25 janvier 2018

« Pentagon Papers » : quand l'intérêt des gouvernés prime celui des gouvernants


A l’heure des fake news et du trumpisme relatif, le film de Steven Spielberg consacré aux Pentagon Papers apporte une note rafraîchissante et optimiste dans le monde brutal et sans règles que veut imposer le locataire de la Maison blanche. Le film auquel le critique du Monde accorde quatre carrés noirs (le maximum) les mérite bien. De quoi s’agit-il ? Tout simplement de la défense de la liberté de la presse face à un Nixon qui, en digne successeur des Eisenhower, Kennedy et Johnson, a poursuivi la guerre du Vietnam en sachant très bien qu’elle était perdue ! Et surtout, en faisant croire au peuple américain que les soldats morts au Vietnam parviendrait à empêcher Ho Chi Minh de gagner cette guerre asymétrique. On sait aujourd’hui que Nixon avait les moyens de stopper cette guerre qu’il poursuivit afin de gagner les présidentielles…mais c’était avant le Water Gate et le scandale qui causa finalement sa perte.
Les Pentagon Papers : un lanceur d’alerte au cœur du dispositif des services secrets a photocopié et rendu publics des documents classés secret défense démontrant les mensonges d’état permanents des différents présidents des Etats-Unis. Steven Spielberg nous montre la lutte que mènent le New York Times d’abord et le Washington post, ensuite, contre le silence et les tentatives avortées de Nixon de les faire taire.
Ceux qui aiment le bruit des rotatives, l’odeur de l’encre, le plomb et les linotypes, la fièvre d’une rédaction et la passion des journalistes d’investigation, se laisseront prendre au jeu de Tom Hanks dans le rôle de Ben Bradlee, rédacteur en chef du Washington Post et de Kay Graham, la propriétaire du Post, prête à tout, malgré les risques économiques et les poursuites éventuelles. Il faudra une décision de la Cour suprême des Etats-Unis pour que l’intérêt des gouvernés soit privilégié face à celui des gouvernants. Un grand film à l’honneur d’une presse indispensable au bon fonctionnement de la démocratie et à l'équilibre des pouvoirs.

23 janvier 2018

Les conférences de la SED : La Seine n'a pas de secret pour Jean Baboux


Jean Baboux (à gauche) et Jean-Pierre Binay. ©Jean-Charles Houel
Jean Baboux, ancien  professeur d’histoire et de géographie, membre d’une société savante de Vernon, était l’invité de la Société d’études diverses de Louviers, samedi, pour évoquer la navigation ancienne sur la Seine. A l’évidence, le sujet passionne l’orateur lequel, en une heure trente, avec gravures et photographies à l’appui, a souligné le rôle essentiel du transport fluvial au fil des siècles.

La Seine n’est pas seulement un objet d’étude pour les peintres et les romanciers. La batellerie y tient évidemment une place éminente puisque le transport par fleuve, s’il est plus lent, n’en est pas moins le mode de déplacement le plus économique et donc le plus écologique. Avant les écluses et la régulation du fleuve (on est bien placé dans l’agglomération Seine-Eure avec le barrage et les écluses de Poses) et avant l’invention des machines à vapeur, il était compliqué de descendre la Seine et encore plus de la remonter. D’autant que les fleuves sont des éléments naturels capricieux créateurs de difficultés pour les hommes devant faire face aux crues, aux courants scélérats, aux débits inégaux alors même qu’ils étaient dépendants des chevaux ou de la traction humaine pour effectuer leurs manœuvres. Qui ne souvient des chemins de halage ?

S’y ajoute la présence des ponts, à Vernon comme à Pont-de-l’Arche, qui comprenaient il n’y pas si longtemps un nombre d’arches tel que les bateliers devaient faire confiance à des chefs de ponts comme autant d’aides aux passages sans encombres mais payants ! Même si des moulins étaient installés sous ces ponts pour bénéficier de l’énergie hydraulique, l’évolution des techniques a permis la construction de ponts à deux ou trois arches facilitant le déplacement des barges, des péniches, des pousseurs.

Sur la Seine, on transportait et on transporte encore de tout. Des denrées alimentaires, des matériaux de constructions, des céréales, des voitures, des gravats… Sachant que le tonnage utile par voyage se chiffre en plusieurs centaines de tonnes (même plusieurs milliers bientôt) à comparer aux tonnages transportés par route. On ne comprend pas pourquoi, même si c’est plus lent évidemment, le fleuve n’est pas plus ou mieux utilisé.

22 janvier 2018

La fédération de l'Eure du PS déplore le mauvais classement des députés « En marche » de notre département


La fédération de l'Eure du Parti socialiste communique :
« Chaque année l’association Regards Citoyen et le magazine « Capital » sont à l’origine du classement des députés les plus dynamiques de l’Assemblée Nationale. Plusieurs domaines sont ainsi passés au crible : la présence et les interventions en commission, celles dans l’hémicycle et enfin les amendements proposés.
Photo d'archives.
Grâce à la loi sur le non-cumul des mandats votée par la Gauche, les députés de l’Eure n’ont plus de responsabilités locales d’envergure. Cette mesure doit permettre aux parlementaires d’être désormais à 100% consacrés au travail parlementaire. C’est une grande mesure de modernisation de notre démocratie. En effet, et contrairement à ce qui pouvait se passer auparavant, les députés de l’Eure actuels ne dirigent plus aucun exécutif local.
Malgré ces mesures, les socialistes de l’Eure vous informent du très mauvais classement des parlementaires LREM du département. Le magazine Capital s’en émeut : « Parmi les cancres LREM, donc : la très médiatique Claire O’Petit, qui s’était illustrée cet été en demandant aux jeunes “d’arrêter de pleurer” suite à la baisse des APL, se place en queue de notre classement. La députée de l’Eure a visiblement préféré son rôle de “Grande gueule” sur RMC à son job de parlementaire : en six mois, elle n’a totalisé que 9 présences en commission (bien-en dessous de la moyenne qui est de 30), n’a pondu aucun amendement et n’est même jamais intervenue dans l’hémicycle. »
Mais elle n’est pas seule. En effet, les députés En Marche de l’Eure sont parmi les plus mauvais de France ! Mme Tamarelle-Verhaeghe est ainsi 386ème sur 577 ; Monsieur Goutteffarde est 361ème sur 577 ; Madame Gipson est 333ème et Monsieur Questel, 299ème. Pas un-e député-e de l’Eure n’est dans la « bonne » moitié du classement. Il faut dire qu’ils ont de qui tenir : Guy Lefrand était 314ème député sur 577 en 2010 ( !) et Bruno Le Maire était il y a huit mois encore dans le dernier quart des mauvais élèves !
Décidément, les députés de l’Eure sont « En Marche », mais ils ne se pressent pas pour rejoindre l’Assemblée…»

NDLR : Ce classement, pris au pied de la lettre, est effectivement négatif pour les députés cités. Mais pour être tout à fait exhaustif, il devrait prendre en compte les travaux en commission, la présence dans l’hémicycle (sans intervention) les amendements signés (mais non déposés personnellement) les travaux et réunions en circonscription. Les députés sont des représentants de la nation. Comme tels, n'est comptabilisée que leur seule activité au Palais Bourbon. Les services de l’Assemblée nationale sont d’ailleurs invités à améliorer leur manière de qualifier (et donc de classer) l’activité parlementaire qui actuellement n’est que purement quantitative.

Quelques réflexions au débotté : l'abandon du projet de NDDL, les prisons au bord de l'asphyxie, le Vaudreuil un village normand


L’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes est justifié
Macron s’est dédit. D’accord. Mais avait il d’autre choix ? En mettant fin au feuilleton Notre-Dame-des-Landes, le président de la République et le gouvernement Philippe ont évidemment adopté la solution la plus rationnelle, la plus écologiste, la plus raisonnable aussi eu égard au contexte local. Que les Retailleau et les Ayrault, complices de gouvernements incapables pendant des décennies de nous sortir de l’ornière, crient au scandale, grand bien leur fasse. ! Leur cri est un cri de dépit et finalement d’impuissance. Qu’il doit être dur d’avaler la pilule administrée par un Premier ministre qui, en huit mois, propose une solution technique et économique, conforme aux exigences du temps : rareté de l’argent public, frein aux grands projets mal calibrés, respect de l’environnement sans oublier le développement économique.
Emmanuel Macron, sans doute mal informé du contenu du dossier, s’est imprudemment engagé pendant la campagne électorale. Il avait dit qu’il respecterait le résultat de la consultation populaire qui vit l’aéroport de NDDL approuvé à 55 %. Mais face aux évidences, il a eu l’intelligence de se désavouer publiquement, ce que les politiques ne savent pas souvent faire. Nantes-Atlantique sera donc aménagé, la piste allongée, la lutte contre le bruit engagée puisque 6000 riverains souffrent de la proximité de la piste. Au final, le dossier Notre-Dame-des-Landes aura été un point de fixation aux épisodes parfois violents et jamais définitifs.

Prisons : après tant d’années de laxisme…
L’état de maintes prisons françaises est lamentable. Surpopulation donc exiguïté, manque d’hygiène, difficultés de surveillance accrues…la prison a été le parent pauvre des gouvernements qui se sont succédé pendant des décennies. Macron récolte la patate chaude et, comme c’est normal, c’est à lui de résoudre en deux semaines, les conséquences des années de laxisme à l’égard des gardiens, sous-payés et en nombre insuffisant. Pourtant le signal d’alarme a été tiré à de nombreuses reprises. Le délégué de l’observatoire des prisons se bat depuis des années pour que les pouvoirs publics prennent en considération le mal-être des gardiens et le mal-vivre des détenus.
Aux conditions déplorables s’ajoute un élément nouveau : la radicalisation de certains prisonniers devenus des bombes à retardement prêts, à tout moment, à passer à l’action violente. Comment protéger les gardiens de ces attaques aux buts mortels ? Nicole Belloubet, ministre de la Justice, discute avec les syndicats mais la base est remontée. Elle veut plus de moyens, plus de gardiens, des meilleurs salaires, des lieux mieux adaptés pour contrer la menace.

« Le Vaudreuil un village normand »
Photo de la couverture du livre.
Je n’ai pas encore lu in extenso le livre consacré au « Vaudreuil un village normand » fruit de la collaboration de la Société d’études diverses de Louviers et sa région, des « Amis de Notre-Dame du Vaudreuil » et de la commune elle-même. Il a été mis en vente dès hier. On ne peut qu’être intéressé par l’histoire d’un village dont les pierres, les hommes, les paysages, racontent une vraie richesse normande. Magnifiquement illustré et mis en page, le livre s’attache à narrer le passé prestigieux du château, des églises, des maisons de caractère sans oublier les épisodes douloureux des guerres ou de l’occupation. On lira avec attention l’histoire d’Edgar Raoul-Duval, magistrat, député, membre d’une droite éclairée devenu ami de Flaubert qui vint quelques fois au Vaudreuil. J’ai été sensible aussi au récit de Claude Cornu : le vice-président de la SED consacre quelques pages à l’histoire des familles juives du Vaudreuil traquées par les nazis dont des enfants ont été sauvés par la solidarité et la discrétion de quelques Valdéroliens.
Écrire sur le Vaudreuil sans évoquer le golf de Jean-Claude Forestier ou Claude Loiseau (voir photo) qui deviendra le « peintre » du village et des bords de l’Eure aurait été impensable puisque la rivière a joué un rôle important dans le développement du Vaudreuil. Rôle qu’elle continuera à jouer dans les décennies à venir.
Une question enfin. Je comprends bien qu’un livre consacré au Vaudreuil évoque surtout le passé et le présent de cette ville. Mais un chapitre consacré à la création de la ville nouvelle voisine ainsi qu’aux conséquences sur le développement urbain et industriel de toute la région du Vaudreuil n’aurait peut-être pas été de trop. Pendant longtemps cette ville nouvelle n'a-t-elle porté le nom du Vaudreuil ?

20 janvier 2018

Les vœux du maire de Louviers : « Je veux que Louviers retrouve son rang de grande ville de Normandie »


Je n’étais pas présent à la cérémonie de vœux du maire de Louviers. Mais François-Xavier Priollaud, en communicant avisé, m’a fait transmettre le discours qu’il a prononcé devant les Lovériens. D’un long texte justifié par la nécessité de vanter l’action entreprise et le désir d’expliquer les projets en cours ou à venir, j’ai retenu quelques lignes fortes non exhaustives eu égard au vaste champ déployé.

Parmi les bonnes nouvelles annoncées par le maire, l’augmentation de la population puisque, contrairement à bien d’autres villes moyennes de l’Eure, le nombre d’habitants croît sensiblement. D’après l’INSEE, Louviers compterait plus de 19 000 habitants. Les raisons de cette croissance ne sont pas objectivement explicables eu égard au niveau des impôts locaux encore très (trop) élevés dans notre ville et souvent avancé comme élément repoussoir à une installation. Je ne pense pas que l’effort symbolique, à saluer tout de même, engagé par la municipalité et visant à diminuer de 2% le taux des impôts locaux d’ici la fin du mandat actuel soit suffisant pour parler d’une puissante attractivité nouvelle. Certes, nombre de pavillons sont construits — c’est dans doute là que réside la clé du succès — et les parcs industriels qui se remplissent contribuent peut-être également à la croissance lovérienne. Bernard Leroy (président de la CASE) se bat, assure-t-il, pour que les salariés choisissent l’agglomération Seine-Eure comme lieu de résidence. Ou alors, le temps est-il revenu de salariés moins pressés d’habiter la campagne et de subir les trajets domicile-travail-école-associations ?

L'école Jean Prévost vieillit mal.© Jean-Charles Houel
Autre bonne nouvelle qui méritera des explications plus précises, le sort de l’école Jules Ferry. Cette école, comme d’autres à Louviers, a subi les effets du temps qui passe. Le maire rejette l’ancien projet Martin pour une estimation de travaux moins élevée (6 millions d’euros contre 14). Il reste que l’urgence des besoins devrait conduire nos élus à rendre vraiment prioritaires ces travaux dans les écoles qui en ont le plus besoin. Je considère que la priorité des efforts doit porter sur l’éducation, toujours l’éducation et qu’on ne devrait pas mégoter sur les moyens alloués. Si la population augmente, le nombre d'élèves devrait augmenter lui aussi. Il serait donc juste qu'ils soient accueillis dignement, mieux en tout cas que dans certaines conditions d'aujourd'hui.

J’attends avec impatience de connaître le contenu de l’accord que le maire de Louviers dit vouloir rechercher avec les maires des communes de La Haye-le-Comte, Le Mesnil-Jourdain, Pinterville, Incarville. Car ces communes font déjà toutes partie de l’agglomération Seine-Eure, n’est-ce pas ? FXP envisage-t-il une  « fusion » (il prétend que non) que la géographie pourrait justifier, sinon l’histoire ? Des frayeurs financières (les impôts locaux à Louviers !) de la part des habitants trop heureux de bénéficier des services de Louviers sans en subir les contraintes, pourraient freiner le mouvement spontané d’une communion à défaut d’une fusion.

Nul n’ignore que le départ en retraite de médecins appréciés raréfie l’offre médicale dans notre ville. Pour espérer remédier à cette pénurie, la mairie et quelques médecins avisés ont décidé de travailler à l’ouverture d’une maison médicale dans les anciens locaux des Assedics rue du commandant l’Herminier. L’Europe apporte 700 000 euros dans la corbeille pour aider au financement d’un équipement polyvalent appelé à attirer des médecins et des spécialistes ou des professionnels d’activités paramédicales. L’objectif est de créer un pôle bien référencé, disponible, permanent où les médecins pourraient pratiquer leur passionnant métier au service d’une patientèle mieux servie. L’ouverture est programmée en septembre 2018.

C'était hier. ©Jean-Charles Houel
Cette cérémonie de vœux que le maire voulait exhaustive en informations, ce qu’on ne saurait lui reprocher, a évoqué maints autres sujets locaux. Du festival des grands amateurs de piano à la création du HUB de la future cité numérique et du développement généralisé de la fibre optique, des patinoires en cours de construction rue du canal, à la salle de sports sur l’emplacement de la piscine Plein soleil, on n’oubliera pas non plus les coups de chapeau appuyés aux associations de commerçants du centre ville particulièrement choyés. J’ignore si, comme le maire, la majorité d’entre eux se satisfait de la halle couverte. Elle est là. Il nous faut donc faire avec. Autre projet : l‘éclairage public par LED. Il sera mieux réparti, plus sécurisant. La lumière ne s’éteindra donc plus. Tant pis.

Les aménagement routiers ne manqueront pas non plus en 2018. La rue piétonne du Matrey. C’en sera fini. La circulation sera rétablie dans le sens ouest-est identique à celui de la rue de Gaulle. La place Thorel devra elle aussi être aménagée avec la disparition de la friche industrielle actuelle, le déplacement du garage Citroën sur la zone industrielle, la construction d’une résidence pour personnes âgées. Je passe sur les nombreux chantiers pavillonnaires dont le maire attend beaucoup. A quand les 20 000 habitants ? Le maire compte également sur un soutien régional (un million d'euros) permettant une requalification (quel autre mot ?) de l’habitat du centre ville ; Une exposition devrait permettre de mieux appréhender les efforts à entreprendre…

Enfin, politiquement, le maire a expliqué son souci de pluralisme et d’ouverture. L’appel à toutes les bonnes volontés est la marque d’une pensée centriste mais elle est aussi et surtout une façon de se positionner pour les prochaines échéances. Il ne fait pas de doute que les futures élections municipales — à Louviers comme ailleurs — se joueront au centre et que la droite, comme la gauche, a déjà anticipé ce fait. On dirait qu’ils se mettent tous en marche !



16 janvier 2018

Leila Slimani, l'intelligence et l'élégance de la pensée


Elle est lumineuse. Elle irradie littéralement. Son intelligence est éclatante et son engagement évidemment sincère. Leila Slimani, d’origine marocaine devrait faire réfléchir, à elle seule, les racistes, les antiféministes, et leur démontrer combien leurs a priori, leurs clichés, leurs obsessions sont à la fois irrationnelles et infondées. Leila Slimani, invité de l’émission C politique, dimanche soir sur France 5, a eu tout loisir de développer sa pensée, son histoire, ses sentiments et de faire quelques remarques sur les sujets du moment.

Celle qui vient d’écrire dans Libération une chronique intitulée « un porc tu nais ? »  pour répondre à l’appel des cent femmes qui revendiquent le droit d’être « importunées » dont Catherine Deneuve — qui a rétropédalé hier — explique fort bien en quoi « on ne naît pas femme on le devient, on ne naît pas porc, on le devient. » Cette référence à Simone de Beauvoir symbolise le sens de sa démarche. Pour que le désir, la séduction, l’amour vrai se réalisent, il faut aussi que l’éducation, le respect de la dignité de l’autre (homme ou femme) jouent leur rôle. Leila Slimani rêve d’un temps où les femmes pourraient sortir seules, libres, n’importe quand et n’importe où, d’un temps où il n’y aurait plus ni proies ni prédateurs, seulement des êtres différenciés capables de s’apprécier pour ce qu’ils sont. Léila Slimani : une belle personne et un grand écrivain à découvrir de toute urgence pour ceux et celles qui ne la connaissent pas. Ou mal.

14 janvier 2018

Quelques réflexions au débotté : Trump « un président de merde », le scandale Lactalis, la puissance du lobby de l'automobile, Marine Pen drague aux portes des prisons


Jack Lang : Trump ? Un président de merde
Trump a une bonne tension artérielle et du cholestérol à un niveau normal. On est bien content de l’apprendre après que le médecin de la Maison blanche a signé l’attestation de bonne santé du président des Etats-Unis. Depuis la publication des bulletins de santé de François Mitterrand, avec la complicité de son médecin personnel, quiconque sait qu’il ne faut pas prendre tous les bulletins de santé de ceux qui nous gouvernent au pied de la lettre…
Plus intéressant aurait été l’examen psychiatrique de Trump. Ses capacités physiques sont une chose, son état mental en est une autre. Jamais il n’acceptera de se soumettre aux avis de plusieurs spécialistes du comportement. Et pourtant. Son agressivité permanente, son racisme maintenant bien établi avec ses dernières déclarations sur « les pays de merde » (Haïti, l’Afrique), ses mensonges répétés, ses virages à 180 ° sur divers sujets (le mur avec le Mexique), son attitude vis à vis des femmes (on les attrape par la chatte !), tout concourt à faire de cet homme-là, le plus puissant de la terre, une sorte d’être mal dégrossi, imbu de lui-même, un irresponsable arrivé au pouvoir par un accident que l’histoire n’avait pas prévu.
Le livre de Mickaël Wolf « De feu et de fureur à la Maison blanche » nous dresse d’ailleurs le portrait d’un personnage sans culture, instable, incompétent à tous les niveaux du pouvoir. Un fan de téléréalité, enfin, qui fait régner la terreur autour de lui et qui trouve le moyen d’avoir des supporteurs fanatisés, incapables de voir que les États-Unis d’Amérique, au lieu d’être grands, deviennent un pays isolationniste et isolé.

On ne sait pas encore tout du scandale Lactalis
On ne sait pas encore tout du scandale Lactalis comme on ne sait pas grand-chose des comptes de la famille Besnier, du nom des propriétaires de ce groupe multinational au chiffre d’affaires impressionnant. Des salmonelles dans le lait destiné aux nourrissons, en France, en Espagne, en Grèce…34 enfants malades, des milliers de familles touchées dans ce qu’elles ont de plus cher, la santé de leurs enfants. On a vu et entendu un directeur organiser une conférence de presse au cours de laquelle les journalistes n’ont rien appris, rien entendu sur les raisons du scandale, seulement des mots d’excuse à répétition, des excuses forcées, insincères.
Depuis quand les salmonelles ont-elles « empoisonné » les boites de lait infantiles vendues dans les grandes surfaces, les pharmacies ? Depuis quand les responsables de l’unité industrielle mayennaise savent-ils que les produits mis sur le marché sont impropres à la consommation ? Pourquoi les distributeurs ont-ils laissé dans leurs rayons ces produits dangereux alors même que des retraits avaient été imposés ? Et les contrôles de la répression des fraudes ? Ont-ils assez de moyens humains pour y faire face ? Aujourd’hui dans le JDD, le patron acculé assure que la transparence va être totale. Il est plus que temps. Des centaines de plaintes ont été déposées contre Lactalis. La justice va donc s’emparer de cette nouvelle affaire agro-alimentaire. Bruno Le Maire souhaite, apparemment, que toute la lumière soit faite.

Le lobby des automobilistes demeure puissant
S’il est une mesure discutée, c’est bien la proposition du Premier ministre de réduire la vitesse des véhicules de 90 à 80 kilomètres à l’heure à compter du 1er juillet. « Même si je suis impopulaire », affirme Edouard Philippe, peu m’importe, ce qui compte c’est de tout faire pour réduire le nombre de morts et de blessés sur les 400 000 kilomètres de routes françaises non sécurisées. Le débat est vieux comme la voiture. Des Français considèrent que ce n’est pas en « punissant » les automobilistes qu’on assurera la sécurité — car réduire la vitesse est ressentie comme telle —, d’autres, plus rationnels et plus raisonnables aussi, demandent à voir et proposent des solutions adaptées : on devrait réduire la vitesse là où c’est dangereux et pas sur toutes les lignes droites sans obstacles. Mais cela aurait un coût exorbitant ! L’Etat prendra en charge les frais d’installation des nouveaux panneaux. Si le nombre de morts et de blessés baisse sur les routes, qui pourra reprocher à Edouard Philippe sa décision ? Mais, décidément, que le lobby des automobilistes demeure puissant !

Marine Le Pen aux portes des prisons : honte à la récupération !
Pour mettre de l’huile sur le feu, rien de telle qu’une bonne démonstration bien populiste et si possible devant les caméras et autres photographes. Chez Whirlpool, la cheffe du Front national avait cru marquer des points face à Emmanuel Macron. Mais celui-ci, plus avisé et plus malin, avait repris la balle au bond. Jeu, set et match. En hurlant devant la prison nordiste l’ancienne candidate à la présidence de la République fait de l’agitation à bon compte…mais sa crédibilité est si faible !
Il n’est pas étonnant qu’un parti qui préconisait le retour de la peine de mort aille braconner sur les terres immenses de la haine et du pire. J’ignore si les syndicats représentant les gardiens de prisons ont marché dans la combine mais leur colère, légitime après l’attaque au couteau d’un djihadiste radical, devrait déboucher sur de nouvelles mesures plus adaptées à ce type de prisonnier. La direction locale est mise en cause. On lira avec intérêt les conclusions de l’enquête en cours pour connaître les défaillances car le système a dysfonctionné.
Ce qui me surprend, c’est la rapidité avec laquelle d’un comportement individuel, on globalise une responsabilité plus large. Certes, le politique est là pour assumer — même ce qu’il ignore — je souhaite donc bon courage à Mme Bellloubet (la ministre de la Justice) si elle veut rattraper les années d’indifférence qui ont prévalu autour d’un sujet essentiel : les moyens donnés à l’administration pénitentiaire pour recevoir, soigner, éduquer des personnes sanctionnées par les juges mais aussi préparer leur réinsertion dans la société.

11 janvier 2018

Les éditions Gallimard reportent avec raison la publication des pamphlets antisémites de Céline


La sagesse l’a emporté. Les éditions Gallimard ont en effet décidé, ce jour, de différer la publication des trois textes de Céline (dont Bagatelles pour un massacre) faute de pouvoir éclairer historiquement les pamphlets antisémites de l’écrivain français. Si ces trois textes ont été édités au Québec, en 2012, annotés par un « spécialiste » universitaire de l’œuvre de Céline, les éditions Gallimard ont pensé qu’il pouvait en aller de même en France…

Dès que l’annonce de cette publication a été faite, nombre de voix se sont élevées pour protester, certaines demandant l’interdiction pure et simple de ces textes dont la lecture est permise et qui circulent d’ailleurs sur Internet. Le débat est toujours de même nature : il faut distinguer l’homme Céline de l’écrivain Céline, celui du « Voyage au bout de la nuit. » Comme il fallait distinguer le Pétain de 14-18 du Pétain de 1940. Comme il faudrait distinguer le réalisateur Roman Polanski du « violeur » qu’il fut à une autre époque de sa vie. Peut-on distinguer l'homme de son œuvre ? Tout homme n'est-il pas entièrement dans ce qu'il dit, fait, écrit ?

Ces débats sont vifs, inépuisables car chaque camp veut toujours avoir raison sur l'autre. Pour que les éditions Gallimard adoptent cette attitude de retrait, c’est bien parce que la publication de textes sulfureux, abominables, scandaleux, mérite d’être entourée d’un luxe de précautions permettant aux jeunes générations de découvrir, s’ils ne le connaissent déjà, le contexte de l’époque de l’entre deux guerres et surtout d’avoir accès à des critiques étayées sur les mensonges, les jugements infondés, les attaques virulentes de l’écrivain antisémite.

En republiant « Mein Kampf » les Allemands ont exigé une édition critique offrant toutes les garanties de sérieux, d’objectivité factuelle, permettant de démontrer et de démonter les fantasmes destructeurs du dictateur nazi. Tant que les éditions Gallimard n’auront pas trouvé les historiens, les chercheurs, les philosophes à même de créer des pare-feux indispensables aux lecteurs contemporains, avouons qu’elles ont eu raison de refuser un travail bâclé et donc inadmissible.

9 janvier 2018

Les théories complotistes ? Des armes de distraction massives !


A la lecture du sondage réalisé par la Fondation Jean Jaurès et une association civique (Conspiracy Watch) sur l’adhésion — ou non — des Français aux théories complotistes, on est effaré mais pas étonné. Près de 9 % de nos concitoyens croient peu ou prou que la terre est plate ! 19 % Qu’elle a 10 000 ans d’existence ! Que les Américains ne sont jamais allés sur la lune ! Que la fumée blanche des avions est composée de produits toxiques destinée à empoisonner les populations, et évidemment, que les attentats du 11 septembre 2001 sont dus à des manœuvres des services secrets américains…Quant à la théorie du grand remplacement (1) si chère à tous les islamophobes, elle a encore de beaux jours devant elle ! L’extrême droite ne se prive d’ailleurs pas d’exploiter cette belle escroquerie intellectuelle que tous les démographes et les sociologues sérieux démentent absolument.
Des théories complotistes, il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Quand on ne parvient pas à trouver sa place dans le monde ou dans la société, il est bien « évident » que des forces malfaisantes, des esprits nuisibles, des énergies occultes agissent en coulisse pour vous humilier et vous laisser pour compte. Ben voyons !
Le sondage indique d’ailleurs que les électeurs(trices) de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon sont ceux et celles qui croient le plus en ces forces de l’ombre et du chaos. Le bruit et la fureur règnent en maître chez ceux et celles que la vie n’a pas gâtés. Dès lors, comme toujours, il faut bien trouver une explication, un responsable à ce mauvais sort. Hier ce fut « le juif ». Aujourd’hui c’est « le musulman ». L’éternel bouc émissaire !

Comment et pourquoi les rumeurs, les ragots, les fausses nouvelles et autres diffamations parviennent-ils-elles à imprimer les cerveaux ou plutôt les affects des amateurs de complots ? Moins on est informé, moins on est éduqué, moins on sait de choses et plus on est certain que des esprits maléfiques gouvernent le monde… même si je n’ignore pas que des docteurs ou des titulaires de diplômes élevés n’excluent pas l’existence des pouvoirs de l’ombre. On peut être éduqué et croire aux vertus de la pensée magique.

En 2018, et surtout les jeunes de 18 à 35 ans, d’ailleurs, bien des Français voient la main du diable partout. Manquerait plus qu’on brûle des hérétiques sur la place publique ! Finalement, ces fausses nouvelles qu’affectionnent des gens comme Trump, ont encore de beaux jours devant elles d’autant que la presse et les médias…ont mauvaise presse. Les habitants de notre pays ne sont que 25 % à penser que les journalistes rapportent l’actualité sans la déformer ! Autrement dit, pendant qu’on passe son temps à écouter les rumeurs, à les commenter — ce que je fais en cet instant — j’en conclus que ces théories complotistes sont des armes de distraction massives. Elles nous empêchent de réfléchir, d’être à l’écoute du monde. Le vrai.

(1) La théorie du grand remplacement : Selon cette théorie qui circule surtout dans les milieux d'extrême droite, les Français pourraient bientôt être évincés démographiquement par des peuples non européens.

7 janvier 2018

Taxe sur les morts et…baisse des impôts : Pour Diego Ortega, « il s'agit d'un coup de com de la part du maire de Louviers »


Affiche utopique mais nécessaire. ©JCH
Diego Ortega dont on connaît l’intérêt pour la politique lovérienne a publié sur son profil facebook un texte qui répond à mon article consacré à la « taxe sur les morts. » Je le publie dans son intégralité.

« Il me semblerait inopportun de commenter l'appréciation que tu portes sur Franck Martin et sa façon de « faire de la politique ». Elle est empreinte de vos divergences. Elle est en partie le fruit de liens qui vous concernent, seuls, et qui datent de plusieurs dizaines d'années ... Tu comprendras que je ne m'en mêle pas.

Je me permets, en revanche, de faire un léger rectificatif s'agissant des radicaux de gauche. Feu le PRG s'est divisé en deux. Certains élus et militants fusionnent dans un nouveau mouvement avec les radicaux valoisiens (jusqu'alors membres de l'UDI), c'est exact. D'autres (dont fait partie Olivier Taconet) constituent un autre mouvement intitulé "les radicaux de gauche". Ce mouvement s'inscrit dans la perspective d'une gauche de gouvernement, humaniste, progressiste, laïque, sociale et écologiste. Il a vocation à prendre sa place dans la "reconstruction à venir" de cette gauche dite de gouvernement ...
Ensuite, s'agissant de la déclaration du Maire de Louviers. Deux commentaires :
Les frais d'inhumation des personnes dites "indigentes" étaient jusque là portés par la solidarité via la redistribution de l'impôt local et en particulier par une intervention du CCAS. Très bien. La mise en place de cette taxe va faire porter cette charge par les familles endeuillées, et elles seules. Et ce, quelque soit leurs revenus, toutes seront taxées uniformément à 50 €.

Au-delà de l'exemple, mon intérêt réside dans ce que cette décision a de révélateur ! Révélateur d'une divergence de fond sur la gestion des collectivités territoriales.
Cette divergence porte en l'occurrence sur la répartition de la charge entre le contribuable et l'usager. Ainsi, la majorité municipale a souhaité que désormais cette charge soit prise en charge par l'usager (la famille endeuillée et plus le contribuable dans son ensemble), soit.
Cette conception n'est pas partagée par tous, en tous cas, pas par moi.
Concernant le vote de l'opposition sur la baisse (très symbolique) du taux d'imposition à Louviers. Sauf erreur de ma part, il ne s'agit pas d'une opposition de principe à cette baisse, bien au contraire. Qui serait contre, à service équivalent, d'une une baisse des contributions obligatoires ?

Il me semble que ce qui oppose majorité et opposition, c'est le sentiment par cette dernière d'un énorme "coût de com". Ainsi, pour avoir assisté à de nombreuses réunions où le Maire de Louviers annonçait un événement majeur : Une baisse des impôts à Louviers ! J'imaginais qu'il s'agissait d'un tour de force. Non seulement, la Ville devait faire face à une baisse puis un gel des dotations de l'Etat, mais en plus l'exécutif proposait une baisse de ses ressources liées à l'impôt local : trop fort ...Impressionné, j'étais !

Mais cela ne fut que de courte durée, en particulier lorsque nombre de lovériens m'ont indiqué la nature de la baisse "concrète et réelle" de leur imposition.
1, 2 voir 5 € par an sur un impôt parfois supérieur à 1000 € ! Baisse du taux, il y a. Delà à en faire l'élément majeur d'une stratégie financière à grand renfort de communication, cela pourrait apparaître comme disproportionné ... À mes yeux, on s'approche plus de l'effet d'annonce et du coup de communication que d'une baisse réelle et significative de la pression fiscale à Louviers ! Dommage. J'exprime un sentiment personnel. Sentiment partagé par l'opposition municipale et qui explique sa réserve lors des annonces du Maire sur une nouvelle baisse des taux.

Enfin, sur le sujet même. Tu n'es pas sensible à la forme prise par cette opposition à la taxe. Tu ne signeras donc pas cette pétition, j'entends. Mais s'agit-il uniquement d'une question de forme ? Que penses-tu du fond ? Du principe même de mise en œuvre de cette taxe ? D'annoncer une baisse de l'impôt local tout en mettant en place de nouvelles taxes et en augmentant par ailleurs nombre de tarifs ? Il ne s'agit pas de polémique (comme toi, je n'y suis guère sensible), il s'agit de la conception même du principe de solidarité et de redistribution de la richesse créée. Faut-il favoriser la prise en charge financière des missions de services publics locaux plutôt par l'impôt (et donc le principe de redistribution en fonction des revenus de chacun) ou faut-il plus tôt faire peser ces charges sur l'usager ?

A noter que cette taxe a un caractère obligatoire (on ne choisit pas de la disparition d'un proche) et sera du même montant quelque soit la nature des revenus des personnes taxées. Cela doit te rappeler de vieux débats sur la gratuité du service public et plus récemment sur les questions de DSP de certaines missions liées à la gestion de l'eau (si ma mémoire ne me fait pas défaut). Je serai ravi d'échanger à l'occasion avec toi sur tous ces sujets passionnants ...

Enfin, tu interroges l'exécutif local sur son argumentation à mettre en œuvre cette nouvelle taxe, c'est bien naturel. Un de tes prochains papiers permettra probablement à un ou plusieurs des membres (de ton choix) de l'opposition d'exposer de façon argumentée, structurée (et en dehors de toutes invectives et agressions verbales) les raisons de leurs objections à l'application de cette taxe inopportune à leurs yeux ...

A très bientôt, j'espère.
Diego

Ma réponse : Merci Diego d’utiliser le ton que tu emploies. Il est conforme à ce que des citoyens désirant être informés pour comprendre, attendent de ses représentants actuels ou futurs. Cela nous change. Et comme en plus, tu argumentes avec talent (et travail) je suis heureux de publier ton texte sur mon blog. Je le publie pour, justement, ne pas rester limité aux réseaux sociaux que tout un chacun ne fréquente pas forcément. Et ton texte mérite la diffusion la plus large puisqu’il interpelle intelligemment la majorité municipale.
Qu’il n’y ait aucune ambiguïté. Le titre de mon article (un peu d’humour fait du bien) est d’ailleurs sans équivoque : cette mesure est un expédient comme nombre d’adjoints aux finances en utilisent depuis que le monde est monde et que la décentralisation a permis aux élus de s’engouffrer dans des sentiers étroits. Je suis contre cette taxe. Mais je ne signerai pas la pétition dont l’objectif aurait dû être, si l’outil est vraiment adapté à la situation, ce dont je doute (opération com également) d’élargir la base étroite d’une gauche plus en perdition qu’en reconstruction.

Merci Diego de m’avoir éclairé sur les subtilités relatives aux radicaux. Je viens de lire la biographie de Michel Beck consacrée à la vie de Pierre Mendès France. Membre du Parti radical (par admiration pour Herriot) PMF a passé sa vie à être trahi, critiqué, honni par ceux-là même qui auraient dû le soutenir, notamment en 1956. On attendait PMF, on eut Mollet ! Il eut les mêmes difficultés au PSA puis au PSU de Michel Rocard. J’ai adhéré au PS en 2006, ce fut une expérience intéressante (à laquelle j'ai mis un terme) mais jamais je ne m’y suis senti à l’aise comme je l’avais été au sein du CAG (comité d’action de gauche). Dans ce dernier, le breuvage était plus important que le flacon. Tu ne me feras pas croire que le parti de M. Taconet (les Radicaux de gauche dis-tu ?) a un avenir autre que groupusculaire à vocation utilitariste…

Enfin, je suis évidemment prêt à accueillir sur ce site les écrits de toutes les bonnes volontés concourant à une pédagogie politique sans laquelle il n’est point de citoyen (voir affiche en illustration). Je te remercie de ta contribution qui renforce ma conviction : on peut défendre un point de vue sans vouloir forcément l’humiliation d’un adversaire ou d’un contradicteur.