Donald Trump est un adepte
de la doctrine Pasqua. Même s’il n’a jamais entendu parler de l’ancien ministre
français, le nouveau président des Etats-Unis applique à la lettre une théorie
dont le créateur du SAC (service d’action civique) usait et abusait. Elle est
la suivante : quand vous êtes mis en cause dans une affaire, créez en une
de toutes pièces afin de détourner l’attention et l’intérêt des médias.
Inquiété par les liens des
membres de son entourage familial et « professionnel » avec la Russie de
Vladimir Poutine, plusieurs ministres étant mis en cause, le président a décidé
de s’en prendre à Barack Obama qui, selon lui, l’aurait mis sur écoute en
octobre dernier. Trump n’apporte évidemment aucune preuve ni aucun élément
permettant d’accréditer cette attaque. Il dit avoir découvert cette information
sur le site de Breitbart News dont l’un de ses principaux conseillers est,
comme par hasard, ancien éditorialiste et non des moindres puisqu’il s’agit de
Steve Banon. Autrement dit, le coup monté est évident. Les conseillers de
Barack Obama ont démenti cette affirmation diffamatoire mais Trump s’en tape le
coquillard.
Pour lui, ce qui compte c’est
d’enfumer l’opinion publique, de faire diversion, de créer le buzz autour d’une
soi-disant affaire qui éloignerait les journalistes de ses actes et de ses
manquements. Un magazine diffusé récemment à la télévision sur la vie de Trump
expliquait très bien comme l’un de ses mentors taillait en pièces la vérité et
comment il lui fallait réagir en cas de mise en cause : plutôt que de se défendre,
attaquer. C’est ce que fait Trump. Certes, la ficelle est un peu grosse
mais quand les hommes ou les femmes politiques décident de parler aux tripes
plutôt qu’à la raison des citoyens — le propre du fascisme au demeurant — leur
discours sème le doute, suscite des passions, crée un climat anxiogène
favorable à la colère et surtout à la théorie du complot.

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