20 juin 2015

Le délit de fuite…d'eau de Sarkozy


Souvent Sarkozy varie, bien  « fol » qui s’y fie. En quelques années voire quelques mois, l’ancien président de la République, président de « Les républicains » change de pied, d’opinions, d’idées…si tant est qu’on puisse qualifier ses propos d’idées. Sa saillie sur le droit du sang, « une question qui mérite d’être posée » est en complète contradiction avec ce qu’il déclamait lors d’un débat face à Jean-Marie Le Pen : « Jamais, assurait-il, nous ne reviendrons sur le droit du sol. » Mais à cette époque, le Front national n’avait pas atteint les scores électoraux d’aujourd’hui et ses propositions pernicieuses et fantasmées n’imprégnaient pas l’opinion publique comme elles le font en 2015.

Autrement dit, Sarkozy — et ce n’est pas nouveau — a décidé de bâtir sa ligne politique de candidat éventuel à la présidentielle en puisant dans la besace du FN chargée des pires maux de notre société : l’exclusion et le mépris. Le plus bel exemple n’est-il pas « l’amusante » comparaison entre le flux des migrants fuyant la guerre, la misère et la désormais fameuse fuite d’eau que le réparateur (il aurait pu dire le plombier polonais) s’efforce de répartir dans toutes les pièces d’une maison imaginaire. Cette fuite d’eau, soyons en certains, le poursuivra longtemps, aussi longtemps que « la racaille » et le « casse toi pov con » si élégant.

La gauche, mais pas seulement elle, ont fustigé ce comportement de bateleur d’estrade, de bonimenteur, prêt à tout pour séduire son public de fans. Sarkozy le connaît bien ce public. Il sait ce qu’il attend, ce qu’il souhaite entendre, ce qu’il veut pour notre République dont ces gens-là ont osé s’approprier l’adjectif. Même les centristes ont jugé que la blague ( ?) de Sarkozy faisait dans l’ignominie. On ne traite pas ainsi des hommes et des femmes, des enfants, en quête de liberté, de sécurité, de fraternité et souvent au prix même de leur vie. Fraternité ? Un mot que Sarkozy a banni de son vocabulaire.

19 juin 2015

Le centre ville de Louviers à cœur ouvert lundi soir au Moulin


La rue du Maréchal Foch en voie piétonne : il fallait oser ! (photo archives JCH)
L’avenir de Louviers doit évidemment intéresser les habitants de notre ville. Et pour mieux comprendre ce que souhaite entreprendre la municipalité pour améliorer le centre commercial, le cœur de ville, le maire invite les habitants à une réunion d’information programmée le 22 juin au Moulin (rue des combattants en Afrique du nord) en soirée.

Le centre commercial est un véritable casse-tête pour les équipes municipales. Plus d’un maire y a perdu crédibilité et crédit pour avoir surestimer la qualité des changements qu’il proposait et les conséquences (fâcheuses parfois) de ceux-ci. Même concertées, les rénovations et autres améliorations ont souvent fait pschitt ! Le fait est que la ville, détruite par les bombardements de la guerre de 1940, a été reconstruite sur un schéma identique quand il aurait fallu anticiper le mode de vie des Lovériens et les circulations modernes notamment automobiles. Une récente exposition consacrée aux photographies du Louviers d’hier nous rappelle qu’Eugène Claudius Petit (1) est venu dans cette ville et qu’il en a inauguré la reconstruction des années cinquante sous le regard bienveillant de Pierre Mendès France.

Depuis, le schéma général du centre de la ville n’a que peu bougé. La tentative d’instauration des rues piétonnières par le Docteur Ernest Martin a fait long feu (après d’âpres manifestations) et ne subsiste qu’un morceau de rue de quelques dizaines de mètres. Pour quel avenir ? Le maire veut proposer des modifications concernant le stationnement, l’élargissement des trottoirs, le mobilier urbain, le sens des circulations, le rôle des places (Thorel, de la Halle, champ de ville) sans oublier la nécessité de densifier l’urbanisation du centre, véritable obsession des élus qui oublient parfois que les commerçants n’y vivent pas ou en tout cas s’ils y habitent qu’il s’agit d’un très petit nombre d’entre eux.

L’intérêt des réunions publiques c’est avant tout l’information. Il ne faut pas croire que les suggestions des citoyens sont toujours pertinentes. S’ils sont mal informés, s’ils ne sont pas en possession de tous les éléments du dossier (techniques, financiers, notamment) les citoyens ne sont pas sur un pied d’égalité avec les élus et la concertation ne peut dès lors que servir d’alibi. Voilà pourquoi il faudra être présent, lundi au Moulin, pour prendre connaissance du projet forcément avancé que le maire rendra public. Nous pourrons, alors le discuter, l’approuver…ou en contester certains aspects.
(1) Ancien ministre de la 4e République.

18 juin 2015

Quand des parents corses détestent les polyphonies linguistiques…


Décidément, la connerie est partout. Prenons ces enseignant(e)s corses désireux de faire découvrir la beauté des langues étrangères à leurs élèves. Pas le Français évidemment si l’on considère, d’un point de vue nationaliste, que notre langue est parlée par des horsains de l’hexagone. Non, l’Anglais, l’Espagnol, l’Allemand et l’Arabe. L’Arabe est une langue ancienne parlée sur plusieurs continents par des millions d’hommes et de femmes. C’est une langue de culture, qui s’écrit chez de grands philosophes et mathématiciens du Moyen-âge à une époque où le souvenir des Sarazins demeurait vif dans les esprits du monde occidental.

Mais l’Arabe fait peur aux Corses ou du moins à des insulaires racistes depuis toujours et islamophobes depuis que c’est la mode. Alors, des parents mal intentionnés n’ont pas voulu que leurs enfants chantent « Imagine » des Beatles dans la langue d’Averroès, cet homme universel aux savoirs multiples. Car tel était le pari et la volonté des enseignants. User de cinq langues pour colorer le spectacle lors d’une kermesse scolaire, kermesse annulée depuis pour éviter tout incident.

Najat Vallaud Belkacem, ministre de l’Education, a apporté son soutien total et entier aux enseignants. Elle a jugé que ces derniers avaient fait preuve d’originalité et de sens pédagogique en proposant à leurs élèves de découvrir des sons et des phonèmes peu usités sur l’île de beauté. Mais la beauté n’est pas dans tous les cœurs. La Corse, l’île des polyphonies célèbres, aurait dû célébrer ce chant à plusieurs voix et…à plusieurs langues. Dannu. (1)
(1) Dommage en langue corse.

17 juin 2015

Quelques réflexions au débotté : Bouteflika, Le Pen, Sarkozy, Ségolène Royal…


Le poste de président d’honneur du Front national a été supprimé après une décision du bureau national du FN. Autrement dit, en attendant une éventuelle exclusion du parti qu’il fonda, Jean-Marie Le Pen ne peut plus prendre la parole au nom d’un groupuscule devenu populaire au fil du temps. Ou plutôt populiste eu égard aux thèmes et théories défendues âprement par les membres de ce parti. Pourquoi tant de haine à l’égard de JMLP ? Il commençait à trop vieillir et à radoter. A 87 ans, Marine, sa fille, a décidé que le moment était venu de passer la main et son tour.
Pourtant, le député européen Jean-Marie Le Pen va continuer de siéger au parlement de Strasbourg ; Il pourra continuer d’y être souvent absent et de siéger non plus à côté de sa fille mais sur un autre banc, celle-ci ayant réussi à créer un groupe (composé de membres de 7 nationalités différentes) sans la présence de son père persona non grata. Ce groupe touchera même de l’ordre de 30 millions d’euros pour son fonctionnement. Autrement dit, les impôts des citoyens des pays membres de l’Union européenne vont alimenter les caisses d’un groupe xénophobe dont le principal point de programme est de sortir de l’Europe, laquelle le nourrit. Quelle ingratitude !

Si Jean-Marie Le Pen sort peu à peu du champ politique, il en d’autres qui l’envahissent de leurs idées aux vapeurs méphitiques. Ainsi, Nicolas Sarkozy, auteur du changement de nom de son parti devenu Les Républicains, s’empresse de porter atteinte à ce qui fait la République et repose sur ses symboles. Quelle mouche l’a piqué pour qu’il trouve opportun de remettre en cause le droit du sol, l’une des caractéristiques essentielles de la citoyenneté à la française. La question se pose, assure-t-il, de savoir si le droit du sang ne conviendrait pas mieux à notre société ?
Cette proposition, le Front national la met en avant depuis quarante ans et aucun gouvernement de droite ou de gauche n’a eu l’audace dommageable de mettre cette question sur le tapis. C’est si vrai que les Fillon, Juppé et autres NKM considèrent que Sarkozy demeure le provocateur-né qu’il a toujours été. D’ailleurs n’avait-il pas lui-même déclaré, il y a longtemps il est vrai, que pour les fanatiques du droit du sang, celui-ci ne serait jamais assez pur. C’était au temps où Sarkozy n’était pas en campagne électorale et n’aspirait pas (pas encore) à la présidence de la République. Autres temps, autres mœurs.

Notre président a rendu visite à Abdelaziz Bouteflika, le président algérien. Ou plutôt à ce corps qui bouge encore mais n’exprime ni émotions ni paroles. Les images télévisées sont ravageuses pour l’image du chef d’état algérien visiblement très marqué par la maladie et dont on se demande ce qu’il peut encore bien faire ou bien dire à la tête de cet état du Maghreb si important. L’armée agit en coulisses et dirige, de facto, le pays.
Lors de la conférence de presse qui a suivi la rencontre des chef s d’état, interrogé par un journaliste de Canal Plus sur l’état de santé de M. Bouteflika, le président Hollande a retenu sa respiration pendant quelques secondes avant de nous livrer un élément de langage bien rôdé, notamment par Laurent Fabius qui, depuis trois ans, nous vend et nous vante « l’alacrité » de la momie Bouteflika. Yann Barthès du petit journal a consulté le dictionnaire et lu : alacrité : « enjouement, entrain ». On peut tout dire sans que quiconque réagisse mais de là à évoquer l’alacrité de M. Bouteflika, c’est tout simplement parler un langage qui, pour être diplomatique, n’en est pas moins fallacieux. 

La photo prise sur le perron de l’Elysée avec le couple royal espagnol nous a montré un François Hollande souriant et une Ségolène Royal rayonnante. C’était avant le documentaire consacré sur France 3 par Gérard Miller à l’ancienne candidate à la présidence de la République. Ce documentaire, parfois malin, souvent complaisant, toujours bien étayé nous a montré le parcours d’une femme d’exception, broyée par la machine partisane et le machisme ambiant dans tous les partis et donc le Parti socialiste. La fameuse phrase de Laurent Fabius : « mais qui va garder les enfants ? » à l’annonce de la candidature de l’ancienne ministre de François Mitterrand rappelle combien cette candidature a semblé incongrue voire iconoclaste dans le petit monde des aspirants au pouvoir suprême. La séquence nous montrant un Strauss-Kahn rassuré par le fait que sur la photo on ne verrait pas Pierre Mauroy auprès de Ségolène Royal est édifiante de mesquinerie et de petitesse. Ségolène raconte bien comment les éléphants du PS (qu’elle a superbement ignorés après la primaire socialiste interne) l’ont isolée au point d’espérer sa défaite. Sarkozy n’avait plus qu’à ramasser les miettes. La « folle » du Poitou, comme l’ont surnommée ses adversaires, a-t-elle dit son dernier mot ?

Alexis Tsipras a engagé un bras de fer avec la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne). Il ne veut pas accepter les conditions draconiennes qu’elle veut lui imposer pour verser les 7,2 milliards d’euros promis dans le plan de soutien à la Grèce. Le danger d’un Grexit (« Grèce exit » de l’Union européenne) est-il aussi réel que le prétendent la presse et certains conseillers diplomatiques ? C’est bizarre mais je n’en crois pas un mot.
Que les uns et les autres exercent chantage et menaces, cela fait partie de la négociation. Mais que la Grèce ou l’UE envisagent de gaieté de cœur, une séparation et donc une sortie de la zone euro ? Je ne parviens pas à y croire. J’ai le sentiment que l’un ou l’autre va lâcher prise avant d’être au bord du gouffre. Si tel n’était pas le cas, la chute serait vertigineuse et surtout aurait des conséquences imprévisibles. Il y aurait certainement de la casse : pour la Grèce et la zone euro.


12 juin 2015

Marc-Antoine Jamet plébiscité par les socialistes de l'Eure


De gauche à droite : Timour Veyri, Marc-Antoine Jamet et Nicolas Mayer-Rossignol. (photo JCH)
Avec près de 70 % des voix, Marc-Antoine Jamet a été réélu hier soir premier secrétaire de la fédération de l’Eure du Parti socialiste. Jérôme Pasco (à peine 30 %) et avec lui François Loncle, député, subissent un échec cuisant. Le premier secrétaire sortant a animé la fédération avec une belle efficacité malgré les mauvais résultats obtenus aux élections mais dont la responsabilité incombe au premier chef au gouvernement et à ceux qui approuvent sa politique sans nuances et sans interrogations.

A dire vrai, les militants socialistes de l’Eure ont approuvé et plébiscité l’action de Marc-Antoine Jamet mais pas seulement. Ce dernier a su s’entourer d’une équipe rajeunie, féminisée, colorée, au sein de laquelle toutes les sensibilités socialistes ont leur juste place. Le mérite de ce beau résultat leur revient également. Nicolas Mayer-Rossignol, président du conseil régional, a expressément souhaité que Marc-Antoine Jamet, vice-président sortant, soit la tête de la liste dans l’Eure. Pour damer le pion à Hervé Morin, il faut disposer d’un certain calibre et Marc-Antoine Jamet est ce calibre-là.

Réélu jusqu’au prochain congrès, Marc-Antoine Jamet va poursuivre et amplifier les efforts engagés pour sauver la face d’un parti mal en point notamment dans notre département où la droite a toujours été forte. Le pouvoir use et l’absence de résultats probants notamment dans le domaine de l’emploi, rend difficile la tâche de la future équipe fédérale. Après les régionales de décembre viendront la présidentielle et les législatives. Inutile de préciser que ces élections dont l’importance n’échappera à personne, seront très âpres face à la droite et que le PS devra veiller à ce que ses candidats répondent aux nécessités du temps : « résistance et reconquête, réussite et renouveau ». La profession de foi de Marc-Antoine Jamet.


11 juin 2015

La Berlinade de Valls : le mal est fait


Manuel Valls et Michel Platini au stade olympique de Berlin.
« Le premier mouvement est toujours le bon. » Ce proverbe ancien s’applique évidemment à Manuel Valls comme à tout un chacun. Voyager aux frais de l’Etat pour assister à une finale de champions’ ligue de football n’a pas eu l’air de gêner l’ancien maire d’Evry. Mais le fait qu’il ait décidé, hier, de rembourser 2500 euros à l’Etat représentant le prix des billets d’avion de ses deux enfants prouve deux choses : primo qu’il a eu tort d’agir comme il l’a fait, secundo qu’il reconnaît s’être trompé. Faute avouée…

On peut, comme certains exégètes inconséquents, juger l’affaire de la Berlinade comme dérisoire ou minable. Je ne partage pas cet avis. Même si Manuel Valls fait amende honorable, le mal est fait. Le Premier ministre, assez prompt pour donner des leçons à la terre entière, se retrouve empêtré dans une affaire mineure sur le plan matériel mais ô combien symbolique sur le plan moral.

François Hollande a d’ailleurs bien compris que les affaires Cahuzac et Thévenoud avaient ruiné durablement le capital moral de la gauche au pouvoir. C’est injuste parce que je crois François Hollande sincère quand il veut éviter l’enrichissement personnel ou traquer les fraudeurs parmi les élus. La mise en place d’un parquet financier sera à inscrire dans la colonne positive de son bilan. Valls n'est pas Cahuzac. Il n'a pas cherché à tromper qui que ce soit. Il s'est comporté comme un prince…des Asturies. Pour un Barcelonais, c'est un comble !

Après avoir tant glosé sur les comportements erratiques et scandaleux de Sarkozy, après avoir promis une République irréprochable, le président de la République se trouve atteint par ricochet suite au voyage de Manuel Valls en terre allemande. Que Michel Platini ait voulu faire plaisir à ce dernier sachant que le premier ministre est d’origine catalane, pourquoi pas ? Dans ce cas Valls devait faire preuve de civisme et assumer financièrement sa « soirée de détente », comme il l’a affirmé lui-même dans un premier temps. Les ors de la République brillent-ils trop pour éblouir et aveugler à ce point tous ceux qui les convoitent ? A François Hollande de remettre de l'ordre dans la maison.

10 juin 2015

Marc-Antoine Jamet devrait être réélu premier secrétaire fédéral du Parti socialiste dans l'Eure


Benoit Hamon soutient la candidature de Marc-Antoine Jamet. (photo JCH)
Qui peut bien s’intéresser à l’élection du premier secrétaire fédéral du Parti socialiste et celle des secrétaires de sections de l’Eure, là où elles existent évidemment ? L’hémorragie de militant(e)s et d’adhéren(te)s est telle  — sauf exception — qu’ils ne vont pas être des centaines et des centaines à se rendre aux urnes demain soir lors du vote organisé au plan national. Certain(e)s socialistes ayant le parti chevillé au corps feront leur devoir de bon militant respectueux des statuts et lucides sur les conséquences de leur vote.

Ainsi, au delà du cercle des encartés, j’imagine que les responsables des partis de droite et quelques autres se pencheront sur les résultats afin d’en tirer quelques leçons pour l’avenir. C’est que la reconquête des villes et du département perdus par la gauche lors des derniers renouvellement est à l’ordre du jour. Dans notre département, deux élus locaux sont candidats : Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil et vice-président du conseil régional, et Jérôme Pasco, adjoint au maire de Conches. MAJ a bénéficié du soutien de Benoit Hamon (notre photo) et Jérôme Pasco de celui de François Loncle, député de l’Eure. L’aversion de ce dernier pour Marc-Antoine Jamet est au moins aussi forte que celle qu’éprouvait Franck Martin à l’époque où il comptait encore dans le paysage politique. François Loncle, ah François Loncle…

A l’adresse des socialistes de l’Eure le député de la 4e circonscription y est allé de son petit couplet anti-Jamet, imaginant sans doute faire bouger des lignes. Il y a belle lurette que ces méthodes anciennes ne font plus dévier d’un iota l’opinion des hommes et des femmes sur lesquels « plus rien n’imprime », comme disait il y a encore peu de temps Jean-Louis Destans, l’ancien président du conseil général. Quant à Jérôme Pasco, je n’ai rien contre. Ni pour d’ailleurs. Il est en service commandé tel un bon petit soldat. Il essuiera la mitraille en homme debout mais percé de part en part. Il aura eu le mérite de tenter sa chance…et, qui sait, de compter demain.

Marc-Antoine Jamet a le charisme nécessaire à la fonction qu’il occupe depuis trois ans avec une présence certaine et une personnalité hors normes. Premier fédéral c’est savoir fédérer. C’est donc placer l’intérêt de la gauche au-dessus des mesquineries et des querelles subalternes. C’est rechercher, par delà les ambitions individuelles, l’intérêt supérieur de ceux et celles qu’un parti ouvrier doit défendre. Il sait joindre le geste à la parole. Il sera, en décembre prochain, la tête de liste régionale dans l’Eure. Il mérite la confiance des socialistes. Du moins de ceux qui le sont encore.

8 juin 2015

La « Berlinade » de Manuel Valls


Je déplore souvent, sur ce blog, les errements des élus de droite quant à l’utilisation des moyens de la République à des fins personnelles. Quand une personnalité de gauche commet les mêmes excès, je n’ai pas de raison de les passer sous silence. C’est la raison pour laquelle, dans une autre vie, j’aurais aimé travailler dans une société ressemblant à Mediapart laquelle privilégie les faits et les preuves qu’on cherche à nous dissimuler.

Il ne s’agit pas de jouer les procureurs ni les juges. Rien ne serait pire qu’une justice populiste souvent expéditive et parfois définitive. C’est le cas dans les pays totalitaires. Dans notre démocratie la presse a son rôle à jouer, libre et sans langue de bois. Et comme Manuel Valls est socialiste (à sa manière) je suis d’autant plus libre de critiquer sévèrement son voyage à Berlin.

Valls, premier ministre assiste au congrès de Poitiers. Très bien. Le chef de la majorité de gauche est dans son rôle. Il fait de la politique, c’est son métier. Interrompre sa participation au congrès pour utiliser les moyens de la République et se rendre à Berlin où le FC Barcelone rencontre la Juventus de Turin en finale de la ligue des champions de football (malgré l’habillage de la rencontre avec Michel Platini) est une faute qu’on est en droit de lui reprocher.

Ce qui est en cause, ce n’est pas le coût du voyage lui-même. Ce qui est en cause c’est cette façon qu’ont certains hommes de pouvoir de s’abstraire de certaines contraintes pourtant nécessaires. C’est justement ce qu’on attend d’un homme de gauche : Qu’il ne se comporte pas comme un vulgaire Sarkozy dont la phrase favorite demeure : « compte tenu de tout ce que je fais pour eux (i.e. les Français) Je peux bien me payer sur la bête » (i.e. la République). Et c’est ainsi qu’ils s’approprient le qualificatif de républicains, mélangent argent personnel et argent public, contestent la légitimité de la gauche à gouverner…

Manuel Valls, d’origine ibérique, a bien le droit d’être un supporteur du FC Barcelone. Bien des non Espagnols aiment cette équipe composée de joueurs d’exception. S’il tenait tant que cela à voir jouer Lionel Messi, Manuel Valls disposait d’un moyen très simple :  prendre un billet d’avion (ou trois avec ses gardes du corps) sur une ligne aérienne ordinaire. Mai sait-il encore ce que ce mot veut dire ?

6 juin 2015

Le triomphalisme de Woerth est inconvenant


Eric Woerth
Je trouve inconvenant, voire déplacé, le triomphalisme d’Eric Woerth et encore plus celui de Nicolas Sarkozy. Woerth a été relaxé dans l’affaire Bettencourt jugée à Bordeaux du fait qu’il aurait reçu de l’argent de la veuve d’André Bettencourt pour financer l’une des campagnes présidentielles de Sarkozy. En fait les attendus du jugement qu’il convient de lire avec attention sont redoutables pour l’ancien trésorier de l’UMP, ancien trésorier de la campagne de Sarkozy de 2007.

Les juges ne sont pas dupes. Ils sont certains de la culpabilité de Woerth mais, sans preuve irréfutable, ils ne peuvent pas le condamner. Heureusement, le droit français permet à un coupable-innocent de sortir blanchi d’une machine sale. Même si la justice et les témoins sont assurés (les rendez-vous au café du coin avec De Maistre de retour de Suisse sont également éloquents) des mouvements de fonds sous enveloppe, ils ne peuvent condamner un homme uniquement sur des présomptions…Qui sait l’enveloppe était peut-être vide ? Mme Bettencourt y avait sans doute placé du vent !

Alors, quand Woerth se fait applaudir par les adhérents du noyau dur de « Les Républicains », il se satisfait à moindres frais d’être sorti des griffes de la justice. Il reste que pour la postérité, le relaxé de l’affaire de Compiègne, de la Légion d’honneur à De Maistre, de l’emploi de son épouse par icelui, de l’affaire de l’enveloppe vide, pourra parader sur les estrades et se voir confier des missions, devinez par qui, par Sarkozy. Jamais il ne trouvera d’homme plus soumis ni plus muet que ce Woerth dont la mission sera toujours là où le secret est nécessaire et la discrétion obligée.

4 juin 2015

« Le bègue, je vais le crever ». Quelle classe ce Sarko !


Selon le Canard enchaîné, Sarkozy aurait déclaré à propos de François Bayrou : « le bègue, je vais le crever. » Est-ce vraisemblable ? La réponse est assurément oui. Le président de LR (je ne vais quand même pas galvauder le beau mot de républicains) est bien capable de gonfler le torse et de sortir ses pectoraux. Comme le dit bien un de mes amis, il aura la mâchoire fatiguée avant le cerveau.

François Bayrou dit « Le bègue »…par Sarkozy.
Que Sarkozy n’ait pas apprécié le vote de François Bayrou en faveur de François Hollande, cela peut se comprendre. Mais le président du MODEM a expliqué en long et en large pourquoi cette solution lui semblait être la moins mauvaise pour la France après les cinq années passées avec Sarko comme président. Depuis, et compte tenu de l’ingratitude des socialistes à son égard, François Bayrou a été élu maire de Pau avec le soutien officiel d’Alain Juppé d’où ses amabilités constantes à l’égard du maire de Bordeaux. Et c’est bien pourquoi, également, ce dernier affirme que la primaire à droite devra être ouverte à tous ceux se réclamant de la droite…et du centre. Ce que Sarkozy ne veut à aucun prix.

Interrogé à plusieurs reprises, François Bayrou répète ses éléments de langage : « Elégance, finesse d’esprit, sens élevé du combat politique…» tels sont les mots utilisés par l'élu béarnais pour qualifier les propos de l’ancien président. Il est vrai qu’il vaut mieux faire preuve d’un peu d’humour face à des agressions verbales aussi triviales. D’ailleurs, le fait qu’il s’en prenne à un handicap de langage (parfaitement maîtrisé aujourd’hui par François Bayrou) nous en apprend plus sur la psychologie du personnage Sarkozy et sur ce qu’il est capable de penser et de dire. Ne soyons pas dupes. Sarkozy nous avait habitués à passer à la moulinette (le croc de boucher ! le Casse toi pov con !) tous ceux et toutes celles qu’ils n’apprécient pas. Gageons qu’en privé, les NKM, Juppé et autre Fillon doivent être insultés et maudits par le président de l’ex-UMP. Quel talent !