6 janvier 2019

Le Moulin d'Andé est en deuil. Alain Kremski est mort


Alain Kremski et Christine Lipinska au Moulin. ©JCH
J’apprends la mort d’Alain Kremski, pianiste et compositeur. Il est décédé à Paris, des suites d’un cancer. Ce dernier est venu à bout du combat engagé par Alain Kremski, depuis plusieurs années.
Qui est Alain Kremski ? Un musicien interprète polyvalent qui avait fait du Moulin d’Andé son havre de paix et un relais d’amitiés. C’est là que je l’ai cotoyé à de multiples reprises lors des concerts qu’il y donnait, certes, mais aussi des réunions du conseil d’administration de l’association auquel nous appartenions tous deux. Alain suivait de près la situation administrative et financière du Moulin, même s’il préférait discuter des projets artistiques que Suzanne Lipinska continue d’initier avec passion et persévérance.
Alain était un artiste, un vrai. Un magnifique interprète (piano et bols tibétains) mais également un compositeur à l’image de son frère Laurent Petitgérard, un ami du Moulin d’Andé lui aussi. Tous deux ont contribué à assurer la pérennité de la renommée et de la belle image du Moulin toujours aussi présent dans la vie culturelle de notre région.
Les amis du Moulin sont tristes. Ils seront nombreux à assister à la cérémonie musicale organisée cette semaine au crématorium du Père Lachaise à Paris en mémoire d’Alain.

5 janvier 2019

Grand débat national : la démocratie participative doit respecter le dyptique « formation-information »


Les citoyens dans l'hôtel de ville de Louviers en 1977.©Jean-Charles Houel
Le Conseil économique, social et environnemental a lancé, à la fin de l’année passée, une consultation ouverte à tous et toutes afin de connaître les revendications des Français, qu’ils soient gilets jaunes ou sans gilets. Cet appel au peuple a été l’occasion d’une manipulation qui fait craindre les pires conclusions en cas de prise en compte (un jour ?) des pétitions sur Internet. Devinez quel sujet est jugé prioritaire par des internautes ayant répondu aux sollicitations du CESE ? Je vous le donne en mille : L’abrogation de la loi Taubira sur le mariage pour tous. Alors que les gilets jaunes n’ont à aucun moment, remis en cause cette loi, on découvre avec effarement que cette loi progressiste, égalitaire, est toujours contestée par les divers mouvements radicaux liés à l’intégrisme catholique dont « la manif pour tous » qui n’est en réalité qu’une manif pour quelques uns. Les suppôts de la manif pour tous continuent d’occuper les réseaux sociaux d’où le résultat enregistré par le CESE.

Cela montre, tout simplement, qu’ouvrir le robinet des doléances, sans cadres, sans précautions légales, pourrait aboutir à l’adoption de textes issus de minorités agissantes susceptibles d’influencer et de dominer une majorité silencieuse ou indifférente. Il existe, historiquement, en France des mouvements ou partis dont l’agitprop est le principal mode d’intervention publique. Joindre l’agitation collective à la propagande individuelle, c’est une méthode que les communistes soviétiques ont longtemps utilisée avec la conclusion que l’on sait. Il en va ainsi dans tous les pays totalitaires et dans les démocratures à l’œuvre à l’est de l’Europe. 

Ayant, par ailleurs, participé pendant longtemps aux commissions extramunicipales créées à Louviers (Eure) dans les années soixante-dix et quatre-vingt, je puis affirmer que le premier souci des citoyens alors présents le situait devant leur porte. C’est un lieu commun de constater que les soucis individuels priment toujours l’intérêt général et qu’il y a fort à craindre que le grand débat national proposé par le président de la République soit plutôt un grand déballage de frustrations, de jalousies et de vengeances diverses. Accordons quand même aux organisateurs le bénéfice du doute mais si j’en juge par la constatation citée plus haut, n’attendons pas trop des trois mois à venir.

Le mieux serait que des sujets soient proposés, des volontés exprimées, le tout enveloppé d’une information complète comprenant les projets, leur financement, leurs conséquences sur notre vie quotidienne, sur l’environnement, afin que la consultation nationale débouche sur de véritables interrogations et réflexions. Il est du rôle de l’exécutif de proposer son programme et, éventuellement, de vérifier que les Français sont toujours branchés dessus. La démocratie a besoin de respiration…pas d’asphyxie violente ou sournoise.

4 janvier 2019

Eric Drouet affirme qu'il n'a pas voté Le Pen : Qui peut le croire ?

Décidément, monsieur Eric Drouet occupe la une de l’actualité. Mais si, comme il l’affirme, il n’a pas voté pour Marine Le Pen aux deux tours de la dernière élection présidentielle, j’ai compté parmi ceux qui ont propagé une fausse nouvelle et c’est éminemment regrettable. Rappelons en deux mots qui est M. Drouet. Avant de devenir un homme fascinant pour Jean-Luc Mélenchon, il a été l’un des initiateurs du mouvement des gilets jaunes en novembre dernier et surtout un porte parole d’une partie des protestataires n’hésitant pas au passage à relayer des thèses complotistes du genre : « le pacte de Marrakech » ouvre la voie à « une immigration massive en France. La France s’est vendue, etc.etc. » Eric Drouet est donc un gilet jaune d’un genre particulier.

Revenons sur son affirmation. Il assure ne pas avoir voté pour Marine Le Pen mais se dépêche d’ajouter : « Et même si j’avais voté pour elle, le problème n’est pas là. » Un psychanalyste serait très intéressé par cette phrase. Car elle ouvre la porte à toutes les interprétations et en particulier, elle nous permet de croire que M. Drouet a bien voté pour Mme Le Pen à la présidentielle. Ses postures, la matraque présente dans son sac lors d’une manifestation à Paris (il sera jugé pour ce fait en juin prochain) la proposition d’aller occuper l’Elysée…ses appels à manifester (sans déclaration ni autorisation) tout concourt à en faire un homme fascinant, en effet, mais pas pour les raisons qu’avance le chef de la France insoumise.

Certes, Eric Drouet bénéficie de la présomption d’innocence. Comme tout un chacun et c’est heureux. Mais il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. Quand Jean-Luc Mélenchon exige des excuses de Benoit Hamon (1), il se fout de la G……du monde. La récupération politique est si voyante (à quelques mois des européennes) si indélicate, si méprisante (Mélenchon n’a que faire de M. Drouet) qu’elle le disqualifie pour parler au nom de la gauche. 

N’oublions pas que J.L. Mélenchon était mitterrandien, pas mendésiste. Il admirait dans l’ancien président de la République « socialiste » l’homme rusé, théâtral, littéraire, l’homme cultivé, tribun comme lui. Comment aurait-il pu se reconnaître dans l’ancien maire de Louviers, épris de vérité, de respect pour le citoyen, de dignité dans l’art de pratiquer la politique ? Autrement dit, je ne crois pas un mot de Drouet comme je ne crois pas un mot des lamentations de Mélenchon, un artiste du verbe qui finirait par nous faire croire ce qu’il dit.

(1) Benoit Hamon a été l'un des premiers à reprendre un texto de Jean-Michel Apathie qui affirmait qu'Eric Drouet avait voté Le Pen.

2 janvier 2019

Benoit Hamon ne comprend plus rien à Jean-Luc Mélenchon. Nous non plus.


Dans un texte publié sur son blog, dans un style dont il a le secret, (emphatique, coloré, imagé) Jean-Luc Mélenchon tresse une couronne de lauriers à Eric Drouet, le chauffeur–routier-gilet-jaune que le leader de la France insoumise compare au Drouet qui reconnut le roi Louis XVI en fuite à Varennes. Pour un admirateur de Robespierre, la comparaison était plus que tentante. Nul n’ignore plus depuis la fameuse perquisition que JLM, député, « est la nation » « la République » à lui tout seul. Le tribun de la France insoumise n’hésite donc devant aucune comparaison, aucun rapprochement, lui donnant l’occasion de sublimer les gilets jaunes, oubliant au passage que le monsieur Drouet qui, selon lui, possède tant de qualités est aussi celui qui, sur sa page Facebook, n’hésite pas à dénoncer « l’immigration massive » et à utiliser le mot racailles dans son acception la plus vile. Son penchant pour la droite extrême n’en est que plus évident.

Comme il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, reconnaissons que Jean-Luc Mélenchon n’a pas tort quand il dénonce une société injuste, un capitalisme rapace, des inégalités révoltantes. Il encourage donc les gilets jaunes à poursuivre leur mouvement de protestation, à l’amplifier même puisque 80 % de leurs propositions figureraient dans le programme de la France insoumise. J’ai le privilège (utilisons le JE comme Mélenchon) d’avoir une certaine expérience politique et d’avoir suivi la carrière d’un homme élu depuis longtemps, tantôt sénateur socialiste, tantôt secrétaire d’état de François Mitterrand, tantôt conseiller général, tantôt député européen et aujourd’hui, député de Marseille. Ces différents mandats électifs, acquis dans le cadre d’une démocratie représentative, ont donc permis à Jean-Luc Mélenchon de presque toujours vivre de la politique, cette tare qu’il reproche à tant d’autres qui, comme lui, n’ont connu que les bancs des assemblées si éloignés, selon lui, de la vraie vie.

Parmi les propositions des gilets jaunes, il en est une qui doit interpeller les démocrates. C’est celle du référendum d’initiative citoyenne dont j’ai déjà dit tous les défauts sur ce blog. Mélenchon approuve des deux mains cette proposition. Il l’a transforme même puisqu’il suggère l’adoption d’un référendum révocatoire dont la motivation principale serait simple comme bonjour : « Vous n’êtes pas content d’un élu, Virez-le ! » On dirait du Trump tout craché. Ce référendum révocatoire n’est pas né en France. Il existe dans un pays d’Amérique du Sud, le Venezuela, pour ne pas le nommer, où la démocratie est fort malmenée pour ne pas dire inexistante. Demandez aux Colombiens ce qu’ils pensent des files d’attente aux frontières de citoyens fuyant le chavisme et Maduro. Les remèdes seraient-ils pires que les maux ?

La grande Révolution française ne fut pas le résultat d’un mouvement de quelques milliers de personnes, respectables au demeurant. La Révolution a été animée et suscitée par le tiers Etat représentant une majorité de Français. Certains Gilets jaunes sont nourris au lait des réseaux sociaux et des fake news, d’autres aux injonctions de Marine Le Pen, d’autres encore se réclament clairement d’un fascisme militarisé (Vive le général de Villiers !) d’autres encore, se déclarent heureux d’avoir trouvé au rond point du coin une solution à leur solitude et leur mal-être. Qui niera la réalité de cette situation ? Qui peut faire l’impasse sur l’arrogance d’une président « trop intelligent » ( !) Qui peut se satisfaire d’un système global qui détruit la faune et la flore avant que l’espèce humaine elle-même soit menacée d’une disparition plus du tout impossible. 1789 fut le fruit d’un soulèvement global, parisien et provincial. De nos jours, l’école républicaine a façonné des citoyens éduqués, de plus en plus formés et informés à la vitesse de la lumière.

Le rapport aux élus change avec le temps. Les dernières élections présidentielle et législative ont connu une assez faible participation dû à un senti d’impuissance du politique apparemment sans influence sur la vie des gens. L’arrogance d’Emmanuel Macron n’a rien arrangé. Le mépris engendre l’humiliation, la révolte puis la violence. On en est là. Et 10 milliards d’euros (utiles certes) ne modifieront pas en profondeur des décennies de coupure entre la France d’en haut et celle d’en bas.

Faut-il en revenir à cette bonne vieille lutte des classes et des rapports de force ? Le grand débat de trois mois proposé par le pouvoir peut-il déboucher sur une gouvernance plus horizontale, moins jupitérienne ? Adepte de la démocratie participative, malgré ses échecs et sa chronophagie, je soutiendrai tout mouvement allant dans le sens d’un plus grand respect du citoyen dont il ne faut pas attendre de miracle.  Mais je suis comme Benoit Hamon, je ne comprends plus rien à un Jean-Luc Mélenchon dont Hamon dit qu’il a quitté les rives de la Gauche. Eric Drouet, qui fascine Mélenchon, a voté pour Marine Le Pen aux deux tours de la présidentielle ! Alors non, merci bien.

22 décembre 2018

Les gilets jaunes parisiens enlèvent leur masque : ils chantent La quenelle de Dieudonné


Cette semaine, il ne s’est guère trouvé que Jean-Luc Mélenchon pour appeler à la poursuite du mouvement des gilets jaunes. Avec un talent certain de tribun, une sincérité qu’on ne peut nier, le chef de file de la France insoumise a dressé une fresque palpitante de l’histoire de France assurant que l’insurrection en cours ressemblait aux grands moments révolutionnaires de notre pays !

A l’évidence, les chiffres de participation aux manifestations constatés ce samedi, à Paris et dans les autres villes du territoire, contredisent les prédictions de l’ancien candidat à la présidentielle. Ils n’étaient plus que quelques centaines aux frontières de l'hexagone, à Montmartre, à Versailles, ou sur les péages d’autoroutes. Les blocages aux ronds points, considérés comme dangereux par le ministre de l’Intérieur, ont malheureusement occasionné un nouveau décès (le 10e depuis le début du mouvement) sans omettre les bagarres, incidents, incendies et autres dommages matériels…

Photo la Provence (capture d'écran)
J’ai écrit, ici, 15 jours avant le 17 novembre, que les gilets jaunes étaient, dans leur majorité, proches des thèses du rassemblement national. Sondage après sondage, cette affirmation se confirme. Marine Le Pen avec 24 % des voix en vue des européennes de mai, caracole en tête devant La République en Marche (19 %) et la France insoumise (11,5%). Laurent Wauquiez et Les Républicains obtiendraient 8 % soit un score très médiocre ! Quant à la gauche, ses divisions — si elles se confirment — feront d’elle des participants sans influence.…7 à 8 % pour les Verts, 7 % pour le PS, des miettes pour les autres. Et même 8 % pour une liste gilets jaunes si elle se présentait, ce qui ferait chuter le RN de plusieurs points d’intentions de vote.

Mais il y a pire. Devant le Sacré Cœur de Paris, des dizaines de gilets jaunes ont entonné ce matin « La Quenelle » de Dieudonné, le farouche antisémite, condamné à diverses reprises pour incitation à la haine raciale et autres infractions fiscales. Et comme il ne reste que les plus convaincus, on a une certaine idée de ce que Jean-Michel Apathie subodore depuis des semaines : un mouvement orchestré et inspiré par une extrême droite fort habile, tout simplement déguisée en gilet jaune. Dans ces conditions, je ne comprends toujours pas l’obstination d’un Jean-Luc Mélenchon qui encourage l’occupation de la rue dans la mesure où la gauche républicaine et sociale, sous toutes ses formes — dieu sait qu’il en existe beaucoup — n’inspire nullement les manifestants jusqu’auboutistes. Et à moins d’être sourds et aveugles, les gilets jaunes du 22 décembre ne sont plus ceux du 17 novembre !

21 décembre 2018

Louviers-Elbeuf, « Histoire croisée de deux cités drapières »


La première page de couverture.
De longs mois d’écriture et un travail d’archives colossal : L'« Histoire croisée de deux cités drapières » (1) que sont Louviers et Elbeuf, est d’abord le fruit d’une collaboration exemplaire entre la SED (Société d’études diverses de Louviers et sa région) et la Société de l’histoire d’Elbeuf. En cela, le mérite des rédacteurs(trices) des 200 pages de textes et de recherche d’illustrations, doit être souligné. Ensuite, quelle belle idée ! Alors que les lieux communs ont tendance à insister sur les querelles anciennes opposant les deux villes, on retient de la lecture (même rapide, article oblige) du livre un sentiment de ressemblance et de destin commun bien plus riche et plus positif qu’on le croit communément.

Évidemment, les deux cités drapières appartiennent à deux départements différents. Quand le pouvoir a décidé de placer Elbeuf en Seine-inférieure, il a contribué à éloigner Elbeuf de Louviers alors que l’histoire et la proximité géographique contribuaient t plutôt à conserver Elbeuf dans l’Eure. Il est d’ailleurs remarquable, qu’aujourd’hui, des communes du Roumois choisissent l’agglomération Seine-Eure (Louviers-Val-de-Reuil) pour affronter le futur.

Dans ces 200 pages, les auteurs préviennent que l’exhaustivité n’est pas atteinte. Pourtant, du néolithique à la période contemporaine, les habitants des deux cités trouveront matière à connaissance dans tous les domaines de la vie. Urbanisme, santé, équipements collectifs, guerres, industries, démographie, tout est passé au crible de l’action des différents élus et responsables au quotidien. Comme il fallait s’y attendre, le drap occupe une place centrale. Tour à tour, les industriels de cette industrie — elle a fait la renommée internationale des deux villes — démontrent leur savoir-faire et leur génie inventif appuyé sur les progrès scientifiques, qu’il s’agisse de l’énergie, du commerce, de l’exigence de qualité par exemple. Que les uniformes de l’empereur Napoléon aient été faits en drap de Louviers en dit long sur la qualité prestigieuse de ce tissu.

Mais avec le temps la mono-industrie aux noms éternels comme Blin et Blin pour Elbeuf et Jeuffrain-Miquel-Vandevoorde pour Louviers a laissé la place à des  activités industrielles et entrepreneuriales modernes, Louviers bénéficiant de la présence de Val-de-Reuil et des parcs industriels de l’agglomération Seine-Eure.
Le livre ne néglige pas, loin de là, les artistes et écrivains de renom ainsi que les politiques dont l’importance, s’agissant par exemple de Pierre Mendès France à Louviers ou Laurent Fabius à Elbeuf, n’échappe à personne. Certes, l’actuel président du Conseil constitutionnel ne fréquente plus beaucoup la Normandie mais il y conserve nombre d’amis, pas seulement des politiques d’ailleurs, puisque l’ancien député d’Elbeuf  n’omettait pas de rendre souvent visite aux antiquaires et commissaires-priseurs de notre région. Ne pas évoquer la fréquentation d’un établissement scolaire elbeuvien par Pierre Bérégovoy, ancien Premier ministre de François Mitterrand, serait une faute ainsi qu'omettre le souvenir d’André Maurois, académicien et écrivain français parmi les plus célèbres.

Pour ceux qui s’intéressent aux vieilles pierres, qu’ils sachent que les villes d’Elbeuf et Louviers n’en manquent pas. Des églises, bien sûr, mais pas que…car le patrimoine de ces deux villes est riche en rues pavées, bords de fleuve ou de rivière, musées, le tout mis en valeur par les deux sociétés savantes associées. 

Vous inviter à lire (donc à acheter ?) l’« Histoire croisée de deux cités drapières » est d’une grande banalité mais je vous le conseille, cependant. Toutes les générations y trouveront telle illustration, tel chapitre, tel nom d’artiste…susceptibles de montrer un autre visage que celui que l’on a sous les yeux tous les jours. Comme le soulignent les auteurs : « le passé est comme un jardin, on peut le travailler chaque année et chaque année, il nous offre une moisson de nouvelles découvertes. »

(1) Livre en vente dans les librairies des deux villes au prix de 25 euros.
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20 décembre 2018

Le référendum d'initiative citoyenne (RIC) ? Il pose un vrai problème mais apporte une mauvaise réponse

Revenons sur cette histoire de référendum d’initiative citoyenne. Un débat est né sur cette proposition émanant de gilets jaunes soutenus plus ou moins directement par Marine Le Pen (dont le référendum d’initiative populaire est une copie conforme) et par Jean-Luc Mélenchon qui y ajoute le référendum confiscatoire permettant de démissionner des élus sous un prétexte choisi par la population ! Une constitution privilégiant la démocratie représentative ne peut l'accepter.

Quand j’entends un certain Maxime Nicole (Fly Rider) sur la toile revendiquer « la souveraineté et la liberté du peuple » j’ai le poil qui se hérisse. Ce Maxime Nicole, à qui tous les journalistes de radio et de télé tendent le micro, est âgé de 25 ans, se prend pour un penseur d’exception alors que quand on l’écoute bien, on entend des arguments éculés, mensongers, complotistes. C’est lui qui disait détenir des secrets aptes à mettre à bas la République, c’est le même qui a lancé le mot d’ordre contre « le pacte de Marrakech et l’invasion migratoire », c’est le même encore qui a vu dans l’attentat terroriste de Strasbourg, « comme par hasard », la main du gouvernement sans le dire expressément. Et je me dis : faut-il donner du pouvoir à ces démagogues patentés, ces hâbleurs répétitifs, amateurs de Fake news ? Ils trouvent des Français pour croire en leurs balivernes. Soit. Devons-nous pour autant céder à leur chantage, devons-nous nous mettre à genoux devant des gilets jaunes « aux cheveux longs et aux idées courtes »?

Certainement pas. Et le gouvernement (dont Edouard Philippe) ne devrait pas donner trop de crédit à une proposition qui pose un vrai problème mais apporte une mauvaise réponse. Que le besoin de démocratie participative s'exprime, c'est évident. Mais comme le dit Dominique Wolton, sociologue et expert en communication « une affirmation devant un micro n’est pas pour autant une vérité. » Il ne faut pas confondre l’information vérifiée, recoupée, corroborée (par des journalistes dont c’est le métier) avec l’expression des émotions spontanées trop souvent construites sur des affects individuels oubliant que l’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers. 

C’est si vrai que les commentaires publiés sur la toile sont, dans leur grande majorité, anonymes, comme si les auteurs avaient honte de leur expression, comme s’ils craignaient d’être montrés du doigt pour leurs insultes, menaces, agressions verbales. Et par peur des procès judiciaires aussi. Le référendum d’initiative citoyenne ? Pourquoi pas mais alors, il doit être encadré, limité, respectueux du droit et des lois. Imagine-t-on un référendum sur la peine de mort ? Sur le mariage pour tous ? Sur la Procréation médicale assistée ? L’interruption volontaire de grossesse ? Tous sujets devant être traités avec tact, éthique, raison…nécessitant informations contradictoires, climat apaisé, refus des passions tristes.

La responsabilité de chacun est bien dans le courage de ses opinions. Les tireurs venus devant le domicile de Bruno Questel, député, se sont sauvés comme des pleutres. Les voleurs, pilleurs, destructeurs à Paris agissaient casqués et masqués. En ces temps troublés, il me paraît sain de rappeler que la charte du journaliste (dont le métier est d'informer, pas de déformer) commence ainsi : « un journaliste digne de ce nom, prend la responsabilité de tous ses écrits, même anonymes. Il tient la calomnie, les accusations sans preuves, l’altération des documents, la déformation des faits, le mensonge pour les plus graves fautes professionnelles…» voilà pourquoi on doit considérer avec la plus grande méfiance et la plus extrême prudence les propos des Maxime Nicole, Eric Drouet et autres Cauchy, soi disant porte parole des gilets jaunes. Ils n’engagent qu’eux-mêmes et ceux qui les suivent…soit quelques milliers de complices. Ils ne doivent pas faire la loi, applicable à tous et pour tous.
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17 décembre 2018

Bruno Questel invité spécial de l'émission « C politique » sur la 5


Bruno Questel hier soir à la télévision. (Capture d'écran)
Bruno Questel, député de Louviers, invité de l’émission C politique, sur la 5, a décrit par le menu l’agression de tireurs venus sonner à la porte de son domicile de Bourgtheroulde, vendredi dernier. Des cartouches retrouvées à terre prouvent que les armes utilisées n’étaient pas factices mais bien létales quand bien même les visiteurs du soir n’avaient pas l’intention de tuer qui que ce soit. Cet acte d’intimidation a quel but ? Intimider l’élu de la nation dans ses prises de position, ses convictions, ses votes ? C’est bien mal connaître Bruno Questel.

L’ancien lycéen de Louviers a été suffisamment cabossé dans sa vie politique pour adopter une attitude raisonnée à l’égard de ce fait divers peu banal. Bien sûr, la carapace n’est jamais assez épaisse quand on est à la tête d’une famille et que l’action militante conduit à courir des risques. Sur le plateau de C politique, l’élu de la 4e circonscription avait face à lui un gilet jaune qui, sous un air affable, a durci le ton lorsque le député a mis en cause l’occupation des ronds points, mal sécurisés (on compte plusieurs morts et blessés depuis le 17 novembre) nécessitant la présence des forces de l’ordre qui, par les temps qui courent, ont autre chose à faire.

Bruno Questel, membre de la République en Marche, assume les erreurs commises par le gouvernement et la majorité mais défend bec et ongles les propositions du Président de la République devenu, sous la pression de la rue, plus ouvert au dialogue et plus attentif aux travailleurs pauvres. Mais les gilets jaunes ne veulent pas seulement du pain. Ils veulent aussi une reconnaissance. Une dignité que les propos malheureux du président semblaient ignorer. « Les premiers de cordée, ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien, les fainéants et les gaulois réfractaires…» autant d’expressions symboliques , pour le moins, émanant d’un Jupiter longtemps sourd et aveugle.

Le député de Louviers, en son for intérieur, ne peut que regretter ces saillies présidentielles arrogantes. Lui qui est sur le terrain en permanence, à l’écoute depuis des semaines, mesure la distance qui sépare la France d’en haut et celle d’en bas comme dirait JP Raffarin. Le successeur de François Loncle s’est exprimé, hier soir, avec clarté et responsabilité. Conscient de l’importance de la tâche à venir et du lien à maintenir avec ses électeurs(trices) il a déclaré ne pas renoncer au dialogue avec ses « agresseurs » dont il connaît, pour une partie d’entre eux, l’identité. C’est la preuve d’une conscience claire de la nature des problèmes sociaux, économiques et institutionnels qui sont devant nous.

Et demain ? A l’évidence, Emmanuel Macron va devoir ramer pour retrouver une crédibilité politique. Sa forte majorité à l’Assemblée nationale lui épargne l’angoisse de la mise en minorité. L’opinion publique ? Une autre paire de manches.
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16 décembre 2018

Le député de l'Eure, Bruno Questel, menacé par des « chasseurs » d'un genre particulier


Bruno Questel.©JCH
Bruno Questel, député de l’Eure, successeur de François Loncle dans la 4e circonscription de ce département, a été victime de pressions et de menaces, de la part d’une quarantaine de gilets jaunes venus devant son domicile de Bourgtheroulde (27), ville dont il a été maire pendant longtemps et dans un canton qu’il représente au conseil départemental.

La soirée avait débuté par une réunion publique tenue en fin d’après-midi, ce vendredi, à Louviers dans le quartier de Maison rouge. C’est là qu’il a dû notamment répondre aux questions de quatre avocats venus l’interpeller sur la réforme de la justice voulue par Nicole Belloubet, ministre de la justice et garde des sceaux. Lui-même avocat, Bruno Questel nous a raconté avoir répondu calmement à toutes les interrogations des hommes et femmes à la robe noire même si l’une d’entre elles a tweeté qu’elle avait réussi à « pourrir » la réunion du député ! Il existe sans doute d’autres moyens pour faire connaître son opposition à un projet de loi.

Le pire était à venir. Rentré chez lui, assez tard, donc, sa famille et lui-même ont été sortis du domicile par des tirs de fusil manifestement destinés à susciter inquiétude voire angoisse. Des cartouches ont d’ailleurs été retrouvées qui permettront peut-être aux enquêteurs de remonter jusqu’aux tireurs. Bruno Questel, comme d’autres députés du groupe La République en Marche, a donc été menacé parce qu’il appartient au groupe majoritaire à l’assemblée et soutient le gouvernement par ses votes. C’est évidemment scandaleux et déplorable. On peut ne pas être d’accord avec la politique conduite par l’exécutif (1), cela ne justifiera jamais le recourt à des méthodes violentes ou fascisantes destinées à intimider un élu. Bruno Questel, un homme d’expérience, a porté plainte à la gendarmerie d’autant que plus tard après les faits narrés ci-dessus, une quarantaine de gilets jaunes sont venus devant sa porte pour lui dire leur façon de penser…

Ces méthodes, soyons clairs, sont des méthodes dont l’extrême droite, si elle n’en détient pas l’exclusivité, est adepte. J’espère que l’on saura, dans les semaines qui viennent, qui a menacé le député de l’Eure. Ce dernier continuera, il nous l’a confié, à suivre sa ligne de conduite. Les menaces de mort, anonymes, les coups de fusil (en l’air pour l’instant !) et les insultes verbales n’appartiennent pas au registre démocratique. L’agression contre Bruno Questel est donc bien une attaque et un chantage à l’égard d’un élu de la nation. L’idée d’un referendum révocatoire, à la mode dans les récentes manifestations, n’est rien d’autre qu’une copie des régimes sud-américains (Venezuela, Bolivie etc.) dont le degré de violence dépasse largement celui des dernières semaines en France. Est-ce cela que nous voulons ? J’en doute.

(1) Emmanuel Macron a reconnu avoir été blessant…et maladroit dans son expression. C’est bien le moins qu’il pouvait faire. L’arrogance et le mépris reconnus par tous ne sont pas admissibles de la part du Président de la République. Il a promis de changer de gouvernance ? On le jugera à l’épreuve des faits.