29 novembre 2015

COP21 : des ruches sur le toit de la mairie de Val-de-Reuil


Récupération d'un essaim. (photo JCH)
« Val-de-Reuil, plus jeune commune de France, mieux qu’une autre, doit s’associer aux objectifs de la COP 21.

1) La Ville, dès sa conception en 1967, participait par anticipation de la philosophie écologique qui guide la COP 21. Sa construction fut orientée Nord/Sud pour profiter d’un ensoleillement supérieur, de ce fait, de 10% à celui de ses voisines. Il s’agissait, au prix d’un équipement tout électrique censé être économique, de réduire la facture énergétique des habitants. En faisant le choix des immeubles de hauteur et d’un habitat groupé, la densité urbaine fût préférée au mitage foncier et conserva les zones humides ou de lisière favorables à la biodiversité. Les premières pompes à chaleur et les maisons solaires (suivant l’exemple de Marne-la-Vallée), des murs anti-bruits devenus végétalisés et des alignements d’arbres (1 planté pour 100 nouveaux m² occupés ou exploités) pour couper le vent d’hiver et créer des points d’ombre l’été, ainsi que les liaisons douces, y furent expérimentés de manière novatrice avec l’arrivée du premier habitant arriva en 1975. Aujourd’hui Val-de-Reuil possède une surface arborée une fois et demie supérieure à la superficie du Vatican.

2) La Ville, consciente de cet héritage aujourd’hui cohérent avec les orientations de la COP21, en a fait, entre 2000 et 2015, un des axes de sa renaissance. Il était en effet normal que Val-de-Reuil adopte une démarche "développement durable" à la faveur des deux opérations de renouvellement urbain (ORU et ANRU) qu’elle a menées depuis 2001. Lors de la rénovation des immeubles du germe de ville, initiative forte et qui se poursuit, une attention particulière a donc été portée à la maîtrise des énergies à travers la production d'eau chaude sanitaire à 48% pour 1.167 logements des patrimoines d’Eure Habitat et d’IBS, à l’isolation thermique de 2 035 logements, à l’ouverture vers d'autres sources d'énergies (notamment le gaz avec des chaudières à condensation peu émettrices de gaz à effet de serre) de 1418 logements pour un mode de chauffage évolutif, à l’adaptation des bâtiments communaux au chauffage à circuit d’eau d’ici 2017. Symbole de cet effort marqué, 82 logements d'Eure habitat forment maintenant, au sein du Bâtiment K, l’ensemble d'immeubles le plus écologique de l'Eure (eau chaude sanitaire solaire, double vitrage, bardage isolant en façade, utilisation du bois, végétalisation du toit, récupération des eaux de pluie pour l’arrosage les espaces verts, utilisation des panneaux photovoltaïques pour la production d’énergie électrique destinée à l’éclairage permanent des parties communes, lampes à faible consommation).
Le changement du mode d'éclairage public sur la plupart des artères de la ville a également été conduit grâce à l’installation de ballasts électroniques et d’une télégestion permettant de réaliser 30% d'économies d'énergie. 4250 points d’éclairage, dont 1000 neufs, bénéficient de ce dispositif novateur. Le plan de circulation de la commune a impliqué le rétrécissement des voies, la création de cheminements piétons qualitatifs et de pistes cyclables, la mise en place de noues paysagères permettant une gestion alternative des eaux de ruissellement, la création d’agrafes piétonnes et de passages sécurisés pour les piétons, l’installation de places de stationnement et d’arrêts de bus paysagers, l’équipement en bornes électriques pour automobiles, la mise aux normes d’accessibilité PMR.

Aujourd’hui, la Ville de Val-de-Reuil s’inscrit résolument dans la perspective de la COP 21 à travers cinq projets :

1. Associée à la SILOGE, bailleur social, sous la houlette de l’architecte/urbaniste Philippe Madec, la Ville propose un nouveau mode d’habitation respectueux de l’environnement : l’éco-village des Noés. S’étendant sur 4,9 hectares, il rassemble 98 logements écologiques, parfois sur pilotis, dans un esprit de village et renforce l’extension, déjà engagée, de la commune vers sa façade naturelle : les rives de l’Eure. L’opération comprend une chaufferie et un parc écologique, une crèche, une place de marché, une maison des jardiniers permettant une activité de maraîchage biologique (avec une association d’insertion) installée et développée en coeur du quartier. Les logements, individuels et collectifs, isolés ou reliés, en accession ou en location, favoriseront la citoyenneté et la convivialité. Les équipements permettront de renforcer la mixité sociale. Les choix architecturaux, de forme contemporaine, s’intègrent avec soin aux quartiers les plus proches et leurs habitants seront associés au processus d’aménagements (liaisons, accès, etc.). Les choix énergétiques, les matériaux utilisés (souvent le bois), sont les plus modernes, s’inscrivant dans les objectifs de division par 4 des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050, objectifs prévus par le Grenelle de l’environnement. Cette conception permettra de maîtriser le niveau de charges pour les habitants. Après avoir obtenu la « labellisation » one planet living par le WWF (le seul en France) et remporté le Prix Energies Citoyennes dans la catégorie « villes de moins de 20 000 habitants », la Ville s’engagera à inscrire ce projet dans la démarche de labellisation internationale Biodivercity  portée par le Conseil International Biodiviersité et Immobilier. Grâce à ce label, l’éco-quartier de Val-de-Reuil entrera dans le cercle fermé des 5 projets immobiliers français et européen jugés à très haut niveau de performance dans leur prise en compte de la biodiversité urbaine. Une reconnaissance et une valeur ajoutée supplémentaires pour l’ensemble de ces 98 maisons et appartements.

2. La Ville favorise la création de deux parcs écologiques de promenades liant la commune à la base de loisirs et aux territoires Natura 2000 qui la bordent, l’un en prolongation de l’éco-quartier de la Siloge, l’autre sur d’anciennes ballastières de la société CEMEX et à ses frais.

3.EDF souhaite valoriser les déperditions de chaleur provenant de son data center de Val-de-Reuil. L’entreprise nationale serait prête à investir dans des projets allant dans ce sens (norme ISO 50 001). La Ville lui propose d’alimenter des serres et de chauffer des entreprises pharmaceutiques proches avec le flux de chaleur produit par le data center d’EDF puis celui d’Orange. Dalkia est en mesure de fournir l’appui technique pour assurer la liaison entre la source d’énergie et les serres.

4. Un chantier va être étudié pour remettre en fonction le moulin/turbine de l’île du Roi entre deux bras de l’Eure afin de produire de l’électricité, ainsi cette friche industrielle disposant d'un droit d'eau non exploité permettra l’installation d’une petite centrale hydroélectrique, non loin de la frayère à brochets.

5. La Ville installera une série de ruches-sentinelles sur le toit de la mairie. Premier pollinisateur et première espèce assurant la reproduction des plantes sur notre planète, le nombre des abeilles a reculé de 30 à 40% en France comme en Europe. Un projet en faveur d’une plus large protection de la biodiversité et qui, par la production et la vente du premier miel rolivalois, pourrait assurer le financement de projets éducatifs et associatifs ayant pour objet la découverte et la préservation de l’environnement à Val-de-Reuil.

Peu de villes dans l’Eure peuvent présenter un tel bilan et de tels projets. C’est ainsi que Val-de-Reuil, qui fête ses 40 ans, reste à travers les objectifs de transition écologique et dans le respect des contraintes de la COP 21, fidèle à l’esprit novateur et écologique qui marqua sa création, dernière née des villes nouvelles. »

Marc-Antoine Jamet
Maire de Val-de-Reuil

Les député(e)s vinent…la loi Evin au profit du lobby viticole


« C’est évidemment très bien de dénoncer le mauvais signal qu’envoient aux Françaises et aux Français leurs parlementaires en adoptant un texte affaiblissant la loi Evin. Mais faudrait-il aussi, pour davantage éclairer les citoyennes et les citoyens que nous sommes, expliquer comment on en est arrivé là.

Car avant de parvenir devant le parlement, les projets de loi (et ceux modificatifs de lois existantes) viennent en débat devant la commission ad hoc en l’occurrence sur le sujet qui nous concerne, la Commission des affaires sociales. C’est par un vote interne à la Commission que ses membres décident ou non de présenter les articles d’un texte de loi ou un amendement à la représentation nationale.

Or, on apprend de diverses sources qu’il n’existait pas, jusqu’à il y a peu, de majorité dans cette Commission des affaires sociales en faveur d’un assouplissement de la loi Evin. Deux voix manquaient pour la faire basculer.

Qui, pour cette raison, a décidé de procéder au remplacement de deux membres de cette commission parmi ceux qui n’étaient pas favorables à cette modification ? Qui, a décidé pour les remplacer quelques jours avant le vote, de nommer deux nouveaux députés, en l’occurrence deux députées, toutes deux favorables à la suppression de l’amendement barrant la route à la modification de la loi Evin ? Au grand dam de Catherine Lemorton, présidente de ladite commission qui a publiquement accusé Bruno Le Roux, le président du Groupe socialiste à l’Assemblée nationale, de lui « savonner la planche ». Et si c’est effectivement Bruno Le Roux qui était à la manœuvre, a-t-il décidé seul ? Nous en doutons fortement. A-t-il subi l’influence du très puissant lobby viticole ou a-t-il cédé à l’amicale pression du premier ministre, de membres du gouvernement ou de la présidence de la République ? Souvenons-nous que ce sont des dispositions contenues dans la loi Macron qui ont permis l’ouverture de la brèche.

Quoi qu’il en soit, ces deux députées n’ont pas été choisies au hasard. La première se nomme Catherine Quéré, députée de Charente-Maritime. Elle est viticultrice et présidente du Groupe d’étude sur la Viticulture – dénomination derrière laquelle ne se cache même pas le lobby viticole. Avec elle, à la fois juge et partie, on est en plein conflit d’intérêts, mais cela n’a pas eu l’air de déranger grand monde. La seconde, Anne-Yvonne Le Dain, est députée de l’Hérault, département totalement étranger à la viticulture comme chacun le sait. Anne-Yvonne le Dain est dans son rôle quand elle défend les intérêts de ses mandants. En revanche, son entrée dans la Commission des affaires sociales, dans cette circonstance, est tout à fait regrettable car elle intervient elle aussi à ce moment précis comme défenseure du lobby viticole contre l’intérêt général.

S’il suffit désormais de modifier la composition des commissions parlementaires au coup par coup pour obtenir, au gré des circonstances, le résultat que souhaite tantôt le lobby du vin, tantôt celui des céréales, tantôt celui du charbon, du pétrole ou du nucléaire, ou encore celui des laboratoires pharmaceutiques ou celui de la finance, c’est que notre république est vraiment bien malade. Et ceux qui possèdent l’esprit assez retors pour imaginer d’aussi sordides manœuvres bafouant la démocratie et ont la bassesse de les mettre en application sont bien méprisables et certainement pas dignes de nous représenter.

Raynald Harlaut

26 novembre 2015

Halle ou pas halle : that is the question. Aux Lovériens d'y répondre


On devine la toiture pyramidale de la halle semi-couverte sur l'écran. (photo JCH)
Faut-il, oui ou non, couvrir la place de la halle aux drapiers d’une…halle permanente ? Cette question, posée par un restaurateur lovérien, mercredi soir au Moulin, lors d’une réunion publique organisée par la mairie, est au fond la seule vraie interrogation concernant l’avenir du centre-ville. Les Lovériens, en effet, ne déploreront pas la « requalification » des places et des rues du centre, dont chaque municipalité, de droite ou de gauche, fait une priorité. Ils apprécieront la rénovation et la création de certaines places ou placettes, tout comme ils jugeront positifs les efforts des commerçants pour améliorer leurs vitrines. Sans oublier la construction de nouveaux logements sur le boulevard de Crosne au lieudit l’îlot Thorel. Et aussi la volonté d’aménager les bords de l’Eure le tout dans le cadre du contrat d’agglomération liant l’Etat, la Région, le Département, la CASE et la ville de Louviers. Le tout pèsera 17 millions d’euros, une partie seulement de cette somme étant supportée par les Lovériens.

La halle semi-couverte a été donc été dévoilée et commentée par l’architecte retenu après concours. L’homme de l’art, spécialiste de la restauration ou de la création de halles, n’a pas éprouvé de difficultés particulières pour répondre aux questions du public présent. N’était l’effroi quelque peu télécommandé d’une riveraine forcément dérangée dans ses habitudes et craignant à la fois le bruit du vent, les gouttes de pluie et les stands up improvisés (et très hypothétiques) d’une jeunesse a priori chahuteuse voire délinquante.

Le sujet est ailleurs : dans le besoin ou l’utilité de cette halle. Alors que le marché du mercredi matin attire sept commerces forains et que celui du samedi en agrège nettement plus, comment la mairie peut-elle justifier l’investissement (et l’argent qui va avec) sinon pour « agir » et « embellir ». La halle semi-couverte ressemblera plus souvent à un garage de centre-ville qu’à une place de chalandise puisque pendant cinq jours sur sept, il ne se passera rien d’autre qu’une circulation d’automobiles sauf exceptions d’animations diverses promises par la municipalité. L’interpellateur lovérien considère qu’une halle couverte ou semi couverte ne trouverait de justification qu’en cas de marchés quotidiens favorisant les circuits courts. On en est loin.

Il est vrai que les dés ne sont pas encore jetés et que les élus n’ont pas encore entériné le projet ou ses financements (c'est à l'ordre du jour du conseil municipal de lundi prochain). Mais la médiatisation autour de l’opération « cœur de ville » et les promesses faites aux commerçants lient les mains du maire qui va devoir faire preuve d’un sens pédagogique aigu pour convaincre les citoyens du bon choix d’urbanisme proposé, il est vrai élargi aux rues de Gaulle, du Matrey, du Maréchal Foch, du quai… dont le mobilier urbain est actuellement incohérent et les chaussées souvent détériorées.

Le maire dispose de quelques atouts dans son jeu. L’assistance (provisoire) de onze étudiants de Sciences Po Paris — ils analyseront les propositions et assureront un regard distancié donc non partisan — et d’un cabinet spécialisé dans les techniques d’animation et de participation citoyenne. Christian Renoncourt, conseiller d’opposition, a eu beau protester contre les méthodes du maire qu’il juge infantilisantes, il n’en demeure pas moins que le 8 décembre à 19 heures, dans la salle Pierre Mendès France de l’Hôtel de ville, les citoyens qui le désirent pourront découvrir les avant-projets du cœur de ville et émettre remarques et contre-propositions. On verra ensuite ce que le maire en fait.

25 novembre 2015

La modification de la loi Evin : un mauvais signal adressé aux Français


Marisol Touraine, ministre de la santé, a raison. Le signal envoyé hier par les sénateurs et les députés est de mauvais aloi. En modifiant la loi Evin de 1991 qui encadrait strictement la publicité pour les boissons alcoolisées, nos parlementaires, pour la majorité d’entre eux, ont mal agi. Et en plus ils ont agi avec hypocrisie.

Les nouvelles dispositions votées hier en dernière lecture par l’Assemblée nationale et contre l’avis du gouvernement et de plusieurs député(e)s soucieux du bien public et de la santé des Français, vont permettre aux régions viticoles et aux producteurs de vanter « les terroirs et le patrimoine culturel, gastronomique ou paysager liés à une boisson alcoolique disposant d'une identification de la qualité ou de l'origine. » Autrement dit, la loi Evin en prend un  grand coup dans l’aile.

Les addictologues et les alcoologues étaient vent debout contre la modification de la loi. Ils considèrent avec juste raison que les nouvelles possibilités légales offertes aux professionnels des alcools ouvrent la porte à une promotion déguisée de boissons alcoolisées et que les jeunes générations, notamment, seront donc susceptibles — car visées en priorité — de s’adonner plus aisément à des consommations importantes ou excessives d’alcool.

Il faudra nous expliquer en quoi les actions de prévention contre les addictions de toutes sortes sortiront renforcées par le texte voté par les parlementaires. Il faudra justifier ce relâchement coupable de la part des élus de la nation plus soucieux de bénéfices électoralistes que de la santé des Français. Un médecin a déclaré : « Les élus lâchent la loi Evin pour offrir à la viticulture toute une série de possibilités de communication qui vont échapper à la loi, sous prétexte de sécuriser le secteur de l'œnotourisme, qui n'a jamais été inquiété ». Pour s'opposer aux lobbies, il faut du courage. Marisol Touraine n'en manque pas mais elle est bien seule.

24 novembre 2015

« Le prophète a dit que la musique transformait les hommes en singes ou en porcs » : l'inquiétante parole d'un imam quiétiste !


Il est devant des enfants joyeux et déclare : « Qui fait de la musique ? Toi ? Tu joues de la batterie ? Tu vas devoir arrêter parce que le prophète a dit que la musique transformait les hommes en singes et en porcs. » Dans un autre prêchi-prêcha, le même homme parle des femmes « sans pudeur, celles qui ne portent pas le niqab ». « Ce qu’elles cherchent, c’est qu’on abuse d’elles…» et le reste à l’avenant.

L’auteur de ces paroles est un imam quiétiste. Comme aurait dit Coluche, un imam je sais ce que c’est mais un imam quiétiste (en communion avec Dieu !) ? Eh bien il en existe un à Brest. Dans une mosquée salafiste animée par un drôle de zèbre perquisitionné récemment dans le cadre de l’Etat d’urgence mais laissé en liberté faute — pour les enquêteurs — d’avoir trouvé des armes et des explosifs. Et si les armes, c’était des mots, ses mots. Et si les explosifs c’était ses formules qu’on trouve dingues mais qui sont appréciées par des milliers de followers sur twitter ou sur facebook.

Lucien Rebatet, non plus, ne possédait ni armes ni explosifs mais sa littérature fétide et antisémite l’a tout de même conduit au poteau d’exécution. Je sais bien qu’il existe la loi de séparation des églises et de l’Etat. Les responsables de ce dernier ont certainement leur mot à dire quand des enfants (1) sont donnés en pâture à des obscurantistes osant assurer que la musique pervertit les mœurs et que les femmes non voilées méritent d’être violées.

Les images et les prêches de ce dément ordinaire devraient susciter des poursuites judiciaires. On ne luttera pas contre les islamo-fascistes uniquement avec des bombes. Il faut aussi les contrer sur les terrains idéologique, éducatif, judiciaire s’il le faut. Il existe, à Brest, une association de riverains de la mosquée, terrifiés par le discours de cet imam original autant qu’inquiétant. On leur souhaite bien du courage.

(1) Je ne suis pas certain d'avoir bien vu mais me semble qu'il n'y avait que des garçons dans la salle de « cours ».

« Ma France à moi » par Pierre Perret


Sur son site, Pierre Perret a publié le texte suivant après les attentats de Paris (1).
« Ma France à moi
C’est celle de 1789, une France qui se lève, celle qui conteste, qui refuse , la France qui proteste qui veut savoir, c’est la France joyeuse, curieuse et érudite, la France de Molière qui tant se battit contre l’hypocrisie, celle de La Fontaine celle de Stendhal, de Balzac, celle de Jaurès, celle de Victor Hugo et de Jules Vallès, la France de l’invention, des chercheurs, celle de Pasteur, celle de Denis Papin et de Pierre et Marie Curie, la France des lettres, celle de Chateaubriand, de Montaigne, la France de la Poésie, celle de Musset, d’Eluard, de Baudelaire, de Verlaine et celle d’Aimé Césaire, la France qui combat tous les totalitarismes, tous les racismes, tous les intégrismes, l’obscurantisme et tout manichéisme, la France qui aime les mots, les mots doux, les mots d’amour, et aussi la liberté de dire des gros mots la France qui n’en finira jamais de détester le mot «soumission» et de choyer le mot révolte.
Oui ma France à moi c’est celle des poètes, des musiciens, celle d’Armstrong, celle de l’accordéon, celle des chansons douces, des chansons graves, des espiègles, des humoristiques, des moqueuses ou celles truffées de mots qui font rêver d’un amour que l’on n’osera jamais déclarer à celle qu’on aime.
Ma France à moi c’est celle de Picasso, de Cézanne et celle de Soulages, celle d’Ingres, celle de Rodin, la France des calembours, des «Bidochons», celle de la paillardise aussi bien que celle du «chant des partisans».
Ma France c’est celle de Daumier, celle de l’ «Assiette au beurre», du «Sapeur Camembert», celle de Chaval, celle de Cabu, de Gottlieb, de Siné, celle du «Canard», de «Fluide Glacial» et de «Charlie», drôles, insolents, libres !
Ma France, c’est aussi celle des dictées de Pivot celle de Klarsfeld et celle de Léopold Sedar Senghor, la France des «Enfants du Paradis» et des «Enfants du Veld ’hiv», celle de la mode libre, celle de la danse, des flirts et des câlins, celle de la musique douce et des rock déjantés, celle de la gourmandise, ma France à moi c’est une France capable de renvoyer dos à dos la Bible et le Coran s’il lui prend l’envie d’être athée.
Eh oui ! Ma France est une France libre, fraternelle et éternellement insoumise aux dictats de la «bienpensance».
Il n’est qu’en respectant toutes ces diversités qu’on arrive un jour à vivre la «douce France» de Trenet. Celle qui m’a toujours plu et que notre jeunesse lucide et combative fera perdurer par-delà les obscurantismes.
Figure révolutionnaire emblématique durant «La commune», le «Père Duchêne» écrivait au frontispice du journal qu’il publiait en 1793 : «La République ou la Mort !» Son journal coûtait 1 sou… mais on en avait pour son argent.
Méditez cela, c’est gratos, à bientôt les amis. »

21 novembre 2015

Wallerand de Saint Just, propagateur zélé, charognard intégriste


Le ci-devant Wallerand-de-Saint-Just, catholique intégriste, ancien membre du GUD, antigaulliste forcené, trésorier du front national, avocat de tout ce que notre pays compte de membres de l’extrême droite ayant eu maille à partir avec notre justice, transformé en ministre de ladite justice de Marine Le Pen dans un livre de fiction, et enfin tête de liste aux prochaines élections régionales en Ile-de-France conduit sa campagne électorale de manière volontairement provocatrice. Et totalement irresponsable.

Ne vient-il pas, ce catho traditionnaliste de Saint-Nicolas du Chardonnet et adepte de Saint Pie X, de demander la mise sous tutelle de la commune de Saint-Denis que des élus de gauche, bien sûr, auraient sciemment mis en coupe réglée au bénéfice des islamistes radicaux achetant ainsi une paix sociale…imaginaire ?

Les socialistes, communistes et autres démocrates crient au scandale et annoncent des poursuites contre cet avocat des mauvaises causes. Ils reprochent à de Saint-Just d’utiliser à des fins de propagande électorale le malheur qui a frappé notre pays, notre capitale et nombre de personnes ne désirant qu’une chose, l’amour de la vie. Ils lui reprochent, tel un charognard, d’utiliser à des fins misérablement électoralistes les assassinats ciblés et les atroces souffrances psychologiques et physiques causées à des centaines de Parisiens français ou étrangers.

Je ne doute pas un seul instant que les électeurs sauront, lors du vote du 6 décembre, infliger un camouflet retentissant à ce misérable propagateur. L’intoxication ne passera pas !

20 novembre 2015

L'enfer constitutionnel est toujours pavé de bonnes intentions


L’échange de textes avec Jean-François Lamour m’a ouvert les yeux sur un aspect non secondaire des attentats de Paris. Je veux parler du droit et des lois. Si l’émotion, le chagrin, la compassion et la solidarité nous emportent tous dans des contrées intimes, nous devons continuer de vivre et d’affirmer les valeurs et les principes qui fondent une grande démocratie.

Voilà pourquoi, même si certains considèrent que c’est penser à contre courant dans le climat ambiant de peur et d’anxiété (tout à fait normal d’ailleurs) il convient de regarder de très près les textes proposés au vote du parlement. Mettons nous bien d’accord : le décret sur l’état d’urgence était nécessaire et il démontre son utilité tous les jours. La loi a prévu que sa durée ne pouvait excéder douze jours sans vote du parlement pour le prolonger ce qui se fait en ce moment même. Il sera donc prolongé de trois mois pendant lesquels les perquisitions administratives vont se poursuivre à un rythme soutenu. Mais la loi prévoit également d’autres mesures : le port permanent d’une arme par les policiers, les assignations à domicile sur simple suspicion avec port de bracelet électronique pour certains (sous réserve de constitutionnalité) les restrictions relatives aux rassemblements, manifestations, susceptibles de provoquer des troubles à « l’ordre public »(1), le blocage de sites internet. Il s’agit donc bien, comme l’a reconnu Manuel Valls, d’une atteinte à des libertés fondamentales. Ce délai de trois mois sera-t-il à nouveau prolongé, ce qui nous ferait entrer dans un autre monde, moins balisé, moins contrôlé (même si les commissions du Parlement sont informées) plus soumis à l’éventuel arbitraire des préfets et donc du pouvoir exécutif.

Henri Leclerc, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, invite le gouvernement à une vigilance extrême quant aux modifications constitutionnelles envisagées par le président. Car la constitution, le texte de notre appartenance commune à la nation, peut être utilisée par des hommes ou des femmes moins scrupuleux que ceux détenant le pouvoir actuellement. Je vais parler franc : avec une Marine Le Pen au pouvoir, que deviendraient l’usage et l’application de mesures restrictives de libertés sans contrôle de l’appareil judiciaire ? Qui pourrait être visé ? Des militants politiques, des syndicalistes ? Le droit de grève et de manifester serait-il durablement mis en cause ?

Quand j’entends Marine Le Pen parler de Chistiane Taubira et mentir de manière éhontée à son sujet, je me demande ce qu’elle sera bien capable d’inventer pour justifier ses futurs actes border line. On a donc raison de s’inquiéter et de veiller à ce que l’arbitraire ne puisse devenir un mode de gouvernance. En ce sens la loi doit nous protéger. Et elle doit nous protéger de tous les excès et de toutes les passions. La constitution est un socle sur lequel est bâti notre art de vivre à la française. Y toucher mérite de la prudence et l’examen attentif de mesures applicables aujourd'hui, certes, mais aussi dans l'avenir. Et comme chacun sait, il n’est écrit nulle part.

(1) L'ordre public est une notion floue arrangée à toutes les sauces sécuritaires.

Vente de terrains à Val-de-Reuil : un million d'euros dans les caisses de la ville


Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil communique : 

« Au cours de la séance du Conseil municipal du 24 novembre prochain, la Ville de Val-de-Reuil vendra plus de 100.000 m² de terrains constructibles à six investisseurs. Le produit de ces cessions dépassera le million d’euros.

Au-delà de sa dimension budgétaire, de ce témoignage supplémentaire de l’attractivité retrouvée, cette opération permettra la construction d’une centaine de maisons qui participeront à atteindre l’objectif de 1000 logements construits d’ici 2020, condition d’une vraie mixité sociale, du rééquilibrage entre logements sociaux et propriétés privées, de la constitution de parcours locatifs sur le territoire communal. Plusieurs projets importants n’attendent donc que le feu vert du conseil municipal.

La Ville en retirera, premièrement, un gain démographique. Sur le terrain de l’ancien Foyer des Horizons, aujourd’hui « désaffecté » et dont l’entretien permanent demeure, sur près de 5200m², à la charge des services techniques de la Ville, la société AMEX propose la réalisation de 14 logements. La société Altitude Lotissement souhaite racheter deux vastes parcelles de 86.226m² actuellement en friche entre l’éco-quartier des Noés et l’avenue des Falaises afin d’y aménager 77 lots à bâtir. Ces 100 logements apporteront à la commune 100 nouvelles familles dont les enfants rejoindront les écoles, les parents fréquenteront les commerces, les loisirs animeront les installations sportives et culturelles et dont les contributions abonderont les recettes communales.

La ville en retirera, deuxièmement, un gain économique. Une offre de commerces et de services plus riche, la présence d’entreprises plus nombreuses seront la conséquence de cette décision municipale. C’est ce que permettra, par exemple, la vente d’un terrain de 5000m², voie des Clouets, à la société de géomètre-expert AGEOS, actuellement locataire de locaux devenus vétustes et exigus voie du Futur, l’installation d’une boulangerie-pâtisserie près du nouvel écoquartier des Noés, l’acquisition, avenue des Falaises, à côté de la maison du département, d’un terrain d’une superficie de 1600m² sur lequel s’implantera un cabinet de médecins. C’est ce que permettra enfin la construction d’un centre de formation en soins paramédicaux porté par le F4S. Grâce à ces investissements, c’est tout un quartier qui se construit autour du nouveau théâtre, de la gare modernisée et des nouveaux ateliers municipaux.

La Ville en retirera, troisièmement, un meilleur aménagement urbain. Le conseil municipal accueillera, en effet, les représentants du groupement IMMOCHAN/NACARAT/Jacques FERRIER Architectures qui décriront leur projet pour l’Ilot 14, vaste parcelle qui accueillera de nouveaux logements, de nouveaux commerces, de nouvelles offres de services et de formations, un véritable centre-ville pour que Val-de-Reuil poursuive sa marche en avant et que ce conseil municipal apporte son lot de bonnes nouvelles comme tous ceux qui se sont succédé depuis 2014.

Outre qu’ils seront la base d’investissements futurs considérables, ce million d’euros est un moyen, à l’heure du redressement des comptes publics, de maintenir la bonne santé financière de la Ville, de ne pas augmenter sa fiscalité, de diminuer sa dette, de poursuivre son développement et de tenir le cap des 20 000 habitants. »

18 novembre 2015

La réponse de Jean-François Lamour

Suite à l'article publié récemment sur ce blog dans lequel je déplorais une déclaration de M. Lamour sur France Culture, celui-ci m'écrit : 
 
« Monsieur, Je vous répondrai ce que j'ai répondu à un autre de nos concitoyens qui s'était ému de cette expression malheureuse, tant sur le fond que sur la forme, en vous disant que j'ai immédiatement regretté ces termes qui ne traduisaient pas ma pensée.

Mon propos, certes mal formulé, mais également sorti du contexte des questions qui m'étaient posées comme suite aux annonces faites devant le Parlement réuni en Congrès, était de dire que les Français demandent des actes et un dispositif juridique permettant de garantir leur sécurité, et n'accordent pas d'importance au débat juridique sur le point de savoir si l'état d'urgence doit rester une loi ou intégrer la Constitution.

Si je comprends votre réaction, je vous prie de ne pas douter de mon plus grand respect non seulement pour le « droit », mais surtout pour l'État de droit et nos institutions démocratiques, dont attestent, si besoin en était, mon travail à l'Assemblée nationale et mon parcours personnel. »

JF Lamour