17 juillet 2015

On peut aider des sans papiers pour des raisons humanitaires sans être condamné

Communiqué de la section de Perpignan de la ligue des droits de l'Homme : 
« Denis Lambert, poursuivi pour avoir hébergé une famille sans-papiers à Perpignan et pour leur avoir demandé de participer aux tâches ménagères, a été relaxé, lors de l'audience du 15 Juillet au Tribunal de Perpignan. Une très importante mobilisation avait lieu devant les marches du Tribunal, avec de nombreuses organisations, des soutiens nationaux comme internationaux, notamment de Catalogne Sud.
Fait extrêmement rare, Achille Kiriakides, le même procureur qui avait inculpé Denis Lambert, a convenu qu'une telle inculpation ne pouvait avoir lieu étant donné l’article L.622-4 du CESEDA qui stipule que l’aide au séjour irrégulier d’un étranger ne peut donner lieu à des poursuites pénales si elle répond à un but humanitaire.
Cette victoire rappelle surtout que la solidarité n’est pas un délit dans le droit français et conforte les organisations de défense des droits des étrangers dans l’aide qu’elles apportent aux familles sans-papiers, en suppléant le rôle de l’Etat. Et enfin cette relaxe fera jurisprudence et rassurera tous ceux qui hébergeront solidairement des sans papiers. »
 

15 juillet 2015

La presse allemande ne ménage pas ses dirigeants jugés trop sévères à l'égard de la Grèce

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Wolfgang Schaüble.
La presse allemande, surtout la presse dite de gauche évidemment, est extrêmement sévère à l’égard d’Angela Merkel et de Wolfgang Schäuble (prononcez choye-bleu et non chaubol comme nombre de journalistes télévisés le font) les deux participants au sommet de l’euro-zone, d’une part et de l’assemblée générale des chefs d’états et de gouvernements de ladite euro-zone d’autre part. Pour les rédacteurs(trices) allemand(e)s les dirigeants de leur pays se sont montrés bien trop rigides et sévères vis-à-vis de la Grèce.

Wolfgang Schäuble n’a-t-il pas fait circuler une note rédigée par ses soins créant un fonds de garantie des privatisations réalisées en Grèce et basée au Luxembourg et prévoyant une sortie provisoire (cinq ans) de la Grèce de la zone euro. Aucun traité, aucun texte européen ne prévoit une telle solution. Au-delà du fait que le ministre allemand est réputé pour sa poigne de fer et la haine qu’il voue à l'ancien ministre Xanis Varoufakis (qui la lui rendait bien) il va de soi que sans la volonté française de conserver la Grèce au sein de la zone euro, de fortes présomptions font penser qu’Athènes aurait été viré avec pertes et fracas. Il se trouve que les responsables Finlandais, slovaques et quelques autres étaient d’accord avec le ministre allemand. C'est dire.

Il faudra des années, écrivent les journalistes allemands, pour que cette attitude hautaine et méprisante disparaisse des pensées. Alors qu’il a fallu des décennies pour que l’Allemagne retrouve ses galons de démocratie et gagne la confiance des autres pays de l’Union européenne, une nuit de négociations âpres et sévères pourrait bien avoir altérer à la baisse ce sentiment. Jean-Luc Mélenchon dans son livre récent « Le hareng de Bismark » écrit pour le résumer : « Ceci est un pamphlet. Mon but est de percer le blindage des béatitudes de tant de commentateurs fascinés par l'Allemagne. Je prends la plume pour alerter : un monstre est né sous nos yeux, l'enfant de la finance dérégulée et d'un pays qui s'est voué à elle, nécrosé par le vieillissement accéléré de sa population. L'un ne serait rien sans l'autre. Cette alliance est en train de remodeler l'Europe à sa main. Dès lors, l'Allemagne est, de nouveau, un danger. »

L’ancien président du parti de gauche n’y va pas de main morte. Mais les faits du week-end pourraient bien lui donner raison. Il est donc vital et nécessaire que François Hollande parvienne à faire de la relation franco-allemande une relation plus équilibrée. Pour ce faire, il convient, certes, de se montrer crédibles et responsables. Exactement ce qu’on demande aux Grecs mais à condition de ne pas tuer le malade par des traitements de cheval. Angela Merkel semble avoir perçu le danger et a sans doute freiné les ardeurs de son ministre pourtant très populaire outre-Rhin. A François Hollande de méditer cette pensée teintée d’humour de Michel Audiard : « lors de la dernière guerre, les Français parlaient aux Français. Les Allemands aussi. »

14 juillet 2015

Corinne Le page candidate PRG aux régionales dans l'Eure ? Une craque !


Corinne Lepage.
Corinne Lepage tête de liste aux prochaines élections régionales dans l’Eure ? C’est  le bobard que semble avoir avancé Franck Martin, radical de gauche, en passe d’être éliminé des candidats éligibles sur la liste que conduira Marc-Antoine Jamet, choisi par les socialistes. On sait que le mandat de conseiller régional est le dernier qui permet à l’ancien maire de Louviers d’émarger à un budget de collectivité territoriale. Il s’est suffisamment plaint publiquement de sa situation financière personnelle difficile pour qu’on ignore que, s’il n’était pas retenu sur une liste susceptible de lui ouvrir les portes de la nouvelle assemblée à cinq départements, il serait contraint de chercher un emploi public ou privé.

Mais comme Nicolas Mayer-Rossignol, le président sortant de la région Haute-Normandie choisit les hommes et les femmes candidat(e) s sur les listes d’union de la gauche (PS-PRG et d’autres ?) dans les cinq départements normands, il n’est actuellement pas enclin à permettre à Franck Martin d’être parmi les impétrants. Plusieurs raisons évidentes à cela : la succession d’échecs électoraux à Louviers démontrant une perte de crédibilité et de sympathie auprès des citoyens mais aussi l’absence de confiance dans un homme ayant pratiqué toutes les recettes des bonnes et mauvaises pratiques politiciennes et, enfin, la volonté du président actuel de la région Haute-Normandie (candidat à la présidence de la future grande région) de renouveler les candidat(e)s donc les élu(e)s et de donner leur chance à des nouveaux venus dans le paysage normand.

La menace de la candidature de Corinne Lepage est donc purement formelle car celle-ci n’a aucun lien en Normandie. Il faut la prendre pour ce qu’elle est : une craque. La célèbre avocate des causes environnementales est une femme respectable qui a côtoyé génération Écologie, François Bayrou, créé son propre mouvement. Elle est connue pour ses luttes contre la corruption et les agressions contre notre environnement. Mais, franchement, que viendrait-elle faire dans l’Eure avec pour seul viatique le fait de gêner le parcours de la liste Jamet : quel programme, quel élan, quelle modernité ! Dans notre département, le PRG ne peut se revendiquer que de son étiquette. Ses militants se comptent sur les doigts d’une main. Il est temps qu’il cesse de nous prendre pour des cruches, comme dirait l’un de ses dirigeants.

13 juillet 2015

La Grèce fait partie de l'Europe et Nicolas Sarkozy s'est montré bien maladroit


Nicolas Sarkozy aurait dû tourner sa langue plusieurs fois dans sa bouche avant de l’ouvrir. De quelque côté qu’on se tourne, ses paroles auront été plus qu’imprudentes. Ses attaques hier contre François Hollande semblent, en effet, aujourd’hui, maladroites et excessives. Motivées par la haine et non pas l’intérêt de l’Europe et de la France. L’accord scellé, ce matin, à Bruxelles, discrédite l’ancien président de la République, lequel ne s’est pas montré à la hauteur de l’enjeu. Et par conséquent à celle de la fonction à laquelle il aspire à nouveau. Sarkozy s’est montré très petit.

Car si accord il y a, on le doit en partie — mais en grande partie tout de même — à François Hollande. Sa détermination et son insistance à vouloir conserver la Grèce dans la zone euro l’ont emporté contre toutes les préventions et les menaces de voir ce pays européen, berceau de la démocratie, quitter l’Europe ou en tout cas sortir de sa zone d’influence. On sait, depuis quelques jours, que la France a mis à disposition de la Grèce ses meilleurs experts, ses meilleurs fonctionnaires du Trésor public, pour qu’Alexis Tsipras présente des mesures « sérieuses et crédibles. » Le travail a été fait et bien fait. Si les parlements consultés adoptent le plan signé ce matin par les 19 membres de la zone euro, les malheurs des Grecs ne seront pas terminés mais un espoir sera au bout du chemin.

Face à la hargne de Wolfgang Schaüble, le ministre des finances allemand, très désireux du Grexit (Grèce exit) il fallait toute l’expérience et une volonté de fer de la part des Français et de quelques autres aussi (dont Jean-Claude Juncker) pour proposer un plan de rétablissement voire un plan de création d’un état grec fort et mieux organisé. Certes, la Grèce va s’obliger à quelques sacrifices. Des privatisations, des garanties, du temps et de l’argent. Et un peuple soumis à un régime draconien. Il reste que cet accord n’est encore qu’un morceau de papier et qu’il revient aux élus et aux gouvernements de le mettre en musique. Comme l’écrit François Loncle, dans un communiqué : « La crise grecque montre que le fonctionnement de l’eurozone doit être foncièrement amendé dans un sens démocratique. Elle souligne également que la construction européenne ne peut pas se faire sous la conduite d’un seul pays, aussi important soit-il, ni même sous celle du couple franco-allemand qui a pourtant joué un rôle historique décisif. Il s’agit d’une entreprise collective qui doit respecter chaque membre, qu’il soit grand ou petit. Comme l’Allemagne ou la France, la Grèce fait partie de l’équipe Europe. »

10 juillet 2015

Marc Fiorentino aurait bien tout faux


Caroline Roux, qui supplée Yves Calvi dans C dans l’air, n’a pas modifié la liste des invités habituels de cette émission de fin d’après-midi ; Ses invités présentés comme des experts parlent de la pluie et du beau temps. La Grèce a évidemment été le thème dominant des dernières émissions. Parmi ces experts, il en est un que je voudrais saluer pour ses erreurs d’analyses et ses accusations péremptoires. J'ai l'impression qu'il s'est trompé sur toute la ligne.

Marc Fiorentino, puisqu’il s’agit de lui, s’est montré extrêmement imprudent à l’égard de la personnalité et de l’action d’Alexis Tsipras. Ce dernier a été présenté, en permanence par le soi-disant expert, comme un gauchiste invétéré, un homme d’extrême gauche venu pour casser la baraque c’est-à-dire la zone euro, un personnage non fréquentable plus soucieux de garder le pouvoir que d’organiser l’avenir de son pays. Vous verrez, assurait l’économiste indépendant (de qui ou de quoi ?) Tsipras joue la carte du pire et dans trois mois, on vivra une situation à la Chypriote. Banques en faillites, retour de la drachme, crise humanitaire…

Alexis Tsipras, premier ministre de la Grèce, connaît l’histoire de son pays et a une claire vision de l’héritage que lui ont légué les conservateurs et le PASOK, ces socialistes en « peau de lapin » ainsi que les appelait un ancien ami. Tsipras savait très bien que dans son bras de fer avec l’Eurozone, il devrait à un moment ou à un autre, passer par le trou au chien. Il n’a pas choisi la politique du pire même s’il sait que le plan présenté hier soir à Bruxelles, va entraîner en Grèce des sacrifices sociaux et des souffrances. Le but est que ces sacrifices soient partagés entre les riches et les pauvres et que les principaux atouts d’Athènes ne soient pas joués bêtement c'est-à-dire à perte.

A lire les principales propositions d’Alexis Tsipras (à faire adopter par son parlement) la Grèce veut préserver le tourisme un secteur essentiel de sa balance commerciale. Il souhaite aussi s’attaquer à l’oligarchie, aux armateurs et aux propriétaires fonciers jusqu’ici épargnés. Tsipras veut construire un état, un vrai, dans lequel la corruption ne sera pas le régulateur socio-économique des arrivistes et autres privilégiés. François Hollande a jugé le plan de Tsipras « sérieux et crédible ». Encore faut-il que les autres chefs d’états et de gouvernements en fassent autant.

9 juillet 2015

Tapie exige un milliard d'euros de la part de l'Etat !


Quel culot. Ce type a un culot monstre et vit sans limites. Surtout il est totalement dépourvu de scrupules. Bernard Tapie réclame, en effet, un milliard d’euros à l’Etat considérant qu’il a été grugé lors du rachat d’Adidas par le Crédit Lyonnais. Le Monde qui révèle l’information sur son site indique que Tapie passe l’arbitrage par pertes et profits, lui qui avait juré sur la tête de ses enfants être dans son bon droit.

Pourquoi cette soudaine illumination ? Tout simplement parce que Tapie a reconnu devant le juge Tournaire que lors de ses 17 rencontres avec Sarkozy — ce qu’il avait toujours nié jusqu'à présent — ils évoquaient évidemment l’arbitrage et les manières de faire pour lui donner satisfaction. Sarkozy était donc bien à la manœuvre pour satisfaire son grand ami radical de gauche, celui qui l’avait soutenu pendant la campagne présidentielle de 2007, et pour lui permettre d’empocher le pactole. De là à ce que Mme Christine Lagarde, présidente du FMI depuis, ait été sermonnée pour accomplir les actes qu’elle a commis, il n’y a pas loin. Elle qui reproche à MM. Tsipras et Varoufakis de ne pas se comporter comme des adultes dans l’affaire grecque, saurait leur en remontrer. Aujourd’hui, évidemment, la situation est différente car Tapie a reconnu que l’arbitrage avec le fameux Estoup, avait été manigancé par son avocat de l’époque, Me Lantourne, qu’il a jeté avec l’eau du bain depuis. On n’imagine pas, assure l’affairiste, un avocat pensant à désigner un arbitre qui lui serait défavorable. Ben voyons.

Il est vrai que le comportement de MM. Mazeaux, Bredin et Estoup, en a choqué plus d’un. De la part de l’ancien parlementaire expérimenté, respecté et aussi de l’ancien président du conseil constitutionnel qu’il fut, on attendait une autre attitude que celle d’un arbitre avide de milliers d’euros. Tous ceux, parlementaires, avocats, citoyens, incapables de croire une seule seconde la version Tapie seront en tout cas ravis d’apprendre qu’il nous mène en bateau — le Phocéa ? — depuis des années et qu’il ment comme il respire. Le procureur de Montgolfier pourrait écrire un livre sur Tapie et ses turpitudes. Sur ses contre-vérités et ses bobards. Je ne doute pas que la nouvelle affaire judiciaire ouverte devant le tribunal de grande instance de Paris devrait connaître des rebondissements et pas forcément à l’avantage de l’ancien patron de la Vie claire (et obscure surtout) et des piles Wonder…

6 juillet 2015

La Grèce n'attend pas que la baisse de sa dette, elle demande moins de mépris et plus de dignité


Le Parlement grec à Athènes.
Avec plus de 60 % des suffrages des électeurs(trices) grecs(cques) le Premier ministre athénien a atteint ses objectifs. Et comment ! Alors que les sondages précédant le scrutin du référendum sur les propositions de la troïka européenne représentant les créanciers du pays annonçaient un scrutin serré entre le Oui et le Non, voire la victoire du Oui, la mobilisation du peuple grec a eu raison des hésitations et des peurs des uns et des autres. Question de dignité comme l’a affirmé Alexis Tsipras.

J’ai devant les yeux l’image de ce retraité grec, allongé devant l’entrée de sa banque, en larmes, effondré, seul face à son incapacité à toucher sa pension indispensable à sa vie quotidienne et celle de sa famille. Car avant de parler dettes, excédent primaire, BCE et tutti quanti, n’oublions pas que la situation de la Grèce en 2015 est avant tout celle des populations surtout si elles ne sont pas favorisées, surtout si elles n’appartiennent pas à l’oligarchie, ni à l’église orthodoxe, ni aux familles des armateurs ceux-là même qui ne paient pas d’impôts ni de taxes. Je pense aux familles, celles qui ne vont plus trouver ni farine, ni lait, ni sucre dans les supermarchés puisque la Grèce importe nombre de produits de première nécessité.

Il est de bon ton — M. Woerth (Ex-UMP) par exemple — d’affirmer que la légitimité du vote grec vaut toutes les élections de toutes les autres démocraties européennes. Jamais Alexis Tsipras n’a affirmé le contraire. Il n’a pas dit, non plus, que le vote de dimanche engageait tous les Européens. Il a consulté son peuple lequel a répondu à la question posée (et passablement compliquée) de la manière suivante : nous ne voulons plus d’austérité surimposée, nous souhaitons une restructuration (diminution ou échelonnement ou suppression) de notre dette impossible à rembourser avant des décennies ! Comment, en effet, courir un 100 mètres avec un sac de 100 kilos sur le dos ?

Qu’attendent donc les Grecs de l’Europe ? De la SOLIDARITE. L’idée européenne, si elle s’est construite sur les ruines d’un continent dévasté par la seconde guerre mondiale, est née pour défendre et préserver la paix et aussi pour assurer aux Européens un niveau de vie décent, qu’il s’agisse de l’économie, de la culture, de la santé, des droits de l’homme. L’Europe est, dans son ensemble, beaucoup plus que chaque pays qui la compose pris individuellement. C’est pourquoi on ne peut voir d’un œil rigolard le risque de sortie de la Grèce de l’Union européenne ou de la zone Euro. Que l’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande, la Slovaquie etc. considèrent que la Grèce ne se réforme pas assez vite ne suffit pas à la condamner au purgatoire ou à la misère.

Yanis Varoufakis, ministre de l’économie et bête noire de l’eurogroupe a démissionné. Alexis Tsipras s’est donné 48 heures pour aboutir à un accord avec ses créanciers. Si les Européens le souhaitent vraiment, cet accord est possible à condition que le montant de la dette soit revu à la baisse et que la Grèce s’engage à des réformes : TVA ciblée, rentrée d’impôts, cadastre.

Au final, cette affaire de référendum aura fait deux heureux en France : Jean-Luc Mélenchon, ce qui se comprend, et Marine Le Pen, trop heureuse de dénoncer les « européistes ». Les Grecs et les Européens attendent les décisions de la BCE et du conseil des chefs d’Etats et de gouvernements convoqués en urgence. La suite demain.

3 juillet 2015

Pas de droit d'Asile pour Julian Assange mais victoire pour les enfants nés de GPA sans oublier les Guignols de l'info


PPD va-t-il devoir prendre sa retraite ?
Supprimer les Guignols de l’info, beaucoup en rêvent, Bolloré veut le faire. Le patron de Vivendi Canal Plus, sous prétexte de redonner du pep’s à la chaîne privée n’a rien trouvé d’autre que de proposer la disparition des écrans d’une émission vieille de 25 ans dont le succès ne s’est jamais démenti. La guignols de l’info sont devenus une institution dans notre pays et bien d’autres télévisions dans le monde ont tenté — et réussi parfois — d’imiter les marionnettes en forme de caricatures du monde politique.
Les Guignols font rire ou sourire. Ont-ils une influence sur le comportement des citoyens et en particulier, sur celui des électeurs (trices) de notre pays ? Voilà évidemment la question prioritaire que se pose le proche ami de Sarkozy. Il ne lui aura pas échappé que l’ancien président de la République est présenté sous un jour qu’un homme ouvert pourrait « apprécier » à condition d’avoir de l’esprit mais qu’un prêteur de yacht ne saurait accepter.

La France refuse l’asile politique à Julian Assange « prisonnier » de l’ambassade d’Equateur à Londres depuis trois ans. Il demande à François Hollande de tenir compte de sa santé mentale et physique qu’il considère comme un danger imminent. Le gouvernement refuse d’accepter de le recevoir sur le sol français prétextant un mandat d’arrêt européen délivré par la Suède, il considère également que M. Assange ne lui semble pas si mal en point, cette expression étant de moi. M. Assange n’est pas en situation de danger immédiat. Qu’en savent nos dirigeants ?
A l’occasion de la publication de certaines écoutes de la NSA concernant la France et nos gouvernants, nombreux ont été les Français à saluer Julian Assange, fondateur de Wikileaks, ainsi que Mediapart et Libération, organes choisis pour délivrer quelques messages particuliers et généraux. Les preuves ? Les communications des téléphones personnels de François Hollande (comme ceux d’Angela Merkel d’ailleurs) ainsi que celles de plusieurs présidents et ministres ont été écoutées par les petites mains et les grandes oreilles des services secrets américains, aidés par leurs confrères de Grande-Bretagne. Pour accomplir ces tâches ingrates mais économiquement utiles, les Anglais considèrent qu’ils n’appartiennent pas vraiment à l’Europe mais à une union anglo-saxonne dont la langue commune n’est pas le seul élément unificateur. Comme d’habitude GB choisit le grand large.

La Cour de cassation a rendu son verdict : les enfants nés à l’étranger de parents français devront dorénavant être inscrits à l’état-civil. C’est la victoire du bon sens et c’est surtout la victoire de ceux et celles qui privilégient les intérêts de l’enfant. Comme chacun sait, les enfants n’expriment pas leur volonté de naître ou de ne pas naître, et ne choisissent pas la solution adoptée par leurs parents pour voir le jour. Autrement dit, les enfants sont totalement dépendants de leurs géniteurs qu’il s’agisse d’une conception traditionnelle, d’une PMA (procréation médicalement assistée) ou d’une GPA (gestation pour autrui) et ont donc le droit à leur identité.
Si leurs parents sont Français, les enfants le sont aussi. C’est la décision que prit, l’an dernier, la Cour européenne des droits de l’homme en obligeant la France à inscrire à l’état-civil les enfants nés à l’étranger de GPA puisque celle-ci est interdite en France. Bien que des parents aient tenté d’inscrire leurs enfants certains maires ont refusé malgré l’attitude noble de Christiane Taubira favorable à l’inscription. La Cour de Cassation a confirmé aujourd’hui l’arrêt de la CEDH et c’est une grande victoire…pour les enfants.

J’en profite pour saluer la décision de la Cour suprême des Etats-Unis qui vient de déclarer le mariage entre homosexuels conforme à la constitution des Etats-Unis. Quel que soit le continent, quelle que soit la constitution, on constate que l’évolution des mœurs et la quête de liberté avancent à grands pas. Ils disent quoi les gens de la manif pour tous ? Ils sont où les homophobes ? Ils n’ont plus qu'à fêter leur défaite.



1 juillet 2015

Charles Pasqua, un personnage très controversé créateur du SAC


Charles Pasqua.
Ils sont restés assis. Plusieurs députés de gauche n’ont pas souhaité, hier, se lever pour saluer la mémoire de Charles Pasqua, ancien ministre de Jacques Chirac et François Mitterrand, ancien président du conseil général des Hauts-de-Seine et co-fondateur du RPR. Malgré la demande d’une minute de silence de la part de Christian Jacob (président du groupe LR) et le signal de Manuel Valls, Premier ministre, plusieurs parlementaires — fait rare à l’Assemblée nationale — ont refusé de s’associer à l’hommage rendu à l’ancien membre du Sénat.

Pourquoi cette indifférence ou plutôt pourquoi cette réticence à encenser une personnalité politique disparue à l’âge de 88 ans ? En général, la mort réconcilie les contraires. Mais Charles Pasqua ne laisse pas que de bons souvenirs. Je passe sur les épisodes judiciaires qui ont marqué ses dernières années plus médiatiques que politiques. Je passe aussi sur quelques faits marquants quand il a trahi Chirac pour Balladur ou devancé avec sa liste souverainiste la liste officielle RPR aux européennes conduite par Sarkozy. Pasqua se disait gaulliste, et il l’était sans doute, mais il était surtout un gaullien plus attaché à la personne du général et sa conduite exceptionnelle durant la seconde guerre mondiale qu’à une pratique politique digne du grand personnage de l’histoire. Pasqua fut un vrai Résistant et cela, personne ne pourra le lui enlever.

Quelques taches assombrissent pourtant le portrait de cet homme. Créateur du Service d’action civique en 1960 (avant la création de l’OAS donc) il était l’homme des coups tordus pour reprendre l’expression de François de Rugy, député EELV. Le SAC est demeuré dans la mémoire des Français comme une officine aux recrutements troubles et aux agissements peu glorieux. Sorte de milice, ce service d’action civique ne répondait pas à la définition qu’il donnait de lui. De l’action, certainement mais en eaux troubles, du civisme, très peu. Il aura fallu l’affaire de la tuerie d’Auriol pour que ce SAC soit dissous et ne ressuscite pas.

Dans l’Eure, nous avions eu l’occasion de rencontrer ses membres, nuitamment et violemment. J’avais même gagné le procès intenté aux membres de ce SAC défendu par les ténors du barreau d’Evreux membres du RPR de l’époque de René Tomasini, un autre Corse très amateur d’entorses à la morale républicaine. Comme François de Rugy, on peut comprendre la douleur familiale et personnelle de l’entourage de Charles Pasqua. De là à rendre un hommage national à un personnage très controversé (l’affaire Malek Oussekine reste traumatisante tout comme ses appels à faire l’union avec le FN) il y a un grand pas que les hommes et femmes de gauche ne peuvent franchir.

30 juin 2015

« Mise à mort du contrat 276 par les présidents des départements de l'Eure et de la Seine-Maritime : la partialité ne sert pas l'intérêt général et la droite ne sert pas les Normands »


Communiqué des élus de gauche haut et bas-Normands :

« Depuis plusieurs années, la Région Haute-Normandie et les Départements de l'Eure et de la Seine-Maritime ont rassemblé dans une démarche vertueuse unique en France: le contrat "276", qui vise à financer ensemble de très nombreux investissements, mais également des associations sportives et de solidarité. Le "276" permet de concilier efficacité de l'action publique et bonne gestion. Il a été salué par la Cour des Comptes dès 2009. En un mot, il a fait ses preuves. En février dernier, un nouveau contrat de près de 900 millions d'euros a été signé, pour la période 2015-2020, préparant l'entrée de nos territoires dans la grande Normandie, en faisant vivre sans attendre les projets d'avenir. A l'issue des élections départementales de mars, le Président de la Région Nicolas Mayer-Rossignol a exprimé publiquement son souhait que le "276" perdure, dans un esprit républicain de rassemblement et dans l'intérêt des départements haut-normands.

Malheureusement, nous apprenons par voie de presse que les nouveaux Présidents de Départements ont décidé de mettre un terme à cette coopération pourtant exemplaire: « le 276 est mort », ont-ils décrété hier. Nous avions mis en garde les Eurois et les Seinomarins, durant la campagne électorale, sur l'absence de projet de la droite. A la tête des départements depuis seulement trois mois, elle montre maintenant sa vraie nature : celle d'élus qui ne sont pas là pour construire mais pour détruire.

La "mort" du 276, annoncée hier, est le premier exemple de cette stratégie de la terre brûlée. La violence dans les mots révèle d'ailleurs celle de la décision, qui met à "mort" de nombreux projets conçus avec la Région et les élus locaux pleinement investis derrière leurs projets et connaisseurs des priorités de leurs territoires.

Tous les Haut-Normands, particuliers, entreprises, collectivités, associations, doivent donc savoir que les projets listés en annexe, qui étaient inscrits au contrat "276" pour 2015-2020, ne disposent désormais d'aucun financement et ne pourront donc voir le jour.

Nous dénonçons cette mauvaise décision, prise sans concertation, pour des raisons politiciennes, à quelques mois des élections régionales. La présence d'Hervé Morin à la réunion des Présidents de Départements le prouve. Au moment où la Normandie se crée, l’intérêt général commandait pourtant de se rassembler pour agir, sans esprit partisan. Les projets étaient pensés et budgétés. La droite seinomarine avait même votés tous ces projets, en commission permanente, avant les élections. Malheureusement, sitôt majoritaires, ces élus n'hésitent pas à détruire un outil innovant de mutualisation souvent cité en exemple au niveau national.

En enterrant avec cynisme le "276" et les projets concrets qu'il comportait à destination des territoires et de leurs habitants, la droite confirme qu'elle n'est pas là pour servir les Normands mais pour s'en servir.

Signataires :
Laurent Logiou, Président du Groupe Socialiste et DVG à la Région Haute-Normandie
Nicolas Rouly, Président du groupe d'opposition Socialiste au Département de Seine-Maritime
Janick Léger, Présidente du groupe d'opposition Socialiste au Département de l'Eure
Valérie Fourneyron, Députée de Seine-Maritime
Luce Pane, Députée de Seine-Maritime
Guillaume Bachelay, Député de Seine-Maritime
Christophe Bouillon, Député de Seine-Maritime
Sandrine Hurel, Députée de Seine-Maritime
Catherine Troallic, Députée de Seine-Maritime,
Estelle Grelier, Députée de Seine-Maritime
Dominique Chauvel, Députée de Seine-Maritime
Jean-Louis Destans, Député de l'Eure
François Loncle, Député de l'Eure
Didier Marie, Sénateur de Seine-Maritime
Nelly Tocqueville, Sénatrice de Seine-Maritime
Marc-Antoine Jamet, Vice-président de la Région

Liste des projets inscrits au Contrat « 276 » pour la période 2015/2020

Pour l'Eure:
-      Valorisation du domaine d'Harcourt (10M€), travaux d'investissements au musée des Impressionnismes de Giverny (4M€), véloroute Normandie Impressioniste – Giverny/Honfleur, Avenue Verte Paris-Londres (3.9M€), revalorisation des centres-bourgs (4M€), Aménagement de la RD6014 (13,2M€) , liaison Nord/Sud Bourg-Achard – Verneuil sur Avre (25M€), soutien aux réseaux d'initiative publique très haut débit (EureNumérique - 77,39M€), Collège Jean de la Varende, rénovation des Établissements d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes à Rugles (3.7M€),  Brionne (2.29M€), Conches en Ouche (1.81M€), Bernay (2M€), Verneuil sur Avre (1.9M€), Pacy sur Eure (1.7M€)

Pour la Seine-Maritime :
-      Amélioration de la RD 925 vers Dieppe (33M€) ; modernisation des ports de Fécamp (7,75M€) et du Tréport (7,47M€) ; rénovation des Établissements d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes à Dieppe (7.16M€), au Havre (8.4M€) et Lillebonne (4.32M€) ; gymnase de Barentin (3.67M€);

Pour toute la Haute-Normandie :
-      Maisons pluridisciplinaires de santé (8.5M€), véhicules associatifs dédiés au sport et aux solidarités (3.6M€), valorisation touristique et du patrimoine culturel haut-normand (33.5M€), Haut-débit (135,39M€), rénovation et amélioration des performances énergétiques des collèges et lycées (213,67M€)