24 mars 2014

A Louviers tout reste à faire pour un second tour très ouvert


Philippe Thouément continue le combat…(photo JCH)
A Louviers, tout reste à faire pour le second tour des élections municipales. Les 34,7 % de la liste Martin (PRG-PS-Verts) la placent certes en tête du scrutin mais à l’évidence, si les deux listes de droite fusionnent, celle d’Anne Terlez, dite sans étiquette mais MODEM (18,9 %) et celle de François-Xavier Priollaud (UMP-UDI avec 21,66 % des suffrages) il y aura bel et bien un risque pour la gauche de perdre la mairie qu’elle occupe depuis 1995. Le maintien de la liste du Front national (16,71% des suffrages) lui permettra d’avoir deux ou trois élus tandis que la liste NPA-PC (8,07 %) n’a pu passer le cap des 10 % des suffrages exprimés et est donc éliminée. Malgré les menaces du FN, d’une part, de la droite d’autre part, Philippe Thouément (tête de liste NPA) a déclaré que sa liste ne donnerait aucune consigne de vote. Franck Martin paie là le produit d’une relation chaotique avec le NPA local ponctuée d’un mépris certain de la part du maire sortant pour une gauche protestataire par ailleurs peu encline à exercer des responsabilités. Le score relatif de la liste Martin s’explique évidemment par le contexte national mais aussi par une usure du pouvoir. La campagne de FM calquée sur celle de 2008 n’a pas brillé par l’imagination ni le renouvellement. Or, on sait qu’un bilan (même considéré comme bon par nombre de Lovériens) ne fait pas une élection. Encore moins un sondage soi-disant mirifique à six mois du vote ! Il s'est sans doute ajouté un trouble dans l'électorat face à la personnalité du maire lequel, avec le temps, semble avoir pris des distances avec les enjeux locaux. L'abandon de la présidence de la CASE peut être considéré comme un exemple de ce détachement bien compréhensible après 19 ans passés à la mairie.
Franck Martin a pourtant deux atouts dans son jeu : Primo, le fait que François-Xavier Priollaud soit probablement la future potentielle tête de liste à droite va lui simplifier la vie. Une liste de droite unie conduite par Anne Terlez aurait été bien plus dangereuse. Elle comporte en effet un nombre de Lovériens bien intégrés à la vie de la ville et a bénéficié du dynamisme « revanchard » de Jacky Bidault, ancien adjoint du maire sortant lequel a sorti quelques dossiers brûlants comme la circulation et le stationnement en centre-ville. Le vote commerçant a échappé à la liste Martin. FXP est, quant à lui, un politicien surtout tourné vers l’avenir législatif et son intérêt pour Louviers n’est que conjoncturel. 
Secundo, les abstentionnistes se recrutent surtout à gauche. Avec une participation de 54 % au premier tour, la gauche a du grain à moudre en allant chercher les électeurs avec les dents, comme on dit dans le jargon. Il y a donc là un réservoir important qu’il va falloir mobiliser cette semaine si la liste PRG-PS-Verts veut gagner.
Jacky Bidault et Anne Terlez suivent les résultats affichés. (photo JCH)
Il est certain que la victoire de l’une ou l’autre liste se jouera dans un mouchoir de poche. Il y aura donc foule, dimanche prochain, dans la salle du Moulin pour assister au dépouillement et découvrir le nom du gagnant ou de la gagnante. Avec des conséquences importantes au sein de l’agglomération Seine-Eure puisque les équilibres gauche-droite pourraient être rompus. Il est vrai que Val-de-Reuil, Pont-de-l’Arche et quelques autres communes importantes comme Alizay, Pitres, le Manoir-sur-Seine, Montaure, La Haye-Malherbe, Heudebouville, vont renvoyer à l’agglo des maires de gauches. Ce qui ne sera pas le cas à Evreux, les Andelys, Vernon…où la droite a le plus de chances de l’emporter. Le flux et le reflux, tel est le rythme inexorable de la vie politique en France. Et dans l’Eure.

23 mars 2014

Marc-Antoine Jamet réélu dès le premier tour à Val-de-Reuil

Marc-Antoine Jamet, maire sortant de Val-de-Reuil est réélu dès le premier tour devant la liste dissidente de Michaël Amsalem, fils de l'ancien maire. La droite est devenue inexistante.

La droite lovérienne vire en tête après le premier tour des municipales


Je reviendrai dès demain en détail sur le vote des électeurs de Louviers. Ce soir, je me contente de vous donner les résultats en pourcentages et en voix des différentes listes. Ont obtenu : Liste Terlez : 1101 voix (18,9 %) liste FN : 975 voix (16,71 %) Liste Priolllaud (UMP) 1264 voix (21,66 %) Liste Thouément (NPA-PC) 471 voix (8,07 %) Liste Martin : 2025 voix (34,7 %). A l'évidence, le second tour sera chaud. Philippe Thouément (NPA) a annoncé que sa liste ne donnerait aucune consigne de vote tandis que les deux listes de droite s'apprêtent à discuter et donc à fusionner. Le FN maintiendra sa liste et aura deux ou trois élus.

La langue de VIP de Louis Aliot, dirigeant du Front national


Louis Aliot, l’un des principaux responsables du Front national, a dû présenter ses excuses à une journaliste de l’Indépendant de Perpignan après lui avoir adressé un message par erreur dans lequel il la traitait de « pute » et affirmait qu’elle pourrait toujours courir après lui pour avoir des commentaires au soir du dépouillement. Pourquoi tant de gentillesse ? Parce que la journaliste faisant preuve d’initiative a rendu public le fait que six des candidats de la liste FN n’étaient pas inscrits sur les listes électorales de la ville. Aliot a précisé que sa liste faisait l’objet de critiques répétées dans ce quotidien pour justifier son langage de charretier.
En réalité, sous des oripeaux de bienséance et d’amabilité jouée, nombre d’hommes et de femmes politiques (notamment au FN) ne prennent pas de gants pour fustiger leurs adversaires et ceux présentés comme tels. C’est une question d’éducation, sans aucun doute, mais c’est aussi la preuve du mépris et de la condescendance qu’éprouvent certains candidats au suffrage universel comme si les codes habituels de courtoisie et de respect de l’autre ne fonctionnaient pas. Avec Jean-Marie Le Pen, on était habitué à ces écarts de langage même si l’homme savait manier l’imparfait du subjonctif et respecter la concordance des temps.
Il est particulièrement significatif qu’en privé, les langues se délient et que les injures et les insultes pleuvent comme à Gravelotte. Les journalistes, et j’en sais quelque chose, sont forcément en première ligne quand ils dénoncent des abus, des délits ou des éléments d’information significatifs suscitant l’indignation souvent ou la haine parfois. Indiquer aux électeurs que des candidats, quel que soit leur parti, ne votent pas dans la ville qu’ils souhaitent gérer, est un indicateur du faible attachement de ces personnes pour cette ville mais c’est aussi et surtout une preuve des difficultés éprouvées par les responsables locaux du Front national pour boucler leur liste. En ce sens, l'information est signifiante.
F. Michalac, journaliste perpignanaise, doit pouvoir compter sur le soutien de sa direction, de ses confrères et de ses consœurs. Une fois au pouvoir qui sait ce que feraient ces adeptes de l’invective à l’égard de la presse…et de leurs adversaires ?

La STASI était une police politique destinée à espionner les opposants mais surtout pas un organe judiciaire


« Le ministère de la Sécurité d’État (Ministerium für Staatssicherheit, MfS), dit la Stasi, était le service de police politique, de renseignements, d'espionnage et de contre-espionnage de la République démocratique allemande (RDA) créé le 8 février 1950. Sous tutelle du gouvernement de la RDA, la Stasi était désignée comme « le glaive et le bouclier du parti » (« Schild und Schwert der Partei ») par la propagande du régime. »
Il s’agissait donc bel et bien d’une police politique au service d'un parti et d'une idéologie totalitaires. Dans « la vie des autres » un film auquel Nicolas Sarkozy fait allusion dans le texte qu’il a commis dans Le Figaro, on assiste à la prise de conscience d’un policier chargé d’espionner 24 heures sur 24 un écrivain dissident. In fine, l’auteur des écoutes, conscient de l’absurdité et de la violence d’un tel comportement, détruira les enregistrements et les notes de synthèses.
Dans la France d'aujourd'hui, nulle police politique ni service chargé d’enquêter, d’écouter, de harceler les opposants au pouvoir. C’est si vrai que, comme l’indiquent de nombreux médias, toutes les mesures visant à restreindre les libertés et les droits de l’homme depuis une décennie l’ont été sur proposition de Nicolas Sarkozy, qu’il soit ministre de l’Intérieur ou Président de la République. Et les entorses aux lois existantes l’ont été, par exemple, par Bernard Squarcini, chargé par le président d’identifier les sources de certains médias. Ou par le procureur Courroye, très habile pour classer les dossiers quelque peu gênants pour l’ancien pouvoir.
Comparer la France et l’ancienne Allemagne de l’Est c’est, selon l’avis d’une magistrate, se « suicider » judiciairement en usant de moyens totalement inadaptés et d’arguments non recevables. Autrement dit, les conseillers de l’ancien président ont eu tort de forcer le trait et de choisir l’outrance à l’argumentation. Car son texte ne contient aucune réponse aux questions que se posent ceux et celles qui ont pris connaissance des écoutes publiées par Médiapart.
Quel sera l’effet — s’il y en a un — de ce brûlot anti-magistrats de Nicolas Sarkozy ? Occuper le terrain pour gêner Alain Juppé et François Fillon ? Détourner l’attention en choisissant le terrain politique pour éviter d’entrer sur le terrain judiciaire ? Gageons que les actes futurs et très prochains (?) des juges d’instruction permettront d’en savoir plus sur la réalité des faits et des conséquences éventuelles pour l’ancien président de la République.

Nicolas Sarkozy craint plus que tout une future peine d'inéligibilité s'il était convaincu de trafic d'influence


Suite aux révélations du site Mediapart sur les écoutes Sarkozy et les sources d’information dont disposaient ce dernier et son avocat, les journalistes Fabrice Arfi et Karl Laske sortent scoops sur scoops et semblent avoir tissé un remarquable réseau d’informateurs enclins à sortir les dossiers les plus embarrassants pour les puissants. La France dispose donc d’un site à la Edward Snowdon du non de ce lanceur d’alertes à l’origine des écoutes mondialement réalisées par la NSA des Etats-Unis. Tous nos mails, tous nos échanges, toutes nos données personnelles sont lus, enregistrés, stockés sans fin dans les immenses disques durs des services secrets américains.
Après que Médiapart nous a appris que Me Herzog et son client-ami avaient un informateur de première classe à la Cour de Cassation, on sait maintenant qu’une taupe s’est glissée au sein de l’enquête policière et judiciaire et est venue interférer dans l’information de l’ancien président. Les soupçons semblent se porter sur une personne bien placée au Conseil de l’Ordre des avocats du barreau de Paris puisque le Bâtonnier est informé — légalement — de toutes les initiatives des juges d’instruction relatives à des auxiliaires de justice membres du barreau. Ainsi, Me Herzog et l’ancien président ont été mis au courant en amont des perquisitions que la police judiciaire allait accomplir chez eux, qu’il s’agisse des locaux professionnels ou de leurs résidences. Et c’est sans doute la même personne qui les a informés avoir été mis sur écoutes, qu’il s’agisse du premier ou du second téléphones portables au nom de Paul Bismuth (1). D’où la rapidité avec laquelle les magistrats ont organisé leurs perquisitions.
La publicité faite à ces écoutes est redoutable pour Sarkozy-Herzog. Et aussi pour le magistrat de la Cour de Cassation le fameux Gilbert Azibert. Les voilà embarqués dans une sale affaire puisque le trafic d’influence implique corrompu(s) et corrupteur(s). Qui sait même si en cas de poursuites et de jugement, Nicolas Sarkozy ne serait pas frappé d’une peine d’inéligibilité…comme son ancien ami Juppé. C’est sans doute ce qu’il redoute le plus. Je pense également aux avocats qui ont lancé la fameuse pétition destinée à épargner leur confrère…Je suis même étonné qu’un juriste aussi compétent que Me Dupont-Moretti se soit laissé embarquer dans une galère (la pétition des centaines d'avocats) dont on mesure mieux aujourd’hui l’aspect corporatiste puisque la publication des écoutes démontre que Me Herzog n’est pas tout blanc (même si je demeure favorable à une révision des textes permettant de mieux encadrer le nécessaire lien confidentiel entre avocat et client). Surtout quand on apprend qu’il a traité de « bâtards » les juges d’instruction de Bordeaux lesquels, selon lui, devaient revoir leur copie après la décision de la Cour de Cassation (2) finalement défavorable aux demandes de Nicolas Sarkozy. Les agendas de l’ancien président de la République demeureront donc utilisables par les juges d’instruction dans d’autres affaires comme l’arbitrage Tapie, par exemple, à moins que le droit ne dise le contraire dans le futur.
Quelques porte-parole de la droite ont tenté d’ouvrir des contre-feux. Tous sont maintenant convaincus que la nouvelle affaire Sarkozy va susciter des tensions après les municipales. Un Fillon ou un Juppé se frottent les mains. Quant aux Guéant, Guaino et Hortefeux, ils baissent d’un ton et se font plus discrets. Ils pourront toujours invoquer l’atteinte au secret de l’instruction. Le plus extravagant demeure la violente charge de Sarkozy (dans le Figaro) contre le pouvoir politique et les juges. Ayant intégré le long chemin restant à parcourir avant que les affaires disparaissent du paysage…ou au contraire fassent la Une pendant des semaines, Nicolas Sarkozy a souhaité jouer le rôle qui lui convient le mieux : celui de victime. Il a même comparé les enquêtes et les écoutes à des pratiques totalitaires (cf la Stasi) oubliant qu’en France, ce ne sont pas les politiques qui écoutent mais des policiers agissant sur commission rogatoire des juges d’instruction, indépendants et autonomes. Le gogo peut être sensible à l’argumentation de l’ancien président. Pas les Français avertis des choses de l’Etat de droit. Peut-être s’agit-il là d’une forme de chant du cygne, d’un coup d’éclat appelé à devenir un coup d’épée dans l’eau.

(1) Ce Paul Bismuth existe. Il s’agit d’un camarade de classe de Me Herzog qui a d’ailleurs décidé de porter plainte pour usurpation d’indentité. L’avocat a donc fait de fausses déclarations pour enregistrer le nom du titulaire du portable…
(2) Pendant plusieurs semaines, Herzog-Sarkozy ont été sûrs de leur coup. Ils pensaient que les dix conseillers de la Cour appelés à juger leur donneraient raison. Leur surprise a été douloureuse.

19 mars 2014

Les révélations de Mediapart ravageuses pour le couple Sarkozy-Herzog

 Suite aux révélations du site Mediapart sur les écoutes Sarkozy et les sources d’information dont disposaient ce dernier et son avocat, j’ai l’impression que les journalistes du Monde ont du mal à accepter la rivalité professionnelle les opposant au maintenant célèbre site Internet. Les journalistes d’Edwy Plenel sortent scoops sur scoops et semblent avoir tissé un remarquable réseau d’informateurs enclins à sortir les dossiers les plus embarrassants pour les puissants. La France dispose donc d’un site à la Edward Snowdon du non de ce lanceur d’alertes à l’origine des écoutes mondialement réalisées par la NSA des Etats-Unis.
Après que Médiapart nous a appris hier soir, que Me Herzog et son client-ami avaient un informateur de première classe à la Cour de Cassation, on sait maintenant qu’une taupe s’est glissée au sein de l’enquête policière et judiciaire et est venue interférer dans l’information de l’ancien président. Les soupçons semblent se porter sur une personne bien placée au Conseil de l’Ordre des avocats du barreau de Paris puisque le Bâtonnier est informé — légalement — de toutes les initiatives des juges d’instruction relatives à des auxiliaires de justice membres du barreau. Ainsi, Me Herzog et l’ancien président ont été mis au courant en amont des perquisitions que la police judiciaire allait accomplir chez eux, qu’il s’agisse des locaux professionnels ou de leurs résidences. Ainsi, c’est sans doute la même personne qui les a informés avoir été mis sur écoutes, qu’il s’agisse du premier ou du second téléphone portable au nom de Paul Bismuth (1). D’où la rapidité avec laquelle les magistrats ont organisé leurs perquisitions.
La publicité faite à ces écoutes est redoutable pour Sarkozy-Herzog. Et aussi pour le magistrat de la Cour de Cassation le fameux Gilbert Azibert. Les voilà embarqués dans une sale affaire puisque le trafic d’influence implique corrompu(s) et corrupteur(s). Je pense également aux avocats qui ont lancé la fameuse pétition destinée à épargner leur confrère…Je suis même étonné qu’un juriste aussi compétent que Me Dupont Moretti se soit laissé embarquer dans une galère dont on mesure mieux l’aspect corporatiste. Surtout quand on apprend que Me Herzog a traité de « bâtards » les juges d’instruction de Bordeaux lesquels, selon lui, devront revoir leur copie après la décision de la Cour de Cassation (2) finalement défavorable aux demandes de Nicolas Sarkozy. Les agendas de l’ancien président de la République demeureront donc utilisables par les juges d’instruction dans d’autres affaires comme l’arbitrage Tapie, par exemple, à moins que le droit dise le contraire dans le futur.
Quelques porte-parole de la droite ont tenté d’ouvrir des contre-feux. Tous sont maintenant certains que la nouvelle affaire Sarkozy va susciter des tensions au sein de la droite. Un Fillon ou un Juppé se frottent les mains. Quant aux Guéant, Guaino et Hortefeux, ils vont sans doute baisser d’un ton et se faire plus discrets. Ils pourront toujours invoquer l’atteinte au secret de l’instruction. Pour des hommes qui manipulent le droit et la loi, la remarque sera malvenue.
(1) Ce Paul Bismuth existe. Il s’agit d’un camarade de classe de Me Herzog. Ce dernier a donc fait de fausses déclarations pour enregistrer le nom du titulaire du portable…
(2) Pendant plusieurs semaines, Herzog-Sarkozy ont été sûrs de leur coup. Ils pensaient que les dix conseillers de la Cour leur donneraient raison. La surprise a été douloureuse.

François Loncle communique : 
« Les derniers propos de Nicolas Sarkozy révélés par les écoutes téléphoniques sont proprement sidérants. Ils jettent une lumière crue sur les conceptions et les pratiques d’un homme capable de toutes les turpitudes pour entraver la marche de la justice.
Chaque jour, de plus en plus discrédité, de plus en plus confronté aux scandales, Nicolas Sarkozy ne peut plus faire figure de recours pour la droite. Au contraire, il ne cesse de plomber celle-ci.
Décidément, Nicolas Sarkozy ne pourra pas revenir en politique. Sauf sous le nom de Paul Bismuth, étrange pseudonyme évoquant un métal particulièrement toxique. »

18 mars 2014

Le président de l'UMP ne sait rien des affaires internes de son parti. Comme dirait Copé : « qui le croira ? »

Jean-François Copé est impayable. Interrogé lors d’une récente émission de radio sur la vague bleue qu’il promet dimanche prochain lors des élections municipales, il n’a pas hésité à grossir le trait et à charger lourdement la barque du gouvernement. Il considère que la gestion de Hollande-Ayrault mérite d’être sanctionnée dans les urnes et que les futurs maires UMP feront mieux que leurs prédécesseurs de gauche là où ils seront élus. De la part du principal dirigeant de l’UMP, il aurait été surprenant qu’il tînt un autre discours. Il n’est toutefois pas aussi péremptoire qu’il y a quelques semaines. Sans doute a-t-il intégré les événements tragi-comiques avec les affaires Copé-Buisson-Sarkozy alors même qu’on ignorait le témoignage d’un ancien ambassadeur de France assurant qu’il savait depuis 2011 que la campagne de Sarkozy en 2007 avait été financée par les libyens de Kadhafi.
Appelé à commenter l’affaire des écoutes de Sarkozy, Copé n’a pas dit un mot sur le fond mais seulement des banalités sur les soi-disant « mensonges » des uns et des autres (1). De fil en aiguille, les journalistes finissent par le titiller sur les contrats passés par l’UMP avec la société des amis de Copé, la société Bygmalion. « Quel est le montant des dépenses engagées par l’UMP dans les contrats avec cette société ? » Copé ne sait pas. Il ne sait plus. Il a la mémoire qui flanche. Un autre journaliste l’interroge sur le contrat passé par Xavier Bertrand (ancien président de l’UMP) avec la société de Patrick Buisson — devenu le pestiféré à droite — en relation avec le frère de Jean-François Copé. Il a été signé en 2009. Il aura duré cinq ans et Copé confirme qu’il a été honoré mais ne sait pas bien combien il a coûté ni pourquoi son frère était partie prenante. Voilà un président de l’UMP qui ne sait rien des affaires internes du parti qu’il dirige. Il ne sait pas, il ne sait plus.

Il serait même content et serein de l’information ouverte par le parquet de Paris sur les comptes et les finances de l’UMP. Tout est réglo. Tu parles, avec Copé, on peut être rassuré. C’est comme avec la marionnette de Sarkozy aux guignols de l’info sur Canal Plus : dormez bonnes gens, je m’occupe de vous, je m’occupe de tout.Un cauchemar.

Dimanche soir, on aura trois réponses : le degré de mobilisation des électeurs (trices) de gauche, l’ampleur du recul du PS, le nouveau degré de confiance accordé à la droite UMP-UDI. 
(1) On sait maintenant que Christiane Taubira n'a été réellement informée par ses services que le 11 mars ! Elle n'a donc pas menti. Pourquoi n'a-t-elle pas dit toute la vérité ? Pour ne pas plomber sa directrice de cabinet. C'est tout à son honneur et non à celui de Copé.

Le front national n'a qu'un avenir politique éphémère

Il n’y a pas une région de France où des listes de candidats du Front national ne posent pas de problèmes. Ici, une candidate de 95 ans est morte depuis un mois, là, c’est une malade d’Alzeimer qui souhaite être élue ( !) ici encore, on apprend que des candidats enregistrés croyaient avoir signé une pétition et non pas une demande de candidature. Ici encore, une candidate pose devant une croix gammée, là encore, on trouve des dizaines d’étrangers sur des listes dont l’un des mots d’ordre est « pas de droit de vote pour les étrangers. » Comprenne qui pourra. Sans parler des illettrés embarqués dans une aventure essentiellement mathématique permettant de boucler des listes que le FN a eu le plus grand mal à constituer.
Quel étrange parti. Quelle étrange remarque que celle de Marine Le Pen assurant qu’on ne peut pas passer des centaines de candidats au scanner. Comprendre : il est normal qu’il y ait des bavures. La réalité est heureusement plus simple.

Le FN, donc, a eu énormément mal à composer des listes aux élections municipales. Les raisons en sont multiples. Le FN n’existe que dans le culte du chef : hors Marine point de salut. Il s’agit par ailleurs d’un parti aux théories franchement xénophobes et aux accents d’exclusion. La préférence nationale ne colle pas aux évolutions des sociétés civilisées et développées. Trouver des électeurs (trices) dans le secret des urnes n’est pas insurmontable. S’afficher sur une liste dont l’histoire n’est faite que de thèmes nationalistes est une autre paire de manches. Être candidat(e) c’est afficher publiquement ses choix de vie, ses préférences partisanes, c’est prendre le risque d’être montré du doigt, critiqué, vilipendé. Compte tenu des orientations de Marine Le Pen et surtout de celles de son père, il y a de la marge entre choisir le bulletin FN et défendre ses thèses au grand jour. Qu’on le veuille ou non, être marqué FN, aujourd’hui, est encore pour certains un moyen de sentir le souffre. Et quand on est commerçant, fonctionnaire, salarié d’une entreprise, cadre dirigeant…Se promener avec l’étiquette FN sur le front peut être ressenti comme une marque d’infamie.

Il faut dire que les dirigeants de ce parti ont tout fait pour en arriver là. Même si de plus en plus d’électeurs de droite disent ressentir une « proximité » avec les thèses du FN, les dirigeants de l’MP et surtout de l’UDI sentent bien qu’un accord électoral avec l’extrême droite ne serait pas viable à terme. Ils perdraient et leur âme et les élections. Car au fond de lui-même, le FN est le parti de la violence. Violence des mots, violence des propositions, violence des actions. Christiane Taubira a raison quand elle le qualifie de « morbide et mortifère ». Le FN n’aura donc qu’un avenir politique éphémère.

17 mars 2014

Pourquoi Nicolas Sarkozy chute dans les sondages

La chute dans les sondages de popularité devait, un jour ou l’autre, atteindre Nicolas Sarkozy. Voilà des années que la justice lui colle aux basques et que l’ancien président de la république parvient à échapper aux mises en examen, aux poursuites, quels que soient les dossiers le mettant en cause. Certes, les affaires judiciaires dans lesquelles il est acteur, témoin, sont loin d’être toutes bouclées et les juges (une dizaine dit-on) poursuivent leur travail de fourmi. De plus, certaines affaires comme le système des ressemblent à des poupées russes. Vous découvrez une piste, une autre s’ouvre. Vous mettez Takiedine en cause, Sarkozy apparaît ! voilà pourquoi les avocats protestent : le chalut judiciaire ratisse large et profond. Pourtant, jamais la popularité de Sarkozy n’avait réellement souffert de ces frasques judiciaires à répétition. Copé est au fond du trou, Fillon n’inspire que de la pitié, Juppé semble trop vieux. Qui à l'UMP pour remplacer Sarkozy dans la lutte pour le pouvoir suprême ? Sarko bien évidemment…
Mais avant de passer la main à Bertrand, Wauquiez, Le Maire ou tutti quanti, Sarkozy va donc résister et se battre contre les juges. C’est une lutte qu’il affectionne ;  Ceux qu'il avait traités de petits pois, ceux qu'il voulait supprimer lui pardonnent difficilement ses excès anti-institutions. Les juges sauf certains à la Cour de Cassation, sont ses adversaires préférés. On sait aussi que le tombeur de Pasqua à Neuilly-sur-Seine ne croit qu’en lui-même. Il est sûr de lui et dominateur. Il ne pense pas un seul instant qu’un (ou une) autre soit de taille à battre le candidat de la gauche ou celui (ou celle) du FN. C’est bien la raison pour laquelle l’anguille Sarkozy pense glisser entre les mains de ceux qui veulent l’attraper. Pourtant, l’affaire « Kadhafi » si elle va au bout des investigations, crée un vrai danger pour l’homme Sarkozy. Si jamais les documents et les affirmations de Mediapart sont vrais (1) on serait face à un scandale d’Etat bien supérieur à tout ce qu’on a connu. C’est si vrai que les Français, enfin, ouvrent les yeux sur la réalité du personnage et ses combines. Ils commencent à comprendre pourquoi Sarkozy voulait abandonner la politique et « faire de l’argent », ainsi qu’il l’avait clamé assez fort pour qu’on l’entende.
Cette chute de plusieurs points dans les sondages, après une période agitée pour la droite et l’UMP, aurait d’ailleurs dû intervenir beaucoup plus tôt dans le temps. On ne découvre pas Sarkozy en 2014. Lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, on savait comment la police fonctionnait et comment elle truquait les statistiques de la délinquance par exemple. A la présidence de la République, aucun impératif moral ne l’a arrêté. Et comme Sarkozy était protégé par son immunité, les affaires s’accumulaient sans que les juges puissent agir. Aujourd’hui Sarkozy est un homme redevenu ordinaire. Il subit les conséquences de son comportement et de ses abus. Et les Français s’en rendent compte. Enfin.
(1) Le site d'informations affirme que Kadhafi a versé 50 millions d'euros à Sarkozy pour financer sa campagne de 2007.