7 septembre 2011

Siné Hebdo ressuscité devient Siné Mensuel


« Alléluia ! Alléluia ! Enfin une bonne nouvelle pour apporter dans cette rentrée morose un rayon de soleil. Siné est de retour.
Au numéro 86, le 28 avril 2010, il avait dû mettre un terme à la publication de Siné Hebdo, faute de disposer de moyens financiers suffisants, à la grande tristesse de ses fidèles lecteurs. Depuis lors il nous manquait, lui et son équipe. Mais il ne nous avait pas abandonné en rase campagne. Il continuait, avec assiduité et impertinence, de semer sa zone chaque semaine sur le net.
À 82 balais, et en dépit de ses problèmes de santé récents, il repique au jeu et nous propose désormais Siné Mensuel dont le premier numéro vient de paraître. Bouffeurs de curés, de militaires de banquiers et de milliardaires, réjouissez-vous ! Siné est de retour, accompagné de sa cohorte de chroniqueurs et de dessinateurs talentueux. Et ça décape ! Âmes sensibles s’abstenir. Siné Mensuel en 32 pages est en vente dans toutes les Maisons de la presse au prix exorbitant de 4,80 €. Qu’est-ce qu’il va pouvoir bien faire de tout ce fric, ce vieux salaud sinon s’acheter de bonnes bouteilles de pinard ? »

Reynald Harlaut
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5 septembre 2011

Expulsés cinq minutes avant la décision du tribunal de Rouen

« A Saint-Amant, à Clermont-Ferrand, à Rouen, à Saint-Denis, à  Roissy,... partout où des mobilisations ont eu lieu pour empêcher l'expulsion de  la famille Ajeti-Hasani, nous sommes pleins de rage et de dégoût. Ce  matin cette famille kosovar a été expulsée.
Un avion privé a été affrété  pour emmener 6 enfants, leur mère et la grand-mère de Rouen vers Belgrade. Deux autres adultes étaient dans un vol Air France. Jusque dans l'aéroport, nous  avons tenté d'empêcher le départ, de faire intervenir les passagers, le  Commandant de bord...La Police rétorquait cyniquement qu'annuler ce  départ... ce serait séparer la famille. 

Leur situation était examinée à 10h ce matin au tribunal de Rouen... qui a  ordonné leur remise en liberté !
Mais l'avion avait décollé à 9h55.
Les nouvelles lois le permettent. Comme elles ont permis l'enfermement  d'enfants de 2 à 11 ans. Comme elles interdisent à un petit village  d'Auvergne de loger et scolariser une famille et des enfants qu'il avait  pourtant choisi d'accueillir. Comme elles permettent l'expulsion de roms vers  un pays qui n'est pas le leur et où ils sont en danger. Ces lois ne pourront jamais être les nôtres.

Pour les amis de la famille Ajeti-Hasani, habitants de  Saint-Amant-Roche-Savine et Compagnie Jolie Môme. Merci à tous ceux  qui se sont mobilisés. Merci aux 1250 signataires de la pétition  réunis en moins de 4 jours.
Plus que jamais il va falloir s'opposer aux  expulsions, aux lois racistes et aux injustices. »

Le site www.cie-joliemome.org <http://www.cie-joliemome.org/>
pour nous  écrire courrier@cie-joliemome.org La  compagnie Jolie Môme est accueillie par la ville de Saint-Denis

4 septembre 2011

L’UMP prépare un programme anti-social pour 2012

Le responsable du programme UMP, Bruno Le Maire, a le toupet de dire qu’il coûtera « zéro euro au pays ». La politique de Sarkozy coûte pourtant très cher au pays. Deux tiers du déficit public de la France, c’est la Cour des comptes qui le dit, sont dus à cette politique (exonérations et cadeaux fiscaux pour les plus riches) ! Bruno Le Maire va plus loin. Il provoque et menace en s’interrogeant sur la capacité de la France à « garder un dispositif d’indemnisation chômage parmi les plus généreux au monde ». Cela vise à opposer les salariés privés d’emploi à ceux qui en ont un, voire même les chômeurs entre eux ! Plus fondamentalement, pour la droite et le Medef il faut sans doute en finir avec une indemnisation du chômage basée sur les cotisations sociales, pour ne conserver qu’une aumône versée aux chômeurs !

Dure cette rentrée pour des millions de salariés !

Le plan d’austérité Sarkozy-Fillon n’est qu’un avant goût de ce que serait la politique gouvernementale après 2012 si par malheur Sarkozy était réélu. La droite fait les yeux doux aux spéculateurs et à leurs agences de notation, ce qui a pour conséquence une hausse du chômage et des salaires bloqués. L’intersyndicale CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires appelle à une journée d’action interprofessionnelle le 11 octobre. Pas étonnant que, outre les exigences prioritaires « emploi et pouvoir d’achat », le texte commun intersyndical exige « l’abandon de la taxation des complémentaires santé, la suppression des exonérations et de la défiscalisation des heures supplémentaires ; la conditionnalité de toute aide publique à son efficacité sociale et économique, aux politiques sociales dans les entreprises, et la mise en œuvre de la taxe sur les transactions financières ».

Mai 2012 se prépare maintenant

La mobilisation du 11 octobre contre le plan de rigueur est un enjeu immédiat. Elle doit marquée la rentrée. La campagne des présidentielles est essentielle pour en finir avec la droite. Mais la question sociale est encore insuffisamment au cœur des primaires socialistes. Martine Aubry a raison de dire que « les gouvernements de droite ajoutent de l’austérité à l’austérité et donc de la crise à la crise », que la gauche n’est pas seulement là pour gérer, que la gauche doit conserver sa volonté de transformer la société. « Il va falloir préparer l’après-crise et ne plus se contenter de rustines, l’ambition c’est d’être l’architecte d’un nouveau système » a-t-elle rappelé à La Rochelle. Cela doit se traduire par des propositions concrètes notamment en matière salariale. Cela doit amener à mettre an avant des mesures qui montrent aux salariés et aux retraités de ce pays ce que la gauche changera concrètement dans leur vie : 35 heures réelles, droit à la retraite à 60 ans sans décote, 1600 euros mini, 20 fois le Smic maxi !

Les élections présidentielles et législatives de 2012 auront d’autant plus de chance d’être gagnées par la gauche que le mouvement social fera entendre sa voix dans cette campagne… et que la gauche saura répondre aux aspirations sociales exprimées.

(communiqué de Démocratie et socialisme)

3 septembre 2011

Jean-Vincent Placé répond à Alain Marleix, un UMP nauséabond

 A la suite des propos nauséabonds d'Alain Marleix (le Monsieur élection de l'UMP auteur de découpages insensés et favorables à la droite) qui a évoqué l'origine coréenne de Jean-Vincent Placé, conseiller régional et vice-président d'Europe-Ecologie Les Verts, en disant de lui « c'est notre Coréen national », JV Placé a écrit sur son blog :
"Je pense à mes parents [adoptifs]. Le fait d'être Coréen n'est bien sûr pas une infamie. Mais tout simplement, je suis Français depuis 34 ans et uniquement Français. J'ai été adopté en 1975 par une famille normande, naturalisé deux ans plus tard, fait toute ma scolarité, mes études et toute ma vie professionnelle en France. J'ai travaillé à l'Assemblée nationale, je suis vice-président du conseil régional d'Ile-de-France et même chevalier de l'Ordre national du mérite. Je suis connu pour l'amour que je porte à ma patrie d'adoption et tout ce que monsieur Marleix trouve à dire pour me qualifier c'est 'notre coréen national'.

Cela démontre une fois de plus la lepénisation avancée de l'UMP après les propos condamnés de Monsieur Hortefeux sur 'l'auvergnat', le débat scandaleux sur la binationalité porté par l'extrême droite populaire et les attaques indignes du premier ministre monsieur Fillon à l'encontre d'Eva Joly. Pour monsieur Marleix, manifestement, seul le sang donne le droit d'être français. C'est une honte qu'un élu de la République puisse tenir de tels propos."

Un tramway nommé la honte


Le zèle d’un cadre (peut-être en mal de promotion) de la RATP, nous rappelle de bien tristes souvenirs et suscite un tollé parmi le personnel de la RATP en plus de l’indignation générale. Mercredi dernier, un cadre de la RATP a jugé utile de mettre à disposition de la police une rame entière de tramway entre Bobigny et St-Denis pour y parquer une centaine de roms provenant d’un camp de Saint Denis, en séparant les enfants de leurs parents. L’histoire en rappelle d’autres, pas très glorieuses, entre rafle du Vel d’Hiv’ et déportations. Il est donc revenu, ce temps de la collaboration. Comble de l’indignation, la RATP nie toute responsabilité, mais ne sanctionne pas son cadre. Cette course s’est organisée localement, dit la direction. « Sans réquisition de la préfecture et de manière assez informelle, entre la police et le dépôt du tram ». Des employés de la RATP ont été choqués par cette scène en rappelant que la gare de Bobigny a déjà été le théâtre de déportations durant la seconde guerre mondiale pendant laquelle la régie se faisait complice des convois de déportés vers Drancy. Je me pose d’ailleurs la question : pourquoi, le conducteur du tramway, ce mercredi, n’a-t-il pas invoqué son droit de retrait ? Aux organisations syndicales de nous le dire, il est vrai que tous les agents ne sont pas toujours bien informés de leurs droits en matière de législation du travail. Évidemment, tout cela est indigne.
Mais notre indignation ne suffit pas. Car les forces de l'ordre ont ensuite escorté la centaine de personnes évacuées jusqu'à la gare RER de Noisy-le-Sec.  On y a dénombré autant de CRS et de policiers  que de Roms, 9 cars de CRS les ont suivis sur tout le trajet.  C'est bien sous contrainte que les Roms ont effectué ces 3 heures de convoyage, séparant les familles qui se sont perdues ainsi, des enfants traumatisés et séparés de leurs parents qui ne pouvaient monter que par groupe de 10 dans le tramway. Cet acte porte une marque caractéristique : celle de la ségrégation. Comment imaginer qu’un tel acte de barbarie moderne puisse avoir eu lieu sans l’accord de la direction de la RATP ? Quand bien même celle-ci dirait le contraire, la Préfecture de police parle, elle, d’une initiative de la RATP. Pour ces évènements, comment ne pas y voir la conséquence d’un certain discours idéologique en provenance directe des plus hautes sphères de l’état français ? Ce genre d’initiative aurait-il été possible avant le discours de Grenoble et la décision de démanteler tous les camps de France sans se préoccuper davantage du sort des êtres humains qui y vivent ? 
Décidément, cette semaine a été bien sombre si l’on ajoute à ce tableau cette charge des hussards bruns de la droite dite populaire. Ces obscurantistes qui, avec la bénédiction du chanoine Copé, tentent de remettre au goût du jour l’usage de la censure dans une histoire qui relève tout simplement de l’instruction civique et de l’évolution des connaissances. Ces 80 députés en question veulent donc voir remises en cause les dernières données de la science autour de la théorie du genre et son influence sur la formation de l’identité sexuelle. Ou bien celle-ci (qui effectivement peut toujours donner lieu à débat philosophique) a-t-elle bon dos et ce qu’ils ne digèrent pas ne serait-il pas plutôt, que des lycéens (rappelons quand même que ce ne sont plus des enfants !) aient accès à une information sur les différentes formes de sexualité ? Rappelons aussi qu’un grand nombre de ses nouveaux croisés, dont Vanneste et sa blondeur se sont illustrés par de brillants faits d’arme teintés de l’obsession de l’homosexualité comme maladie à éradiquer. Chatel a encore bien du travail pour joindre la parole aux actes, lui qui voudrait voir revenir la morale à l’école. Mais, c’est certainement une diversion médiatique pour masquer les suppressions de classes et de postes. Dans ces cours de morale qu’il propose, je ne suis pas certain que l’on y enseigne cette chasse aux étrangers dont Guéant se fait le défenseur sans peur et sans reproches.
Alain Lefeez

2 septembre 2011

Veolia accusé de manipuler la facture d’eau

Lu dans le Parisien du 28 juillet 2011 :
Sur sa facture d'eau, un particulier de Viry Châtillon a eu une bonne surprise. Lui qui avait consommé 13 m3 d'eau entre le 18 novembre et le 31 décembre 2010 ne doit acquitter à Veolia «que» 32,96 €. Normalement, il aurait dû payer 15 € de plus au titre de la taxe collecte et traitement des eaux usées.
Cette redevance réglée par les usagers est due au Trésor public qui la redistribue pour financer l'entretien et le traitement de l'eau.
 Pour Viry, l'argent va ainsi à la communauté d'agglomération des Lacs de l'Essonne (Cale), au Syndicat de la vallée de l'Orge (Sivoa) et à celui de la station d'épuration de Valenton (Siaap). Sauf que cette ligne a disparu des factures des usagers de Viry, une ville qui a quitté le prestataire privé Veolia au 31 décembre pour devenir régie publique de l'eau. Une bonne nouvelle en trompe-l'oeil. Selon Gabriel Amard, président de l'agglo à l'origine de la régie publique, cela ne fait aucun doute : « II s'agit là d'une manipulation inacceptable pour tromper les habitants et leur faire croire, avec cette facture anormalement basse, que le passage en régie n'a pas fait diminuer le prix de l'eau autant que prévu. Ce qui est faux puisque nous sommes aujourd'hui 37% moins cher », tempête l'élu, y voyant « la preuve que Veolia n'a pas accepté de perdre un marche juteux ».

Pourtant, Veolia assure qu'il ne s'agit ni d'un oubli ni d'une erreur : « Ces factures concernent les reliquats de la consommation 2010 uniquement pour la partie eau. Aujourd'hui, puisque la Cale est autonome, Veolia n'a plus le droit de percevoir autre chose que ses propres créances. II n'y a donc aucun problème sur les factures en question », assure Sylvie Schilder, responsable du service clientèle, précisant qu'il n'y aura « aucun rappel de charges ». « C'est non seulement faux et juridiquement incorrect mais, en plus, cela démontre l'incompétence de Veolia », répond Gabriel Amard, persuadé qu'un rappel aura « forcément lieu et trompera l'usager une fois de plus sur sa facture ». Le manque à gagner pour l'agglo ne devrait cependant pas perturber les travaux en cours Le torchon, déjà brûlant entre Veolia et le président, continuera a brûler. En guise de protestation, l'élu vient d'alerter le Trésor public et compte saisir la justice si rien n'est fait. Veolia assure, lui, avoir « respecté le droit ».

Les répérages techniques de Claude Guéant

Lorsqu'en 1981 j'ai voté pour l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, je n'ai pas voté pour la cellule de l'Elysée, ni pour le Rainbow Warrior, ni pour les Irlandais de Vincennes, et encore moins pour la fidélité amicale avec René Bousquet. Cette cellule chargée d'écouter des opposants mais mais aussi des amis pour empêcher que la France ait connaissance de l'existence de Mazarine Pingeot, ne s'est sans doute pas limitée à cela. D'ailleurs des journalistes figuraient sur la liste noire de l'Elysée.

Tout cela pour dire que ce qui se passe aujourd'hui avec les Sarkozystes souligne combien cette monarchie républicaine prend ses aises avec la loi et il faut bien le dire, une certaine morale publique. Les rois avaient tous les pouvoirs qu'il détenait de leur absolutisme. Les présidents de la République sont élus par le peuple mais le résultat est le même. Les clans, les coteries, les cellules pullulent à tous les niveaux et portent de bien mauvais coups à la loi, bien sûr, mais aussi à une certaine idée de la démocratie.

Le bon vouloir des princes s'accommode mal avec la rigueur de la constitution et encore moins avec les outils de contrôle. C'est pourquoi les déclarations de Claude Guéant, hier, sont affligeantes. Que dit- il ? Que les services secrets ont effectué des « repérages techniques » nouveau nom utilisé pour ne pas prononcer le vilain mot d'écoutes ou d'espionnage. Au nom de la raison d'Etat, il a justifié cette pratique par la nécessité d'identifier ceux ou celles qui informent la presse. Bernard Debré, député UMP, juge ce comportement abominable, inconcevable. Il n'est pas le seul.

Dans son éditorial, le Monde daté d'aujourd'hui évoque une affaire d'Etat. Ce n'est pas effectivement pas autre chose. Et Libération peut également titrer ce matin : les menteurs d'Etat. Les citoyens qui votent, notamment ceux qui ont voté pour Sarkozy (ce dont je ne suis pas) doivent la trouver saumâtre. Il y a parmi eux, une grande majorité de républicains attachés à des règles de conduites respectueuses de la loi, une loi voulue par Sarkozy et qui se retourne contre lui aujourd'hui. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire. Quant aux journalistes, une fois encore est démontré le rôle irremplaçable qu'ils jouent dans une démocratie au sein de laquelle les contre-pouvoirs se font trop rares.








Outrage au drapeau : fin de partie pour le gouvernement, et vigilance à Caen où la liberté d’expression doit triompher

A la suite du recours de la Ligue des droits de l’Homme contre le décret n°2010-835 du 21 juillet 2010 relatif à « l'incrimination de l'outrage au drapeau tricolore », le Conseil d’Etat a recadré l’infraction d’outrage au drapeau (décision du 19 juillet 2011).

Rappelons que la loi de 2003 sur la Sécurité intérieure avait incriminé
« le fait, au cours d'une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques, d'outrager publiquement l'hymne national ou le drapeau tricolore ». Il convenait de faire taire ces mauvais Français qui sifflaient la Marseillaise dans les stades, et pour faire bonne mesure, le gouvernement Raffarin avait ajouté le drapeau, sait-on jamais. Les auteurs risquent depuis 7 500€ d'amende, et six mois de prison s'ils ont commis les faits en réunion (article 433-5-1 du code pénal) : on ne plaisante pas avec les symboles de la République.

Voilà qu’en 2010, la Fnac organise un concours de photo amateur (depuis, les organisateurs ont été licenciés…) à Nice, avec une catégorie « politiquement incorrect », et que le gagnant est… l’auteur d’une photographie montrant un homme de dos s’essuyant les fesses avec la partie rouge du drapeau. L’ire de la Garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, est grande, et, entre deux voyages amicaux en Tunisie, où elle dispense de bons conseil en matière de liberté d’expression, de réunion, et d’association, elle trouve le temps de « répondre » à cette facétieuse provocation par une très sérieuse nouvelle incrimination visant, cette fois, de façon beaucoup plus large, comme contravention passible du tribunal de police, le fait, lorsqu'il est « commis dans des conditions de nature à troubler l'ordre public et dans l'intention d'outrager le drapeau tricolore :
1° de détruire celui-ci, le détériorer ou l'utiliser de manière dégradante, dans un lieu public ou ouvert au public ;
2° pour l'auteur de tels faits, même commis dans un lieu privé, de diffuser ou faire diffuser l'enregistrement d'images relatives à leur commission » (article R.645-15 du code pénal).

Or il se trouve que le premier délit avait fait l’objet d’un avis du Conseil constitutionnel en 2003, lequel l’avait sérieusement bordé, excluant de son champ d'application « les œuvres de l'esprit, les propos tenus dans un cercle privé ainsi que les actes accomplis lors de manifestations non organisées par les autorités publiques ou non réglementées par elles » (décision n° 2003-467 en date du 13 mars 2003, paragraphe 104).

Cette nouvelle infraction visant expressément à contredire le Conseil constitutionnel, la LDH a saisi le Conseil d’Etat pour voir annuler le nouveau décret signé du Premier ministre. Patatras pour le gouvernement et pour tous les députés de la droite populiste qui tiennent des discours pétainistes sur les ondes pour glaner les mauvaises herbes des terres frontistes ! En effet, le Conseil d’Etat précise que « ce texte n’a pas pour objet de réprimer » les outrages au drapeau « qui reposeraient sur la volonté de communiquer, par cet acte, des idées politiques ou philosophiques ou feraient œuvre de création artistique, sauf à ce que ce mode d’expression ne puisse, sous le contrôle du juge pénal, être regardé comme une œuvre de l’esprit ». Plutôt que d’annuler ce stupide décret, contraire à la liberté d’expression, la haute juridiction en propose une interprétation qui devrait permettre la réintégration à la Fnac avec les honneurs des organisateurs du concours, et aux juridictions saisies de relaxer les prévenus lorsque ceux-ci ne font que créer ou exprimer des idées politiques ou philosophiques.

L’Observatoire de la liberté de création, créé à l’initiative de la LDH, avec tous ses partenaires, approuve cette interprétation du texte et sera très vigilant quant à son application. D’autant que le 30 septembre, à Caen, un artiste de la compagnie de théâtre d'intervention L'Oreille arrachée comparaîtra pour avoir, le 15 juin 2011, avant une manifestation de protestation contre la baisse des subventions d’Etat dans la politique de la ville (Contrat urbain de cohésion sociale), revêtu, comme costume, une burqa tricolore, pour interpréter le personnage de « Nadine Hamouk, porte-parole des musulmans, transsexuels et patriotes de France ». Il avait, ainsi vêtu, rejoint la manifestation. Il doit être relaxé, et l’Observatoire de la liberté de création lui exprime son soutien.

Et puisque le public qui siffle la Marseillaise fait, lui aussi, de la politique, et se saisit là d’une opportunité rare de s’exprimer sur la façon dont le traite la République, il n’y a plus qu’à remettre les articles 433-5-1 et R.645-15 du code pénal dans la poubelle dont ils n’auraient jamais dû sortir.
 

1 septembre 2011

L'art du mensonge érigé en art de gouverner ?

Je m'attache sur ce blog, à dénoncer toutes les atteintes à la liberté de la presse, en France et ailleurs. Je suis donc avec une particulière attention les suites de la plainte déposée par le journal Le Monde contre X pour atteinte au secret professionnel depuis que des journalistes du quotidien ont vu leurs factures de téléphone portable tomber dans les mains de la police et du procureur Courroye. La Sarkozye, comme le rapporte aujourd'hui Le Monde s'est affolée lorsque les grands reporters ont mis au jour les éléments factuels redoutables pour le pouvoir et relatifs à l'affaire Woerth-Bettencourt.

L'enquête judiciaire démontre, preuves à l'appui, que les services secrets se sont livrés à une recherche de sources journalistiques visant évidemment les journalistes mais aussi des juges ou d'autres personnes…Et pourtant, que n'a-t-on entendu comme dénégations de la part des Hortefeux, Squarcini, Penchenard qui ont voulu nous bourrer le mou et nous préciser que jamais, au grand jamais, la Sarkozye n'utiliserait des méthodes pareilles. Ils nous ont donc menti et encore menti. Aujourd'hui, ils sont le bec dans l'eau et font profil bas.

Pourquoi croirait-on plus la même équipe quand elle nous assure que le candidat Sarkozy n'est jamais venu chercher d'enveloppe avec espèces chez Liliane Bettencourt ? L'art du mensonge étant érigé en art de gouverner, faudra-t-il que les citoyens se contentent de l'art de l'esquive ? Les affaires Tapie, Takiedine, Bettencourt, nous réservent encore de belles surprises. Le feuilleton ne fait donc que commencer.