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L'usine située près de Rouen. (DR) |
« Tout d'abord replaçons les
choses
: L’établissement LUBRIZOL fait
l’objet d’un classement Seveso seuil haut depuis le 10
août 2009, à la suite du reclassement de diverses matières
dangereuses stockées, mises en œuvre ou fabriquées sur son site. Ce classement
Seveso seuil haut est lié aux activités de fabrication et de stockage de
produits toxiques ou très toxiques pour l’environnement aquatique, sans
augmentation des activités et des risques depuis la situation précédente.
Dès
lors l’établissement LUBRIZOL-Rouen (il y a une autre unité sur la zone
industrialo-portuaire du Havre) a été intégré au CLIC de Rouen -Ouest (en fait aujourd'hui seul CLIC sur Rouen) celui de Rouen
Est a disparu du fait de l'arrêt d'activité de l'ensemble des sites SEVESO
seuil haut concernés au départ : lorsque vous passez par le train en gare de
Oissel, vous constaterez que l'ancienne usine Maprochim a complètement été
démantelée…bien évidemment à la suite d'un dossier suivi en CODERST et plus
concrètement par la DREAL).
La démarche en vue d’élaborer le PPRT a donc été
engagée par la DREAL sur la base de l’examen d’un certain nombre d’études de
dangers couvrant toutes les installations du site et révisées courant 2009
selon les dernières méthodes et normes en vigueur. Cela a permis d’identifier
une première série de mesures de réduction des risques potentiels à mettre en
œuvre par Lubrizol selon un échéancier fixé dans un arrêté préfectoral, de
définir le périmètre d’étude du Plan de Prévention des Risques Technologiques sur
les communes de Rouen et de Petit-Quevilly (PPRT prescrit par arrêté
préfectoral du 6 mai 2010). L’analyse
des enjeux menés par les services de la DDTM en collaboration avec les
collectivités concernées et la poursuite de l’identification des actions de
réduction du risque à la source par la société Lubrizol a permis d’identifier
au cours du second semestre 2010 une deuxième série de mesures de réduction des
risques potentiels (suppression de stockages de produits combustibles et de gaz
notamment). Ainsi, la DREAL a arrêté sur la base d’un certain nombre de
phénomènes dangereux réduits les cartographies des aléas qui a fait l’objet
d’une présentation officielle devant les personnes et organismes associés (POA)
le 11 février 2011 puis d’une réunion
publique en janvier 2012.
Après coup l’imbroglio Lubrizol
peut paraître simple…
Pourtant l’épisode LUBRIZOL conduit
paradoxalement à deux attitudes qui ne correspondent pas à notre pratique et
nos objectifs : objectif premier contenir le risque à la source et assurant
tant aux travailleurs (que nous n’oublions pas car ils sont les premiers
exposés) et aux riverains la sécurité à laquelle ils ont autant droit que les
plus privilégiés d’entre nous qui vivent loin de tous ces tracas.
Le secret sur la réalité du déroulement
de faits résultant d’un « incident », associé à une
communication de temps de guerre, laisse mal augurer de la capacité d’un
traitement ouvert et transparent en cas d’accident grave. Nous nous étions
félicités du bon travail de décryptage et de communication transparente lors de
la survenue de l’accident nucléaire de Fukushima, tout en nous demandant si
l’ASN & l’IRSN disposeraient de la même liberté de transparence, si nous
étions les lauréats du prochain tirage au sort…. (n’oublions pas qu’il ne reste
que nous parmi les pays les plus nucléarisés les USA, la Russie et le
Japon…. ont eu leur catastrophe même si les étasuniens ont eu beaucoup de
chance à Three Mile Island classement 5 sur INES).
Quant à ceux qui globalisent et prônent
la disparition de ces industries et de leurs risques, ils proposent sans le
formuler explicitement d’envoyer ces activités ailleurs loin d’eux… sans
contrôle. Pour avoir visité un complexe industrialo-portuaire tout neuf dans un
« grand pays émergeant » je puis témoigner que les bacs de rétention
autour des cuves de produits pétroliers sont telles qu’elles se faisaient chez
nous dans les années 50 (non étanches …) que les silos de céréales comportent
salles d’ensachage et bureaux administratifs au pied de ces derniers comme
avant Blaye… les retours d’expérience et les « normes » qui en ont
résulté ne sont pas appliquées. Le capitalisme financier continue à sacrifier
d’autres sites et d’autres populations….
Sans doute sommes-nous utopiste quand
nous demandons des industries « propres et sécurisées » mais dans
notre grand jeu somme zéro…. Si nous voulons
vraiment influer sur le déplacement climatique, tout en rééquilibrant le
désordre international afin de revenir vers une empreinte écologique de
« UN » alors que la généralisation de notre mode de vie européen
demanderait trois terres, il nous faut remettre à l’honneur des vertus
passablement oubliées :
Premier temps
un rappel des faits
— Lundi
21 janvier
C’est vers midi que nous apprenons de
riverains qu’il y a un problème chez Lubrizol. L’odeur est identifiée :
mercaptan.
Le communiqué de la Préfecture laisse
perplexe car son existence montre une importance que dénie son contenu
cherchant avant tout à rassurer. En milieu d'après-midi ayant réunion au PRS
sur le SRCAE, lorsque je suis passé à proximité du site (250m) j’ai
vérifié « nez au vent » une faible présence de mercaptan et rien
d’autre de perceptible (pas de H²S). Mais lorsque nous sommes sortis de
réunion un peu avant 20 h, il était évident que ce qui était encore appelé
« fuite », en fait l'émission indue, s'est accrue mais le contexte
météorologique était celui d’une inversion de température qui a pour
conséquence de maintenir les rejets et leurs odeurs sous « le couvercle de
la marmite ».
Plus tard dans la soirée l’odeur a été perceptible au nord
de Rouen mais également au sud au gré des vents locaux. Dans la nuit
l’inversion de température ayant disparu gaz et odeur ont entrepris le grand
voyage qui nous a valu la célébrité que l’on sait. Paris touché, cela devient
un problème national. Si chacun réfléchissait que Rouen est plus éloigné de
Paris que ne le sont Paluel et Penly, peut-être pourrait-on s’angoisser plus
pour un risque sournois inodore et sans saveur plutôt que pour une mauvaise
odeur qui pourrait faire dans l’avenir figure d’avertissement non
entendu !
— Mardi
22 janvier
Réveil en fanfare du côté des média, toutes
nos demandes d’informations en direction de nos interlocuteurs habituels se
heurtent à la même réponse embarrassée : seule la préfecture communique.
Or en dehors de communiqués sibyllins, pas moyen d’avoir un interlocuteur
auquel poser des questions, exprimer des doutes. En fin de matinée alors que
nous sommes aussi en relation avec le réseau Risque Industriel de FNE, la
conclusion qui s’impose à nous c’est qu’un incident qui dure depuis quelques
trente heures c’est au moins un accident matériel non maîtrisé…
C’est ce que je serai amené à dire dans
un sujet de « France 3 » en fin d’après-midi.
Nous ne croyons plus en une fuite, elle
aurait été colmatée, et du réseau Risque Industriel de FNE nous vient la
confirmation avec l’information de l’intervention de la cellule chimique de
l’INERIS spécialisée dans les réactions qui divaguent…
Sur le plateau de France 3, la Directrice
de Cabinet du Préfet reconnaît cette présence de l’INERIS. Pour nous il est
clair que Lubrizol n’a pas la maîtrise de l’accident en cours, cela situe mieux
la gravité réelle (on se moque de nous avec le terme « incident »)
l’appel à ceux qui sont les plus compétents en la matière que l’on nous dit
arrivé sur place l’après-midi même nous rassure…
Tous ces éléments forment le fond
du communiqué que nous proposons pour HNNE et FNE se prépare également à un CP
l’un et l’autre pour le lendemain.
— Mercredi
23 janvier : Au moment de partir pour le sud
de l’Eure, devant la surchauffe médiatique et la nécessité de peaufiner les
communiqués ( de HNNE et de FNE) annulation du programme : la journée
sera intégralement lubrizolée avec TF 1, Europe 1, des médias écrits et le
plateau de France 3
Revenons maintenant sur ces trois
jours à partir de ce que nous apprendrons par la suite… cela évite les
anachronismes en éclairant la compréhension d’une partie des zones d’ombre (et
il en reste !)
Même si le Secrétaire Général
de la Préfecture dont nous apprécions par ailleurs la volonté de transparence,
couvre ce qui a été fait, il faut mettre en cause les mauvaises pratiques
du SIRACED - PC service formant l'essentiel de la "cellule de
crise". Au fond de l'affaire on peut dire que les bonnes habitudes
d'information et de concertation n'étant pas acquises même pour les exercices
PPI sans enjeu, comment réagiraient ils correctement en période de crise
? Nous ferons ce qui sera possible pour saisir cette occasion
d'avancer !
Avoir conscience des difficultés inattendues pour
"neutraliser" techniquement l'incident qui a au contraire a pris de
l'ampleur après avoir semblé être réglé en milieu d'après-midi du lundi puis connu un épisode très odorant en
soirée, semblé à nouveau se calmer sur la nuit du fait des interventions
de l'exploitant permet de se rendre compte de l’état d’incertitude qui
prévalait.
(Estimer comme cela a été dit après-coup, qu'il aurait fallu de
notre part un communiqué dès lundi relève de
l'anachronisme pur et simple..... bien sur après coup tout est simple...
Le lundi soir ne savions rien de
certain et selon l'endroit où nous vivons, avons été touchés très diversement
par les mercaptans)
Dans le début de matinée de mardi
il était clair pour la Préfecture et la DREAL que Lubrizol Rouen n'avait pas la
maîtrise du process en divagation et la « neutralisation »
dépendait maintenant d'un mode opératoire utilisé en tel cas aux USA mais
rarement mis en oeuvre en France. C’est dans ce contexte que le match
sera annulé, alors qu’est prise l'excellente l'initiative de recourir à la
cellule dysfonctionnement chimique de l'INERIS ( compétences reconnues et
donc sécurité pour tout le monde)
Médiatiquement le mal était déjà fait avec
des enchaînements qui dressent un chef d'accusation dû plus au ressenti qu'aux
faits... Sans données autres que celles de l'entreprise, les simulations
pratiquées en particulier par météo France ont été démenties par les faits et
en tenant Air Normand à l’écart, les consignes au moins pour les personnes
sensibles envisagées n'ont pas été diffusées. On a eu l'enchaînement le plus
calamiteux qui puisse être dans un contexte bloqué par ces mauvaises pratiques "protection
civile".
A partir du mercredi à chaque
voyage vers Rouen et retour, l’interdiction de circulation étant levée,
je passe par le boulevard maritime à quelques mètres de l’entreprise
(étant un nez homologué) je puis certifier qu'il n'y avait qu’une faible
émission odorante ou rien de spécial.
Questions – Réponses sur
l’imbroglio Lubrizol …
Ce sont celles posées par les
riverains, les journalistes, vous associatifs responsables…
* Mercaptan c'est quoi ?
Lubrizol
en fabrique comment explique-t-on l'incident devenu accident matériel ?
Les mercaptans sont bien
identifiés par nos nez (même non formés) du fait que l’un d’entre eux sert à
rendre odorant le gaz de ville de façon à se prémunir contre les risques
d’explosion en cas de fuite.
Le mercaptan en question
est du methyl mercaptan qui est le plus toxique, en particulier lorsqu’il est
inhalé, il résulte ici d’une réaction divagante qui n’aurait pas dû se
produire. Il est donc essentiel de connaître les concentrations qui ont été
atteintes autour de l’usine, à cinq kilomètres, à dix kilomètres y compris
jusqu’à Paris. Quelles mesures ont été faites depuis le début de
l’accident et où trouver les résultats c’est le flou qui cache nous
semble-t-il une absence de donnée ! Malgré les éléments de discours rassurants,
on avait bien entendu remarqué l’annulation du match du football. Plutôt que
conclure à de l'incohérence, puisque dans le même temps il était répondu aux
écoles proches que le gaz était sans danger, nous nous étions dit que
c'était probablement lié au fait que la situation n’était toujours pas
sous contrôle…
* Pour les riverains et habitants
proches : après les odeurs du matin, lundi
après-midi ça semblait être passé... mais en soirée c'était catastrophique
pourquoi ces changements et comment se fait il qu'aucune alerte n'ait été
diffusée par Air Normand ?
Lundi
après l’incident avec épisode odorant Lubrizol entreprend de neutraliser sa
cuve de 35 tonnes et dans un premier temps les émissions deviennent faibles,
c’est ainsi qu’en passant vers 16 h 30 à 250 m du site, le règlement de la
« fuite » semble acquis. La situation se détériore de nouveau en
début de soirée avec des rejets qui paraissent importants (phénomène amplifié
par l’inversion de température) puis apaisement par changement du
contexte météo ainsi que calme relatif dans la divergence de la réaction en
cours.
Air Normand ne diffuse rien car
rien n’apparait sur ses capteurs de nature à conduire à cette alerte et
comme la cellule de crise n’a pas cru bon de l’associer au regard de
l’impact olfactif du mercaptan… l’ASQUAA ne peut prendre sur elle de
communiquer une quelconque alerte.
* comment se fait il que les
mauvaises odeurs soient allées si loin ?
Le contexte
météorologique du lundi soir était celui
d’une inversion de température et notre agglomération est assez coutumière du
fait. Cela a pour conséquence de maintenir les rejets et leurs odeurs
sous « le couvercle de la marmite » - c’est ce qui par exemple fait
croire à certains que les entreprises profitent du brouillard pour relâcher
plus de pollution…. C’est tout simplement que cette dernière ne s’évacuent pas
à des milliers de mètres d’altitude pour se disperser comme d’habitude mais
reste là autour du point d’émission.
Dans la nuit l’inversion de température
disparait… gaz et odeur vont entreprendre leur grand voyage et l’odeur bien
connue de tout cerveau européen sera identifiée à quelques dixièmes de ppm
comme l’odeur dangereuse du gaz, déclenchant maux de tête et éventuellement
nausée y compris aux niveaux sans risque…
* C'est forcément grave et
dangereux puisque ça été senti très loin au sud de Londres, dans la Somme et à
Paris et que la Préfecture a déclenché le PPI
Paris
touché ce ne peut être que grave et dangereux !
Ce qui semble mis en cause de façon certaine ce sont les mauvaises pratiques
de communication du SIRACED - PC. Elles sont bel et bien en cause.... car
c'est ce service qui agit en tel cas en formant l'essentiel de la "cellule
de crise"... a encore une pratique militaire du "confidentiel
défense" - Or chacun comprendra facilement que si les bonnes habitudes
d'information et de concertation ne sont pas acquises pour des exercices sans
enjeu, comment pourraient-elles être assurées correctement en période de crise
? Tant dans la consultation sur les PPI de nos deux centrales nucléaires
(en cours) que pour les sites SEVESO.... ce va être l'occasion d'avancer !
* Pourquoi le recours à l'INERIS
la Préfecture et la DREAL
constatant que Lubrizol Rouen n'avait pas la maîtrise du process en divagation
et constatant que la nouvelle proposition de « neutralisation »
était un mode opératoire utilisé en tel cas aux USA mais rarement mis en oeuvre
en France ont pris contact avec les personnes les plus compétentes en matière
de « divagation de réaction chimique » : la petite cellule
dédiée de l’INERIS. Cela nous a confirmé que l’on avait largement dépassé le
niveau « incident » mais rassuré du fait de l’entrée en lice de
compétences avérées.
Ainsi c'est l'INERIS qui a imposé
une neutralisation en commençant par stabiliser la solution neutralisante avant
d'y placer une partie des 35 tonnes.... d'où le long temps
nécessaire
* en janvier
2012 lors d'une réunion publique présentant le PPRT de cette entreprise,
il nous avait semblé que la maîtrise des risques était bien assurée. Comment un
tel événement est il encore possible ?
Il ne faut pas tout confondre
! Le PPRT préparé n'a rien changé au POI et PPI ainsi qu'à la
communication calamiteuse de cet accident matériel : dérapage d'une réaction
chimique.
Nous n'avons pas encore eu le temps de remonter à ce qui a été retenu
pour la matrice où l'on intègre les phénomènes à retenir en fonction de leur
dangerosité (sur un axe) et fréquence sur l'autre axe. Il est à peut près
certain que les études de danger n’avaient pas envisagé une perte de
contrôle de la réaction ! Nous évoquerons UFC & HNNE cet aspect dès le
prochain CODERST du 12 février où un point de la situation nous a été
promis.
Qui parmi les donneurs de leçon avait honoré de sa présence, ses remarques
ou objections, la réunion publique d’information sur l’élaboration du
PPRT LUBRIZOL à Rouen tenue le 12 janvier
2012 à l’amphithéâtre de l’UPR (quai de Bois Guilbert à Rouen) ?
En Haute Normandie les réunions publiques diversement suivies ont toujours été
ouvertes à toutes personnes intéressées (les riverains les premiers
concernés pour les aléas les plus forts..étant de plus contactés
individuellement.)
* Une enquête semble ouverte, y a
t il eu des erreurs, des fautes commises ?
Le maintien du PPI préventif, n'a
plus d'autre raison que rendre durablement muets nos interlocuteurs
habituels... Si l’on n’avait rien à cacher utiliserait on ce retardement
dans le contact avec les faits ?
Aussi quand on voit comment face
à un « incident », toute information digne de ce nom a été bloquée ou
dénaturée....avec une communication de temps de guerre, cela laisse mal augurer
de la capacité d’un traitement ouvert et transparent en cas d’accident
grave.
Nous nous étions félicités du bon travail de décryptage et de
communication transparente lors de la survenue de l’accident nucléaire de
Fukushima, tout en nous demandant si l’ASN & l’IRSN disposeraient de la
même liberté de transparence, si nous étions les lauréats du prochain tirage au
sort…. (n’oublions pas qu’il ne reste que nous parmi les pays les plus
nucléarisés les USA, la Russie et le Japon ont eu leur catastrophe même si les
étasuniens ont eu beaucoup de chance à Three Mile Island classement 5 sur
INES).
Il y a au moins accident
technique et l'enquête dira si des erreurs ont été commises (des fautes
éventuellement). La question se pose aussi de savoir si cela ne permettra pas
le maintien du silence « radio » pour cause d’enquête judiciaire en cours.
C’est du déjà vu. Nous en saurons plus le 12 février date bien tardive que nous
avions proposée (le CODERST étant prévu l’après-midi) pour un CLIC sur place ou
tout le moins une visite par les membres du CODERST du site de Lubrizol… On est
bien loin des principes de la "confiance lucide" !
*Quelles mesures ont réellement
été effectuées ? et de quoi ?
Nous doutons qu’en dehors de la
mesure dite dans la cheminée par Lubrizol, d’autres mesures de mercaptan
aient pu être faites puisque l’appareil capable d’effectuer ces analyses n’est
arrivée à la demande d’Air-Normand non sollicité, de leur initiative en prêt
depuis Rhône Alpes mercredi ou jeudi. Que les pompiers aient réalisé des analyses
nous confirme que l’on a pu craindre du H²S car ils sont équipés pour cela (ce
risque est permanent sur les raffineries !)…
Picot dans le nouvel Obs pose une
bonne question que nous posons depuis le 22 janvier quand nous avons compris
qu'il ne s'agissait pas d'une fuite mais d'une réaction non maîtrisée... je
pense qu'il se trompe sur le H²S car je ne l'ai perçu à aucun moment (vous
n'ignorez pas que lorsque l'on ne le sent plus ce H²S c'est que sa
concentration est létale... heureusement aucune victime de ce type parmi les
riverains les plus incommodés ... et les quelques images des travailleurs du
sites les montraient sans protection spéciale (mes tentatives pour un contact
syndical ont été sans résultat : pas de section CGT ou CFDT sur Lubrizol
et le comité de riverains ressemble à une succursale de l'entreprise... )
par
contre Picot a raison de penser et dire qu'il n'y avait pas que du mercaptan
même si ce puissant masquant rendait la détection "nez au vent" même
pour des nez formés délicate... en effet encore aujourd’hui,
nous ne savons rien des éléments ajoutés dans les 35 tonnes certes en petite
quantité... mais pour quelles réactions ? normales et anormales... puis
lors de la phase de neutralisation du lundi....
qu'ont ils ajouté ? directement dans cette cuve dont la ruine a été redoutée
(provocant l'interdiction du Match et non pas les odeurs... encore un effet de
masque !) La pratique de Lubrizol a été calamiteuse de bout en bout... et
l’on comprend que certains mettent en cause la présence d’un tels
« amateurisme » à proximité de population (et scandale suprême à deux
pas du futur « éco-quartier Flaubert » qui s’avère de plus en plus
une farce…à suivre !)
Le fond de cuve nous est apparu
rapidement comme très intéressant et les difficultés rencontrées pour sa
neutralisation et traitement confirment cette idée. A partir de ce qu'il y a
été trouvé nous aurons une idée nettement plus précise des réactions qui ont eu
lieu et donc des éléments ayant pu être rejetés.
Bonne lecture, réactions
et questions complémentaires sont les bienvenues.
Claude
Barbay, représentant des associations PNE au CODERST de Seine Maritime, au
Conseil d'orientation du SPPPI de Basse Seine, au CLIC de Rouen, membre du
directoire du réseau Risques et Impacts Industriels de FNE.
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