1 octobre 2015

M. Larue, l'homme invisible du Front national lovérien


M. Larue, conseiller municipal de Louviers est aux abonnés absents. Voilà des semaines et des mois que François-Xavier Priollaud, maire de notre ville et Bernard Leroy, président de la communauté d’agglomération, constatent lors des réunions des assemblées que le siège de M. Larue demeure désespérément vide. L’élu du Front national ne fait donc honneur ni à son mandat ni à ses électeurs.

Cette absence permanente et non expliquée est-elle si surprenante ? A mon humble avis, elle n’est l’est pas. Avant l’élection municipale, j’avais annoncé le peu de cas manifesté par nombre de candidats du Front national à l’égard des institutions et des mandats auxquels ils aspiraient. En fait, ces candidats s’étaient présentés sur l’insistance des cadres départementaux du parti des Le Pen. Ils avaient recruté à la louche des hommes et des femmes n’ayant aucune idée du rôle et du pouvoir d’un conseiller municipal. L’objectif de Marine Le Pen était d’obtenir un maximum d’élus pour les rôder et leur enseigner les subtilités de la fonction d’élu. Mais même quand on est au Front national, cela nécessite un minimum d’investissement personnel et une formation moins superficielle qu’il y paraît de prime abord.

M. Larue n’a sans doute trouvé ni le temps ni la passion de se consacrer à son travail d’élu local apte à lire un budget, à en comprendre le sens, il n’était prêt qu’à entonner les sempiternelles rengaines sur l’immigration, l’insécurité et l’Islam… D’ailleurs les textes proposés par M. Larue dans le bulletin municipal sont de la même veine partout en France et ne présentent aucune originalité ni pertinence. D’ailleurs, il ne les écrit pas lui-même ce qu’on ne lui reprochera pas, les secrétaires permanents des partis étant là pour cela (1). Pour parler de Louviers et de ses habitants, il faudrait que M. Larue connaisse la ville et les communes de l’agglomération Seine-Eure. A l’évidence, depuis son élection, on l’a peu vu sur le terrain au point de devenir l’homme invisible. Et dire que ces gens-là aspirent à devenir conseillers régionaux et vont faire 25 % sans bouger un doigt ! Ni une tête.

30 septembre 2015

Quelques réflexions au débotté : Morano, Tapie, Dieudonné…


La saillie de Mme Nadine Morano candidate à la primaire de l’ex-UMP confirme ce que Guy Bedos a dit d’elle. Déclarer que la France est un pays de « race blanche » et qu’il doit demeurer fidèle à sa tradition judéo-chrétienne est une affirmation pour le moins crétine à défait d’être très catholique. Nadine Morano a fait le buzz avec ses affirmations imbéciles au point que les responsables de LR se sont tus ou ont commenté à voix basse.

Pierre Giacometti (rien à voir avec le grand artiste) faisait partie de la cellule rapprochée de Sarkozy du temps où celui-ci exerçait la présidence à sa façon. Une façon bizarre puisqu’elle consistait à commander des sondages au fameux Patrick Buisson, à les faire analyser par Giacometti, sondeur de métier, le tout pour des sommes folles et sans appel d’offres évidemment. Les questions posées n’avaient que peu à voir avec les intérêts de la France puisqu’elles portaient sur DSK, son fils Jean et la Défense, le reste à l’avenant…
7,5 millions d’euros de sondages pour sonder les reins et les cœurs ! Claude Guéant et Emmanuelle Mignon avaient pour tâche de mettre tout cela en musique jusqu’à ce que la Cour des Comptes et une association anti-corruption s’interposent. Imaginons une seconde que Sarkozy revienne au pouvoir ? Au fait : où sont passés tous ces sondages…les archives ont disparu de l'Elysée, comme par hasard.

Bernard Tapie n’y va pas de main morte. Il réclame plus d’un milliard d’euros à l’Etat dans l’affaire dite Adidas. Sur le site Médiapart Laurent Mauduit explique pourquoi et comment l’affairiste plutôt qu’homme d’affaires ne devrait pas pouvoir convaincre la cour d’appel du bien fondé de ses exigences. Il s’interroge même sur le fait de savoir qui se cache derrière les sociétés off shore intervenues dans le rachat ? Il suggère que Bernard Tapie pourrait être derrière ces sociétés et aurait pu bénéficier du pactole encaissé lors de la vente de la célèbre marque de sport. Autrement dit, Tapie serait capable de mettre en cause un système dont il pourrait être deux fois le bénéficiaire. Si ça marche, on dira « bravo l’artiste et vive le capitalisme » (tu parles). Mais si cela échoue, Tapie devra sans doute rendre l’argent.

Dieudonné a fait appel de la décision du tribunal de grande instance de l’expulser du Théâtre de la main d’or. Ou plutôt main d’argent en l’occurrence puisque c’est là que Dieudonné amasse les billets de ses fans quand il ne les appâte pas sur Internet. Le propriétaire du Théâtre a obtenu gain de cause en arguant du fait que lors de la signature du bail, les activités du comique pas très drôle n’étaient pas spécifiées. Il ignorait même qu’elles tombaient sous le coup de la loi. Dieudonné a quelques mois devant lui pour se retourner mais le nouveau lieu qu’il a trouvé ne sera peut-être pas définitif dans la mesure où le propriétaire vient de s’apercevoir que le signataire du bail agissait au bénéfice de M. M’Bala M’Bala. En un mot : un personnage infréquentable. Et indésirable.

Un mot encore sur le Grand Journal de Canal Plus. Au fil des jours, l'audience chute, chute encore. De qui viendra la potion magique ?

25 septembre 2015

Le Grand journal de Canal Plus — en chute libre — fait la promotion du FN


La chute libre ! Ou plutôt la chute asservie ! Le Grand journal de Canal Plus est en train de boire le bouillon. Les parts de marchés diminuent sensiblement et l’animatrice principale, Maïtena Biraben commence à regretter les Maternelles, où elle excellait. Peut-être a-t-elle atteint son seuil d’incompétence ? Qui sait.

Depuis la reprise en main de Canal Plus par Bolloré, tout part en couille. Il faut dire que l’actionnaire principal de Videndi a tout fait pour planter le Grand journal cette émission longtemps emblématique et symbolique de l’esprit Canal. Les Guignols, virés et passés à la trappe, Antoine de Caunes placardisé (même s’il était discuté) les animateurs devenus des pitres à la Eldin, s’il continue comme cela, Bolloré n’aura bientôt plus comme abonnés que les fanatiques du foot et encore…quand on voit ce que les supporteurs de l’équipe de Marseille produisent comme gestes et comme mots, on se demande ce qui peut bien permettre à un téléspectateur de prendre du plaisir devant son poste de télé ou son écran d’ordinateur.

Avec 550 000 téléspectateurs en moyenne, le Grand Journal est distancé par TF1, France 2 et 3, D8, la cinq, j’en passe et des meilleures. J’en connais — les publicitaires — qui font grise mine. Et quand hier soir, j’ai entendu que Maïtena Biraben avait invité Me Dupont-Moretti, pour lui dire que le Front national était le premier parti de France et qu’il disait la vérité, j’ai pris mes jambes à mon cou et ma zapette dans la main pour aller sous d’autres contrées moins polluées et plus conformes à la vérité politique.

Le FN ne dit pas la vérité. Qu’il s’agisse de l’immigration, de l’insécurité, de l’Euro, des fermetures des frontières, de la préférence nationale…Marine Le Pen ne dit pas la vérité. Elle déclame des slogans et abuse des fantasmes suscitant la peur et le rejet. Elle surfe sur une vague irrationnelle et espère toucher le gros lot lors des élections régionales. Il est dramatique qu’une animatrice d’émission de divertissement se mette à jouer les exégètes politiques à une heure de « grande » écoute sans précaution, sans contestation, sans modération. On en viendrait à regretter Natacha Polony, c'est dire. Les arguments du FN doivent être corrigés, démontés, contredits car le FN se moque de la vérité. La rubrique « désintox » de Libération ou de l’émission 28 minutes est pleine des déclarations mensongères de la chef du FN. Mais plus c’est gros, plus ça marche. Jusqu’à quand ?

En attendant, si comme je le crois, Bolloré veut faire plaisir à Sarkozy, que Canal Plus continue comme cela. Dans un an ou dans deux, la chaîne cryptée aura perdu la majorité de ses abonnés ! Quant à sa crédibilité, n'en parlons plus.

24 septembre 2015

184 020 habitants de l'agglomération ont fréquenté le centre nautique en 2014


Il y avait foule lors de l'inauguration du centre nautique. (photo JCH)
Franck Martin n’a pas tout raté au cours de ses trois mandats de maire et de président de la communauté de communes ou d’agglomération. Parmi les exemples réussis d’investissements utiles et bien réalisés (malgré quelques petits défauts mineurs) le centre nautique peut figurer en bonne place dans le bilan positif de l'action passée.

Lors de la réunion de la commission consultative des services publics qui devait avoir lieu en début de semaine, les membres élus et non élus de cet organisme, ont pris connaissance des bilans des services publics passés en délégation auprès de sociétés privées. Je n’épiloguerai pas sur les services de l’eau, de l’assainissement dont les contrats ont été prolongés par l’ancienne majorité malgré les arguments développés en faveur des régies directe.

Je vais m’attarder quelque peu sur la première année de gestion du centre nautique CASEO dont on attendait les résultats avec intérêt. Tout d’abord l’année 2014 a été une année incomplète puisque l’inauguration de l’équipement a eu lieu pendant la campagne électorale des municipales. Le maire sortant de Louviers, ceint de son écharpe jaune, a remué ciel et terre pendant cette campagne pour promouvoir son action devant les centaines de visiteurs venus admirer les différents bassins et autres lieux de loisirs ou de remise en  forme. Il ne semble pas que cette présence ait suffi à convaincre les Lovériens de la nécessité de prolonger le mandat de M. Martin et de ses colistiers puisque François-Xavier Priollaud a hérité du bébé…

En 2014, le nombre de jours d’ouverture a été de 286. 184 020 personnes ont fréquenté le centre nautique dont plus de 18 000 scolaires, 16 260 membres des clubs sportifs (1), 721 abonnés au 31 décembre de l’année. On a compté 176 620 baigneurs.
A noter un record de fréquentation le 31 juillet avec 1575 entrées et une fréquentation mensuelle record en septembre avec 21 375 entrées. La fréquentation la plus faible a eu lieu en décembre lors de l’arrêt technique obligatoire pour une période de 10 jours. 
La provenance des usagers est intéressante. Il n’étonnera personne de constater que La ville de Louviers fournit 52 % de la clientèle avec un taux de pénétration de 16 %, ce qui est remarquable. Suivent les communes d’Acquigny, le Vaudreuil, Val-de-Reuil, Pont-de-l’Arche et même Evreux.

Le Centre nautique compte 26 salariés répartis entre la direction, les fonctions administratives et commerciales, l’entretien et la surveillance des équipements.
Les recettes totales se sont élevées à 1 249 109 euros à comparer à un total de chiffres d’affaires de 1 446 669 euros, un total de charges de 1 565 710 euros, soit un résultat économique de 58 424 euros calculé avec une compensation contractuelle de l’agglomération dans le cadre de l’affermage de 409 011 euros.

Le bilan de l’année 2015 — année complète — sera évidemment meilleur, notamment grâce à une fréquentation très élevée durant l’été. Les 200 000 entrées seront largement dépassées. C’est bien la preuve du succès de cet équipement malgré les critiques de certains sur le bien fondé de son existence. Les Lovériens et d’autres ont voté avec leurs mains et leurs pieds en sa faveur.

(1) Entente natation Louviers, AONES plongée, AONE canoë-Kayak, Aqua-gym séniors.

21 septembre 2015

Les cheminots marocains sont des cheminots comme les autres, même en France !


Les Chibanis devant le tribunal des prud'hommes.
Un travailleur marocain vaut-il moins qu’un travailleur français ? Quand ils font le même travail, l’égalité doit être évidente, penserez-vous. Et bien non. En embauchant des ouvriers marocains, il y a bien des années, pour entretenir les voies ferrées, et en leur octroyant un contrat de travail différent des cheminots français, la SNCF croyait sans doute faire une bonne affaire. Mais les Chibanis (1), informés de leur disparité de traitement et de la nécessité de défendre leurs droits, ont traduit l’entreprise nationale devant la justice administrative, dans un premier temps, mais sans succès, et devant le tribunal des Prud’hommes qui, après des années et après avoir confié les dossiers à des magistrats professionnels, vient de leur donner raison.

Le tribunal statuant sur 832 dossiers, a accordé aux travailleurs marocains et français (certains ayant opté pour cette nationalité depuis) les mêmes droits que leurs collègues nationaux soit des indemnités de plusieurs dizaines de milliers d’euros et des retraites revalorisées. Il est évident que la SNCF, qui a un mois pour faire appel, tentera de mettre en cause cette décision en seconde instance et que la victoire des travailleurs marocains risque de n’être qu’éphémère.

Elle peut tout aussi bien devenir définitive dans la mesure où les juges professionnels, depuis mars dernier, ont pris le temps d’examiner chaque dossier et d’en recaler 10 % environ ce qui démontre le sérieux de l’étude et la valeur de leur jugement. La force de travail ne se mesure pas à la couleur de la peau et la préférence nationale — si chère au Front national — ne devrait pas pouvoir être appliquée puisqu’« à travail égal, salaire égal ». Il existe déjà suffisamment de disparités entre les salaires des hommes et des femmes notamment pour les mêmes tâches, entre les vieux et les jeunes également, pour ne pas en rajouter dans une différence de traitement incompréhensible.

Quelques règles de droit : Le statut de la fonction publique réserve les emplois titulaires aux nationaux, Un fonctionnaire doit être français ou citoyen de l'Espace économique européen (EEE) ou suisse. Exception : emplois ouverts aux Français seulement. Les emplois dits de souveraineté ne sont ouverts qu'aux français. Exception : emplois ouverts aux étrangers. Certains corps sont accessibles par concours à un étranger (les emplois de professeur de l'enseignement supérieur, de médecin des établissements hospitaliers, etc.) aucune condition de nationalité n'est exigée d'un agent non titulaire. Il doit simplement être titulaire d'un titre de séjour l'autorisant à travailler en France. Mais rien, dans les textes, ne préconisent de différencier les salaires en fonction des origines…
(1) Chibanis veut dire cheveux blancs.

19 septembre 2015

Emmanuel Macron, l'enfant gâté de François Hollande, fait métier de provocateur


Jusqu’à maintenant, ce sport était réservé à la droite. Il est de bon ton, en effet, de railler les fonctionnaires, leur statut et leur emploi soi-disant garanti à vie. Les artisans, les entrepreneurs, les commerçants, surtout, n’ont que mépris pour ceux et celles qui font tourner les services publics de l’état ou des collectivités territoriales. Ah le poujadisme…A gauche, ce sport n’était pas pratiqué. Depuis hier, il l’est.

Emmanuel Macron, invité par un think thank (comme on dit) dont les règles du jeu imposent aux participants de la fermer en sortant (leur bouche pas la porte) s’est trouvé bien dépourvu quand les journalistes de Challenges et des Échos ont décidé unilatéralement de briser la règle et de sortir le « off » qu’ils s’étaient engagés à taire. Déontologiquement, ce n’est pas très joli mais l’essentiel est ailleurs. Il est dans ce que Macron a dit qu’il a cru qu’on ne rendrait pas public.

Qu’a donc déclaré le ministre de l’économie d’un gouvernement dit de gauche qui fasse le buzz à ce point ? Que la situation des fonctionnaires n’était plus adaptée à notre temps ! Il a comparé le CDD d’un cybertechnicien d’entreprise au contrat d’un cadre quelconque de son ministère, affirmant qu’il existait une situation déséquilibrée entre l’un et l’autre et que ce système n’était plus adéquat. Autrement dit, si l'on comprend bien, il a affirmé qu’il serait sans doute nécessaire de changer cet état de fait. Au bénéfice de qui ? Quel avantage aurait la société à précariser les fonctionnaires ou à créer une situation de danger pour leur emploi alors que le simple bon sens voudrait que la protection de cet emploi soit la règle commune dans le public et dans le privé et pas le contraire. Ce serait évidemment porter tort aux supporteurs de la « souplesse » et de la « flexibilité » si chères à nos économistes de C dans l’air.

Macron pense à droite. Voilà la réponse à la question. Macron est donc de droite et le virage social-libéral de Valls-Hollande lui permet de temps à autre de se livrer à des déclarations provocatrices applaudies par le MEDEF et le système bancaire dont il est issu. A quelques semaines des élections régionales, voilà des déclarations aptes à resserrer les liens à gauche (NDLR : Je plaisante, attention) ! François Hollande, à Tulle, a corrigé le tir en réglant la mire mais le mal est fait. On sait aujourd'hui que l’un des principaux ministres actuels de ce gouvernement est favorable au changement de statut des fonctionnaires et pas dans le bon sens. On n’a pas fini d’en évoquer les conséquences désastreuses.

18 septembre 2015

La mélopée de Franck Martin, chevalier du Mérite maritime grâce au Marité…et aux fonds publics


Vous comprendrez mon hésitation. Avant de prendre le parti de publier in extenso le discours de l'ancien maire de Louviers décoré de la médaille de chevalier du mérite maritime par Annick Girardin, j'ai hésité. Sa prise de parole semblerait interminable à quelque auditeur peu préparé. Il aurait tort. Car ce texte illustre à merveille le caractère de celui qui ose parler de lui-même à la 3e personne du singulier. Je n'ai changé ni la ponctuation, ni ôté aucun mot. J'ai apporté quelques corrections orthographiques, les fautes commises par l'auteur — peut-être en reste-t-il ? — l'ayant été dans la précipitation et sans doute sous le coup d'une émotion bien compréhensible. 
Quand on passe, comme l'a reconnu lui-même l'ex-président de la CASE, du statut d'ancien membre de la Cause du Peuple à une situation de notable provincial, il s'agit bien de franchir un gouffre de certitude et d'immodestie. Celui-là même qui conduit à l'imprudence voire à l'impudence. Je fais donc juge mes lecteurs de ce récit d'une vie d'élu qui en a oublié la source (son père et ses vrais compagnons) et ose se plaindre d'avoir perdu des amis en politique qui n'avaient eu qu'un seul tort : lui accorder leur confiance.

Les falaises de Fécamp. (photo JCH)
« Madame la ministre, cher Annick. Je vous remercie pour tant d’éloges qui m’ont ému tout en blessant ma modestie. Merci de consacrer un temps si précieux pour la République à cette remise de décoration. Je ne parlerai pas d’amitié entre nous, comme tant et tant aimeraient le faire en telles circonstances. Non seulement j’ai appris qu’en politique, il faut d’abord se méfier de ceux qui se disent vos amis, mais je crois honorable de ne pas imiter ceux qui font profession d’être l’ami des puissants et font tomber sans cesse des noms de leur bouche, pour leur dérober une miette de gloire...
 
En politique, j’ai des copains au féminin comme au masculin avec qui je partage des liens de vraie solidarité et d’affection sincère. Il y a aussi des hommes que je respecte, des femmes que j’admire. Des Annick Girardin, Christiane Taubira, des Alain Tourret que je respecte et j’admire, parce que je suis attentif à ce qu’ils font et que je sais ce qu’ils valent. Respect et admiration, donc, pour ton action au service de la République, en particulier ton engagement dans l’aide au développement, un domaine dans lequel l’agglomération Seine-Eure s’est longuement et fortement engagée, sous la houlette d’Hubert Zoutu, maire d’Heudebouville et prince béninois.
 
Le Mérite maritime… cette distinction m’est accordée, à ma grande surprise, pour mon activité d’éditeur, de producteur de livres sur la mer. Mais pas que… La ligne éditoriale de ma maison d’édition passe par Saint-Pierre et Miquelon. Annick, tu te souviens peut-être que naguère je t’ai proposé… d’écrire et de publier la biographie de celle qui était alors pour moi la députée des Brumes.
Proposition très prématurée, car depuis, tu as écrit un nouveau chapitre à cette biographie. Et quel chapitre ! De députée des Brumes, tu es devenue, comme le titre le Journal du Dimanche la ministre qui venait du froid. Ministre venue du froid, venue de l’outre-mer, tu ne seras pas choquée si je vous raconte ce soir une histoire de morue.


17 septembre 2015

Le 10e salon de la céramique contemporaine à Pont-de-l'Arche


Je ne saurais trop vous recommander de rendre visite aux artistes exposés à Pont-de-l'Arche. La commissaire de l'exposition, Marie-Pierre Lamy propose un choix varié de créations talentueuses de céramique contemporaine

15 septembre 2015

Guy Bedos et Robert Ménard : le jour et la nuit


Guy Bedos. (photo Jean-Charles Houel)
Commençons par les bonnes nouvelles. En fait la bonne nouvelle. Guy Bedos, mis en cause judiciairement par Nadine Morano après avoir été traitée de « conne » dans un de ses spectacles, a été relaxé par le tribunal correctionnel de Nancy. Cécile Duflot, interrogée par les animateurs de C à vous, a commenté positivement cette décision précisant qu’elle même faisait l’objet de quolibets et de jugements à l’emporte pièce : « La vie politique exige une certaine distance à l’égard des insultes et des remarques parfois déplacées. Quand on me dit que j’ai un gros cul ce n’est pas toujours agréable mais il faut faire avec. Il est bien que des humoristes ou des caricaturistes fassent leur métier et dans une démocratie il faut l’accepter. »
On ne peut pas attendre de Nadine Morano autant de mansuétude. La candidate présumée aux primaires de l’Ex-UMP a une haute idée d’elle-même, trop haute selon moi, et sa plainte contre Guy Bedos, l’un de nos meilleurs commentateurs de la vie politique, montre ses limites. De Gaulle disait en refusant de poursuivre Jean-Paul Sartre qui ne le ménageait pas en mai 68 qu’on n’emprisonne pas Voltaire. Mme Morano devrait savoir que la justice n’est pas là pour satisfaire les egos. Les amuseurs publics sont nécessaires et leur liberté de parole doit être totale (1).
(1)  Sauf à tomber sous le coup de la loi pour des propos racistes, antisémites…

La mauvaise nouvelle nous vient de Béziers. Il fallait voir et entendre Robert Ménard, le maire de cette grande ville du sud, ceint de son écharpe tricolore, s’adresser à des réfugiés syriens devant les caméras de télévision et leur déclarer : « vous n’êtes pas les bienvenus dans notre ville…» et le reste à l’avenant.
J’ai éprouvé un sale sentiment à l’égard de cet élu indigne de représenter les citoyens de notre pays. Je me demande encore comment des électeurs(trices) ont pu choisir cet individu peu recommandable. Il a fait de son journal municipal un outil de propagande digne des pires régimes autoritaires. Il propage des idées écœurantes et passe à l’acte pour discriminer certaines populations au point de ficher les écoliers « musulmans » des cantines scolaires publiques biterroises. Ménard, soutenu par le Front national, n’a sans doute pas fini de faire parler de lui et de ses actions immondes. Nous le suivrons avec attention.

14 septembre 2015

L'hommage de Marc-Antoine Jamet à Jean-Luc Récher, conseiller départemental de Gaillon-Aubevoye récemment décédé


Nous avons appris, ces jours derniers, le décès brutal de Jean-Luc Récher, âgé de 62 ans. Conseiller départemental du canton de Gaillon-Aubevoye, il était également le maire de cette dernière commune et président de la communauté de communes Seine-Madrie. Il avait été formé à bonne école puisque son père, Jean Récher, avait été conseiller général socialiste du canton nord de Louviers pendant de nombreuses années. 
Marc-Antoine Jamet, premier secrétaire de la fédération socialiste de l'Eure, lui rend un hommage sincère saluant l'engagement et le dévouement de cet élu exemplaire.
 
« Jean-Luc Récher appartenait au peuple de Gauche et en était l'élu. Souriant des embrigadements et les dédaignant, profondément républicain, exceptionnellement engagé dans le camp du progrès, il l'avait rejoint en toute indépendance. A sa façon. A sa manière. A son rythme. Il en défendait donc sans relâche et sans compromission les valeurs essentielles : solidarité, égalité, justice. Nous les partagions avec lui. En profondeur, en constance et en cohérence. Sans la moindre ambiguïté. A chaque grande échéance notre pacte se renouvelait.

Dans la loyauté et la clarté. Il mobilisait pour nos idéaux ses qualités qui étaient exceptionnelles, mais au premier rang desquelles chacun reconnaissait la solidité, la volonté et l'efficacité. C'était sa signature personnelle, son identité politique, sa singularité humaine. Il ajoutait à ces compétences déjà rares la franchise et la fermeté qui en faisait un homme respecté et écouté de tous à commencer par ses pairs. Son talent de pédagogue, sa silhouette athlétique, son caractère bien trempé, son regard clair derrière des lunettes d'acier, il les avait mis au service d'une cause qui le dépassait, mais qu'il n'avait cessé de faire grandir : Aubevoye.

Maire de sa ville depuis plus de deux décennies, il vivait pour elle, pensait avec elle, agissait pour elle dans la sincérité qui fait la rencontre entre une énergie et un territoire. Sur la route blanche, en tête, il cheminait. De fait, il travaillait pour le bonheur des Albaciens qui admiraient le dévouement éclatant de leur premier magistrat, pour le développement d'une collectivité devenue irrévocablement sienne. Et le dimanche, et la semaine, c'était sa raison d'être. Il ne comptait pour sa cité ni son temps, ni sa fatigue. On sait ce que cela signifie de sacrifices.

Il avait naturellement prolongé cet effort, cette passion, par l'intercommunalité. Très tôt, il en avait compris les enjeux et les risques. Aussi s'en était-il fait fondateur et bâtisseur. Il voyait grand. Il voyait loin. Dès 2002, il avait forgé Eure-Madrie-Seine, son enfant. Il n'était pas dans son caractère de regarder les autres imaginer et projeter, sans proposer et convaincre. Sur ce terrain, il l'avait emporté. Tout comme, il avait connu comme conseiller général, puis conseiller départemental, un destin heureux qui témoignait, dans la fidélité à Jean-Louis Destans et à sa majorité, qu'il avait été désigné dans son canton sur une équation individuelle, sur des résultats qu'il ne devait à personne, sur une reconnaissance pour son parcours et ses acquis. C'est pour cela qu'il se jouait des campagnes, accumulait des victoires et croyait à sa bonne étoile.

Son exemple demeurera ainsi que les multiples réalisations qu'on lui doit. Elles font un bilan glorieux que l'on n'aurait jamais cru si vite devenir un héritage, un testament. La mort est venu le prendre dans la force de l'âge. Soudainement. Brutalement. Il laisse ses amis dans le chagrin et la violence de sa disparition. Au nom de la fédération du Parti Socialiste de l'Eure, son alliée et son amie, au nom de tous les militants de notre département, je veux présenter à son épouse, à sa famille, à ses proches, nos condoléances et leur dire notre profonde émotion. »

Marc-Antoine JAMET
Premier secrétaire de la Fédération du Parti Socialiste de l'Eure