3 octobre 2016

Donald Trump est « malin » et ne paie pas d'impôts


Heureusement, que ce soit en France ou aux Etats-Unis, il existe une presse vigilante, des journalistes-enquêteurs qui contrôlent les déclarations des politiques et veillent à vérifier la véracité de leurs affirmations. Il arrive aussi que le silence de certains d’entre eux (elles) soit plus éloquent que leurs réponses aux questions. Il faut alors que les journalistes parviennent à percer le mur des refus ou des indifférences.

Hilary Clinton a maintes fois mis en cause Donald Trump pour avoir refusé de rendre publiques ses déclarations de revenus. Le magnat des affaires a usé de mille subterfuges pour éviter de répondre aux demandes de transparence de sa rivale démocrate (1). Celle-ci a assuré que Trump « le défenseur des pauvres et des oubliés » ne payait pas d’impôts depuis des années mais aucune preuve matérielle n’avait été publiée.

Il s’est trouvé une bonne âme pour adresser au New York Times la copie de la déclaration de revenus de Trump de 1995 dans laquelle il fait état de pertes abyssales suites à de mauvaises affaires dans l’immobilier notamment. Avec une perte de près de 900 millions d’euros, Trump a bénéficié ensuite d’une exonération totale d’impôts jusqu’en 2003 alors même qu’il possède des immeubles, des golfs, des biens mobiliers à ne plus quoi savoir en faire. En fait, Trump a avoué dans son face à face récent avec Mme Clinton qu’il était « malin » et donc habile à user d’un système fiscal avantageux pour les grosses fortunes et les combinards.

C’est souvent ainsi. Les riches ou très riches savent s’entourer de conseillers, de banquiers, aptes à dénicher les meilleurs cachettes, les lois les plus favorables, les paradis fiscaux les plus facilement accessibles…le scandale des panama papers illustre bien cette frénésie pour l’argent caché. Mais Trump n’est pas une exception. Il bénéficie du système qu’il dénonce pourtant de manière démagogique, un système qu’il ne réformera pas s’il est élu président des Etats-Unis et qu’Hilary Clinton ne touchera qu’à la marge. Seul Bernie Sanders avançait des propositions réellement clivantes. Il est maintenant contraint d’aller prêcher la bonne parole dans les swing states, ces états où se jouera finalement l’élection.…

(1) Hilary Clinton a publié ses déclarations de revenus très tôt dans la campagne.




1 octobre 2016

Dans le programme de la SED de Louviers au mois d'octobre : « derrière la montre, le corset »


Le programme de la Société d'études diverses de Louviers et sa région au mois d'octobre 2016 :
Lors de la dernière conférence. (photo JCH)
« Nous proposons ce mois-ci deux rendez-vous. Le samedi 8 octobre, à 16 heures, Jean-Pierre Binay et Claude Cornu organisent pour les amis de la SED une visite commentée de l’exposition actuellement présentée à la Médiathèque de Louviers, rue du Quai, « Le legs au XIXe siècle, portrait de quatre donateurs lovériens à la bibliothèque municipale ». Cette exposition est le fruit d’un travail commun de la SED et de l’équipe de la Médiathèque. Nous avons sélectionné, dans les fonds légués par Léopold Marcel, Charles Lalun, Nicolas-André Huet et Edmond Le Mercier, un ensemble de documents particulièrement intéressants ou pittoresques sur l’histoire locale ou nationale : plans, gravures, affiches, lettres, photos… Vous y découvrirez notamment une variante du jeu de l’oie datant du règne de Louis XVI, destinée à apprendre aux enfants l’histoire des rois de France. Pour participer à cette visite, il suffira aux personnes intéressées de se présenter à la Médiathèque ce jour-là à l’heure dite.

Notre conférence mensuelle aura lieu le samedi 22 octobre à 16 heures, dans la salle Pierre Mendès France, à l’Hôtel de Ville de Louviers. Nous aurons le plaisir d’accueillir Mme Hélène du Mazaubrun, directrice du Musée de l’horlogerie de Saint-Nicolas-d’Aliermont, qui abordera un sujet tout à fait original :

« La mode au temps de l’impressionnisme. Derrière la montre, le corset ».

C’est aussi le titre de l’exposition qui se tient, jusqu’au 31 décembre, au Musée de Saint-Nocolas d’Aliermont, dans le cadre du festival Normandie impressionniste, et dont Hélène du Mazaubrun est le commissaire. Une exposition qui dévoile la modernité de la fin du XIXe siècle peinte par les impressionnistes. En Normandie, les techniques horlogères et l’industrie textile participent à la richesse du territoire. Dieppe et d’autres plages deviennent d’incontournables promenades où il s’agit d’être vu. La montre à gousset s’affiche pour tout homme qui réussit, tandis que le corset devient le symbole d’une absence de liberté de la femme. La conférence, comme l’exposition, traitera de la mode sous l’angle de l’histoire de l’art et soulignera aussi les rôles du féminin et du masculin à cette époque. Non sans quelques mises en perspective avec notre société actuelle. La mode ne cesse en effet de se réinventer de manière cyclique : un siècle plus tard, le corset n’est-il pas revisité par le couturier Jean-Paul Gaultier ?


Le président de la SED, Jean-Pierre Binay et Claude Cornu, vice-président.

29 septembre 2016

Catherine Nay est une militante sarkozyste et doit être présentée comme telle


Que Catherine Nay soit de droite, cela n’est pas nouveau. Qu’elle utilise son métier de journaliste pour faire du prosélytisme télévisuel en faveur de la droite, ce n’est pas nouveau non plus. Mais qu’elle avance des faits mensongers au cours d’une émission de grande écoute n’est pas acceptable. L’émission « C dans l’air » animée par Caroline Roux, hier, faisait état des difficultés de Nicolas Sarkozy empêtré dans les affaires et mis en cause par Patrick Buisson dans son livre sorti récemment. L’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy le menace sérieusement. Les informations sorties par les enquêteurs de Mediapart, construites au fil du temps et des découvertes, laissent penser que Kadhafi et ses ministres ont mis la main au portefeuille pour aider Sarkozy.

En 2012, Mediapart a affirmé que la lettre d’un homme proche de Kadhafi faisant état d’une promesse de financement à hauteur de 50 millions d’euros au bénéfice de Sarko était bien la preuve de cette opération financière qui, si elle était avérée, porterait évidemment préjudice à l’ancien président de la République. Sarkozy a attaqué Mediapart pour usage de faux mais les juges d’instruction ont délivré un non lieu suite à des expertises graphologiques attestant à 99,9 % de la réalité du document.

En continuant d’affirmer, dans C dans l’air, que cette lettre était un faux, Catherine Nay n’a fait que répéter ce que répète l’entourage de Sarkozy depuis le début de l’affaire sans faire état de la décision de non lieu des juges. C’est grave et c’est grave pour deux raisons : primo pour Mediapart qui n’est pas rétabli dans sa sincérité et sa bonne foi et secundo pour les animateurs de l’émission qui auraient dû corriger les propos de Mme Nay. Il est en effet, de notoriété publique que les journalistes de Mediapart ont été exonérés de toute culpabilité dans l’usage de la lettre, la réalité du contenu de celle-ci étant renforcé par la découverte récente d’un carnet de M. Choukri, ministre de Kadhafi, lequel en 2007, indiquait plusieurs versements d’argent libyen en faveur du clan Sarkozy.

Mme Nay est une militante. Ce n’est pas interdit. Mais alors, au lieu de la présenter comme une experte en politique, les animateurs de « C dans l’air » doivent avoir l’honnêteté de préciser ses fonctions politiques au service de Sarkozy en particulier et de la droite en général. Expliquer, enfin, que le pouvoir (de gauche) aurait pu tarder à envoyer la police pour empêcher les casseurs d’agir contre l’hôpital Necker n’est qu’une spéculation intellectuelle gratuite…dont Mme Nay devra peut-être répondre ailleurs qu’à la télévision.

28 septembre 2016

Pour éviter les juges, Nicolas Sarkozy a grand besoin de l'immunité présidentielle devenue sa priorité


Si j’étais juge d’instruction chargé des multiples affaires Sarkozy, je m’empresserais de mettre tout cela au coffre, de connaître (seul) les codes et de faire des copies. Une disparition de scellés est si vite arrivée. Et comme il y a le feu au lac, on comprend mieux pourquoi Nicolas Sarkozy souhaite être réélu président de la République. Il n’aura échappé à personne que le président bénéficie — pendant le temps de son mandat — d’une immunité d’autant plus précieuse qu’elle donne du temps au temps et permet aux mémoires citoyennes de flancher. La recherche de l’immunité devient plus qu’une urgence, une obligation.

Les avocats de Nicolas Sarkozy sont d’ailleurs — et c’est leur droit — devenus les champions des manœuvres judiciaires visant à retarder au maximum le renvoi devant les tribunaux correctionnels de leur « bon » client de manière à atteindre la précampagne présidentielle et de bénéficier de la sollicitude des juges. Les révélations  de Mediapart concernant le financement libyen des campagnes 2007 et 2012 de Sarkozy prouvent, à tout le moins, que des hauts responsables proches du dictateur Kadhafi ont écrit ou déclaré, à plusieurs reprises et en plusieurs circonstances que la Libye avait financé la campagne 2007 de Sarkozy. Si tel était le cas, ce serait évidemment une entorse majeure aux règles fixant les modes de financement des campagnes électorales en France. Si le juge d’instruction, maintenant en possession du carnet de l’ancien ministre de la défense libyen mort, comme par hasard, des suites d’une crise cardiaque en 2012 à Vienne ( !) (au lendemain des premières révélations de Mediapart) met au jour les vrais dessous de l’affaire, on ferait face à un scandale d’Etat.

Cela changera-t-il quelque chose au vote lors de la primaire de la droite ? Je ne suis pas naïf. Je sais que le noyau dur des Sarkozystes n’est pas accessible aux arguments moraux. Les militants du premier cercle savent ce que vaut Sarkozy mais ils n’en démordront pas. Ils voteront pour lui quelles que soient les péripéties judiciaires de leur favori. Il est difficile d’admettre que l’on s’est trompé mais que feront les électeurs des autres candidats à la primaire et surtout quelles seront les déclarations d’intentions des dits candidats ? Je les vois mal appeler à reporter leurs voix sur un candidat dont la probité « morale » (pour l’instant) est plutôt sujette à caution. Encore que…On a vu un Baroin, potentiel Premier ministre ( ?), ancien Chiraquien, s’asseoir sans barguigner sur ses engagements d’antan. Il a même comparé, aujourd’hui, le comportement de Patrick Buisson aux agissements de la Stasi, la sinistre police de l’Allemagne de l’Est. Il est vrai que l’ancien directeur de Minute (aurait-il enregistré toutes ses conversations avec Sarkozy ?) casse l’ambiance au sein de l’Ex-UMP. 

Alors Sarkozy va-t-il gagner sa course vers l’immunité ? A regarder de près les derniers sondages, il semble que la dynamique créée marque une pause et que Juppé prend le large…avec l’aide d’électeurs(trices) de gauche prêts à dîner avec le diable pour éviter l’enfer.

25 septembre 2016

« Liberté, liberté chérie » le cri de Pierre Mendès France contre l'injustice


Vincent Duclert (à g) et Claude Cornu de la SED.
Ecrit en 1942, édité en 1943 à New York, « Liberté, liberté chérie » de Pierre Mendès France raconte le combat d’un homme pour défendre son honneur bafoué, son attachement viscéral aux valeurs républicaines mais également l’engagement d’un combattant toujours prêt à se placer au service d’un patriotisme actif dans la lutte contre l’occupant nazi. Il aura fallu l’intervention énergique du général de Gaulle pour que Pierre Mendès France cesse ses opérations aériennes à risque.

Homme d’honneur et de principes, Pierre Mendès France le demeurera toute sa vie. C’est sans doute pourquoi la 4e République s’accommoda mal d’un tel dirigeant plus enclin à défendre des idées, des projets et « agir » qu’à se livrer à des jeux stériles conséquence d’un régime des partis qui mena la France au bord du gouffre en 1958. Sa haute idée de la politique le condamna malheureusement à être considéré comme rigide voire austère quand son attitude n’était rien d’autre que de la rectitude et le respect d’une conscience éclairée.

Devant les auditeurs de la Société d’études diverses de Louviers et sa région, Vincent Duclert, historien, chercheur au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron (EHESS) a narré avec conviction l’histoire d’un livre écrit par un homme blessé ayant soif de justice et de vérité mais accessible à l’affect si l’on en juge par les pages consacrées à Louviers, sa ville, sa maison des Monts, ses amis fidèles, qu’il survole lors d’une opération de bombardement de son escadrille des FFL (à lire dans les carnets de guerre).

C’est une bonne idée d’avoir réédité le livre de PMF en 2015 (1) et d’y avoir adjoint des annexes permettant de mieux comprendre la démarche de celui qui allait devenir président du conseil et résoudre la coûteuse guerre d’Indochine, réussir la transition en Tunisie sans oublier de laisser en mémoire une méthode fondée sur la nécessité d’informer le citoyen pour qu’il comprenne les actes de ses dirigeants et puisse, le cas échéant, lui demander des comptes. Eric Roussel, ancien président de l’Institut Mendès France, brossa les traits saillants de ces 7 mois et 17 jours qui appartiennent, comme on dit aujourd’hui, au roman national.

Ce livre de guerre avait une autre vocation. Edité aux Etats-Unis (il ne parut en France qu’en 1977 à l’initiative l’éditeur Fayard) Pierre Mendès France voulait également convaincre les Américains que Vichy n’était pas toute la France et que bien des citoyens de notre pays contestaient l’occupation et approuvaient la lutte des Anglais contre l’armée allemande et le régime nazi. A cette époque, bien des Français — et qui n’avaient tous, loin s’en faut — les Gaulois pour ancêtres, s’engageaient dans une résistance active (pour une minorité d’entre eux) ou une passivité, certes moins dangereuse, mais utile pour affaiblir Vichy.

Jean-Denis Bredin et Christiane Rimbaud ont, chacun avec leur talent, raconté le procès Mendès France de Clermont-Ferrand et cette accusation inique de désertion alors que PMF voulait rejoindre l’Afrique du Nord pour y continuer le combat. Son évasion lui permit non seulement de recouvrer sa liberté mais aussi et surtout de faire pièce aux accusations de Vichy et sa justice aux ordres. « Liberté, liberté chérie » demeure donc un livre essentiel dans la compréhension du ressentiment de Pierre Mendés à l’égard d’un pouvoir qui voulait à tout prix accuser et diffamer les hommes du Front populaire.

(1) Gràce à Michel Mendès France (l'un des fils de PMF) et Joan son épouse qui ont compulsé nombre d'archives personnelles ou publiques.



24 septembre 2016

Les propositions de Marine Le Pen pour l'éducation : une vision de cauchemar


L’élection présidentielle arrive à grands pas et les candidat(e)s commencent à exposer leurs programmes. L’éducation étant un chapitre très important — même si certains privilégient les débats sur l’identité nationale — il n’est pas indifférent de connaître les projets de Marine Le Pen et de son parti sur l’éducation.
Disons le tout net et cela n’est pas étonnant, les propositions de Marine Le Pen ont de quoi hérisser le poil des enseignants et inquiéter parents et élèves. Une amie m’adresse le commentaire suivant : « un programme réac de chez réac. » Le port de l’uniforme, mesure emblématique, serait en quelque sorte la cerise sur le gâteau, un gâteau bien indigeste pour tous ceux et celles qui croient aux vertus d’un enseignement prenant en compte l’intérêt des enfants avant celui des gouvernants.
Disons le tout net, ce programme est à l’image du parti d’extrême droite : brutal. Quand on pense que Marine Le Pen prétend être celle qui défend les « oubliés » du système, ce qu’elle propose en accroîtra leurs difficultés au nom bien sûr de l’excellence, un mot que ne récuserait pas Nicolas Sarkozy qui en connaît un rayon surtout dans le domaine judiciaire. Examinons donc le programme de Marine Le Pen en détail grâce au site touteduc.fr que je remercie de m’avoir autorisé à reproduire ses constatations.

« Pour Marine Le Pen, l'Ecole a pour finalité de "donner à chacun la possibilité de faire valoir son mérite personnel". Elle l'a dit hier 22 septembre en conclusion de la "convention présidentielle" consacrée au "redressement" de l'Ecole et de l'Université. Dénonçant "la situation dramatique de l'Ecole de la République", mêlant idéologie et souci de reprendre les solutions proposées par "les vrais experts" que sont les acteurs de terrain, la candidate à l'élection présidentielle n'a pas donné son programme pour l'Ecole, mais a annoncé qu'elle reprenait déjà à son compte trois des 100 propositions que lui ont présentées les collectifs Racine et Marianne : à l'Ecole primaire, 50 % du temps serait consacré à l'enseignement du français, le collège unique deviendrait un "collège de détermination", où une orientation vers la voie professionnelle serait possible après la cinquième, la sélection serait instaurée à l'entrée de l'enseignement supérieur.

La présidente du Front national (même si le parti n'est jamais cité) s'en prend aux "folies pédagogistes", aux "dogmes" que seraient l'idée que "l'élève créerait son savoir", le collège unique et le refus de la sélection. Elle veut mettre fin aux réformes qui se succèdent "depuis Haby", aux expérimentations prévues par la loi Fillon alors que "les élèves ne sont pas des cobayes" pour en revenir à un enseignement "moins créatif". Le collectif Racine veut d'ailleurs "instaurer le cours magistral à tous les niveaux". Elle dénonce les sciences de l'éducation et les experts qui prétendent "faire la leçon" aux enseignants. Pour elle, c'est à partir de leurs propositions que doit être construit "le cadre" qui serait "issu du terrain", mais dont serait "réaffirmé le caractère national".

Voici les principales propositions qui lui ont été soumises.
— Les écoles primaires deviendraient des EPE (établissements publics d'enseignement) avec un directeur qui aurait un statut ; les collèges et lycées perdraient le L de EPLE (établissements publics locaux d'enseignement). Seraient supprimés les "projets d'établissement", les "conseils pédagogiques" et les "commissions éducatives". L'administration serait "recentralisée" et les Régions n'auraient plus la responsabilité de la carte des formations. 

— Les programmes seraient élaborés par un collège d'enseignants.

— Un nouvel enseignement, "civisme et droit" serait introduit, avec pour mission l'intégration à la nation, chacun sachant ce qu'il lui doit.

— Un enseignement des sciences informatiques serait créé (pour ces deux disciplines nouvelles seraient créés deux CAPES).

— La méthode syllabique "qui a fait ses preuves pendant des générations" serait imposée.

— Les programmes seraient annuels et un élève qui ne les maîtriserait pas à la fin de l'année redoublerait.

— La notation chiffrée serait rétablie.

— L'uniforme (à ne pas confondre avec la blouse) serait imposé.

— Les CPGE (classes préparatoires au grandes écoles), fondées sur "l'excellence", serviraient de modèle à l'ensemble du système scolaire. Elles fourniraient de plus le vivier des futurs enseignants qui, pour ceux qui ne seraient pas admis dans l'une des deux ENS (école normale supérieure), entreraient dans une "école normale régionale" où, loin des "pédagogistes", ils recevraient une "formation disciplinaire d'excellence" pour préparer le CAPES ou l'agrégation, avant de se préparer à enseigner pendant un an avec un tuteur.

— Le système APB serait supprimé.

-— Le port de signes religieux serait interdit à l'Université.

-— Serait supprimée "la spécialisation progressive" à l'Université.

(Paru dans Scolaire, Orientation le vendredi 23 septembre 2016)

23 septembre 2016

A Lille « La Citadelle » ne doit pas devenir une forteresse identitaire


« La LDH de Lille est intervenue auprès du Préfet de Région et de la Maire de Lille pour réclamer la fermeture et l’interdiction du Bar « La Citadelle », rue des Arts au centre de Lille. Nous ne surestimons pas l’audience publique d’un tel lieu qui deviendrait le centre de rencontres d’une poignée de nostalgiques du KKK, de l’apartheid et de la nuit de cristal. Mais nous ne la sous estimons pas non plus : « La Citadelle » contient tous les ingrédients propices au renforcement des atteintes aux principes républicains : xénophobie, homophobie, sexisme, islamophobie, ségrégation, exclusion, incitations à la haine ; toutes idées condamnées explicitement par la Charte de l’ONU, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le préambule de la Constitution de la République française.
Cela suffirait à justifier la fermeture et l’interdiction d’un tel lieu.

Mais « La Citadelle » va plus loin en prétendant devenir au cœur de la capitale de la Région Nord-PdC-Picardie, le quartier général d’un groupe identitaire qui, de ce lieu, pourrait étendre son réseau de contestation de la démocratie et des valeurs humanistes et troubler l’ordre public par des réunions, des films, des débats provocateurs contre les libertés, l’égalité des droits, les solidarités, la mixité sociale et le « vivre ensemble ».

Les lieux animés en région par les identitaires sont surtout connus par la fréquentation de personnages »sulfureux » mêlés à des trafics, à des actes de délinquance graves, à des incitations et à des pratiques de discrimination. 
Les contrôles illégaux dans le métro, la défense violente de la « race blanche », les pratiques de gros bras et d’agressions de militants antiracistes, la création d’un club de « boxe de rue » sont des faits qui montrent qu’au quotidien les identitaires ont l’intention de chercher à s’imposer comme l’expression d’un « ordre nouveau » contradictoire avec l’ordre républicain. Et «La Citadelle » veut être le lieu de contact, de formation, de promotion, d’organisation de ce réseau factieux.

Les laisser s’installer au centre de la ville de Lille – même sous forme d’un club privé - est un renoncement grave que nous ne pouvons cautionner par notre silence et notre apathie. Surtout dans le contexte social actuel. La préfecture du Nord et la ville de Lille disposent de moyens de dépasser la simple analyse juridique commerciale. Les principes constitutionnels et législatifs dépassent la simple application du code du commerce. C’est la raison de notre demande d’interdiction et de mise en œuvre de tous les moyens d’investigation, de contrôle et de répression dont elles disposent pour faire cesser le trouble à l’ordre public que constitue l’existence de ce club-bar dont le but avoué est de contredire le passé d’accueil de notre région et de notre ville au nom d’un repli identitaire passéïste.

Pour sa part, la LDH de Lille entend rassembler les syndicats et les associations républicaines pour organiser une riposte commune et inciter les pouvoirs publics à aller au bout de leurs convictions humanistes et de leur mandat constitutionnel pour briser l’enchaînement de la haine que constitue l’ouverture de « La Citadelle ».

(Communiqué de la section lilloise de la ligue des droits de l’Homme)

22 septembre 2016

Christine Boutin ? Une fanatique bien imprudente…

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Christine Boutin aurait fait une bien piètre journaliste. Il est vrai qu’elle ne s’est pas distinguée, non plus, lorsqu’elle était ministre. S’il est une information qu’on doit prendre avec des pincettes, la vérifier, la recouper, la vérifier encore, c’est bien l’annonce de la mort de quelqu’un. En balançant sur Twitter avec nonchalance et une forme de mépris que Jacques Chirac était mort, Christine Boutin a eu beau se défendre en mettant en avant une source sure, elle a commis plus qu’une bévue : une faute grave contre l’éthique et la vérité. Qu’elle se rassure. Jacques Chirac est un homme et comme tous les hommes sont mortels, il finira par mourir un jour. Comme nous. Il suffit de respecter le bon timing.

Ce qui est remarquable dans le tweet mensonger de Mme Boutin, c’est qu’il correspond à une forme de caractère et de personnalité très singulière. Cette femme, homophobe (1), célèbre pour ses saillies contre l’avortement, le mariage pour tous, sa campagne contre le PACS et tout ce qui touche au « sacré » version rétrograde, est une militante sectaire voire fanatique. Qui aura eu tort sur tout. Venue à Louviers, il y a maintenant plus de 20 ans, j’avais eu l’occasion de l’écouter narrer ses fables et sa vision fantasmatique du monde et pu mesurer la distance séparant sa vision de la vie en société avec celle communément admise dans une France au sein de laquelle la laïcité demeure une valeur première. Elle ne changera donc jamais.

Après sa perle regrettable, Christine Boutin va à nouveau être moquée et vilipendée sur les réseaux sociaux. Objet de raillerie, la militante chrétienne aussi caricaturale qu’excessive aurait dû se méfier de ses instincts. En voulant tirer plus vite que son ombre, elle a pris le risque, une fois encore, de faire le buzz. A ses dépens, ce qui n’est rien, et surtout de la vérité, ce qui est beaucoup plus grave.

(1) en déclarant que « l'homosexualité était une abomination » Mme Boutin a été condamnée par la justice de notre pays.


21 septembre 2016

Canal Plus à la veille d'un accident industriel ?


« Le grand rafraîchissement marketing de Canal+ se poursuit. Alors que le groupe audiovisuel va lancer, en partenariat avec Orange, le 7 octobre, un mini bouquet Canalsat à moins de 10 euros par mois. Avant cela, dès ce mercredi,
Il propose une offre à 20 euros permettant d’accéder à «la chaîne Canal+ et son replay[…] sans engagement, exclusivement sur PC, tablettes et Smartphones », annonce le directeur général, Maxime Saada. Pour Canal+, qui a toujours vécu sur la vente d’une seule offre d’abonnement à prix élevé (40 euros), cela ressemble surtout à un test grandeur nature pour un groupe en perte de vitesse. »
Ce communiqué paru dans Libération de ce jour démontre clairement que Canal Plus n’est pas loin de l’accident industriel. Abonné depuis 1989 à cette chaine, j’ai suivi de très près son évolution pour déplorer, aujourd’hui, combien un abonné d’origine peut être déçu et pourquoi ne pas le reconnaître, révolté, à l’égard d’une chaine payante devenue une catastrophe médiatique.
Vincent Bolloré, en devenant l’actionnaire de référence de Canal Plus, a géré cette entreprise comme il gère les ports africains : en terrain conquis. Il n’a rien compris (ou trop bien ?) à la culture de cette chaine, à ses subtilités, à son insolence contrôlée, à son humour corrosif même si parfois une certaine lourdeur paraît superfétatoire. Et puis, sa gestion des personnels semble totalement inadaptée aux temps modernes. Il a viré, sans plus d’explications, des cadres clés de Canal Plus et imposé le départ de certains et certaines comme on n’ose plus le faire dans une entreprise digne de ce nom. Si bien que le Grand journal est devenu une émission d’une pauvreté affligeante, le petit journal de Eldin une tragique méprise, au point que « Quotidien » de Yann Barthès sur le groupe TF1 démontre une audience toujours croissante. Je ne me croyais pourtant pas capable de rejoindre les rangs des «fans» du groupe Bouygues !
En perdant 500 000 abonnés en un an, Bolloré pouvait croire à un maximum. Pas du tout. La campagne de désabonnement se poursuit et ce n’est pas la médiocrité des matches de football de la ligue 1 qui va pousser l’amateur de football à renouveler son contrat. La première ligue anglaise fait maintenant le bonheur de M. Drahi lequel a compris d’où venait le vent et surtout vers où il poussait le bateau.
Le constat et les initiatives d’aujourd’hui posent un autre problème. Une offre à 20 euros mensuels pour une durée indéterminée crée une disparité énorme avec les abonnés traditionnels. Ceux qui, comme moi, paient 37 euros par mois, vont sans doute juger que la vache à lait a assez donné. L’hémorragie n’est donc pas terminée.

19 septembre 2016

Nuit noire à Louviers : l’économie réalisée en vaut-elle la chandelle ?


Dans un souci d’économie, le maire de Louviers a décidé une expérimentation que d’autres avant lui, ont initié dans leur village ou dans leur ville. Éteindre les feux, dès 22 heures et jusqu’à 5 heures du matin pour réaliser 50 000 euros de gain annuellement. Cette décision fait que des quartiers entiers et des rues importantes ne bénéficient plus de l’éclairage public alors que l’automne va arriver et que l’hiver sévira en son temps.
Le premier souci des Lovériens, face à cette expérimentation est évident : « notre sécurité sera-t-elle assurée ? »
Le maire assure que oui eu égard aux statistiques démontrant que la nuit, même avec l’éclairage, les faits délictueux ne croissent pas. La sécurité étant avant tout un sentiment ou une impression, je ne suis pas certain que les arguments mathématiques pèseront très lourds comparés au ressenti de la population. Les couche-tard, qu’ils soient piétons ou au volant de quelque engin, jugeront peut-être qu’il est plus difficile de déambuler et de circuler sur des places et des rues privées d’éclairage, d’autant que des obstacles connus ou inconnus se dresseront devant eux. Je pense notamment aux aménagements réalisés pour limiter la vitesse et privilégier le stationnement. La route de Pacy, par exemple, ou la route de Saint-Pierre, appartiennent à cette catégorie.
Les astronomes seront, paraît-il, très heureux de cette innovation puisque les étoiles et les galaxies seront plus facilement observables avec un ciel d’encre. Il doit bien en exister une vingtaine dans notre ville. Qu’il ne faille pas systématiquement déplorer le changement est souhaitable. J’espère toutefois que le maire saura dresser un bilan objectif de l’expérience et qu’il nous fera connaître ses conclusions…éclairées.