21 février 2011

La télévision nous regarde et nous regardons trop la télévision

Plusieurs images frappantes à la télévision. Tout d'abord celle de M. Boillon, ambassadeur de France en Tunisie frais débarqué à Tunis. Il organise une conférence de presse et un déjeuner. Une journaliste l'interroge sur les déboires de Michèle Alliot-Marie. Il se fâche, trouve la question débile. Autre question en Arabe, cette fois, langue qu'il parle couramment. Second incident. Niveau lamentable, ça suffit ! L'ambassadeur a réussi son ambassade : le lendemain de son intervention fort peu diplomatique, 500 manifestants se pressent devant la maison France de Tunis avec des slogans du genre « Casse toi Boillon ». Du meilleur effet on le voit. Pour corriger le tir, il s'excuse à la télévision en lisant son papier, la tête baissée, les yeux regardant ou son texte ou ses chaussures. Où est passé le Boillon de Bagdad, l'homme qui échappe aux attentats et qui, surtout, admire Sarkozy. On comprend mieux pourquoi maintenant.

Autres images au pluriel. la Libye est à feu et à sang. Le pouvoir fait tirer à balles réelles sur le peuple en colère. Kadhafi se tait mais son fils l'ouvre et demande aux libyens de choisir : le renoncement ou la matraque et le fusil. On apprend ce soir que plusieurs villes sont aux mains des insurgés, que Kadhafi a peut-être quitté le pays sur lequel il règne depuis 40 ans sans élection ni partage du pouvoir. La pétrole est à la hausse. Les spéculateurs spéculent, le monde suit son cours.

Image forte. La caméra découvre, derrière la bibliothèque d'une résidence de Ben Ali, le dictateur tunisien en fuite en Arabie Saoudite, des centaines de liasses de billets, en dollars, en euros, monnaies de tous les pays unissez-vous ! Il y a en pour des dizaines de millions d'euros ! Images fortes des bijoux, des rivières de diamant, des colossales fortunes amassées par la famille Trabelsi sur le dos d'un peuple pauvre, parfois affamé, souvent diffamé. Les dictateurs sont cupides, avares, corrompus et ils font vivre une cour corrompue, cupide, avare. Au fait, MAM a-t-elle rencontré des émissaires de Ben Ali dans son hôtel de Tabarka ? Elle dément mais un journal tunisien en fait ses choux gras. Quand la presse est libre, ça fait mal !

Autre image : Eric Besson face à Nicolas Demorand. le nouveau directeur de Libération est libéré. Il ne laisse pas un poil de sec à l'ancien homme de gauche devenu de droite. Sa conviction : le débat est nécessaire. Sur l'identité nationale. Sur l'Islam. Je ne regrette rien. Il fallait le faire…les droits, les devoirs, les valeurs, et patati et patata…Besson s'écoute parler. Il aime le président. Il est devenu fan. D'ailleurs en 2012. Il gagnera. J'en ai l'intime conviction. Un président qu'il qualifiait d'Américain à Passeport français. A quand la guerre au Mexique ou ailleurs ?

Dernière image enfin. DSK interrogé par Laurent Delahousse. Le journaliste a beaucoup travaillé. Jean-Luc Mélenchon a beau dire que DSK n'a parlé que de la couleur des rideaux, c'était un peu plus que cela. Plus de sept millions de Français devant France 2. Des questions économiques, sociales, le G20, très peu, le chômage beaucoup, la petite croissance en Europe…la faute à qui si l'Europe se traîne. DSK tacle l'Europe et donc la France. Il est en campagne. Il est candidat. Qu'en pense ma favorite, Martine Aubry ?

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Moi je trouve que DSK nous a livré un bien triste spectacle : Hautain, engoncé dans sa posture de "super argentier" qui a sauvé le monde, sa dernière interrogation est peut-être la suivante : "les Français me méritent-ils"?
Difficile de faire mieux dans le genre mégalo.

Je crois que les Français attendent d'un candidat compréhension, chaleur humaine, messages d'espoir.

Pas des leçons.

Bref, comme le dit fort justement mon favori à moi, François Hollande, quelqu'un (ou une) de "normal".

Jean-Charles Houel a dit…

Hautain, c'est ce qui dit M. Copé.