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Tableau paru dans La Dépêche de ce jour. |
Qu’espérait-il en faisant disparaître la réponse à une
question qui taraude chacun d’entre nous ? Qu’espérait-il en taisant que
51 % des Lovériens considèrent que les impôts à Louviers sont plus
élevés qu'ailleurs ? Qu’espérait-il, encore, en cachant que les Lovériens jugent que
leur maire fait trop de politique (55% des sondés) et n’est pas assez disponible pour les
écouter ?
Le sondage IFOP paru dans «La Dépêche» (1) et distribué sous
forme de luxueuse plaquette préélectorale à l’ensemble des foyers était donc
incomplet. Franck Martin, maire, devrait pourtant savoir qu’il est impossible,
aujourd’hui, de dissimuler quoi que ce soit, de laisser sous le tapis la
poussière qu’on voudrait voir disparaître. Au lieu de quoi, ce qui serait passé
tant bien que mal avec l’ensemble des autres réponses, devient un sujet de
focalisation et revêt un terrible effet de loupe.
Comment être étonné que 51 % des Lovériens, la majorité
d’entre eux, donc, déplorent le
niveau excessif des impôts locaux ? Il s’agit d’un sujet de conversation
quotidien. Les propriétaires, bien sûr, qui paient une taxe foncière sur le
bâti astronomique mais tous les autres également dont la taxe d’habitation
frôle des sommets. Quant à la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, son taux
en fait un des impôts parmi les plus lourds même si aucune question n’a été
posée sur le thème eu égard aux compétences respectives de la ville et de
l’agglomération.
Alors, il ferait bon vivre à Louviers, soit. Mais à quel
prix ? J’ai publié ici les résultats d’une comparaison entre le niveau des
impôts locaux lovériens et celui de la strate nationale pour des villes de même
taille. Louviers n’est pas dans la fourchette haute…elle est au-delà, sur les
cimes fiscales ! Et de cela, chaque Lovérien doit avoir conscience. La
ville offre des services, certes, mais le poids de l’impôt que feu Michel
Doucet considérait déjà comme trop lourd, ne va pas en s’allégeant.
Lors de la campagne des municipales de 2008, nous avons
défendu un retour progressif à une fiscalité raisonnable. Derrière ce mot, il
s’agit d’adapter le niveau des impôts aux capacités des contribuables. Dans un
contexte de crise économique et sociale, le maire a opté pour une augmentation
des taux à deux reprises sans qu’il ait une pleine conscience des efforts
demandés à ses administrés. Cette politique aveugle a des limites. Elle se
traduit par une baisse de la population, une fuite de certains membres de la
classe moyenne dans des communes alentour aux impositions abordables. Ceux qui
restent sont ceux qui aiment leur ville, y sont attachés familialement,
affectivement, ne peuvent la quitter ou ne veulent pas aller voir ailleurs.
Je m’interroge sur la faute du maire. En ne publiant pas
l’ensemble des questions et des réponses du sondage IFOP, il s’est livré —
qu’il le veuille ou non — à une minable manipulation. Quand on accepte de payer
14 000 euros (au bas mot) pour prendre le pouls des Lovériens on doit jouer le
jeu loyalement. Le médecin ne maquille pas le verdict du tensiomètre. Cette
volonté de camoufler ou de ne pas tout dire nous incite à ne pas baisser la garde !
(1) Merci à La Dépêche de nous éclairer. L’article paru
aujourd’hui et titré « On ne nous dit pas tout » complète utilement
l’information de ses lecteurs.
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