6 février 2018

Baisse des impôts locaux à Louviers : symbolique ou pas symbolique ?


J’ai reçu, il y a maintenant quelques jours, un mail du maire de Louviers, François-Xavier Priollaud, qui souhaitait apporter une précision relative au passage d'un article consacré sur mon blog aux impôts à Louviers lors du discours de la cérémonie des vœux 2018. Le maire écrit : « Vous le savez, je suis un lecteur assidu de votre blog ! Dans votre article sur mes voeux aux Lovériens, vous évoquez la baisse symbolique des impôts de 2% d'ici à la fin du mandat. Il ne s'agit pas de 2% mais de 2 points d'imposition, ce qui est très différent, et plus vraiment symbolique. Ainsi deux points correspondent à 13% de baisse, et non à 2%. »

Je remercie le maire de Louviers de son attention. Mais en consultant le site de la ville de Louviers, je lis : «Vendredi 13 janvier 2017, lors de la cérémonie des vœux aux Lovériens, le maire, François-Xavier Priollaud, a annoncé une diminution des taux d’imposition dès cette année. Une baisse symbolique, de 0,5 %, mais qui devrait se poursuivre au cours des prochaines années. Elle s’inscrit dans une volonté de renforcer l’attractivité de Louviers en diminuant notamment la pression fiscale. « C’est le fruit d’une vigilance de chaque instant.» « Nous nous attachons à ce que chaque euro d’argent public dépensé soit un euro utile », rappelle le maire qui assure : « Nous allons continuer à investir pour embellir la ville ». 

Que le site officiel de la ville de Louviers évoque une baisse symbolique (en 2017) n’est donc pas de mon choix. J’avais cru comprendre que quatre baisses de 0,5 % équivalaient à 2 % mais le maire évoque 13 points de baisse ! J’invite les spécialistes des finances locales à éclairer la lanterne des braves gens qui s’interrogent : « Ma feuille d’impôts va-t-elle baisser de 13 points…ou de 2% ? » 

Toujours est-il qu’en consultant ma taxe d’habitation 2017 par rapport à 2016, je constate effectivement une baisse de son taux qui passe de 18,06 % à 17,97 % soit 0,5 % comme votée par le conseil municipal. En volume cette baisse s’est traduite par une baisse de ma taxe (pour la part communale) de 2 euros. C’est vraiment de l’ordre du symbolique.

5 février 2018

François Fillon, un homme aussi double que trouble


On leur donnerait le bon Dieu sans confession. (Capture d'écran).
Une émission qui fait honneur à la télévision et au journalisme. « François Fillon, l’homme qui ne pouvait être président de la République » a vu le jour grâce à Bruce Toussaint, connu pour sa présentation de « C dans l’air » où il remplace Caroline Roux en fin de semaine. Ce journaliste éclairé a eu la bonne idée d’imaginer un documentaire pédagogique à souhait expliquant par le menu la chute de la maison Fillon lors de la campagne présidentielle de 2017. 

Bruce Toussaint, interrogé sur le contenu du récit a raison d’insister sur la méconnaissance partagée par le monde politico-médiatique de la personnalité de François Fillon. Cet élu provincial — pas passé par les grandes écoles — fils de notaire imprégné de catholicisme intégriste, est un taiseux. Mystérieux et silencieux à souhait, le Fillon député, ministre, premier ministre, n’a jamais joué les extravertis et encore moins les bateleurs à la Sarkozy. Pendant des décennies, il a été épargné par les journalistes d’investigation de Médiapart ou du Canard enchaîné tant il semblait à l’abri de tout soupçon. Ne voyait-on pas en lui l’homme scrupuleux, animé par des valeurs et des principes rigoureux, la contre image d’un Sarkozy qui, on le découvre dans le documentaire, a passé son temps à humilier son « collaborateur ».

Les hommes et les femmes humiliées se vengent un jour, d’où la campagne anti-Sarkozy sur le thème « imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ? » qui allait rattraper le candidat Fillon lucide quand même sur le fait qu’aucun scénario n’est écrit à l’avance. Il ne croyait pas si bien dire car Fillon portait une cuirasse vulnérable. Sa solitude, son arrogance, son mépris des médias, son amour de l’argent et des…« costumes » allaient devenir son talon d’Achille. Les hommes et les femmes politiques appelés à parler de Fillon sont soit estomaqués, soit contraints, soit convaincus de l’échec à venir. Même ses amis proches ou son directeur de campagne (Patrick Stefanini intelligence remarquable) ne comprennent pas sa stratégie après qu’il a triomphé au cours d’une primaire de la droite en trompe l’œil puisque le candidat Fillon dissimulait l’homme Fillon. 

Le rédacteur en chef du Canard enchaîné décrypte l’enquête ouverte par ses journalistes et aboutissant aux découvertes fatales pour Fillon. Et aussi, bien sûr, cerise sur le gâteau, le piège tendu par Robert Bourgi (l’homme qui offre les costumes et le blazer à boutons dorés) a fonctionné à plein : « Je devais le niquer » avoue-t-il sans broncher ! Effectivement, avec des amis comme ceux-là, on n’a pas besoin d’ennemis.

Idem pour Alain Juppé qui, à l’évidence, n’a jamais renoncé à devenir le plan B et donc à être le candidat de remplacement. Quand il voit les Baroin et consorts sur la scène du Trocadéro, il a compris que Sarkozy (qu’on n’entend ni ne voit) l’empêchera de concourir et que le choix de la défaite est consommé. On peut comprendre l’amertume de Gilles Boyer et son ultime tentative de conduire le maire de Bordeaux dans l’arène électorale. On apprécie aussi la dignité d’un Juppé droit dans ses bottes assurant qu’il met fin à la farce des « Républicains » battus avant d’avoir combattu.

Finalement, qu’il se soit trouvé 20 % des électeurs pour apporter leur voix à cet homme aussi double que trouble démontre que les valeurs dont il se réclamait et qu’il a piétinées étaient loin d’être une référence partagée. Je parie aussi qu’un jour, un documentaire identique ou approchant nous fera mieux connaître Laurent Wauquiez, soi disant ami de Sœur Emmanuelle qu’il n’approcha pourtant qu’une fois sur son lit de douleurs ! Les Républicains ne sont pas au bout de leurs peines.

3 février 2018

Quelques réflexions au débotté : La mort de Michel Mendès France, le retour des Maurassiens, Hervé Morin toujours sectaire, Ça se corse en Corse, Lactalis en cause depuis 2005


La mort de Michel Mendès France
Michel Mendès France à gauche. (©JCH
 La mort de Michel Mendès France, au soir même d’un colloque organisé à Paris autour des idées européennes de son père, marque la fin (provisoire) d’un culte de la mémoire filiale que Tristan et Margot, les enfants de Michel et Joan son épouse, s’efforceront de poursuivre avec le soutien actif de cette dernière. Agé de 82 ans, Michel, le second fils de Pierre et Lily, était apparu affaibli lors de ses dernières sorties publiques notamment lors de la célébration du cinquantième anniversaire de l’élection de PMF à Grenoble en 1967. J’avais remarqué, ce soir-là, dans la salle Colbert de l’Assemblée nationale, les difficultés qu’éprouvait Michel à se déplacer montrant par là même les efforts qu’il déployait pour que l’œuvre politique de son père, fort heureusement défendue par les membres de l’Institut Pierre Mendès France, perdure dans les temps longs.
Il avait dans les mains la dernière biographie consacrée à son père et écrite par Michel Beck. S’il a trouvé le temps et l’énergie de la lire, Bernard aura apprécié comme il convient le bilan économique, politique, culturel, d’un homme influent dans l’histoire de la politique française dont l’importance et la modernité s’affirment chaque jour. En ces temps tristes, nous ne pouvons que nous incliner devant la douleur d’une famille que nous sommes nombreux à aimer. Car au-delà des théories, des pratiques et des combats inévitables en démocratie, demeure le lien affectif, celui que Pierre Mendès France parvenait à tisser avec tous ceux et toutes celles qui avaient pour lui plus que de l’admiration. 

Le retour des Maurassiens
Au moment où Michel Mendès France disparaît, on apprend que des éditeurs proposent de publier à nouveau l’œuvre de Charles Maurras qui ne croyait qu’en un régime, la monarchie, haïssait la République et la démocratie, sans oublier la fanatisme antisémite qui l’anima toute sa vie. Condamné à perpétuité en 1945, il mourut en 1952 sans avoir exprimé un seul regret lui qui avait été maréchaliste et complice intellectuel de la Révolution nationale sans adhérer, il est vrai, à l’Europe nazie.
Après la tentative infructueuse des éditions Gallimard de publier les pamphlets antisémites de Céline, voilà donc formulée la proposition de donner à relire les textes d’un théoricien d’une France rance, décadente, que des revanchards souhaitent réhabiliter. Maurras aurait, dit-on, inspiré Patrick Buisson et donc Nicolas Sarkozy dans la définition d’une identité française qu’un pouvoir dit « gaulliste », pourtant, voulait imposer dans notre grand pays. Heureusement, le sort des urnes leur fut défavorable…Souhaitons seulement que des critiques avertis commentent les textes maurassiens avec toute la sévérité nécessaire.

Hervé Morin manque de discernement
Hervé Morin, président de la Région Normandie, porte une veste trop grande pour lui. Quand on est président d’un exécutif aussi important, on doit, certes, défendre le programme sur lequel on a été élu, mais on doit aussi tenir compte du réel qui ne se confond pas toujours avec des règles trop étroites ou plutôt des règlements de comptes idéologiques. En baissant de manière drastique et brutale les subventions accordées à certaines associations sportives des cinq départements normands, Morin assume le choix du prince, un choix sectaire.
Sans grille éclairante, sans critères objectifs, sans souci d’aider telle ou telle association aux buts pourtant éloquents : pratique sportive, entraide, solidarité, esprit d’équipe, le président de la Région normande dit assumer ses choix partisans. L’ancien maire d’Epaignes ne brille pas par la nuance. Déjà, au ministère de la Défense, il avait affiché des idées à l’emporte pièce…que la présidence normande renforce chez ce roitelet régional, « indomptable » dans son fief. Morin devrait pourtant se dire que tout pouvoir est provisoire. Que l’intérêt général doit primer sur toute préférence ultra partisane. Il ne devrait pas oublier que les hommes politiques passent. Et que les électeurs exigeront toujours qu’ils rendent des comptes.

Radio corse frequenza mora
Les nationalistes, autonomistes et indépendantistes corses — je ne saisis pas toujours la différence — ont décidé de marcher dans les rues d’Ajaccio pour soutenir les revendications des nouveaux patrons des assemblées locales. Parmi ces revendications, certaines peuvent être entendues par le pouvoir central (la mutation des détenus corses en…Corse) l’apprentissage de la langue corse dans les écoles…corses. D’autres seront plus difficiles à satisfaire comme la redéfinition du statut de résident interdisant de fait aux habitants de l’hexagone d’acheter librement des biens sur l’île de beauté, ou encore l’amnistie pour des prisonniers que certains appellent politiques mais que d’autres voient comme des criminels ou des délinquants ordinaires. Les tueurs du préfet Erignac sont-ils des prisonniers politiques ou des assassins ?

Lactalis : Des excuses bien tardives
Le PDG de Lactalis présente ses excuses aux familles dont les enfants ont été victimes de salmonellose. C’est bien. Mais ces excuses venues bien tardivement n’empêcheront pas les associations représentant les familles de poursuivre leur combat judiciaire. L’Institut Pasteur fait savoir qu’entre 2005 et 2017, plusieurs enfants ont été atteints de salmonellose sans que les industriels se soient réellement inquiétés de connaître l’origine de l’infection bactérienne.
Une émission télévisée d’investigation récente a mis en cause l’attitude particulièrement méprisante des dirigeants de Lactalis. Ils se sont fait connaître pour faire suer le burnous des producteurs de lait étranglés par des prix bas dus à une situation de quasi monopole. Il aura fallu l’intervention énergique de Bruno Le Maire pour que les produits pollués soient enfin retirés des rayons des distributeurs bien lents à réagir. La famille Besnier, propriétaire de Lactalis, va devoir mettre de l’eau…dans son lait sous peine de crouler sous les plaintes et d’éventuels boycotts de ses laits en poudre.


25 janvier 2018

« Pentagon Papers » : quand l'intérêt des gouvernés prime celui des gouvernants


A l’heure des fake news et du trumpisme relatif, le film de Steven Spielberg consacré aux Pentagon Papers apporte une note rafraîchissante et optimiste dans le monde brutal et sans règles que veut imposer le locataire de la Maison blanche. Le film auquel le critique du Monde accorde quatre carrés noirs (le maximum) les mérite bien. De quoi s’agit-il ? Tout simplement de la défense de la liberté de la presse face à un Nixon qui, en digne successeur des Eisenhower, Kennedy et Johnson, a poursuivi la guerre du Vietnam en sachant très bien qu’elle était perdue ! Et surtout, en faisant croire au peuple américain que les soldats morts au Vietnam parviendrait à empêcher Ho Chi Minh de gagner cette guerre asymétrique. On sait aujourd’hui que Nixon avait les moyens de stopper cette guerre qu’il poursuivit afin de gagner les présidentielles…mais c’était avant le Water Gate et le scandale qui causa finalement sa perte.
Les Pentagon Papers : un lanceur d’alerte au cœur du dispositif des services secrets a photocopié et rendu publics des documents classés secret défense démontrant les mensonges d’état permanents des différents présidents des Etats-Unis. Steven Spielberg nous montre la lutte que mènent le New York Times d’abord et le Washington post, ensuite, contre le silence et les tentatives avortées de Nixon de les faire taire.
Ceux qui aiment le bruit des rotatives, l’odeur de l’encre, le plomb et les linotypes, la fièvre d’une rédaction et la passion des journalistes d’investigation, se laisseront prendre au jeu de Tom Hanks dans le rôle de Ben Bradlee, rédacteur en chef du Washington Post et de Kay Graham, la propriétaire du Post, prête à tout, malgré les risques économiques et les poursuites éventuelles. Il faudra une décision de la Cour suprême des Etats-Unis pour que l’intérêt des gouvernés soit privilégié face à celui des gouvernants. Un grand film à l’honneur d’une presse indispensable au bon fonctionnement de la démocratie et à l'équilibre des pouvoirs.

23 janvier 2018

Les conférences de la SED : La Seine n'a pas de secret pour Jean Baboux


Jean Baboux (à gauche) et Jean-Pierre Binay. ©Jean-Charles Houel
Jean Baboux, ancien  professeur d’histoire et de géographie, membre d’une société savante de Vernon, était l’invité de la Société d’études diverses de Louviers, samedi, pour évoquer la navigation ancienne sur la Seine. A l’évidence, le sujet passionne l’orateur lequel, en une heure trente, avec gravures et photographies à l’appui, a souligné le rôle essentiel du transport fluvial au fil des siècles.

La Seine n’est pas seulement un objet d’étude pour les peintres et les romanciers. La batellerie y tient évidemment une place éminente puisque le transport par fleuve, s’il est plus lent, n’en est pas moins le mode de déplacement le plus économique et donc le plus écologique. Avant les écluses et la régulation du fleuve (on est bien placé dans l’agglomération Seine-Eure avec le barrage et les écluses de Poses) et avant l’invention des machines à vapeur, il était compliqué de descendre la Seine et encore plus de la remonter. D’autant que les fleuves sont des éléments naturels capricieux créateurs de difficultés pour les hommes devant faire face aux crues, aux courants scélérats, aux débits inégaux alors même qu’ils étaient dépendants des chevaux ou de la traction humaine pour effectuer leurs manœuvres. Qui ne souvient des chemins de halage ?

S’y ajoute la présence des ponts, à Vernon comme à Pont-de-l’Arche, qui comprenaient il n’y pas si longtemps un nombre d’arches tel que les bateliers devaient faire confiance à des chefs de ponts comme autant d’aides aux passages sans encombres mais payants ! Même si des moulins étaient installés sous ces ponts pour bénéficier de l’énergie hydraulique, l’évolution des techniques a permis la construction de ponts à deux ou trois arches facilitant le déplacement des barges, des péniches, des pousseurs.

Sur la Seine, on transportait et on transporte encore de tout. Des denrées alimentaires, des matériaux de constructions, des céréales, des voitures, des gravats… Sachant que le tonnage utile par voyage se chiffre en plusieurs centaines de tonnes (même plusieurs milliers bientôt) à comparer aux tonnages transportés par route. On ne comprend pas pourquoi, même si c’est plus lent évidemment, le fleuve n’est pas plus ou mieux utilisé.

22 janvier 2018

La fédération de l'Eure du PS déplore le mauvais classement des députés « En marche » de notre département


La fédération de l'Eure du Parti socialiste communique :
« Chaque année l’association Regards Citoyen et le magazine « Capital » sont à l’origine du classement des députés les plus dynamiques de l’Assemblée Nationale. Plusieurs domaines sont ainsi passés au crible : la présence et les interventions en commission, celles dans l’hémicycle et enfin les amendements proposés.
Photo d'archives.
Grâce à la loi sur le non-cumul des mandats votée par la Gauche, les députés de l’Eure n’ont plus de responsabilités locales d’envergure. Cette mesure doit permettre aux parlementaires d’être désormais à 100% consacrés au travail parlementaire. C’est une grande mesure de modernisation de notre démocratie. En effet, et contrairement à ce qui pouvait se passer auparavant, les députés de l’Eure actuels ne dirigent plus aucun exécutif local.
Malgré ces mesures, les socialistes de l’Eure vous informent du très mauvais classement des parlementaires LREM du département. Le magazine Capital s’en émeut : « Parmi les cancres LREM, donc : la très médiatique Claire O’Petit, qui s’était illustrée cet été en demandant aux jeunes “d’arrêter de pleurer” suite à la baisse des APL, se place en queue de notre classement. La députée de l’Eure a visiblement préféré son rôle de “Grande gueule” sur RMC à son job de parlementaire : en six mois, elle n’a totalisé que 9 présences en commission (bien-en dessous de la moyenne qui est de 30), n’a pondu aucun amendement et n’est même jamais intervenue dans l’hémicycle. »
Mais elle n’est pas seule. En effet, les députés En Marche de l’Eure sont parmi les plus mauvais de France ! Mme Tamarelle-Verhaeghe est ainsi 386ème sur 577 ; Monsieur Goutteffarde est 361ème sur 577 ; Madame Gipson est 333ème et Monsieur Questel, 299ème. Pas un-e député-e de l’Eure n’est dans la « bonne » moitié du classement. Il faut dire qu’ils ont de qui tenir : Guy Lefrand était 314ème député sur 577 en 2010 ( !) et Bruno Le Maire était il y a huit mois encore dans le dernier quart des mauvais élèves !
Décidément, les députés de l’Eure sont « En Marche », mais ils ne se pressent pas pour rejoindre l’Assemblée…»

NDLR : Ce classement, pris au pied de la lettre, est effectivement négatif pour les députés cités. Mais pour être tout à fait exhaustif, il devrait prendre en compte les travaux en commission, la présence dans l’hémicycle (sans intervention) les amendements signés (mais non déposés personnellement) les travaux et réunions en circonscription. Les députés sont des représentants de la nation. Comme tels, n'est comptabilisée que leur seule activité au Palais Bourbon. Les services de l’Assemblée nationale sont d’ailleurs invités à améliorer leur manière de qualifier (et donc de classer) l’activité parlementaire qui actuellement n’est que purement quantitative.

Quelques réflexions au débotté : l'abandon du projet de NDDL, les prisons au bord de l'asphyxie, le Vaudreuil un village normand


L’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes est justifié
Macron s’est dédit. D’accord. Mais avait il d’autre choix ? En mettant fin au feuilleton Notre-Dame-des-Landes, le président de la République et le gouvernement Philippe ont évidemment adopté la solution la plus rationnelle, la plus écologiste, la plus raisonnable aussi eu égard au contexte local. Que les Retailleau et les Ayrault, complices de gouvernements incapables pendant des décennies de nous sortir de l’ornière, crient au scandale, grand bien leur fasse. ! Leur cri est un cri de dépit et finalement d’impuissance. Qu’il doit être dur d’avaler la pilule administrée par un Premier ministre qui, en huit mois, propose une solution technique et économique, conforme aux exigences du temps : rareté de l’argent public, frein aux grands projets mal calibrés, respect de l’environnement sans oublier le développement économique.
Emmanuel Macron, sans doute mal informé du contenu du dossier, s’est imprudemment engagé pendant la campagne électorale. Il avait dit qu’il respecterait le résultat de la consultation populaire qui vit l’aéroport de NDDL approuvé à 55 %. Mais face aux évidences, il a eu l’intelligence de se désavouer publiquement, ce que les politiques ne savent pas souvent faire. Nantes-Atlantique sera donc aménagé, la piste allongée, la lutte contre le bruit engagée puisque 6000 riverains souffrent de la proximité de la piste. Au final, le dossier Notre-Dame-des-Landes aura été un point de fixation aux épisodes parfois violents et jamais définitifs.

Prisons : après tant d’années de laxisme…
L’état de maintes prisons françaises est lamentable. Surpopulation donc exiguïté, manque d’hygiène, difficultés de surveillance accrues…la prison a été le parent pauvre des gouvernements qui se sont succédé pendant des décennies. Macron récolte la patate chaude et, comme c’est normal, c’est à lui de résoudre en deux semaines, les conséquences des années de laxisme à l’égard des gardiens, sous-payés et en nombre insuffisant. Pourtant le signal d’alarme a été tiré à de nombreuses reprises. Le délégué de l’observatoire des prisons se bat depuis des années pour que les pouvoirs publics prennent en considération le mal-être des gardiens et le mal-vivre des détenus.
Aux conditions déplorables s’ajoute un élément nouveau : la radicalisation de certains prisonniers devenus des bombes à retardement prêts, à tout moment, à passer à l’action violente. Comment protéger les gardiens de ces attaques aux buts mortels ? Nicole Belloubet, ministre de la Justice, discute avec les syndicats mais la base est remontée. Elle veut plus de moyens, plus de gardiens, des meilleurs salaires, des lieux mieux adaptés pour contrer la menace.

« Le Vaudreuil un village normand »
Photo de la couverture du livre.
Je n’ai pas encore lu in extenso le livre consacré au « Vaudreuil un village normand » fruit de la collaboration de la Société d’études diverses de Louviers et sa région, des « Amis de Notre-Dame du Vaudreuil » et de la commune elle-même. Il a été mis en vente dès hier. On ne peut qu’être intéressé par l’histoire d’un village dont les pierres, les hommes, les paysages, racontent une vraie richesse normande. Magnifiquement illustré et mis en page, le livre s’attache à narrer le passé prestigieux du château, des églises, des maisons de caractère sans oublier les épisodes douloureux des guerres ou de l’occupation. On lira avec attention l’histoire d’Edgar Raoul-Duval, magistrat, député, membre d’une droite éclairée devenu ami de Flaubert qui vint quelques fois au Vaudreuil. J’ai été sensible aussi au récit de Claude Cornu : le vice-président de la SED consacre quelques pages à l’histoire des familles juives du Vaudreuil traquées par les nazis dont des enfants ont été sauvés par la solidarité et la discrétion de quelques Valdéroliens.
Écrire sur le Vaudreuil sans évoquer le golf de Jean-Claude Forestier ou Claude Loiseau (voir photo) qui deviendra le « peintre » du village et des bords de l’Eure aurait été impensable puisque la rivière a joué un rôle important dans le développement du Vaudreuil. Rôle qu’elle continuera à jouer dans les décennies à venir.
Une question enfin. Je comprends bien qu’un livre consacré au Vaudreuil évoque surtout le passé et le présent de cette ville. Mais un chapitre consacré à la création de la ville nouvelle voisine ainsi qu’aux conséquences sur le développement urbain et industriel de toute la région du Vaudreuil n’aurait peut-être pas été de trop. Pendant longtemps cette ville nouvelle n'a-t-elle porté le nom du Vaudreuil ?

20 janvier 2018

Les vœux du maire de Louviers : « Je veux que Louviers retrouve son rang de grande ville de Normandie »


Je n’étais pas présent à la cérémonie de vœux du maire de Louviers. Mais François-Xavier Priollaud, en communicant avisé, m’a fait transmettre le discours qu’il a prononcé devant les Lovériens. D’un long texte justifié par la nécessité de vanter l’action entreprise et le désir d’expliquer les projets en cours ou à venir, j’ai retenu quelques lignes fortes non exhaustives eu égard au vaste champ déployé.

Parmi les bonnes nouvelles annoncées par le maire, l’augmentation de la population puisque, contrairement à bien d’autres villes moyennes de l’Eure, le nombre d’habitants croît sensiblement. D’après l’INSEE, Louviers compterait plus de 19 000 habitants. Les raisons de cette croissance ne sont pas objectivement explicables eu égard au niveau des impôts locaux encore très (trop) élevés dans notre ville et souvent avancé comme élément repoussoir à une installation. Je ne pense pas que l’effort symbolique, à saluer tout de même, engagé par la municipalité et visant à diminuer de 2% le taux des impôts locaux d’ici la fin du mandat actuel soit suffisant pour parler d’une puissante attractivité nouvelle. Certes, nombre de pavillons sont construits — c’est dans doute là que réside la clé du succès — et les parcs industriels qui se remplissent contribuent peut-être également à la croissance lovérienne. Bernard Leroy (président de la CASE) se bat, assure-t-il, pour que les salariés choisissent l’agglomération Seine-Eure comme lieu de résidence. Ou alors, le temps est-il revenu de salariés moins pressés d’habiter la campagne et de subir les trajets domicile-travail-école-associations ?

L'école Jean Prévost vieillit mal.© Jean-Charles Houel
Autre bonne nouvelle qui méritera des explications plus précises, le sort de l’école Jules Ferry. Cette école, comme d’autres à Louviers, a subi les effets du temps qui passe. Le maire rejette l’ancien projet Martin pour une estimation de travaux moins élevée (6 millions d’euros contre 14). Il reste que l’urgence des besoins devrait conduire nos élus à rendre vraiment prioritaires ces travaux dans les écoles qui en ont le plus besoin. Je considère que la priorité des efforts doit porter sur l’éducation, toujours l’éducation et qu’on ne devrait pas mégoter sur les moyens alloués. Si la population augmente, le nombre d'élèves devrait augmenter lui aussi. Il serait donc juste qu'ils soient accueillis dignement, mieux en tout cas que dans certaines conditions d'aujourd'hui.

J’attends avec impatience de connaître le contenu de l’accord que le maire de Louviers dit vouloir rechercher avec les maires des communes de La Haye-le-Comte, Le Mesnil-Jourdain, Pinterville, Incarville. Car ces communes font déjà toutes partie de l’agglomération Seine-Eure, n’est-ce pas ? FXP envisage-t-il une  « fusion » (il prétend que non) que la géographie pourrait justifier, sinon l’histoire ? Des frayeurs financières (les impôts locaux à Louviers !) de la part des habitants trop heureux de bénéficier des services de Louviers sans en subir les contraintes, pourraient freiner le mouvement spontané d’une communion à défaut d’une fusion.

Nul n’ignore que le départ en retraite de médecins appréciés raréfie l’offre médicale dans notre ville. Pour espérer remédier à cette pénurie, la mairie et quelques médecins avisés ont décidé de travailler à l’ouverture d’une maison médicale dans les anciens locaux des Assedics rue du commandant l’Herminier. L’Europe apporte 700 000 euros dans la corbeille pour aider au financement d’un équipement polyvalent appelé à attirer des médecins et des spécialistes ou des professionnels d’activités paramédicales. L’objectif est de créer un pôle bien référencé, disponible, permanent où les médecins pourraient pratiquer leur passionnant métier au service d’une patientèle mieux servie. L’ouverture est programmée en septembre 2018.

C'était hier. ©Jean-Charles Houel
Cette cérémonie de vœux que le maire voulait exhaustive en informations, ce qu’on ne saurait lui reprocher, a évoqué maints autres sujets locaux. Du festival des grands amateurs de piano à la création du HUB de la future cité numérique et du développement généralisé de la fibre optique, des patinoires en cours de construction rue du canal, à la salle de sports sur l’emplacement de la piscine Plein soleil, on n’oubliera pas non plus les coups de chapeau appuyés aux associations de commerçants du centre ville particulièrement choyés. J’ignore si, comme le maire, la majorité d’entre eux se satisfait de la halle couverte. Elle est là. Il nous faut donc faire avec. Autre projet : l‘éclairage public par LED. Il sera mieux réparti, plus sécurisant. La lumière ne s’éteindra donc plus. Tant pis.

Les aménagement routiers ne manqueront pas non plus en 2018. La rue piétonne du Matrey. C’en sera fini. La circulation sera rétablie dans le sens ouest-est identique à celui de la rue de Gaulle. La place Thorel devra elle aussi être aménagée avec la disparition de la friche industrielle actuelle, le déplacement du garage Citroën sur la zone industrielle, la construction d’une résidence pour personnes âgées. Je passe sur les nombreux chantiers pavillonnaires dont le maire attend beaucoup. A quand les 20 000 habitants ? Le maire compte également sur un soutien régional (un million d'euros) permettant une requalification (quel autre mot ?) de l’habitat du centre ville ; Une exposition devrait permettre de mieux appréhender les efforts à entreprendre…

Enfin, politiquement, le maire a expliqué son souci de pluralisme et d’ouverture. L’appel à toutes les bonnes volontés est la marque d’une pensée centriste mais elle est aussi et surtout une façon de se positionner pour les prochaines échéances. Il ne fait pas de doute que les futures élections municipales — à Louviers comme ailleurs — se joueront au centre et que la droite, comme la gauche, a déjà anticipé ce fait. On dirait qu’ils se mettent tous en marche !



16 janvier 2018

Leila Slimani, l'intelligence et l'élégance de la pensée


Elle est lumineuse. Elle irradie littéralement. Son intelligence est éclatante et son engagement évidemment sincère. Leila Slimani, d’origine marocaine devrait faire réfléchir, à elle seule, les racistes, les antiféministes, et leur démontrer combien leurs a priori, leurs clichés, leurs obsessions sont à la fois irrationnelles et infondées. Leila Slimani, invité de l’émission C politique, dimanche soir sur France 5, a eu tout loisir de développer sa pensée, son histoire, ses sentiments et de faire quelques remarques sur les sujets du moment.

Celle qui vient d’écrire dans Libération une chronique intitulée « un porc tu nais ? »  pour répondre à l’appel des cent femmes qui revendiquent le droit d’être « importunées » dont Catherine Deneuve — qui a rétropédalé hier — explique fort bien en quoi « on ne naît pas femme on le devient, on ne naît pas porc, on le devient. » Cette référence à Simone de Beauvoir symbolise le sens de sa démarche. Pour que le désir, la séduction, l’amour vrai se réalisent, il faut aussi que l’éducation, le respect de la dignité de l’autre (homme ou femme) jouent leur rôle. Leila Slimani rêve d’un temps où les femmes pourraient sortir seules, libres, n’importe quand et n’importe où, d’un temps où il n’y aurait plus ni proies ni prédateurs, seulement des êtres différenciés capables de s’apprécier pour ce qu’ils sont. Léila Slimani : une belle personne et un grand écrivain à découvrir de toute urgence pour ceux et celles qui ne la connaissent pas. Ou mal.

14 janvier 2018

Quelques réflexions au débotté : Trump « un président de merde », le scandale Lactalis, la puissance du lobby de l'automobile, Marine Pen drague aux portes des prisons


Jack Lang : Trump ? Un président de merde
Trump a une bonne tension artérielle et du cholestérol à un niveau normal. On est bien content de l’apprendre après que le médecin de la Maison blanche a signé l’attestation de bonne santé du président des Etats-Unis. Depuis la publication des bulletins de santé de François Mitterrand, avec la complicité de son médecin personnel, quiconque sait qu’il ne faut pas prendre tous les bulletins de santé de ceux qui nous gouvernent au pied de la lettre…
Plus intéressant aurait été l’examen psychiatrique de Trump. Ses capacités physiques sont une chose, son état mental en est une autre. Jamais il n’acceptera de se soumettre aux avis de plusieurs spécialistes du comportement. Et pourtant. Son agressivité permanente, son racisme maintenant bien établi avec ses dernières déclarations sur « les pays de merde » (Haïti, l’Afrique), ses mensonges répétés, ses virages à 180 ° sur divers sujets (le mur avec le Mexique), son attitude vis à vis des femmes (on les attrape par la chatte !), tout concourt à faire de cet homme-là, le plus puissant de la terre, une sorte d’être mal dégrossi, imbu de lui-même, un irresponsable arrivé au pouvoir par un accident que l’histoire n’avait pas prévu.
Le livre de Mickaël Wolf « De feu et de fureur à la Maison blanche » nous dresse d’ailleurs le portrait d’un personnage sans culture, instable, incompétent à tous les niveaux du pouvoir. Un fan de téléréalité, enfin, qui fait régner la terreur autour de lui et qui trouve le moyen d’avoir des supporteurs fanatisés, incapables de voir que les États-Unis d’Amérique, au lieu d’être grands, deviennent un pays isolationniste et isolé.

On ne sait pas encore tout du scandale Lactalis
On ne sait pas encore tout du scandale Lactalis comme on ne sait pas grand-chose des comptes de la famille Besnier, du nom des propriétaires de ce groupe multinational au chiffre d’affaires impressionnant. Des salmonelles dans le lait destiné aux nourrissons, en France, en Espagne, en Grèce…34 enfants malades, des milliers de familles touchées dans ce qu’elles ont de plus cher, la santé de leurs enfants. On a vu et entendu un directeur organiser une conférence de presse au cours de laquelle les journalistes n’ont rien appris, rien entendu sur les raisons du scandale, seulement des mots d’excuse à répétition, des excuses forcées, insincères.
Depuis quand les salmonelles ont-elles « empoisonné » les boites de lait infantiles vendues dans les grandes surfaces, les pharmacies ? Depuis quand les responsables de l’unité industrielle mayennaise savent-ils que les produits mis sur le marché sont impropres à la consommation ? Pourquoi les distributeurs ont-ils laissé dans leurs rayons ces produits dangereux alors même que des retraits avaient été imposés ? Et les contrôles de la répression des fraudes ? Ont-ils assez de moyens humains pour y faire face ? Aujourd’hui dans le JDD, le patron acculé assure que la transparence va être totale. Il est plus que temps. Des centaines de plaintes ont été déposées contre Lactalis. La justice va donc s’emparer de cette nouvelle affaire agro-alimentaire. Bruno Le Maire souhaite, apparemment, que toute la lumière soit faite.

Le lobby des automobilistes demeure puissant
S’il est une mesure discutée, c’est bien la proposition du Premier ministre de réduire la vitesse des véhicules de 90 à 80 kilomètres à l’heure à compter du 1er juillet. « Même si je suis impopulaire », affirme Edouard Philippe, peu m’importe, ce qui compte c’est de tout faire pour réduire le nombre de morts et de blessés sur les 400 000 kilomètres de routes françaises non sécurisées. Le débat est vieux comme la voiture. Des Français considèrent que ce n’est pas en « punissant » les automobilistes qu’on assurera la sécurité — car réduire la vitesse est ressentie comme telle —, d’autres, plus rationnels et plus raisonnables aussi, demandent à voir et proposent des solutions adaptées : on devrait réduire la vitesse là où c’est dangereux et pas sur toutes les lignes droites sans obstacles. Mais cela aurait un coût exorbitant ! L’Etat prendra en charge les frais d’installation des nouveaux panneaux. Si le nombre de morts et de blessés baisse sur les routes, qui pourra reprocher à Edouard Philippe sa décision ? Mais, décidément, que le lobby des automobilistes demeure puissant !

Marine Le Pen aux portes des prisons : honte à la récupération !
Pour mettre de l’huile sur le feu, rien de telle qu’une bonne démonstration bien populiste et si possible devant les caméras et autres photographes. Chez Whirlpool, la cheffe du Front national avait cru marquer des points face à Emmanuel Macron. Mais celui-ci, plus avisé et plus malin, avait repris la balle au bond. Jeu, set et match. En hurlant devant la prison nordiste l’ancienne candidate à la présidence de la République fait de l’agitation à bon compte…mais sa crédibilité est si faible !
Il n’est pas étonnant qu’un parti qui préconisait le retour de la peine de mort aille braconner sur les terres immenses de la haine et du pire. J’ignore si les syndicats représentant les gardiens de prisons ont marché dans la combine mais leur colère, légitime après l’attaque au couteau d’un djihadiste radical, devrait déboucher sur de nouvelles mesures plus adaptées à ce type de prisonnier. La direction locale est mise en cause. On lira avec intérêt les conclusions de l’enquête en cours pour connaître les défaillances car le système a dysfonctionné.
Ce qui me surprend, c’est la rapidité avec laquelle d’un comportement individuel, on globalise une responsabilité plus large. Certes, le politique est là pour assumer — même ce qu’il ignore — je souhaite donc bon courage à Mme Bellloubet (la ministre de la Justice) si elle veut rattraper les années d’indifférence qui ont prévalu autour d’un sujet essentiel : les moyens donnés à l’administration pénitentiaire pour recevoir, soigner, éduquer des personnes sanctionnées par les juges mais aussi préparer leur réinsertion dans la société.