Patrice Yung discute avec Richard Jacquet. (photo JCH) |
Les délégués de la
CASE étaient réunis, hier soir, pour composer le nouvel orchestre chargé de
mettre en musique la politique intercommunale. Les sept nouvelles communes adhérentes
de Seine-Bord y faisaient leur entrée officielle. Au son de la grosse caisse,
Thierry Delamare, maire de Criquebeuf-sur-Seine, a même été élu 3e
vice-président avec 84 voix, manière élégante pour les élus de la CASE de l’accueillir
dans sa nouvelle assemblée.
Quelques fausses
notes inévitables : Martin, 59 voix, Jamet, 52. Sur 100 votants. Les
maires des deux principales communes de la communauté d’agglomération
Seine-Eure ont été élus premier et second vice-présidents mais leur opposition
laisse des traces. Et contrairement à la logique, Franck Martin, président
sortant, a présenté la candidature de celui qu’on n’attendait pas ou, plutôt,
qu’on n’attendait plus tant le président sortant lui avait promis à plusieurs
reprises sa succession : vint Patrice Yung ! Un Patrice Yung qu’on n’a pas
aperçu lors de la visite du président Hollande et qui, dit-on, souhaitait
manifester une certaine distance à l’égard de l’événement…et peut-être du président
sortant.
Elu président de la
CASE-2 hier soir avec 82 voix, Patrice est récompensé d’une attitude et d’une
présence. L’attitude ? Elle consiste à être au charbon, à mettre de l’huile
dans les rouages, à faire baisser la pression et limiter les tensions. La présence,
elle est importante et constante pour
animer les commissions, préparer les dossiers et représenter la CASE là où elle
doit l'être. Que ce soit au niveau national ou au niveau régional.
De nombreux délégués
souhaitaient un apaisement au sein de la CASE et ils considèrent que Patrice
Yung est l’homme de la situation et de la transition post-2014. D’ailleurs, au
cours de la journée d’hier, le scénario n’était pas totalement adopté et ce n’est
qu’en fin d’après-midi que la présidence Yung s’est imposée, le président sortant ayant intégré une forme de menace démocratique.
Tout de même, que
Franck Martin ait accepté de passer la main un an avant l’échéance normale soulève
plusieurs questions compte tenu de l’importance de la CASE et des choix géopolitiques
qu’elle implique. Le président sortant était-il conscient du mécontentement
grandissant à son égard et du lourd climat qu’il suscitait ? Souhaite-t-il
se préserver pour préparer les municipales de Louviers ? A-t-il décidé de
mettre un terme à sa carrière politique après les prochaines élections
municipales et de se consacrer à ses hobbies, la voile et l’édition ?
Les querelles internes à sa majorité l’obligent-elles à revoir ses ambitions ?
La visite de François Hollande à Val-de-Reuil, vraie reconnaissance du travail
accompli par l’équipe municipale rolivaloise, lui fait-elle comprendre le
nouveau rôle de l’ex-ville nouvelle lui qui fait tout pour en empêcher le
développement harmonieux notamment en termes d’habitat et de commerces ? Et
pourtant, Janick Léger, adjointe rolivaloise, a obtenu 86 voix, hier soir,
indiquant le degré de sympathie qu’elle suscite. Le ton adopté hier par Patrice
Yung est déjà plus consensuel, plus ouvert.
Lors de la réunion
de jeudi soir prochain, on connaîtra en détail les évolutions de cette présidence.
Exclu par Martin du pôle métropolitain créé par la CASE et la CREA de Rouen,
le maire de Val-de-Reuil trouvera-t-il une place légitime eu égard au rôle et
au développement de sa ville dans l’agglomération ? Si c’est oui, alors,
on pourra dire que le changement, c’est maintenant.
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