Marianne fait le buzz. Le titre de l'hebdomadaire et l'éditorial de Jean-François Kahn continuent de faire couler encre et salive. Surtout à l'UMP d'ailleurs au sein de laquelle les ministres, les sous-ministres et les apparatchiks ont rassemblé des éléments de langage pour attaquer ce journal en particulier et les journalistes en général.
De quoi s'agit-il ? Jean-François Khan prend d'abord ses précautions. Il affirme que Sarkozy n'est ni pétainiste ni xénophobe. On peut d'ailleurs ne pas être d'accord avec lui sur ce point. Il ajoute, ensuite, que l'actuel chef de l'Etat n'est doté d'aucun sens moral et qu'il est prêt à tout pour garder le pouvoir. Autrement dit, le président de la République française n'a ni valeurs ni principes et JFK s'appuie, notamment, sur le fait que personne n'est gêné quand le ministre du budget est en même temps trésorier de l'UMP. D'où des conflits d'intérêts renouvelés et des légions d'honneur distribuées à hue et à dia.
Quand on le compare aux autres présidents de la République de la Ve, il est évident que Nicolas Sarkozy ne fait pas le poids. Qu'il s'agisse du général de Gaulle, de Georges Pompidou, de Valéry Giscard d'Estaing, de François Mitterrand ou de Jacques Chirac (tous avec leurs qualités et leurs défauts) chacun d'entre eux incarnait la fonction présidentielle. Ils savaient prendre une distance et une hauteur leur permettant d'assurer un certain prestige à la nation. Et surtout lequel d'entre eux aurait osé s'attaquer à l'article premier de notre constitution qui ne fait aucune distinction entre les Français.
Alain Juppé lui-même, sur son blog (1) affirme que les propositions nouvelles de déchéance de la nationalité française vont trop loin. Qu'elles sont inutiles compte tenu de l'arsenal existant. Il cite à propos Montesquieu quand il écrit : « Quand il n'est pas nécessaire de faire une loi, il est nécessaire de ne pas en faire. » Voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui au gouvernement trouvent normal et banal de diviser les Français et de stigmatiser (encore et encore…) les Français « d'origine étrangère ». J'avoue d'ailleurs que j'ignore de qui il s'agit. Qu'est-ce qu'être un Français d'origine étrangère ? Ne le sommes-nous pas tous ? Le président et son épouse eux-mêmes ?
Que dire, enfin, du refus de Matignon (Fillon quoi…) de permettre aux malades toxicomanes de bénéficier de lieux ciblés, sécurisés, ainsi que de soins adaptés et d'un suivi psychologique, projet soutenu par Roselyne Bachelot ? Ce refus est minable. Ce gouvernement propose de fait une répression tous azimuts et nous conduit vers une guerre civile froide mais réelle. Tout bien réfléchi, Jean-François Kahn a raison de nous alerter, de nous prévenir, de nous conduire à réfléchir plus encore. Sarkozy est bien le voyou qu'il décrit. N'en déplaise, sur ce point, à Alain Juppé.
(1) http://www.al1jup.com/
13 août 2010
La souveraineté en question dans la crise : « rendre le pouvoir aux citoyens »
Au Parti de Gauche, la période estivale n’est pas celle du farniente pas plus que celle des petites phrases. Avec sa série d’émissions qu’il a baptisée « l’Auditorium », Jean-Luc Mélenchon, loin de la pression médiatique, se donne le temps en quarante minutes chaque semaine de développer un thème politique important. Le premier épisode avait pour sujet : « Les plans d’austérité voués à l’échec ». Le second dont nous tenterons aujourd’hui de faire une synthèse traite de « La souveraineté en question dans la crise ».
« Rendre le pouvoir aux citoyens », c’est cette idée développée par Jean-Luc Mélenchon au cours de cet entretien avec le journaliste Michel Soudais que nous ne pouvions évidemment pas passer sous silence tant elle résonne encore dans nos têtes. Elle fut le slogan que les militants lovériens du Comité d’action de gauche (CAG) emmenés par Ernest Martin avaient fait leur au début des années soixante dix. Quarante ans après, face aux dérives de la Vème République et de l’Union européenne, la question de la souveraineté populaire est plus que jamais d’actualité. Le président du Parti de Gauche, député européen, souligne le basculement de souveraineté qui s'opère actuellement à l'occasion de la crise. Qui gouverne ? Le peuple, les banques ou encore leurs relais au sein de l’Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI) ? Pour lui, par la tentative de constitutionnaliser une politique économique et la rendre irréversible, la crise marque une nouvelle étape dans l’abandon de la souveraineté populaire, fondement de notre démocratie. Cette nouvelle confiscation du pouvoir du peuple montre l'urgence d'une révolution citoyenne… et d’une autre Europe.
L’imposition de mesures d’urgence que nécessiterait la crise économique et financière, le contrôle communautaire des budgets nationaux, comme les menaces de mesures de rétorsion contre les « mauvais élèves », accélèrent brutalement la mise en œuvre des politiques libérales dans toute l’Europe. Toutes ces mesures, dictées par ceux-là mêmes dont les politiques sont à l’origine de la crise, menacent gravement les fondements du pacte républicain qui est le ciment de l’unité de notre pays. Affaiblissement et destruction programmée des services publics, marchandisation des services et mise en compétition fiscale et sociale – ou plutôt nivellement – par le bas. Jean-Luc Mélenchon démontre comment l’Union européenne, d’un fonctionnement démocratique déficient, est progressivement passée à un mode de fonctionnement autoritaire en imposant dans les faits ses directives aux pays membres, puis désormais à un mode totalitaire où les peuples n’ont plus leur mot à dire des décisions qui les concernent dans leur vie quotidienne. Il dénonce la faiblesse des pouvoirs du Parlement européen face à ceux de la Commission et du Conseil de l’Europe. Parlement qui ne peut ni proposer de textes de lois, ni délibérer avec un pouvoir souverain en matière de budget, de politique étrangère, de politique économique et sociale et qu’il qualifie de « Parlement croupion ». Le déni de démocratie que constitue l’adoption du Traité de Lisbonne par dessus la volonté des peuples en est un autre exemple.
Jean-Luc Mélenchon dénonce aussi l’abandon de la souveraineté dans des domaines aussi vitaux pour le pays que ceux de la défense, avec le retour dans l’OTAN, et de l’agriculture intensive, spécialisée sur quelques productions, qui condamne l’agriculture vivrière paysanne, seule capable d’assurer l’indépendance alimentaire et de limiter l’empreinte écologique. La souveraineté culturelle devrait permettre de faire barrage à la banalisation et à la standardisation de la culture écrasée par les modèles dominants.
Enfin, il aborde ce que devraient être les décisions que prendrait un gouvernement de Front de gauche, qui, dans le cadre d’une révolution démocratique et citoyenne, serait amené tôt ou tard à s’opposer à la politique libérale de l’Union européenne et à certains des traités déjà approuvés par la France. Et là, plutôt que la sortie de l’Europe et l’isolationnisme, Jean-Luc Mélenchon préférerait une sortie progressive du Traité de Lisbonne, avec, comme le firent en leur temps les Britanniques, la possibilité d’un choix à la carte et l’exemption de l’application de certaines clauses, voire de leur renégociation. Il faut sortir de la nasse libérale dans laquelle l’Union européenne tente d’enfermer les peuples des pays qui la composent au seul bénéfice d’une minorité de grandes sociétés multinationales, de leurs actionnaires et des banques.
Penser global, agir local. Cette révolution citoyenne, cette volonté de rendre le pouvoir aux citoyens, ne pourrions-nous pas à nouveau y réfléchir à Louviers ? Ce n’est pas le semblant de démocratie participative que propose le maire de Louviers Franck Martin avec ses réunions de quartier qui risque d’entamer son pouvoir renforcé par le cumul des mandats. Et de faire en quoi que ce soit obstacle à la multinationale Véolia à laquelle, en tant que président de l’Agglomération Seine Eure, il a grand ouvert les portes de tous les services jadis publics que sont l’eau potable et son retraitement, l’enlèvement des ordures ménagères et leur retraitement et les transports. Toutes choses qui échappent ainsi au contrôle citoyen.
Reynald Harlaut
Parti de Gauche
L’Auditorium - II : voir la vidéo de l’émission :
www.jean-luc-melenchon.fr
« Rendre le pouvoir aux citoyens », c’est cette idée développée par Jean-Luc Mélenchon au cours de cet entretien avec le journaliste Michel Soudais que nous ne pouvions évidemment pas passer sous silence tant elle résonne encore dans nos têtes. Elle fut le slogan que les militants lovériens du Comité d’action de gauche (CAG) emmenés par Ernest Martin avaient fait leur au début des années soixante dix. Quarante ans après, face aux dérives de la Vème République et de l’Union européenne, la question de la souveraineté populaire est plus que jamais d’actualité. Le président du Parti de Gauche, député européen, souligne le basculement de souveraineté qui s'opère actuellement à l'occasion de la crise. Qui gouverne ? Le peuple, les banques ou encore leurs relais au sein de l’Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI) ? Pour lui, par la tentative de constitutionnaliser une politique économique et la rendre irréversible, la crise marque une nouvelle étape dans l’abandon de la souveraineté populaire, fondement de notre démocratie. Cette nouvelle confiscation du pouvoir du peuple montre l'urgence d'une révolution citoyenne… et d’une autre Europe.
L’imposition de mesures d’urgence que nécessiterait la crise économique et financière, le contrôle communautaire des budgets nationaux, comme les menaces de mesures de rétorsion contre les « mauvais élèves », accélèrent brutalement la mise en œuvre des politiques libérales dans toute l’Europe. Toutes ces mesures, dictées par ceux-là mêmes dont les politiques sont à l’origine de la crise, menacent gravement les fondements du pacte républicain qui est le ciment de l’unité de notre pays. Affaiblissement et destruction programmée des services publics, marchandisation des services et mise en compétition fiscale et sociale – ou plutôt nivellement – par le bas. Jean-Luc Mélenchon démontre comment l’Union européenne, d’un fonctionnement démocratique déficient, est progressivement passée à un mode de fonctionnement autoritaire en imposant dans les faits ses directives aux pays membres, puis désormais à un mode totalitaire où les peuples n’ont plus leur mot à dire des décisions qui les concernent dans leur vie quotidienne. Il dénonce la faiblesse des pouvoirs du Parlement européen face à ceux de la Commission et du Conseil de l’Europe. Parlement qui ne peut ni proposer de textes de lois, ni délibérer avec un pouvoir souverain en matière de budget, de politique étrangère, de politique économique et sociale et qu’il qualifie de « Parlement croupion ». Le déni de démocratie que constitue l’adoption du Traité de Lisbonne par dessus la volonté des peuples en est un autre exemple.
Jean-Luc Mélenchon dénonce aussi l’abandon de la souveraineté dans des domaines aussi vitaux pour le pays que ceux de la défense, avec le retour dans l’OTAN, et de l’agriculture intensive, spécialisée sur quelques productions, qui condamne l’agriculture vivrière paysanne, seule capable d’assurer l’indépendance alimentaire et de limiter l’empreinte écologique. La souveraineté culturelle devrait permettre de faire barrage à la banalisation et à la standardisation de la culture écrasée par les modèles dominants.
Enfin, il aborde ce que devraient être les décisions que prendrait un gouvernement de Front de gauche, qui, dans le cadre d’une révolution démocratique et citoyenne, serait amené tôt ou tard à s’opposer à la politique libérale de l’Union européenne et à certains des traités déjà approuvés par la France. Et là, plutôt que la sortie de l’Europe et l’isolationnisme, Jean-Luc Mélenchon préférerait une sortie progressive du Traité de Lisbonne, avec, comme le firent en leur temps les Britanniques, la possibilité d’un choix à la carte et l’exemption de l’application de certaines clauses, voire de leur renégociation. Il faut sortir de la nasse libérale dans laquelle l’Union européenne tente d’enfermer les peuples des pays qui la composent au seul bénéfice d’une minorité de grandes sociétés multinationales, de leurs actionnaires et des banques.
Penser global, agir local. Cette révolution citoyenne, cette volonté de rendre le pouvoir aux citoyens, ne pourrions-nous pas à nouveau y réfléchir à Louviers ? Ce n’est pas le semblant de démocratie participative que propose le maire de Louviers Franck Martin avec ses réunions de quartier qui risque d’entamer son pouvoir renforcé par le cumul des mandats. Et de faire en quoi que ce soit obstacle à la multinationale Véolia à laquelle, en tant que président de l’Agglomération Seine Eure, il a grand ouvert les portes de tous les services jadis publics que sont l’eau potable et son retraitement, l’enlèvement des ordures ménagères et leur retraitement et les transports. Toutes choses qui échappent ainsi au contrôle citoyen.
Reynald Harlaut
Parti de Gauche
L’Auditorium - II : voir la vidéo de l’émission :
www.jean-luc-melenchon.fr
6 août 2010
Martine Aubry a raison de ne pas tomber dans le piège de la surenchère médiatique
Martine Aubry a bien raison de dénoncer la dérive antirépublicaine du pouvoir actuel. Et Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP dirigée, en fait, par Nicolas Sarkozy, a bien tort de se déclarer choqué par ses propos. On voit bien, à la lumière des nouveaux textes proposés par la frange ultra-droitière de l'UMP, que l'objectif de Nicolas Sarkozy est de relancer la polémique autour des problèmes de sécurité et de créer un climat de peur en France. D'ailleurs la droite ne s'y trompe pas qui approuve à 94 % les mesures pas encore votées, pas encore applicables. Elles seraient même inconstitutionnelles.
Et pourtant. Depuis 2002, Nicolas Sarkozy a été ministre de l'Intérieur puis président de la République ensuite. Il a mis en place aux postes sensibles des hommes à lui, a fait voter des lois toujours plus répressives et toujours plus dures. Les banlieues sont toujours autant délaissées, les musulmans et les roms autant stigmatisés, le débat sur l'identité nationale et le port du Niqab favorisant grandement les relents de la politique de Vichy. Diviser les Français, c'est créer un climat de haine, de rejet.
On voit bien que le président sortant a engagé sa campagne de 2012 et que pour dissimuler ses lamentables résultats économiques avec un pouvoir d'achat en berne, un chômage toujours croissant et une réforme des retraites injuste, le pouvoir actuel n'a d'autre solution que de réactiver les vilains sentiments des Français.
Proposer de jeter dans les cachots les parents des mineurs délinquants c'est tout simplement innommable. Vouloir déchoir de leur nationalité des Français d'« origine étrangère », c'est immonde. D'ailleurs, personne ne pense que ces propositions soient applicables. Le pouvoir se gausse de mots violents pour mieux masquer ses turpitudes et l'affaire Woerth-Bettencourt. Sans oublier les cigares de M. Blanc et les voyages de M. Joyandet.
En refusant de tomber dans le piège de la surenchère médiatique, Martine Aubry démontre, une fois de plus, ses qualités de femme d'Etat. Soucieuse de l'harmonie d'une collectivité de plus en plus abîmée par le pouvoir actuel.
Et pourtant. Depuis 2002, Nicolas Sarkozy a été ministre de l'Intérieur puis président de la République ensuite. Il a mis en place aux postes sensibles des hommes à lui, a fait voter des lois toujours plus répressives et toujours plus dures. Les banlieues sont toujours autant délaissées, les musulmans et les roms autant stigmatisés, le débat sur l'identité nationale et le port du Niqab favorisant grandement les relents de la politique de Vichy. Diviser les Français, c'est créer un climat de haine, de rejet.
On voit bien que le président sortant a engagé sa campagne de 2012 et que pour dissimuler ses lamentables résultats économiques avec un pouvoir d'achat en berne, un chômage toujours croissant et une réforme des retraites injuste, le pouvoir actuel n'a d'autre solution que de réactiver les vilains sentiments des Français.
Proposer de jeter dans les cachots les parents des mineurs délinquants c'est tout simplement innommable. Vouloir déchoir de leur nationalité des Français d'« origine étrangère », c'est immonde. D'ailleurs, personne ne pense que ces propositions soient applicables. Le pouvoir se gausse de mots violents pour mieux masquer ses turpitudes et l'affaire Woerth-Bettencourt. Sans oublier les cigares de M. Blanc et les voyages de M. Joyandet.
En refusant de tomber dans le piège de la surenchère médiatique, Martine Aubry démontre, une fois de plus, ses qualités de femme d'Etat. Soucieuse de l'harmonie d'une collectivité de plus en plus abîmée par le pouvoir actuel.
Bernard Amsalem demeure modeste mais ambitieux

Bernard Amsalem, président de la fédération française d'athlétisme, nous avait prévenu : on aurait des surprises lors des championnats d'Europe disputés à Barcelone. Ce matin, au cours d'une conversation amicale comme on en a depuis des années, le président a manifesté sa satisfaction mais sans triomphalisme. Certes, il a apprécié l'accueil des Français et la descente des Champs Elysées, il a ressenti le bonheur de résultats flatteurs, la réception du chef de l'Etat, mais il sait garder la tête froide.
« Ce ne sont que des championnats d'Europe, assure-t-il, qui ne sauraient préjuger des futurs classements des championnats du monde ou des jeux olympiques. » Pourquoi bouder son bonheur après la calamiteuse campagne des footballeurs mus plus par l'argent que par la passion ? Pourquoi ne pas sentir chez la plupart des athlètes, une joie de vivre, le plaisir d'être ensemble et surtout la volonté de se sublimer.
Le comportement de Christophe Lemaitre, celui de Myriam Soumaré, de Damien Barras, de Renaud Lavillenie…et de tous les autres médaillés et vainqueurs pour certains démontre que la politique de la fédération et celle, notamment du directeur technique national, est la bonne. Que n'a-t-on dit quand Bernard Amsalem a voulu imposer Ghani Yalouz, ce champion de lutte. Il ne connaît rien à l'athlétisme, il échouera. Ghani Yalouz connaît bien les hommes et les femmes qui pratiquent le sport de haut niveau. Il sait les choyer, les entourer, les encourager. Surtout, il sait insufler un état d'esprit propice au dépassement de soi et favorable au collectif. Il réussit à un poste délicat où les sentiments ont autant de place que la technique.
Contrairement à certains observateurs chagrins, je ne crois pas du tout que les performances réalisées par l'ensemble des athlètes de la délégation française, soient minables. Sur 100, 200 et 400 mètres, les Jamaïcains et les Américains sont devant mais ailleurs : perche, 3000 steeple, triple saut, longueur, demi-fond, relais…les Européens (dont les Français) ont montré de très belles choses.
En recevant les médaillés Français à l'Elysée, le président s'est montré direct et simple. Il a promis à Bernard Amsalem que des moyens supplémentaires seraient alloués à la fédération française d'athlétisme pour que l'équipe brille à Londres-2012 notamment. Cela nous change des stigmatisations des Français d'origine étrangère et des vilains mots trop souvent blessants.
4 août 2010
31 juillet 2010
Le Conseil constututionnel au secours des droits de la défense
Réjouissons-nous. La gifle infligée par le Conseil constitutionnel aux fervents supporteurs de la garde à vue-garde aveu est en effet réjouissante. Au 1er juillet 2011 (c'est encore trop loin dans le temps malgré tout) le Parlement aura dû adopter une nouvelle loi sur la garde à vue respectant mieux les droits des personnes et les droits de la défense.
Jean-Louis Debré, président du conseil constitutionnel et les sages réunis autour de lui, ont mis fin à l'exception française, celle qui permettait aux officiers de police judiciaire de décider de mettre en garde à vue près de 800 000 personnes par an souvent soumises à des mesures vexatoires ou humiliantes.
La garde à vue devait être une mesure exceptionnelle puisque privative de liberté. Avec le temps, la facilité répressive a abouti à des excès absolument intolérables dans une démocratie aussi ancienne que la nôtre. L'annulation pour « non conformité à la Constitution » de nombreux articles de notre arsenal législatif est pourtant frappée d'un paradoxe puisque d'ici le 1er juillet 2011, un certain nombre de personnes vont être placées en garde à vue alors que la loi est non constitutionnelle. On imagine que les avocats vont se régaler et ils auront de plaider devant les juridictions européennes notamment.
Cette décision du Conseil constitutionnel intervient au moment même où le gouvernement et le président de la République organisent la chasse aux étrangers et menacent ceux qui sont devenus Français. La Gauche dans toutes ses composantes est bien décidée à lutter de toutes ses forces contre les textes en préparation destinés à satisfaire l'électorat du Front national. D'ores et déjà en campagne électorale, Nicolas Sarkozy tape fort mais les deux années qui lui restent devraient permettre de révéler le tragique échec de sa politique au Kärcher et de sa politique répressive.
Je souhaite que les parlementaires de Gauche saisissent le Conseil constitutionnel de toute nouvelle loi portant atteinte à l'égalité des droits des Français, qu'ils soient des Français anciens ou des Français d'origine étrangère. Seul le Maréchal Pétain, avant le président actuel, avait osé faire le tri entre les bons et les mauvais Français !
Jean-Louis Debré, président du conseil constitutionnel et les sages réunis autour de lui, ont mis fin à l'exception française, celle qui permettait aux officiers de police judiciaire de décider de mettre en garde à vue près de 800 000 personnes par an souvent soumises à des mesures vexatoires ou humiliantes.
La garde à vue devait être une mesure exceptionnelle puisque privative de liberté. Avec le temps, la facilité répressive a abouti à des excès absolument intolérables dans une démocratie aussi ancienne que la nôtre. L'annulation pour « non conformité à la Constitution » de nombreux articles de notre arsenal législatif est pourtant frappée d'un paradoxe puisque d'ici le 1er juillet 2011, un certain nombre de personnes vont être placées en garde à vue alors que la loi est non constitutionnelle. On imagine que les avocats vont se régaler et ils auront de plaider devant les juridictions européennes notamment.
Cette décision du Conseil constitutionnel intervient au moment même où le gouvernement et le président de la République organisent la chasse aux étrangers et menacent ceux qui sont devenus Français. La Gauche dans toutes ses composantes est bien décidée à lutter de toutes ses forces contre les textes en préparation destinés à satisfaire l'électorat du Front national. D'ores et déjà en campagne électorale, Nicolas Sarkozy tape fort mais les deux années qui lui restent devraient permettre de révéler le tragique échec de sa politique au Kärcher et de sa politique répressive.
Je souhaite que les parlementaires de Gauche saisissent le Conseil constitutionnel de toute nouvelle loi portant atteinte à l'égalité des droits des Français, qu'ils soient des Français anciens ou des Français d'origine étrangère. Seul le Maréchal Pétain, avant le président actuel, avait osé faire le tri entre les bons et les mauvais Français !
30 juillet 2010
La xénophobie de Nicolas Sarkozy menace la démocratie
« Le président de la République a pris la lourde responsabilité de faire des étrangers et des personnes d’origine étrangère ceux et celles qui seraient responsables de l’insécurité. Parce qu’il a échoué dans sa politique sécuritaire, parce qu’il enregistre des échecs électoraux, parce qu’il entend interdire toute enquête impartiale sur des faits mettant en cause le financement de sa campagne électorale, et parce qu’il aggrave l’insécurité sociale et économique de millions de Français tout en favorisant jusqu’à la caricature les plus nantis, le président de la République et son gouvernement ont manifestement décidé d’agiter les vieux refrains des années 1930 destinés à attiser la haine contre les étrangers.
En se livrant, à quelques jours d’intervalle, à un discours discriminatoire contre les Gens du voyage et les citoyens européens que sont les Roms, puis en recherchant chez les étrangers et les personnes d’origine étrangère les causes de l’insécurité, Nicolas Sarkozy est en train de menacer les fondements mêmes de la République. Ce ne sont pas les délinquants que Nicolas Sarkozy poursuit, ce sont les Français d’origine étrangère et les étrangers, qu’il désigne comme les boucs émissaires de tous nos maux.
Ce qui est ici en cause, ce n’est plus le débat légitime en démocratie sur la manière d’assurer la sûreté républicaine, c’est l’expression d’une xénophobie avérée. Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique ne détient le mandat de fouler aux pieds les principes les plus élémentaires de la République, et de désigner à la vindicte des millions de personnes.
Le président de la République et son gouvernement mettent ainsi en œuvre une stratégie de la tension, espérant sans doute retrouver un électorat perdu, au risque de mettre en péril la paix civile. La Ligue des droits de l'homme, parce qu’elle porte de manière intangible les mêmes principes depuis plus de cent dix ans quels que soient les gouvernements, appelle tous ceux et toutes celles qui sont attaché(e)s à la démocratie et aux libertés à rejeter ces manifestations de xénophobie. »
Communiqué de la ligue des droits de l'homme
En se livrant, à quelques jours d’intervalle, à un discours discriminatoire contre les Gens du voyage et les citoyens européens que sont les Roms, puis en recherchant chez les étrangers et les personnes d’origine étrangère les causes de l’insécurité, Nicolas Sarkozy est en train de menacer les fondements mêmes de la République. Ce ne sont pas les délinquants que Nicolas Sarkozy poursuit, ce sont les Français d’origine étrangère et les étrangers, qu’il désigne comme les boucs émissaires de tous nos maux.
Ce qui est ici en cause, ce n’est plus le débat légitime en démocratie sur la manière d’assurer la sûreté républicaine, c’est l’expression d’une xénophobie avérée. Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique ne détient le mandat de fouler aux pieds les principes les plus élémentaires de la République, et de désigner à la vindicte des millions de personnes.
Le président de la République et son gouvernement mettent ainsi en œuvre une stratégie de la tension, espérant sans doute retrouver un électorat perdu, au risque de mettre en péril la paix civile. La Ligue des droits de l'homme, parce qu’elle porte de manière intangible les mêmes principes depuis plus de cent dix ans quels que soient les gouvernements, appelle tous ceux et toutes celles qui sont attaché(e)s à la démocratie et aux libertés à rejeter ces manifestations de xénophobie. »
Communiqué de la ligue des droits de l'homme
29 juillet 2010
Propos d’un salaud ordinaire…
« Partant comme à son habitude d’un fait divers : les heurts violents s’étant produits à Saint-Aignan-sur-Cher entre les gendarmes et des membres de la communauté des gens du voyage à la suite de la mort de l’un d’entre eux tué par un gendarme, Nicolas Sarkozy a réuni le mardi 28 juillet un conseil spécial à l’Élysée chargé d’examiner « les problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms » et d’y apporter des solutions. Comme de les chasser de tout endroit de stationnement non autorisé alors même que sur les 40.000 places nécessaires, 24.000 seulement ont été réalisées à ce jour. Beaucoup de maires se refusent en effet à créer une aire de stationnement que la loi leur impose d’aménager sur le territoire de leur commune.Nous avons déjà dit ici tout le dégoût que nous inspire ce genre de méthode qui consiste à stigmatiser un groupe humain ou une communauté en les désignant à l’ensemble de la population comme boucs émissaires. Mais, apparemment, cela ne suffit encore pas.
Le député UMP de la 5ème circonscription des Yvelines, Jacques Myard, maire de Maisons-Laffitte, ce matin 29 juillet au micro de France Inter, a crû utile de surenchérir en déclarant : « C’est pas comme ça qu’on va y arriver. Y a pas de contrôle réel aux frontières avec les Roms. Ils reviendront et puis c’est tout. Il va falloir se poser la question fondamentale : Est-ce que ce genre de vie, ce mode de vie est structurellement compatible avec nos sociétés qui sont des sociétés urbaines, sédentarisées et dans lesquelles on peut justifier au quotidien des modes de vie que l’on adopte et des ressources que l’on a. Les mesures proposées, c’est une première étape sur ce qui doit être une politique, mais je crains que ce soit grandement insuffisant ».
Car l’obsession qui hante aujourd’hui le pouvoir, avec la volonté de promouvoir en tous lieux l’installation de caméras de vidéosurveillance, avec la tentation on le voit d’empêcher certaines catégories de populations de circuler librement, c’est celle du contrôle social des populations. Quand ceux qui nous gouvernent prennent peur en voyant monter la colère et la révolte de groupes humains qui leur échappent, ils ne leur reste à développer comme seuls arguments que ceux de la peur et de la répression.
De tels propos doivent être condamnés avec la plus extrême fermeté. Ce sont des propos à caractère raciste en tous points identiques à ceux qu’ont tenus les nationaux-socialistes allemands et les régimes qui leur emboitèrent le pas comme en France celui de Vichy. Les Français doivent se ressaisir et relever la tête pour relire cette inscription qui orne encore le fronton des mairies – mais hélas pas toutes – Liberté, Égalité, Fraternité. Ils doivent exprimer la honte que leur inspirent de telles déclarations en regard des valeurs qui fondent notre république.
Hier les Arabes et les Noirs, aujourd’hui les Roms. Demain, à qui le tour ? Sans doute ces salauds de pauvres qui empêchent les plus riches de profiter tranquillement de leur fortune ! »
Reynald Harlaut
28 juillet 2010
Un rapport de la Chambre régionale des comptes de la région Rhône-Alpes met en cause l'efficacité de la vidéosurveillance
La chambre régionale des comptes de la Région Rhône-Alpes vient de rendre un avis extrêmement circonstancié sur le bilan de la vidéosurveillance dans la ville de Lyon. Les magistrats demandent aux élus de se livrer à une analyse complète et sans tabous des résultats liés à la délinquance et surtout au coût engendré par le système de 250 caméras installé à Lyon.
En fait, les caméras permettent de résoudre 1 % des affaires de délinquance ce qui est tout à fait marginal et sans commune mesure avec le montant des investissements et le coût de fonctionnement. On parle de 3 millions d'euros ! Les magistrats reconnaissent que la vidéosurveillance peut jouer un rôle de réassurance auprès des habitants mais que son influence est quasi nulle sur la prévention ou la répression des actes délinquants. La commune de Villeurbanne dont le maire (PS) est hostile à l'installation de caméras dans sa commune a même vu la délinquance diminuer plus sensiblement qu'à Lyon ! Ce maire préfère « l'humain à la technologie. »
Gérard Collomb, le maire (PS) de Lyon n'est pas un idiot. Il est bien obligé de prendre en compte les observations de la Chambre régionale et en tire la conclusion suivante : il serait bien qu'un étudiant fasse sa thèse sur la vidéosurveillance, sans a priori ni préjugés, et dès lors la municipalité ne serait pas opposée à une révision de sa stratégie.
Pour ceux qui aiment les blogs, je propose d'aller sur http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2010/07/28/limpact-de-la-videosurveillance-est-de-lordre-de-1/
Vous y lirez l'ensemble des analyses de la Chambre régionale des comptes et constaterez que malgré les rodomontades, les tentatives d'humiliation des partisans de la vidéosurveillance à l'égard des opposants dont je suis, celle-ci a du plomb dans l'aile. D'ailleurs la chambre des comptes valide la plupart des arguments du collectif créé à Louviers contre la politique prônée par le maire et sa majorité.
En fait, les caméras permettent de résoudre 1 % des affaires de délinquance ce qui est tout à fait marginal et sans commune mesure avec le montant des investissements et le coût de fonctionnement. On parle de 3 millions d'euros ! Les magistrats reconnaissent que la vidéosurveillance peut jouer un rôle de réassurance auprès des habitants mais que son influence est quasi nulle sur la prévention ou la répression des actes délinquants. La commune de Villeurbanne dont le maire (PS) est hostile à l'installation de caméras dans sa commune a même vu la délinquance diminuer plus sensiblement qu'à Lyon ! Ce maire préfère « l'humain à la technologie. »
Gérard Collomb, le maire (PS) de Lyon n'est pas un idiot. Il est bien obligé de prendre en compte les observations de la Chambre régionale et en tire la conclusion suivante : il serait bien qu'un étudiant fasse sa thèse sur la vidéosurveillance, sans a priori ni préjugés, et dès lors la municipalité ne serait pas opposée à une révision de sa stratégie.
Pour ceux qui aiment les blogs, je propose d'aller sur http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2010/07/28/limpact-de-la-videosurveillance-est-de-lordre-de-1/
Vous y lirez l'ensemble des analyses de la Chambre régionale des comptes et constaterez que malgré les rodomontades, les tentatives d'humiliation des partisans de la vidéosurveillance à l'égard des opposants dont je suis, celle-ci a du plomb dans l'aile. D'ailleurs la chambre des comptes valide la plupart des arguments du collectif créé à Louviers contre la politique prônée par le maire et sa majorité.
27 juillet 2010
L'occident doit cesser de se comporter en puissance néocolonialiste
Si Nicolas Sarkozy a autorisé les forces spéciales françaises à intervenir dans le Sahel, c'est sans doute parce qu'il savait que l'otage français Michel Germaneau était mort (cardiaque, il était sans médicaments depuis des semaines) ou sur le point d'être exécuté. Les membres d'Al Qaïda — sur quelque terrain que ce soit — ne s'embarrassent pas de détails et la vie humaine n'a aucune valeur à leurs yeux. D'après ce que dit la presse, aujourd'hui, jamais le gouvernement français n'a eu face à lui, d'interlocuteur valable apte à négocier un compromis. La conclusion, facile à tirer : Al Qaïda punit et tue « les infidèles. » C'est d'autant plus aisé quand il s'agit d'un vieil homme de 78 ans, malade et humanitaire qui plus est.
L'intervention récente des forces mauritaniennes et spéciales françaises n'a donc pas servi à libérer l'otage Michel Germaneau (puisqu'on n'avait aucune certitude sur sa localisation) car elle visait essentiellement à tuer des terroristes ultra-islamistes préparant, dit-on, une agression contre le territoire mauritanien. Et à montrer le puissance des muscles de l'armée française !
La responsabilité d'un chef d'Etat est grande et redoutable quand il s'agit de choisir l'action violente. Je pense aux deux journalistes de France 3 et à leurs trois accompagnateurs prisonniers depuis près de 210 jours. Il ne fait aucun doute que le gouvernement français malgré ses imprudentes déclarations originelles, a engagé des pourparlers avec les preneurs d'otages ou des intermédiaires. Le montant de la rançon exigée doit être très élevé ou l'échange proposé trop politiquement sensible…on ne voit toujours pas le bout de cette prise d'otages
On sait depuis quelques mois que les services secrets pakistanais fricotent avec les talibans et que l'armée américaine doit faire face à des attaques internes et externes. Il est donc plus que temps de quitter l'Afghanistan. Le Parlement français devrait être saisi de cette question urgente car la lutte contre le terrorisme islamique ne passe pas par l'occupation d'un pays tout entier. Rester en Afghanistan, c'est le meilleur moyen de s'aliéner pour longtemps des populations victimes à (de) tous les coups. L'occident doit cesser de se comporter en néocolonialiste.
Quant à la menace terroriste en France, les experts affirment que l'alerte rouge doit être maintenue. L'AQMI va chercher à marquer les esprits et les corps. La prudence ne doit pas nous empêcher de vivre, ni de prendre l'avion.
L'intervention récente des forces mauritaniennes et spéciales françaises n'a donc pas servi à libérer l'otage Michel Germaneau (puisqu'on n'avait aucune certitude sur sa localisation) car elle visait essentiellement à tuer des terroristes ultra-islamistes préparant, dit-on, une agression contre le territoire mauritanien. Et à montrer le puissance des muscles de l'armée française !
La responsabilité d'un chef d'Etat est grande et redoutable quand il s'agit de choisir l'action violente. Je pense aux deux journalistes de France 3 et à leurs trois accompagnateurs prisonniers depuis près de 210 jours. Il ne fait aucun doute que le gouvernement français malgré ses imprudentes déclarations originelles, a engagé des pourparlers avec les preneurs d'otages ou des intermédiaires. Le montant de la rançon exigée doit être très élevé ou l'échange proposé trop politiquement sensible…on ne voit toujours pas le bout de cette prise d'otages
On sait depuis quelques mois que les services secrets pakistanais fricotent avec les talibans et que l'armée américaine doit faire face à des attaques internes et externes. Il est donc plus que temps de quitter l'Afghanistan. Le Parlement français devrait être saisi de cette question urgente car la lutte contre le terrorisme islamique ne passe pas par l'occupation d'un pays tout entier. Rester en Afghanistan, c'est le meilleur moyen de s'aliéner pour longtemps des populations victimes à (de) tous les coups. L'occident doit cesser de se comporter en néocolonialiste.
Quant à la menace terroriste en France, les experts affirment que l'alerte rouge doit être maintenue. L'AQMI va chercher à marquer les esprits et les corps. La prudence ne doit pas nous empêcher de vivre, ni de prendre l'avion.
Inscription à :
Articles (Atom)

