29 avril 2019

La grave faute morale de Mme Chevalier, maire du Neubourg…


Timour Veyri, premier secrétaire de la Fédération de l'Eure du Parti socialiste, nous a adressé le texte suivant :
« Le dernier dimanche d'avril est chaque année dédié à la célébration de la mémoire des victimes de la déportation dans les camps de concentration et d'extermination nazis lors la Seconde Guerre mondiale

Instaurée par la loi du 14 avril 1954, cette Journée nationale du Souvenir des Victimes et Héros de la Déportation est l’occasion d’évoquer dans l’Eure et partout en France la mémoire de tous ceux, femmes, hommes et enfants envoyés par centaines de milliers pendant la seconde guerre mondiale dans des camps de concentration ou d’extermination nazis.

Parce que cette journée a pour vocation de rappeler à tous, et notamment aux jeunes générations, l’ignominie du régime nazi et de la collaboration, les socialistes de l’Eure s’indignent que cette cérémonie ait été présidée hier au Neubourg, sur décision de la maire Mme Marie-Noëlle Chevalier,  par M. Philippe Marche, admirateur local bien connu de Philippe Pétain comme l'a révélé le Courrier de l'Eure. (voir le lien sous l'article)

Dès le vote des pleins pouvoirs, Philippe Pétain a mis en place un régime autoritaire, réactionnaire et raciste.  Sous son autorité,  ce sont 150 000 Françaises et Français qui ont été arrêtées et déportées de France vers les camps de concentration, comme résistants, terroristes, opposants politiques, communistes, gaullistes, socialistes, francs-maçons, otages... 76000 de nos concitoyens de confession juive ont également été arrêtés et déportées en tant que juifs.  Seuls 3% sont revenus des camps.

Ce choix de M. Marche par la secrétaire générale du parti Les Républicains de l’Eure pour présider dans sa ville une cérémonie en l’honneur des victimes de la déportation est une insulte insupportable à la vérité historique comme à toutes celles et à tous ceux qui chérissent la mémoire des disparus.   Par sa proximité avec M. Marche et par la décision qui a été prise de lui confier la présidence de ces cérémonies patriotiques, Mme Chevalier a commis une très grave faute morale.

C’est pourquoi, à une semaine de la commémoration du 8 mai 1945 et par respect pour celles et ceux qui sont morts et se sont battus pour la liberté et la grandeur de la France, nous demandons au président du parti Les Républicains de l’Eure de tirer immédiatement toutes les conséquences de cette situation et de démettre Mme CHEVALIER de ses fonctions de secrétaire générale des LR de l’Eure. »

 « L’oubli serait ici une grave insulte à ceux qui sont morts dans les camps, et dont la cendre est mêlée pour toujours à la terre ; ce serait un manque de sérieux et de dignité, une honteuse frivolité. Oui, le souvenir de ce qui est arrivé est en nous indélébile, indélébile comme le tatouage que les rescapés des camps portent encore sur leur bras (…) Quand les sophistes nous recommandent l’oubli, nous marquerons fortement notre muette et impuissante horreur devant les chiens de la haine ; nous penserons fortement à l’agonie des déportés sans sépulture et des petits enfants qui ne sont pas revenus. Car cette agonie durera jusqu’à la fin du monde ». Vladimir JANKÉLÉVITCH
https://actu.fr/normandie/neubourg_27428/video-dans-leure-admirateur-petain-maitre-dune-ceremonie-memoire-victimes-deportation_23382767.html

28 avril 2019

« Drap de laine : de l'utile au sublime » visite à la Fabrique des savoirs d'Elbeuf


L'atelier de rentrayage de l'usine Jeuffrain à Louviers dans les années cinquante. ©DR
Avant la prochaine conférence de la SED (1), qui aura lieu début juin, ses animateurs proposent, le jeudi 16 mai, à 14 heures, une visite commentée de l’exposition présentée à Elbeuf, à la Fabrique des savoirs, installée cours Gambetta dans l’ancienne usine Blin et Blin :  « Drap de laine : de l’utile au sublime ».

Elbeuf est connue pour sa production de drap de laine, qui a fait longtemps la prospérité de la ville avant le déclin qui, comme à Louviers, a frappé cette activité. Le secteur de l’habillement a été un des débouchés privilégiés de cette industrie. Au début du XXe siècle, les tailleurs locaux mais aussi les couturiers parisiens s’emparent de ce produit luxueux. Les entreprises Blin et Blin ou Prudhomme, deux des plus importantes manufactures elbeuviennes, comptent parmi leur clientèle Lanvin, Hermès, Dior ou Courrèges, qui mettent à l’honneur le drap d’Elbeuf pour leurs lignes de prêt-à-porter et pour leurs créations de haute couture. Cette exposition propose de découvrir les liens tissés entre les productions elbeuviennes et la mode. Documents d’archives et échantillons textiles issus des collections de la Fabrique des savoirs sont mis en regard de modèles signés plus grands créateurs de l’époque. La visite constitue ainsi un complément intéressant à la lecture de l’ouvrage que la Société d’Études Diverses de Louviers et la Société de l’Histoire d’Elbeuf viennent de publier, Elbeuf/Louviers, histoire croisée de deux cités drapières.

Si vous êtes intéressés, inscrivez-vous auprès de Claude Cornu, 41 rue de Beaulieu à Louviers. (le prix est de 5 euros par personne). Si vous ne disposez pas d’un véhicule, signalez-le avec votre inscription : la SED fera le nécessaire pour vous permettre de participer à cette visite.

(1) La SED a édité une histoire commune de Louviers et d'Elbeuf. En vente chez les libraires et à la SED elle-même.

27 avril 2019

Le destin de neuf femmes juives et résistantes devant une salle comble à la Société d'études diverses


Chantal Dossin et Claude Cornu.©Jean-Charles Houel
En octobre 1942, un journal édité par la Résistance juive affirmait que les « boches déportaient, asphyxiaient, exterminaient les juifs dans l’est de l’Europe. » On savait, donc, mais on ne voulait pas croire ce qui semblait inimaginable, impensable, inhumain : la destruction des juifs d’Europe. On brûlait des juifs pour ce qu’ils étaient et non pour ce qu’ils avaient fait.

Chantal Dossin, professeur d’histoire, invitée par la Société d’études diverses de Louviers, ce samedi, raconte à une salle comble comment ses recherches, les témoignages recueillis dès 2007, l’ont conduite à narrer le récit de l’avant dernier convoi pour le camp d’extermination d’Auschwitz (Pologne) au travers de neuf destins perdus dans les wagons plombés et le tri mortel des officiers nazis.
Ces neuf destins sont ceux de femmes de toutes origines, sociale, géographique, éducative, dont le point commun — être juive — les a conduits à braver les interdits, désobéir aux ordres iniques, s’engager dans une résistance active aux forces d’occupation et à l’état pétainiste. Ces femmes, d’âges différents, polonaise, lituanienne, roumaine, française…ont notamment aidé à cacher des juifs, à assurer entraide et solidarité, à servir d’agents de liaison au sein des mouvements de résistance et surtout à protéger l’avenir de centaines d’enfants.

Sur les neuf femmes choisies par Chantal Dossin, trois seulement sont revenues de l’indicible. Toutes ont fait preuve d’un immense courage, d’une détermination sans faille, alors même qu’on croyait les combattants de la nuit choisis parmi les hommes comme si la guerre leur revenait de droit. Ces femmes, pour la plupart inconnues du grand public sauf Suzanne Buisson-Lévy, peut-être, méritaient bien que quelqu’un s’intéresse à leur histoire, à leur vie bien courte pour certaines d’entre elles, d’autant que l’antisémitisme retrouve une vigueur détestable et que les préjugés à l’égard des juifs et des juives ne cessent d’inonder les réseaux sociaux.

Je me suis permis de citer le livre (1) de Delphine Horvilleur, une rabbin de France, libérale qui y actualise (en 2019) la question de l’antisémitisme et de rappeler que Pierre Mendès France, après avoir réussi son évasion des prisons pétainistes, rejoignit la France libre et le général de Gaulle où il prit une part active dans les opérations aériennes préparatoires au futur débarquement des alliés. Lui aussi était juif. Et Français !
(1) Réflexions sur la question antisémite. Grasset.16 euros.
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Emmanuel Macron n'a pas eu le temps de faire court et s'est contenté de formules aussi générales que creuses


Manifestation Cinram : déjà des gilets jaunes !
Emmanuel Macron n’a pas eu le temps de faire court. Cette règle d’or journalistique devrait s’appliquer également aux hommes politiques, surtout quand ils s’adressent à tous les Français et non à une élite habituée aux codes et aux grands mots. Pour qu’une idée soit comprise, il faut qu’elle soit énoncée brièvement et avec clarté. Du concret, encore du concret. Sinon, on est dans le livre de la jungle. On écoute la musique et on s’endort sans entendre la chanson. Jeudi soir, Emmanuel Macron a fait preuve de « brillance » selon le mot d’une journaliste de BFM TV mais a suscité, selon la même, une certaine lassitude. Comme si on avait déjà entendu les paroles mais dans un autre ordre. On s’attendait à un discours «Waouh» mais on a dû se contenter d’une parole poussive dont le lyrisme habituel cache des desseins peut-être inavouables. Et puis, quand un président répète en cinq minutes 6 ou sept fois « très profondément » soit il copie Trump soit il est à court de formule. Passons sur la forme et voyons le fond.

Prenons un exemple. La diminution du nombre de parlementaires. Par jalousie, ignorance ou souci d’économie (tu parles !) la majorité des Français est pour ! Se sont-ils interrogés sur les conséquences d’une diminution de 25 à 30 % du nombre de députés ? Quand ils auront besoin de rencontrer leur représentant de la nation, devront-ils — dans l’Eure, par exemple, qui passera de cinq à trois députés — parcourir 50, 80, 100 Km pour obtenir une intervention auprès des administrations elles-mêmes très distantes…des citoyens ! Cette proposition est une mesure démagogique qui n’apporte rien sinon la satisfaction éphémère des populistes et des antiparlementaristes. Ces oiseaux-là, on les trouve un peu partout et même le samedi déguisés en black blocs.

Autre exemple, le référendum d’initiative partagée. Décidément, le référendum fait tourner les têtes. Du côté des gilets jaunes c’est le RIC à tout crin, avec la France Insoumise, c’est le référendum révocatoire à la Chavez. Macron nous propose de réunir un million de signatures avant d’emprunter le long tunnel vers le parlement, le conseil constitutionnel, le gouvernement…il faudra des mois voire des années pour obtenir un vote. On le voit bien avec la privatisation d’Aéroports de Paris, le référendum d’initiative partagée ne sera partagé…par personne puisque des arguments de droit très pointus et très vicieux vont empêcher la proposition d’aboutir.

Je suis satisfait du fait que le président refuse de compter le vote blanc comme un suffrage exprimé. La politique française est suffisamment riche de sa diversité (ô combien !) à droite, à gauche, au centre, à l’extrême droite, à l’extrême gauche…ce serait bien le diable qu’aucun candidat ne remplisse (même de façon incomplète) les quelques espoirs du citoyen lambda. Je vote depuis 1967. J’ai toujours participé aux élections et toujours en faisant un choix. Il m’est arrivé de me pincer le nez (Chirac-le Pen) mais j’ai toujours choisi le candidat (ou la candidate) le (la) plus républicain(e). La démocratie ne vaut que par le suffrage. Quand j’entends et lis que 42 % (seulement) des Français sont disposés à s’exprimer lors des prochaines Européennes, je me dis que ceux et celles qui ont lutté (parfois au péril de leur vie) pour obtenir le suffrage universel méritent mieux que cette indifférence coupable. Quand on ne vote pas, on est d’accord avec la politique conduite, quelle qu’elle soit. Le vote blanc est respectable mais il est la marque d’une irresponsabilité citoyenne et aussi, sans doute, d’une forme d’indifférence bien peu républicaine.

Au final Macron a beaucoup parlé mais s’est peu exprimé. Beaucoup de bla-bla, beaucoup de formules générales et creuses, rien pour les gilets jaunes, un peu plus pour les classes moyennes, mais on ne sent pas un souffle puissant capable de remettre en marche ( !) une société malade, en panne, au sein de laquelle chacun se sent respecté et reconnu. Un coup pour rien ?




25 avril 2019

Les parlementaires socialistes de Normandie s'inquiètent de la fermeture annoncée de nombreux guichets des gares régionales


Guillaume Pépy, président de la SNCF, en visite à Val-de-Reuil. ©Jean-Charles Houel
La fédération de l’Eure du PS nous a adressé la lettre que les parlementaires normands membres du PS, ont adressée à La ministre des Transports. Ils craignent une fermeture de nombreux guichets actuellement tenus par des employés et qui, dès lors, seraient remplacés par des automates dont certains sont déjà en service. Au-delà de la délivrance de billets, les agents SNCF des guichets sont à même de répondre à toutes les questions des usagers et à leur fournir tout renseignement utile sur leur déplacement dans l’hexagone ou à l’étranger. Pour ce qui nous concerne, la gare de Val-de-Reuil figure dans la liste dressée par les parlementaires suite à des articles de presse annonciateurs de mauvaises nouvelles.
Je publie ci-dessous la lettre des députés et des sénateurs PS. Malheureusement, dans l’Eure, le PS ne compte aucun élu. Ce ne serait pas dommage si les parlementaires LREM ou LR veillaient au grain pour défendre les droits des usagers et contribuer à améliorer le service public des transports mis à mal.

« Madame la Ministre,
Parlementaires normand(e)s, nous souhaitons vous interpeller au sujet des projets de fermetures de gares et guichets SNCF dans notre Région.
Depuis plusieurs semaines, nombreux sont les élus locaux et les citoyens des départements de Normandie à s’inquiéter des évolutions de la présence du service public ferroviaire dans les territoires. Des collectifs d’usagers ou de salariés de la SNCF s’organisent pour s’opposer à ces choix quand bien même le document définitif n’est pas encore rendu public.
Sept nouvelles gares pourraient fermer selon les informations diffusées récemment par la presse dont certaines sont d’ores et déjà confirmées, à savoir :
Couliboeuf, Grand-Jardin (Calvados)
Glos-Montfort (Eure)
Saint-Martin-du-Vivier (Seine-Maritime)
Bolbec-Nointot (Seine-Maritime)
Foucart-Alvimare (Seine-Maritime)
Le Merlerault (Orne)
Sainte-Gauburge-Sainte-Colombe (Orne)
Les gares de Pont-Hébert et Carantilly-Marigny dans la Manche ont fermé leurs portes en concertation avec la SNCF. Dans le même temps, plusieurs fermetures de guichets semblent évoquées :
Vire, Pont-l’Evêque, Dives-Cabourg (Calvados)
Serqueux (Seine-Maritime)
Val-de-Reuil (Eure)
Les guichets des gares d’Avranches, Pontorson, Villedieu-les-Poêles dans la Manche, Lison, Mézidon-Canon dans le Calvados, Surdon, Briouze dans l’Orne et Forges-les-Eaux, Barentin en Seine-Maritime ont déjà fermé leurs portes. Des réductions d’horaires des guichets sont attendues dans les gares de Cherbourg-en-
Cotentin (Manche), Valognes (Manche), Carentan (Manche), Caen (Calvados), Flers (Orne), Rouen (Seine-Maritime), Évreux (Eure) pour 2020. Le risque est bel et bien la disparition des guichets à terme et la déshumanisation des gares. Et d’autres guichets seraient également en sursis, avec soit une réduction d’horaires, soit
une fermeture à prévoir, même si pour l’heure rien ne semble acté : Bayeux (Calvados), Deauville (Calvados), L’Aigle (Orne), Lisieux (Calvados), Le Havre (Seine-Maritime), Auffay (Seine-Maritime), Yvetot (Seine-Maritime), Fécamp (Seine-Maritime), Giverny (Eure)…
Tous ces choix sont accompagnés par les élu(e)s de la majorité régionale normande.
Face aux inquiétudes des usagers et alors que le besoin de desserte ferroviaire est essentiel pour que les territoires ruraux et périurbains puissent pleinement participer à l’indispensable transition énergétique, pourriez-vous, Madame la Ministre nous donner la liste exacte des gares concernées par des fermetures pures et simples, par des suppressions ou réductions de guichets.
Les parlementaires socialistes normands souhaitent qu’une totale transparence puisse être faite et que les citoyens soient en mesure de s’adresser aux élus qui accompagnent ces choix et qui doivent les assumer.
Dans l’attente, nous vous prions de croire, Madame la Ministre, en l’expression de nos respectueuses salutations.
Laurence DUMONT Nelly TOCQUEVILLE Corinne FERET
Députée du Calvados Sénatrice de Seine-Maritime Sénatrice du Calvados
Didier MARIE, Christophe BOUILLON, Sénateur de Seine-Maritime et Député de Seine-Maritime
Jean-Michel HOULLEGATTE Joaquim PUEYO, Sénateur de la Manche et Député de l’Orne. »
Copie de ce courrier a été adressée à M. Hervé MORIN, Président de la Région Normandie.
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24 avril 2019

Trois réflexions au débotté : les Fillon en correctionnelle, Mme Loiseau rattrapée par son passé, l'injonction au suicide des policiers par les ultra-jauness


Les ultra-jaunes ne font pas dans la nuance
L’injonction de certains gilets jaunes à l’égard des policiers et des gendarmes est mal venue : « Suicidez-vous » leur intiment-ils comme si le choix d’attenter à sa propre vie nécessitait des conseils ou des ordres. Certes, il ne faut pas prendre cette phrase au premier degré. Il s’agit pour les « ultras-jaunes », comme on les appelle maintenant, de jouer la provocation et de marquer aussi une forme d’impuissance face à la détermination du gouvernement et de ses fonctionnaires.
On lit beaucoup de dépit dans cette apostrophe qui vaudrait, si on parvient à identifier les auteurs des cris, poursuites pénales et sans doute condamnations. Si les derniers gilets jaunes à occuper le pavé des rues des métropoles en sont réduits à ces extrémités c’est bien parce que depuis 24 samedis, ils n’ont pas l’impression (réelle) d’avoir obtenu satisfaction sur des points clés de leurs exigences : le référendum d’initiative citoyenne, d’une part, et le retour de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) d’autre part.
Demain soir, lors de sa conférence de presse, Emmanuel Macron devrait faire quelques concessions sur un RIC local, un RIC qui ne mange pas de pain. Sur l’ISF, il restera droit dans ses bottes alors qu’une grande majorité de Français réclament son retour.
Le problème c’est que la légitimité des choix n’appartient pas aux sondagiers et encore moins à ceux qui se révoltent sauf en cas de révolution paisible ou violente. Elle échoit aux élus, comme dans toutes les démocraties avancées. Sinon, il n’y aurait besoin ni d’élections ni de candidats et on changerait de gouvernement au gré des variations d’opinions plus ou moins éclairées. Maintenant, le droit d’expression et de manifester demeure fondamental, pour le citoyen et pour les journalistes, même ceux qui n’en ont que le nom.

Nathalie Loiseau ne savait pas que ses colistiers étudiants étaient de l'ultra-droite
Nathalie Loiseau, tête de liste LREM aux prochaines élections européennes, a figuré en 6e position lors d’élections étudiantes en 1984. Médiapart, après des recherches évidemment sérieuses, a fait cette révélation ces jours derniers mettant dans l’embarras Mme Loiseau et ses colistiers. Quand on se fait le chantre de l’anti rassemblement national, il vaut mieux porter du linge propre et ne pas avoir frayé, même dans l’inconscience revendiquée, avec l’ancien GUD de sinistre mémoire. Laurent Wauquiez, le chef des LR, attaque Mme Loiseau la traitant d’ancienne militante d’extrême droite ! Il y va fort le bougre mais les campagnes électorales ne se font ni dans la dentelle ni dans la nuance.
Que dit Mme Loiseau : « J’ai fait une belle connerie ». Péché de jeunesse ? « Qu’on ne vienne pas lui dire, comme l’affirmait Nizan, que c’est le plus âge de la vie. » C’est l’âge des tâtonnements, des expériences, des erreurs. Mais en politique, qu’on ait été trotskyste, Maoïste ou membre d’Occident, on l’a été pour toujours parce que vos adversaires ne manqueront pas de vous le rappeler. Dans quelques jours, tout sera oublié, quoique…

Je plains les avocats du couple Fillon
Marc Ladreit de la Charrière a plaidé coupable il y a quelques semaines dans l’affaire de l’emploi fictif de Pénélope Fillon à la « Revue des deux mondes » qu’il dirige. Il a écopé d’une forte amende et d’une peine de prison avec sursis pour avoir employé Mme Fillon par amitié et sans contrepartie. Une légion d’honneur peut-être…
Pénélope, encore elle, et son mari François sont traduits devant un tribunal correctionnel pour avoir confondu assistant parlementaire et assistance sociale. Pénélope a été fort bien payée pendant des décennies pour avoir eu des échanges oraux avec son mari et son suppléant mais quand les paroles s’envolent, les écrits restent. Et d’écrits, il n’y a point ou si peu.
Je plains les avocats des Fillon. Ils vont devoir faire preuve d’ingéniosité et de génie pour défendre une pratique que la morale réprouve. J’avoue que je me pose une question, demeurée sans réponse à ce jour. Comment François Fillon, fils de bonne famille, élevé dans la religion, soucieux des deniers publics (son programme était massif et sévère) peut-il accepter de se faire offrir des costumes, de  s’arranger avec la loi et surtout avec des principes de vie qui devraient répondre à une éthique du comportement. On dit que les Fillon aiment l’argent et qu’ils ont peur de manquer. Dans ces conditions, il vaut mieux, c’est ce que l’ancien ministre-député-candidat fait aujourd’hui, travailler pour un fond d’investissement plutôt que de donner des leçons de probité et manquer à tous ses devoirs élémentaires puisqu’un élu plus que quiconque, doit être exemplaire.


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15 avril 2019

« Aéroports de Paris » doit demeurer dans le giron public ! Non à sa privatisation


Je me suis battu pendant plusieurs années, comme citoyen engagé d’abord, et ensuite comme président d’une association (1), pour obtenir le retour des services de l’eau et de l’assainissement en régies publiques. Il est prouvé que la gestion publique de certains services quotidiens aux usagers est à la fois moins coûteuse financièrement et plus attentive aux investissements nécessaires. Autrement dit, je ne supporte pas qu’on remette en cause le rôle de l’Etat ou des collectivités territoriales dans certains secteurs d’activités que « le privé » dit on, assumerait au mieux.

La station d'épuration des eaux usées de Louviers dans les années soixante-dix. © Jean-Charles Houel
Nombreuses sont les communautés de communes ou les métropoles ou les communautés d’agglomérations qui remettent en cause, pendant les délégations de services publics ou à la fin des contrats en cours, la qualité et le coût de la gestion  privée pour revenir en régie publique. Jean-Luc Touly, notamment, s’est beaucoup investi dans l’analyse des comptes des grands groupes spécialisés dans la fourniture de l’eau et dans le traitement des eaux usées. Il a constaté que des frais « énormes » (notamment des frais de siège et d’abonnement) étaient payés par les collectivités sans que le service rendu en soit amélioré pour autant.

Après que Dominique de Villepin a privatisé les autoroutes suscitant l’ire de gens aussi différents que des élus de gauche ou…François Bayrou, on s’aperçoit que les usagers de la route sont des vaches à lait commodes et dociles. Sauf quand des gilets jaunes décident de contester les taxes ou les augmentations de tarifs des péages. Il est devenu évident pour tous que les autoroutes génèrent des profits importants. Très importants. Et que ce fut une grave erreur de privatiser les réseaux. Aujourd’hui l’état na plus que ses yeux pour pleurer et nous avec.

En désirant privatiser Aéroports de Paris, sous des prétextes archi-falacieux du genre « l’Etat n’a pas à s’occuper de boutiques de luxe » Bruno Le Maire et le gouvernement commettent une mauvaise action. La fronde multipolaire née de cette volonté (d’ailleurs votée majoritairement à l’Assemblée nationale) pourrait s’exprimer, malgré les obstacles juridiques nombreux, sous la forme d’un référendum d’initiative partagée. Je suis hostile au référendum par principe. Je soutiens que la démocratie représentative doit écouter les citoyens, entendre leurs revendications, corriger la volonté politique exprimée avant de commettre l’irréparable sous la forme d’une concession de 70 ans ! Tout cela pour ramasser 10 milliards d’euros tout de suite et éviter que la dette de la France dépasse les 100 % du PIB. Pour autant, devons nous faire la fine bouche et nous interdire d’utiliser un moyen démocratique (?) pour empêcher l’Etat de privatiser ADP ? Comme rien ne dit que le référendum sera possible et encore moins probable, il n’y a guère que la pression citoyenne et les médias pour ouvrir les yeux des gouvernants.

Le groupe Vinci gère dans douze pays (Royaume-Uni, Portugal, Cambodge, Japon...) 46 aéroports, dont 12 en France, parmi lesquels ceux de Lyon-Saint-Exupéry, Rennes Bretagne, Toulon-Hyères et Nantes-Atlantique…L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes lui est passé sous le nez si bien que le groupe réclame des centaines de millions d’euros à l’Etat en dédommagement. Elisabeth Borne évoque, elle, des dizaines de millions ! Et si Vinci se servait de la négociation en cours pour accepter de baisser ses prétentions en échange de la concession d’ADP ? Chantage ? Non, simplement la vie courante du monde des affaires qui, parfois, oublie l’intérêt général. La seule question qui vaille est la suivante : pouvons-nous encore empêcher la privatisation d’ADP ? Le président de la République va-t-il demeurer sourd à une exigence partagée par bien des partis de droite et…de gauche ?

(1) « Association de défense de l’environnement et pour le retour des services de l’eau et de l’assainissement en régies publiques. » Cette association a été dissoute l’an dernier.

13 avril 2019

En Mars 1965, le Docteur Martin écrivait « le manifeste de l'Union des Gauches ». Jamais texte n'a paru autant d'actualité pour les hommes et les femmes de gauche


Henri Fromentin et Ernest Martin (à droite).©JCH
Une rencontre fortuite ce matin, sur le marché de Louviers, avec Ingrid Levavasseur, une « porte-parole » parfois appréciée, parfois reniée de la part de gilets jaunes aussi divers que notre galaxie compte d'étoiles, m’incite à publier in extenso, le manifeste de l’Union des Gauches. Ce texte, écrit entre les deux tours de l’élection municipale de mars 1965 a été rédigé par le Dr Ernest Martin, qui allait, sans rien avoir demandé, devenir maire de Louviers et le leader charismatique d’un vaste mouvement municipal appelé Comité d’Action de Gauche. Un homme d’idées, de projets et d’actions.

Ce CAG fut le creuset d’une aventure démocratique extraordinaire (dans le vrai sens du mot) s’inspirant à la fois des principes énoncés par Pierre Mendès France, des axiomes d’un groupe d’intellectuels appelé Quadrivium, mais aussi des expériences et des idées d’hommes et de femmes citoyen(ne)s engagé(e)s dans les divers partis et chapelles de la gauche démocratique.

A la veille d’un scrutin municipal (celui de mars 2020, c’est demain !) important pour la ville et ses habitants, la relecture attentive de ce manifeste démontre que les préceptes énoncés par Ernest Martin sont plus que jamais d’actualité. L’information, la participation, le contrôle de chaque citoyen(ne) sont devenus des exigences quotidiennes. Alors que les partis politiques, les journalistes, les institutions, les élus aussi sont l’objet de suspicions, de doutes, de rejet plus ou moins global, se trouvera-t-il un homme, une femme, un groupe, un collectif, pour donner du courage à toute cette gauche émiettée, éparpillée qui s’avance aux Européennes pour y prendre une veste magistrale et dégoûter les militants ou les électeurs(trices) de choisir la voie du progrès. 

L’union des gauches n’a jamais été aussi nécessaire, aussi urgente, aussi impérieuse face aux montées semble-t-il inexorables des populismes de tous poils, de ceux qui « justifient la haine des journalistes comme saine et juste » ou celles qui voit en chaque réfugié la main de l’islam radical et l’œuvre du grand remplacement, ce fantasme des petits mâles blancs et trop payés.

Le texte écrit par Ernest Martin est évidemment daté. Il faut le resituer dans son contexte. Celui d’une France dirigée d’une main ferme par le général de Gaulle, en face duquel apparaît un François Mitterrand dont on ignore encore quelles capacités il développera pour faire gagner (en 1981) une gauche de gouvernement. Pierre Mendès France se tient alors franchement dans l’opposition aux institutions et à l’homme qui les a façonnées. 
Ce manifeste a été soumis à l’approbation des colistiers du Dr Martin. Il est étonnant que les membres du PCF de l’époque aient accepté de signer ce texte, peu aimable pour le parti de Maurice Thorez.



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10 avril 2019

Les conférences de la SED : « Elles étaient juives et résistantes » par Mme Chantal Dossin le 27 avril prochain


La prochaine conférence de la Société d’Études Diverses aura lieu le samedi 27 avril à 16 heures, dans la salle Pierre Mendès France, à l’Hôtel de Ville de Louviers. Nous accueillerons Mme Chantal Dossin, professeur d’histoire honoraire. Elle abordera un aspect de la Résistance, aujourd’hui encore souvent méconnu et auquel elle a consacré un ouvrage paru en 2018 : « Elles étaient juives et résistantes ».

Le phénomène de la Shoah a effacé de notre mémoire l’engagement des juifs dans la Résistance, alors qu’ils furent très nombreux à y participer et souvent parmi les premiers. Les femmes y ont pris leur place, spécifique certes mais aussi multiforme. Dans son livre, Chantal Dossin a tenté de reconstituer au plus près le parcours de neuf femmes juives et résistantes. Leur souvenir est resté enfermé des années dans les boîtes d’archives, leur judéité ayant fait oublier qu’elles avaient été résistantes. Elle a croisé ces documents avec les témoignages qu’elle a pu recueillir, afin de retracer les combats courageux de ces femmes contre la politique antisémite du gouvernement de Vichy et de l’Occupant. De ces neuf femmes, seules trois ont survécu. Quatre seulement ont obtenu le statut de résistantes, le fait d’être juives tendant à les classer automatiquement dans la catégorie des déportés « raciaux ». 

PS : Le livre de Chantal Dossin, « Elles étaient juives et résistantes » sera disponible, dans les jours précédant la conférence, à la librairie Quai des mots, rue du Matrey.


Maria Dumer, inhumée hier, ancienne comptable de la ville de Louviers avait également été membre du Comité d'Action de Gauche


Maria Dumer est décédée, la semaine dernière à la MAPA de Louviers où elle résidait. Cette femme, pas forcément connue du grand public, était un exemple de ce que doit être un (ou une) fonctionnaire : compétent, rigoureux, ardent défenseur du service public, ce service public que les Français apprécient tant et dont ils demandent le maintien dans tous les domaines régaliens. Elle avait été responsable du service comptabilité de la ville de Louviers mais également une compagne de route du Comité d'Action de Gauche dont son mari, Claude, était un pilier. Elle a été inhumée, hier, au cimetière de Louviers et les enfants de Maria ont tenu à lire un texte dont ils m'avaient proposé la rédaction. Je le publie ci-dessous.

« Dès que Franck m’a demandé d’écrire quelques mots en mémoire de sa maman — notre amie à tous et toutes ici présents — je me suis interrogé : étais-je le mieux placé pour évoquer la  vie de Maria, si remplie depuis le jour, où venue d’Espagne, elle devint une femme de France. Car de son quotidien familial je sais peu de choses sinon qu’elle avait une affection maternelle inépuisable pour son fils et sa fille, qu’elle aima pendant toute son existence, un réel attachement à son mari, Claude, avec lequel elle entreprit de consacrer leurs efforts communs au bien collectif. J’ai appris que les derniers mois de la vie de Maria furent difficiles compte tenu des suites de son accident vasculaire mais elle fit face, en toute conscience, et jusqu’au bout, à cet accident de la vie. Qui s’en étonnera ?

Professionnellement, Maria fut, très tôt le pilier du service comptable de la ville de Louviers à une époque où Excel n’existait pas, pas plus que les ordinateurs si pratiques et si rapides aujourd’hui. Elle veillait avec une attention rigoureuse à la politique de paiements et d’engagements décidés par le pouvoir municipal que le maire de Louviers s’appelle André Vincelot, Ernest Martin, Rémy Montagne, Odile Proust ou Franck Martin. Je la vois encore utiliser une machine comptable mécanique qui ferait la joie des antiquaires. Jamais elle ne fit preuve d’un manque de loyauté, en interne comme en externe, soucieuse du bien commun et du respect d’une subordination acceptée. Elle n’était pas la seule à la mairie. Avec ses collègues, Josiane Farceau, Andrée Batrel, Nelly Langlois, toutes disparues, elle incarnait ce que la fonction publique territoriale incarne de meilleur : la confiance et la compétence.

Neutre (pas toujours) à l’hôtel de ville, clairement engagée dans sa vie privée, Maria défendit avec zèle, en nombre d’occasions, la politique municipale qu’elle préférait. Sympathisante du Comité d’Action de Gauche, dès sa formation dans les années soixante-dix, après la triste défaite de la municipalité d’Union des Gauches, elle fut un atout maître des choix économiques, politiques, culturels aussi, qui animaient le groupe dit « autogestionnaire ». Elle rendait ainsi possible l’impossible. Aux côtés de Paul Astégiani, le secrétaire général de la mairie, elle appliquait toutes les leçons que Pierre Mendès France enseignait en haut et en bas de la société : la vérité, la pédagogie des choix, la recherche du compromis sans jamais céder sur l’essentiel : les progrès individuel et collectif. En Ernest Martin, et plus tard, Henri Fromentin, elle retrouvait cette passion du citoyen et de la démocratie participative, une expression quelque peu galvaudée aujourd’hui, qui fit de Louviers la ville que l’on cite. Et que les historiens contemporains prennent en exemple de gestions bien en avance sur leur temps.

C’est là que ses grandes qualités surgissaient : courage moral, abnégation, conseils avisés et professionnels. Je me souviens des discussions interminables mettant en scène Maria et Christian Lafenêtre qui nous a quittés lui aussi il y a quelques jours. Il fallait entendre leurs arguments, l’une veillant à modérer les impôts, l’autre affirmant que la justice sociale nécessitait des efforts de la part des plus riches !  Ils avaient raison tous les deux.

Mme Dumer ? On l’appelait tous Maria. Elle savait mettre la distance suffisante pour être crédible. Comme jeune rédacteur municipal, elle m’a appris la patience et communiqué la passion d’un travail au bénéfice du service public qu’elle chérissait pleinement. C’est pourquoi elle est de ces personnes qui marquent les rencontres. Une amie fidèle aux engagements et aux liens tissés au fil du temps et des chaos de la vie. Une amie que nous n’oublierons pas parce qu’elle a été aussi une part de nous-mêmes. »