout le territoire national, le résultat des élections européennes à Val-de-Reuil, amène avec lui, son lot de bonnes et de mauvaises nouvelles. Parmi les premières, on notera en priorité la très forte augmentation de la participation, passée de 26% à 36,5%, soit plus de dix points et une progression supérieure à la progression nationale. Elle fait apparaître la plus faible abstention des électeurs rolivalois à une élection européenne constatée depuis 1979 alors que de nombreux jeunes participaient ce dimanche à leur première élection.

On observe également un très bon résultat pour la Gauche qui, si elle avait sur s’unir, totaliserait 44% des suffrages. (PS : 15%, Générations : 5,5%, PC : 2% + LFI 10,5% et Europe écologie les verts 11%). Avec les verts, la Gauche forme aujourd’hui une majorité de progrès et de justice sociale qui en fait très nettement la première force politique de la commune.

Dans ce chiffre, il faut se réjouir de l’excellent score obtenu par Raphaël Glucksman et l’alliance qu’il avait formée, conséquence concrète de la très belle campagne du parti socialiste dans la Ville, campagne conclue par un meeting particulièrement réussi de Boris Vallaud.
Réunion électorale réussie à Val-de-Reuil.
 Parmi les secondes, il est clair que la première place du Front National qui, cependant, avec 26% fait moins qu’en 2014 où il avait obtenu 28%, reste inquiétante. Elle témoigne aussi bien de l’exaspération de nos concitoyens face aux difficultés de toute sorte qu’ils ressentent, notamment face au chômage, que de leur crainte de l’avenir, le peu de confiance qu’inspire l’Europe et cette perte de repères que les « gilets jaunes » ont su traduire .

Ni Jean-Luc Mélenchon, ni le chef de l’État, tous les deux autour de 11%, ne réussissent leur pari dans la plus jeune commune de France. L’un ne réalise pas la percée qu’il espérait, l’autre n’a pas devancé l’extrême droite. Il en est même très loin. Les petites listes obtiennent  parfois des scores inattendus comme celle du Parti animaliste (3%), alors que la droite classique demeure inexistante puisqu’elle réalise le même score.

Cette situation exige une mobilisation contre l’extrême droite, mais doit également entraîner une réaction adaptée des partenaires de la commune, agglomération, département, région, Etat, afin de lutter ensemble contre les maux qui la frappent. Le score de la Gauche est une base solide et prometteuse pour conserver à Val-de-Reuil son ancrage aux prochaines élections municipales. C’est cet objectif que, dans l’union la plus large, Marc-Antoine Jamet et son équipe proposent comme contrat aux Rolivalois pour un nouveau mandat. »

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24 mai 2019

Clap de fin de campagne européenne à Louviers et Val-de-Reuil

Nicole Belloubet
La campagne européenne côté pile à Louviers
Une cinquantaine de personnes, prévenues en urgence de la visite de la Ministre de la Justice à Louviers jeudi soir, se sont retrouvées à l'Hôtel de ville avec François Loncle et Bruno Questel, député, FX Priollaud, maire, pour écouter les arguments ultimes susceptibles d'amplifier le vote en faveur de la liste « Renaissance » sur laquelle figure Anne Terlez (MODEM) adjointe au maire de Louviers. FX Priollaud en introduction de la réunion, a plaidé avec ardeur et flamme en faveur d’une Europe défendue avec passion et souligné combien la construction de l’union européenne était indispensable à la paix, à la lutte contre le réchauffement climatique et au progrès social.
Une salle studieuse.
Dans un registre moins explosif, la ministre de la justice, actuellement en proie à des critiques acerbes suite aux convocations de plusieurs journalistes d’investigation pour présomption d’atteinte au secret défense (1), a vanté les mérites d’une Europe de la sécurité qui ne soit pas seulement une Europe des marchandises et des flux de capitaux financiers. Elle considère notamment et même si cela déplait au Front national qu’il est vain de vouloir empêcher toute immigration alors que des millions de réfugiés climatiques, économiques, religieux, vont faire face à des bouleversements colossaux dans les années qui viennent. Elle a également regretté que l’Europe se soit montrée pusillanime laissant seule l’Italie face à des arrivées massives d’immigrés.

La campagne européenne côté face à Val-de-Reuil 
Boris Vallaud, MA Jamet et JL Destans.
En parfait contraste avec la réunion tenue dans la ville voisine, Val-de-Reuil a accueilli Boris Vallaud et Aurore Lalucq (Envie d'Europe avec Raphaël Gluksmann et le PS-RDG) dans une ambiance électrique. Il faut dire que Marc-Antoine Jamet ne lésine pas sur les moyens d'information et de communication pour diffuser la bonne parole. Le dancing de l'île du roi était plein de militant(e)s qui ont envie d'Europe, certes, mais aussi de revanche sur le mauvais sort qui s'acharne contre les socialistes depuis que François Hollande a renoncé à une nouvelle candidature aux présidentielles.

Les orateurs(trice) toujours métaphoriques, pleins d'humour et d'alacrité, n'ont pas ménagé leurs efforts pour vanter l'action passée de Jean-Louis Destans au conseil général de l'Eure, celle des élus socialistes et radicaux des villes passées à droite ou toujours dirigées à gauche (Les Andelys, Pont-de-l'Arche). Arnaud Hadrys, 23e de liste, avait pour devoir de canonner sur Emmanuel Macron et son gouvernement tout en espérant une bonne surprise au soir du 26 mai pour les sociaux démocrates européens. L'arrivée en tête, hier, de la liste travailliste aux Pays-Bas (contre l'avis des sondeurs) la baisse de la cote de Salvini en Italie laissent-elles présager un mini séisme après 18 heures dimanche ?
(1) La porte parole du gouvernement Sibeth Ndiaye affirme que les journalistes sont des justiciables comme les autres. Certes, mais il existe une loi sur la protection des sources qui fait de la profession de journaliste une profession à part. La liberté de la presse devrait être une préoccupation constante du gouvernement, quel qu'il soit.

22 mai 2019

Nicole Belloubet à Louviers ce jeudi 23 mai à 18 h 30


Dans le cadre de la campagne des élections européennes lesquelles ne semblent pas intéresser outre mesure les citoyen(ne)s, Bruno Questel, député LREM de Louviers accueillera ce jeudi 23 mai, Nicole Belloubet, ministre de la Justice et garde des Sceaux, à 18 h 30 dans la salle Pierre Mendès France de l’Hôtel de ville.
Les questions de justice et notamment de justice européenne n’ont pas été abordées au cours de cette campagne marquée par l’affrontement entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Cette dernière, gênée par la présence de Steve Bannon à Paris et par l’affaire Strache (en Autriche) dont elle vantait les mérites publiquement en 2018, fait face à une fin de campagne délicate. Il sera intéressant d’entendre Nicole Belloubet, non pas tant sur les « affaires » liées au rassemblement national, mais sur les lois proposées par le gouvernement et votées au Parlement au cours des derniers mois. Elle commentera la campagne électorale en cours en apportant son soutien à la liste « Renaissance » (LREM, MODEM, Agir…) qui, ne l'oublions pas comprend Anne Terlez, adjointe au maire de Louviers, en 51e position.
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Ma rencontre avec Ingrid Levavasseur : « je ne suis pas naïve mais ambitieuse »


 
©Photo Jean-Charles Houel
Elle écrit au Président de la République le 15 octobre 2018 pour lui exprimer ses difficultés de vie. C’est le moment qu’elle choisit pour dire son ras le bol ; d’une vie difficile, âpre, une vie sans vrai avenir. Elle ne reçoit aucune réponse. Elle avoue pourtant y avoir mis les formes et affirme notamment avoir respecté la fonction d’un président qui devrait présider pour tous les Français. Pour elle, pas de réponse égale incompréhension. Arrogance. Mépris.
Car c’est quoi cette vie ? Une femme seule, au chômage, mère de deux enfants de 13 ans (la fille) de 8 ans (le garçon) ex-aide soignante dans le secteur privé  après avoir fréquenté le secteur public à l’hôpital des Feugrais. Le tout forme une famille monoparentale. Ceux et celles qui se reconnaissent dans la définition connaissent bien l’angoisse du lendemain. Il y a, bien sûr, l’APL (90 euros (sur un loyer de 695 euros) il y a aussi les pensions alimentaires que verse régulièrement un mari « absent » mais pour des sommes forcément trop peu élevées.  Où va-t-on avec 100 euros par enfant et par mois ? Quand il faut se nourrir, s’habiller, se chauffer, assumer la survie d’une famille, l’indemnité de chômage ne suffit plus dont le montant si proche d’un SMIC complet net n’incite pas forcément à rechercher du travail ! Qu’attend-on ? Ingrid Levavasseur le déclare tout net : « Rien ou pas grand-chose. »

Je ne suis pas naïve mais ambitieuse
Alors à 32 ans, quand vous êtes consciente du monde dans lequel vous vivez, que vous avez suffisamment de qualités personnelles, une expérience (déjà) de la vie des autres et de l’éducation des siens, vous êtes disponible pour autre chose : « Je ne suis pas naïve mais ambitieuse. » Le ton, ferme, convaincant, laisse deviner des ressources intimes qu’elle-même découvre au fur et à mesure des aventures qui ne vont pas manquer de survenir.
Cette autre chose surgit le 17 novembre 2018. Souvenez-vous. C’était  le premier jour des rassemblements autour des ronds-points. Les gilets jaunes s’emparaient de l’actualité. Des noms circulaient : Drouet, Chalançon, Rodriguez…et Levavasseur. Une femme parmi tous ces hommes dont certains affichaient sexisme, machisme, homophobie, antisémitisme. « j’en avais entendu des vertes et des pas mures au péage d’Heudebouville. Je me sentais extérieure à cette protestation violente sous toutes ses formes. » Débutait un mouvement social de protestation qui n’en finit pas d’en finir. Chaque samedi depuis cette date, ils se sont retrouvés, toujours prêts à clamer que « cela ne peut plus durer. » Avec le temps tout s’en va, n’est-ce pas, et samedi après samedi, commerces vandalisés après banques incendiées, la protestation des gilets jaunes, longtemps majoritaire dans le pays, va s’étioler et laisser la place aux black blocks et au Front national. Comme il n’y a pas de place pour le vide politique, Marine Le Pen n’hésite d’ailleurs plus à lancer des appels précis à ces femmes et ces hommes désemparés à la recherche d’une dignité perdue. En quoi une Le Pen vulgaire serait-elle la solution aux problèmes du temps ? La peur de l’étranger n’est rien d’autre qu’un petit commerce prospère.

Le malaise était plus grand
Revenons à Ingrid. Elle entend parler des regroupements régionaux. Elle se décide en consultant les réseaux sociaux. Et aussi elle a en tête ces gilets jaunes que les gens affichent sur leur tableau de bord comme un signe de défi et de ralliement. Le 17 novembre, elle ira donc à Heudebouville au péage autoroutier de l’autoroute A13. « Le prix de l’essence était un prétexte. Le malaise était plus grand, plus général. Il parcourait toute la société »
Après ce premier samedi, elle décide de revenir tous les jours, d’informer les usagers, d’agréger une cause qui dépasse sa solitude et son quotidien. Au péage, on se parle, on échange, on s’informe. Même si des grandes gueules sexistes osent crier en plein jour leur haine des gouvernants et leur rancœur atrabilaire. Ingrid n’en a cure. Elle sait que le moment est important, sent que « c’est maintenant ou jamais. »
Il faudra la rencontre improbable entre cette jeune femme, si rousse, au joli minois, au discours construit et convaincant, avec un journaliste de l’émission C politique pour qu’elle surgisse sur les écrans un dimanche soir de grande écoute, et montre un visage de la révolte que les Français vont apprendre à connaître et à reconnaître.
Sur les plateaux télé où elle va dorénavant être invitée, Ingrid Levavasseur va s’accrocher avec Emmanuelle Wargon, ministre d’Emmanuel Macron. Elle va proposer de monter une liste au nom provocateur puisque RIC (référendum d’initiative citoyenne) veut aussi dire « rassemblement d’initiative citoyenne » une liste qui va faire long feu. Trop de contradictions internes, trop d’égos surdimensionnés, trop d’hommes pressés. Si elle continue de manifester, sa présence est de moins en moins souhaitée. Il faudra même le coup de main de quatre amis « gilets jaunes » pour l’exfiltrer d’une manif parisienne où on l’insulte, on la menace dans la veine des mails d’injures (« sale pute juive ! ») ou de promesses de coups et de blessures. « J’ai pleuré pendant plusieurs heures, je ne m’attendais pas à un tel déchainement, une telle violence. Mes enfants avaient peur pour moi. »
Quant à l’épisode Di Maio (venu en France soutenir Chalançon), elle en conserve un souvenir amusé et une forme d’écœurement. « Je ne me reconnais pas dans l’extrême droite. Mes valeurs sont à l’opposé de ce qu’elle propose. Je suis profondément écologiste, attentive aux autres, j’aime prendre soin de ceux et celles qui ont besoin d’aide, de soutien. » Aujourd’hui, Ingrid Levavasseur pointe à Pôle emploi. Sans travail, elle parvient tout de même à subsister grâce à une initiative qu’elle veut garder discrète en attendant d’en dire plus publiquement. Il fera beau cet automne. C’est tout ce que je saurai.

Passe ton bac d’abord
Ambitieuse dites-vous ? « Je n’ai pas pu devenir infirmière faute d’avoir passé le baccalauréat. Je vais me remettre aux études. Passer mon bac (littéraire) et puis, pourquoi pas, me lancer dans une voie que je sais difficile mais qui ne me fait pas peur. Pourquoi pas une classe préparatoire à l’entrée à l’école des Sciences politiques de Paris ? » Sa marque de fabrique : aller plus loin, plus haut. Elle a côtoyé pendant des semaines le bas et le haut, la base et le sommet. L’ambition politique s’est faite jour. D’où la création d’une association à portée nationale : « Eclosion démocratique », avec une adhésion gratuite sur Internet, l’élaboration d’un site puis d’un logo. La phase actuelle est une phase de structuration. Finis les projets sans lendemain. Les promesses abstraites. Finie aussi la candidature aux Européennes, Lalanne démontrant combien il est vain de se lancer dans le champ politique sans anticipation, sans préparation : « je vais voter aux Européennes mais les deux listes gilets jaunes en lice me paraissent ridicules. »
La rencontre d’Ingrid avec Etienne Chouard, un homme discuté, à l’origine d’un mouvement en faveur du RIC, si décisif lors du référendum de 2005, l’autorise à élargir sa vision des problèmes et de leurs solutions : « Notre association va créer des commissions de citoyens. Douze thèmes essentiels seront proposés. Je crois à la démocratie participative même si je sais qu’on ne peut pas se passer des élus. A eux de décider en toute connaissance de cause. »
Ce n’est pas donc pas par hasard qu’Ingrid Levavasseur veut quitter la ville de Pont-de-l’Arche dans l’Eure, où elle est domiciliée actuellement pour habiter à Louviers, ville centre d’une agglomération en plein boum. Louviers, la ville de Pierre Mendès France, du Comité d’action de Gauche. Cette ville où « l’autogestion » suscita une adhésion militante exceptionnelle dans les années quatre-vingt dont l’histoire nous a été racontée par Hélène Hatzfeld (1) et France Culture, en janvier dernier.

Les municipales peut-être ?
Pas d’Européennes mais des municipales peut-être ? Se présenter aux élections n’est pas difficile. S’appuyer sur un programme d’actions, un projet politique, une équipe soudée est autrement plus difficile. Il y faut de l’information (elle lit Le Monde tous les jours) une connaissance aiguisée de l’histoire locale et nationale, et aussi une empathie citoyenne. Il reste dix mois avant les municipales. Sera-ce suffisant pour qu’Ingrid Levavasseur intègre une liste à Louviers ? Personne n’ignore ses contacts avec de jeunes militants de gauche puisque c’est la famille où elle se sent le mieux. Prudente, sur ses gardes, elle ne souhaite pas brûler les étapes. Elle a encore en mémoire la proposition avortée de « chroniqueuse » sur BFM TV qui lui valut tant de noms d’oiseaux et de quolibets.

Racines positives pour les familles mono-parentales
Et que dire de cette propension à créer des associations. A côté d’« Eclosion démocratique », elle anime aussi « Racines positives » dont l’objectif est de venir en aide aux familles mono-parentales dont 85% est composée de femmes et d’enfants. La précarité et le provisoire, elle connaît ! Sa soif de savoir vient de là. Elle a compris combien une formation qualifiante était essentielle à la promotion individuelle. « Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est la longue durée, le temps complet. Dans une voie que j’aurais choisie. ». Ses deux enfants seront, sans aucun doute, fière d’elle, après ces quelques mois d’agitation et d’incertitude. Derrière son sourire conquérant, naîtra forcément un destin exceptionnel. C’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter.

(1) « La politique à la ville, inventions citoyennes à Louviers ». Hélène Hatzfeld. Presses universitaires de Rennes. 25 euros.
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20 mai 2019

Le 17 juin à l'Assemblée nationale Pierre Mendès France parle aux Français


Pierre Mendès France a toujours eu le souci de tisser, d’abord, et de maintenir, ensuite, le lien créé par l’homme politique et l’électeur. S’il était un fervent défenseur du scrutin d’arrondissement, comme on disait alors, c’est bien parce que ce système oblige l’élu à demeurer en contact permanent avec la base qui l’a choisi et aussi parce que le scrutin proportionnel fait une part trop belle aux partis c’est-à-dire aux appareils politiques et leurs apparatchiks. Jamais Pierre Mendès France n’a été inféodé à une ligne qui l’aurait mis en contradiction avec ses convictions.
Lorsqu’il devient Président du conseil en 1954, placé là par une majorité parlementaire pour régler le problème indochinois qu’il est le seul à pouvoir surmonter, Pierre Mendès France inaugure ce qui, pour l’époque, sera original et novateur : « Les causeries du samedi » à la radio. La télévision ne deviendra en effet média de masse que dans les années soixante. Il précise qu’un responsable de gouvernement se doit de justifier et d’expliquer sa politique puisqu’au fond, s’il est là où il est, c’est par la grâce du suffrage universel et qu’il a des comptes à rendre.
C’est peu dire que certains parlementaires ont mal vécu ce souci de démocratie participative avant l’heure. Ils furent un certain nombre à déplorer que le chef du gouvernement passe en quelque sorte, au-dessus des assemblées pour assumer ses choix, les commenter et évoquer les projets en cours. Dans l’esprit de Pierre Mendès France, il n’y avait aucunement la volonté de dessaisir le Parlement de ses prérogatives. Son but était simple : intéresser les Français(e)s à la vie publique, leur expliquer avec pédagogie les différentes politiques conduites dans tous les domaines de l’action : l’économie, la science, les relations internationales, les institutions, la culture, sans oublier le progrès social au cœur de la politique mendésiste. Le mot progrès est un mot que PMF utilisait souvent. Il alliait progrès technique et scientifique, progrès démocratique, le tout au service de l’intérêt général. 

Le 17 juin prochain, l’Institut Pierre Mendès France, en collaboration avec la Fondation Jean Jaurès, l’INA et les Archives nationales, organise une journée consacrée à « Mendès France parle aux Français. » Toutes les personnes intéressées par la vie politique et plus particulièrement par l’action de l’ancien maire de Louviers ont la possibilité de s’inscrire à cette journée. Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale, à la demande de Bruno Questel, député de Louviers, a accepté de mettre à disposition de l’Institut Mendès France la salle Victor Hugo qui peut accueillir plusieurs dizaines de personnes.
Je publie ci-contre le programme de cette journée. On remarquera que l’action locale de Pierre Mendès France n’est pas négligée. Des intervenant(e)s de qualité aborderont les principaux chapitres d’une courte histoire que la mémoire nationale ne cesse de cultiver. Avec raison car les temps expriment la rareté du politique « possible », surtout à gauche.
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18 mai 2019

Les arrières cuisines de l'extrême droite ne sont pas ragoûtantes


J’ai toujours pensé que les membres de l’extrême droite étaient des gens de sacs et de cordes. Rien ne les arrête. Ils n’ont aucun impératif moral. Le jeune Jordan Bardella, dont les journalistes vantent le jeunisme et le culot, calque sa campagne européenne sur celle de Trump. C’est dire. Il ne recule devant aucun mensonge, aucune contre vérité. Il matraque, il martèle, il assène. Il en restera bien quelque chose dans l’esprit des gens, des petits, des sans grades, de cette population qu’il transforme en populace.

A l’heure où se tient à Milan, Chez Salvini, le rassemblement des extrêmes droites européennes, on apprend par une vidéo opportune que le vice-chancelier d’Autriche, N° 2 du gouvernement, a proposé en 2017, à une oligarque russe d’être financé par des moyens illicites et donc illégaux de même qu’il a souhaité voir racheté par les émissaires du Kremlin, un journal à grand tirage dont il conteste la ligne politique. A l’image de la Hongrie, Hanz Christian Strache, imagine un pays en coupe réglée, une presse muselée et des opposants rendus muets.

Face à de telles informations, non démenties, Strache a démissionné ce matin. Il ne pouvait pas sauver la coalition au pouvoir en demeurant vice-chancelier ! C’est un coup dur pour l’extrême droite autrichienne mais pas seulement. Car il est loisible de rapprocher les méthodes de Strache et celles du Front national. Ce n’est pas par hasard que Marine Le Pen finance ses campagnes en empruntant auprès des banques russes. Ce n’est pas par hasard que l’affaire des assistants parlementaires européens empoisonne l’atmosphère depuis des années. Ce n’est pas par hasard que Poutine soutient les souverainistes européens. Il veut la mort de l’Union européenne, de ses valeurs, de ses richesses. Marine Le Pen devient son bras armé au sein des institutions communautaires surtout si l’extrême-droite se fait de plus en plus envahissante. Et quand j’apprends que 36 % des sympathisants de la France Insoumise, par haine de Macron, trouvent à leur goût les thèses du Front national (de Rassemblement, il n’en a que le nom) je suis moins surpris qu’un ex-élu de LFI trône sur les estrades avec Bardella et compagnie.

Interrogée à Milan sur ce scandale autrichien Marine Le Pen botte (les bottes ça la connaît) en touche et refuse de condamner son ami et collègue qu’elle fréquente depuis des lustres. Elle retient seulement qu’un quart des Autrichiens est hostile à l’immigration ! C’est un peu court Madame ! Il faut espérer que les électeurs sauront se souvenir le 26 mai de ce que sont réellement ces dirigeants d’extrême droite et de ce qu’ils font dans les arrières cuisines peu ragoûtantes de l’action politique. Mais tout finit par se savoir !

Chère Marie Nimier, je vais vous faire une confidence…


Marie Nimier en pleine lecture. ©JCH
Sous une grande affiche « les Lovériennes qui lisent sont dangereuses » (1) une vingtaine d’entre elles — de Louviers ou d’ailleurs — parmi lesquelles…deux hommes égarés mais ravis, se sont retrouvées vendredi soir à la librairie « Quai des mots » en présence de Marie Nimier, écrivaine. 

Mercredi c’était « la Grande librairie » de François Busnel et les studios de télévision parisiens, à Louviers il s’agissait pour elle d’un rendez-vous dans une « petite » librairie sans que ce mot soit en rien péjoratif. Nous avons besoin de ces libraires érudits, de leurs avis et de leurs conseils. Quand, en plus, ils prennent de bonnes initiatives moins tapageuses et moins racoleuses que dans certains hypermarchés de la culture, on aurait tort de se priver d’elles.

Marie Nimier (2) a élaboré un projet foutraque pour le moins original. Elle a donné rendez-vous à ceux et celles qui, un jour, ont souhaité lui faire des confidences avec l’assurance d’un anonymat durable et d’une distanciation assumée. S’appuyant sur du vécu, elle joue son rôle d’écrivaine y mettant tout son talent. Des dizaines de personnes ont ainsi dévoilé un souvenir, une colère, une douleur, un viol ( !) un plaisir aussi, que l’écrivaine a transposé à sa sauce imaginaire. Une sauce poétique, stylée, pleine d’émotion et d’humour. J’avais, je l'avoue, de Marie Nimier, l’image d’une personne distante. Elle l’est, sans doute, par timidité ou élégance. Vendredi, j’ai vu une femme assurée dont le verbe porte haut. Bonus, elle se tient à l’écoute attentive des différentes lectures (par d’autres) de textes écrits par elle qu’elle a de son propre aveu redécouverts. C’est aussi cela le miracle de l’écriture. Les mots ont leur propre vie. A voix haute, ils suscitent un rapport charnel avec le lecteur lui-même transporté dans ses souvenirs imagés. Je vais vous faire une confidence : ce fut un beau moment, doux et tranquille.


(1) D’après le livre de Laure Adler (éditions Flammarion) « Les femmes qui lisent sont dangereuses ».
(2) Babelio écrit : « Dans un appartement vide, meublé de deux chaises, une table et un immense philodendron, Marie recueille, les yeux bandés, des confidences. Les candidats se sont inscrits anonymement. Ils prennent place sur la chaise libre et racontent ce qu'ils ont choisi de partager, souvent pour la première fois. Remords, regrets, culpabilité, mais aussi désirs, rêves, fantasmes se dévoilent ; les confidences se succèdent, toujours plus troublantes.» Livre édité chez Gallimard

15 mai 2019

Une conférence sur le baron d'Esneval à l'Orangerie du château d'Acquigny le 2 juin


La prochaine conférence de la Société d’Études Diverses se déroulera exceptionnellement un dimanche et dans un cadre inhabituel. Elle aura lieu le dimanche 2 juin, à 16 heures, à l’orangerie du château d’Acquigny. Olivier Chaline, professeur à l’Université Paris IV-Sorbonne, et Nicolas Trotin, spécialiste de l’histoire de l’art de la Normandie, présenteront le livre qu’ils viennent de consacrer à celui qui occupa le domaine au XVIIIe siècle, le baron d’Esneval, président à mortier au Parlement de Normandie, dit le Président d’Acquigny : « Sur ses terres comme au ciel. Le Président d’Acquigny, bâtisseur d’églises en Normandie au XVIIIe siècle ».
Figure encore trop méconnue du XVIIIe siècle, Pierre-Robert Le Roux d’Esneval, Président d’Acquigny (1716-1788), a œuvré à l’édification spirituelle des populations dont il était le seigneur féodal. Soucieux de leur offrir les moyens de sanctifier leurs existences, il ne ménagea ni ses efforts ni sa fortune, non seulement pour élever des églises paroissiales, mais encore pour élever les esprits par l’éducation et les âmes en encourageant la dévotion. Par ailleurs, empli d’une véritable piété filiale à l’endroit de sa lignée, il célébra ses aïeux et leur assura de dignes sépultures, transformant les églises de ses terres en nécropoles familiales. Son œuvre atteste un souci de l’au-delà, aux antipodes des préoccupations des philosophes des Lumières.

13 mai 2019

Pour les Balkany à Levallois, un seul mot : dehors !


Les affaires des époux Balkany ne manquent pas d’interpeller le citoyen-électeur. Voilà des années et des années que l’on connaît les méthodes plus que limites des époux Balkany. Isabelle, la penseuse en chef et Patrick, l’exécutant retors, aiment le pouvoir, l’argent, et tous les attributs qui s’y rattachent. Si l’on passe sur des condamnations anciennes, on ne peut ignorer la trame d’une présumée fraude fiscale et du présumé blanchiment de fraude fiscale. Le juge Van Ruymbecke, bien connu des hommes politiques, notamment de Nicolas Sarkozy, a durement travaillé pour demêler l’écheveau des sociétés écrans permettant aux Balkany de dissimuler 13 millions d’euros de valeur au fisc français. Ils en répondent dès aujourd’hui devant la justice et l’on ne peut présumer du jugement à intervenir.

Je souhaite m’épancher sur un autre aspect de ce dossier. L’aspect démocratique. Tout le monde se gausse des résultats flamboyants obtenus par les Balkany, qu’il s’agisse des législatives pour l’un et des municipales pour l’un et l’autre. Les habitants de Levallois sont gâtés. A les entendre ils sont couverts de cadeaux et d’équipements. Malgré les jugements sévères de la Chambre régionale des comptes — elle constate un endettement faramineux — qui exige de redresser la situation de cette ville de la couronne parisienne, les citoyens de Levallois font comme si de rien n’était. Patrick par ci, Isabelle par là, le couple était plus que populaire ! Elus dès le premier tour des dernières municipales, ils n’avaient que faire des oppositions et des journalistes trop curieux. Sanguin, violent verbalement et parfois physiquement, Patrick Balkany menait tout le monde à la baguette.

Il faut croire que le système a du bon car je cherche désespérément (à droite ou à gauche) des élus aptes à reconnaître que le suffrage universel ne doit pas servir de blanchisseuse morale. Il est choquant de constater que les citoyens ne tiennent pas rigueur à leurs élus de leurs frasques et de leurs turpitudes. La plupart des hommes politiques (sauf Fillon et Cahuzac) mis en cause dans des affaires s’en sortent le plus souvent avec les honneurs, ce qui me semble honteux. Et on ne me fera pas croire que deux, trois, quatre réélections peuvent servir de sauf conduit démocratique pour des représentants dont on attend conduite exemplaire et souci des deniers publics. Les Balkany ont eu des comportements inadmissibles et ont dépensé sans compter l’argent des contribuables ! Pour ces deux-là, je n’aurais qu’un mot : dehors !

12 mai 2019

La libération des otages français au Bénin ne devrait pas causer de polémique politicienne

Si un jour la droite et l’extrême droite accèdent au pouvoir en France, les éventuels otages des groupes terroristes — Ils n’en manque pas dans le monde — doivent savoir que s’ils ont été imprudents, irresponsables, inconscients, l’armée française restera l’arme au pied et ne tentera rien pour les récupérer ou les sauver. Cette théorie est actuellement répandue sur les ondes après que le président Macron a donné son feu vert à une intervention des forces spéciales au Burkina Faso là où deux otages français étaient prisonniers en attente d’être transférés au Mali dans les mains de terroristes plus aguerris et plus dangereux.
Pour la droite et l’extrême droite — et sans doute pour nombre de Français qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez — on n’intervient pas (même si on le peut) quand des citoyens prennent des risques « inconsidérés ». On les abandonne à leur triste sort et on « prie » pour que le hasard ou la bonne fortune les délivrent un jour, deux mois, quatre ans ou jamais après leur capture. On peut tout aussi bien les retrouver morts !
Pas question de nier les conseils du quai d’Orsay qui, chaque jour, actualise les zones du monde en fonction des dangers encourus. Le Bénin dans son ensemble est classé orange (zone à risques) et le nord de ce pays en rouge, donc totalement déconseillé aux touristes. Les deux Français, dont l’un originaire d’Orsay et musicien, ont ignoré ces conseils de prudence, ils n’ont écouté que leur désir de découverte (programmé depuis de semaines) au cours d’un safari organisé avec un chauffeur local. En cela ils sont irresponsables. Leur chauffeur a été tué sur place tandis que les deux Français étaient conduits au Burkina Faso où ils ont rejoint deux autres otages, une Américaine et une sud Coréenne. Elles furent les surprises des commandos chargés de délivrer nos ressortissants. Au lieu de deux otages, ils en ont libéré quatre !
Heureusement, les commentaires autorisés et spécialisés insistent sur les missions humanitaires des armées françaises même en zone de guerre. Quand le chef d’état major propose au président de la République d’approuver un plan d’intervention, il le fait en toute connaissance de cause mesurant les avantages et les risques inhérents à toute intervention armée. Emmanuel Macron a dit oui au sauvetage des otages et il a eu raison. Ce qui n’empêche évidemment pas chacun d’entre nous de rendre hommage à l’abnégation, au courage des deux hommes décédés et de partager le chagrin de leurs familles.
Contrairement à beaucoup, je pense qu’il est satisfaisant de savoir qu’on peut compter sur des hommes et femmes politiques responsables ainsi que sur des militaires entraînés et compétents. La France s’honore de disposer de forces professionnelles aptes à intervenir dans ces endroits du monde où la loi n’existe pas et où seuls les trafics, les rançons, les menaces ont libre cours.
Un ancien chef des commandos expliquait ce matin que les gendarmes du peloton de gendarmerie de Haute Montagne ne se posent pas de questions quand il s’agit de sauver des alpinistes en danger de mort. Ils ignorent qui ils sont. Un seul sentiment les anime : sauver des vies…parfois au péril de la leur.
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